Allez au chapitre précédent
/ Allez au chapitre suivant
Retournez au sommaire de La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
Annexe 3 - Le sort immédiat des juifs réimplantés en URSS
1. Lettre du 31/7/42 de Kube, Commissaire Général pour la Ruthénie Blanche, à Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland
Objet : Lutte contre les Partisans et action contre les juifs en Ruthénie Blanche
Il est apparu, à l'occasion de chaque affrontement avec les
partisans en Ruthénie Blanche que les juifs constituent leur support principal
tant dans les territoires anciennement polonais que dans les territoires
anciennement soviétiques, en relation avec le mouvement de résistance à l'Est
et l'Armée Rouge à Moscou. Il en résulte que le traitement à réserver aux
juifs en Ruthénie Blanche, eu égard à la menace qu'ils représentent pour
l'économie générale, est une affaire éminemment politique, qui, en
conséquence, devrait être résolue non pas d'un point de vue économique mais
politique. En concertation étroite avec le Brigadeführer Zenner et le très
compétent chef du SD, l'Obersturmbannführer SS Dr Strauch, nous avons liquidé
en Ruthénie Blanche environ 55.000 juifs dans les dernières 10 semaines. Dans
le territoire de Minsk-campagne, les juifs ont été totalement éliminés, sans
que cela affecte notre capacité de main-d'œuvre. Dans le territoire
majoritairement polonais de Lida, 16.000 juifs ont été liquidés ; à Slonim,
8.000 ; etc. A la suite de l'intervention de l'armée de terre, les préparatifs
pour la liquidation des juifs dans le territoire de Glebokie ont été
perturbés. L'armée a liquidé, sans prendre contact avec moi, environ 10.000
juifs dont l'élimination avait de toutes façons été prévue par nous. A
Minsk-ville, les 28 et 29 juillet, nous avons liquidé environ 10.000 juifs dont
6.500 juifs russes -surtout des vieux, des femmes et des enfants-, le reste se
composant de juifs inaptes qui étaient venus principalement de Vienne, Brunn,
Brême et Berlin en novembre 41 sur ordre du Führer.
De plus, le territoire de Sluzk a été allégé de plusieurs dizaines de
milliers de juifs. Même chose pour Nowogrodek et Wilejka. Des mesures radicales
sont également prévues pour Baranowitschi et Manzewitschi. A Baranowitschi,
rien que dans la ville, il y a encore environ 10.000 juifs dont 9.000 seront
liquidés le mois prochain.
A Minsk-ville sont restés 2.600 juifs allemands. Toutefois, 6.000 juifs et
Juives russes sont restés en vie : au cours de l'opération, ils sont restés
dans les unités où ils travaillent. Minsk, à l'avenir, doit garder l'effectif
de main-d'œuvre juive le plus important, car il est provisoirement nécessaire
à l'industrie des armements et aux chemins de fer. Dans tous les autres
territoires, le SD et moi-même avons fixé à 800 maximum, si possible 500,
l'effectif de la main-d'œuvre de sorte que, après les actions encore prévues,
il ne restera plus que 8.600 juifs à Minsk et environ 7.000 juifs dans les 10
autres districts, y compris le district libre de juifs de Minsk-campagne. Le
risque que les partisans puissent encore s'appuyer sur les juifs n'existe donc
plus. Le mieux pour le SD et moi-même serait d'écarter définitivement les
juifs de Ruthénie Blanche après s'être débarrassés des exigences
économiques de la Wehrmacht. Provisoirement, les besoins de la Wehrmacht, qui
est le principal employeur de juifs, seraient satisfaits.
En attendant qu'on arrête de recourir à la main-d'œuvre juive, le SD a encore
la lourde tâche de conduire à destination [c'est-à-dire, selon Werner,
encore plus à l'Est, dans la zone militaire] les transports de juifs du
Reich. Cela prend les forces matérielles et psychiques des hommes du SD de
façon exagérée et les soustrait à leurs tâches qui sont en Ruthénie
Blanche même.
Je vous serais donc reconnaissant de faire arrêter l'envoi d'autres transports
de juifs vers Minsk au moins aussi longtemps que le problème posé par les
partisans n'est pas réglé. J'ai besoin du SD à 100 % dans la lutte contre les
partisans et contre la résistance polonaise, lutte qui requiert les faibles
forces dudit SD.
Après l'action concernant les juifs de Minsk, le Dr Strauch me fait part
aujourd'hui soir avec indignation que, soudainement, sans directive du
Reichsführer SS et sans information du Commissariat Général, un transport de
1.000 juifs de Varsovie est arrivé pour l'aérodrome local.
