Chronologie révisionniste sommaire de l’année 1997

Pour des raisons que l’on comprendra aisément, il n’a pas été facile d’établir une chronologie révisionniste qui prétende à une quelconque exhaustivité. Vu l’abondance de la matière, la chronologie qu’on lira ci-après aurait sans doute pu être dix fois plus longue s’il nous avait été possible de prendre connaissance de toutes les informations nécessaires pour la compléter. Tel n’a pas été le cas, loin s’en faut. Le lecteur doit considérer les quelques éléments imprécis réunis ci-dessous comme une sorte d’embryon de ce qui pourrait devenir un jour une Histoire chronologique du révisionnisme ou un Livre noir de l’antirévisionnisme. Il doit être clair également que les informations recueillies sont souvent de seconde main et l’on voudra bien ne pas nous faire grief des erreurs qui peuvent s’y trouver. Les lecteurs sont d’ailleurs invités à nous faire part de leurs éventuelles rectifications de même qu’ils sont invités, dans la perspective de la chronologie révisionniste de l’année 1998, à nous envoyer toutes coupures de presse susceptibles de nous intéresser. Prière de bien mentionner dans tous les cas les références précises (nom du journal ou de la revue, sa périodicité et son lieu de publication s’il agit d’un organe de presse peu connu, la date complète : jour, mois – en toutes lettres – et année ainsi que la pagination).

Abréviations

AH
AI
AIN
BVT
DGG
JHR
L'Autre Histoire
Anec Informations ...
Adelaide Institute Newsletter
Bulletin de la Vieille Taupe
Deutschland in Geschichte und Gegenwart
Journal of the Historical Review
LF
NF

SP
SR
VffG

Lectures Françaises
Les Nouvelles du Front

Source privée
Smith's Report
Vierteljahreshefte für freie Geschichtsforschung

Janvier, États-Unis. Richard Widmann, un des responsables du site Internet du CODOH, écrit au représentant européen d’Amnesty International au sujet de l’emprisonnement en Allemagne de Günter Deckert. Michael C. Butler lui répond qu’Amnesty International considère le révisionnisme comme une « défense de la haine nationale, raciale ou religieuse constituant une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence » [SR, n° 41, mars 1997, 4-5] [voir aussi VffG, n° 4, déc. 1997, 270-273].

6 janvier, France, Honfleur (Calvados). Le 20 décembre 1996, Vincent Reynouard, professeur de mathématiques-physique au LEP (Lycée d’enseignement professionnel) de la Côte fleurie à Honfleur, a été suspendu de ses fonctions pour cause de révisionnisme. Dès le lundi 6 janvier certains de ses élèves se mettent en grève, réclamant la réintégration de leur professeur et refusant de rentrer en classe tant que celui-ci ne serait pas autorisé à assurer ses cours. Le mouvement s’étend le lendemain à la quasi-totalité des élèves et dure une semaine [AI, n° 3, 28 janv. 1997, 1].

13 janvier, France, Honfleur (Calvados). Une cinquantaine d’élèves du LEP de la Côte fleurie organisent un sit-in devant la mairie de Honfleur puis distribuent des tracts de soutien en faveur de V. Reynouard [AI, n° 3, 28 janv. 1997, 2].

15-16 janvier, France, Bordeaux. Dans la nuit, L’Espace Ulysse, librairie tenue par Jean-Luc Lundi, est l’objet d’un acte de vandalisme. Pour la troisième fois, la vitrine de la librairie a été brisée. Cette fois-ci la grille de fer a été fracturée et les malfaiteurs ont pénétré dans les locaux : vols importants et dégradations, saccage du bureau. L’assurance ne devrait pas couvrir les dégâts [LF, n° 479, mars 1997, 86].

23 janvier, France, Paris. Une conférence de Daniel Goldhagen a lieu à la Cité Universitaire. Quelques membres de la Vieille Taupe en profitent pour organiser une distribution du Droit de réponse de Roger Garaudy et du tract Pour la liberté d’expression, abrogation de la loi Gayssot ! [BVT, n° 5, fév. 1997, 5].

30 janvier, Grande-Bretagne, Londres. Dans le quotidien The Times, Tony Blair, chef du Parti travailliste, promet une loi punissant la contestation de l’Holocauste si son parti gagne les prochaines élections. Parallèlement, le Daily Telegraph rapporte le même jour la prise de position de l’historien Norman Stone d’Oxford sur le chiffre « probablement faux » des six millions de gazés. Quelques jours plus tôt, le 24 janvier, Anthony Lerman, député juif du Labour, s’était prononcé contre une loi antirévisionniste dans les colonnes de la Jewish Chronicle [VffG, n° 1, mars 1997, 51].

Début février, Allemagne, Stuttgart. Edda et Karl Hans Schmidt, libraires à Bisingen, sont condamnés à 20 mois de prison avec sursis par un tribunal de Stuttgart pour la diffusion d’ouvrages au contenu national-socialiste et/ou révisionniste [VffG, n° 2, juin 1997, 126 ; Schwarzwälder Bote, 7 fév. 1997].

6 février, France, Paris. Le juge parisien Hervé Stéphan ordonne à Robert Faurisson de comparaître en son cabinet au Palais de Justice le 14 mars 1997 pour y être interrogé sur les faits de contestation de crimes contre l’humanité. Il lui est reproché d’être l’auteur d’une lettre parue dans le courrier des lecteurs de l’hebdomadaire Rivarol du 12 juillet 1996 et dans laquelle il écrivait notamment que « les révisionnistes ont toujours affirmé, au terme de leurs recherches, qu’il n’y a pas eu d’extermination des juifs par les Allemands du IIIe Reich. »

10 février, France, Strasbourg. Au tribunal correctionnel de Strasbourg se tient le procès de Gabriel Andres pour apologie de crime contre l’humanité et contestation de l’existence des mêmes faits, le tout en sa qualité de responsable de la revue autonomiste Rot un Wiss [Rouge et blanc]. Ce mensuel avait publié en mars 1995 un texte mettant en doute l’authenticité de la chambre à gaz et la potence du camp du Struthof.

13 février, États-Unis, Washington. John Sack, auteur de An Eye for an Eye, donne une conférence au National Press Club sur le sort des prisonniers allemands après 1945 dans des camps de concentration polonais dirigés en grande partie par des juifs. La conférence sur le même sujet qu’il aurait dû tenir au Musée de l’Holocauste avait été annulée par le nouveau directeur, Walter Reich [AIN, n° 59, août 1997, 9].

