AAARGH
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LA
GAZETTE DU GOLFE ET DES BANLIEUES
Nouvelle série
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Numéro 8 -- mai 2002
>gazettegb@yahoo.fr<
Nouvelles
en français et en anglais
Créée
en 1991 par Serge Thion
News in French
and English
Established
1991 by Serge Thion
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US GO HOME
ISRAEL DESERVES
EXTINCTION
GUERNICA
JENINE
LES
BOUCHERIES DE JENINE
NOUS
VOULONS TOUT SAVOIR
LES
SONDERKOMMANDOS ISRAELIENS
FONT
UN GRAND NETTOYAGE ETHNIQUE
LES
SOUDARDS JUIFS PILLENT, VIOLENT, AFFAMENT ET MASSACRENT COMME
CEUX DE GENGIS KAHN
ILS
RASENT LES VIEILLES VILLES
HOMMAGE
AUX MARTYRS
SHARON
A SHARENTON
COMMENT
DIT-ON "MERCI ADOLF" EN HÉBREU ?
MILLE
BRAVOS AUX INTERNATIONAUX QUI
S'INTERPOSENT
EN PALESTINE
BUCHENWALD
GUANTANAMO KSEIOT
L'EUROPE
: COMBIEN DE DIVISIONS ?
LES
JUIFS DE LA DIASPORA SE SOLIDARISENT
MASSIVEMENT
AVEC LES CRIMES CONTRE L'HUMANITE
TREMBLEZ
JUIFS DE PALESTINE,
CE
QUE VOUS FAITES A VOS ENNEMIS
VOS
ENNEMIS VOUS LE FERONT
LE
MEURTRIER SOCIALISTE DE NANTERRE S'ETAIT RECUEILLI,
EN
ISRAEL, SUR LA TOMBE DE BARUCH GOLDSTEIN
US
CITIZEN: YOUR REPRESENTATIVES ARE BOUGHT UP BY ISRAEL
ANACONDA
OU ORVET ?
OU
EST BEN LADEN ? ENTRE LES DEUX TOURS
POUR
LA DISSOLUTION D'ISRAEL
LE
BIROBIDJAN, C'EST PAR LÀ =========>
Contributions des Civils Internationaux,
de Tanya Reinhard, Israël Shamir, Norman Finkelstein, Bellem,
Robert Fisk, Ariel Sharon, O. bin Laden, José Bové,
Phil Reeves, Eric Margolis, Alain Lipietz, Thierry Meyssan, et
beaucoup d'autres...
New York
Times reporter
Chris Hedges wrote in October's Harper's magazine
that he has visited many war zones, but only in Gaza has he found
soldiers killing children "for sport."
Toute
la population du pays se recueillera alors en observant une minute
de silence en mémoire des 21.182 victimes des guerres et
des attaques terroristes, depuis l'établissement des premiers
pionniers [= envahisseurs] sur la terre d'Israël, [= la Palestine
arabe] en 1860. La presse israélienne.
Et
les centaines de milliers de morts arabes tués par les
juifs depuis 1860 ?
Si
les Israéliens ne veulent pas qu'on les compare aux nazis,
ils n'ont qu'à arrêter de se comporter comme des
nazis. Norman Finkelstein, 14 avril 2002
The
IDF is one of the most humanitarian armies in the world,
Général
Eyal Schlein, commandant en chef des bouchers de Jénine,
12 avril 2002, conférence de presse.
****
Edito
I Sur le baratin de l'antisémitisme
Un dame juive, dont la judéité
est attestée par le prénom ridicule de Nonna, Mme
Nonna Meyer donc, chercheuse au CNRS travaille dans une officine
méconnue, le "Centre d'étude de la vie politique
française, en russe Cevipof. On y pratique le sondage d'opinion
politique. Le 21 avril au soir, on a vu ce que valaient les sondages
politiques. Quelle rigolade! La dame russe nous fournit donc un
article, dans Le Monde du 4 avril, intitulé "La
France n'est pas antisémite". La nature idéologique
d'un tel prononcement n'échappera à personne. Alors
que les agités du sionisme, qui veulent à toute
force faire taire les critiques devant les comportements scandaleux
de l'Etat juif en Palestine, se répandent en lamentations
sur le fait que "la France" serait non seulement "antisémite"
mais retournée à de "vieux démons"
qui pourraient amener les juifs, demain, à Drancy, en route
pour Auschwitz. La barynia Meyer et quelques autres esprits
distingués, non moins sionistes, mais peut-être politiquement
plus retors, nous disent que non. Il est évident que tout
le monde s'en fout.
D'abord, on ne voit pas pourquoi il faudrait
reconnaître à tel ou tel groupuscule de juifs le
droit de dire si la France est ou non atteinte d'une sorte de
maladie transcendantale, qui la rendrait inacceptable aux yeux
du reste de l'humanité, c'est-à-dire de quelques
autres groupes de juifs à New York ou ailleurs. Les donneurs
de certificats et les colleurs d'étiquettes sont prier
d'aller officier ailleurs.. Ceux qui ne sont pas contents de voir
brûler leur lieu de culte n'ont qu'à aller en Israël
où l'armée assiège, canonne et mitraille
les lieux de culte, avec des gens dedans.
Ensuite, cette probable descendante des
Turcs khazars, nous raconte tout un tas d'histoires sur ce que
disent les sondages depuis vingt ou trente ans qu'elle en fait.
