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Etude sur les Survivors américains de l’Holocauste

Jean-Marie Boisdefeu

L‘analyse des données statistiques tirées de la banque des Survivors américains conduirait à quatre grandes conclusions.
1. La très grande majorité des juifs qui se sont établis aux USA après la guerre étaient installés en Europe orientale. On ne trouve aux USA qu’un nombre infime de juifs déportés d’Europe occidentale.
2. La très grande majorité des juifs déportés d’Europe occidentale ne sont pas revenus de déportation.
3. Tous les juifs inaptes expulsés en URSS en passant par les camps du Bug ont disparu. Parmi eux, la plupart des inaptes déportés d’Europe occidentale.
4. Le total des pertes juives au cours de la deuxième guerre mondiale serait plus lourd que celui qu’admettent généralement les révisionnistes.

1. Généralités

Il existe à Washington une banque de données (Registry) concernant les juifs ayant vécu en Europe à l’époque du IIIe Reich puis ayant émigré aux USA. Cette banque est la Benjamin and Vladka Meed Registry of Jewish Holocaust Survivors. Elle est gérée par l’US Holocaust Memorial Museum (Musée de l’Holocauste à Washington) en coopération avec l’American Gathering of Jewish Holocaust Survivors (Association américaine des juifs rescapés de l’Holocauste).
L’idée de cette banque date de 1981, c’est-à-dire 36 ans après la fin de la guerre.
Selon ses gestionnaires, la banque de données contient plus de 170.000 noms de Survivors mais aussi de certains membres de leur famille, par exemple, les enfants et petits-enfants, baptisés Survivors, 2nd Generation. Comme on le voit, la notion de Survivor est assez large.
Le fichier de la banque est accessible sur écran à Washington. Il existe aussi une édition papier reprenant des extraits de cette banque. [1] Elle est composée de 4 gros volumes totalisant 3.220 pages. Les volumes I et II reprennent les noms des Survivors de la 1ère génération c’est-à-dire ceux qui se sont trouvés à un moment ou l’autre entre 1933 et 1945 dans un territoire contrôlé par les Allemands, même avant l’arrivée de ceux-ci ; outre le nom, on y trouve un numéro d’immatriculation, les alias éventuels (plus le nom de jeune fille des femmes) et, très souvent, le lieu de naissance et de résidence du Survivor avant la guerre et, enfin, les lieux - notamment de détention - où le Survivor s’est trouvé durant la guerre. Le volume III reclasse les Survivors par lieu de naissance et de résidence d’avant-guerre ; le volume IV les reclasse par lieu de résidence ou d’internement durant la guerre.
Il convient d’apporter quelques précisions à cette description :

L’éditeur donne la reproduction de quelques fiches. Ci-après le résumé d’une d’entre elles :

Morty L., jadis Motl L., né et ayant résidé à Bielsk Podlaski (Pologne) ; il a été dans un camp de travail [soviétique] près de Swerdlowsk (Russie) en 41-42, puis à Chimkent (Kazakhstan) en 42-46. Il n’a pas témoigné oralement. Epoux de Tobey L. née Toby L., également Survivor, née et ayant résidé à Sierpc (Pologne) ; elle a été dans un camp de travail [soviétique] de la République des Komis [nord de la Russie d’Europe] en 40-42 puis à Chimkent (Kazakhstan) en 42-46. Morty L. a joint une photo de lui et sa femme, alors qu’ils se trouvaient en 1947 au camp de personnes déplacées de Leipheim (Allemagne). Le Survivor a ajouté les noms de leurs 3 enfants et, aussi, ceux de :
- sa belle-mère Sarah Pesia L., ayant résidé à Sierpc (Pologne) et ayant été aux mêmes endroits que sa fille Tobey ; Sarah est morte en 1969 à New-York.
- son beau-frère Cvi (Hersz) L. ayant résidé à Sierpc (Pologne) et ayant été aux mêmes endroits que sa mère et sa sœur ; il est mort en Israël
[Palestine] en 1988 à l’âge de 62 ans.