Je prie le Commissaire du Reich, en tant que plus haute instance (déjà
prévenue par télex), d'empêcher cette sorte de transport vers l'Ostland. Le
juif polonais est comme le juif russe, un ennemi du peuple allemand. Il
constitue un élément politiquement dangereux et ce danger politique dépasse
de loin la valeur de sa main-d'œuvre. En aucun cas, les services de l'armée de
terre ou de l'armée de l'air ne peuvent envoyer, sans autorisation du
Commissaire du Reich, dans un territoire sous administration civile, en
provenance du Gouvernement Général ou d'ailleurs, des juifs qui constituent un
danger pour l'ensemble du travail politique et la sécurité du Commissariat
Général. Je suis d'accord avec le commandant du SD en Ruthénie Blanche pour
que nous liquidions chaque transport de juifs qui n'est pas demandé par nos
services ou annoncé, de façon à éviter d'autres troubles en Ruthénie
Blanche.
2. Lettre du 31/5/43 de Günther, responsable de l'application des peines à la prison de Minsk, à Kube, Commissaire Général pour la Ruthénie Blanche
Objet : Actions contre les juifs
Réf : mon rapport verbal du 31/5/43
Le 13/4/43, le dentiste allemand Ernst Israël T. et sa femme
Elisa Sara T., née R.., ont été livrés à la prison de Minsk par le SD (Hauptscharführer
Rübe). Depuis, on a arraché aux juifs allemands et russes livrés à la prison
[pour y être exécutés à la suite d'une décision de la justice militaire
allemande] leur bridges, couronnes et plombs en or. Ceci s'est passé 1 à 2
heures avant l'action en question.
Depuis le 13/4/43, 516 juifs allemands et russes ont été exécutés. D'après
un décompte précis, l'extraction des dents en or n'a eu lieu qu'à deux
reprises, le 14/4/43 sur 172 juifs et le 27/4/43 sur 164 juifs. Environ 50 % des
juifs ont des dents, des bridges et des plombs en or. Le Hauptscharführer Rübe
du SD a personnellement assisté à chacune de ces opérations et il a
également emporté l'or.
3. Lettre du 1/6/43 de Kube, Commissaire Général pour la Ruthénie Blanche à Rosenberg, ministre du Reich pour les Territoires de l'Est occupés, par la voie de Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland
Objet : Actions contre les juifs à la prison de Minsk
En annexe, communication reçue du responsable de
l'application des peines de la prison de Minsk.
[L’annexe est la lettre 2. ci-dessus.]
4. Lettre du 18/6/43 de Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland à Rosenberg, ministre du Reich pour les Territoires de l'Est occupés
Nous avons reçu du Commissaire Général Kube la lettre qui
figure en annexe [Il s’agit de la lettre 3. ci-dessus.] et qui requiert
une attention particulière.
Que les juifs fassent l'objet d'un traitement spécial [« Dass die
Juden sonderbehandelt werden »], ne souffre aucune remise en
question. Mais qu'il se produise des choses comme celle qui est exposée dans le
rapport du 1/6/43 du Commissaire Général, semble à peine croyable. Qu'est-ce
comparé à Katyn ? On s'imagine un peu l'exploitation qu'en ferait l'adversaire
s'il en était informé ! Il est même vraisemblable qu'une telle propagande
serait inopérante tellement lecteurs et auditeurs auraient du mal à y croire.
La lutte contre la guérilla prend également des formes des plus incroyables,
quand on pense que notre politique vise à la pacification et la mise en valeur
de ce territoire. Ainsi, les 5.000 personnes soupçonnées de participation à
la guérilla et qui ont été tuées d'après le rapport sur l'opération
« Cottbus » auraient pu, me semble-t-il, à peu d'exceptions près,
être mises au travail en Allemagne.
Certes, on ne peut pas perdre de vue qu'il est particulièrement difficile dans
ces opérations de nettoyage de distinguer amis et ennemis. Toutefois, il est
possible d'éviter des atrocités et de donner une sépulture aux personnes
tuées. Enfermer des hommes, des femmes et des enfants dans des granges et y
mettre le feu ne me semble même pas constituer une méthode de lutte contre la
guérilla consistant à vider une région de sa population. Cette méthode n'est
pas digne de la cause allemande et nuit à notre crédibilité.
Je vous prie de bien vouloir faire suivre.
Allez au chapitre précédent
/ Allez au chapitre suivant
Retournez au sommaire de
La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 :
Réalités de la "Solution
finale"