13 février, Allemagne, Kiel. Décès de Thies Christophersen à l’âge de 79 ans. Né en 1918, cet ancien cultivateur s’était rendu célèbre en 1973 en publiant Die Auschwitz-Lüge [Le Mensonge d’Auschwitz], petit livre de souvenirs sur le séjour qu’il avait effectué en 1944 au camp de travail de Raisko, à environ 3 km du camp principal d’Auschwitz. Ce livre, interdit en Allemagne, a été traduit dans la plupart des langues européennes. À la suite de cette parution, T. Christophersen eut à subir de multiples persécutions de la part des autorités allemandes et fut longtemps contraint de vivre en exil au Danemark, en Belgique ou en Suisse [JHR, vol. 16, n° 3, mai-juin 1997, 32-33].

13-14 février, France, Honfleur. Deux inspecteurs généraux, Martine Storti et André Warusfel, se rendent au LEP de Honfleur sur l’ordre du ministre de l’Éducation nationale (François Bayrou) pour enquêter sur l’affaire Reynouard. Ils interrogent des élèves, des parents et des professeurs en faisant preuve d’une évidente partialité. Cette enquête débouchera sur la rédaction d’un rapport défavorable à l’enseignant révisionniste [AI, n° 4, 28 fév. 1997, 1-2].

Mi-février, France, Toulouse. Jean de Quissac, professeur agrégé d’histoire, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Toulouse, est accusé de révisionnisme. Un jour de février, à la fin d’un de ses cours, une étudiante de bonne foi lui a demandé publiquement ce qu’était le révisionnisme. Le professeur de Quissac a expliqué brièvement ce que disaient des auteurs comme Garaudy, sans les approuver et a noté qu’ils contestaient le nombre des victimes juives. Un montage a été organisé et la presse locale puis nationale s’est emparé de l’affaire. Le professeur de Quissac a été suspendu de ses fonctions malgré l’appui de nombreux élèves et collègues [LF, n° 480, avril 1997, 35 ; Faits & documents, n° 26, 1er-15 mars 1997, 12].

Mars, France, Paris. Pierre Guillaume et la Vieille Taupe organisent l’envoi de trois tracts (sur l’Union des athées, Brigitte Bardot, la Librairie roumaine) à de nombreuses écoles parisiennes [Libération, 14 mars 1997 ; BVT, n° 6, juin 1997, 9].

Mars, Belgique, Anvers. Les éditions du Vrij Historisch Onderzoek republient la brochure de Thies Christophersen, Die Auschwitz-Lüge [Le Mensonge d’Auschwitz]. Deux éditions sont réalisées, l’une en allemand qui reprend en fac-similé la 7e édition, l’autre en français.

Mars, Belgique, Anvers. Sortie du n° 1 (mars 1997) de la revue révisionniste de périodicité trimestrielle et de langue allemande Vierteljahreshefte für freie Geschichtsforschung. Le n° 1 a 56 p. et un format de 21 x 29,7 cm. La couverture reproduit en illustration la couverture de l’hebdomadaire français L’Événement du jeudi du 27 juin au 3 juillet 1996 (photographie de l’abbé Pierre avec le titre suivant ; « Holocauste : la victoire des révisionnistes »). La revue a pour directeur de publication Herbert Verbeke et pour rédacteur en chef officieux Germar Rudolf. L’éditeur est la fondation Vrij Historisch Onderzoek. Le n° 1 publie notamment des textes de Robert Faurisson, Michael A. Hoffman II, Germar Rudolf, David Irving, Conrad Grieb.

Mars, États-Unis, Coeur d’Alene (Idaho). Sortie du n° 1 (printemps 1997) de la nouvelle revue, de périodicité trimestrielle, de Michael A. Hoffman II, Revisionist History (sous-titrée : The Magazine of the New Vision). Ce n° 1 a 20 p. et un format de 21,3 x 27,2 cm. La revue porte en mention la formule latine : Res ipsa loquitur [Les faits parlent d’eux-mêmes]. Le n° 2 (sous-titré : The Journal of the New Vision) n’a plus que 16 p. et un format de 18,3 x 27,2 cm. Les numéros suivants, sans sous-titre, de format 21 x 29,7 cm, n’ont que 8 pages reliées par une simple agrafe.

Mars, Belgique, Anvers. Publication de la brochure Eine deutsche Antwort auf die Goldhagen- und Spielberglügen (Anvers, Vrij Historisch Onderzoek) destinée à une diffusion massive, plus particulièrement en Allemagne.

10 mars, Allemagne. Perquisition au domicile des beaux-parents de Germar Rudolf et d’un ami qui s’occupait de sa boîte postale. L’objet de cette opération de police était manifestement d’obtenir des renseignements sur l’endroit où vit G. Rudolf en Grande-Bretagne. Celui-ci a dû déménager avec sa famille [SR, n° 47, oct. 1997, 6-7).

20 mars, France, Paris. Lors d’une émission sur les ondes de Radio-Courtoisie, dans le « Libre journal » de Claude Giraud, Pierre de Villemarest (journaliste et ancien résistant) émet des doutes sur l’existence des chambres à gaz et parle seulement d’« essais ». Il déclare en outre ne pas craindre d’être accusé de révisionnisme. Ses propos ont été portés à la connaissance de la presse et de la justice par deux universitaires, Tristan Mendès France et Michaël Prazan, qui écoutent depuis quatre ans le contenu de la station de radio [Libération, 5-6 avril 1997, 34 ; Le Monde, 9 avril 1997, 27 ; Revision, n° 81, avril-mai 1997, 17-18].

24 mars, France, Strasbourg. Gabriel Andres, Alsacien de 71 ans, est condamné par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour un article révisionniste à 6 mois de prison avec sursis, à 10 000 F de dommages-intérêts à payer à une fédération de déportés et à 10 000 F à verser à la Licra [Le Droit de vivre, mai 1997, 31].

25 mars, France, Nantes. Le tribunal administratif de Nantes rejette la demande d’Henri Roques en vue d’obtenir de l’Université de Nantes un dédommagement de 250 000 F en réparation du préjudice qu’il estimait avoir subi du fait des irrégularités commises par celle-ci lors de sa soutenance de thèse [texte du jugement du tribunal ; Ouest-France, 27 mars 1997].

26 mars, France, Paris. Pierre de Villemarest donne devant un public d’environ 150 personnes une conférence au Centre Chaillot-Galliera au cours de laquelle il persiste dans son attitude révisionniste concernant les chambres à gaz [Revision, n° 81, avril-mai 1997, 18].

Avril, Suisse, Châtel-Saint-Denis. Une enquête judiciaire est ouverte concernant le révisionniste René-Louis Berclaz pour diffusion d’ouvrages révisionnistes. Par ailleurs, trois exemplaires du rapport Rudolf ont été saisis à son domicile [La Liberté, 1er mai 1997, 17 ; La Gruyère, 3 fév. 1997, 9].

