Notes de lecture

Les prix sont donnés à titre purement indicatif. Les indications de pages figurent entre crochets. Nous ne diffusons aucun des ouvrages mentionnés ci-dessous.

Il caso Faurisson e il revisionismo olocaustico / Cesare SALETTA, Noam CHOMSKY, Robert FAURISSON, Serge THION, AAARGH, Vrij Historisch Onderzoek. Trad. du français par Marco Serra. Gênes : Graphos [Campetto, 4, 16123 Genova, Italie], décembre 1997. 148 p. 14 x 21,1 cm. L. 28 000. Il s’agit d’une nouvelle édition augmentée de l’ouvrage édité par Andrea CHERSI en 1981, Il caso Faurisson (Castenedolo, Andrea Chersi). On trouvera ici : la préface de Noam Chomsky au Mémoire en défense de R. Faurisson, les articles de Faurisson parus dans le quotidien Le Monde qui ont déclenché véritablement l’« affaire Faurisson », des extraits du Mémoire en défense précité ainsi que divers textes de R. Faurisson et de Serge Thion extraits du livre de ce dernier, Vérité historique ou vérité politique ? (Paris, La Vieille Taupe, 1979). Dans la nouvelle édition figurent de nouveaux textes : un texte provenant du site Internet de l’AAARGH (Association des anciens amateurs de récits de guerre et d’holocauste), une longue étude de Cesare Saletta sur « la répression légale du révisionnisme de l’Holocauste et l’émergence d’une question juive » [11-48], suivie d’un appendice sur un antirévisionniste italien [49-60]. En fin d’ouvrage ont été traduites les 33 questions et réponses sur l’Holocauste et le révisionnisme publiées en 1997 par le Vrij Historisch Onderzoek [127-140].

De Auschwitzleugen in beeld. [vol. 1]. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek, octobre 1997. [70] p. [imprimé au recto, non paginé]. 21 x 29,7 cm. Prix non indiqué.
Die Auschwitz-Lüge in Bild. [vol. 1]. Trad. du néerlandais par Jürgen Graf. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek, octobre 1997. [2]-76 p. [imprimé au recto, paginé de 1 à 38]. 21 x 29,7 cm. Prix non indiqué. Il existe au moins deux éditions de ce volume, la seconde comportant la légende d’une quinzaine de nouvelles illustrations.
Le Mensonge d’Auschwitz par l’illustration. [vol. 1]. Trad. de l’allemand par Jean-Marie Boisdefeu [pseudonyme). Anvers ; Vrij Historisch Onderzoek, décembre 1997. [4]-76 p. [imprimé au recto et paginé de 1 à 37]. 21 x 29,7 cm. Prix non indiqué.
Die Auschwitz-Lüge in Bild = De Auschwitzleugen in beeld. [vol. 2]. Trad. du néerlandais par Jürgen Graf. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek, octobre 1997. [178]p. [imprimé au recto]. 21 x 29,7 cm. Ill. Cartes. Plans. Tableaux. Prix non indiqué. Il existe au moins deux éditions de ce volume, la seconde comportant une quinzaine de photographies supplémentaires (de l’ill. n° 277 à l’ill. n° 290). La note de lecture qui suit concerne l’édition française. Il s’agit à notre connaissance du premier ouvrage révisionniste entièrement illustré sur le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. L’idéal aurait bien sûr été de placer chaque légende à proximité de la photographie, de l’illustration, du plan, de la carte correspondants mais sans doute des questions de coût ont empêché cette disposition. La majorité si ce n’est la totalité de ces photographies est connue des révisionnistes. Au fil de la lecture, on abordera les sujets suivants (l’indication des illustrations renvoie au volume 2, la pagination entre crochets renvoie au volume 1 des légendes) : l’introduction (la thèse officielle, la thèse révisionniste, la « déclaration de guerre juive » à l’Allemagne) [1-6], Auschwitz et ses environs (ill. 30 à 42) [6-7], le danger des épidémies (ill. 44 à 67) [7-9], les chambres à gaz-tunnels de désinfection (ill. 68 à 73) [9], la technologie des chambres à gaz homicides (ill. 74 à 92) [9-11], la chambre à gaz présumée du crématoire I d’Auschwitz (ill. 93 à 112) [12-14], Birkenau (Auschwitz II) et les chambres à gaz présumées des crématoires II et III (ill. 113 à 122) [14-21], les expertises chimiques de Leuchter et de Rudolf (ill. 151 à 168) [21-23), le Canadien John C. Ball, l’expert en photographie aérienne (ill. 169 à 174) [23-26], la capacité de crémation des fours et la consommation de coke (ill. 175 à 189) [26-29], la fiction et les faits (ill. 190 à 231) [29-31], les chercheurs révisionnistes (Paul Rassinier, Wilhelm Stäglich, Udo Walendy, Arthur Butz, Robert Faurisson, Fred Leuchter, Mark Weber, Jürgen Graf, Germar Rudolf, etc.) (ill. 232 à 244) [31-34], divers points (La Liste de Schindler, la question démographique) (ill. 245 à 276) [34-37].

Rolf-Josef EIBICHT (s.d.). Unterdrückung und Verfolgung deutscher Patrioten. Gesinnungsdiktatur in Deutschland ? Viöl : Hutten-Verlag [25884 Viöl, Allemagne), 1997. 664 p. 14,8 x 20,7 cm. DM 54. Ce fort volume réunit les contributions de quelque 35 auteurs (allemands pour la plupart) parmi lesquels on citera Emil Schlee, Roland Bohlinger, Rolf Kosiek, Hans-Dietrich Sander, Alfred Schickel, Ernst Topitsch, Heinz Nawratil, Per-Lennart Aae, Harald Kindl. Chacun des auteurs fait l’objet d’une notice bio-bibliographique en fin de volume [640-657]. Les grands sujets abordés dans ce livre sont : la dégradation du système démocratique et judiciaire en Allemagne et en Autriche [45-203], certaines questions historiques considérées comme tabous et la lutte contre cet état de fait [204-259], de nombreux cas de victimes de la « persécution des patriotes » [260-457], la stigmatisation du révisionnisme historique [458-465], les différentes manières de s’opposer à la répression [466-638]. De très nombreux exemples de répression, de persécution judiciaire, de campagne de calomnie, plus ou moins anciens, sont évoqués, parfois longuement : l’affaire Heitmann, la revue Staatsbriefe, l’affaire Jenninger, Ernst Nolte, l’affaire Oberländer, l’affaire Helmut Diwald, l’affaire Erwin Adler, l’affaire Günther Deckert, l’ouvrage collectif 50 Jahre Vertreibung, la revue Junge Freiheit, la revue Der Schlesier, la revue Sleipnir, etc. On déplorera l’absence d’un index des noms de personnes (et éventuellement des titres de revues et d’ouvrages) qui aurait pourtant été fort utile.

Ingrid WECKERT. Auswanderung der Juden aus dem Dritten Reich. Anvers : Stiftung Vrij Historisch Onderzoek, [février] 1998. 48 p. 14,5 x 20,7 cm. Bibliographie. Aucun prix n’est indiqué. Cette brochure a paru initialement en juillet 1994 dans la série Kritik-Folge (n° 88). Nous avons connaissance également d’une édition publiée par Udo Walendy et son Verlag für Volkstum und Zeitgeschichtsforschung. Le texte d’Ingrid Weckert traite de l’émigration des juifs sous le Troisième Reich et de la collaboration mise en oeuvre dans ce but par les autorités allemandes et certaines organisations juives sionistes. L’auteur examine brièvement : la «  déclaration de guerre » des juifs – de certaines organisations juives – à l’Allemagne en mars 1933 [4-5], les principales organisations juives en Allemagne [6-12], les organisations juives créées pour la mise sur pied d’un programme d’émigration en Palestine [12-14], l’accord Haavara [14-20], les résistances et oppositions à cet accord, du côté juif [21-22] et du côté allemand [22-24], la position de la SS concernant l’émigration juive [24-26], l’accord Rublee-Wohlthat sur l’émigration dans les autres pays que la Palestine [26-31], l’immigration clandestine en Palestine [32-34], les propositions de l’Irgun, organisation terroriste sioniste [35-36].

Thies CHRISTOPHERSEN, 33 Lügen und die Wahrheit. Anvers : Stiftung Vrij Historisch Onderzoek, [février] 1998. IV-142 p. 14,5 x 20,7 cm. Cette brochure a paru initialement en 1984 sous la forme de deux petits volumes de la série Kritik-Folge (n° 60 et n° 61) intitulés Lüge und Wahrheit. Il semble qu’une publication sous forme de circulaires ait précédé ces deux volumes. Il s’agit ici d’un reprint (tout comme le texte d’I. Weckert) auquel on a donné un nouveau titre. Néanmoins, ce sont 34 et non 33 mensonges que l’on peut lire (et même 35 si l’on tient compte du paragraphe sur les têtes réduites de Buchenwald, p. 92-93). La plupart des «  mensonges » et leur réfutation font l’objet de 2 à 3 pages de textes en moyenne et portent sur des sujets tantôt historiques, tantôt purement politiques, sans unité ou lien particulier. L’ouvrage ne comporte aucune note et aucun appareil critique. Voici la liste des « mensonges » examinés : la main-d’oeuvre étrangère source de prospérité pour l’Allemagne [1-2], le ramassage des ordures est effectué par les seuls immigrés [3-4], le feld-maréchal Erwin Rommel était un traître [5-6], le marquage des juifs par l’étoile jaune est une invention des nazis [7-9], les centres du Lebensborn [10-13], le bombardement de Guernica [14-16], les accords de Munich [17-22], la série télévisée Holocauste [23-24], les Allemands, initiateurs de la guerre aérienne contre les civils [25-27], les Noirs en Afrique du Sud (28-30], la ségrégation raciale [31-33], les prisonniers de guerre en Allemagne [34-36], l’Allemagne, responsable de la guerre [38-41], la troisième voie économique [42-45], les traîtres dans l’armée allemande [46-48], le massacre de Lidice [49-51], l’occupation du Danemark et de la Norvège [52-55], les États-Unis, modèle politique [56-58], l’incendie du Reichstag [59-63], le « gazage » d’Anne Frank à Bergen-Belsen [64-67], l’amiral Karl Donitz, « criminel de guerre » [68-70], le pape Jean-Paul II, ami du peuple allemand [71-74], la culpabilité collective allemande selon feu Menahem Begin [76-78], l’ancienneté de la civilisation européenne [79-81], la déclaration de guerre de l’Allemagne aux États-Unis [82-86], la vérité et le mensonge en temps de guerre (exemples de la première guerre mondiale) [87-90], le savon humain [91-92], les têtes réduites de Buchenwald [92-93], les relations avec l’Union soviétique [94-97], la bataille de Stalingrad [98-115], la propagande des Alliés [116-120], les juifs et l’antisémitisme en Union soviétique [121-127], les crimes de guerre allemands [128-133], l’hostilité de l’Amérique à l’endroit des Allemands [134-137], les généraux Blomberg et Fritsch [138-141].

Antwort auf die Goldhagen- und Spielberglügen. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek, octobre 1997 (3e édition). 40 p. 21 x 29,7 cm. Ill. Couv. ill. Ill. Non vendu à l’unité. Il s’agit de la troisième édition, avec un titre légèrement différent, de la brochure Eine deutsche Antwort auf die Goldhagen- und Spielberglügen. Cette version comporte davantage d’illustrations et a été, semble-t-il, assez fortement remaniée. La division par chapitre n’est plus la même. L’éditeur entend assurer une diffusion massive de cette brochure pour atteindre les 100.000 exemplaires. Dans ce but, il propose des tarifs dégressifs : 10 exemplaires pour 30 marks, 22 pour 50 marks, 32 pour 80 marks, 60 pour 130 marks. Une édition identique de format réduit (16,5 x 23,5 cm) mais imprimée en bleu a été réalisée en février 1998.

Ernst ZÜNDEL. The West, War, And Islam. Toronto : Samisdat Publishers [206 Carlton Street, Toronto, Ontario, Canada MSA 2L1], 26 janvier 1998. [4]p. 21 x 29,7 cm. Il s’agit de la nouvelle version actualisée d’un texte qui a paru il y a une vingtaine d’années. Nous n’avons pas lu la version originale. L’auteur s’adresse plus particulièrement au monde musulman. Il entend désigner les véritables ennemis des musulmans qui sont aussi, pour lui, ceux de l’Occident. Ce sont : l’internationale sioniste, la franc-maçonnerie et diverses sociétés et organisations plus ou moins secrètes, l’internationale des banquiers, l’internationale communiste. Pour finir, l’auteur lance un appel au monde musulman pour qu’il apporte son aide, notamment financière, dans la diffusion du révisionnisme historique et dans la lutte contre le sionisme.

Jean Norton CRU. Du témoignage. Paris : Éditions Allia [16, rue Charlemagne, 75004 Paris], octobre 1997. 160 p. 10 x 17 cm. Couv. ill, Bibliographie. ISBN 2-911188-59-4. 40 F. Voici réédité à un prix très abordable ce classique révisionniste de la première guerre mondiale, indispensable dans la bibliothèque de tout historien. En cinq grandes parties, l’auteur aborde ici l’histoire militaire et les témoins (la tradition, la guerre vue de haut et de près, l’utilisation et la leçon des témoignages, etc.) [15-54], diverses légendes (la lutte, la charge, les attaques en rangs serrés, les monceaux de morts, les flots de sang, la baïonnette, le courage et la peur, « Debout les morts ! », la tranchée des baïonnettes, les thèmes de légendes, le paradoxe de l’offensive) [55-86], les témoignages (le journal, les souvenirs, les réflexions, les lettres, le roman) [87-101], la littérature et le témoignage (la liberté de l’art, la tradition littéraire, artistes ou témoins, le devoir de la critique, etc.) [103-119], la connaissance de l’homme par la guerre (la valeur générale des témoins, la trahison de la mémoire, l’emprise de la légende, l’erreur pacifiste de la brute sanguinaire, l’erreur traditionaliste de l’héroïsme, etc.) [121-144]. La précédente édition de Du témoignage avait été publiée en mars 1989 aux Éditions Allia. Elle comportait, outre une copieuse bibliographie, une intéressante étude d’une cinquantaine de pages sur la vie et l’oeuvre de Jean Norton Cru (1879-1949) par Hélène Vogel. Signalons pour finir l’autre ouvrage toujours disponible de CRU, Témoins : essai d’analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928 (Nancy, Presses Universitaires de Nancy [25, rue Baron Louis, 54000 Nancy], 1993 [1929], VIII-728 p.).

Elizabeth LOFTUS & Katherine KETCHAM. Le Syndrome des faux souvenirs et le mythe des souvenirs refoulés. Trad. de l’américain par Yves Champollion. [Chambéry] : Éditions Exergue [298, rue Nicolas Parent, 73000 Chambéry], septembre 1997. 352 p. 16 x 23,9 cm. Couv. ill. Bibliographie. Coll. Regard critique. ISBN 2-911525-12-4. 149 F (164 F franco). « S’appuyant sur un pseudo-freudisme simpliste et sur des techniques proches de l’hypnose, de nouvelles psychothérapies en vogue prétendent faire resurgir des "souvenirs refoulés" de traumatismes enfantins, généralement sexuels. / En réalité, elles ont produit des millions de "faux souvenirs", qui parfois entraînent des familles entières dans un enfer de ressentiment où les fantasmes sont confondus avec la réalité. Des "faux souvenirs" d’inceste, de viols et même de meurtres ont conduit, tout récemment, à de tragiques erreurs judiciaires qui ne sont pas sans évoquer les chasses aux sorcières d’antan (et qui, en outre, nuisent à la cause des victimes réelles qui, elles, n’ont jamais oublié). / Toutefois, un nombre croissant de patients se rétractent et accusent leurs psychothérapeutes de manipulation mentale. Le débat fait rage aux États-Unis. Il pénètre maintenant en France grâce à ce livre. / Qu’est-ce que la mémoire, le refoulement, l’inconscient ? Nos souvenirs sont-ils stockés fidèlement dans notre inconscient, ou bien la mémoire est-elle un processus plus complexe, insaisissable, créatif et interactif ? Qu’est-ce qui produit des "faux souvenirs" ? Les auteurs font le point sur ce syndrome étrange et inquiétant, et nous racontent quelques cas typiques et extravagants » [4e de couverture]. À notre connaissance, l’ouvrage de Loftus et Ketcham est le premier en France à être exclusivement consacré au sujet des « faux souvenirs », sujet qui ne peut laisser aucun historien indifférent. Ceux qui s’intéressent aux témoignages, et plus particulièrement aux témoignages de déportés, y puiseront d’utiles réflexions. Rappelons qu’Elizabeth Loftus, spécialiste de la mémoire et auteur de nombreux articles scientifiques sur la question, a publié en 1991 (en collaboration avec K. Ketcham) : Witness for the Defense : The Accused, the Eyewitness, and the Expert Who Puts Memory on Trial (New York, St. Martin’s Press) [voir également le compte rendu de cet ouvrage par John COBDEN, « Dilemme au procès Demjanjuk », Revue d’histoire révisionniste, n° 6, mai 1992, p. 175-189]. Quelques autres ouvrages méritent d’être signalés dans la foule de ceux qui ont été publiés aux États-Unis sur les « faux souvenirs » : Martin CONWAY (éd.), Recovered Memories and False Memories, Oxford University Press, 1997 ; Eleanor GOLDSTEIN & Kevin FARMER, True Stories of False Memories, Upton Books, 1993 ; Mark PEDERGRAST, Victims of Memory : Incest Accusations and Shattered Lives, Harper Collins, 1996 ; Jeffrey VICTOR, Satanic Panic : The Creation of a Contemporan Legend, Open Court Publishing, 1993.

