UN JUIF RÉVISIONNISTE TÉMOIGNE A TORONTO

Ce témoignage est extrait de The Holocaust on Trial, de Robert Lenski ( Reporter Press [P.O. Box 726, Decatur, Ala. 35602, USA], Argentine, 1990, 544 p.). Ce livre, qui retrace la totalité du procès d'Ernst Zündel à Toronto [1], a surtout le mérite de publier une grande partie de la transcription officielle (entre guillemets dans le texte) des témoignages apportés à la barre par les témoins des deux parties.
Le témoignage qu'on va lire (p. 235-239) est celui de Joseph G. Burg. Rappelons à nos lecteurs que J.G. Burg, de son vrai nom Ginzburg, est ce révisionniste de confession mosaïque, originaire de Czernowitz (Roumanie), qui avait signé de nombreux ouvrages révisionnistes dont
Schuld und Schicksal (Culpabilité et destin) et Majdanek in alle Ewigkeit ? (Majdanek pour l'éternité ?). Il disait avoir visité dès la fin de la guerre les camps d'Auschwitz et de Majdanek et y avoir constaté l'absence de toute chambre à gaz homicide. En 1975, allant porter des fleurs sur la tombe de sa femme, il avait été violemment agressé par un groupe de jeunes sionistes (voy. R.H.R. n° 3, p. 215). J.G. Burg est mort deux ans après sa déposition au tribunal de Toronto. En raison de ses opinions, on n'a pas permis qu'il fût enterré, dans "le carré juif", aux côtés de sa femme. Ses cendres ont été déposées le 19 juillet 1990 au nouveau cimetière sud de Munich.

*

Peu de temps avant quatre heures, le mardi 29 mars [1988], Joseph G. Burg, âgé de 80 ans, se présenta à la barre en tant que douzième témoin admis à la défense de Zündel. Juif des deux côtés de sa famille, une barbe à la Trotsky et l'air d'un rabbin du XIXe siècle, Burg avait proposé son témoignage dans le but d'aider à mieux saisir «l'état d'esprit» de Zündel au moment où ce dernier publia le pamphlet de Harwood. Les deux hommes étaient alors déjà en contact, principalement au sujet des propres ouvrages de Burg qui démentaient l'Holocauste et qu'il commença à publier en Allemagne de l'Ouest aux environs de 1960.
Au cours de l'automne 1945, déclara Burg, la curiosité l'avait conduit à Auschwitz. Par la suite, il s'était entretenu avec des centaines de personnes qui s'étaient trouvées là pendant la guerre.

Christie [2] : Dans vos livres et votre correspondance, signalez-vous qu'il y avait des chambres à gaz à Auschwitz, Majdanek ou dans d'autres camps d'extermination allemands ?
Burg corrigea la terminologie de Christie : «Il n'y a pas eu du tout de "camps d'extermination".»
Pendant la guerre, Burg avait vécu dans un district sous contrôle roumain qui était réservé à des juifs de la région. Ceux-ci avaient été collectivement «bannis» parce que nombre d'entre eux avaient «accueilli favorablement l'Armée rouge». «C'était bien pire pour nous que dans un camp de concentration», insista Burg. «Les autorités allemandes s'occupaient des détenus dans les camps… Nous, nous étions livrés à nous-mêmes.»

Christie : Quand vous avez visité Auschwitz à l'automne 1945, avez-vous précisément recherché des chambres à gaz ?
Oui, répondit Burg, «bien qu'à cette époque les gazages ne fussent pas à la mode. Pas encore. Mais effectivement je les ai cherchées. Je les ai cherchées avec soin et je n'ai rien trouvé».

Christie : Et avez-vous découvert des preuves de l'existence de chambres à gaz, en 1945, à Majdanek ?
Burg : Oui.

Christie : Et qu'étaient ces chambres à gaz de Majdanek ?
Burg : Elles servaient à détruire les poux, les puces, etc. Des insectes qui provoquaient des épidémies.
Les Allemands étaient des super-bureaucrates, dit Burg. «Il est impossible qu'après toutes ces années on ne puisse pas trouver un seul document.»
«J'ai parlé à des centaines de personnes qui entretenaient et faisaient fonctionner les fours crématoires», continua-t-il, «mais impossible de trouver des gens qui faisaient fonctionner des chambres à gaz…» Toute la littérature était «complètement contradictoire. Pourquoi ? Parce qu'elle est entièrement fabriquée.»

Christie : Zündel vous semble-t-il sincère dans ses recherches sur ce sujet ?
Burg : Il m'a dit qu'il considérait comme l'œuvre de toute sa vie de défendre son peuple parce qu'il a été diffamé.

Christie : Et êtes-vous d'accord que son peuple est diffamé ?
Burg : Oui.

Christie : Et avez-vous exprimé ces opinions dans vos livres ?
Burg : Maintes et maintes fois.

En avez-vous subi des conséquences ? demanda Christie.
«Oui, bien entendu», répondit Burg — mais le juge Thomas [3] rejeta la question.

