LE MASSACRE DE BABI YAR

Marek Wolski

En octobre 1991, à l'occasion du cinquantième anniversaire du Massacre de Babi Yar (près de Kiev), la Société d'histoire polonaise (91 Strawberry Hill Avenue, Suite 1038, Stamford, Ct 06902, USA) a publié un opuscule de 25 pages (accompagné de documents et photographies) dont nous prélevons les extraits suivants :

MÉTHODES ET LIEUX D'EXÉCUTION DES JUIFS DE KIEV SELON DES RAPPORTS CLANDESTINS, GOUVERNEMENTAUX OU PROVENANT DE TÉMOINS OCULAIRES

Avant la seconde guerre mondiale, la population des juifs de Kiev comptait 180 000 personnes dont la grande majorité fut évacuée en lieu sûr à l'est de l'Oural par les Soviétiques pendant l'été 1941. Seuls quelques milliers de juifs se trouvaient encore à Kiev quand la ville fut occupée par les nazis [1].
Les premières informations sur le massacre de Babi Yar furent publiées dans le numéro du 29 novembre 1943 du New York Times [2]. Deux ans plus tard, elles furent produites par les Soviétiques au cours du grand procès de Nuremberg de 1945-1946 en même temps que les témoignages frauduleux sur le massacre de Katyn [3]. C'est peut-être à cause de cette association que l'on a passé sous silence et oublié l'histoire de Babi Yar pendant au moins deux décennies [4].
Depuis 1968, on croit de plus en plus que les derniers juifs de Kiev ont été exécutés à la mitrailleuse dans le ravin de Babi Yar, les 29 et 30 septembre 1941 [5]. Au moment où l'on commémore le 50ème anniversaire de la tuerie massive de Babi Yar, considérée comme le massacre le plus horrible de la seconde guerre mondiale, il convient de rappeler que, en dehors de la tuerie de Babi Yar («le ravin des vieilles femmes») de septembre 1941, le matériel d'archive révèle plusieurs autres méthodes et lieux d'exécution concernant les juifs restés à Kiev. On parle, par exemple, de l'exécution de milliers de juifs par explosion de mines dans un cimetière [6].
Des sources respectables ou gouvernementales citent d'autres méthodes et lieux d'exécution importants à propos des juifs de Kiev, comme :

A la lecture de ce qui précède, il apparaît clairement que, pendant la guerre proprement dite, seuls les témoins oculaires présentés par le NKVD ont désigné le ravin de Babi Yar comme étant le lieu du massacre. Or, les «témoins oculaires» du NKVD sont connus pour leur peu de crédibilité.
Par exemple, en 1945, le NKVD a présenté des affidavits frauduleux, recueillis auprès d'une multitude de «témoins oculaires», qui déclaraient que le massacre de 4 500 officiers polonais de Katyn avait été commis par les nazis [22]. C'est pourquoi il est possible que l'hypothèse actuelle selon laquelle le massacre des derniers juifs de Kiev a eu lieu à Babi Yar (le ravin des vieilles femmes) ne soit pas vraie non plus.

DES VARIATIONS DANS LES CHIFFRES

Il existe également un manque de cohérence dans les chiffres donnés des victimes de Kiev de la seconde guerre mondiale. Pour preuve :

La surprenante disparité des chiffres rapportés sur le nombre total des victimes du massacre de Babi Yar (de 3 000 à 300 000) ne peut s'expliquer de façon satisfaisante par un manque d'exactitude dans les comptes rendus qui aurait résulté du surmenage éprouvé par les survivants ou les témoins oculaires.
Cette disparité ne peut pas non plus être imputée aux difficultés d'acquérir, en temps de guerre, des données précises en provenance de territoires occupés, puisque les services de renseignement clandestins étaient même capables de pénétrer dans les aéroports de la Luftwaffe et dans les usines d'armement et d'établir des rapports précis à leur sujet.
La prétendue lettre du 3 décembre 1943 des 40 000 habitants de Kiev adressée à Staline faisant passer l'estimation des victimes de Babi Yar de 50 000 à 100 000 fait penser manifestement à une de ces inventions de la propagande de guerre.
Dans la partie extrême de l'éventail du matériel d'archives le plus fiable, on trouve la presse clandestine ukrainienne qui, d'après ce que nous avons pu vérifier, n'a pas relevé la moindre trace d'un quelconque massacre à Babi Yar. La fiabilité de cette source est renforcée par le fait que les Allemands finirent par décimer la résistance ukrainienne de Kiev qui comprenait certains des rédacteurs de la presse clandestine [46].
Les chiffres des victimes de Babi Yar ainsi fournis, s'échelonnant de 3 000 à 300 000, sont totalement inconciliables et font douter de leur véracité.