Didier DAENINCKX. Le Goût de la vérité. Réponse à Gilles Perrault. Lagrasse : Éditions Verdier [11220 Lagrasse], septembre 1997. 160 p. 14 x 22 cm. Bibliographie. ISBN 2-86432-277-3. 78 F. Cet ouvrage est tout entier consacré à une critique en règle du parcours et des ouvrages de Gilles Perrault. Son titre fait écho à un livre d’entretiens autobiographique de G. Perrault publié quelques semaines auparavant, Le Goût du secret (Paris, Éditions Arléa, 1997). Le texte se divise en une vingtaine de chapitres qui abordent les sujets suivants sans lien logique rigoureux : la prise de conscience par Daeninckx des multiples facettes de Gilles Perrault [9-12], l’affaire Gilles Dauvé [13-17], la défense de Dauvé et de Quadruppani par G. Perrault [18-24], le parcours politique et idéologique de Dauvé [25-30] et de Quadruppani [31-41], Gilles Perrault et la guerre d’Algérie [42-54], sa collaboration à l’hebdomadaire Le Nouveau Candide [55-61], ses premiers romans, aujourd’hui oubliés [62-72], ses accointances présumées avec les services secrets français dans l’écriture de L’Orchestre rouge [73-88], Le Dossier 51, un livre « troublant » selon Daeninckx [89-92], le parcours politique de G. Perrault [102-106], Perrault et le national-socialisme [107-113], quelques figures soviétiques [114-118], des amis de Perrault [119-124], Perrault candidat aux élections européennes et certains de ses colistiers [125-130], Perrault et la Ligue communiste révolutionnaire [131-135], Perrault et l’organisation Ras l’Front [136-143], Maurice Papon [144-148], le passé de François Mitterrand [149-151]. Dans son rôle de dénonciateur, D. Daeninckx manifeste un talent indéniable.

Didier DAENINCKX. Le Jeune Poulpe contre la Vieille Taupe. Paris : Éditions Bérénice [11, rue de la Glacière, 75013 Paris] ; Montataire : Valmont [48, rue Henri Vieillard, BP 102, 60761 Montataire], 4e trimestre 1997. 40 p. 10,5 x 15 cm. Couv. ill. Ill. ISBN 2-911232-05-4. 25 F. Une première version de ce texte a paru initialement dans le recueil collectif Négationnistes : les chiffonniers de l’histoire (Villeurbanne-Paris, Golias-Syllepse, 1997) sous le titre : « Le jeune poulpe et la vieille taupe : chronologie d’un combat des profondeurs » (p. 165-174). La nouvelle version comporte quelques modifications et additions. D. Daeninckx s’en prend ici à quelques individus, comme Gilles Dauvé et Serge Quadruppani, qu’il accuse d’avoir soutenu les révisionnistes à la fin des années 1970 et au début des années 1980 et de ne pas avoir renié totalement ce soutien.

Roger GARAUDY. Mes témoins. Paris ; Éditions À Contre-Nuit [1, avenue Alphand, 75116 Paris], 1997. 128 p. 15 x 21,4 cm. ISBN 2-912341-05-l. Prix non indiqué. L’auteur écrit en introduction : « Ma plus grande fierté est d’avoir conscience, à 84 ans, d’être resté fidèle aux rêves de mes vingt ans. / Seuls des plumitifs, marmonnant le "bréviaire de la haine", se sont acharnés à écrire "l’histoire de mes variations", en collectionnant les étiquettes : chrétien, marxiste, musulman, sans imaginer qu’on puisse changer de communauté – surtout lorsqu’elles vous excluent – sans pour autant changer de but. / Ma joie fut de sentir combien j’étais compris, au cours de ma vie et de ma lutte contre tous les intégrismes, par quelques[-]uns des plus hauts esprits de ce siècle. / J’en apporte ici les témoins et les preuves » [5]. Les textes reproduits, de longueur très inégale, sont pour la plupart des lettres adressées à R. Garaudy au sujet d’ouvrages que ce dernier avait publiés. Parmi les nombreuses personnalités qui ont écrit au philosophe français, on retiendra les noms de : Romain Rolland, le Père R. Bruckberger, Paul Éluard, Jean-Paul Sartre, le Général De Gaulle, Gaston Bachelard, Louis Aragon, Maurice Thorez, Claude Lévi-Strauss, François Mauriac, Léopold Sédar Senghor, Maurice Béjart, Bernard Moitessier, Bernard Clavel, l’abbé Pierre, le Grand Mufti de Syrie Ahmed Kaftarou. En annexe est reproduit notamment un article de l’abbé Pierre à propos de son soutien à Garaudy qui aurait dû paraître dans le quotidien Le Monde mais que ce dernier refusa de publier.

Roger GARAUDY & Jacques VERGES. Le Procès de la liberté. Éditions Vent du Large [1, avenue Alphand, 75116 Paris], [février ?] 1998. 144 p. 15 x 21,5 cm. ISBN 2-912341-10-8. 100 F. Dans sa préface, R. Garaudy rappelle l’enjeu de son procès et insiste sur le point suivant : « [...] le judaïsme est une religion que je respecte, le sionisme une politique que je combats comme nationaliste, colonialiste, et poursuivant depuis 50 ans (et plus évidemment aujourd’hui avec Natanyahou) une politique agressive à l’égard de tous ses voisins dont elle occupe les frontières. / Mon livre en dénonce les prétextes pseudo-théologiques et pseudo-historiques  » [7]. L’ouvrage reproduit ensuite l’essentiel des déclarations [?] faites par l’accusé devant le tribunal les 7 et 8 janvier 1998 [17-86, 87-104]. Ces textes reprennent en partie des arguments déjà développés dans Les Mythes fondateurs de la politique israélienne sur le nazisme, le sionisme et aussi sur un certain nombre des arguments révisionnistes. Sont ensuite évoqués brièvement les témoins ou acteurs de l’accusation dont Jacques Tarnero auteur, selon Garaudy, d’une fausse attribution de citation [105-108]. La plaidoirie de Maître Jacques Vergès est dirigée essentiellement contre la loi Fabius-Gayssot, « loi raciste » [109-132]. Une dernière déclaration de R. Garaudy clôt l’ouvrage [133-140].

Roger GARAUDY. Los mitos fundacionales del Estado de Israel. Traduction et préface de José Luis Jérez Riesco. Barcelone : Historia XXI [Ap. C. 14.243, 08080 Barcelone, Espagne], décembre 1997. 160 p. 15 x 21,5 cm. Couv. ill. Collection [sans dénomination apparente], 2. ISBN 84-923089-0-7. Prix non indiqué. Cette traduction espagnole s’appuie sur la seconde édition du livre de Roger Garaudy, celle dans laquelle la mention du professeur Robert Faurisson a par exemple disparu du chapitre sur « le mythe de la justice de Nuremberg ». Un avant-propos de l’auteur a été ajouté où il est question, à un endroit, du « mythe des six millions » [12]. Ce volume est le second de cette collection qui comprend ou comprendra la traduction d’un ouvrage d’Alfred M. De Zayas sur les expulsions des populations allemandes de pays d’Europe de l’Est entre 1944 et 1947 et celle de l’ouvrage du révisionniste suisse Jürgen Graf, L’Holocauste au scanner.

Natacha MICHEL (s.d.). Paroles à la bouche du présent. Le négationnisme : histoire ou politique ? Marseille : Éditions Al Dante (10, rue Thiers, 13001 Marseille], juillet 1997. 192 p. 12,8 x 16 cm. Couv. ill. Coll. Axolotl. ISBN 2-911073-06-1. 100 F. Ce volume réunit les textes de 14 auteurs dont 13 ont participé le 14 octobre 1996 à une journée contre le révisionnisme (appelé ici « négationnisme ») à la Maison des écrivains de Marseille sous la direction de Natacha Michel, « directrice de programme au Collège international de Philosophie » [188]. Cette dernière écrit dans le premier texte : « A bien le regarder en face le négationnisme est un affirmationnisme. Non un discours pseudo[-]historique, mais une apologie : celle du crime. [...]. La phrase : "les chambres à gaz n’ont pas existé", vante le crime, le défend et le pose, en ce que nier l’existence du crime est précisément, dans l’atroce cas précis, en faire la louange et la préconisation. L’affirmationnisme est tel de faire l’apologie du crime en arguant de son inexistence, parce que arguer de son inexistence est en faire l’apologie » [14]. Plus loin : « Le négationnisme historique est par conséquent voué à sauver l’image d’Hitler, homme d’[É]tat, grand guerrier, à restaurer la figure du IIIe Reich comme projet d’ensemble respectable qui n’a été vaincu que par la bassesse et le mensonge juif[s] » [17]. Tout le texte est de cette veine [13-22]. Sylvie Lindeperg, historienne spécialisée dans les médias, s’intéresse ensuite aux premières images des Actualités françaises des camps de concentration en 1945 (Buchenwald, Bergen-Belsen, Auschwitz, etc.) et aux logiques de la commémoration, discerne « une topique de l’indignation » [35] dans le discours d’après-guerre sur les camps et met en garde pour finir contre le réseau Internet et le « nouveau statut de l’image » [38]. Michel Chaillou, romancier, se souvient d’une scène de son enfance [41-43] et dit « l’horreur qu’on éprouve devant celles ceux qui nient l’horreur » et « l’impossibilité de tenir à ce propos un discours suivi, tant l’indignation s’avère forte » [41]. D. Daeninckx, romancier, examine trois points principaux [45-56]. Les raisons de la remise en question de la Shoah : il innove ici par l’originalité de son analyse. Pour lui, « le négationnisme qui se développe en France est une nouvelle figure de l’antisémitisme » [45]. La loi Gayssot : « Admettre que la loi Gayssot institue "une vérité officielle", c’est, à mon sens, entrer dans une logique infernale. La Shoah n’est pas une vérité officielle, c’est un fait, une vérité » [50]. Pour finir il s’interroge sur la manière d’organiser la « mémoire de la Shoah » [53-56]. Après avoir déclaré que le « négationnisme n’est pas la critique de l’histoire mais sa négation » et qu’il « ne doit pas nous détourner de rechercher la plus grande exactitude possible dans l’établissement des faits » [57], Pierre Lartigue, écrivain et essayiste, revient sur la mort en déportation du poète français Robert Desnos et sur un poème qui lui a été attribué [57-71]. Jean-Claude Milner, professeur de linguistique, procède à une démonstration en 8 points dans laquelle il distingue un « négationnisme de doctrine » et un « négationnisme de doxa » [73-83]. Aussi incroyable que cela puisse paraître, s’il fallait résumer l’argument central qui se dégage de cette démonstration, ce serait : les révisionnistes ont tort car ils n’ont pas raison. Pour Sylvain Lazarus, anthropologue, « [c]’est de la confusion de l’histoire et de la politique que le négationnisme prend son effet », titre de son article [85-98]. François Dominique, auteur-éditeur, souhaite insister sur un point : « [B]ien avant la conférence de Wannsee en 1942, la machinerie du droit nazi pousse des millions d’êtres vers la mort civile et c’est déjà une Vernichtung, le bord du gouffre, bientôt la mort physique en masse » [100]. Et il formule une hypothèse [102] : « [L]e négationnisme n’est pas seulement une falsification surgissant après coup dans un micro-milieu néo-nazi : c’est une donnée initialement inscrite dans la Vernichtung, d’abord comme corollaire d’une négation radicale de l’unité de l’espèce humaine, ensuite comme consigne liée au secret. S’il en est ainsi, et je vois mal ce que l’on pourrait objecter, le négationnisme est la continuation de la Solution Finale : il faut détruire la parole des rescapés, oblitérer la mémoire des survivants et celle de leurs descendants » [99-107]. Philippe Beck, maître de conférences en philosophie, écrit dans le style caractéristique du philosophe [118] : « Le révisionnisme (litote d’affirmationnisme) nie par doctrine occidentale, employant la double négation à des fins universalistes lourdes : il est négationnisme évanouissant. L’évitement de la double négation (l’évitement de son phénomène) déplace le négationnisme, en détourne les effets, vers le règne de l’humanité compacte et spirituelle, vers l’a priori sans histoire » [109-119]. François Regnault, metteur en scène de théâtre, traite du révisionnisme en 14 points [121-131). Nadine Fresco, chercheur au CNRS, entreprend un rapide historique du révisionnisme en France de 1945 à nos jours (Maurice Bardèche, Paul Rassinier, Robert Faurisson, Pierre Guillaume, Jean-Marie Le Pen) [133-160]. N. Fresco prépare une biographie de Paul Rassinier qui est annoncée depuis déjà plusieurs années (à paraître aux Éditions du Seuil). Jean-Pierre Faye, écrivain et philosophe, revient sur la « chambre à gaz » du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, « lieu crucial » [161-169]. Pour finir, un texte court de Michel Deguy, professeur de littérature [171-175] et une sorte de conclusion [177-184] d’Alain Badiou, romancier et philosophe, qui écrit : « Il me semble que nous pouvons dire aujourd’hui que trois types d’arguments, face à la singularité nazie, s’avèrent incapables de déraciner le révisionnisme, ou de construire le lieu d’une déclaration intangible quant à ce qui a lieu » [180]. Ces trois arguments sont : l’argument de l’impensable, l’argument de l’interruption et l’argument du Mal absolu.

Jean-Yves CAMUS. L’Extrême droite aujourd’hui. Toulouse ; Éditions Milan [300, rue Léon-Joulin, 31101 Toulouse cedex 100], janvier 1997. 64 p. 11 x 18 cm. Couv. ill. Ill. Bibliographie. Index. Coll. Les essentiels, 73. ISBN 2-84113-496-2. 19,50 F. Ce petit livre de synthèse fort peu objectif s’intéresse à l’extrême droite française. L’auteur commence par quelques rappels historiques. On lit notamment cette grossière contrevérité : « Le meurtrier de Basch, Paul Touvier, responsable de la Milice à Lyon, ne sera condamné qu’en avril 1994. L’extrême droite prétendra alors qu’il est innocent » [11]. Or P. Touvier a seulement été jugé pour le massacre de Rillieux (sur l’assassinat de Victor Basch, voir André CHELAIN (éd.), Non-lieu pour Paul Touvier, Paris, Polémiques, 1992, p. 101-124). Parmi les sujets abordés, on notera : le Front national [14-19], la nouvelle droite [20-21], les nationalistes- révolutionnaires [22-23), les nationaux-bolcheviques [24-25], les skinheads et les néonazis [26-27], l’intégrisme catholique [28-29], les royalistes [30-31], la contre-culture d’extrême droite [34-39]. L’auteur consacre également deux pages [32-33] aux révisionnistes, appelés ici « négationnistes ». « Le négationnisme n’est pas une proposition scientifique ou une école historique : c’est une imposture motivée par l’antisémitisme et l’antisionisme » [32]. Dans un paragraphe consacré à l’émergence médiatique du révisionnisme dans les années quatre-vingt, il écrit : « Le négationnisme devient connu du grand public en 1978 avec la médiatisation des idées [sic] de Robert Faurisson, universitaire et disciple de Rassinier. Une internationale négationniste se met en place dont le centre est l’Institute for Historical Review en Californie. Les principaux auteurs de ce courant sont l’ancien SS allemand Thies Christophersen, l’Américain Arthur / Butz, le Canadien Ernst Zündel, l’Anglais Richard Harwood, les Français Faurisson et Henri Roques » [33]. Et il ajoute ceci qui témoigne d’une ignorance, d’un aveuglement ou d’une mauvaise foi assez extraordinaire : « Aucun n’est historien, tous sont d’extrême droite et défendent l’idée d’un complot mondial des Juifs pour cacher la vérité sur les camps nazis » [33]. En 1992, dans Les Droites nationales et radicales en France. Répertoire critique (en collaboration avec René MONZAT), il écrivait déjà que, par l’incompréhension manifeste dont ils feraient preuve à l’endroit du judaïsme (l’exemple d’Arthur Butz est donné), « les négationnistes signifient leur croyance définitive en un complot "sioniste" qui aurait créé, ex nihilo, la Shoah » (Lyon, Presses Universitaires de Lyon, p. 23). En note était signalé un ouvrage, dont l’auteur ou l’un des collaborateurs se nommait Siegmund FORST, The Torah Personality, New York, Mesorah Publications, 1969 (à propos du rabbin orthodoxe antisioniste Michael Ber Weissmandl, 1903-1957).