Avril, Japon, Tokyo. Le révisionniste Aiji Kimura porte plainte en diffamation contre Taichino Kajimura, journaliste, et Martin Kaneko, professeur, qui, dans une série d’articles parus d’octobre 1996 à février 1997 dans l’hebdomadaire Shukan Kinyobi l’avaient traité de « falsificateur de l’histoire ». Le juge qui s’occupe de l’affaire a déclaré que le tribunal n’avait pas à prendre position concernant l’existence ou non des chambres à gaz [The Japan Times, 11 août 1997].

Avril, Autriche, Munich. Un historien autodidacte est condamné à 2 000 marks d’amende et à 7 mois de prison avec sursis pour l’achat [?] de 11 exemplaires du livre de Jürgen Graf, Todesursache Zeitgeschichtsforschung et la photocopie de lettres du révisionniste autrichien Wolfgang Fröhlich [VffG, n° 2, juin l997, 126 ; Münchner Merkur, 25 avril 1997].

Avril, Allemagne, Berlin. La police saisit le n° 4 (année 1996) de la revue révisionniste berlinoise Sleipnir [VffG, n° 2, juin 1997, 125-126].

5 avril, Canada. Le révisionniste canadien Ernst Zündel est interviewé pendant 25 minutes sur une radio canadienne (couvrant la province d’Alberta, le Saskatchewan, la Colombie britannique et le Montana) [VffG, n° 2, juin 1997, 126].

14 avril, France, Paris. Vincent Reynouard, assisté par Maître Stevenin, est entendu devant la Commission de discipline du ministère de l’Éducation nationale. On lui reproche (le texte qui suit est de V. Reynouard) : « 1/ d’avoir utilisé le "prestige du magistère" pour effectuer de la propagande révisionniste en cours ; 2/ d’avoir utilisé "de façon abusive" le matériel télématique du lycée pour ses activités révisionnistes ; 3/ d’avoir poussé ses élèves à la "rébellion" contre l’autorité administrative par l’organisation de grèves et de manifestations » [AI, n° 6, 21 avril 1997, 1-2].

15 avril, Grande-Bretagne. Le quotidien britannique The Daily Telegraph publie une lettre de David Irving sur la nouvelle condamnation de Günter Deckert en Allemagne [VffG, n° 2, juin 1997, 127-128].

22 avril, France, Saint-Jean-de-Monts (Vendée). Vincent Reynouard reçoit l’arrêté du ministre (daté du 18 avril) lui notifiant sa révocation. L’enseignant révisionniste entend déposer un recours devant le Tribunal administratif de Caen afin que l’arrêté de révocation soit annulé [AI, n° 6, 21 avril 1997, 2-3].

Mai, Belgique, Anvers. Publication de la brochure Der Holocaust : Korrektur eines Zahlen-Mythos par Cedric Martel. Ce texte, publié par le Vrij Historisch Onderzoek, aborde de manière rapide la question statistique des pertes juives pendant la seconde guerre mondiale.

Mai, Belgique, Anvers. Publication de : Le Massacre d’Oradour : un demi-siècle de mise en scène par un « collectif de libres chercheurs animé par Vincent Reynouard ». Cet ouvrage de 448 p. au format 21 x 29,7 cm est le fruit de sept années d’enquêtes sur place et dans les archives. Différents articles sur le massacre d’Oradour-sur-Glane avaient été publiés il y a quelques années dans 1a revue Nouvelle Vision animée par V. Reynouard.

Mai-juin, États-Unis, Newport Beach. Le Journal of Historical Review annonce officiellement l’entrée de 3 nouveaux membres au sein de l’Editorial Advisory Committee de la revue. Il s’agit du Sud-Africain Costas Zaverdinos (né en 1938), docteur en mathématiques, du Russe Oleg Platonov (né en 1950), docteur en économie, et du Suisse Jürgen Graf (né en 1951), enseignant, auteur de plusieurs ouvrages révisionnistes dont le best-seller L’Holocauste au scanner (titre de la version française), interdit en France. L’Editorial Advisory Committee se compose désormais de 23 membres [JHR, vol. 16, n° 3, mai-juin 1997, 19-20].

2-3 mai, France, Genouillac (Charente). Henri Lewkowicz est invité le 2 mai à passer le lendemain à la gendarmerie de Chasseneuil. Le 3 mai, on l’informe qu’il fait l’objet d’une enquête préliminaire ordonnée par le substitut du Procureur de la République d’Angoulême en raison des lettres au contenu révisionniste qu’il a envoyées à Madame Labbé, professeur de français dans un établissement scolaire de Honf1eur (Calvados), à Maître Salvignac et à Monsieur X. Une perquisition est effectuée le jour même à son domicile par trois gendarmes. Un compte rendu de la perquisition est rédigé puis le gendarme chargé de l’enquête procède à une audition de Henri Lewkowicz qui porte d’une part sur sa vie et d’autre part sur le révisionnisme et les lettres adressées à Madame Labbé. H. Lewkowicz, révisionniste d’origine juive, a plusieurs membres de sa famille (ses grands-parents paternels, une tante) qui ne sont pas revenus de déportation [BVT, n° 6, juin 1997, 3-6].

3 mai, France, Bordeaux. La Cour d’appel de Bordeaux juge à nouveau le libraire bordelais Jean-Luc Lundi. L’affaire remonte au 14 mars 1994, date à laquelle la police avait saisi dans sa librairie des publications révisionnistes (exemplaires des Annales d’histoire révisionniste et de la Revue d’histoire révisionniste, revues interdites de vente aux mineurs et d’affichage public). Après divers épisodes judiciaires, le libraire avait finalement été condamné le 27 juin 1996 par le Tribunal correctionnel à un mois de prison avec sursis et 5 000 F d’amende. Le parquet, estimant que cette peine n’était pas assez sévère, avait fait appel de ce jugement. Pour sa défense, J.-L. Lundi fait valoir qu’il n’avait pas acheté ces revues mais les avait trouvées dans le magasin lorsqu’il avait racheté le fonds de commerce. Il a déclaré également que s’il connaissait l’interdiction de les vendre aux mineurs, il ignorait qu’il était également interdit de les exposer [LF, n° 456, avril 1995, 46 ; n° 458, juin 1995, 42 ; n° 459 et n° 460, juillet-août 1995, 32 ; n° 483 et n° 484, juillet-août 1997, 8.]

6 mai, Allemagne, Herford. Le révisionniste Udo Walendy est condamné à 14 mois de prison supplémentaires pour les n° 66 et 68 de ses Historische Tatsachen [VffG, n° 2, juin 1997, 126).

12 mai, Canada. Le journaliste révisionniste Doug Collins est entendu par la Human Rights Agency (organisme dont nous ignorons les attributions précises) de la Colombie britannique pour un article critique sur le film de Steven Spielherg, Schindler’s List, paru dans les North Shore News [VffG, n° 2, juin 1997, 127].