Dans l’édition papier, on trouvera pour les deux premiers cités la mention suivante :

- L. Morty 00038151 (L. Motl) Bielsk Podlaski (3) ; Chimkent, Kazakh SSR, Sverdlovsk
- L. Tobey 00038151 (L. Toby) Sierpc (3) ; Chimkent, Kazakh SSR, Komi ASSR

Voilà, en résumé, ce qu’on peut trouver dans cette banque. Le chercheur qui n’a pas la possibilité de se rendre à Washington et qui n’a que l’édition papier à sa disposition, est handicapé dès le départ ; néanmoins, il pourra tout de même exploiter utilement cette édition papier car, malgré ses imperfections, elle constitue une source extraordinaire qu’on aurait grand tort de ne pas exploiter.

2. Cas particuliers

La première analyse à laquelle on pense est celle du parcours individuel des Survivors. Forcément, devant l’ampleur de la tâche, on ne peut que survoler ces listes d’une longueur de 1.200 mètres, malgré quoi, on arrive à se persuader très vite qu’il serait peut-être utile d’examiner de plus près sur écran les fiches de certains Survivors ; par exemple, celles de :

Il est vrai qu’il est bien possible que la banque contienne, outre quelques erreurs dactylographiques, quelques confusions de lieux peut-être dues à l’âge des déclarants et quelques mensonges à la Martin Gray. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons pas consulter ces fiches : alors, passons à autre chose.

3. Analyse par échantillonnage du parcours de l’ensemble des Survivors

Nous avons procédé ensuite à une analyse par échantillonnage du parcours de l’ensemble des Survivors ; malgré l’imprécision de nombreuses déclarations -d’où le recours fréquent au mode conditionnel par la suite-, on peut légitimement extrapoler les résultats trouvés sur un échantillon de 397 Survivors [7], soit :

o 219 (86,9 % de 252) sont nés en Europe de l’Est. De ces 219,

o 22 (8,7 % de 252) sont nés en Europe centrale ou en Europe du Sud. De ces 22,

o 11 (4,4 % de 252) sont nés en Europe occidentale. De ces 11,

On notera dès à présent qu’aucun de ceux qui sont nés en Europe de l’est ne s’est trouvé à aucun moment durant la guerre en Europe occidentale ; on ne pourra donc pas nous objecter par la suite que la plupart des juifs déportés de France et de Belgique étaient nés en Europe de l’Est.
Autre remarque à faire : on n’en trouve que 4 à être arrivés aux USA entre 1933 et 1945 ; tous les autres y sont arrivés après la guerre.
Nous tirerons plus loin les conclusions importantes qui nous semblent pouvoir être tirées de cette analyse par échantillonnage.

4. Analyse par camp d’internement

Les listes de Survivors par camp d’internement se prêtent, bien entendu, à une analyse a priori intéressante.

a) Camps de regroupement avant déportation d’Europe occidentale

- Camps français (Drancy, Pithiviers, Compiègne et Beaune-la-Rolande) : on trouve 88 Survivors dont 40 réellement déportés + 4 qui prétendent l’avoir été mais dont on ne trouve pas la trace dans le Mémorial [français] de S. Klarsfeld. De ces 40 déportés (tous à Auschwitz sauf un à Maïdanek et un autre à Bergen-Belsen), 25 sont déclarés revenus et 15 déclarés morts (dont le dessinateur David Olère) par ledit Mémorial.
Rappelons que quelque 71.000 juifs français ont été déportés à Auschwitz ou Maïdanek et que quelque 2.100 en sont officiellement revenus.
- Camp belge (Mechelen [Malines] et Caserne Dossin) : on trouve 56 Survivors dont 24 ont été déportés (dont 1 évadé et 4 déportés à Vittel dans les Vosges). De ces 24 déportés, 22 sont déclarés revenus et 2 déclarés morts par le Mémorial [belge] de S. Klarsfeld et M. Steinberg.
Rappelons également que quelque 25.000 juifs ont été déportés de Belgique vers Auschwitz et que quelque 1.300 en sont officiellement revenus.