Jean-Yves CAMUS. Le Front national. Toulouse : Éditions Milan, janvier 1998. 64 p. 11 x 18 cm. Couv. ill. Ill. Bibliographie. Index. Coll. Les essentiels, 97. ISBN 2- 84113-608-6. 19,50 F. Ce nouveau livre de J.-Y. Camus est exclusivement consacré au Front national. L’auteur y donne une présentation assez partiale de ce mouvement politique. Sont abordés les points suivants : l’histoire du Front national [6-15], son programme [16-31], son idéologie [32-41], son électorat [12-49], ses perspectives d’avenir [50-57]. Quelques lignes sont consacrées au « négationnisme ». Il écrit notamment qu’« [u]n préjugé contre les Juifs existe dans [le] discours [du FN] et mène parfois à la négation du génocide commis par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale » et que le « Front national réclame l’abrogation de la loi Gayssot (juillet 1990), qui interdit la propagande négationniste » [41].

Simon WHITECHAPEL. Intense Device. A Journey Through Lust, Murder & the Fires of Hell. Manchester : Headpress [40 Rossall Avenue, Radcliffe, Manchester, M26 1JD, Grande-Bretagne], 1997. 192 p. 17,2 x 24 cm. Couv. ill. 111. Index. ISBN 0- 9523288-9-5. £ 10,95. Cet ouvrage comporte un chapitre (intitulé : « Qu’est-ce que la vérité ? ») où l’auteur met en parallèle les créationnistes et les révisionnistes [121-131] entre lesquels il croit distinguer un « lien épistémologique ». Le problème est qu’il ne s’appuie que sur trois ouvrages révisionnistes ou considérés comme tels pour sa démonstration ou sa tentative de démonstration : Did Six Million Really Die ? de Richard Harwood (Brighton, Historical Review Press, 1974), The Six Million Reconsidered par le Committee for Truth in History (Ladbroke, Historical Review Press, 1979 [1977]), et The Longest Hatred : An Examination of Anti-Gentilism par Lady Birdwood (Londres, Inter-City Research Centre, 1991). On se demande en quoi ce dernier ouvrage est révisionniste puisque, semble-t-il (nous ne l’avons pas lu), il traite surtout d’une hypothétique conspiration juive. S’il existe des antisémites qui sont aussi révisionnistes, ce n’est pas une raison pour tout mélanger. Le seul point positif du chapitre, au-delà de l’hostilité manifestée à l’égard du révisionnisme, est son appel à la tolérance, à un certain respect et à une certaine attention portés à des ouvrages et à des théories qui peuvent «  jeter quelque lueur sur l’humaine condition » [131]. Les autres chapitres de ce livre éclectique étudient : la conception de l’Enfer dans différentes religions [9-22], les olisboï de la Grèce antique à nos jours [23-31], la novélisation (livres écrits à partir d’un film ou d’un téléfilm) [32-42], la fin du monde et le ragnarök [43-57], la signification cachée de la mort d’Héliogabale [58-84], le Marquis de Sade [85-97], les bandes dessinées d’inspiration chrétienne [98-113], les derniers jours de la Luftwaffe [114-120], l’attentat contre Reinhard Heydrich [132-139], la critique des médias de Steve Philips [140-145], une amusante comparaison entre les lettres de l’alphabet géorgien et divers instruments de torture [146-149], le rugby et ses connotations homosexuelles [150-155], des caractères typographiques de style gothique [156-161], le pet [162-167].

Robert COLE. Propaganda in Twentieth Century War and Politics. An Annotated Bibliography. Lanham : Scarecrow Press [4720 Boston Way, Maryland 20706, États-Unis] ; Pasadena [Californie]/Englewood Cliffs [New Jersey] : Salem Press, 1996. XII-404 p. 13,7 x 21,5 cm. Index. Coll. Magill Bibliographies. ISBN 0-8108-3196-1. $48,50. La présente bibliographie sur la propagande se divise en sept chapitres. Le premier chapitre regroupe des ouvrages et des articles de revues scientifiques sur le concept même de propagande, avec des études d’ordre général, des textes sur l’opinion publique, les relations publiques et la publicité, l’analyse et l’évaluation des effets de la propagande, les canaux et les techniques de la propagande, les mass médias et la propagande [13-87]. Le deuxième traite de la propagande pendant la première guerre mondiale, son histoire et sa fonction, ses canaux et ses techniques, une liste annotée de textes et de films de propagande d’époque [88-133). Sont mentionnés dans ce chapitre des auteurs bien connus comme George Creel, Georges Demartial, Harold D. Lasswell, H. C. Peterson, Arthur Ponsonby, James Morgan Read, Michael Sanders, Philip M. Taylor, George Sylvester Viereck. Le troisième chapitre porte sur l’entre-deux-guerres [134-189]. Les sujets abordés par les ouvrages répertoriés sont très divers. Le quatrième chapitre regroupe des textes et des films sur la propagande et les idéologies totalitaires (communisme et nazisme principalement) [190-237]. Le cinquième traite de la seconde guerre mondiale [238-293]. Il faut bien reconnaître que, sauf erreur de notre part, la propagande atrocitaire de cette période n’a fait à ce jour l’objet d’aucune étude systématique sérieuse dégagée des tabous officiels. Le sujet attend toujours son James Morgan Read. Le chapitre 6 traite essentiellement de la guerre froide (1945-1989) et de la propagande antisoviétique [294-335], cependant que le septième et dernier chapitre revient sur l’utilisation des moyens de communication de masse et des relations publiques pour la diffusion de la propagande après 1945 [336-379].

Pawel KORZEC & Jacques BURKO. Le Gouvernement polonais en exil et la persécution des juifs en France en 1942. Paris : Éditions du Cerf [29, boulevard Latour-Maubourg, 75340 Paris cedex 07], février 1997. 234 p. 21,4 x 13,5 cm. Bibliographie. Index. Coll. Histoires-Judaïsmes. ISBN 2-204-05372-4. Env. 170 F. Selon la présentation du livre en 4e de couverture, « [l]es auteurs s’appuient sur une série de documents totalement inconnus en France comme en Pologne, rédigés tant par le gouvernement polonais en exil que par ses représentants officieux auprès de Vichy, et conservés aux archives de la Hoover Institution en Californie, dépositaire des archives du gouvernement polonais en exil ». La période traitée principalement par les auteurs s’étend des premières rafles en zone libre à l’été 1942 à l’entrée des Allemands dans cette zone libre en novembre 1942, donc sur moins de 4 mois. L’ouvrage comporte trois parties principales. Un chapitre est consacré en préambule aux relations franco-polonaises entre les deux guerres mondiales [11-22]. Ces relations n’étaient pas aussi amicales qu’on le pense habituellement. Certes, la France fut le tuteur de la jeune république polonaise mais les Polonais, contre l’avis des Français, cherchèrent davantage à se défendre contre l’URSS – les Russes constituant l’ennemi traditionnel des Polonais – que contre l’Allemagne. La dérive fascisante née avec le coup d’État fomenté par Pilsudski et les rêves d’hégémonie des Polonais détendirent encore l’amitié franco-polonaise. Enfin, au début des années trente, l’arrivée aux affaires du colonel Beck éloigna la Pologne des démocraties occidentales et la rapprocha des régimes forts comme l’Italie ou même l’Allemagne. En 1939, devant la menace allemande, les Polonais se rapprochèrent des Français mais ceux-ci restèrent méfiants : ce sont d’ailleurs eux qui firent arrêter les membres du gouvernement polonais réfugiés en Roumanie et les firent remplacer par des gens qui leur paraissaient plus convenables (Sikorski) et qui s’installèrent d’ailleurs en France (à Paris puis à Angers) avant de passer à Londres. C’est déjà cette défiance qui avait conduit les Français à se montrer favorables à l’entrée, à des fins défensives, des Soviétiques en Pologne. Les Polonais en avaient été outrés mais, « [...] [1]a France, malgré le déclenchement de la guerre, resta fidèle à cette démarche avortée : le 16 septembre [1939], alors que les Allemands avaient brisé la résistance polonaise, Daladier télégraphiait à son ambassadeur à Moscou pour lui indiquer que "d’éventuelles initiatives soviétiques dans les territoires orientaux de la Pologne ne seraient pas une cause de rupture entre la France et l’URSS". Le lendemain, l’Armée Rouge "libérait" la Pologne orientale [...] » [15, note 1]. Daladier ne savait apparemment pas encore qu’il entérinait de la sorte une décision déjà prise en commun par Hitler et Staline. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux relations judéo-polonaises durant la « drôle de guerre » [23-74]. Des libéraux avaient remplacé des « fascisants » dans le gouvernement polonais mais ils manifestaient le même antisémitisme que leurs prédécesseurs. Leur but avoué était l’émigration – fût-ce de manière forcée – de ses quelque 3 millions de juifs (selon le recensement de 1931, fort dépassé en 1940). Le gouvernement d’Angers avait même adopté le plan d’un certain Roman Knoll qui prévoyait de créer un État juif en Ukraine autour d’Odessa (« Plan de la Mer Noire ») [56]. Les autres institutions polonaises en exil n’étaient pas moins antisémites : ainsi, une commission parlementaire réclamait encore le 4 septembre 1940 l’émigration d’une partie importante des juifs. Encore allait-on prendre les mesures pour que cet exode ne soit pas l’occasion d’une évasion de capitaux. Quant à la nouvelle armée polonaise, elle resta férocement antisémite durant toute la guerre. Enfin, les auteurs consacrent une troisième partie au gouvernement polonais en exil face à Vichy [75-96]. Après la défaite de la France, Vichy rompit ses relations avec la Pologne combattante mais une représentation polonaise officieuse subsista en France jusqu’à l’occupation de la zone libre en novembre 1942. Fin juin 1940, l’ambassade polonaise en France disparaît donc, les consulats perdent leur statut diplomatique mais subsistent comme « Office polonais », la Croix-Rouge polonaise disparaît également et devient la TOPF (sigle polonais pour Groupement d’assistance aux Polonais en France). C’est un diplomate du nom de Stanislaw Zabiello qui coordonne le tout en bénéficiant de la bienveillance des autorités françaises. Zabiello fut en fait l’informateur du gouvernement polonais de Londres. Bien qu’antisémite (comme la plupart de ses contemporains), Zabiello se mit en août 1942 à prendre vigoureusement la défense des juifs dont les Allemands avaient entrepris la déportation. Les auteurs pensent que Zabiello fut uniquement guidé par des motifs humanitaires ; il aurait été le principal responsable du changement radical d’attitude de la part du gouvernement polonais en exil. Durant cette période, en effet, le gouvernement polonais change totalement d’attitude et tente avec vigueur de sauver ses compatriotes juifs – et plus encore les non-juifs dont il craignait également la déportation – émigrés en France. (Il y avait plus de 75.000 juifs qui se réclamaient de la Pologne.) En dehors des préoccupations humanitaires prêtées à Zabiello, les auteurs pensent que le rapprochement entre Polonais et juifs résulta du fait qu’ils se retrouvèrent dans une communauté de destin ; en effet, la seule minorité nationale de la Pologne à oeuvrer en faveur de l’indépendance du pays fut la minorité juive. Par ailleurs, il sembla utile au gouvernement polonais de se ménager les sympathies des juifs occidentaux, surtout américains, en prévision des négociations d’après-guerre. Les Polonais espéraient notamment recouvrer leurs frontières orientales, alors que les Britanniques avaient fait savoir dès le début de la guerre qu’il n’en était pas question. Parmi les actions entreprises par le gouvernement polonais (avant l’invasion de la zone libre en novembre 1942), on compte des interventions auprès de pays neutres (et autres) en vue de l’octroi de visas à un certain nombre de juifs polonais de France. Le Portugal, l’Argentine, la Bolivie, le Pérou, le Paraguay (une loi de 1937 y interdisait spécifiquement l’immigration juive) refusèrent. Certains États latino-américains ne répondirent même pas. Les Polonais s’adressèrent aussi à leurs collègues belges de Londres et leur demandèrent d’ouvrir les portes du Congo belge. Les Belges refusèrent, par la voix du socialiste Paul-Henri Spaak, « réservant aux seuls citoyens belges l’accès de ce territoire » [90]. Les Anglais, pourtant donneurs de leçons philosémites aux Polonais de Londres, refusèrent aussi tout effort. Au Canada, un certain Samuel Bronfman, président d’une agence juive d’aide aux réfugiés (juifs) avait garanti d’entretenir totalement les juifs immigrés ; « Trois jours plus tard, les autorités canadiennes refusaient : ce n’était pas un problème d’argent. Le Canada ne voulait pas de juifs sur son sol » [92]. Finalement, les seuls pays à réagir favorablement furent : 1/ Les États-Unis qui accordèrent 5 000 visas pour des enfants « mais Vichy parvint à contrecarrer leur départ » [92]. Ici, les auteurs ne citent toutefois pas leurs sources et on peut mettre leur affirmation en doute. 2/ « La Suisse, pourtant alarmée par l’invasion clandestine qui quotidiennement forçait ses frontières, fit un geste » [92]. 3/ Le Mexique octroya quelques milliers de visas mais pour des Polonais aussi bien non juifs que juifs et pas particulièrement pour ceux qui avaient émigré en France. Par la faute du gouvernement polonais, seuls 1 500 non-juifs en profitèrent. L’action du gouvernement polonais en faveur de ses ressortissants juifs réfugiés en France ne se relâcha pas par la suite mais, avec l’invasion de la zone non occupée, « la spécificité du sort des juifs dans la France de Vichy disparut [...] leur sort se fondit dans la tragédie générale » [95] [Jean-Marie Boisdefeu].

