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Annexe 7 - Les détenus d'Auschwitz étaient-ils brutalisés systématiquement ?

Les historiens nous disent que les déportés mis au travail à Auschwitz (et, d'après certains, dans les autres camps aussi, d'ailleurs) étaient destinés à mourir par les mauvais traitements. Ainsi que nous allons le voir, cette affirmation ne résiste pas à l'analyse des documents.
Ce qu'il faut d'abord bien comprendre, c'est que les détenus étaient souvent soumis à un régime militaire avec tout ce que cela a de contraignant et de déplaisant : rassemblements, appels nominatifs (avec les erreurs traditionnelles du préposé à la statistique, souvent un communiste ou un droit commun), déplacements en rangs, aboiements des chefs, comparutions au rapport, punitions diverses, encore que rien dans tout cela ne puisse être considéré a priori comme arbitraire ; ceci est confirmé par exemple par le document de 2 pages que nous avons extrait de Hefte von Auschwitz, n° 10/1967, revue publié par le Musée d'Etat d'Auschwitz lui-même. 
Ce document est lui-même extrait du dossier du détenu juif Juda F., 39 ans, accusé d'avoir, le 30/6/44 dans une annexe d'Auschwitz III, endommagé un engin de travail par « nonchalance » et « négligence », en conséquence de quoi il fut condamné à recevoir 15 coups de bâton, punition qui lui fut infligée le 12/9/44 (soit près de deux mois et demi après les faits). Il n'y a pas moins de 10 signatures et paraphes sur ce document dont celle d'un premier médecin certifiant qu'aucune raison médicale ne s'opposait à la punition et celle d'un deuxième médecin ayant assisté à la punition.
Pour examiner éventuellement dans le détail ce document (rédigé en allemand), cliquez sur page 1 puis sur page 2
Nous aurions pu aussi reproduire d'autres dossiers, par exemple, celui de ce détenu juif condamné à 20 coups de bâton pour avoir fumé sur les lieux de son travail (il travaillait, précisons-le, dans un département d' « Hydrierung », c'est-à-dire, croyons-nous, de production d'essence synthétique, ce qui peut expliquer la rigueur du traitement qui lui fut réservé) ou encore celui d'un troisième détenu juif accusé puis convaincu (peut-être à tort, bien entendu) par un médecin SS de simuler une maladie pour échapper au travail et condamné à 20 coups de bâton. [1]
Quels que soient les torts que les Allemands eurent vis-à-vis de ces détenus, on ne peut en tous cas affirmer qu'ils les traitaient comme des bêtes, contrairement à ce que les historiens veulent nous faire croire. Certes, il y eut des excès individuels (comme partout et toujours) et la légalité (allemande) ne fut pas toujours respectée, voire même fut foulée aux pieds par des individus peu scrupuleux, mais on ne peut affirmer pour autant que ces cruautés faisaient partie d'un système mis en place par les autorités SS ; d'ailleurs, celles-ci les réprimèrent, parfois en condamnant à mort des commandants de camp.
Ce fut le cas de Maximilian Grabner, qui fut chef de la section politique (Gestapo) d'Auschwitz jusqu'à son arrestation en décembre 43 et qui, à ce titre, eut à lutter contre les mouvements de résistance à l'intérieur même du camp. Grabner y fit preuve d'excès de zèle au point de faire exécuter sans respecter les règles de droit un certain nombre de détenus accusés -non sans quelques raisons, probablement- de menées subversives ; il avait, dit le mouvement de résistance polonais, la mort de 2.000 détenus sur la conscience. Grabner fut arrêté puis condamné par le tribunal spécial de la SS à la peine de mort pour « dépassement de compétence et exécution arbitraire dans environ 47 cas » ; cette peine fut commuée en une peine d'emprisonnement de 12 ans.
Grabner, a témoigné un détenu employé au bureau de l'Etat Civil du camp, camouflait ses meurtres en faisant mentionner par le médecin SS de service une cause de mort naturelle dans le certificat de décès : nous en avons déjà parlé dans le tome 1 et en avions déduit que, si tout cela est vrai, il y a là un indice de ce qu'il est invraisemblable que, dans le même temps et au même endroit, les Allemands aient gazé des centaines de milliers de vieux, de femmes, d'enfants et d'inaptes, eux, parfaitement innocents ; l'exécution de 47 ou 2.000 (peu importe) détenus soupçonnés de subversion apparaît comme un crime bien moins monstrueux et on ne voit pas pourquoi il aurait fallu le camoufler avec tant de soin dans une hypothèse exterminationniste. [2] L'argument selon lequel le fait de ne pas respecter les formes dans un univers aussi administratif et tatillon que l'armée allemande était gravissime, est bien faible car on ne mettait pas davantage de forme dans les gazages de masse de déportés immatriculés ou non.
A force d'exagérer dans tous les sens par des généralisations abusives, les historiens versent dans l'invraisemblance ; nos jeunes lecteurs doivent le savoir :

  1. La vérité est que, en principe, dans les camps de concentration allemands, on ne donnait pas un coup de bâton en dehors d'une procédure administrative complexe (étant entendu qu'à l'extérieur des camps, du moins dans l'est, ce fut parfois l'horreur).

  2. Il y eut, certes, des cas de brutalité arbitraire (souvent de la part des Kapos c'est-à-dire de détenus) mais il est malhonnête de les généraliser et de faire une règle de ce qui n'a été qu'exception. Ce jugement fait abstraction, bien entendu, des massacres qui eurent lieu hors des camps.

  3. Certes, tout cela reste une tragédie mais il ne faudrait pas en rajouter. Cette remarque vaut pour tous les camps allemands et des détenus en témoignent ; ainsi Louis Recordeau, un Bordelais interné 4 ans à Mauthausen, le plus dur de tous les camps allemands, qui ne cesse de dénoncer « les exagérations et les falsifications d'une histoire suffisamment tragique sans devoir y ajouter d'odieuses falsifications ». 


NOTES

[1]

Pour le sous-camp de Blechhammer, qui comptait quelque 3.500 détenus, il y eut, entre mai et novembre 44, 51 punitions soit :

  • 1 détenu emprisonné,
  • 13 détenus condamnés à travailler le dimanche,
  • 37 détenus condamnés à la « Prügelstrafe » (5 à 25 coups de bâton).
[2]

Grotum et Parcer ont relevé dans les 68.864 morts connus d'Auschwitz, 2.727 morts à la suite d' « attaques cardiaques » (Dont deux détenus ayant été publiquement pendus !) : ce chiffre est étonnamment proche des 2.000 exécutions illégales dont la Résistance du camp accusait Grabner. Toutefois Kempkens a diffusé sous le titre « Eine Haüfung gleichen Todesursachen », 51 actes de décès concernant des détenus morts de « mort subite par arrêt cardiaque » (« Plötzlicher Herztod ») soit le 1/12/1942 entre 8hrs02 et 8hrs05 soit le 4/12/1942 entre 16hrs45 et 17hrs05. Tous ces morts sont des Polonais catholiques, souvent apparentés entre eux et originaires de la même région, parfois de la même rue. Après examen attentif de ces actes, nous somme d'avis qu'il s'agit de résistants polonais qui, normalement, auraient dû être condamnés régulièrement à mort par un tribunal militaires allemand. A noter que le Kalendarium n'en parle pas. 


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