Il est à noter qu’un certain nombre de Survivors sont passés par ces camps belge et français mais ne l’ont pas déclaré (peut-être parce qu’ils n’ont fait qu’y transiter) ; toutefois, une vérification élémentaire montre qu’ils sont peu nombreux.
On rappellera que dans l’échantillon de l’analyse faite ci-dessus au point 3, il ne s’est trouvé aucun Survivor à être passé par un de ces camps belge et français ; on a ici confirmation de ce fait, la poignée de Survivors retrouvés dans lesdits camps n’étant pas significative.
On devine déjà la conclusion à en tirer mais nous en reparlerons.

b) Camps de tri et de travail d’Europe orientale

- Auschwitz  (y compris Birkenau, Buna, Monowitz, Blechhammer) : on trouve environ 11.000 Survivors. Ces 11.000 Survivors représentent 9,0 % des 122.600 Survivors de la banque de données ; nous en avions davantage dans l’échantillon du point 3 ci-dessus (43/252 = 15,9 %) mais, du fait du mode de calcul utilisé, le chiffre de 9,0 % est plus crédible. [8]
Rappelons que, d’après la dernière version de F. Piper, directeur du Musée d’Etat [9], 1.095.000 juifs sont passés par Auschwitz, y compris quelque 450.000 inaptes arrivés avant la perte de l’Ukraine par les Allemands au début de 1944 et qui n’ont, en réalité, fait que transiter par la gare civile d’Auschwitz. Parmi eux, quelque 94.000 juifs de Belgique et de France qui représentent donc 8,6 % des juifs passés dans ce camp.
- Majdanek (y compris Flugplatz) : on trouve environ 650 Survivors.
Quelque 50.000 juifs et non-juifs seraient passés dans ce camp dont 2.000 juifs de France (environ 4 %).
- Chelmno : on trouve 6 Survivors. (Tous nés en Europe orientale ou centrale et en ayant été déportés.)
Seuls des juifs polonais annexés par les Allemands seraient passés par ce petit camp à l’histoire mal connue.

c) Camps de tri et d’expulsion d’Europe orientale (camps du Bug)

- Treblinka : on trouve 134 Survivors. (Tous nés en Europe orientale ou centrale et en ayant été déportés.)
Rappelons que, selon Hilberg, 750.000 juifs seraient passés par ce camp. (Dont aucun n’a été déporté d’Occident.) Le SS Hoefle, dans son célèbre radiogramme, en comptait 713.000 à fin 1942. Mais on sait que juifs et SS ont rivalisé dans l’exagération : les premiers pour apitoyer davantage, les seconds pour se faire valoir aux yeux de leurs chefs. En attendant qu’un chercheur révisionniste revoit tous ces chiffres, retenons le chiffre de Hilberg.
- Sobibor : on trouve 21 Survivors. (Tous nés en Europe orientale ou centrale et en ayant été déportés à l’exception de 3 juifs déportés directement de Hollande.)
Selon le même Hilberg, 200.000 juifs sont passés par ce camp. (Dont 2.000 venant de France et quelque 34.000 venant des Pays-Bas.)
- Belzec : on trouve 33 Survivors. (Tous nés en Europe orientale ou centrale et en ayant été déportés.)
Toujours selon Hilberg, 600.000 juifs seraient passés par ce camp. (Dont aucun ne venait d’Occident.). Hoefle n’en comptait que 435.000 à fin décembre 42, date à laquelle le camp était fermé et nous retiendrons ce chiffre déjà suffisamment gonflé, sans aucun doute. En fait, comme nous aurons l’occasion de le vérifier, le choix du chiffre ne peut modifier la conclusion à tirer.

5. Conclusions

Ainsi que nous l’avons vu, les données de cette banque de Survivors sont partielles et, dès lors, il convient d’être prudent dans le traitement des statistiques qu’on en tire ; on peut au moins tenir pour légitimes,

Nous nous contenterons de tirer quatre grandes conclusions.