Jean MADIRAN. « Le Monde » et ses faux. S.I. : Éditions de Présent [Diffusion Difralivre, BP 13, 78580 Maule], septembre 1997. 112 p. 13,5 x 21 cm. ISBN 2-905781-15-7. 60 F. Ce petit livre ne traite «  que d’un objet très précis, très restreint, très particulier : le faux et l’usage de faux dont [Le Monde], de Beuve-Méry à Colombani, est incorrigiblement coutumier » [1]. Chose assez incroyable : pour avoir déjà dénoncé la plupart de ces faux dans le quotidien Présent, son directeur Jean Madiran a été poursuivi en justice à trois reprises par Le Monde qui lui réclame au total plus de deux millions de francs nouveaux de dommages et intérêts. Une dizaine d’exemples de faux sont examinés ici brièvement : l’affaire du faux rapport Fechteler (1952) [23-26, 51-64], des propos de Jean-Marie Le Pen truqués pour lui faire dire l’inverse de ce qu’il avait dit (déclaration sur l’existence des chambres à gaz) [27-28, 65-66], le faux fiscal (une prétendue dette de l’abbaye du Barroux) [29-30, 67], le faux électoral (la proportion des moines du Barroux dans la population de la commune) [31, 68-69], le faux inculte (la formule « la vérité vous rendra libre » attribuée aux néo-nazis) [32-34, 70-77], une citation falsifiée [35-36, 78-79], le faux par référence (renvoi à un précédent article du journal qui contenait un faux) [37, 80-81], le faux par exérèse (citation tronquée de J.-M. Le Pen) [38-41, 82-83], un cas d’autofalsification [42-43, 84-87], le faux procédurier [44-45, 88-90], le faux par attribution [46-47, 91-92], les pratiques délatrices du Monde [93-104], un bref retour sur le faux Fechteler [105-108]. Le quotidien « de référence » ne sort pas grandi de cette courte liste de faux qui aurait pu aisément être dix fois plus longue. Pour compléter cette lecture, on lira : Michel LEGRIS, «  Le Monde  » tel qu’il est, Paris, Plon, 1976 ; Hervé Le Goff, « Le "rapport Fechteler" : quand Le Monde abusait ses lecteurs », Les Grands Truquages de l’histoire, Paris, Jacques Grancher, 1983, p. 41-67 ; le Bulletin d’Études et d’Informations Politiques Internationales (BEIPI), mai 1952 ; «  Le Monde », auxiliaire du communisme, supplément au BEIPI d’octobre 1952.

Claude COEURJOLY. Les Escroqueries, mensonges et outrances de la presse stalinienne française. Tome 1. Staline, le dieu terrestre ; Maurice Thorez, le culte de la personnalité à la française ; l’URSS vue par le PCF ; le procès Kravchenko. Villers-sur-Mer : Claude Coeurjoly [23, rue du 8 mai, 14640 Villers-sur-Mer], juin 1997. 256 p. 15,5 x 23 cm. ISBN 2-9511308-2-5. 150 F. « Les Staliniens français ont beaucoup menti, ont abusé leurs militants, ont énoncé d’énormes contrevérités, ont sciemment falsifié l’Histoire. Vous ne le croyez pas ou vous ne vous en souvenez pas ? Alors lisez cet ouvrage et vous en aurez la preuve instantanée grâce aux citations et extraits tirés de la presse stalinienne française » [4e de couverture]. L’auteur a divisé son travail en quatre grandes parties dont la première concerne Staline et les louanges dithyrambiques dont il a fait l’objet pendant des années dans la presse communiste française et plus particulièrement dans le quotidien L’Hurnanité. Le génial dictateur, véritable « dieu terrestre », incarnait toutes les vertus : c’était un stratège de grand talent, l’espoir des hommes, le guide de l’humanité, un scientifique et un économiste hors de pair, un écrivain de première classe et bien plus que cela [7-60]. Son disciple français Maurice Thorez a également fait l’objet d’un authentique et ridicule culte de la personnalité [61-128]. Cl. Coeurjoly examine ensuite la façon dont l’Union soviétique, «  le paradis sur terre », était perçue par le PCF au travers des voyages, des élections, du système judiciaire, de l’économie, des femmes et des enfants, du métro, de la religion, etc. Le contenu des citations est édifiant quant à l’aveuglement ou la complicité des masses populaires et/ou dirigeantes [131-215]. L’auteur revient ensuite sur le procès Kravchenko, ses origines et son déroulement, la façon dont la presse communiste l’a abordé [217-248]. On regrettera l’absence d’un index qui aurait permis de retrouver facilement et rapidement les auteurs de quelques citations impérissables. L’auteur croit à l’extermination physique des juifs par les nazis et l’on est quelque peu stupéfait et consterné de lire sous sa plume, p. 215, à propos de Robert Brasillach, « que ce dernier, en plus, avait choisi ouvertement le nazisme comme idéologie, qu’il était anti-sémite [sic] et qu’il n’hésita pas à réclamer leur [sic] élimination physique, femmes, enfants et vieillards compris ». Un tome 2 est annoncé qui traitera des sujets suivants : l’antiaméricanisme dans la presse communiste ; la guerre de Corée vue par les communistes ; le titisme, une excommunication stalinienne ; André Marty, un procès stalinien en France ; Henri Martin, une campagne d’agitation savamment orchestrée par le parti communiste français.

Auschwitz : ces documents occultés parce qu’ils contredisent l’histoire officielle. [Saint-Gildas-des-Bois) : [ANEC, BP 21, 44539 Saint-Gildas-des-Bois], novembre 1997. 38 p. 15 x 21 cm. Couv. ill. Ill. 34 F. Les « documents occultés » dont il s’agit sont les registres mortuaires du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau qui contrediraient la thèse officielle selon laquelle les déportés déclarés inaptes au travail n’étaient pas immatriculés et finissaient dans les chambres à gaz. L’auteur reproduit en fac-similé huit fiches extraites de ces registres. Les personnes décédées sont soit très jeunes, soit très âgées [11-18]. Il est ensuite question des femmes et des enfants à Auschwitz (avec notamment le témoignage d’une accoucheuse à Auschwitz) [19-26] puis de ce que les Alliés savaient pendant la guerre au sujet du camp d’Auschwitz-Birkenau [27-36]. Deux rapports militaires de l’aviation américaine de 1944 sont donnés en fac-similé et traduits [28-35]. L’auteur écrit en conclusion : « Depuis 1945, l’histoire d[u] système concentrationnaire allemand est écrite par les vainqueurs à l’aide d’une documentation lacunaire et orientée. [...] tous les documents qui viennent contredire l’histoire officielle sont soigneusement occultés. [...]. Ces documents doivent être publiés. Ils doivent être rendus publics ; ils doivent être analysés, comparés et opposés à ceux qui, depuis plus de cinquante ans[,] circulent » [37]. Sur le même sujet, on lira également : Mark WEBER, « Pages From The Auschwitz Death Registry Volumes. Long-Hidden Death Certificates Discredit Extermination Claims », The Journal of Historical Review, vol. 12, n° 3, automne 1992, p. 267-298.

[Vincent REYNOUARD]. Vichy face aux impostures. Réponse à Jean-Marie Cavada. Saint-Gildas-des-Bois : ANEC, octobre 1997. 56 p. 14,4 x 21 cm. Couv. ill. Ill. 39 F. Ce texte revient sur une émission télévisée diffusée le 24 septembre 1997 sur France 3 dans le cadre de « La marche du siècle » animée par Jean-Marie Cavada. Le sujet portait sur « Vichy et les juifs ». Au sommaire ; l’auteur s’interroge sur le désir de certains de se remémorer sans cesse des événements douloureux de leur passé [1-2], la diffusion d’un documentaire partial et confus [2-3], un commentaire déplacé au sujet de l’assassinat de Philippe Henriot [3-4], les actualités sous Vichy et la presse britannique en mai-juin 1940 (comparaison) [5-9], des omissions (sur l’origine juive de l’actrice Viviane Romance, le sort des enfants non adoptés, le ravitaillement) [10-13], des mensonges (sur la pseudo-fuite du Maréchal Pétain en Allemagne en 1944, les auditoires du Maréchal) [13-21] des vérités que l’émission n’a pu cacher (sur l’action de la milice contre le marché noir, l’épuration) [22-29], le débat entre Henri Amouroux, Robert Paxton, Olivier Baruch et Jean Lacouture (notamment autour de l’armistice de juin 1940 et des responsabilités de la défaite) [30-55].

Vincent REYNOUARD. Réponse aux évêques « repentants  ». Le document qui prouve que le clergé a eu raison de se taire face aux statuts des juifs promulgués sous Vichy. Saint-Gildas-des-Bois : ANEC, janvier 1998. 28 p. 14,4 x 20,3 cm. 22 F. Le document dont il est question est une lettre du 2 septembre 1941 adressée au Maréchal Pétain par Léon Bérard, ambassadeur de France auprès du Vatican, en réponse à une lettre que Pétain avait écrite au début du mois d’août de la même année à propos de la conformité de la législation antijuive de Vichy avec la doctrine catholique romaine. Ce document, reproduit ici [2-11], s’articule en cinq grands points : l’Église et le racisme, l’Église et l’antisémitisme, le Saint-Siège et le gouvernement mussolinien à propos de la législation fasciste sur les juifs, les contradictions entre la doctrine catholique et la loi française du 2 juin 1940 portant statut des juifs et la portée pratique de ces contradictions. V. Reynouard commente ensuite ce texte [12-18] et ajoute 3 annexes [19-29] dont le texte de la « déclaration de repentance » des évêques français [19-20].

Roger POLACCO DE MENASCE. Repentance de la « Repentance  ». Réponse de R. Dommergue de Ménasce à Monseigneur Olivier de Berranger. Saint-Gildas-des-Bois : ANEC, février 1998. [4]-40 p. 14,2 x 20,8 cm. 25 F. Cette brochure comporte trois documents : une lettre de l’auteur à Mgr de Berranger écrite « à chaud » au sujet de la « déclaration de repentance » des évêques de France en septembre 1997 [1-6], une seconde lettre, plus longue, du même auteur au même destinataire qui reprend certaines phrases de la « déclaration de repentance » et les commente [7-26], enfin un texte intitulé « L’histoire et l’incontournable question juive » qui énumère une série d’opinions sur les juifs exprimées par de nombreux auteurs ou personnages [27-39].

Carlos PORTER & Vincent REYNOUARD. Menteur à Nuremberg. À propos du livre de Telford Taylor : Procureur à Nuremberg. Saint-Gildas-des-Bois : ANEC, janvier 1998. 14,2 x 21 cm. Couv. ill. 23 F. Les auteurs s’intéressent à un ouvrage de Telford Taylor, ancien procureur adjoint pour les États-Unis au premier grand procès de Nuremberg, Procureur à Nuremberg (Paris, Seuil, 1995) et s’interrogent sur l’honnêteté de l’auteur. Sont examinés les souvenirs de Taylor sur le Feldmarschall Erich von Manstein [2-10], Joachim von Ribbentrop [10-17], Rudolf Hess [18-19], Ernst Kaltenbrunner [20-25], Fritz Sauckel [25-28], le maréchal Erhard Milch [28-30]. De très nombreux extraits des transcriptions du procès de Nuremberg sont reproduits en fac-similé au fil des pages. L’opinion des auteurs sur le livre de Taylor ? « Malgré quelques passages intéressants, son livre se révèle n’être qu’une oeuvre de propagande pro-alliée fondée sur le mensonge et l’omission  » [2].

André FIGUERAS. La Fable d’Auschwitz et d’Abraham. Paris : Publications André Figueras [BP 28-43, 75028 Paris cedex 01], novembre 1996. 64 p. 13,5 x 21 cm. ISBN 2-905432-24-1. 50 F. Voilà un petit livre bien étrange où l’auteur nous entretient à sa façon du sort des juifs aux mains des Allemands pendant la seconde guerre mondiale et des « véritables » responsables de l’Holocauste. Il présente son texte comme une fable [49] et l’on ne sait trop quoi penser en définitive quand on lit ceci : « La leçon de tout cela, s’il est permis d’en dégager une (mais après tout, telle était bien mon intention en commençant), c’est qu’on peut faire tout dire à l’Histoire. Et ce dict peut entremêler le faux et le vrai de telle façon que, comme on dit en langage populaire, une chatte n’y retrouve pas ses petits » [51]. Ce qui, en revanche, paraît indéniable c’est que Figueras croit aux chambres à gaz : « Dans les camps d’Auschwitz, et probablement de Treblinka, il a bel et bien / existé, aux fins d’une extermination rapide et collective, des chambres à gaz. Sur ce point, je suis, pour créer sans doute un mot qui répondra à un autre néologisme, je suis affirmationniste (et je me méfie comme de la peste des négationnistes, dont je voudrais bien savoir à quel jeu ils jouent) » [16-17]. Mais la preuve qu’il donne de « l’existence de ces moyens de mort » ne manque pas de frapper par son extraordinaire fragilité [17-18]. Ce n’est pas la première fois qu’il affirme sa croyance aux chambres à gaz. Dans son Dictionnaire analytique et critique de la Résistance (Paris, Publications André Figueras, 1994), il écrivait déjà à l’article « Chambre à gaz » [57-58] : « Je l’ai dit, je ne veux pas entrer dans/cette querelle indécente, et qui fait, au fond, se délecter, la mafia au pouvoir, tout heureuse qu’on lui offre des "monstruosités" à châtier. Aussi me bornerai-je, sur ce triste sujet, à fournir un seul témoignage, que je me permets de tenir irrécusable : celui du chanoine Desgranges, qui, dans "Les crimes masqués du résistantialisme" écrit : "Léonce Bernheim, enlevé par les Allemands avec sa vaillante compagne, fut introduit dans la chambre à gaz le soir même de son arrivée au camp de déportation" » [57-58]. Et c’est tout. Plus loin, à l’article « Mortalité » [dans les camps de concentration] [162-163], il écrit : « Globalement, le pourcentage de mortalité fut en moyenne de 5 % par mois, donc supérieur de plus de cent fois à celui de la vie civile. C’est pourquoi, je me permets de le dire au passage, la querelle des chambres à gaz me paraît tout à fait superflue » [163]. Comme on peut le constater, sa connaissance des arguments révisionnistes semble quasi nulle.

André FIGUERAS. Tableau de la fausse Résistance : de la Résistance à l’imposture. Paris : Publications André Figueras, mars 1997. 200 p. 13,5 x 20 cm. ISBN 2-905432-25-X. 150 F. Comme son titre l’indique, l’objet de cet ouvrage est d’examiner le phénomène de la fausse Résistance. L’auteur écrit en introduction : « Je prétends [...] démontrer ici que les inventeurs et les artisans de cette fausse Résistance si fructueuse, et tellement scélérate, sont – curieux assemblage, mais duquel je vais m’expliquer au long – : le Parti communiste, les politiciens de la IVe République, le Conseil d’État, et Tartarin de Tarascon » [8]. Il examine d’abord le cas des communistes avant puis après juin 1941 [15-45] et énumère la liste d’un certain nombre d’individus (Pierre Semard, Denise Ginollin, Gabriel Péri, Jacques Sadoul, Marie-Claude Vaillant-Couturier, etc.) qui ne méritent en rien le nom de résistants. « Pour conclure, on peut dire que les militants communistes n’ont en aucun cas participé à la Résistance dès juin 1940, et que bien souvent les Allemands n’ont procédé à leur arrestation, voire à leur exécution comme otages, en 1941 et 1942, que parce que leurs noms figuraient sur les listes de membres du Parti, et point du tout parce qu’ils avaient accompli de véritables actes de résistance » [26]. Sont aussi évoqués la fausse libération de Saint-Amand-Montrond, le massacre d’Oradour et l’affaire Corentin Celton. Examinant ensuite la question des maquis [47-80], Figueras stigmatise l’attitude des communistes : « [P]our pouvoir par la suite se présenter en pré-libérateurs, les communistes n’hésitèrent pas à réaliser des opérations sans aucune utilité militaire, et qui se révélaient catastrophiques pour les populations civiles » [79]. Il reproduit un compte rendu rédigé par un officier français sur un maquis isérois [52- 73]. Il parle des camps [81-116] et n’hésite pas à déclarer « qu’un quart seulement des déportés avaient été arrêtés pour faits de résistance  » [81]. Il dresse une liste de motifs de déportation extraits de certains documents qu’il a pu consultés et cite de nombreux cas de faux déportés et de mythomanes. Après avoir mentionné les différentes catégories de camps qui existaient dans la nomenclature nazie, il cite un texte de Jehan [Jean] de Montangon (auteur par ailleurs d’Un Saint-cyrien des années quarante, Paris, France-Empire, 1987, ouvrage dans lequel il fait notamment le récit de sa déportation à Buchenwald) sur le rôle sinistre joué par les communistes et Marcel Paul au camp de Buchenwald et dans le commando de Langenstein [96-115]. Il revient sur la loi du 6 août 1948 sur les avantages accordés aux déportés et internés supposés de la Résistance [117-131] et sur les rapports étroits qui ont existé et perdurent entre le monde politique et la fausse Résistance [133-140]. Il évoque le cas des travailleurs volontaires en Allemagne et celui des STO (Service du travail obligatoire) [141-147] ainsi que celui des prisonniers de guerre (le camp de Rawa-Ruska est cité et l’auteur reproduit en annexe [179-183] un rapport du Comité international de la Croix-Rouge du 16 août 1942 sur ce camp) [149-151]. Pour finir, A. Figueras aborde la question des juifs déportés [153-170]. Comme nous avons eu l’occasion de l’écrire, il croit à leur extermination physique et cite notamment le cas d’Arno Klarsfeld, père de l’avocat Serge Klarsfeld, qui aurait été gazé selon lui dès son arrivée au camp d’Auschwitz [163]. Mais ce qui l’intéresse avant tout c’est de savoir dans quelle mesure certains juifs déportés méritent le titre de résistants. Ici encore, les cas de faux résistants ne manquent pas.

