BRÈVE INTRODUCTION A L'ÉTUDE DU RÉVISIONNISME

Arthur R. Butz

Nous avons déjà eu l'occasion de présenter le professeur Arthur R. Butz (voy. «Contexte historique et perspective d'ensemble dans la controverse sur l' "Holocauste"», R.H.R. n° 2, p. 87-137).
Au début de l'année 1991, alors que les révisionnistes faisaient une tentative pour instaurer un débat sur l'Holocauste à l'Université de Northwestern où il enseigne, A.R. Butz s'est à nouveau trouvé au centre d'une tempête. Au plus fort de la controverse, il a été en mesure de publier l'article suivant dans le journal de son université,
The Daily Northwestern, du 13 mai 1991.

 

Je vois trois raisons principales à la croyance, largement répandue mais erronée, en la légende des millions de juifs tués par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale : les troupes américaines et anglaises ont trouvé d'horribles tas de cadavres dans les camps allemands de l'Ouest qu'ils ont capturés en 1945 (comme Dachau et Belsen) ; il n'y a plus de vastes communautés de juifs en Pologne ; et les historiens, dans leur ensemble, soutiennent la légende.

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Durant les deux guerres mondiales, l'Allemagne a été contrainte de combattre le typhus, apporté par les poux à l'occasion des échanges constants qui se faisaient avec l'Est. C'est la raison pour laquelle tous les récits qui traitent de l'entrée dans les camps de concentration allemands parlent de rasage des cheveux, de douches et autres processus de désinfection, tels que le traitement des cantonnements au pesticide Zyklon. Ce fut aussi la raison principale du taux élevé des décès dans les camps, et de la présence des crématoires qu'on trouvait dans tous les camps.
Lorsque l'Allemagne s'effondra dans le chaos, alors, bien sûr, tous ces moyens de défense cessèrent, et le typhus et d'autres maladies sévirent bientôt dans les camps, lesquels cantonnaient principalement des prisonniers politiques, des criminels de droit commun, des homosexuels, des objecteurs de conscience et des juifs enrôlés pour le travail. D'où les scènes horribles, qui cependant n'avaient rien à voir avec une «extermination» ou une quelconque politique délibérée. D'ailleurs, les camps de l'Allemagne de l'Ouest concernés n'étaient pas les prétendus «camps d'extermination», qui se trouvaient tous en Pologne (par exemple Auschwitz et Treblinka) et qui furent tous évacués ou fermés avant d'être capturés par les Soviétiques, qui ne virent aucune scène de ce genre.

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La «Solution finale» dont parlent les documents allemands était un programme d'évacuation, d'implantation et de déportation des juifs avec pour objectif ultime l'expulsion de ces juifs hors d'Europe. Pendant la guerre, des juifs de diverses nationalités furent transportés vers l'Est, ce qui constituait une étape dans cette Solution finale. La légende raconte que ces déplacements avaient pour but principal l'extermination.
La grande majorité des millions prétendument exterminés étaient des juifs de l'Europe de l'Est — et non des juifs allemands ou occidentaux. C'est pour cette raison que l'étude du problème à l'aide des statistiques de population a été difficile, sinon impossible, mais il est un fait qu'il n'y a plus de vastes communautés de juifs en Pologne. Toutefois, les Allemands n'ont été qu'une partie parmi plusieurs autres à être impliquée dans les déplacements de juifs. Les Soviétiques ont déporté pratiquement tous les juifs de la Pologne orientale vers l'intérieur de leur pays en 1940. Après la guerre, les juifs polonais et autres se déversant depuis l'Est dans l'Allemagne de l'Ouest occupée, les Sionistes en déplacèrent des quantités importantes vers la Palestine, et les États-Unis et d'autres pays absorbèrent un grand nombre de juifs, dans la plupart des cas dans des conditions qui rendaient impossible d'en faire un calcul numérique. En outre, les frontières polonaises furent radicalement transformées à la fin de la guerre ; le pays fut littéralement déplacé vers l'Ouest.