· La première conclusion importante concerne l’origine des Survivors : il est clair à l’analyse du point 3 que la très grande majorité des Survivors sont des juifs est-européens soit déportés, soit ayant fui avant l’arrivée des Allemands, soit encore restés clandestinement sur place.
Les Survivors venus d’Europe occidentale ne sont qu’une petite minorité dont, de plus, la plupart n’ont même pas été déportés. Ils sont tellement minoritaires parmi les Survivors qu’on peut sans danger affirmer que la très grande majorité des juifs déportés d’Occident qui sont revenus sont donc restés en Occident.
On ne peut donc trouver dans cette analyse la preuve que des masses de rescapés belges et français se seraient installés aux USA. (Et il n’y a pas lieu de penser qu’ils aient pu aller s’installer ailleurs.)
Cette conclusion est confirmée par l’analyse du point 4 : on ne retrouve que 68 juifs déportés de Belgique et de France parmi les 11.000 Survivors passés par Auschwitz, c’est-à-dire 0,6 %, alors qu’ils représentaient 8,6 % des juifs passés par Auschwitz, soit 14 fois plus.
Il y a d’ailleurs des explications évidentes à ce déséquilibre.

· une plus longue période de détention ;
· des conditions d’hygiène plus dures, voire catastrophiques en 1942 lors du déclenchement des premières épidémies de typhus, lesquelles seront combattues par la suite avec efficacité pour ne réapparaître qu’à la fin de la guerre ;
· un environnement plus hostile ;
· la réimplantation en URSS pour les inaptes, soit les 2/3 des déportés, réimplantation qui s’est terminée par une tragédie dans la tragédie : la déportation des rescapés en Sibérie en 1944. [10]

· Une deuxième conclusion s’impose donc inexorablement : puisque la très grande majorité des juifs déportés d’Occident qui sont revenus sont restés en Occident et puisqu’on n’en retrouve qu’un petit nombre, c’est donc que la majorité de ces juifs n’ont pas survécu à leur déportation. Depuis de nombreuses années, nous consacrons une partie considérable de notre temps à vérifier le bilan officiel de la déportation des juifs occidentaux dans l’espoir de l’améliorer mais nous en étions arrivé à la conclusion qu’on devait admettre qu’il n’en est certainement pas revenu plus de 10 % ; néanmoins, nous gardions le secret espoir d’en retrouver des cents et des mille aux USA puisque, d’évidence, une grande partie des juifs européens s’y sont établis ; l’analyse des données de la banque des Survivors nous a persuadé de ce que cet espoir était illusoire.

· Une troisième conclusion nous semble pouvoir être tirée de la comparaison entre d’une part Auschwitz + Majdanek et d’autre part Treblinka + Sobibor + Belzec. Les Survivors représentent :

On trouverait donc ici la confirmation de la thèse officielle : comme la plupart des déportés passés par les camps du Bug avaient déjà subi l’opération de tri, ils étaient majoritairement des inaptes et ils ont donc été éliminés ; certes, il y a désaccord sur le sens de ce mot mais il faut bien admettre qu’en définitive, ils ont tous disparu. En effet, on n’en retrouve aucun parmi les Survivors américains ; les rares Survivors à être passés par ces camps sont apparemment tous des déportés qui avaient été retenus pour le travail et qui n’avaient donc pas été expulsés en URSS.

· Une quatrième conclusion nous semble découler de la conclusion précédente : le bilan des pertes juives au cours de la guerre, tant du fait des Allemands que des Russes, serait plus lourd que celui que les révisionnistes admettent généralement au terme des études statistiques démographiques de Rassinier et Sanning.


NOTES

[1]

Benjamin and Vladka Meed Registry of Jewish Holocaust Survivors 2000, édité par l’US Holocaust Memorial Museum en coopération avec l’American Gathering of Jewish Holocaust Survivors ; 4 volumes de format 27,6 x 21,7 cm, à savoir :
Volume I – Alphabetical Listing of Survivors – Aach-Lottner – 18 (i-xviii) + 1084 p.
Volume II – Alphabetical Listing of Survivors – Lotven-Zyzemski – 903 p.
Volume III – Listing by Place of Birth and Town Before the War – 452 p.
Volume IV – Listing by Location During the Holocaust – 763 p.

[2]

Nous avons extrapolé les résultats trouvés dans 7 pages (pp. 13, 377, 715, 1179, 1468, 1683 et 1975).