Elle défend son biftèque. Mais elle ajoute cette
remarque: "Tout se passe comme si la situation explosive
du Proche-Orient et la réprobation suscitée par
la politique d'Israël dans les territoires [elle oublie de
dire "occupés"] rejaillissaient négativement
sur l'image de tous les juifs, libérant un antisémitisme
jusque-là latent mais censuré. Il y a moins d'antisémites
honteux, ils sont plus nombreux à oser exprimer tout haut
ce qu"ils pensaient peut-être [nous soulignons]
tout bas." Comme elle ne sait pas ce qu'ils pensaient, elle
leur attribue gentiment un "antisémitisme honteux".
Voilà bien un concept inventé par des antigoyistes
déclarés!
Faut-il rappeler que des lois, surtout
depuis trente ans, empêchent les gens d'exprimer des pensées
qui, sans être "honteuses", peuvent leur causer
beaucoup d'ennuis, aux mains d'officines spécialisées
dans le racket politique et financier ? Le Sévit-popof
interroge donc des gens sur des choses qui peuvent les amener
en cabane ou leur coûter beaucoup de blé, ou leur
situation... Il ne faut pas s'étonner s'ils mentent. Peut-être
les événements récents en Palestine, le spectacle
de la barbarie dans ce qu'elle a de plus ignoble, poussent-ils
à laisser aller des indignations. Mais la cévipovienne
Mayer aurait bien tort d'y voir autre chose qu'une fenêtre,
ouverte un instant, sur des profondeurs dont les sondés
lui refuseront, et à juste raison, l'exploration intéressée.
Que mesurent, en fin de compte, ces sondages politiques: la prudence
ou la cautèle des indigènes qui daignent se mettre
dans la peau du "sondé", un improbable Monsieur
Français Moyen. Mais il y a des foules de sondeurs qui
réclament leur pitance...
Enfin, ces sondages s'interdisent d'explorer
le lien que les opinions pourraient avoir avec la réalité.
La question sempiternelle du "pouvoir" qu'auraient les
juifs (en France, ou ailleurs) n'a aucun sens si elle est déconnectée
de ce qui se passe dans le monde politique, et dans celui des
affaires, puisque ces mêmes sondeurs et autres idéologues
qualificateurs s'interdisent de faire des études sérieuses
sur la nature et la réalité ou l'évolution
de ces "pouvoirs". Si le créneau des analyses
et des commentaires politiques dans les radios et les télévisions
est occupé -- faisons une supposition au hasard -- par
50% de juifs, dans un pays où, malgré les chiffres
toujours gonflés, les juifs ne représentent pas
plus de 1% des gens, est-ce qu'il est "antisémite"
de le constater ? La réponse semble être "oui"
si vous n'êtes pas juif et "non" si vous l'êtes.
On voit que ces sondages, et le travail
de tous ces popofs, sont absolument bidonnés. Pour qui
ne pratique pas le sondage mais l'observation sans oeillères,
il est assez évident que les Français se méfient
des juifs, et tout particulièrement des juifs pieds-noirs,
chez qui se trouvent de formidables escrocs et de redoutables
baratineurs. Mais les Français en ont vu d'autres et c'est
le cadet de leurs soucis. En revanche, la solidarité éhontée,
bruyante, cynique de tout un tas de milieux juifs avec les génocidaires
sanglants qui écrasent la Palestine sous leurs bottes de
fer, données par ces cons d'Américains, ça,
oui, ça chauffe les sangs.
Et pour faire monter la sauce, les services
spécialisés du Mossad reprennent toujours le même
truc, bien qu'ils se soient fait pincer à Baghdad en 1950,
ils attaquent les synagogues (incendies, bombes, grenades). C'est
le meilleur moyen de provoquer de l'immigration en Israël
et surtout d'interdire les critiques. Les dirigeants israéliens
ne cachent pas que leurs multiples guerres ne peuvent être
(provisoirement) gagnées que par un soutien extérieur,
sans lequel leur machine militaire s'arrête en dix jours.
Il est même plus important d'avoir du "soutien"
que des chars. La vraie guerre de Palestine se déroule
ici, et non pas dans les champs pierreux d'où les juifs
ont arrachés les vieux oliviers. D'un côté,
on a les terroristes du Mossad et du Betar qui agissent masqués,
de l'autre, l'infanterie lourde des "culpabilisateurs"
(l'antisémitisme monte, voir le CRIF et autres organisations
de la propagandastaffel), et les francs-tireurs, genre
Nonna Mayer, qui disent "non, la France n'est pas antisémite,
mais évidemment il y en a et il faut les faire taire".
Par exemple en recourant à cet énorme mensonge,
couvert par de prétendus sondages: "Sur Vichy et la
Shoah, enfin, il y a quasi-unanimité pour pénaliser
la négationnisme, approuver la déclaration de
Jacques Chirac sur les responsabilités de l'Etat français
et soutenir les demandes de réparations pour les spoliations
subies par les juifs". Quand on voit de telles énormités,
on se prend à se demander si, finalement, tous ces juifs,
avec leurs discours contradictoires, ne sont pas tous à
la poursuite du même but, par des chemins différents
pour traiter des publics différents, à savoir soutenir
le droit à la survie d'un mythique "peuple juif"
qui ne peut prospérer, l'expérience historique le
prouve, que par le massacre sans fin des ses voisins de Canaan
et de tout l'Orient.
Israël manifeste que son règne,
en Palestine, n'a plus qu'un seul fondement, tout le reste s'étant
dissipé: la terreur, pure et simple, déshumanisée,
mécanique, électronique: l'état-major des
massacreurs regardait se dérouler les massacres en direct,
sur les écrans, avec les images fournies par les drones
tournant au dessus de Jénine crucifiée. Un vrai
rêve américain. Est-ce que le règne d'Israël
sur les autres parties du monde, qui doivent le nourrir et l'approvisionner
de toutes les façons, se fera aussi par la terreur, pure
et simple? That is the question.