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Les historiens, dans leur ensemble, soutiennent la légende, mais il y a des précédents dans l'aveuglement quasi incompréhensible de la part des universitaires. Par exemple, à travers tout le Moyen Âge, même les ennemis politiques du pape le laissaient raconter, faussement, que Constantin, empereur au IV e siècle, avait cédé au Pape son autorité sur l'Ouest, alors que tous savaient très bien que d'autres empereurs avaient succédé à Constantin. Une quasi-unanimité entre les universitaires est particulièrement suspecte quand il existe de fortes pressions politiques ; dans certains pays, les révisionnistes ont été poursuivis en justice.

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Il est aisé de montrer que la légende de l'extermination mérite le scepticisme. Même le lecteur occasionnel de la littérature holocaustique sait qu'au cours de la guerre pratiquement personne ne s'est comporté comme si cette extermination avait lieu. Ainsi est-il courant de reprocher au Vatican, à la Croix- Rouge et aux Alliés (spécialement à leurs services de renseignement) leur ignorance et leur inaction, et d'expliquer que les juifs en général n'opposaient pas de résistance aux déportations car ils ne savaient pas ce qui les attendait. Si vous additionnez tout cela, vous vous trouvez devant une affirmation étrange selon laquelle, pendant près de trois années, les trains allemands, qui fonctionnaient sur l'échelle d'un continent à travers des régions d'Europe fortement peuplées, transportaient régulièrement et systématiquement des millions de juifs vers leur mort, et personne ne s'en apercevait si ce n'est quelques-uns de nos leaders juifs qui répandaient dans le public des allégations d' «extermination».
A y regarder de plus près, même ces quelques leaders juifs ne se comportaient pas comme si cette «extermination» avait lieu. Les communications courantes entre pays occupés et pays neutres étaient libres, et ces leaders étaient en contact avec les juifs qui, étant déportés par les Allemands, n'auraient pas pu ignorer l' «extermination» si ces allégations avaient eu le moindre fondement.
Cette ignorance incroyable doit aussi être imputée au service de Hans Oster, du Service de renseignements de l'armée allemande, service appelé à juste titre, dans le compte rendu d'un récent ouvrage, «le véritable état-major général de l'opposition à Hitler».
Ce qu'on nous apporte comme preuves a été accumulé après la guerre, dans des procès. Les preuves sont presque toutes des témoignages oraux et des «aveux». Sans les preuves recueillies dans ces procès, il n'y aurait pas de preuves significatives d'une «extermination». Il faut s'arrêter un instant sur ce point et en prendre toute la mesure. A-t-on eu besoin de procès pour établir la réalité de la bataille de Waterloo ? la réalité des bombardements de Hambourg, de Dresde, d'Hiroshima et de Nagasaki ? la réalité des massacres du Cambodge ? Or, ce programme qui aurait duré trois ans, qui se serait développé sur un continent entier et qui aurait touché des millions de victimes, a besoin de procès pour affirmer sa réalité. Je n'en déduis pas que les procès étaient illégaux ou injustes ; j'en déduis qu'on ne doit pas admettre une logique historique comme celle sur laquelle repose la légende. Des événements pareils ne peuvent se produire sans donner naissance à des preuves, de même taille et contemporaines, de leur réalité, tout comme un grand incendie de forêt ne peut avoir lieu sans produire de fumée. Autant croire que la ville de New York a été détruite par le feu, si l'on peut fournir des aveux dans ce sens.
La littérature révisionniste a concentré son attention sur l'étude détaillée des preuves avancées spécifiquement en faveur de la légende, mais il n'est pas possible d'en traiter ici et je n'en mentionnerai qu'un point. La légende prétend qu'il n'existait pas de moyens techniques prévus pour le travail précis d'extermination, et que des moyens prévus à l'origine pour d'autres usages ont fait double emploi au prix d'aménagements improvisés. Ainsi les juifs étaient-ils gazés, dit-on, à l'aide du pesticide Zyklon, et leurs cadavres disparaissaient- ils dans les fours crématoires en même temps que les morts par cause «ordinaire» (les cendres ou autres restes de millions de victimes n'ayant jamais été retrouvés) [1].
De quoi laisser pensif, et sceptique !