13 mai, France, Paris. Le libraire d’origine roumaine Georges Piscoci-Danesco, responsable de la Librairie du Savoir (Librairie roumaine antitotalitaire), est victime vers 14 heures d’une provocation de la part de plusieurs individus (deux hommes et deux femmes). La tension étant montée, le libraire sort un pistolet d’alarme qui tire des balles en caoutchouc. Les provocateurs partent et le libraire ferme son magasin. À son retour, à 16 heures, il est interpellé par cinq policiers en civil [BVT, n° 6, juin 1997, 2-3].

15 mai, France, Paris. Alain Guionnet comparaît devant le tribunal correctionnel présidé par le juge Jean-Yves Monfort pour son compte rendu de l’affaire Michel Adam dans le n° 69 de décembre 1995 de Revision [Revision, n° 82-83, juin-juillet-août 1997, 51].

15 mai, Allemagne, Münster. Erhard Kemper, ingénieur agricole, est condamné à 6 mois de prison ferme pour avoir contesté, dans une lettre adressée à un prisonnier politique de la prison de Moabit, l’extermination des juifs par les nazis [VffG, n° 3, sept. 1997, 219-220].

24 mai, Israël, Jérusalem. Dans une interview au Jerusalem Post (édition internationale), le prix Nobel de la paix Elie Wiesel met en garde contre l’utilisation du réseau Internet par les révisionnistes [SR, n° 45, été 1997, 4].

25 mai, France, Paris. Pierre Guillaume adresse une lettre ouverte au Premier ministre Lionel Jospin à propos de la répression croissante visant le révisionnisme. Il écrit en conclusion de cette lettre qui a fait l’objet de plusieurs distributions sous forme de tract : « Actuellement, ce ne sont ni Le Pen, ni le Front National qui font peser une menace sur la liberté d’expression, c’est l’antifascisme. C’est au nom de l’antifascisme que le pouvoir censure des livres. C’est au nom de l’antifascisme que les aboyeurs de Ras l’Front font de la surenchère. / L’antifascisme est devenue l’idéologie dominante de l’époque, c’est-à-dire l’idéologie de la classe dominante. Le reste n’est que du cinéma. »

25 mai, France. Éric Delcroix, avocat des révisionnistes et de Robert Faurisson, candidat du Front National dans le département de l’Oise, obtient 22,16 % au premier tour des élections législatives. Le candidat de la droite libérale obtient 27,9 % et le candidat socialiste 24,8 %.

28 et 29 mai, Canada. Ernst Zündel est entendu devant une Commission des droits de l’homme à propos du contenu de son site révisionniste Internet [VffG, n° 2, juin 1997, 127).

Fin mai, Suisse. Artur Vogt est condamné [?] à 5 000 francs suisses (environ 20 000 FF) et à 4 mois de prison ferme pour des écrits ou propos révisionnistes [VffG, n° 2, juin 1997, 12].

Juin, Japon. Publication d’un livre révisionniste de Masanori Nishioka sur Auschwitz et les chambres à gaz [JHR, vol. 17, n° l, janv.-fév. 1998, 10].

6 juin, États-Unis. Bradley Smith reçoit une réponse de Lyle Stuart, éditeur américain réputé pour son indépendance. Celui-ci l’informe de son refus de publier un quelconque texte révisionniste et écrit que, selon lui, il est mort entre 14 et l6 millions de personnes de toutes origines dans les camps de concentration nazis [SR, n° 45, été 1997,4-5].

6 juin, Suisse, Würenlos. La police suisse procède à une nouvelle perquisition au domicile du propriétaire des éditions Neue Visionen. Les raisons précises de cette action n’ont pas été données [VffG, n° 4, déc. 1997, 300].

10 juin, Allemagne. Suspension pour prescription des poursuites judiciaires qui avaient été engagées contre Udo Walendy pour un texte paru dans l’ouvrage collectif Grundlagen zur Zeitgeschichte (publié sous la direction d’Ernst Gauss aux éditions Grabert de Tübingen) [VffG, n° 3, juin 1997, 218).

11 juin, France, Bordeaux. Le tribunal de Bordeaux rend son verdict dans l’affaire du libraire Jean-Luc Lundi. Celui-ci, jugé le 3 mai, est déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés. En conséquence, il a été condamné à 10 mois de prison avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve et 15 000 F d’amende. La cour a également ordonné la confiscation des ouvrages incriminés. L’accusé n’a pas introduit de pourvoi en cassation, étant, a-t-il dit, dans l’impossibilité de faire face aux dépenses que cela représente. Jean-Luc Lundi est père de onze enfants [LF, n° 483-484, juillet-août 1997, 8].

13 juin, France, Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). Michel Adam, professeur d’histoire au collège René-Guy Cadou à Montoir-de-Bretagne, revoit un arrêté, signé Jean-Claude Maestre, qui le suspend de ses fonctions « à titre conservatoire » et « pour une durée maximale de quatre mois » [AI, n° 7, 23 oct. 1997, 1-2].

16 juin, France, Paris. Pierre de Villemarest est convoqué à la direction de la Police judiciaire à la demande du Procureur de Paris suite à une plainte déposée par le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) concernant des propos révisionnistes tenus sur les ondes de Radio-Courtoisie le 20 mars 1997. P. de Villemarest a pour avocat Marine Le Pen (fille de Jean-Marie Le Pen). Le juge qui s’occupe de cette affaire est Martine Ract-Madoux [SP].

16 juin, Suisse, Lausanne. Le juge d’instruction renvoie Gaston-Armand Amaudruz, responsable du bulletin Courrier du Continent, devant le Tribunal correctionnel pour la diffusion par correspondance d’ouvrages révisionnistes. Le procès est prévu pour le mois d’août 1998 et devrait durer quatre jours [SP].

26juin, États-Unis. La Cour suprême rejette la proposition de loi déposée par le président Bill Clinton et le Congrès à majorité républicaine pour contrôler le réseau Internet. Si elle avait été adoptée et appliquée, cette loi (la Communications Decency Act) aurait probablement concerné les sites révisionnistes [VffG, n° 3, sept. 1997, 219].

Fin juin, Allemagne, Munich. Hans-Dietrich Sander, directeur de publication du mensuel politique Staatsbriefe, est condamné par le tribunal de Munich à une amende de 3 600 DM pour avoir publié un texte satirique sur l’Holocauste écrit par un certain Ollo Kaust (il s’agit bien sûr d’un pseudonyme). Le ministère public avait réclamé 5 000 DM d’amendes et une peine de 8 mois de prison [VffG, n° 3, sept. 1997, 219].

Juillet-août, France, Paris. Le mensuel scientifique La Recherche publie dans son courrier des lecteurs une lettre des « membres de la section de chimie de l’Académie des sciences » au sujet du Rapport Rudolf. Cette lettre se termine par cette phrase : « Nous tenons donc simplement à dire que cet ouvrage est un exemple remarquable de perversion de la science ; il n’est intéressant que sur le plan de la psycho-pathologie, mais est évidemment très dangereux par l’apparence de sérieux qui en résulte » [La Recherche, n° 300, juillet-août 1997, 7).