[…]

LES PHOTOGRAPHIES DE RECONNAISSANCE AÉRIENNE PRISES PENDANT LA GUERRE POURRAIENT LOCALISER LES CHARNIERS DES JUIFS DISPARUS DE KIEV

Les données d'archives citées plus haut, concernant la ville de Kiev pendant la guerre, font clairement apparaître que les témoignages des témoins oculaires fournis par les Soviétiques, les chiffres des victimes donnés, ainsi que les méthodes et lieux d'exécution des juifs de Kiev varient de façon inconciliable.
D'autre part, il serait bon de se rappeler qu'il y a deux ans c'est une photographie aérienne qui a servi d'ultime preuve accusatrice pour établir, de façon irrévocable, la culpabilité des Soviétiques dans le massacre de Katyn (voy. le numéro du 6 mai 1989 du New York Times [47]).
Par ailleurs, il y a quelques mois, des photographies de reconnaissance aérienne prises pendant la guerre ont permis de localiser l'emplacement des charniers où reposaient des centaines d'officiers polonais tués en 1940 par le NKVD dans les environs de Kharkov, avant de procéder à leur exhumation [48].
C'est la raison pour laquelle nous préconisons l'emploi de la photographie aérienne de guerre comme étant le plus apte à localiser de manière incontestable l'emplacement des charniers de victimes juives et à résoudre définitivement l'énigme des juifs disparus de Kiev.

*

On ne saurait mentionner Babi Yar sans évoquer Elie Wiesel. Dans un article intitulé : «Un grand faux témoin : Elie Wiesel» (Annales d'histoire révisionniste n° 4, printemps 1988, p. 163-168), R. Faurisson écrivait :

Témoin exceptionnel, Wiesel assure avoir rencontré d'autres témoins exceptionnels. A propos de Babi Yar, localité d'Ukraine où les Allemands ont exécuté des Soviétiques et, parmi ceux-ci, des juifs, Wiesel écrit : «Plus tard, j'appris par un témoin que, pendant des mois et des mois, le sol n'avait cessé de trembler ; et que, de temps en temps, des geysers de sang en avaient giclé (Paroles d'étranger, Éditions du Seuil, 1982, 192 p., p. 86).»

Ces mots n'ont pas échappé à l'auteur dans une minute d'égarement ; une première fois, il les a écrits, puis un nombre indéterminé de fois (au moins une) il a bien dû les relire sur épreuves ; enfin ces mots ont été traduits dans diverses langues comme tout ce qu'écrit cet auteur (p. 164).


  1. Voy. Encyclopedia of the Holocaust, Macmillan Co., New York, 1990, vol. I, p. 133 ; Encyclopaedia Judaica, Keter Publishing Ltd., Jérusalem, 1971, vol. 2, p. 27 ; Leni Yahil, The Holocaust, Oxford University Press Inc., New York, 1990, p. 257.

  2. Article intitulé «50,000 Kiev Jews Reported Killed» [50 000 juifs de Kiev ont été tués], New York Times, 29 novembre 1943. 

  3. Voy. Janusz Zawodny, Katyn, Éditions Spotkania, Paris, 1989, p. 62-64. 

  4. Les rubriques «Babi Yar» ou «Babyn Yar» ne figurent pas aux pages appropriées de l'index des volumes annuels suivants du New York Times (page/année) : 126/44, 161/45, 212/46, 181/47, 90/48, 91/49, 94/50, 86/51, 92/52, 91/53, 104/54, 132/55, 115/56, 105/57, 109/58, 104/59, 113/60, 113/61, 115/61, 119/62, 86/63, 98/64, 94/65, 116/66, 116/67. 

  5. Article intitulé «At Babi Yar Only Four Spectators» [Quatre spectateurs seulement à Babi Yar], The New York Times, 14 février 1968.