Eddy FLORENTIN (avec la coopération du Docteur Claude ARCHAMBAULT). Quand les Alliés bombardaient la France. Paris : Librairie Académique Perrin [76, rue Bonaparte, 75284 Paris cedex 06], octobre 1997. 478 p. 15,5 x 24 cm. Couv. ill. Pl. h.t. ISBN 2-262-01210-5. 148 F. « Près de 600 000 tonnes de bombes, – soit 22 % du tonnage déversé sur l’Europe occupée et sur l’Allemagne – ont été larguées par les aviations anglaise et américaine sur plus de 1 570 localités françaises entre juin 1940 et mai 1945. 67 078 Français ont été tués. Plus de 90 000 immeubles ou maisons ont été détruits et 45 000 rendues inhabitables. On peut s’étonner qu’Eddy Florentin soit le premier à raconter et à recenser d’une manière aussi exhaustive ces drames qui ont ensanglanté tant de villes et de villages. Quand les Alliés bombardaient la France s’attache à expliciter la raison des raids, à décrire leur préparation, leur exécution tantôt vue du ciel, tantôt vue du sol, leurs résultats par rapport aux objectifs. L’auteur qui a le sens du récit et le goût de la précision nous fait vivre aussi bien dans le cockpit d’un bombardier que dans les rues et les caves des cités survolées. On est fasciné et terrifié à la fois par le nombre d’appareils perdus sur l’Europe occupée (58 481) et par l’ampleur des erreurs de visée, d’autant plus tragiques qu’elles entraînaient le retour des vagues de bombardiers sur les cibles manquées. Eddy Florentin n’omet pas de se pencher sur les problèmes de conscience qui se posaient au commandement allié, sur les réactions de la population et sur les filières d’accueil et d’exfiltration des pilotes alliés. Au-delà du récit appuyé sur des archives britanniques, américaines et françaises, et sur des témoignages directs, ce livre est un instrument de référence qui n’a aucun précédent dans la Bibliographie de la guerre en France » [4e de couverture].

Michael WALSH. Witness to History. When the Blindfolds [sic] Drops the Penny Does Too. Uckfield : Historical Review Press [PO Box 62, Uckfield, East Sussex, TN 22 1 ZY, Grande-Bretagne], janvier 1996, III-61 p. 21 x 29,5 cm. Couv. ill. Bibliographie. ISBN 0-9525266-8-9. £ 3,50 franco. Ce petit livre est une anthologie d’opinions ou de citations de personnes connues ou moins connues sur les sujets suivants : les bouleversements en Europe après la première guerre mondiale [1-2], les juifs dans la révolution bolchevique [3], les juifs en Allemagne [4-5], l’arrivée démocratique d’Adolf Hitler au pouvoir [6-7], le miracle économique allemand [8-9], la vie dans l’Allemagne de Hitler [10-11], les questions raciales et religieuses [11-13], les vacances et les loisirs [13], Hitler et l’Allemagne vus de l’extérieur [14-15], les jeux olympiques de Berlin en 1936 entre les faits et la fiction [16], le rôle biaisé de la presse à l’égard de l’Allemagne hitlérienne [17-18], le rejet des ouvertures de paix faites par l’Allemagne [19-21], les véritables bellicistes et leurs propos révélateurs [22-23], les pacifistes [24-25], la Pologne, prétexte de la guerre [26-27], le désir des États-Unis d’entrer en guerre [28], les bombardements alliés sur l’Allemagne [29-30], les horreurs des expulsions d’Allemands en 1945 et l’avance des troupes soviétiques [31-32], les « libérateurs » alliés [33-34], l’attitude correcte des soldats allemands [35-36], les atrocités lors des expulsions d’Allemands après la guerre [37-41], la famine organisée de la population allemande en 1945 [42-43], le pillage de l’Allemagne [44-45], le traitement des prisonniers de guerre allemands dans les différents pays alliés [46-48], la question des six millions de morts juifs [49-50], le procès de Nuremberg ou la justice spectacle [51-52], l’opinion de quelques accusés sur le procès de Nuremberg [53-56]. On notera que, trop souvent, il est difficile voire impossible de connaître la référence précise de chaque opinion.

Alexander BARON. Holocaust Denial : New Nazi Lie or New Inquisition . A Defence of Free Inquiry and the Necessity of Rewriting History. Londres : Anglo-Hebrew Publishing [distribué par Info Text Manuscripts, 93c Venner Road, Sydenham, Londres SE26 5HU, Grande-Bretagne], [1994]. [6]-182 p. 14,5 x 20 cm. Couv. ill, Index. ISBN 1-898318-27-1. £ 8,50. L’auteur se propose ici de « présenter une défense vigoureuse du révisionnisme » [3]. L’ouvrage se divise en deux grandes parties. La première est une discussion «  philosophique » du bien-fondé du révisionnisme de l’Holocauste ou de tout autre révisionnisme historique [6-59]. La seconde est une réponse à une brochure de 16 p. que l’ANAL (l’Anti Nazi League) a publiée en 1993 et qui était intitulée : Holocaust Denial : The New Nazi Lie [60-158]. A. Baron aborde de nombreux sujets dans des chapitres courts qui n’ont pas nécessairement de lien entre eux. Parmi ces sujets, on notera : la croyance d’une majorité de personnes à l’Holocauste et la valeur de cette opinion dominante [9-14], une approche démographique de l’Holocauste [15], les juifs sous le régime nazi, la perception qu’on en a et la réalité (avec de nombreuses références à la Jewish Chronicle entre 1933 et 1936) [17-22], une comparaison entre l’Allemagne nazie et la Palestine [23-25], les révisionnistes comparés aux partisans de la Terre plate et aux créationnistes, l’existence d’un mensonge médiatique sur une grande échelle, les responsables [26-28], le bien-fondé d’une contestation de l’Holocauste [29-37], l’unicité de l’Holocauste juif permet de placer les juifs en dehors de toute critique [38-40], une note sur les « juifs organisés » (« Organised Jewry ») [41-43], la propagande sioniste [45-50], les révisionnistes assimilés à des antisémites [51-53], nier l’Holocauste c’est réécrire l’histoire [54-55], les juifs orthodoxes contre le sionisme [56-59], des menteurs et des gens crédules propagent une fausse version de l’Holocauste [64-68], évocation de quelques révisionnistes (Arthur Butz, Paul Rassinier, Josef Ginsburg, David Irving), qui sont des « menteurs » et des « tueurs » selon la brochure de l’ANAL, la conférence de Wannsee, le camp de Bergen-Belsen, les aveux des nazis, leur valeur, le Zyklon B, les détenus morts de maladies [69-82], le boycott des magasins juifs, la Nuit de Cristal [83-90], le massacre de Babi Yar, le rapport Gerstein [91-96], Rudolf Vrba [97-99], Elie Wiesel, Gerda Klein, Filip Müller, Gisella Perl [100-104], les méthodes des sionistes [105-111], les crimes nazis avant 1939 et les crimes sionistes [112-118], le sort subi par quelques révisionnistes (ici l’auteur commet à plusieurs reprises une erreur quand il affirme que le professeur Faurisson a reçu de l’acide sur le visage [44, 120, 140, 169, note 8]) [119-124], les souvenirs de Morris Beckman du « 43 Group » (groupe britannique « antifasciste  » réputé pour sa violence) [125-126], les pratiques violentes de l’ANAL, une mise en garde contre l’ANAL à destination des lecteurs de la brochure sur le révisionnisme [127-128], les témoignages ou textes de Kitty Hart, Simon Wiesenthal, Gitta Sereny, Lord Russell [129-143], les « Notes de Molotov sur les atrocités allemandes » [144-145], les agents provocateurs dans l’extrême droite [146-148], la façon appropriée de répondre au révisionnisme (la réfutation scientifique rigoureuse) [151-158].

Alexander BARON et Mark TAHA. Liars Ought To Have Good Memories. The True, Unsanitised Story of « Searchlight » Mole Ray Hill with a Critique of The Other Face of Terror. Londres : Anglo-Hebrew Publishing/Info Text Manuscripts, 1994. [2]-130 p. 14,6 x 20,9 cm. Couv. ill. Bibliographie. ISBN 1-871473-67-5. £ 5,50. En mars 1984 (en Grande-Bretagne) et avril 1984 (en France) fut diffusée sur certaines chaînes de télévision un documentaire sur l’extrême droite anglaise et européenne : The Other Face of Terror (en version française : L’Espion qui venait de l’extrême droite). Dès 1984, ce documentaire mensonger avait fait l’objet en France d’une réfutation sous la forme d’une brochure non signée d’une quarantaine de pages qu’on relira avec profit, L’Extrême droite qui venait de l’espion : anatomie d’un mensonge télévisuel (texte repris, sous la signature de Pierre PITHOU et avec le seul sous-titre, dans les Annales d’histoire révisionniste, n° 3, automne-hiver 1987, p. 11-47). Le personnage central du documentaire était un certain Ray Hill, agent infiltré au sein de l’extrême droite pour les uns, traître pour les autres. L’ouvrage de Baron et de Taha est une analyse et une réfutation détaillées, page par page, du livre qui a été tiré du documentaire télévisé (Ray HILL & Andrew BELL, The Other Face of Terror : Inside Europe’s Neo-Nazi Network, Londres, Grafton Books, 1988). La liste des mensonges qu’ils ont dressée est vraiment impressionnante. Parmi les multiples sujets abordés, on citera : les relations de Hill avec l’« antiraciste » Gerry Gable (responsable de la revue Searchlight), sa position véritable au sein de l’extrême droite, son passé de délinquant, son comportement violent, ses premiers engagements politiques, ses prétendus enfants noirs, sa prétendue origine juive, ses diverses activités, son émigration en Afrique du Sud, ses activités là-bas, ses provocations au sein de mouvements d’extrême droite, ses relations avec certains membres importants de la communauté juive sud-africaine, son retour en Angleterre, ses ennuis avec la justice, le récit de son travail d’« infiltré » au sein de mouvements extrémistes britanniques, divers agents provocateurs, les révisionnistes, etc. Parmi les cinq annexes, on notera une critique rapide du film The Other Face of Terror, une analyse de la brochure The Other Face of « Searchlight » et une importante bibliographie relative à Ray Hill.

Alexander BARON & Mark TAHA. The Churchill Papers : Revising The Revisionists, Unmasking Irving. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1994. [4]-150 p. 15 x 20,8 cm. Couv. ill. Ill. ISBN 1-898318-91-3. £ 8,50. Cet ouvrage se divise en deux grandes parties. La première a été rédigée conjointement par Mark Taha et Alexander Baron et porte sur deux ouvrages : John CHARMLEY, Churchill : The End of Glory. A Political Biography (Londres, Hodder & Stoughton, 1993) ; David IRVING, Churchill’s War : The Struggle for Power (Bullsbrook [Australie], Veritas, 1987) [5-17]. Dans chaque cas, les deux auteurs dressent une petite liste des erreurs qu’ils ont repérées dans les ouvrages des historiens : erreurs de date, de noms, d’attributions. La seconde partie est l’oeuvre exclusive d’A. Baron et s’intitule : « Démasquer Irving » [19-113]. C’est un texte assez étonnant voire déroutant par moments. L’auteur dresse ici un portrait très peu flatteur de l’historien britannique. Pour lui, Irving est avant tout un individu éminemment pragmatique avant d’être un révisionniste, c’est quelqu’un qui entend s’adapter le mieux possible aux circonstances. D’où par exemple certaines marches en arrière et certaines déclarations sur la question révisionniste de l’Holocauste depuis le procès Zündel de 1988 au cours duquel il avait fait une déposition remarquée en faveur de l’accusé. Baron écrit dès l’abord que « David Irving n’est pas un nazi. C’est un irvinguiste [Irvingist] ! » [21]. L’auteur revient sur le procès Zündel et met en évidence un certain nombre d’inexactitudes ou de contradictions dans la déposition d’Irving, par exemple sur la première fois où il a lu la brochure de Richard Harwood, sur diverses agressions et cambriolages dont il aurait ou a été la victime et dont il aurait donné des versions changeantes au fil des années, sur l’incendie criminel dont a été victime « son » imprimeur, etc. Mais tout ceci n’est qu’une entrée en matière avant d’aborder ce qui constitue le coeur de l’ouvrage. Pour faire bref, disons que le texte évoque alors les points suivants : une histoire de faux billet envoyé à Baron pour l’inviter à une conférence révisionniste que jamais il n’atteindra, une invitation de Baron par Irving dans son appartement londonien, une séance de manustupration d’Irving en uniforme nazi dont Baron aurait été le témoin consterné, l’enquête subséquente de l’auteur dans les milieux londoniens de la jaquette flottante, sa prise de contact avec certains sionistes et leur surprenante absence de réactions devant les révélations de Baron à ce sujet, l’agression mystérieuse dont l’auteur a été victime en novembre 1993 par trois individus armés de marteaux. Et beaucoup d’autres choses. Le texte de Baron pose bien des questions et notamment celles-ci : s’il est un fait acquis qu’Irving est un misogyne invétéré, est-il pour autant un adepte d’un genre assez spécial d’éducation anglaise ? Et est-il la proie d’un chantage de la part des sionistes britanniques qui l’obligerait à louvoyer dans son parcours révisionniste ? En vérité, il faut le dire, un bien curieux ouvrage.

Alexander BARON. The Final Taboo. A Dissertation On the Jewish Question & Holocaust Revisionism. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, [décembre] 1997. 12 p. 14,7 x 21 cm. ISBN 1-898318-83-2. £. 1,99. Après avoir évoqué diverses affaires de gens innocents emprisonnés (les quatre de Guildford, les six de Birmingham, Stefan Kiszko), l’auteur écrit qu’il est possible aujourd’hui d’accuser certains policiers de corruption ou de brutalité sans provoquer de réactions exagérément hostiles [1-5]. Ce qui l’amène aux « juifs » qui sont, selon lui, le dernier tabou et le plus grand à bien des égards, même si les événements du Proche Orient ont quelque peu modifié les données du problème [5]. Il évoque ensuite le révisionnisme historique, le témoignage de Kitty Hart, l’historien juif américain Arno Mayer, le témoignage de Filip Müller [6-8]. Baron écrit en conclusion : « Depuis plus de quarante ans, toute notre politique sociale concernant les races et les relations entre races s’est appuyée sur un énorme mensonge, à savoir que racisme = chambres à gaz. [...] La question juive et l’Holocauste sont en vérité le dernier grand tabou. Et en histoire comme en science, rien ne devrait être tabou. Jamais. Longue vie aux nouveaux Galilées ! » [8]

Alexander BARON. Alexander Baron v Gerry Gable and Others. Summary of One of the Libel Actions of the Decade (And Related Legal Actions). Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1997. 16 p. 21 x 29,7 cm. ISBN 1-871473-19-5. £ 2,99. Ce texte relate une poursuite en diffamation intentée pur A. Baron contre Gerry Gable, responsable de la revue Searchlight, et plusieurs autres personnes en 1993 et 1994. Sur cette affaire sont venues se greffer d’autres affaires dans lesquelles l’auteur a lui-même été poursuivi pour divers motifs et emprisonné un moment. Vues de France, toutes ces histoires semblent assez compliquées.

