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Annexe 9 - Où sont passés les registres mortuaires d'Auschwitz de l'année 1944 et pourquoi ont-ils disparu ?

Qu’est-ce qu’un Sterbebuch ?
Jusqu’il y a peu, on voulait nous faire croire que, quand un déporté mis au travail à Auschwitz mourait, il était incinéré anonymement, un peu comme une bête ; ce déporté n’avait-il d’ailleurs pas été dépersonnalisé et son nom remplacé par un numéro matricule ? On sait depuis quelques années que cela n’est pas vrai. En réalité, son arrivée au camp faisait l’objet d’une inscription à l’état civil du camp ; il y était domicilié Kasernenstrasse (Rue des Casernes, où se trouvait l’état civil du camp) ; s’il mourait, il était établi un acte de décès en bonne et due forme, acte dans lequel figuraient les renseignements habituels comme le nom de ses parents, la date de sa naissance, la date de son décès, sa cause (souvent fantaisiste, semble-t-il), etc. mais pas le numéro d’immatriculation ; d'ailleurs, on y trouve les noms de détenus qui n'avaient manifestement pas été immatriculés : par exemple, le décès des déportés morts dans le train les amenant à Auschwitz y était acté tout comme celui des résistants polonais condamnés à mort par un tribunal allemand et envoyés à Auschwitz pour y subir leur peine.
Les actes de décès étaient établis en 3 exemplaires reliés dans des registres appelés Sterbebuch (littéralement « Livre mortuaire »), lequel contenait habituellement quelque 1.500 actes :

Que sont devenus les Sterbebücher d’Auschwitz ?
Le sort de ces registres a été le suivant pour ce qu’on en sait :

Année, numéro, type et origine des Sterbebücher Moscou Gross Rosen Buchenwald
(Amsterdam)
?
(Arolsen)
 1941 1
2
3
4
Zweitb.
-
Zweitb.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
  1942 1 à 4
5
6 et 7
8
9 à 21
22
23 à 26
27 et 28
29
30
31
Zweitb.
-
Zweitb.
Zweitb. fragments
Zweitb.
Zweitb.
Zweitb.
-
Zweitb.
-
-
-
Zweitb. fragments
-
-
-
-
-
-
-
-
Zweitb. fragments
-
-
-
-
-
Erstbuch
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
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-
-
1943 1 à 3
4
5 à 11
12
13
14
15
16 à 18
19 et 20
21 à 25
Zweitb.
Zweitb. fragments
Zweitb.
-
Zweitb.
-
-
Zweitb.
-
Zweitb.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Zweitb.
-
-
-
-
1944 - - - -

Il est à noter que F. Piper, directeur du Musée d'Etat d'Auschwitz, affirmait en 1991 que le Musée possédait 8.803 « death certificates ». D'après le Musée, ces « death certificates » ne sont pas des extraits d'actes délivrés par Bielitz (Sterbeurkunde) mais des actes de décès, ce qui signifie que le Musée possédait, avant la redécouverte des Zweitbücher de Moscou, des fragments de Ertsbuch ou de Zweitbuch non repris dans le tableau ci-dessus. En effet, on ne peut pas opposer à ce raisonnement que le Musée possédait des photocopies prises après la guerre des actes retrouvés ailleurs qu'à Moscou car le compte n'y est pas. Une autre hypothèse est évidemment que le Musée possédait -sans le dire- des photocopies de centaines, voire de milliers d'actes conservés à Moscou. En attendant d'éclaircir ce point, on se bornera à relever qu'aucun de ces 8.803 actes ne serait postérieur au 31 décembre 1943.