A l'appui des remarques d'A. Butz, rappelons que le fait que la population juive d'un pays comme la Pologne ait diminué dans des proportions considérables (moins considérables peut-être qu'on ne se plaît à le répéter) n'implique pas obligatoirement que cette population ait eu à souffrir d'un «génocide». On n'en voudra pour preuve que le tableau suivant que nous reproduisons sous toutes réserves ; il est dû à Serge Moati et à Jean-Claude Raspiengeas (La Haine antisémite, Flammarion, 1991, p. 178) ; il concerne neuf pays arabes où la population juive aurait, depuis 1948 (date de la fondation de l'État d'Israël), diminué de façon spectaculaire sans que l'on puisse imputer cette diminution à un quelconque «génocide» des juifs
Pour justifier le chiffre de plusieurs millions de morts juives pendant la dernière guerre, on a excipé de la disparition de millions de juifs russes. On en concluait qu'il ne restait aujourd'hui en Union soviétique que 2 à 3 millions de juifs. Or, ce chiffre est revu à la hausse. Dans le
New York Post du 1er juillet 1991 (p. 16), un article d'Uri Dan, journaliste à Tel Aviv, révèle que jusqu'ici les autorités israéliennes évaluaient le nombre des juifs russes actuellement vivants à un chiffre compris entre 2 et 3 millions. «Mais les émissaires israéliens qui peuvent maintenant voyager librement en Union soviétique grâce à l'amélioration des relations diplomatiques rapportent qu'un total de plus de 5 millions serait plus exact.» Du même coup, la thèse de Steffen Werner gagne en crédibilité. Pour cet auteur, une masse considérable de prétendues victimes du «génocide» a survécu à la guerre dans la zone de Russie blanche (capitale : Minsk) vers où un grand nombre de juifs avaient été déportés par les Allemands (voy. Die 2. babylonische Gefangenschaft, Zum Schicksal der Juden im europäischen Osten seit 1941 [La seconde captivité de Babylone, Contribution à l'étude du destin des juifs en Europe de l'Est depuis 1941], Pfullingen, Selbstverlag S. Werner, 1990, 200 p.).

 

LES MINORITÉS JUIVES DANS LES PAYS ARABES

Dans les pays arabes où l'islam est une religion d'État, les juifs sont généralement confinés dans des «mellahs» (ghettos). A noter qu'aucun juif d'origine arabe ne s'est réinstallé dans son pays natal depuis la création de l'État d'Israël.

Egypte Population juive en 1948 75.000
en 1988 350
Lybie Population juive en 1948 40.000
en 1988 20
Irak Population juive en 1948 125.000
en 1988 400
Yémen Population juive en 1948 54.000
en 1988 0
Sud-Yémen Population juive en 1948 7.000
en 1988 0
Syrie Population juive en 1948 45.000
en 1988 4.000
Tunisie Population juive en 1948 110.000
en 1988 2.000
Maroc Population juive en 1948 300.000
en 1988 20.000
Algérie Population juive en 1948 150.000
en 1988 500

 


  1. Comme à son habitude, Arthur Butz est ici d'une concision extrême. Sa remarque signifie que, si les Allemands avaient réellement entrepris une œuvre de destruction aussi colossale, ils auraient mis au point un moyen particulier pour tuer leurs victimes et un procédé particulier pour éliminer les restes de ces victimes. Or, la légende raconte que les Allemands se sont contentés d'utiliser des moyens aussi banals et anciens que le Zyklon B et les crématoires qui leur servaient, par ailleurs et en même temps, aux désinfections et aux crémations de chaque jour. Les Allemands auraient aménagé, bricolé, improvisé ; on retrouve là la thèse absurde des «bricolages» et des «gazouillages» chers à Jean-Claude Pressac, disciple de Serge Klarsfeld (voy. R.H.R. n° 3, novembre 1990, p. 65-154) — NDLR.


Revue d’Histoire Révisionniste, n° 5, novembre 1991, p. 9-14


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