Alexander BARON. Holocaust « Revisionism » and Fraud : Why Revisionists Must Never Place Ideology On A Higher Plain [sic]Than Truth. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1996. 24 p, 14,5 x 21 cm. ISBN 1-871473-14-4. £. 2,99. Cette brochure s’intéresse à quelques textes et documents. Le premier document dont il est ici question est le document Müller (voir à ce sujet : Robert FAURISSON, « Les révisionnistes proposent un débat public », Annales d’histoire révisionniste, n° 4, printemps 1988, p. 9-24, article qui existe également sous la forme d’une brochure de 16 p.). A. Baron considère que ce document est un faux et déplore l’attitude des révisionnistes qui l’utilisent dans leur argumentation. Il n’apporte cependant aucune précision sur la nature de ce faux et se contente de signaler un texte publié en Autriche en 1990 et rédigé par Brigitte Bailer-Galanda, Wilhelm Lasek, Wolfgang Neugebauer et Gustav Spann. Il a seulement eu connaissance de la version anglaise intitulée The Lachout « Document » . Anatomy of a Forgery placé sur le site Internet du Nizkor Project [15, note 5]. Il parle ensuite du Journal d’Anne Frank qu’il considère comme authentique et examine quelques arguments à ce sujet [3-6]. Il adresse aussi un certain nombre de critiques à la révisionniste allemande ingrid Weckert, auteur d’un ouvrage sur la Nuit de Cristal, et à l’Américain Willis Carto, qui a lancé en octobre 1994 la revue The Barnes Review, dont nous ignorons tout [6-7]. Au terme de cette brochure, l’auteur évoque brièvement l’ouvrage collectif publié en 1990 sous la direction de Shelly SHAPIRO, Truth Prevails. Demolishing Holocaust Denial : The End Of «  The Leuchter Report » (New York & Albany, The Beate Klarsfeld Foundation et l’Holocaust Survivors & Friends in Pursuit of Justice).

Alexander BARON. The Mind of Michael A. Hoffman II : A Case Study In Talmudic Calumny And Twisted Logic. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1995. 24 p. 21 x 29,7 cm. Ill. ISBN 1-898318-52-2. £. 2,99. Cette brochure concerne un tract de 8 pages publié en 1994 par le révisionniste américain Michael A. HOFFMAN II et intitulé The Tulmud : Judaism’s Holiest Book Documented and Exposed (reproduit en fac-similé, sans autorisation de l’auteur, aux p. 12-15). A. Baron reproche à Hoffman de critiquer la Torah et le Talmud en dénaturant les textes et en donnant à certains mots et expressions un sens qu’ils n’ont pas dans le contexte étudié. Il procède alors à une réfutation du tract page après page et presque citation après citation. Baron a lui-même étudié le Talmud avec attention (il se déclare personnellement athée) et renvoie à un texte d’une soixantaine de pages qu’il a publié en 1992, en collaboration avec un certain rabbin Cohen ; A « Goy » Pries Into The «  Talmud » : The Six Million Reconsidered By The Light Of Four Small Candles, Comprising An Investigation Into Talmudic Forgeries And An Examination Of The True Nature Of The Torah (Londres, Info Text Manuscripts). Les citations du Talmud incriminées concernent par exemple la différence de nature supposée entre juifs et non-juifs, les relations entre juifs et non-juifs (caractère licite présumé du mensonge, du vol, etc.), les enseignements du Talmud sur des points divers, etc. « Selon M. Hoffman, le Talmud est à la racine de tous les maux » [1], attitude antisémite que critique sévèrement l’auteur. Pour ce dernier, « [m]algré la qualité de ses enquêtes, Hoffman devrait être évité comme la peste par tous les révisionnistes et ceux qui recherchent la vérité avec objectivité » [11]. Tout au long de cette brochure, Baron a des mots très durs (voire grossiers) contre le révisionniste américain. À noter qu’il insiste également beaucoup sur la distinction essentielle qu’il convient selon lui de faire entre judaïsme et sionisme : « Le sionisme est une idéologie politique / davantage qu’un dogme religieux. C’est la religion juive qui a été pervertie (et polluée) par le sionisme, et non l’inverse » [10-11]. De même il distingue les « vrais juifs » (ceux qui sont fidèles à la tradition) et ceux qui sont seulement « d’origine juive » [10]. On notera enfin deux autres choses : A. Baron a publié en janvier 1995 un texte avec le rabbin Goldstein, The World Zionist Conspiracy Evposed By A Rabbi (Londres, Anglo-Hebrew Publishing) ; il est par ailleurs convaincu de l’authenticité du Journal d’Anne Frank, « même s’il a certainement été arrangé [edited]  » [23, note 63).

Alexander BARON. The Exterminationist Guidebook. Autumn 1995 Edition. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1995, 8 p. 21 x 29,7 cm. ISBN 1-898318-08-5. £ 1,99. Cette brochure s’inspire, selon l’auteur, de The Revisionist Guidebook. Summer 1995 Edition, un texte de Michael PHILIPS censé être une satire et qui a été envoyé au site Internet alt.revisionism le 19 juillet 1995. Elle « s’inspire » signifie en réalité qu’elle en est une sorte de pastiche assez proche. Seule une comparaison entre les deux textes pourrait le confirmer et permettre d’en apprécier la pleine saveur. Le texte est divisé en 23 paragraphes de longueur inégale : les plus courts tiennent en une phrase, le plus long a une page, la plupart ont une longueur moyenne de 6 à 7 lignes. On retiendra ici plusieurs éléments intéressants de ce texte. P. 6, note 6, l’auteur signale qu’il a écrit (sous un pseudonyme) à Yehuda Bauer au sujet du savon juif. Voici ce que ce dernier lui a répondu ; « À propos de la rumeur du savon fabriqué par les nazis à partir de corps de juifs. Les documents de Nuremberg sur l’usine près de Dantzig sont bien authentiques et il semble qu’il y a bien eu une production expérimentale de savon et/ou d’autres produits à partir des corps de travailleurs-esclaves polonais et d’Europe orientale, principalement. Cela prouve deux choses : la première, c’est que les nazis ont été capables, moralement, de commettre de telles atrocités ; la seconde, qu’ils ont tenté, dans les dernières stades de la guerre (les témoignages se rapportent aux derniers mois de la guerre), de les commettre. Cela montre également qu’il n’y a pas eu de production massive car sinon une usine expérimentale n’aurait pas été nécessaire. Ce que j’ai dit c’est que, dans l’état actuel de nos connaissances, on n’a pas produit de savon à partir de corps de juifs, ce qui s’accorde avec ce que nous savons au sujet de l’usine de Dantzig » (lettre de Yehuda Bauer à [Alexander Baron], 6 juillet 1995 ; nous remercions A. Baron qui a bien voulu nous transmettre une copie de cette lettre). P. 6, note 10 : «  Le professeur Butz identifie le rabbin Michael Dov Ber Weissmandel comme le premier inspirateur [mover] [de la légende des six millions] [The Hoax Of The Twentieth Century, Brighton, Historical Review Press, 1977, p. 95 (et p. 247)]. L’auteur [i.e. Baron] n’est pas d’accord avec cela et pense que la résistance polonaise a eu beaucoup à voir à ce sujet (il existe de nombreux documents qui vont dans ce sens) et que l’histoire a ensuite connu une vie propre. » Plus loin, p. 7, note 11, il mentionne le célèbre propagandiste britannique antinazi Sefton Delmer (1904-1979) et laisse entendre qu’il aurait pu également avoir joué un rôle dans la création de la « légende ». A. Baron affirme aussi avoir dépouillé tous les numéros de la Jewish Chronicle parus pendant toute l’ère nazie [3]. Détail intéressant, il signale l’utilisation dès 1933 par ce journal du terme « extermination » (ou d’un dérivé) pour décrire la situation des juifs allemands. Ainsi, le 28 avril 1933, un article est intitulé : « Exterminating German Jewry Nazi Grip Tightens » [« L’étreinte nazie se resserre en exterminant les juifs allemands »]. Commentaire de Baron : « Cette "extermination" était en grande partie économique. » Un autre article, paru le 2 juin 1933, commençait ainsi : « Il n’y a toujours aucun signe de changement en Allemagne. Bien au contraire, la machinerie de l’extermination [the machinery of extermination] est en train de se renforcer et les persécutions individuelles se poursuivent sans rencontrer d’obstacles. » Le 1er septembre 1933, un article intitulé « The Growing Torment Of German Jewry  » [«  Les tourments grandissants des juifs allemands »] signalait qu’un juif roumain avait été condamné (en Allemagne) à deux ans d’emprisonnement pour avoir répandu de faux récits d’atrocités (probablement au sujet des camps de concentration). Une dernière remarque : outre le texte de Michael Philips, le révisionnisme historique a suscité l’ironie de plusieurs auteurs. On rappellera ou signalera ici les deux textes suivants : Fabrice BOUTHILLON, « Comme quoi Napoléon n’a jamais existé », Lignes, n° 2, février 1988, p. 111-130 ; un texte sans nom d’auteur, que nous n’avons pas lu, reproduit dans : Dennis PEARCE, « News from the Net », Kases File [lettre d’informations de la Kentucky Association of Science Educators and Skeptics], juillet 1993. Ce dernier texte, signalé par Joe NICKELL dans : Camera Clues : A Handbook for Photographic Investigation, Lexington, The University Press of Kentucky, 1994, p. 200-201, essaierait de démontrer sur un mode parodique que l’État américain de l’Idaho est un « mythe sans fondement ».

Alexander BARON. The Holocaust Needs A Liberal Imagination : A Critique Of Kushner’s Chutzpah. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, [juin 1995J. 12 p. 21 x 29,7 cm. ISBN 1-898318-82-4. £ l,99. L’auteur examine ici un ouvrage de l’historien britannique Anthony KUSHNER, The Holocaust and the Liberal Imagination : A Social and Cultural History, Basil Blackwell, 1994. Kushner y reproche notamment aux gouvernements libéraux britanniques des années 1980 et 1990 de ne pas avoir pris de mesures légales énergiques contre la diffusion des arguments révisionnistes, afin de protéger « l’une des minorités les plus vulnérables » du pays, parce que le révisionnisme historique perturbe beaucoup de « survivants » et que ses « pourvoyeurs » sont motivés par l’antisémitisme [2]. A. Baron entreprend de réfuter point par point cette argumentation en évoquant le témoignage souvent fantaisiste de Kitty Hart, en montrant le faible nombre d’incidents antisémites dans la Grande-Bretagne contemporaine, en soulignant qu’il n’y a pas que les juifs qui ont souffert pendant la seconde guerre mondiale, que les révisionnistes viennent d’horizons très divers et qu’ils sont loin d’être tous antisémites [2-4]. En marge de sa réfutation, il mentionne un ouvrage publié en 1951 par Douglas REED, ancien correspondant du Times de Londres, Far and Wide. Dans cet ouvrage, Reed rejetait la version des six millions de morts et déclarait : « À mon avis, le chiffre de six millions était une exagération grotesque qu’une presse non intimidée n’aurait jamais publiée, si ce n’est pour la dénoncer. » Et Baron ajoute : « Plus de quatre décennies après, l’exagération est toujours grotesque et l’intimidation augmente tous les jours » [4]. Baron parle ensuite du livre hostile que Deborah Lipstadt a consacré aux révisionnistes [Denying The Holocaust], « livre incroyablement vénal et malhonnête » [4] et réfute toute une série d’arguments et de points du texte de Kushner [4-6]. En conclusion, Baron estime que beaucoup si ce n’est la totalité de ceux qui étudient le sujet de l’Holocauste «  connaissent la vérité » et « s’en moquent » [6-7]. À noter enfin que l’auteur a été interdit d’accès à la Wiener Library par son directeur David Cesarani [6, 7].

Alexander BARON. A Revisionist History Of The 1960s Synagogue Arsons. The Truth About Harry Bidney And The 62 Group Laid Bare Further Documentation On The Lies And Libels Of « Searchlight » Head Honcho Gerry Gable. Londres ; Anglo-Hebrew Publishing/Info Text Manuscripts, [octobre] 1994 (seconde édition revue et augmentée). 20 p. 21 x 29,7 cm. 111. ISBN 1-898318-02-6. £ 2,99. L’auteur revient sur l’hommage qui a été rendu à un certain Harry Bidney par Gerry Gable en septembre 1984 dans les colonnes du magazine « antiraciste » Searchlight. Il écrit une fois encore que, selon lui, loin de combattre l’antisémitisme, les groupes qui prétendent lutter contre ne font que l’attiser par leurs méthodes éminemment contestables. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le passé peu reluisant de Bidney et le rôle qu’il aurait joué, en compagnie de Gable, dans l’arrestation des incendiaires de synagogues dans les années 1960. Baron examine point par point l’article d’hommage de Gable et réfute de manière précise la plupart de ses affirmations, Une fois de plus est confirmé le fait que la revue Searchlight distille plus souvent le mensonge que la vérité.

Alexander BARON. Searchlight On The « Jewish Chronicle  ». How The Diseased Organ Of « British » Jewry Spreads The Fantasies, Paranoia And Poison Of Arch-Liar Gerry Gable. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1995. 8 p. 21 x 29,7 cm. ISBN 1-871473-43-8. £ 1,99. L’auteur prend comme point de départ le numéro du 17 mars 1995 de la Jewish Chronicle où l’on célèbre le vingtième anniversaire de la revue « antiraciste » et « antifasciste » Searchlight. C’est l’occasion pour A. Baron de réfuter un grand nombre de mensonges et d’inexactitudes qui entourent la personne de Gerry Gable, directeur de Searchlight. Sont abordés ici les points suivants : la vague d’incendies criminels contre des synagogues en 1962-64, les causes et les auteurs de ces incendies, le rôle – inexistant – qu’aurait joué Gerry Gable dans l’arrestation des coupables, un rappel des attaques contre des mouvements nationalistes à la même époque, les agents provocateurs antinationalistes en Grande-Bretagne, le père de Gerry Gable, la femme de ce dernier et son passé d’ancien membre de partis nationalistes, la lettre piégée que Gable aurait reçue, etc. [1-5]

(Alexander BARON]. (How Not To Write) The History Of The « Protocols Of Zion ». Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, [septembre 1996]. 12 p. 15 x 21 cm. 1SBN 1-898318-63-8. £ 2,99. L’auteur rappelle tout d’abord que les Protocoles des Sages de Sion sont un des faux les plus célèbres de l’histoire, qu’ils sont « presque illisibles et inintelligibles » [1], qu’ils sont sans cesse réédités, qu’ils ont même connu deux éditions en Grande-Bretagne pendant la seconde guerre mondiale et qu’ils ont été analysés « jusqu’à la nausée » [2]. Il examine ensuite une édition de 1996 traduite et annotée par l’historien américain Richard S. Levy, auteur également de l’introduction. Il met en évidence un certain nombre d’erreurs commises par Levy dans son introduction et ses annotations. Pour finir, il a noté ceci : « À la page 38, citant Deborah Lipstadt, Levy lance une affirmation totalement fausse, selon laquelle le Journal of Historical Review [principale revue révisionniste américaine] tire son inspiration des Protocoles. Ce mensonge est répété sans cesse par les propagandistes juifs et sionistes et par les historiens de cour, même s’il n’a aucun fondement dans la réalité. Aucun révisionniste important n’accorde le moindre crédit aux Protocoles, alors que cela a été et continue d’être le cas de nombreuses personnes qui ne remettent pas en question la version orthodoxe de l’Holocauste » [5]. Est ensuite examinée brièvement une petite brochure d’une vingtaine de pages publiée en Grande-Bretagne par un groupe anarchiste. Quelques erreurs sont signalées [5-6].

Hoist With Their Own Petard : A Moral Tale. Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, [mai 1995]. 12 p. 14,7 x 21 cm. Couv. ill, ISBN 1-898318-77-8. Prix non indiqué (brochure en voie d’épuisement). Il s’agit d’une courte nouvelle (9 pages de texte) que l’on pourrait sans doute qualifier en partie de révisionniste. La scène de départ dans laquelle un vieux juif (membre ancien ou actuel du Jewish Defence Bureau) est contrôlé par un soldat sert de prétexte pour brosser un tableau d’une Grande-Bretagne dans un futur pas très éloigné. Des musulmans fondamentalistes ont pris le pouvoir, ils appliquent les lois antiracistes contre les juifs que ceux-ci avaient fait voter, ils dénoncent le « mensonge de l’Holocauste juif » et ont mis en place une nouvelle législation qui punit la négation des «  Holocaustes » que sont par exemple Sabra, Chatila et Hebron (villes de l’ancien État d’Israël). Le swastika est à présent le symbole du Parti islamique de Grande-Bretagne et l’étoile de David a été interdite car elle symbolise de vrais holocaustes plutôt que le faux holocauste. Sur les murs d’une pièce d’un bâtiment officiel, la photographie d’Abu Nidal côtoie celle de Colin Jordan, ancien dirigeant nationaliste, et celle de Willis Carto, le populiste américain, est au côté de celle du colonel Khadafi.