Y a-t-il eu des Sterbebücher en 1944 ?
En résumé, tous les actes (Erstbuch, Zweitbücher) et extraits d'actes récupérés sont antérieurs au 31 décembre 1943. Or, il est impensable que les Allemands aient brusquement cessé le 31 décembre 1943 de rédiger des actes de décès [9] ; alors, où sont les actes de 1944 ? On peut comprendre -encore que difficilement car il en existait 3 exemplaires ainsi que nous l’avons vu- qu’on ait perdu tous les registres de 1944 mais comment expliquer que, sur les centaines d'extraits délivrés par Bielitz et récupérés par le Musée d’Auschwitz, il n’y en ait pas un seul qui date de 1944 ?
Selon nous, les chercheurs Jürgen Graf et Carlo Mattogno ont levé le doute qui pourrait subsister : des actes ont bien été établis pour 1944 et les Russes ont même emporté un certain nombre de registres concernant cette année 1944. En effet, ces deux chercheurs viennent de mettre la main sur 3 notes archivées au GARF à Moscou [10] : leur lecture révèle que l’Armée Rouge a trouvé en 1945 à Gross Rosen « 80 livres avec des listes de personnes assassinées dans le camp d’Auschwitz » et qu’elle les a ramenés à Moscou. Et que peuvent donc être lesdits 80 livres sinon les Sterbebücher d’Auschwitz ?
Comme on sait avec certitude qu’il avait été constitué 60 registres au 31 décembre 1943 dont 46 ont été remis par les Russes (sans parler des deux fragments), on peut conclure qu’il a donc été établi entre 20 et 34 registres pour l’année 1944, ce qui correspond à 30.000 à 51.000 actes de décès, fourchette à l’intérieur de laquelle on retrouve les estimations des uns et des autres.

Pourquoi ne retrouve-t-on pas les Sterbebücher de 1944 ?
Cette disparition, avons-nous dit, est étonnante. Il conviendrait donc de l’expliquer.
Qu’en disent donc les historiens officiels ? C’est simple : ils ne s’étonnent pas de cette lacune ; on sait qu’ils ont pourtant l’imagination fertile et on ne doit pas douter qu’ils pourraient nous donner une explication qui, pour être invraisemblable, ne nous en serait d’ailleurs pas moins imposée par la loi et enseignée dans les écoles. Et bien, ils n’en disent rien ; ils ne relèvent même pas le fait comme s’il allait de soi. Ce n’est donc pas seulement étonnant mais suspect.
Quelle explication peut-on alors avancer ? La plus vraisemblable est que les inaptes étaient non pas gazés comme le prétendent les historiens mais réimplantés en Ukraine du moins jusqu’au début de 1944 quand les Russes reprirent l’Ukraine ; ceci expliquerait pourquoi on ne trouve aucun acte établi au nom d’enfants juifs dans les registres de 1942 et 1943 mais on devrait en trouver dans les registres de 1944, ce qui constituerait la preuve (une de plus) de ce que : 

  1. les gazages anonymes des inaptes est une fable ;

  2. les inaptes déportés en 1942 et 1943 ont disparu en URSS. 

On aurait pu chercher à nous le cacher en nettoyant les archives à la fois à Moscou (élimination des Zweitbücher de 1944) et à Auschwitz même (extraits d'actes et peut-être même, actes de décès de 1944).


NOTES

[1]

Pour plus de détails, voyez Thomas Grotum et Jan Parcer, « Computer-aided Analysis of the Death Book Entries » dans « Death Books from Auschwitz », Vol 1. « Reports », K.G. Saur, 1995, p. 203 à 231.
Le actes de décès reliés dans les Sterbebücher n'ont pas d'intitulé ; par contre, les extraits délivrés par Bielitz sont intitulés « Sterbeurkunde » ( « Attestation de décès »). En ce qui concerne ces extraits, Grotum et Parcer disent (p. 211) que le Musée en possède 418 (originaux et copies) qui lui ont été remis par des proches des défunts. Ils ajoutent que davantage d'extraits peuvent être trouvés à l'hôtel de ville d'Auschwitz mais on peut supposer qu'ils sont relatifs à des décès antérieurs à la création d'un état civil à l'intérieur du camp. Les extraits, par définition, ne reprenaient pas toutes les mentions figurant dans les Sterbebücher ; par exemple, la cause du décès n'y était pas reprise.

[2]

Liens vers la photo des documents suivants :

[3]

Il s’agit du Volume 22 de septembre/octobre 1942 (dont il manquerait une cinquantaine de pages). Selon les Hollandais, il a été amené à Buchenwald par un détenu qui l’avait récupéré à Auschwitz, ce qui est curieux puisque Auschwitz ne possédait que des Zweitbücher.

[4]

En tout, 276 actes datant de mai 42 [Volume 5] et décembre 42 [Volume 31].

[5]

Volume 14 de mai/juin 1943.

[6]

On notera toutefois qu’un certain nombre de ces registres (de même que l'Erstbuch d’Amsterdam) avaient été produits à l’Auschwitz-Prozess de Francfort/Main en 1964 mais, apparemment, cela n’avait pas retenu l’attention des rares chercheurs révisionnistes de l’époque.