II Solidaires
Pour la première fois dans l'histoire
du pays de France, les juifs ont défilé seuls. A
l'appel des instances dites communautaires, un très grand
nombre de juifs français, 100 ou 200.000, ont manifesté
à Paris et d'autres dans quelques villes de province. Personne
ne pouvant sérieusement douter que les prétendus
attentats antisémites sont le fait des affidés de
l'ambassade israélienne, la dimension de protestation contre
des "actes anti-juifs" est quasiment passée à
la trappe. Ce qui est apparu avec force, c'est la solidarité
de ces juifs français, très représentatifs
de ce qu'on appelle la communauté, dont le périmètre
est assez réduit, avec les entreprises génocidaires
et criminelles de la société israélienne.
Cette solidarité librement consentie, ardemment proclamée,
fait de la communauté un groupe complice de ces crimes.
Rien ne les obligeait. Quelques-uns ont su les dénoncer.
La volonté éperdue de s'assimiler aux auteurs de
ces crimes contre l'humanité rend les dirigeants et les
militants de la communauté comptables des massacres au
Proche-Orient. Ce sera à eux d'en supporter les conséquences.
Et on ne parle même pas des agressions
tous azimuts des fascistes du Bétar, couverts par les organisations
juives ayant pignon sur rue.
III La Sixième Guerre
Après 1948, 1956, 1967, 1973, qui
étaient des guerres faites par Israël à tous
ses voisins arabes (ou presque), il y eut la cinquième
guerre lancée en 1982 par Sharon et Begin contre le Liban
et les Palestiniens armés. Contrairement aux autres, cette
guerre a duré longtemps. Après plus de quinze ans
de massacres et d'intrigues, usé par les pertes et malade
d'impuissance, Israël a dû reculer et évacuer
le territoire libanais. Devant l'irrésistible montée
de la demande palestinienne, qui a amené la première
intifada et les sept ans de négociations où les
Israéliens se sont arrangés pour ne pas donner ce
qu'ils avaient promis de donner en échange de l'arrêt
de l'intifada, les dirigeants sionistes ont décidé
de lancer la Sixième Guerre contre les Arabes, c'est-à-dire
les Palestiniens dont les droits imprescriptibles réduisent
et annihilent les prétentions juives sur des territoires
qui n'appartiennent qu'à leurs légitimes et immémoriaux
occupants, les Arabes palestiniens.
Israël a gagné des batailles
mais n'a jamais gagné une seule guerre. Les batailles ne
font que préparer les suivantes. Israël est en train
de rouvrir des camps de concentration dans le désert du
Néguev. Merci Adolf. La Gestapo israélienne entend
y interner des milliers ou des dizaines de milliers de jeunes
hommes palestiniens qui pourraient être soupçonnés
de participer à la lutte contre Israël. Mais ils ont
tort. Ils devraient rafler les enfants de cinq ans. Ce sont eux
qui chasseront les Israéliens avec la force et l'irrésistible
désir de revanche que leur donne chaque jour un peu plus
les sauvageries de l'armée israélienne.
IV Rosiers
Depuis le VIIIe siècle jusqu'à
aujourd'hui, ce n'est qu'une suite de d'horreurs et de persécutions,
dixit Jacques Lanzmann qui vend un livre appelé
Rue des rosiers. Pour être restés là
pendant douze siècles malgré les persécutions,
ils doivent être fameusement stupides. Il est à noter
que, comme son frère, de France-Dimanche et des
Temps Modernes réunis, il invente les camps de concentration.
ooooo
ooooooooooOOOOOØØØ
OOO
ØØØOOOOOoooooooooo
ooooo
LES INTERNATIONAUX
- Le vendredi 29 Mars 2002
les troupes israéliennes envahissaient Ramallah. Depuis
ce jour l'armée israélienne mène sur les
territoires palestiniens une campagne militaire de destruction
et d'assassinats massifs.
- Les soldats israéliens
rasent les habitations, bombardent les immeubles civils, raflent
des centaines de Palestiniens. Ils tuent hommes, femmes et enfants,
sans aucune distinction. Ils envahissent les hôpitaux,
détruisent les stocks de médicaments et tirent
sur les ambulances. Les premiers témoignages de tortures,
lors d'interrogatoires dans les centres d'internements massifs,
nous parviennent. A Jénine des centaines de Palestiniens
ont été tués. Chaque jour la situation empire,
la barbarie de l'armée israélienne semblant sans
limite.
- Face à ce déchaînement
de violence, le peuple Palestinien résiste avec comme
principales armes son courage et sa détermination. Par
solidarité, plusieurs centaines d'internationaux sont
présents en Palestine, à Ramallah, dans le palais
présidentiel, dans les hôpitaux, à Jérusalem-Est
et dans les camps de réfugiés. Leur présence
destinée à protéger le peuple Palestinien
est une réponse au silence des gouvernements occidentaux.
- L'absence de réaction
significative de la France la rend complice de la barbarie de
l'armée d'occupation israélienne.
- Aujourd'hui, dimanche
14 avril 2002, nous avons décidé de réveiller
M. Jospin, Premier ministre, pour lui rappeler le courage dont
font preuve l'ensemble du peuple Palestinien et nos camarades
présents en Palestine, courage qui souligne la lâcheté
du gouvernement français.