Alexander BARON. Bringing History Into Accord With The Facts : The Carto Way. A Critique Of « The Barnes Review ». Londres : Anglo-Hebrew Publishing / Info Text Manuscripts, 1995. 6 p. 21 x 29,7 cm. ISBN 1-898318-13-1. Épuisé. A. Baron consacre ici quelques pages à la revue lancée en 1994 par Willis Carto, The Barnes Review, dont le sous-titre est : To Bring Historv Into Accord With The Facts. Le titre fait référence à l’historien américain Harry Elmer Barnes (1889-1968), considéré généralement comme le père fondateur du révisionnisme historique (voir Arthur GODDARD (éd.), Harry Elmer Barnes, Learned Crusader. The New History in Action, Colorado Springs, Ralph Myles, 1968). Il passe en revue quelques articles parus dans le n° 10 de juillet 1995. L’un de ces articles est d’un disciple du poète Ezra Pound, Eustace Mullins, auteur notamment, rappelle Baron, de deux célèbres faux antisémites (sur ce sujet, voir la brochure, épuisée, de BARON, Not The Protocols Of Zion ! Shining A Searchlight On Three Updates Of The Infamous Jewish Master Plan : The Zunder Letter, The Israel Cohen « Racial Program For The Twentieth Century » Hoax And The Speech Of The Non-Existent Rabbi Rabinovich, Londres, Anglo-Hebrew Publishing, juillet 1994 ; et Paul F. BOLLER, Jr. & John GEORGE, They Never Said It : A Book of Fake Quotes, Misquotes, and Misleading Attributions, New York-Oxford, Oxford University Press, 1989, p. 14-16 et 107-108) [l]. L’autre article plus longuement examiné est un chapitre emprunté à un ouvrage de Léon Degrelle sur Hitler. Baron en conteste certains passages relatifs à l’attitude de Hitler à l’égard des juifs et de la démocratie et l’influence supposée des juifs dans la presse britannique. Il s’attarde également sur les origines juives supposées de Hitler auxquelles il ne croit pas du tout [1-3]. Il termine en faisant allusion à deux lettres de lecteurs qui, toutes deux, concernent les juifs ou l’antisémitisme [3-4]. C’est cette obsession des juifs que Baron reproche en définitive à Willis Carto et à sa revue.

John BRYANT. Political Correctness, Censorship and Liberal-Jewish Strongarm Tactics in High-IQ/Low-Morals Mensa. A Case Study. St Petersburg Beach : The Socratic Press [PO Box 66683, St Petersburg Beach, FL 33736-6683, États-Unis], 1997. [4]-64 p. 14 x 21,6 cm. ISBN 1-886739-37-4. $ 4,9S. L’auteur fait partie de la branche américaine de l’organisation Mensa (« table » en latin). Cette organisation regroupe des personnes dont le niveau d’intelligence (en fait le quotient intellectuel) est supérieur à celui de 98 % de la population. Ce petit livre rapporte les réactions qu’a provoquées la publication dans le numéro de novembre 1994 de Tampa Bay Sounding (lettre d’informations de la section locale de Mensa) d’un court article assez provocant de l’auteur sur l’antisémitisme, les juifs, l’État d’Israël, les nombreux musées de l’Holocauste. Il reproduit ici plusieurs lettres qu’il a adressées à des membres de l’organisation Mensa qui font apparaître divers exemples de censure et de suppression de l’information de la part de cette organisation censée encourager la réflexion et la libre discussion. Révisionniste, John Bryant évoque à plusieurs reprises la «  version juive orthodoxe de l’Holocauste ».

John BRYANT. Everything You Always Wanted to Know About Jews But Were Afraid to Ask Because You Thought You’d Be Called « Antisemitic  » : A Special-Subject Compilation of The Mortal Words of JBR Yant Volumes 1 Thru 5 Plus Additional Sources. St Petersburg Beach : The Socratic Press, 1995. 128 p. 13,5 x 21,6 cm. ISBN 1-886739-02-1. $ 9,95. Cet ouvrage reprend un certain nombre de textes qui avaient déjà paru dans la série Mortal Words. Ici il est question des juifs et des nombreuses accusations dont ils ont fait l’objet et dont ils continuent de faire l’objet. L’auteur examine ces accusations ou reproches les uns après les autres, énonce des formules, des réflexions, des paradoxes. Il revendique pour tous le droit à une critique entière à l’égard d’un groupe humain remarquablement organisé et puissant. Son attitude n’est pas hostile, son but est seulement, dit-il, d’améliorer les relations entre juifs et non-juifs. On trouvera ici de nombreuses allusions aux révisionnistes et au révisionnisme. Le chapitre 7 est d’ailleurs entièrement consacré à ce sujet [115-120]. L’auteur commet parfois certaines erreurs : selon lui, Paul Rassinier « était probablement juif » [116], The Drama of the European Jews [Le Drame des juifs européens] est « le premier livre sur le sujet » du révisionnisme [116], il renvoie au livre The Confessions of Kurt Gerstein [d’Henri ROQUES] à propos des tortures d’accusés lors du procès de Nuremberg [119]. Il semble par ailleurs accorder un rôle suréminent au révisionniste juif David Cole [20]. Il n’avait évidemment pas connaissance de l’abjuration de ce dernier. On signalera d’autres titres publiés par The Socratic Press et signés de John Bryant : Information, Free Speech, Censorship and Truth ; Nasty Letter-Bombs : 150 Politically-Incorrect Unfit-to-Print Explosive Guided Missives That Shook the St Petersburg Times ; Bryant’s law and Other Broadsides : Recent Controversial Essays of John Bryant.

Gitta SERENY. Albert Speer : son combat pour la vérité. Traduit de l’anglais par William Olivier Desmond. Paris : Éditions du Seuil [27, rue Jacob, 75006 Paris], octobre 1997. 756 p. 15,2 x 24 cm. Couv, ill. Ill. Bibliographie. Index. ISBN 2-02- 025025-X. 160 F. La journaliste Gitta Sereny a travaillé pendant dix ans à la rédaction de cette imposante biographie d’Albert Speer, architecte et ministre des Armements et des Munitions de Hitler, condamné à Nuremberg à vingt ans de réclusion. Comme l’a observé l’historien britannique Hugh Trevor-Roper : « À aucun moment le récit ne perd de vue l’objectif qu’il poursuit : sa détermination à résoudre l’énigme de Speer, ses faux-fuyants, son angoisse personnelle, son obsession de l’assassinat des Juifs » [4e de couverture]. Et, en effet, l’auteur, qui a rencontré Speer à plusieurs reprises, revient souvent sur la « solution finale ». Le cas de Speer est exemplaire de quelqu’un qui, en dépit de sa position éminente au sein du régime nazi, n’a rien su sur le sort « véritable » des juifs pendant la guerre et qui, rongé par un remords à la mesure de l’admiration qu’il avait éprouvée pour Hitler, en est venu à croire plus ou moins, on ne sait pas trop en définitive, à la thèse de l’extermination, notamment par la réinterprétation a posteriori de toute une série de propos, de faits et d’événements. Ce qui est certain c’est qu’Albert Speer ne saurait être tenu pour un témoin direct de l’Holocauste ou de ce que certains entendent par là.

Thierry WOLTON. L’Histoire interdite. Paris : Éditions Jean-Claude Lattès [17, rue Jacob, 75006 Paris], janvier 1998. 224 p. 14x 22,5 cm. ISBN 2-7096-1787-0. 110 F. Cet ouvrage se divise en trois grandes parties ; l’histoire mythifiée [15-39], l’histoire occultée [41-120], l’histoire interdite [121-184]. Dans la première partie, l’auteur, écrivain et journaliste, distingue trois mémoires de la seconde guerre mondiale : la mémoire gaulliste, qui tend à s’affaiblir, la mémoire communiste et la mémoire juive. Il n’hésite pas à parler des « tenants de l’histoire officielle » [22] et de la « belle histoire de la Résistance » [22]. Après avoir évoqué les nombreuses recherches d’ordre documentaire dont la Résistance a fait l’objet, il écrit : « Pas plus que lors des étapes antérieures, ce stade documentaire n’a pour l’heure réussi à rendre compte de ce qu’a vraiment été la Résistance. L’épopée continue de souffrir d’un vice d’origine : histoire à nulle autre pareille dans l’imaginaire français, elle doit garder son utilité politique. À force de dresser un tableau de la Résistance haut en couleur, version Noguères, ou de la présenter sur un mode légendaire avec Jean Moulin dans le rôle de l’archange de la rédemption nationale, le vernis a fini par craquer sous la double poussée de nouvelles archives et d’une nouvelle génération d’historiens. / L’enjeu est de taille car une fois ces arrangements de l’histoire dévoilés, l’esprit même de la Résistance s’en est trouvé ébranlé et, par-delà, les fondements de la République qui en est issue. Preuve que tromper un peuple sur son passé est une pratique à courte vue tant le temps érode les mythes. Cesser de travestir cette part de notre mémoire en commençant par la débarrasser de la gangue politique qui l’emprisonne est une nécessité dont on ne peut plus faire l’économie » [26]. T. Wolton évoque ensuite la «  psychose vichyste » qui a gagné la France ces dernières années et rappelle que le nombre de juifs victimes de la solution finale en France a été moindre que dans la plupart des autres pays [29]. Dénonçant l’utilisation politique qui est faite des événements de la seconde guerre mondiale, il écrit que le « complexe de Vichy qui encombre la conscience française tend de plus en plus à devenir une arme morale fondée sur un manichéisme primaire, une basse manoeuvre de propagande qui sert à désigner l’ennemi et surtout à le stigmatiser, hors de toute réalité historique et d’une vraie lucidité politique sur les dangers actuels » [33]. Dans une section intitulée « La bête immonde » [33-39] où il est notamment question du Front national, il écrit : « Invoquer la Résistance pour lutter contre Le Pen, parler d’un retour de Vichy pour stigmatiser le Front national, c’est se tromper d’époque et ne rien comprendre à l’évolution de l’extrême droite /en France, ni voir ce qu’elle représente réellement. Cet archaïsme idéologique n’aidera certainement pas à s’attaquer aux racines du mal. Pareille pensée, qui sent la naphtaline, est une resucée du bon vieux terrorisme intellectuel qui a réussi jusqu’à présent à verrouiller le savoir historique et qui sert à massivement discréditer ceux qui tentent de soulever la chape de plomb pesant sur notre passé » [38-39]. La deuxième partie est essentiellement consacrée au communisme et, dans une moindre mesure, au nazisme. « L’intention n’est pas toujours exprimée mais le dispositif est d’ores et déjà en place / pour que les dizaines de millions de morts du communisme à travers le monde finissent par passer pour pertes et profits de la quête de ce Graal moderne qu’est l’émancipation du genre humain promise par le marxisme-léninisme » [44-45]. Il évoque la notion d’un génocide communiste et note : « Dans l’horreur, toutefois, le communisme n’a pas été aussi loin que le nazisme qui a poussé sa logique / d’extermination à l’extrême par l’usage "industriel’’ des chambres à gaz. Il est d’ailleurs significatif que ce soit ce "détail" que les négationnistes contestent afin de rejeter l’unicité de la Shoah, car là se tient précisément la différence avec les autres crimes du siècle » [64-65]. On le voit, l’auteur n’est pas révisionniste au sens où nous l’entendons et cet état de fait limite nécessairement la portée de son argumentation. Après avoir mis en évidence le processus de stalinisation de l’enseignement français après la guerre (par l’exemple d’une cinquantaine de manuels d’histoire) [75], il rappelle une série d’affaires ou de cas (Artur London, Georges Boudarel, Georges Orwell, Louis Aragon, Emil Cioran, Milan Kundera) très révélateurs du détestable climat intellectuel de la France contemporaine [82-94]. Il fustige la nostalgie diffuse dont le communisme fait l’objet (ainsi Che Guevara) et note avec pertinence que « [l]’idéal communiste survit à la faillite du socialisme réel en ce qu’il perdure sous sa forme protestataire, cultivant un mythe révolutionnaire qui, lui, renvoie à l’utopie si nécessaire aux hommes » [120]. Dans la troisième et dernière partie, l’auteur aborde ce qu’il appelle l’« histoire interdite ». Il s’agit surtout pour lui d’analyser les diverses réactions qu’ont provoquées un certain nombre d’ouvrages (véritables « crimes de lèse-histoire ») qui remettaient en cause la version officielle ou courante de quelques événements ou épisodes du passé récent. Ces ouvrages sont les suivants : Thierry WOLTON, Le Grand Recrutement (1993) ; Karel BARTOSEK, Les Aveux des archives (1996) ; Gérard CHAUVY, Aubrac, Lyon 1943 (1997) ; Le Livre noir du communisme [collectif] (1997). L’auteur s’en prend à quelques personnages (qu’il qualifie de « procureurs ») et à la façon très révélatrice dont ils ont réagi à l’un ou l’autre de ces ouvrages : Daniel Cordier, Alexandre Adler, Gilles Perrault, Pierre Vidal-Naquet, Serge Berstein, Lily Marcou, Henry Rousso, Eric Conan, Marc Ferro, etc. Il discerne plusieurs catégories de « procureurs » mais le « gros de la troupe » est formé par « certains fonctionnaires de l’histoire plus préoccupés par leur plan de carrière que par la recherche de la vérité » qui « s’épanouissent surtout à l’ombre de quelques bastions universitaires : l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP), le CNRS ou pour une partie d’entre eux à Sciences-Po [...] » [137]. Il distingue pour finir cinq grandes méthodes utilisées pour se débarrasser des historiens qui ne sont pas dans la norme : l’analogie, l’amalgame, la méthodologie, l’insulte (« Wolton est un falsificateur du genre de Faurisson » [Pierre VIDAL-NAQUET, L’Événement du Jeudi, 30 septembre 1997]), la banalisation.

Le Livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression / Stéphane COURTOIS, Nicolas WERTH, Jean-Louis PANNE, Andrzej PACZKOWSKI, Karel BARTOSEK, Jean-Louis MARGOLIN (avec la collaboration de Rémi Kauffer, Pierre Rigoulot, Pascal Fontaine, Yves Santamaria et Sylvain Boulouque). Paris : Éditions Robert Laffont [24, avenue Marceau, 75008 Paris], novembre 1997. 848 p. 15,4 x 24 cm. Ill. Index. ISBN 2-221-08204-4. 189 F. On a déjà beaucoup parlé dans les médias de ce livre traduit à présent en plusieurs langues et qui fera date davantage par la somme des informations qu’il renferme et la perspective adoptée par le coordinateur (Courtois) que par une quelconque nouveauté des sujets abordés. Il se divise en cinq grandes parties : l’Union soviétique (Nicolas Werth) [43-295], le Komintern et la révolution mondiale (Stéphane Courtois, Jean-Louis Panné, Rémi Kauffer) [297-394], les pays communistes d’Europe de l’Est (Andrzej Paczkowski, Karel Bartosek) [395-496], les communismes d’Asie (Jean-Louis Margolin, Pierre Rigoulot) [497-704], le communisme dans le tiers-monde (Pascal Fontaine, Yves Santamaria, Sylvain Boulouque) [705-791]. À ces cinq parties, il faut ajouter une introduction et une conclusion rédigées par Stéphane Courtois. De nombreuses critiques ont été adressées à cet auteur pour son introduction dans laquelle il esquisse une comparaison entre les politiques et les pratiques exterminatrices du communisme et du nazisme. Or, s’il est une critique qu’on peut adresser à Courtois c’est qu’il ne prend pas du tout en compte les arguments révisionnistes relatifs à la « solution finale de la question juive  » et à la mortalité dans les camps de concentration nazis. Tant que les historiens ne prendront pas sérieusement en considération ces arguments, toute comparaison entre les deux grands totalitarismes de ce siècle se révélera biaisée et incomplète. Nous souhaiterions pour terminer revenir sur un passage du texte de P. Rigoulot sur la Corée du Nord. Rapportant le témoignage d’un ancien gardien, nommé An Myung Chul, d’un camp de la zone de Hoiryong, il écrit : « An affirme avoir entendu une conversation entre le chef de la garde et deux autres membres du personnel d’encadrement du camp n° 13 où étaient évoquées des pratiques qu’on croyait réservées aux seuls exterminateurs des camps nazis. "Camarade, dit l’un d’eux, sous-chef d’escouade, j’ai vu hier des fumées à la cheminée du Troisième Bureau. Est-il vrai qu’on comprime les corps pour en extraire de la graisse ?" » [609]. Ce témoignage intéressant, qui rappelle bien sûr une rumeur ou une « légende urbaine » européenne, a déjà été publié par Pierre Rigoulot dans son article « Un camp... des camps » dans : Les Cahiers d’histoire sociale, n’ 7, automne-hiver 1996, numéro spécial Corée, [143-155], p. 150.