1er juillet, Autriche, Vienne. Emil Lachout est une nouvelle fois jugé pour ses écrits révisionnistes. Le tribunal a chargé le psychiatre Heinrich Pfolz de procéder à une expertise psychiatrique de l’accusé. Celui-ci ayant refusé de s’y soumettre, l’expertise a lieu à distance. Le psychiatre ayant conclu à un égarement mental partiel (partiell geistig verwirrt) de Lachout, le procès est suspendu [VffG, n° 3, sept, 1997, 219 ; Standard, 2 juillet 1997].

4 juillet, Allemagne. Le gouvernement allemand vote une loi pour mieux contrôler le réseau Internet.

7 juillet, France, Paris. Une perquisition est effectuée par trois policiers au domicile de Pierre Guillaume pour l’affaire de l’envoi de documents révisionnistes en mars à des écoles parisiennes. P. Guillaume a été mis en examen par le juge Jean-Paul Valat pour vol, introduction frauduleuse dans un fichier informatique et incitation au meurtre non suivi d’effet (ce dernier motif vise le tract sur Brigitte Bardot). Au terme de la perquisition, P. Guillaume refuse d’aller au commissariat pour y faire sa déposition et en profite pour revêtir l’habit de déporté de Paul Rassinier que sa veuve lui avait remis la veille. Sa déposition a finalement lieu sur place. P. Guillaume a écrit une lettre au juge Valat pour lui dire qu’il n’avait plus confiance en la justice et refuserait désormais de se rendre à toute convocation. La perquisition a en fin de compte été annulée pour illégalité [Source : Pierre Guillaume].

8 juillet, Allemagne, Berlin. Une expertise psychiatrique est demandée au Dr Platz par le tribunal de Berlin-Tiergarten à l’encontre du révisionniste Andreas Röhler, responsable de la revue bimestrielle Sleipnir [VffG, n° 3, sept. 1997, 219].

14 août, Suisse, Genève. Mohamed Ben Henda, propriétaire de la librairie Al Diwan (Genève), est déclaré coupable de discrimination raciale et est condamné à une amende de 3 500 francs suisses (env. 15 000 FF). Son crime est d’avoir mis en vente dans sa librairie une dizaine d’exemplaires du livre de Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne. Il a fait appel de cette décision [BVT, n° 7, sept. 1997, 8-10].

15 août, France, Rennes. Trystan Mordrel, directeur de publication de la revue L’Autre Histoire et diffuseur, est entendu au commissariat de Rennes. On lui reproche d’avoir vendu Le Rapport Rudolf, ouvrage interdit en France, chose qu’il a démentie catégoriquement [NF, n° 12, janv. 1998, 1].

22 août, États-Unis, État du Texas. Le juge Harvey Brown rend une décision de justice défavorable à Willis Carto, lequel avait intenté un procès contre d’anciens associés. Ce procès fait partie de l’interminable et complexe affrontement judiciaire qui oppose depuis plusieurs années Carto à différents révisionnistes américains [SR, n° 47, oct. 1997, 5-6].

23 août, France, Toulon. Frédéric Boccaletti, gérant de la librairie nationaliste de Toulon Anthinéa, porte plainte auprès du Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Toulon. La veille, un certain Michel Zenouda, se présentant comme le responsable 1ocal du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), lui avait ordonné sur un ton autoritaire et menaçant de retirer une dizaine d’ouvrages de ses rayons (dont : Les Quatre Secrets de Barbie d’A. Figueras ; Les Mythes fondateurs de la politique israélienne de R. Garaudy ; Histoire juive, religion juive d’I. Shahak) [AI, n° 8, 3 déc. 1997, 7].

25 août, Palestine. L’écrivain palestinien Hassan al-Agha, interviewé sur les ondes de la radio du gouvernement autonome palestinien, exprime des doutes quant au nombre de six millions de juifs exterminés par les nazis [VffG, n° 4, déc. 1997, 303 ; Reuter, Jérusalem, 27 août 1997].

Septembre, Espagne, Alicante. Publication à compte d’auteur de Estudios sobre Auschwitz, du révisionniste espagnol Enrique Aynat et du révisionniste belge Jean-Marie Boisdefeu. L’ouvrage comporte deux études : la première, rédigée par les deux auteurs, traite du « rapport Martin » et de sa valeur en tant que source historique ; la seconde, du seul Aynat, traite des données statistiques sur la mortalité des juifs déportés de France à Auschwitz en 1942.

7 septembre, France, Paris. Arrêté d’interdiction du livre sur Oradour signé par le ministre de l’Intérieur et publié le 7 septembre au Journal officiel : «Arrêté du 2 septembre 1997 portant interdiction de vente d’une publication. Par arrêté du ministre de l’Intérieur en date du 2 septembre 1997 : Considérant que la publication intitulée : Le Massacre d’Oradour, un demi-siècle de mise en scène, publiée à l’étranger, est d’inspiration étrangère en ce qu’elle a été rédigée à l’aide d’une documentation étrangère ; qu’elle reprend notamment la plus grande partie de l’ouvrage intitulé : Tulle et Oradour, une tragédie franco-allemande d’Otto Weidinger, interdit par arrêté du ministre de l’Intérieur en date du 10 janvier 1991 ; Considérant que la mise en circulation en France de la publication Le Massacre d’Oradour, un demi-siècle de mise en scène, de par son contenu qui constitue une provocation à l’égard des résistants et des familles des victimes de crimes de guerre nazis commis à Oradour-sur-Glane, fait courir un risque de trouble à l’ordre public ; La circulation, la distribution et la mise en vente de la publication intitulée : Le Massacre d’Oradour, un demi-siècle de mise en scène sont interdites sur l’ensemble du territoire» [Journal officiel, 7 sept. 1997, 13095].

22 septembre, Allemagne. Un tribunal autorise une perquisition surprise dans les locaux des éditions Schütz (à Preussisch Oldendorf ?). Il est reproché à l’éditeur la publication d’un ouvrage de Friedrich Grimm (1888-1959), Politische Justiz. La première édition de ce livre, auquel on reproche de mettre en doute l’extermination des juifs dans les camps de concentration du IIIe Reich, remonte à 1953 [DGG, 45e année, n° 4, déc. 1997, 17].