- Paris, le 14 Avril 2002
- Collectif des Camarades
des Internationaux de Ramallah
- Nous désobéissons
à l'« invitation » d'abandonner Ramallah
- Communiqué
de presse des désobéissants italiens, Ramallah,
2 avril 2002
- Nous, mouvement des
Désobéissant(e)s du Nord-Est, nous n'avons certainement
jamais demandé de l'aide au gouvernement pour quitter
l'enfer de Ramallah.
- Bien au contraire, notre
appel est celui de former une délégation officielle
italienne et européenne se rendant disponible à
assumer, avec nous, le rôle de protection à l'égard
de la population civile palestinienne.
- Nous ne sommes pas prisonniers
de l'armée israélienne ou du moins pas plus que
ne le sont les citoyens palestiniens et c'est avec eux que nous
voulons rester jusqu'à ce que soit garantie leur sécurité.
- Nous avons démontré
par notre présence qu'il est possible d'entrer et de sortir
de Ramallah et qu'il est fondamental d'y être: garantir
la protection des hôpitaux, des habitations, des femmes,
des hommes et des enfants victimes de l'occupation.
- Et donc nous nous demandons
comment est-il possible que jusqu'à maintenant personne
ne se soit bougé concrètement pour faire cesser
les massacres, les rafles, les exécutions sommaires dont
nous sommes témoins et que nous témoignons quotidiennement.
- Combien de temps, combien
de morts, quelle dévastation, combien de sang devra couler
avant que les institutions européennes, les parlements,
les gouvernements, l'Onu invisible, assument leur rôle
politique ?
- En attendant, dans un
des trous noirs de l'Empire de la Guerre Globale Permanente,
nous nous y sommes !
- Ramallah, Palestine,
Planète Terre, 2 Avril 2002
- Seconde année
de la Guerre Globale Permanente
- Traduction Ludovic Prieur,
samizdat.net.
- Wu Ming en
Palestine
- Une délégation
de Wu Ming (N.d.T. : groupe d'écrivains proches des "désobéissants"
italiens) partira aujourd'hui 3 avril pour la Palestine, avec
les parlementaires et des membres du monde de la culture qui
ont décidé d'apporter leur soutien au peuple palestinien
et aux pacifistes internationaux bloqués à Ramallah.
Depuis des jours, un groupe de pacifistes et de journalistes
résiste barricadé dans un hôpital et un hôtel
de Ramallah. Ce sont les seuls témoins des ratissages
en cours et des exécutions sommaires dans les rues de
la ville. Eux seuls gardent ouvert un canal humanitaire entre
Ramallah et le reste du monde, tandis qu'alentour les tireurs
d'élite tirent, les chars détruisent, des hommes
et des femmes palestiniens sont tués de sang-froid. Pendant
qu'Israël et la Palestine se consument dans le feu et le
sang. Devant le scandaleux silence de la diplomatie internationale,
la société civile, ses parlementaires, ses hommes
et ses femmes de culture, décident d'intervenir. Les pacifistes
internationaux sont les seuls qui ont tenté d'éventer
avec leurs propres actions pacifiques la solution finale mise
en oeuvre par le gouvernement d'Ariel Sharon. Ils ont démontré
au monde qu'il était et qu'il est possible d'être
en Palestine comme force d'interposition de paix, tandis que
l'ONU, l'Union européenne et les autres organismes internationaux
n'ont pas bougé un doigt pour éviter le pire. Cette
action à laquelle nous participons est une action de diplomatie
par le bas, accomplie par la société civile globale
au coeur de la guerre civile globale, pour contraindre les "vrais"
diplomates à agir. Nous allons rejoindre ces camarades.
Leur geste ne doit pas tomber dans le vide. Le peuple palestinien
ne peut être abandonné au massacre indiscriminé.
Nous y allons avec des députés et un Prix Nobel.
Nous y allons en qualité d'écrivains engagés
dans le mouvement contre la Guerre Civile Globale. Pour ne pas
voir tué l'espoir en un autre monde possible.
- Wu Ming
- (communiqué traduit
par S. Quadruppani)
-
-
- Au président
en exercice de l'Union européenne José Maria Aznar, aux gouvernements des Etats
membres de l'Union européenne Nous sommes les Désobéissants,
citoyens européens de la caravane "Action for peace"
qui, ces jours-ci se trouve en Palestine, en train de vivre la
tragédie de la guerre en cours. Nous avons été
dans les villes assiégées par l'armée israélienne
où nous avons pratiqué la diplomatie d'en bas,
assumé une fonction d'observateurs internationaux et de
garants de la sécurité de la population civile,
comblant ainsi un inacceptable vide d'initiative politique de
la Communauté internationale. Certains d'entre nous sont
encore dans cette ville sous les bombardements, témoins
des horreurs de cette guerre. Nous avons vu le peuple palestinien
privé de la liberté et des droits fondamentaux,
agressé et humilié dans sa dignité, comme
nous avons vu le peuple israélien vivre dans la terreur,
enfermé dans des villes militarisées et otage de
sa propre peur. Nous avons tenté, par notre présence,
de dénoncer au monde cette situation, d'arrêter
la guerre, de protéger les personnes, les hôpitaux,
les ambulances devenues elles aussi objectifs militaires, au
mépris de toutes les conventions internationales. Nous
nous sommes unis aux pacifistes israéliens qui protestent
depuis des années contre la culture de la guerre et nous
avons manifesté pour soutenir les réservistes arrêtés
qui se sont refusé de combattre. Nous avons donné
notre sang aux blessés des hôpitaux.