Christie demanda à Burg ce qu'il avait dit à Zündel sur la manière dont les juifs avaient été amenés à porter l'étoile jaune.
Burg répondit que le directeur du mouvement sioniste en Allemagne l'avait réclamée dès 1933. La mesure avait finalement été appliquée en 1938 [4], contre le gré à la fois de Goering et de Goebbels. Les sionistes «ne la considéraient pas comme une insulte, mais plutôt comme un geste héroïque. Tout comme les SS portaient le swastika».
Burg affirma que Zündel et lui avaient souvent discuté du problème des réparations considérables versées par l'Allemagne à Israël et à la communauté juive et des répercussions que la propagande de l'Holocauste avait sur les relations judéo-allemandes. La situation continuerait «pendant quelques générations encore», avait-il prédit. Burg était heureux d'avoir appris à Zündel à dire «sioniste» plutôt que «juif».

Le témoin décrivit sa rencontre avec Ilya Ehrenburg [5], le célèbre écrivain et propagandiste juif soviétique, aux procès de Nuremberg. Ehrenburg avait inspecté Auschwitz après la guerre et il se trouvait avec un autre juif éminent, un éditeur, qui y avait été interné pendant plusieurs années. Burg avait demandé aux deux hommes s'ils avaient vu quoi que ce fût qui pût suggérer l'existence de gazages, et tous deux avaient répondu par la négative.

Peu de temps après que Burg eut déclaré qu'il avait lu la brochure d'Harwood dans l'édition allemande, le juge Thomas suspendit la séance jusqu'au lendemain.

La déposition reprit le lendemain matin, mercredi 30 mars [1988]. 
Christie
demanda à Burg ce qu'il avait dit à Zündel de la «collaboration» entre les responsables nazis et sionistes.
Burg reprit Christie sur le vocabulaire qu'il avait employé. Dans ce contexte, il n'écrivait et ne parlait que de «coopération», car «la collaboration est une chose qui se pratique essentiellement entre adversaires. Non seulement David Ben-Gurion, mais «presque tous les dirigeants [sionistes] reconnus vinrent en Allemagne depuis la Palestine afin de coopérer sur les questions juives…».
Le chef du sionisme en Allemagne à l'époque de la prise du pouvoir par Hitler était Dr. Leo Baeck, et Burg cita l'une de ses déclarations selon laquelle les intérêts de la communauté juive et ceux du national-socialisme allemand étaient «identiques». Un autre chef sioniste allemand, Dr. [Siegfried] Moses, «fit une déclaration semblable». Mais il s'agissait d'un monde très différent du nôtre à plus d'un titre. Les sionistes constituaient alors seulement 1,5 % de l'ensemble des juifs allemands, selon Burg [6].
Les sionistes, dit Burg, s'employaient en permanence à empêcher que d'autres pays que la Palestine ne laissent entrer des juifs. Les nazis, de leur côté, se souciaient rarement de l'endroit où se rendaient les juifs. Mais les neuf années de coopération nazis/sionistes «prirent fin en 1942 quand… la victoire contre l'Allemagne apparut clairement même à la personne la plus stupide».
«La vérité fait lentement son chemin», dit Burg — et il en redoutait les conséquences.
Burg fit référence à son livre Guilt and Fate [Culpabilité et destin], publié en 1962, que Zündel avait lu des années auparavant. «Il m'a dit un jour que c'était grâce à ce livre qu'il était devenu ce qu'il est à présent, un combattant pour la vérité, un combattant contre l'accusation mensongère portée contre son peuple.»
«Nombre de sionistes des années 30, dit Burg, étaient d'avis que seule l'Allemagne pouvait les aider à obtenir un État juif. Ils utilisèrent pour atteindre leurs buts… la majorité des juifs». Un ghetto modèle fut créé à Lodz, avec monnaie juive et timbres juifs. «Grâce au gouvernement de Berlin, nous fîmes l'expérience d'un petit Israël.» Bien sûr, «ici et là», des Allemands ont tué des juifs brutalement. «Toutes ces choses-là ne peuvent pas se dire aujourd'hui…»
Burg espérait montrer par son exemple que tous les juifs ne considèrent pas les Allemands comme une nation coupable. Il admirait le courage de Zündel. «S'il y avait deux ou trois autres Zündel», proclama-t-il, «cela vaudrait mieux pour nous autres juifs aussi.»
Burg mentionna le cas du Dr. Benedikt Kautsky, juif socialiste éminent qui passa trois ans à Birkenau. Sa mère s'y trouvait également. Elle avait près de 80 ans, tomba malade et eut droit à un «traitement spécial» — ce qui, dans son cas, signifiait une nourriture et des soins spécialement de qualité. Elle mourut malgré tout. Après la guerre, Kautsky retourna à Vienne, dit Burg, pour publier un «journal des travailleurs» qui «révélait la vérité». Il publia également un livre, Teufel und Verdammte [Le Diable et les damnés] (1946), qui disait la vérité sur la prétendue extermination des juifs. «L'édition entière fut brûlée. Un an et demi plus tard, il publia une nouvelle édition. Ma foi, il avait fait quelques rectifications…» L'histoire des gazages, dit Burg, «est née d'un esprit malade».