[7]

Schloss Althorn au sud de Glatz. Voyez Der Archivar, 1992, H. 3, p. 457 et VfZ, 40 (1992), p. 311.

[8]

Par exemple, un responsable du Musée indiquait en 2001 que les Sterbebücher de Moscou avaient été « probablement » récupérés par les Russes à Auschwitz même mais Grotum et Parcer affirment de leur côté [p. 203] qu’une partie des archives du camp (dont des archives de la Section Politique, gardienne des Sterbebücher) a été envoyée le 17 janvier 1945 en direction de Gross-Rosen.

[9]

Ils continuaient, par exemple, de rédiger des actes de naissance, le dernier ayant été établi le 15 janvier 45 c’est-à-dire quelques jours seulement avant l’arrivée des Russes (Grotum et Parcer, p. 204). De même, Bielitz délivrait encore en janvier 1945 des copies des actes de décès des Erstbücher (Id., p. 214).

[10]

Archives Gosudarstvenni Archiv Rossiiskoi Federatsii (GARF) :

1. Document GARF 7021-149-189, p. 34 : Lettre du 3 janvier 1948 de S. Kosyrev (Ministère des Affaires Etrangères) à P.V. Bogojavlenski (Commission d’Etat Extraordinaire) Lien vers l'original

URSS
Ministère des Affaires Etrangères
Département : 1- Service Europe

Le 15 janvier 1948

N° 22 I-eo

Au Secrétaire responsable de la Commission Extraordinaire d’Etat de l’URSS, le camarade P.V. Bogojavlenski.

L’ambassade hollandaise à Moscou s’est adressée au Ministère des Affaires Etrangères de l’URSS en le priant de l’informer sur 80 livres –contenant des listes de personnes assassinées- relatifs, aux dires de l’ambassade, au camp d’Auschwitz, lesquels livres ont été trouvés dans le camp de Gross Rosen et sont, selon l’ambassade, en possession des autorités soviétiques.
L’ambassade demande à être informée en particulier sur :

a) le lieu où se trouvent actuellement les livres ;
b) la période couverte par les livres ;
c) le nombre de citoyens hollandais morts dans ce camp.

Je vous prie de me faire savoir ce que vous savez sur lesdits livres et ce que vous pensez de la démarche de l’ambassade.

Le Chef du Département 1.-Service Europe du Ministère des Affaires Etrangères de l’URSS.

S. Kosyrev

2. Document GARF 7021-149-189, p. 36 : Lettre non datée de Bogojavlenski à Kosyrev. Lien vers l'original

Secret

Au Chef du Département 1.-Service Europe du Ministère des Affaires Etrangères de l’URSS, le camarade S. Kosyrev.

Concerne votre lettre n° 22 I-eo du 15 janvier 1948.

La Commission Extraordinaire d’Etat est en possession de 80 livres contenant des listes de prisonniers de guerre de différentes nationalités tués et torturés et des fiches de citoyens hollandais assassinés aussi bien que libérés par l’Armée Rouge dans le camp d’Auschwitz.
Pour le cas où le Ministère des Affaires Etrangères le jugerait utile, la Commission Extraordinaire d’Etat peut mettre ces documents à la disposition des représentants des Pays-Bas.

Le Secrétaire responsable de la Commission Extraordinaire d’Etat

P. Bogojavlenski

3. Document GARF 7021-149-189, p. 40 : Lettre du 19 février 1948 de Kosyrev à Bogojavlenski. Lien vers l'original

URSS
Ministère des Affaires Etrangères
Département : 1-Service Europe

Secret

Le 19 février 1948

N° 191 / 1eo-o

Au Secrétaire responsable de la Commission Extraordinaire d’Etat, le camarade P.V. Bogojavlenski.

Concerne votre lettre n° 26-c du 27.1.1948

Pour votre information, nous vous faisons part de ce que le Ministère des Affaires Etrangères de l’URSS a informé l’ambassadeur des Pays-Bas qu’il pouvait prendre connaissance du contenu des 80 livres contenant des listes de personnes assassinées dans le camp d’Auschwitz et qu’à cette fin, il devait s’adresser directement à la Commission Extraordinaire d’Etat.

Le Chef du Département 1.-Service Europe du Ministère des Affaires Etrangères de l’URSS.

S. Kosyrev


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