- Nous avons rencontré
Yasser Arafat, prix Nobel de la paix, représentant élu
du peuple palestinien, interlocuteur reconnu de la communauté
internationale comme président de l'Autorité palestinienne.
Nous avons constaté de quelle manière inacceptable
le gouvernement israélien viole les accords internationaux
signés à Oslo, piétinant la dignité
d'un peuple aussi à travers l'humiliation de son chef.
Nous, simples citoyens européens, nous avons mis en jeu
nos vies, parce que nous croyons en une pratique politique qui
construise par en bas des conditions de liberté, de justice,
de paix et de dignité pour les peuples, pour construire
une alternative possible à un monde dominé par
l'injustice et par la guerre.
- Pour ces raisons, nous
demandons :
- a) L'envoi immédiat
d'une délégation de parlementaires européens,
en qualité d'observateurs internationaux, afin de garantir
la sécurité physique des populations civiles et
le respect des droits humains.
- b) la constitution d'un
pont par l'envoi d'aides humanitaires, de matériel sanitaire
et de personnel médical aux populations assiégées
- c) L'approbation d'un
document commun de condamnation de la politique du gouvernement
d'Israël et par l'application de la résolution ONU
sur le retrait des territoires occupés.
- d) La suspension immédiate
des relations diplomatiques des différents gouvernements
de l'Union européenne avec l'Etat d'Israël. Pour
ces raisons, nous "diplomates d'en bas", nous demandons
la convocation immédiate d'une session extraordinaire
du Conseil de l'Europe.
- Jérusalem Est,
2 avril 2002
- Les Désobéissants
- Caravane Action For
Peace
- (traduit de l'italien
par SQ : à ce qui en auraient besoin, rappelons une fois
pour toutes que l'acte de traduire ne signifie pas forcément
l'adhésion pleine au contenu des textes, mais le désir
de faire circuler l'info)
Les mollassons opportunistes:
le 5/04/02 18:19, Françoise Blum
à <fblum@wanadoo.fr>
a écrit:
- > J'aurais également
souhaité une remarque sinon un commentaire sur la
- > "solution finale"
ou "solucion final" mise en oeuvre par Ariel Sharon
dans
- > le communiqué
des Wu Ming deux fois diffusé sur cette liste.
- Tu as raison, le terme
était malheureux. la terreur d'Etat israélienne
ne peut être mise sur le même plan que la solution
finale nazie. [Voilà bien la racaille soc-dém,
léchecutée par les socialos: l'antifascisme est
une carte blanche donnée aux bourreaux juifs de Palestine.
Ces gens sont à vomir. ] Il faut que le gauchisme
renonce une fois pour toute à ces assimilations polémiques
(type CR-SS). Dans le climat actuel, c'est particulièrement
important. Contre le dit climat, des clarifications comme la
libre opinion signée, entre autres par Rony Brauman et
Vidal-Naquet, parue dans le Monde de hier soir, sont particulièrement
bien venues.
- sq (sur samizdat)
Il est certain de ces trémoussements
de vierges apeurées, encouragés par la trémulation
des "juifs de gauche de cour", vont impressionner les
soudards israéliens qui descendent tout ce qui bouge dans
les villes et dans les camps palestiniens, comme au casse-pipe.
Devant le spectacle du massacre par les juifs, il y a toujours
des gens pour défendre les juifs (juifs veut dire citoyen
d'Israël, c'est ce que nous signifie la Loi du Retour).
- Carta abierta de los
40 de la 'Muqataah', asediados con Arafat en Ramala, a Colin
Powell
- Ramala, Palestina, 14
de abril de 2002.
- Traducción. CSCAweb
(www.nodo50.org/csca)
- "Estamos aquí
para compartir la batalla palestina por la libertad y en especial
para proteger al presidente Arafat, símbolo de este pueblo.
Nosotros formamos parte de un movimiento global que durante los
últimos meses ha ido reforzándose en la lucha global
contra la injusticia, y de manera muy significativa en Palestina".
- "Nosotros, ciudadanos
procedentes de diversas partes del mundo y miembros de diversos
movimientos sociales, participamos en la actualidad en una misión
civil que tiene como objetivo la protección del pueblo
palestino. Estamos aquí para compartir la batalla palestina
por la libertad y en especial para proteger al presidente Arafat,
símbolo de este pueblo. Nosotros formamos parte de un
movimiento global que durante los últimos meses ha ido
reforzándose en la lucha global contra la injusticia,
y de manera muy significativa en Palestina. Durante el tiempo
que hemos pasado aquí, hemos sido testigos de la brutalidad
caprichosa del Ejército israelí, así como
de las constantes trabas interpuestas a la intervención
de las instituciones y gobiernos de todo el mundo.
- Denunciamos las violaciones
[por Israel] de la Cuarta Convención de Ginebra y la Declaración
Universal de los Derechos Humanos.
- Denunciamos la criminalización
por parte israelí del derecho de los palestinos a resistir.
- Denunciamos toda forma
de terrorismo perpetrado contra civiles, ya sea el perpetrado
por Estados, por organizaciones o por individuos.
- Denunciamos las detenciones
y deportaciones de civiles de todo el mundo que formaban parte
de la misión civil de protección del pueblo palestino,
así como la criminalización por parte israelí
de las actividades de la sociedad civil internacional. El principal
objetivo de Israel es librarse de los únicos testigos
de los crímenes perpetrados por el Ejército israelí.
- Pedimos el levantamiento
del asedio contra el complejo presidencial y sobre la ciudad
de Ramala.
- Exigimos el fin de la
ocupación militar y la política de cierres.