[3]

Ainsi trouve-t-on dans le volume I : Martin Gray [immatriculé] 00304045 ([alias] Grajewski-Grynberg Mieczyslaw, Greenberg Mietek, Mendel, Misha) [né et ayant résidé avant-guerre à] Warsaw (3) ; [ayant été durant la guerre à] Warsaw, Pawiak, Rembertow, Treblinka, Zambrow, Bialystok, Lwow. Comme on le sait, Martin Gray est un menteur qui n’a jamais mis les pieds à Treblinka.
L’examen du cas de Elie Wiesel est également intéressant car il montre certaines des limites de la recherche dans cette banque de données. On trouve : Elie Wiesel (Eliezer Wiesel) 00999998 Sighet (3) ; Auschwitz, Buchenwald, Buna. On notera que Wiesel n’a pas déclaré Sighet dans son itinéraire : normalement il aurait dû le faire car il y a été arrêté. On notera d’ailleurs que, dans le volume 3, on trouve 240 Survivors ayant résidé à Sighet avant-guerre et que dans le volume IV, on n’en trouve plus que 80 y ayant vécu durant la guerre. Or, les juifs de Sighet n’ont été déportés en masse qu’à l’été 44 ; il faudrait donc en conclure qu’ils avaient émigré ou fui en masse auparavant, ce qui ne semble pas avoir été le cas ; en fait, les Survivors ont pu souvent penser bien faire en ne reprenant pas le point de départ de leur déportation, ce qui peut se comprendre.

[4]

Exemple d’omission due au Survivor : on ne trouve aucun nom de lieu en regard de Rudolf Vrba 00047353 qu’on peut supposer être le célèbre témoin slovaque et on ne trouve ce Survivor dans aucune des rubriques Auschwitz, Birkenau et Majdanek. Exemples d’omissions dues à la banque : on trouve dans la rubrique Belzec, 33 noms de Survivors dont 4 ne sont suivis d’aucun nom de lieu dans la liste alphabétique.

[5]

Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des juifs de France, FFDJF, 32, rue La Boétie, 75008 Paris, 1997, 654 p.

[6]

Serge Klarsfeld et Maxime Steinberg, Mémorial de la déportation des juifs de Belgique, UDJB et FFD, 68, Avenue Ducpétiaux, 1060 Bruxelles, 1982, env. 550 p.

[7]

Nous avons pris le premier nom de Survivor de chaque page multiple de 5 des volumes I et II, ce qui nous fait 397 noms soit 0,31 % des 122.600 Survivors. Nous n’avons procédé à aucun test de validité mais nous sommes confiant dans la représentativité de cet échantillon.

[8]

L’écart entre ces deux chiffres s’explique comme suit : le 9,0 % se rapporte à l’ensemble des Survivors, y compris ceux sur le parcours desquels la banque ne donne aucune précision dans les volumes I et II ; par contre, nous n’avons pas tenu compte de ces gens-là dans le calcul du 15,9 %, en estimant que (comme les abstentionnistes dans les élections) ils se ventilaient de la même façon que les autres ; si on en tient compte, on obtient 10,8 %, chiffre très proche du 9,0 %.

[9]

Franciszek Piper, Auschwitz : How many perished Jews, Polen, Gypsies … , 1991

[10]

Des juifs sont revenus de Sibérie, objectera-t-on peut-être. Sans doute mais il convient, à la suite de Staline, de faire la distinction entre :

- d’une part, les juifs polonais déportés par les Russes en 39/41 et autorisés à revenir en 1945 en Pologne -d’où ils se sont sauvés en Occident- dans le cadre d’un accord entre communistes soviétiques et polonais ; les Survivors revenus de Sibérie sont de cette catégorie. (Voir par exemple les Survivors de la fiche donnée en exemple au point 1. Généralités.)
- d’autre part, les juifs occidentaux mais aussi est-européens passés dans les mains des Allemands et réimplantés en URSS : comme tous ceux qui avaient connu l’Occident, ils ont été relégués à jamais en Sibérie par Staline ; ayant été déclarés gazés par les historiens, ils ont été abandonnés par tous, y compris par les leurs. C'est du moins la thèse révisionniste.


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