Christie demanda au témoin ce qu'il avait dit à Zündel de «[ses] interviews de travailleurs juifs ayant fait partie des Sonderkommando affectés aux fours crématoires du camp».
Il est évident, dit Burg, que chaque grand camp possédait des fours crématoires. Le travail y était pénible et difficile et les détenus qui y travaillaient — volontairement — étaient parmi les plus robustes. Plus tard, «on inventa que chaque four crématoire était une chambre à gaz». Certains prétendirent qu'«on poussait des juifs vivants à l'intérieur pour les y brûler. J'aimerais voir un juif qui a fait des déclarations pareilles au cours d'un procès. On devrait le forcer à prêter serment selon les rites [rabbiniques] avec la calotte sur la tête, hors de la présence d'images du Christ, sur la Bible hébraïque, en présence d'un rabbin ou d'un juif religieux pieux. Ensuite, il devrait jurer qu'il a vu ce genre de chose. Alors ces faux serments, ces fausses déclarations, ces déclarations de malades, diminueraient de 99,5 %. Parce que le serment superficiel n'est pas contraignant, moralement contraignant, pour ces juifs. Cette réponse-là suffit-elle ?»
Burg estimait à environ 30 ou 40 le nombre des travailleurs de Sonderkommando auxquels il avait parlé de la question des chambres à gaz. Il déclara également qu'il avait participé à «des douzaines de soirées de discussion» en Allemagne de l'Ouest.

Les réponses de Burg, souvent décousues et indirectes comme celles de Ditlieb Felderer [7], l'étaient de plus en plus avec le temps qui avançait. Le procureur John Pearson commença à se plaindre, et Christie sembla partager son avis.

Au cours de ses dernières minutes à la barre, Burg se lança dans un monologue sur une grande conspiration. «Ce qui importait, c'était de fonder l'État d'Israël», déclara-t-il. Les grands banquiers juifs ne voulaient pas aller, eux-mêmes, en Israël, ajouta-t-il, «mais ils soutiennent [le pays] à leur manière… Ils jouent un double jeu…» Ils ont apporté leur soutien au régime d'Hitler. Certains avaient dit qu'ils sacrifieraient la communauté juive européenne si cela devait leur apporter Israël.

[Le procureur] John Pearson choisit de ne pas soumettre le témoin à un contre-interrogatoire.


  1. Voy. aussi R. Faurisson, «Le révisionnisme au Canada», Annales d’Histoire Révisionniste, n° 5, été-automne 1988, p. 31-49.

  2. Douglas Christie, avocat d'Ernst Zündel. — NDLR.

  3. Le juge Ron Thomas présida tout le procès avec une partialité manifeste ; son hostilité à l'égard d'E. Zündel se dévoila tout entière dans les termes, les plus violents, qu'il employa pour commenter le verdict de condamnation. — NDLR.

  4. Burg fait erreur ; le port de l'étoile jaune sera institué en Allemagne en septembre 1941, soit deux mois après l'entrée en guerre contre l'Union soviétique. — NDLR.

  5. Ce propagandiste stalinien, d'origine juive, est resté célèbre pour ses furieuses exhortations au meurtre à l'encontre du peuple allemand : «[…] Abats l'Allemand ! c'est la prière que t'adresse ta vieille mère. Abats l'Allemand ! c'est ce que te demande cet enfant suppliant. Les Allemands ne sont pas des humains, les Allemands sont des animaux à deux pattes, des êtres repoussants, des bêtes féroces. Ils n'ont pas d'âme. […] Quand tu as abattu un Allemand, abats-en un autre : il n'y a rien de plus réjouissant pour nous que des cadavres allemands !» Voy. Alfred de Zayas, Zeugnisse der Vertreibung [Témoins de l'expulsion], Krefeld, Sinus-Verlag, 1983, la 9e photo après la page 128 et Jacques de Launay, La Grande Débâcle 1944-1945, Albin Michel, Coll. Marabout Université, p. 28. Ces appels au meurtre étaient d'usage courant dans la propagande anti-allemande. A deux Français, d'origine juive eux aussi, Maurice Druon et Joseph Kessel, on doit le Chant des Partisans où s'entendent les mots : «Ohé ! les tueurs / A la balle et au couteau / Tuez vite !» On pourrait également citer des textes de Julien Benda, de Vladimir Jankelevitch, d'Élie Wiesel et de bien d'autres juifs et non juifs. — NDLR.

  6. Aujourd'hui, bien entendu, c'est précisément cette minorité de juifs, qui était si conciliante avec Hitler, qui maintient fermement sous sa coupe la plupart des organisations juives.

  7. Révisionniste suédois, auteur d'Auschwitz Exit, emprisonné pour ses écrits à Stockholm en 1982. Témoin aux procès Zündel.


Revue d’Histoire Révisionniste, n° 5, novembre 1991, p. 23-29


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