- Exigimos que se inicie
una investigación internacional sobre las masacres perpetradas
en Jenín y Nablus.
- Pedimos igualmente la
entrada en vigor con carácter inmediato de sanciones contra
Israel, consistentes en:
- a) la ruptura de todos
los acuerdos de libre comercio,
- b) el fin de la cooperación
militar con Israel,
- c) el fin de la cooperación
tecnológica,
- d) la retirada de los
embajadores de todos los países miembros de la UE de Israel.
- Pedimos protección
internacional para el pueblo palestino según las resoluciones
de Naciones Unidas (NNUU).
- Apelamos a todos los movimientos
sociales para que vengan a Palestina y sean testigos de la puesta
en práctica de las resoluciones 1402 y 1403 de NNUU y
ayuden en la reconstrucción de las infraestructuras palestinas,
especialmente en aquellas áreas y campamentos de refugiados
destruidos por la ocupación militar israelí.
- La paz es posible.
- El presidente Arafat y
el pueblo palestino han expresado de forma continuada su compromiso
con la paz mundial.
- Hoy, es nuestra responsabilidad,
responsabilidad de la sociedad civil y de usted mismo, Sr. Powell,
detener este círculo vicioso de violencia y prestar más
atención a aquellos que, a pesar de su sufrimiento, están
dispuestos a luchar por una paz justa para los pueblos israelí
y palestino.
- Firmado, Los 40 internacionales
de la Muqataah."
-
-
- Communiqué
du 15 Avril des Internationaux présents aux cotés
de Yasser Arafat
- A nos dirigeants silencieux
et à nos familles
- Nous, citoyens de différents
pays, sommes venus en Palestine il y a plus de 15 jours, dans
le cadre d'une mission civile pour la protection du peuple palestinien.
Ces missions, organisées depuis juin 2001, visent à
manifester un soutien actif au peuple palestinien dans sa lutte
pour sa souveraineté, son identité et sa terre,
à souligner l'inaction complice des institutions internationales
et des gouvernements devant l'occupation israélienne qu'ils
ont pourtant condamnée, à appuyer, par une mobilisation
des peuples, une internationalisation de la question palestinienne,
à appeler à la création d'une force de protection
internationale pour le peuple palestinien. La lutte des Palestiniens
est singulière en effet parce qu'elle concerne au premier
chef ce peuple et marque son histoire; sa dimension universelle
est pourtant claire : les millions de manifestants du monde arabe,
mobilisés ces jours-ci, les peuples du Sud en général,
ou, plus précisément, tous les peuples qui subissent
la domination d'un modèle économique libéral,
ne peuvent accepter un avenir où la majorité des
hommes et des femmes est exclue au profit d'une minorité.
Cette lutte globale est aussi, et depuis l'occupation israélienne,
le combat des Palestiniens. Notre engagement pour la protection
du peuple palestinien nous a conduits ici à un moment
dramatique quand le symbole du peuple palestinien, son dirigeant
élu, Yasser Arafat, était soumis, dans ses quartiers
généraux, à un siège d'une violence
inouïe. Débutée le 29 mars au soir, l'attaque
du palais présidentiel a fait deux morts et plusieurs
blessés en deux jours. Nous avons réussi à
passer les barrages dans la ville de Ramallah, déserte
et déjà dévastée, le 31 mars, pour
pénétrer dans le palais présidentiel, où
nous sommes depuis.
- Le siège, qui n'a
pas été levé, garde toute sa rigueur: pas
d'eau courante, manque d'alimentation et d'hygiène, électricité
et approvisionnement soumis à l'arbitraire de l'armée
israélienne. En revanche, il nous semble que la focalisation
médiatique et diplomatique sur Ramallah a redonné
un peu d'espace politique à Yasser Arafat, et rend visible
la criminalité d'un assaut éventuel sur son quartier
général. La menace d'une destruction imminente
et d'une mort certaine pour les assiégés palestiniens
a été écartée.
- Notre présence
ici fait aussi de nous des témoins privilégiés
de la résistance et de la détermination palestinienne.
Elle nous a permis, et nous permet encore aujourd'hui, de contribuer
à l'internationalisation de la mobilisation et de montrer
à quel point le mouvement social peut révéler
la persistance de la conscience politique des peuples face à
leurs institutions défaillantes. Par leur inaction, celles-ci
se rendent complices de crimes, tels que les crimes de Jénine
et de Naplouse, autant que de celui qui s'annonce à Bethléhem.
La criminalisation du droit à la résistance du
peuple palestinien contre l'occupation et l'oppression, droit
pourtant inscrit dans la Convention de Genève, comme de
celle de l'activité des mouvements civils de protection,
manifeste l'illégalité de l'action de la coalition
Sharon-Perès. A ce jour, le 15 avril 2002, environ 200
Internationaux ont été refoulés à
leur entrée à l'aéroport de Tel Aviv. Plus
encore ont été expulsés par les autorités
israéliennes alors que leur présence en territoire
autonome palestinien ne relève que de la juridiction palestinienne.
Ce bouclage hermétique des Territoires a pour seul objectif
d'écarter les derniers témoins des agissements
criminels d'Israël. Notre démarche de solidarité
garde toute son actualité en ces jours terribles. L'action
des Internationaux, comme celle de nos sociétés
et de nos gouvernements, ne saurait souffrir aucun délai.
La simple conscience de la dignité humaine et le respect
des droits fondamentaux justifie aujourd'hui le maintien d'une
présence des missions civiles de protection du peuple
palestinien.
