LA LEÇON DES PHOTOGRAPHIES

On trouvera ci-après quatre photographies. Les deux premières permettent de comparer des atrocités allemandes à des atrocités alliées (photo n° 1 : Des morts d'un camp de concentration allemand ; photo n° 2 : Des tués du bombardement de Dresde par les Alliés). Les deux suivantes montrent combien il est facile de dénaturer une photographie pour lui faire dire exactement le contraire de ce qu'elle dit (photo n° 3 : Une Allemande pleure de joie à l'arrivée de l'armée allemande en Tchécoslovaquie; photo n° 4 : Au prix d'une amputation de la photo précédente, la même femme est présentée comme une Tchèque pleurant d'humiliation et de douleur à l’arrivée de l'armée allemande).
Ces deux groupes de photographies rappellent que «juger, c'est comparer» (photos n° 1 et 2) et qu'«avant d'accuser, il faut s'assurer du fait» (photos n° 3 et 4). On peut accuser ou juger l'Allemagne mais à la condition de n'avoir pas commis des excès identiques et parfois même pires, comme c'est ici le cas, à ceux qu'on lui reproche et à condition de ne pas porter contre elle des accusations forgées de toutes pièces.

Les deux premières photographies (n° 1 et 2) avaient été publiées côte à côte dans le Figaro-Magazine du 10 février 1979 (p. 34-35) à l'occasion de la sortie, sur les écrans de télévision du soap-opera «Holocaust» ; elles accompagnaient un article de Frédéric Toulouze intitulé «"Holocauste" : Hitler, Staline et les autres».
La première photographie (n° 1) montre des morts et la seconde (n° 2), des tués.
Paradoxalement, on parle toujours de ces morts et pour ainsi dire jamais de ces tués. Les morts semblent, par leur aspect physique identique, avoir été les victimes des épidémies, en particulier de typhus, et des conditions qui régnaient à la fin de la guerre dans les camps de concentration d'une Allemagne d'apocalypse, à bout de forces, à court de vivres et de médicaments ; bombardés jour et nuit, les convois ferroviaires mettaient une dizaine de jours pour atteindre un lieu de destination qu'ils auraient dû gagner en un ou deux jours ; ainsi, à Dachau, les Américains devaient-ils découvrir, le 29 avril 1945, un véritable convoi de morts. A court de charbon, les fours crématoires ne fonctionnaient plus et les cadavres s'entassaient à proximité.
Ces mêmes bombardements anéantissaient les villes allemandes. Les Alliés baptisaient leur procédé de «carpet bombing» (bombardement en tapis de bombes) et le résultat recherché s'appelait le «dehousing» (le «démaisonnement»). Les 13 et 14 février 1945, au cours de la nuit la plus sanglante de l'histoire, 135 000 (?) civils allemands, en grande majorité des femmes, des enfants et des vieillards furent tués par l'effet des bombes britanniques ou américaines du vice-marshal de l'air sud-africain Arthur Harris.
A l'arrivée des troupes alliées, à l'Est comme à l'Ouest, les responsables des camps allemands ou les soldats allemands trouvés sur place furent soit désarmés et massacrés (520 d'entre eux rien qu'à Dachau), soit, plus tard, pendus ou condamnés à des peines de prison ; beaucoup furent torturés. Encore près d'un demi-siècle après la guerre, on les recherche pour les punir. Au cinéma, à la télévision, dans les journaux et à l'école, d'intenses campagnes de propagande reviennent avec insistance sur ce qu'on peut appeler, sans autre précision, «LES PHOTOS». Il s’agit de dénoncer, encore et toujours, les «crimes» du vaincu, en particulier à l'endroit des juifs.
En revanche, les responsables alliés des camps de prisonniers de guerre, des camps de concentration et des prisons où sont probablement morts des millions de soldats et de civils allemands ou «collabos», en particulier de 1945 à 1950 (et non pas seulement dans la zone soviétique), n'ont pas été inquiétés. Certains ont été comblés d'honneurs. Les responsables alliés du «carpet bombing» et du «dehousing» sont devenus des héros à tel point qu'en principe la reine-mère d'Angleterre inaugurera d'ici peu à Londres une statue du vice-marshal Arthur Harris.

La photographie suivante (n° 3) montre trois Allemandes des Sudètes accueillant, en 1938, Adolf Hitler et la Wehrmacht à leur arrivée dans la ville-frontière de Cheb, en Tchécoslovaquie. Les Allemands, qui formaient une importante communauté persécutée par les autorités tchèques, se sentent libérés du joug du gouvernement de Prague. Une femme pleure d'émotion. Cette photographie est empruntée à un ouvrage de Robert T. Elson et des éditeurs de Time-Life Books, Prelude to War (1977, p. 202) où elle illustre une page intitulée «An Emotional Welcome to the Führer » : l'accueil, nous dit-on, se fait dans «une atmosphère de carnaval», pleine d'émotion.
La photographie (n° 4) apparaît dans un manuel d'histoire des classes de première [1], manuel dû notamment à M. Jean-Pierre Azéma, aujourd'hui directeur de recherches à l'Institut d'histoire du temps présent (président: René Rémond ; directeur: François Bédarida). Comme on le constate, il a suffi aux auteurs de ce manuel d'amputer la photographie et de supprimer ainsi deux personnages pour prétendre montrer, ainsi que l'affirme la légende, non plus une Allemande pleurant de joie mais une prétendue Tchèque qui, résignée et déchirée, aurait été «contrainte» [sic] de saluer l'entrée de la Wehrmacht dans son pays. (Ce manuel d'histoire abonde, sur le chapitre de la seconde guerre mondiale et de l'«Holocauste», en falsifications, en omissions délibérées et en dissimulations de toute nature. II faut savoir qu'en France les éditeurs de manuels scolaires doivent en quelque sorte recevoir l'imprimatur du «Comité des enseignants amis d'Israël» ; on pourra lire sur le sujet un article révélateur de Bernard Blumenkranz : «L'Holocauste dans l'enseignement public en France», Sens, décembre 1986, p.323-329).


  1. Histoire [Classe de] 1ère, sous la direction de Jacques Marseille, Nathan, 1988, p 352



Revue d’Histoire Révisionniste, n° 6, mai 1992, p. 62-68


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