25 septembre, France, Paris. Le professeur Faurisson est jugé en raison du contenu d’un communiqué de presse envoyé en avril 1996 à propos de l’affaire Garaudy/abbé Pierre. Il y réaffirmait notamment ses positions sur la non-existence des chambres à gaz homicides nazies. Au cours de l’audience, le juge Monfort donne l’impression à certains d’adopter le point de vue révisionniste. Le ministère public demande une condamnation plus 50 jours de prison-amendes à 500 F. Les deux témoins – hostiles au révisionnisme – que la défense souhaitait voir déposer, Jean-Claude Pressac et Jacques Baynac, ne se sont pas présentés. Le professeur Faurisson était défendu par Maître Éric Delcroix [NF, n° 9, sept.-oct. 1997, 1-2 ; Rivarol, 3 octobre 1997, 8 ; AI, n° 7, 23 oct. 1997, 5-6).

Octobre, Belgique, Anvers. Publication par le Vrij Historisch Onderzoek des 2 volumes de l’ouvrage illustré Die Auschwitz-Lüge in Bild. Une version en néerlandais (De Auschwitzleugen in beeld, en octobre) et une en français (Le Mensonge d’Auschwitz par l’illustration, en décembre) sont également publiées.

Début octobre, France, Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique). Vincent Reynouard est convoqué et interrogé pendant plus de deux heures à la gendarmerie à propos du livre Le Massacre d’Oradour : un demi-siècle de mise en scène [AI, n° 7, 23 oct. 1997, 3].

2 octobre, Allemagne, Berlin. Le n° 2 (année 1997) de la revue Sleipnir est saisi par la police berlinoise dans les locaux des Éditions der Freunde. Divers autres documents et du matériel informatique sont également saisis. Il est reproché à la revue la publication d’un article de Hugo Rauschke (pseudonyme d’Ingrid Weckert) sur le camp de Dachau. I. Weckert fait l’objet d’une perquisition à son domicile de Munich et de poursuites judiciaires dans le cadre de cette affaire [VffG, n° 4, déc. 1997, 301 ].

4 octobre, Espagne, Marbella. Décès d’Otto Ernst Remer à l’âge de 85 ans. C’est lui qui avait permis de faire échouer la tentative de putsch contre Hitler en juillet 1944. En octobre 1992, un tribunal de Schweinfurt l’avait condamné à 22 mois de prison ferme pour des articles révisionnistes parus dans sa lettre d’informations Remer Depesche. Pour éviter la prison, Remer avait trouvé refuge en Espagne en février 1994, pourchassé par les autorités allemandes [JHR, vol. 17, n° l, janv.-fév. 1998, 7-8 ; AI, n° 7, 23 oct. 1997, 4].

12 octobre, Allemagne. Udo Walendy a été arrêté pour purger une peine de 14 mois de prison au centre hospitalier pour détenus de Fröndenberg [VffG, n° 4, déc. 1997, 300].

23 octobre, France, Paris. La XVIIe Chambre du tribunal correctionnel de Paris, présidée par Jean-Yves Monfort, condamne Robert Faurisson à un total de 120 000 FF d’amende et frais divers (50 000 F d’amende, 50 000 F d’insertion du texte de la condamnation dans trois journaux, 20 000 F à Maître Lorach). R. Faurisson avait été jugé le 25 septembre pour l’envoi d’un communiqué de presse à propos de l’affaire Garaudy/abbé Pierre. Il a décidé de ne pas faire appel de ce jugement [AI, n° 7, 23 oct. 1997, 5-6].

24 octobre, France, Paris. L’imprimeur parisien habituel (Typoffset) de L’Autre Histoire n’imprimera plus la revue de Trystan Mordrel. L’un de ses employés récemment embauché a refusé en effet de travailler au montage du n° 9 et menace de démissionner [circulaire du 24 octobre 1997 de L’Autre Histoire ; NF, n° 10, nov. 1997, 1].

28 octobre, France, Paris. Pierre Guillaume adresse une lettre à chacun des 39 membres constituant la section chimie de l’Académie des sciences. Il y réfute la lettre qui avait paru en leur nom dans le courrier des lecteurs de la revue La Recherche en juillet-août 1997.

Novembre, États-Unis. Un appel à la dénonciation et au meurtre est lancé sur le réseau Internet par la Jewish Defence League contre le juif révisionniste américain David Cole. Le Libre Journal de la France courtoise en a publié une traduction dont voici de brefs extraits : « Cole a entrepris de provoquer les gens crédules à la haine, au mensonge et à la fausseté. À la manière d’un serpent, il s’insinue de ténèbres en ténèbres et infuse son venin à ses victimes innocentes. [...] Face à la Colemania que les médias diffusent, ne croyez-vous pas le moment venu d’en finir avec cette pourriture, de tirer la chasse d’eau sur ce malade ? [...] Cette bête, immonde, est indigne de vivre. Plus encore que les Julius Streicher et les Joseph Goebbels, parce qu’il est juif. Un pareil monstre ne mérite pas de vivre. Un aussi abominable psychopathe doit être mis hors d’état de nuire. [...] Il faut effacer le monstre Cole, comme il faut supprimer le mot révisionnisme de notre vocabulaire. Ce mot horrible et Cole doivent être éradiqués en même temps. Pas besoin d’arguments ou de discussions pour en finir avec les négationnistes. [...] Ce monde sera plus heureux quand tous les antisémites auront disparu. À commencer par le plus vicieux d’entre eux : David Cole. La Jewish Defence League recherche le négationniste David Cole dont voici la photographie. Toute personne qui nous communiquera son adresse actuelle recevra une récompense en argent. » David Cole a renié totalement le révisionnisme dans une déclaration datant du début du mois de janvier 1998 [Le Libre Journal de la France courtoise, n° 142, 22 janv. 1998, 9].

Début novembre, France, Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique). Sortie du n° l (automne 1997) du bulletin confidentiel hors commerce Le Nouveau Messager. Cette revue trimestrielle éditée par Vincent Reynouard a 64 pages au format 14,2 x 21 cm. Selon le responsable de la publication, « aucune limite ne sera apportée au choix des sujets susceptibles d’être traités » (n° 1, p. 7),

10 novembre, France, Paris. Robert Faurisson est mis en examen par le juge parisien Jean-Paul Valat pour « contestation de crimes contre l’humanité » en raison d’un texte intitulé « Les visions cornues de l’"Holocauste" » diffusé sur le site révisionniste Internet AAARGH [Association des anciens amateurs de récits de guerre et d’holocauste] diffusion qui a été constatée le 31 août 1997. Il est convoqué le 16 décembre 1997 dans le cabinet du juge au Palais de Justice de Paris.