  6. Article intitulé «Retreating Nazi Armies Intensify AntJewish Terror in Ukraine» [Les armées nazies en retraite intensifient leur terrorisme anti-juif en Ukraine], The Jewish Telegraphic Agency Daily News Bulletin, 31 décembre 1941, p. 1. 

  7. Voy. les archives de la Hoover Institution, dossier Komorowski, document d'une page, boîte n° 3, 13 novembre 1941.

  8. Article intitulé «The Jews», Biuletyn Informacyjny, vol. IV, 30 avril 1942, p. 1. 

  9. Voy. The American Council On Soviet Relations, New York, 6 janvier 1942, p. 28. 

  10. Article intitulé «240,000 Jews Executed By Gestapo In Ukraine» [240 000 juifs exécutés par la Gestapo en Ukraine], Jewish Telegraphic Agency Daily News Bulletin, 15 mars 1942, p. 1. 

  11. Voy. les archives du Jewish Historical Institute à Varsovie, Ringelblum, dossier I, n° de page illisible, 18 juillet 1942. 

  12. Article intitulé «Systematic Execution Of Jews In Nazi-Occupied Russia Reported By Partisans» [Des partisans racontent l'exécution systématique de juifs dans la Russie occupée par les nazis], The Jewish Telegraphic Agency Daily News Bulletin, 28 octobre 1942, p. 3. Mendel Beilis était un juif employé à la briqueterie de Kiev. En 1913, il fut accusé d'assassinat rituel d'un garçonnet orthodoxe. Il fut acquitté par un jury d'assises. 

  13. Article intitulé «50,000 Kiev Jews Reported Killed» [50 000 juifs de Kiev ont été tués], New York Times, 29 novembre 1943.

  14. Article intitulé «Murder of 140 000 Upheld By Germany» [Confirmation par l'Allemagne du meurtre de 140 000 personnes], The New York Times, 1er mai 1945 ; et article intitulé «German Doctor Admits Killing 21,000 Himself» [Un docteur allemand reconnaît avoir personnellement tué 21 000 personnes], The New York Herald Tribune, 1er mai 1945. 

  15. Affidavit de N.F. Petrenko et de N.T. Gorbacheva (document USSR-9), IMT, 1948, VII, 541. 

  16. Document USSR-9, IMT, 1948, VII, 503. La dernière édition (1972) de l'Encyclopaedia Judaica en plusieurs volumes et l'édition de 1990 de l'Encyclopedia of the Holocaust rejettent les déclarations des témoins oculaires présentés par le NKVD selon lesquelles les «camions homicides» ont été utilisés à Babi Yar.

  17. Dokia Humenna, Kreshchaty Yar, Association of Ukrainian Authors and Journalists «Slovo», New York, 1956, p. 195.

  18. Comer Clarke, Eichmann, the Man and his Crimes, Ballantine Books, New York, 1960, p. 62. 

  19. Anatoly Kuznetsov, Babi Yar, Farrar Straus & Giroux, New York, 1970, p. 109. 

  20. Article Intitulé «At Babi Yar Only Four Spectators» [Quatre spectateurs seulement à Babi Yar], The New York Times, 14 février 1968. C'est la première fois depuis la fin de la guerre que le sujet de Babi Yar est mentionné dans le New York Times. C'est aussi la seule fois où le NKVD/KGB a autorisé un témoin oculaire soviétique des atrocités nazies à témoigner devant un tribunal occidental. Étant donné que le correspondant du New York Times a choisi de ne pas consacrer d'article au témoignage de ce témoin, Dina Pronicheva, survivante de Babi Yar et actrice au Théâtre de Marionnettes de Kiev, on peut raisonnablement supposer que sa prestation à la barre des témoins au cours du procès de Babi Yar de Darmstadt ne fut pas convaincante.

  21. Leni Yahil, The Holocaust, Oxford University Press Inc., New York, 1990, p. 257. 

  22. Komunikat Komisji Specjalnej do Ustalenia i Zbadania Okolicznosci Rozstrzelania Przez Niemieckich Najezdzcow Faszystowskich w Lesie Katynskim Jencow Wojennych-Oficerow Polskich, auteur non précisé, Wydawnictwo Literatury w Jezykach Obcych, Moscou, 1945, p. 5-33.