- L'urgence de témoigner
et de donner notre voix au cri du peuple palestinien demeure.
Aussi bien choisissons-nous collectivement de rester à
Ramallah et continuons-nous à attendre, le cas échéant,
une relève. Même si nous choisissons que certains
parmi nous, tous volontaires, rentrent dans leur pays d'origine
pour nous y représenter, nous avons décidé
ensemble de maintenir notre mission, car elle n'a, malheureusement,
rien perdu de son actualité et de sa nécessité.
- Nous appelons donc largement
des volontaires de tous les pays et de tous les horizons sociaux
à se rendre en Palestine pour manifester leur solidarité,
contribuer à arrêter la machine criminelle d'Israël,
révéler devant le monde l'abaissement sans précédent
de la société israélienne. Quant à
la démission permanente de nos institutions, elle vous
appelle tous à vous mobiliser, là où vous
êtes, à faire pression sur vos élus, à
manifester votre indignation, à boycotter tous les produits
israéliens et, si vous le pouvez, à venir nous
rejoindre en Palestine.
- Les 40 Internationaux
des missions civiles pour la protection du peuple palestinien
-
- Les événements
du Liban
- Bonjour ! Nous aimerions
vous mettre au courant des événements ayant actuellement
cours au Liban, et surtout vous inviter à y participer
dans la mesure du possible.
- En réponse aux
événements récents en Palestine, un mouvement
spontané a trouvé le jour à Beyrouth: des
tentes ont été montées Place des Martyrs
(dans le centre-ville), où de jeunes militants se relayent
jour et nuit pour protester contre les événements
récents. C'est de ce mouvement que «Les tentes de
la résistance» est issu .
- Qui sommes-nous? "Tents
of Resistance" est un collectif d'individus ayant décidé
de monter une action internationale en réponse à
la répression israélienne en Palestine.
- Nous sommes en train
de créer un campement au bord de la frontière israélo-libanaise
pour faire symboliquement le siège de l'Etat d'Israël.
- Nos motivations sont
expliquées dans notre déclaration, qui suit ce
message. Cette déclaration est susceptible d'être
amendée par la suite selon les contributions de chacun.
Tout cela est en mouvement, se modifie, nous ne voulons pas créer
quelque chose de statique.
- Nous voulons faire de
cet événement une action internationale qui puisse
regrouper ceux qui soutiennent les Palestiniens dans les événements
qu'ils subissent aujourd'hui.
- L'accès en Palestine
est devenu impossible aux militants pour la paix. Qu'ils nous
rejoignent donc au Liban pour faire le siège symbolique
et pacifique d'Israël. Nous ferons de ce campement un forum
pour tous ceux qui veulent exprimer leurs opinions, envies et
idées sur le sujet.
- Le campement proprement
dit commencera lundi 8 avril 2002. Vous êtes les bienvenus
à partir de cette date. Cependant, nous concentrons nos
efforts sur une semaine d'action qui aura lieu du samedi 13 avril
au dimanche 21. Nous vous engageons, si vous venez, à
inclure cette semaine dans votre séjour. L'action n'a
pas de fin programmée. Nous continuerons notre siège
symbolique aussi longtemps que possible tant que la situation
ne s'améliorera pas.
- Le programme sur place:
celui-ci sera modifié en fonction des apports de chacun
et des événements, c'est pourquoi nous le laissons
flou délibérément. Sachez toutefois que
chaque jour, et en particulier pendant la semaine d'action, des
forums et des projections de films seront organisés. Des
discussions avec des victimes de la guerre, une visite des camps
de réfugiés palestiniens au Liban, seront à
l'ordre du jour.
- Par ailleurs, sont prévus
des interventions, des ateliers et des discussions autour de
thèmes qui peuvent s'élargir, mais qui sont pour
le moment basés sur le conflit israélo-palestinien,
les conflits dans le monde arabe et ailleurs, le problème
des réfugiés, la guerre civile libanaise, la résolution
non-violente des conflits, la politique américaine au
Moyen-Orient, la Mondialisation...
- Mais nous espérons
que vous, participants, apporterez dans ces forums les thèmes
qui vous tiennent a coeur. Chacun aura la possibilité
d'animer des ateliers sur les sujets dans lesquels il se sent
compétent.
- Nous espérons
que vous serez nombreux à nous rejoindre pour exprimer
ensemble notre désir de voir cesser les atteintes aux
droits des Palestiniens, et l'occupation illégale de leur
lieu de vie.
- Nous serons ravis de
vous fournir tous les renseignements complémentaires que
vous nous demanderez en nous envoyant un e-mail a l'adresse suivante:
- <tentsofresistance@altern.org>
- Le coordinateur des
«relations internationales» des Tentes de la résistance,
- Namik Bovet-Wolteche,
<namik@nnx.com>
- Appel des Ressortissants
Français Présents Parmi les Civils Internationaux
Assiégés dans le Moquata'a par l'Armée Israélienne
d'Occupation en Palestine
- Depuis 3 semaines, assiégés
dans Ramallah, avec le Président élu du peuple
palestinien et son entourage, nous attendons une prise de position
claire de l'exécutif français et nous espérons
son intervention pour arrêter les massacres perpétrés
depuis des semaines par l'armée israélienne. Malgré
les demandes, nous n'avons même pas reçu un appel
téléphonique de nos autorités. Comment M.
Chirac et Jospin, qui assument à l'heure actuelle les
plus hautes fonctions de l'état, peuvent-ils demander
la confiance de l'ensemble des français, pour les élire
et re-élire aux postes suprêmes ?
