A PROPOS DE CARPENTRAS

RECHERCHE DE LA VÉRITÉ OU MYTHIFICATION DU MENSONGE ?

Avec la collaboration de
Théo Reithu

Les journalistes avaient d'abord menti sur le cimetière de Timisoara. Puis, conscients de l'énormité de l'imposture, ils s'étaient promis qu'on ne les y reprendrait plus. A peu de temps de là, ils récidivaient avec l'affaire du cimetière de Carpentras. Un peu plus tard, ils recommençaient avec la guerre du Golfe.
De ces trois montages, celui de Carpentras est le plus spectaculaire. Personne — sauf les révisionnistes — ne s'y attendait. Le ciel paraissait clair et l'horizon dégagé. Mais soudain la foudre s'abattait sur une petite ville du Midi. En quelques heures, l'orage s'étendait à la France entière et, en fin de compte, grâce aux médias, à toute la planète. A Paris, plus de cent mille «antiracistes», sans compter les «racistes» abrités sous les plis du drapeau israélien, descendaient dans la rue pour crier leur haine. Le président de la République se mêlait à cette foule composite. Le journal Le Monde imputait l'odieuse profanation à l'extrême droite et au révisionnisme historique.
Ni l'extrême droite, ni le révisionnisme historique n'étaient coupables. On venait tout simplement de rééditer l'affaire de «Copernic». En 1980, un attentat contre une synagogue de la rue Copernic, à Paris, avait été immédiatement attribué à l'extrême droite alors qu'il s'agissait — le ministre de l'Intérieur Christian Bonnet l'avait tout de suite appris mais caché — de l'action d'un Levantin venu de Chypre.
Il y a un an, un autre ministre de l'Intérieur, Pierre Joxe, mettait la profanation de Carpentras sur le compte du racisme antijuif. On avait ensuite formulé toutes sortes d'hypothèses sauf une, celle du racisme juif : cette profanation avait-elle été commise par des juifs soit pour faire croire à la virulence de l'antisémitisme et souder une communauté, soit pour tenter de neutraliser Le Pen ou Faurisson, soit pour intimider sur place des juifs coupables, comme l'avait été M. Germon, de se laisser tenter par le mariage mixte ? Il existe en France des villes où le rabbinat local s'oppose farouchement à ce que le «carré juif» du cimetière accueille, aux côtés de la dépouille d'un juif, celle d'un conjoint non juif. Pour les intégristes juifs, il y a dans ces mariages mixtes un péril, celui de l' «Holocauste blanc».
Un an après la profanation de Carpentras, Le Figaro publiait dans ses livraisons du 16 et du 21 mai 1991, deux lettres de lecteurs à propos d'un article sur l'affaire. Voici les termes de ces deux lettres contradictoires :

1ère lettre : A la lecture du Figaro du 8 mai, je constate que vous pratiquez de la désinformation.
(…) En annexe au titre, vous parlez de profanation du
corps de M. Germon.
Vous persistez à parler d'empalement. Je cite l'article : «…Ils l'ont couché (le corps) sur la tombe voisine, puis ont placé entre les jambes, pour l'
empaler, un pied de parasol.»
(…) Il a été confirmé par le juge saisi de cette affaire que, d'empalement, il n'y en avait eu qu'aux yeux de M. Fabius, cette accusation ayant été qualifiée de fausse.
Mme G. Perusset-Raynaud, Paris

2ème lettre : Croyez-vous, Mme Perusset-Raynaud (courrier du 10 mai) que le Figaro «pratique de la désinformation » ? Vous semblez être très attachée, comme certains hommes politiques d'extrême droite, à rectifier «l'erreur» de M. Fabius et à bien nous montrer qu'il n'y a pas eu empalement du corps de M. Germon, mais simplement une simulation d'empalement.
(…) En disant que le corps n’a pas été empalé, vous franchissez un pas vers la minimisation de l’horreur. Je préfère pour ma part qu’on ait amplifié cette tragédie, afin qu’il n’y en ait «jamais plus».
Dimitri Weil, Bordeaux