Martin MONESTIER. Les Animaux-soldats. Histoire militaire des animaux des origines à nos jours. Paris : Le Cherche Midi éditeur [23, rue du Cherche-Midi, 75006 Paris], mai 1996. 256 p. 19 x 27,9 cm. Couv. ill. Ill. Coll. Documents. ISBN 2-86274- 438-7. 196 F (225 F franco). « Il manquait, pensons-nous, un ouvrage général, à tendance exhaustive, qui témoignerait du rôle prépondérant que les animaux-soldats ont tenu au cours des siècles et qui se perpétue aujourd’hui encore. Un livre qui recenserait depuis les origines, les péripéties, les missions, les actes d’héroïsme les plus significatifs, démontrant ainsi les liens puissants qui n’ont cessé d’unir l’homme et l’animal dans l’art de la guerre » [11]. M. Monestier nous offre là une remarquable synthèse illustrée sur l’utilisation d’animaux à des fins militaires. De nombreuses époques sont abordées et plus particulièrement les deux conflits mondiaux : « Pendant la Première Guerre mondiale, plus de 14 millions d’animaux furent enrôlés dans les armées belligérantes, et 120 000 d’entre eux décorés pour faits de guerre. Le second conflit mondial verra trente millions d’animaux servir sur tous les terrains d’opération » [4e de couverture]. Parmi les animaux étudiés, citons : les mouettes antisous-marins, les chauves-souris bombardiers, les oies et autres oiseaux guetteurs, les insectes, les rats et les souris, les crocodiles, les moutons et les singes démineurs, les sangsues, etc. [12-27], les chiens et leurs différentes fonctions ou utilisations (sentinelle, patrouilleur, sanitaire, porteur, estafette, d’attelage, télégraphiste, dératiseur, parachutiste) [28-73], les pigeons voyageurs, utilisés depuis la plus haute antiquité [74-119], les ânes, les mulets, les boeufs [120-133], les éléphants de guerre [134-163], les chameaux et les dromadaires dans les guerres du désert [164-187], les chevaux [188-237], les phoques, les otaries et les dauphins [238-251]. On regrettera l’absence de toute bibliographie. Signalons chez le même éditeur d’autres ouvrages intéressants récents du même auteur ; Peines de mort : histoire et techniques des exécutions capitales des origines à nos jours (1994), Suicides : histoire, techniques et bizarreries de la mort volontaire, des origines à nos jours (1995), Histoire et bizarreries sociales des excréments des origines à nos jours (1997).

Raymond JUILLARD. La Caisse de grenades. Préf. de Pierre Sudreau. Bussières : Raymond Juillard [Les Cornins, 71960 Bussières], 1997. 198 p. 14,5 x 20,8 cm. Couv. ill. Ill. 100 F (125 F fco), Dans son avant-propos (en deux parties, la première ayant été rédigée il y a une vingtaine d’années et ne se rapportant donc pas au livre de Juillard), Pierre Sudreau, ancien de Buchenwald et ministre du Général De Gaulle, après avoir évoqué les « crématoires rougeoyants » [2] d’Auschwitz, écrit que les crimes nazis « sont tellement monstrueux que certains admirateurs d’Hitler, surnommés "négationnistes" [,] s’efforcent de les occulter afin d’essayer de disculper leurs idoles nazies » [5]. Né en 1926, Raymond Juillard a été arrêté en août 1943, un mois après son père. Ces arrestations sont liées à des activités de résistance. Parmi les prisons et les camps où il a séjourné figurent le Fort Montluc à Lyon, le camp de Compiègne, les camps de Buchenwald, d’Ohrdruf, de Sachsenhausen, de Bergen-Belsen, de Neuengamme, de Sandbostel. Nous avons relevé cinq références à des gazages [34, 124, 135, 143, 170], L’auteur ne prétend dans aucun cas avoir vu des chambres à gaz. Sa connaissance n’est qu’indirecte. Sur Bergen-Belsen, il écrit : « On vit peu de jours à "BERGEN BELSEN", un camp soit [sic] disant de repos. Les déportés sont gazés ou meurent à la suite de piqûre au phénol. Mais la plupart meurent de dysenterie, du typhus ou plus simplement de la famine » [170]. Le chapitre X évoque le bombardement de Buchenwald le 24 août 1944 [125-130] : « Plus de 350 déportés sont morts, beaucoup de SS aussi, la femme du lieutenant SS chargé de l’appel du camp a été tuée » [129]. À l’approche de la libération du camp-stalag de Sandbostel, il évoque les centaines de morts : «  La plupart tués par les postens, d’autres étouffés par la nourriture pillée et immédiatement ingurgitée. L’organe déshabitué n’a pas tenu » [185]. On notera plusieurs allusions au typhus [87, 147, 184, 185].

Grégoire DUMITRESCO. L’Holocauste des âmes : relation inopportune d’un crime contre l’humanité. Traduit du roumain par Daniel Dimitriu. Publié avec le concours d’Y. Cauchois. Paris : Librairie Roumaine Antitotalitaire [5, rue Malebranche, 75005 Paris], décembre 1997. 264 p. 14 x 21 cm. Coll. L’Holocauste démasqué. ISBN 2-908029-10-3. 120 F. Fils d’officier, l’auteur est né en 1923. Il est mort à Munich en 1983, En 1946, il étudie le droit à l’Université de Bucarest. « Le 7 février 1948, moins de deux mois après l’abolition de la monarchie, il est arrêté pour activité anticommuniste et nationale-royaliste. [...] Il connaît alors l’horreur des geôles de Pitesti, de Jilava, de Pitesti à nouveau, pour y subir le tristement célèbre arrachage des masques, enfin du mortifère Canal Danube-Mer Noire » [11]. Par « arrachage des masques », il faut entendre une « rééducation » par lavage de cerveau, à l’image de ce qui se pratiquera plus tard dans la plupart des communismes asiatiques. Mais ici la torture physique et morale est au centre du dispositif et le but de l’entreprise est d’amener les détenus à se torturer les uns les autres. Pour l’éditeur, l’opportunité de faire connaître ce témoignage au public français « vient de ce qu’il dénonce par anticipation posthume, pourrait-on dire, une entreprise très actuelle d’étouffement de la mémoire. / Il est, en effet, nécessaire, il est urgent, de combattre l’étrange séduction que le pire des extrémismes exerce présentement sur nos compatriotes » [7]. Sur le même sujet on rappellera l’ouvrage récent de Virgil IERUNCA, Pitesti, laboratoire concentrationnaire (1949-1952), Paris, Michalon, 1996. Précisons que l’ouvrage de G. Dumitresco a également constitué le n° 10 de la revue hors commerce La Vieille Taupe.

Sylvain S. SALVINI, « Le mythe de l’aviation italienne en France sur les routes de l’exode en juin 1940 : la solution de l’énigme », La Vieille Taupe / Organe de critique et d’orientation postmessianique, n° 9, automne 1997, hors commerce, 160 p. L’auteur, Sylvain Silvio Salvini, est né à Milan en 1929. Ingénieur commercial en retraite, il a été très tôt passionné par la recherche historique, principalement sur les sports et les arts de combat de l’Antiquité à nos jours. Il a d’ailleurs publié plusieurs articles sur ces sujets dans diverses revues spécialisées. La présente étude porte sur un épisode de la débâcle de juin 1940 en France au cours duquel des avions italiens auraient bombardé et mitraillé des colonnes de civils en fuite. C’est du moins ce qu’affirmèrent des centaines de témoins en 1946 au cours d’une enquête officielle. L’Italie avait démenti avant même la fin de la guerre. « Les résultats de l’enquête de 1946 et les travaux ultérieurs de quelques historiens, conclurent à un mythe engendré par une psychose collective sans objet réel. Le but de cette étude est de porter toute cette affaire à la connaissance du public, et de rechercher quel pourrait être le fond de vérité qui, dit-on, est à la base de toute légende... La fin de cette étude montrera que nous pensons avoir trouvé la clef de l’énigme, et qu’elle ouvre maintenant de nouvelles voies de recherche » [8]. Sont abordés au fil des pages : les relations franco-italiennes jusqu’au 10 juin 1940 [9-16], les opérations militaires, terrestres et aériennes, en mai-juin 1940 [17-23], l’aviation italienne en France du 11 au 24 juin 1940 et la psychose qui s’est emparé d’une partie de la population française à propos des bombardements et des mitraillages de civils [24-31] par des avions [supposés italiens], «  parfaitement reconnaissables à leurs cocardes, vert-blanc-rouge (vert à l’extérieur, rouge au centre) » [29], les protestations italiennes [32-41] dès le 7 décembre 1944 (« le ministère de l’Air du Royaume d’Italie avait démenti officiellement le survol d’un quelconque avion italien au-delà du Rhône pendant les quatorze jours de la guerre franco-italienne » [35]), les signes distinctifs des avions belligérants en 1940 (les avions français, allemands, britanniques, italiens) [42-56] avec de nombreuses illustrations [46-56], l’ouverture d’une enquête début 1946 auprès du Service Historique de l’Armée par le ministère français de l’Intérieur à la suite d’une protestation officielle du gouvernement italien en décembre 1945 et les conclusions plutôt sceptiques de cette enquête [57-71], un examen des témoignages de 1946 avec des extraits de certains d’entre eux [72-90]. L’auteur examine ensuite la littérature et les « médiats » (selon la graphie archéo-talpinienne) de 1945 à 1990 et met en évidence la persistance de la croyance aux mitraillages italiens (« les travaux des quelques historiens qui se soient intéressés à la légende des avions italiens et ont démontré [démonté ?] le mythe, resteront totalement ignorés du grand public » [92]) [91-100]. Il évoque les « acquis du révisionnisme historique » qui se sont manifestés dans les articles et les études de plusieurs auteurs (Maurice Vassard, Léon Noël, Félix Debyser, Georges Daux, Henri de Mollans) [101-120] et nous entretient de ses propres recherches et réflexions sur le problème qui l’occupe [121-139]. L’hypothèse qu’il avance est qu’il ne se serait pas agi d’avions allemands ou italiens mais d’avions britanniques qui auraient attaqué des colonnes allemandes auxquelles des civils français se seraient retrouvés mêlés. L’auteur voit là en tout cas de nouvelles voies de recherche, notamment dans les archives britanniques. Parmi la série de cinq notes additionnelles en fin d’ouvrage on retiendra la mention d’une étude peu connue du colonel de Mollans et d’un chapitre d’un ouvrage italien publié par l’Istituto per gli studi di politica internazionale. A noter que cette étude a été refusée par une dizaine d’éditeurs sans qu’on connaisse les raisons exactes de ce refus [148]. Adresse : La Vieille Taupe, B.P. 98, 75224 Paris cedex 05. Abonnement ou, plus exactement, participation aux activités de la Vieille Taupe : 250 F.

Bulletin [réservé aux abonnés de La Vieille Taupe], n° 8, novembre 1997, [2]p. Dans ce court bulletin, Pierre Guillaume écrit : «  Depuis le début du procès Papon, le révisionnisme a fait des progrès gigantesques en France. Des yeux se d[e]ssillent. Des forteresses tombent, comme à aucun moment depuis que l’affaire Faurisson a éclaté dans les médiats, il y a dix-neuf ans » [1]. Il rappelle ensuite la lourde condamnation qui a frappé Robert Faurisson à la suite de son procès du 25 septembre 1997 (au total 120 000 F d’amendes et de frais divers) [1] et fait une mise au point au sujet de la création autour de Roger Garaudy d’une association pour le dialogue des cultures. Concernant le procès Garaudy, il déclare : « Une condamnation ne pourrait résulter que d’une interprétation abusive de la loi, et serait le signal du déclenchement d’un mouvement de protestation infiniment plus vaste que le révisionnisme, mais dans lequel le révisionnisme vivrait comme un poisson dans l’eau. Au contraire, un acquittement équivaudrait, après les délires médiatiques, à un droit d’entrée officiel pour le révisionnisme dans la plupart des têtes » [1]. Au verso de ce bulletin n° 8 est reproduit un texte de Georges Piscoci-Danesco, propriétaire de la Librairie du Savoir ou « Librairie roumaine antitotalitaire  » (5, rue Malebranche, 75005 Paris), rédigé au lendemain d’une cinquième agression contre sa librairie (13 novembre 1997, un pavé dans la vitrine latérale, à 2 heures du matin). Il est surtout question de l’agression qui a été commise le 16 juillet 1996 « par un commando de jeunes hommes se revendiquant explicitement de la "Mémoire juive", dans le but avoué d’intimider le libraire, M. Georges Piscoci, pour faire cesser la diffusion du livre de Roger GARAUDY, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne. Deux personnes présentes ont été légèrement molestées. Le libraire, durement frappé au visage à l’aide d’un gant de frappe (gant de cuir, renforcé de pièces métalliques et rempli de sable pour alourdir l’impact) a eu le sinus frontal fracturé. Le matériel téléphonique et informatique a été saccagé. Des milliers de livres ont été maculés sur les rayonnages arrosés de peinture rouge. Radio Shalom, une radio FM sioniste militante, le jour même de l’attentat, manifestait sa satisfaction ! » Le texte annonce la création, au début de l’année 1998, d’un comité d’organisation d’une manifestation commémorative le 1er juillet 1998 devant la Librairie du Savoir (contre la récupération et l’exploitation à des fins politiques partisanes des souffrances des victimes du 16 juillet 1942 et contre les agressions répétées à l’encontre de librairies). + n° 9, décembre 1997, [4] p. Ce bulletin a été adressé aux amis de La Vieille Taupe en même temps que le n° 8. Pierre Guillaume appelle à la mobilisation de tous dans le cadre du procès conjoint de Roger Garaudy et de Pierre Guillaume : «  Il faut en tout cas donner un maximum d’écho à ce procès incroyable. Le seul fait qu’il puisse avoir lieu constitue un symptôme de la décomposition de la justice et du droit. C’est aussi la raison pour laquelle ce procès crée une situation nouvelle qui donne enfin aux révisionnistes une opportunité pour dévoiler la réalité totalitaire dans laquelle nous vivons. Réalité totalitaire dont la principale force était précisément de demeurer occulte » [1]. Diverses affaires suisses sont ensuite brièvement rappelées (affaires de deux libraires genevois condamnés pour la vente du livre de Garaudy, affaire Berclaz, affaire Ferraglia) [1-2] ainsi qu’une affaire de mise sous séquestre d’ouvrages (dont celui de Vincent Reynouard sur le massacre d’Oradour) en Belgique (cela concerne la Fondation pour la Libre Recherche Historique d’Anvers) [2]. Pierre Guillaume revient sur un colloque du GRECE [Groupement de recherche et d’études sur la civilisation européenne] sur la censure qui s’est tenu (à une date non indiquée) et au cours duquel le sujet du révisionnisme n’a pas du tout été abordé ni même évoqué [3] et annonce la parution du n° 1 de la revue Akribeia, parution qualifiée pour diverses raisons de « miracle ». Ce bulletin se termine par la reproduction d’un communiqué de la Vieille Taupe à propos de deux faits divers. Les bulletins n° 8 et 9 étaient accompagnés d’une réfutation de 4 pages (non numérotées) de la lettre des « membres de la section de Chimie de l’Académie des Sciences » concernant Le Rapport Rudolf parue dans le courrier des lecteurs du mensuel scientifique français La Recherche, n° 300, juillet-août 1997, p. 7. Ce texte est différent de celui qui avait été envoyé en même temps que le bulletin n° 7. Il s’agit ici d’une lettre datée du 28 octobre 1997 qui a été envoyée personnellement par Pierre Guillaume à chacun des 39 membres constituant le section Chimie de l’Académie des Sciences (membres dont la liste, avec adresses, est donnée en p. 4). Adresse : La Vieille Taupe, BP 98, 75224 Paris cedex 05

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