  23. Voy. Bolshava Sovietskaya Encyklopedja, Editorial Committee, vol. 4, 1950, p. 1.

  24. Voy. Encyclopedia of Ukraine, Shevchenko Scientific Society, Paris-New York, vol II, 1955, p. 5-33.

  25. Voy. Ukraine a Concise Encyclopedia, Ukrainian National Association, University of Toronto Press, vol. II, 1971, p. 1271.

  26. Voy. Grand Larousse Encyclopédique, Librairie Larousse, Paris, vol. I, 1960, p. 817. 

  27. Voy. Enciclopedia Europea, Garzanti, Rome, vol. I, 1976, p. 934.

  28. Voy. Enciclopedia Universal Nauta, Ediciones Nauta S.A., Madrid, 1977, p. 192.

  29. Babi Yar n'est mentionné dans aucune des éditions ni aucun des tirages annuels de l'Encyclopaedia Britannica, Encyclopaedia Britannica Inc., Chicago ; voy., notamment, vol. 3, 1972, p. 1.

  30. Voy. Academic American Encyclopedia, Grolier Incorporated, Danburry, USA, vol. 3, 1991, p. 7.

  31. Vol. 1, 1988, p. 154.

  32. Paris, vol. 1, 1982, p. 953. 

  33. «Operational Situation Report No. 101, October 2, 1941», The Einsatzgruppen Reports (édités par Y. Arad), Holocaust Library, New York, 1989, p. 168. 

  34. Article intitulé «Infectious Nationalism» [Nationalisme infectieux], The Washington Times, 5 septembre 1991, p. G4. 

  35. Article intitulé «Nazi Execute 52,000 Jews in Kiev : Smaller Pogroms in Other Cities» [Les nazis exécutent 52 000 juifs à Kiev : De plus petits pogroms ont lieu dans d'autres villes], p. 1.

  36. P. 28. 

  37. Vol. 2, p. 501.

  38. Vol. 4, p. 1.

  39. Voy. Ukrainska Radyanska Encyklopedya, Editorial Committee, Kiev, vol. 1, 1959, p. 391.

  40. Article intitulé «Kiev Lists More Victims, Letter to Stalin Says 100,000 Were Massacred by Nazis» [Kiev compte davantage de victimes, Une lettre à Staline parle de 100 000 personnes massacrées par les nazis]. 

  41. Voy. The New Encyclopaedia Britannica, Encyclopaedia Britannica Inc., Chicago, vol. 1, 1991, p. 769 (la première mention figure dans l'édition de 1985). 

  42. Il s'agit d'un juif-orthodoxe, dont le nom n'a pas été fourni, d'âge moyen, qui participait aux cérémonies nocturnes de Babi Yar et s'adressait à la caméra de la télévision ukrainienne de Kiev le 6 octobre 1991.

  43. Voy. V. Posner & H. Keyssar, Remembering War : a US-Soviet Dialogue [Souvenirs de la guerre : un dialogue américano-soviétique], Oxford University Press, New York, 1990, p. 206. 

  44. Voy. John Dornberg, The New Tsars, Russia Under Stalin's Heirs [Les nouveaux tsars, La Russie sous les héritiers de Staline], Doubleday & Co., Inc., New York, 1972, p. 148-149, et Oleh Kalugin, «KGB During Gorbachov's Era» [Le KGB dans l'ère de Gorbatchev], The Hornylo, Lviv, vol. 4, 1991, p. 13. 

  45. Vitaly Korotych, lors d'une conférence prononcée à Toronto à l'Institut canadien des Affaires intérieures, le 23 avril 1990. 

  46. «Heros Of Our Days» [Héros de nos temps], Ideya i Cyn, Lviv, vol. 1, 1er novembre 1942, p. 1-4. 

  47. Article intitulé «Aerial Photography Could Solve Europe's Mass-Grave Mysteries» [Les photographies aériennes pourraient résoudre les mystères des charniers de l'Europe]. Voy. aussi «Doly Smierci i Cmentarze Polskich Oficerow w Lesie Katynskim», Wojskowy Przeglad Historyczny, Varsovie, vol. XXXIV, 1989, p. 214-232. 

  48. Article intitulé «Eksumacja pod Charkowem», Express Wieczorny, Toronto, 3 juillet 1991.


Revue d’Histoire Révisionniste, n° 6, mai 1992, p.47-58


Retournez à la table de matières de RHR n° 6