L’analyse de ces deux lettres se révèle riche d'enseignements.
Mme Perusset-Raynaud, s'appuyant sur les conclusions de l'enquête judiciaire (à savoir qu'il a été prouvé qu'il n'y avait pas eu empalement) proteste contre la réaffirmation, dans l'article du Figaro, de la désinformation qui avait permis à M. Fabius, président de l'Assemblée nationale, d'apporter, sans aucune preuve, des précisions anatomiques pour le moins déplacées.
On aura remarqué que cette lectrice ne s'en tient qu'au fait, confirmé par un juge, à savoir qu'il n'y a pas eu d'empalement. Sa remarque est d'une stricte neutralité idéologique ou politique.
Dans sa réplique à Mme Perusset-Raynaud, M. Dimitri Weil ne contredit pas la constatation du juge. En effet, bien informé, il aurait pu ruiner la conclusion du juge en donnant des preuves irréfutables, apportant ainsi une nouvelle pièce au dossier. Point du tout. Il reproche à cette lectrice d'être «très attachée, comme certains hommes politiques d'extrême droite, à rectifier l'erreur de M. Fabius». La phrase est à examiner de près :
– Implicitement, M. Weil reconnaît l'erreur initiale, sinon il n'aurait pas employé le verbe «rectifier» ;
– Ce qu'il estime grave n'est pas la rectification de l'erreur, mais le fait que cette erreur permette d'innocenter des adversaires idéologiques.
M. Weil, qui pense comme M. Joxe, tient un raisonnement d'ordre religieux : l'extrême droite est le diable, et il faut combattre le diable, même si cela oblige à recourir aux mensonges les plus grossiers ou à perpétuer des erreurs notoires.
Ainsi, en rectifiant une erreur, Mme Perusset-Raynaud a-t-elle franchi un pas «vers la minimisation de l'horreur». Nous voici en présence du syndrome de la Shoah.
M. Weil a un système de pensée : celui, typique, des exterminationnistes. Il ne s'en cache même pas puisqu'il conclut : «Je préfère, pour ma part, qu'on ait amplifié cette tragédie, afin qu'il n'y en ait jamais plus.» Tout est dit dans cette phrase, qui trahit le secret de fabrication de la légende holocaustique.
Ni l'identité des coupables, ni l'exactitude des faits ne seraient importants. L'essentiel est de pouvoir utiliser un mensonge, au besoin en l'amplifiant afin de mieux diaboliser l'adversaire.
Mais, en la circonstance, le «dit» est moins important que le «non-dit». Puisque, aussi bien, M. Weil reproche à Mme Perusset-Raynaud d'avoir rectifié une erreur commise à l'Assemblée nationale par M. Fabius, il s'ensuit implicitement que, pour lui, c'est clair, la dame est antisémite.
Pour M. Weil, le mensonge ou l'erreur doivent prévaloir sur la vérité, et cela pour les nécessités d'une idéologie. Le Mythe l'emportera sur la vérité des faits. En définitive, sa courte lettre nous offre comme un modèle réduit du processus de la pensée exterminationniste qui, depuis de si longues années, se développe à l'encontre des révisionnistes.
En juin 1986, quelques intellectuels réunis à Paris autour du rabbin Sirat, de Serge Klarsfeld, de François Bédarida et de Pierre Vidal-Naquet avaient publiquement réclamé la création d'une loi antirévisionniste. Laurent Fabius s'était engagé à faire voter cette loi. Mais, pendant quatre ans, les obstacles allaient s'accumuler. Et puis, divine surprise, l'affaire de Carpentras, survenue le 9 mai 1990, permettait soudain le vote, trois semaines plus tard, de la loi dite Gayssot, publiée au Journal Officiel du 14 juillet sous la signature de François Mitterrand. La terreur s'instaurait à tel point que pas un député, pas un sénateur n'osait ensuite saisir le conseil constitutionnel.
Il ne fait guère de doute que, dans un avenir proche, quand on jugera que le révisionnisme historique est prêt à emporter les derniers barrages, un autre «Copernic» ou un autre «Carpentras» y mettra bon ordre.


Revue d’Histoire Révisionniste, n° 5, novembre 1991, p.162-165


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