11 novembre, Suède. Le journal suédois Judisk Krönika [Chronique juive] du 11 novembre publie cet article de Margarete Nudel sur « les réactions françaises contre Radio Islam » : « Le ministre français de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, a réagi contre la propagation en français de messages antisémites et racistes sur le site Internet de Radio Islam. Dans une lettre adressée à son homologue suédois, Laila Freivalds, le ministre français de l’Intérieur écrit : "Après enquête il a été constaté qu’à l’origine de cette page raciste se trouve Ahmed Rami, de nationalité suédoise." Le ministre français a joint à sa lettre copie des textes incriminés provenant de cette page d’Internet de Radio Islam. Jean-Pierre Chevènement ajoute : "Ces textes suscitent à juste titre des sentiments d’indignation auprès de la communauté juive en France. Naturellement, je considère qu’il est de mon devoir de vous rendre compte de ces faits pour que vous puissiez enquêter sur ces textes conformément à toutes les possibilités que la loi suédoise met à votre disposition. Et je vous suggère de prendre les sanctions et les mesures pénales adéquates." Laila Freivalds a transmis le dossier au chancelier de la justice [la plus haute autorité judiciaire du gouvernement suédois] afin qu’il prenne les mesures qui s’imposent. L’affaire est maintenant entre les mains de la police pour enquête. » Commentaire d’Ahmed Rami à ce propos : « L’enquête de la police suédoise suit son cours. Mais tout le dossier de l’affaire est classé "secret". Seule la revue Judisk Krönika semble avoir eu accès au dossier pour révéler l’affaire dans l’article ci-dessus » [SP].

13 novembre, France, Paris. À 2 heures du matin, un pavé est lancé dans l’une des vitrines de 1a Librairie du Savoir (Librairie roumaine antitotalitaire) dont le responsable est Georges Piscoci-Danesco.

19 novembre, Belgique, Anvers. Une douzaine de policiers procèdent à une perquisition dans les locaux des éditions du V.H.O., au domicile personnel de Siegfried Verbeke ainsi que chez des voisins. D’importants stocks d’ouvrages et de brochures révisionnistes sont saisis ainsi que des fournitures diverses. Cette perquisition faisait suite à une plainte déposée par le prêtre dominicain Johan Leman, directeur du Centrum voor gelijkheid van kansen en voor racismebestrijding (Centre pour l’égalité des chances et le combat contre le racisme) [SP].

25 novembre, Pays-Bas, La Haye. La Haute Cour de justice confirme en dernière instance l’interdiction de vente sur le territoire néerlandais des deux ouvrages révisionnistes suivants publiés par le V.H.O. : Het Leuchter Rapport et De Rudolf Expertise [SP].

28 novembre, France, Saint-Genis-Laval (Rhône). Sortie du n° l (octobre 1997) de la revue de périodicité semestrielle Akribeia (mot grec signifiant « exactitude ») sous-titrée : Histoire, rumeurs, légendes. Ce n° 1 a 240 p. et un format de 15 x 22 cm. Son directeur de publication est Jean Plantin. D’après le texte de la circulaire datée du 18 décembre 1997 qui a été adressée aux anciens abonnés de la Revue d’histoire révisionniste, l’objet de cette revue « sera de publier des études ou articles consacrés au phénomène de la rumeur, plus particulièrement en temps de guerre. Il sera également de porter à la connaissance du public francophone les textes les plus intéressants et les plus sérieux des auteurs de l’école révisionniste historique. La revue Akribeia pourra s’intéresser aussi à la propagande de guerre, aux légendes urbaines et contemporaines, à la fragilité de la mémoire et des témoignages, à divers mythes historiques, aux faux et aux faussaires illustres ou inconnus, à la littérature zététique (c’est-à-dire sceptique). »

Décembre, Espagne, Barcelone. Publication de la traduction espagnole (Los mitos fundacionales del Estado de Israel) du livre de Roger Garaudy aux éditions Historia XXI. Cette traduction s’appuie sur la seconde édition des Mythes fondateurs de la politique israélienne.

Décembre, Pays-Bas. Le ministre de la Justice, Winnie Sorgdrager, se déclare hostile à une pénalisation du révisionnisme dans le même temps qu’elle se déclare « sans réserve » en faveur de la lutte contre lui, notamment par le biais de campagnes d’information [Présent, 11 déc. 1997, 4].

Décembre, France, Paris. « Le Monde a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris, à la demande de l’historien Denis Peschanski, défendu par Me Henri Leclerc, président de la Ligue des droits de l’homme. Le quotidien avait en effet publié (en la modifiant) une fausse lettre, probablement d’origine négationniste, attribuée à l’historien et selon laquelle il approuvait l’initiative d’une enseignante ayant donné un exercice de physique sur les chambres à gaz. Le tribunal a estimé que Le Monde avait "commis une faute" en publiant sans vérification ce texte, ajoutant qu’"un examen par la rédaction aurait dû lui permettre de s’apercevoir qu’il s’agissait d’un faux" » [L’Express, 1er-7 janv. 1998, 8].

Décembre, France, Paris. Sur l’ordre du juge Valat, Pierre Guillaume est interpellé à son domicile et emmené au commissariat pour y être entendu au sujet de l’envoi de documents révisionnistes à des écoles parisiennes [source : Pierre Guillaume].

5 décembre, Allemagne, Munich. Au cours d’une conférence de presse tenue en compagnie de Franz Schönhuber, Jean-Marie Le Pen, interrogé par un journaliste au sujet des chambres à gaz, répond que celles-ci sont pour lui un détail (au sens de partie d’un tout) de la seconde guerre mondiale, laquelle a fait cinquante millions de morts. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre lui.

7 décembre, Allemagne, Berlin. Le « groupe de travail antifasciste B259/Fel S » manifeste contre les éditions révisionnistes der Freunde [Sleipnir, 3e année, n° 5, 1997, 1].

8 décembre, Suisse, Vevey. Aldo Ferraglia, responsable de la librairie LibreR (à Montreux puis, à partir de juillet 1997, à Romont), est condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis et à des amendes et frais de justice d’un total de 43 075 francs suisses (env. 180 000 FF). On lui reproche d’avoir mis en vente le livre de R. Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne. A. Ferraglia a fait appel de cette décision de justice [SP].

10 décembre, Grande-Bretagne, Londres. Le procès de Nick Griffin et de Paul Ballard est reporté au 27 avril 1998. Il leur est reproché des textes ou propos « racistes » et révisionnistes parus dans les colonnes du magazine The Rune.

25 décembre, France, Saint-Cloud. Martin Peltier, directeur de la rédaction et éditorialiste de l’hebdomadaire National Hebdo, adopte une attitude de plus en plus ouvertement révisionniste. Voici ce qu’il écrit en effet à propos de la nouvelle affaire du « détail » : « Chacun aura compris pourquoi je parle encore si longuement du détail en cette fin d’année : c’est parce qu’il est le dernier obstacle à notre venue au pouvoir. Détail de l’Histoire, les chambres à gaz sont le centre du dispositif d’exclusion des nationaux et d’inclusion des communistes, parce qu’elles relativisent les crimes de ces derniers. Maintenant, si l’action pénale contre Le Pen va au bout, il faudra bien que l’on crève l’abcès, que l’on regarde les choses au fond. Si les chambres à gaz ne sont pas un détail, alors quelle place tiennent-elles dans la shoah, et la shoah elle-même dans la Seconde Guerre mondiale ? Il faudra que Jean-Marie Le Pen ouvre ce dossier au tribunal » [National Hebdo, n° 701, 25-31 déc. 1997, 2].

Éléments additionnels

Dans cette seconde partie, nous avons réuni toute une série d’événements à propos desquels nous disposions de trop peu d’informations précises pour les faire figurer dans la chronologie qui précède. Il nous a paru néanmoins utile de les mentionner ici dans la mesure où ils pourront servir de points de départ à un futur historien du révisionnisme. Certains documents complémentaires peuvent être obtenus auprès de la Vieille Taupe ainsi qu’en consultant le site Internet de l’AAARGH : http://www.aaargh-international.org.

France

- Le procès qui oppose Pierre Guillaume à la revue La Raison (de la Libre Pensée) [BVT, n° 6, juin 1997, 6-7].
- L’interpellation de Jawad Bashara, journaliste et traducteur de plusieurs ouvrages révisionnistes en langue arabe (dont L’Holocauste au scanner de Jürgen Graf et Les Mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy), à la suite d’un pseudo-attentat visant Tribune Juive [BVT, n° 5, fév. 1997, 2-4].
- Un colloque du GRECE (Groupement de recherche et d’études sur la civilisation européenne) sur la censure qui fait l’impasse totale sur la répression antirévisionniste [BVT, n° 9, déc. 1997, 3].
- Les mesures de suspension visant l’avocat des révisionnistes Éric Delcroix.
- La publication du livre de Gérard Chauvy, Aubrac, Lyon 1943 (Paris, Albin Michel) et les multiples remous qu’elle a entraînés (condamnation par des historiens ; plainte déposée contre l’auteur par les époux Aubrac ; la librairie parisienne Tschann décide de retirer de ses rayons tous les livres publiés par Albin Michel ; etc.).
- La publication de la brochure de Robert Faurisson, Bilan de l’affaire Garaudy/ Abbé Pierre en «samiszdat » (sans nom ni de lieu ni d’éditeur, sans date).

Belgique

- La publication de Combien de Juifs ont effectivement disparu ? (Anvers, V.H.O.) de Germar Rudolf, ouvrage qui porte, comme l’indique le titre, sur la mortalité des différentes communautés juives européennes.

Espagne

- Les suites de la saisie d’environ 7 000 livres le 12 décembre 1996 à la Librairie Europa de Barcelone.
- Le révisionniste autrichien Gerd Honsik, en exil en Espagne, a reçu une indemnisation de la Cour européenne de justice de Strasbourg [VffG, n° 2, juin 1997, 124].

Allemagne

- Les ennuis judiciaires divers d’Udo Walendy [VffG, n° 2, juin 1997, 126 ; n° 3, sept. 1997, 218 ; n° 4, déc. 1997, 300].
- « Un professeur de psychiatrie à l’Université de Cologne, le Dr Wolfgang de Borr, vient [...] d’identifier la monoperceptose, affection nouvelle "nécessitant des soins très longs", dont l’une des expressions les plus évidentes est l’absence de croyance dans l’existence des chambres à gaz. Tout cela figure dans son ouvrage, Wahn und Wirklichkeit. Psychiatrische Grenzfälle vor Gericht [Délire et réalité. Cas limites de la psychiatrie devant la justice], Munich, Verlag C.H. Beck, 1997. » [Faits et documents, n° 38, 1er-15 décembre 1997, 12].
- Les suites de la condamnation du pasteur Manfred Junger (Bad Rappenau) à 6 mois de prison [ferme ?) pour avoir contesté l’Holocauste dans des lettres adressées à des hommes politiques et à des journaux [VffG, n° 2, juin 1997, 126].
- L’emprisonnement de Günter Deckert et divers ennuis (saisie de son compte de prison, nouvelle condamnation, etc.) [VffG, n° 2, juin 1997, 127 ; n° 3, sept. 1997, 220].
- Les Éditions Grabert de Tübingen chassées [?] de la Semaine du livre de Stuttgart.
- Pour avoir parlé à une élève de l’ouvrage révisionniste de Steffen Werner, Die zweite babylonische Gefangenschaft (sur la réinstallation des juifs en Europe orientale par le Troisième Reich), un enseignant (Eduard Huber) du Gymnase Albert Schweitzer de Crailsheim a été interdit d’enseignement par l’Office d’enseignement secondaire de Stuttgart [VffG, n° 1, mars 1997, 50].
- Christian Wendt, dirigeant de l’association ou du groupe « Die Nationalen », est condamné par un tribunal de Berlin à un an de prison ferme pour avoir, entre autres choses, vendu l’ouvrage de Serge Thion, Politische Wahrheit oder Historische Wahrheit ? Wendt aurait déjà fait l’objet en 1996 d’une condamnation pour un délit voisin [VffG, n° 1, mars 1997, 49].
- L’action « Troja » (nom allemand de la ville de Troie) engagée par la fondation belge Vrij Historisch Onderzoek par l’envoi massif de brochures révisionnistes à des hommes politiques, des historiens, des scientifiques allemands, etc.
- Les suites de l’inculpation par un juge allemand de Carlos Porter pour avoir envoyé des exemplaires de son ouvrage Nicht schuldig in Nürnberg à des centaines de personnes en Allemagne et son refus de se présenter devant la justice allemande [SR, n° 40, fév. 1997, 4-5 ; SR, n° 48, nov. 1997, 6-7].

Suède

- Les ennuis judiciaires d’Ahmed Rami avec son site révisionniste Internet et sa station de radio.

États-Unis

- Le site révisionniste Internet d’Arthur R. Butz et les remous qu’il suscite, notamment à l’Université Northwestern d’Evanston (Illinois) où Butz enseigne [SR, n° 40, fév. 1997, 6-7].
- L’activisme révisionniste déployé par le CODOH (Committee for Open Debate on the Holocaust) sur de nombreux campus universitaires américains.

Canada

- L’ouvrage de David Irving sur Goebbels a été saisi par la douane canadienne et placé sous séquestre pendant 2 mois [VffG, n° 3, sept. 1997, 219].
- Les nombreux ennuis d’Ernst Zündel (les suites d’un attentat contre son domicile, la conclusion d’un harcèlement téléphonique qui durait depuis plusieurs années, la modification d’une loi sur l’immigration visant Zündel, etc.).

Australie

- Les ennuis de Fredrick Toben et de son site révisionniste Internet avec la communauté juive australienne qui a porté plainte [voir les divers numéros de la lettre d’information de l’Adelaide Institute].


Akribeia, n° 2, mars 1998, p. 178-191


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