- Ils démissionnent
devant leur responsabilités, au moment où ils devraient
intervenir personnellement pour garantir la sécurité
de leurs ressortissants menacés par une armée qui
ne recule devant aucune atrocité et se faire le garant
des valeurs universelles des droits des peuples à l'autodétermination.
Nous appelons donc tous les citoyens attachés aux valeurs
fondatrices de la république française à
refuser leur vote à M. Jacques Chirac et Lionel Jospin,
tant qu'ils ne seront intervenus personnellement pour imposer
la fin de l'occupation et la levée définitive de
siège du palais présidentiel à Ramallah.
- Signé : Les ressortissants
français de la Moquata'a -- Palais Présidentiel
à Ramallah, Ramallah, le 18 Avril 2002. Texte dicté
par téléphone à Dr. Abdel Fattah Abu-Srour,
Centre Al-Rowwad-Camp Aida-Bethléem, tél. 052-401
325 / 02-275 00 30. Pour contacter les ressortissant français
et internationaux au palais présidentiel à Ramallah,
veuillez appeler au. 050-693 550 et 055 385 257.
- Communiqué No
8 des 40 internationaux du palais présidentiel de Ramallah
- Le 23/04/2002 à
23H. Les 40 internationaux qui sont dans le Palais assiégé
du Président Yasser Arafat à Ramallah sont venus
en Palestine occupée dans le cadre d'une mission civile
pour la protection du peuple palestinien. Notre groupe est représentatif
d'un vaste mouvement international de solidarité. Il s'est
rendu au Palais présidentiel le 31 mars, en accord avec
le collectif G.I.P.P.P., notre partenaire pour cette mission,
pour empêcher l'ultime assaut prévu de toute évidence
par Ariel Sharon.
- Depuis notre arrivée
dans des bâtiments, non encore occupés par l'armée
israélienne, les assauts meurtriers ont cessé.
Chaque jour qui passe rend plus difficile l'accomplissement du
projet d'Ariel Sharon, la liquidation physique ou l'emprisonnement
du Président Arafat comme de tous ceux qui l'entourent
et le défendent. Le temps gagné a permis que se
développe dans le monde un très ample mouvement
de solidarité avec le peuple palestinien et avec le Président
Arafat qui incarne son unité dans la résistance.
L'envoi par les Etats-Unis de trois émissaires successifs
à la Moqata'a entre le 6 et le 22 Avril montre que Yasser
Arafat demeure le représentant reconnu et légitime
du peuple palestinien.
- Avant hier, 21 avril,
en début de matinée, on nous communiquait qu'une
unité spéciale de l'armée israélienne
s'apprêtait à lancer l'assaut contre nos bâtiments.
Peu après, nous apprenions que le Consul de France à
Jérusalem avait enfin été autorisé
à nous rendre visite. M. Denis Piéton nous a expliqué
que les rumeurs concernant une attaque prochaine devaient être
prises au sérieux. Le groupe, ayant prévu de faire
rentrer certains des nôtres dans leurs pays respectifs
afin de témoigner, le Consul nous a signalé qu'il
pouvait les emmener, espérant que sa présence pouvait
garantir une sortie sans violence et dans la dignité.
Après une discussion sérieuse au cours de laquelle
chacun a pu s'exprimer, notre groupe a jugé que les israéliens
en autorisant cette visite consulaire ce jour et en suggérant
une sortie possible, faisaient pression indirectement pour nous
faire quitter Moqata'a. Le groupe, unanime, a donc refusé
la proposition du Consul de France.
- L'après-midi de
ce 21 Avril, une douzaine de personnes, originaires d'Australie,
du Danemark, des Etats-Unis, du Royaume Uni et de France, ont
réussi à briser le siège du Palais présidentiel
pour nous rejoindre, malgré l'intervention des soldats
israéliens (manoeuvres de jeeps pour leur barrer le passage,
tirs d'intimidation avec armes automatiques, bombes assourdissantes,
grenades lacrymogènes). Une relève étant
assurée, nous avons pu mettre à exécution,
dès le 22 avril, notre projet d'envoyer à l'extérieur
une délégation pouvant continuer à relancer
la médiatisation de la lutte engagée ici et la
mobilisation pour la survie des institutions autonomes palestiniennes.
Nos camarades ont été arrêtés par
les soldats israéliens dès leur sortie et ont été
placés le soir même dans des centres militaires
de rétention.
- A ce jour, l'armée
israélienne resserre l'étau autour du Palais: des
bulldozers édifient des sortes de remblais, entassant
les décombres des bâtiments détruits ainsi
que des voitures écrasées par les chars; ils élargissent
des pistes sur lesquelles pourront être installées
des clôtures "électroniques". Nous n'avons
reçu aucun approvisionnement depuis 8 jours. La situation
est critique. Ariel Sharon refuse de se soumettre aux injonctions
des plus hautes instances internationales, en particulier à
celles qui ont été renouvelées à
Madrid le 10 Avril dernier. Il peut se permettre d'ignorer toutes
ces résolutions puisque Colin Powell qui était
chargé d'en vérifier l'application n'en a rien
fait. En imposant pas un retrait des troupes d'occupation qui
aurait permis un cessez-le-feu, il a une fois de plus, donné
l'aval des Etats-Unis au gouvernement israélien.
- Pour les Palestiniens
et le Mouvement international de solidarité, le combat
n'est donc pas encore terminé, le siège de la Moqata'a
doit être immédiatement levé, le Président
Arafat et tous ceux qui l'entourent doivent retrouver leur liberté
de mouvement. Nous demandons aux militants qui le peuvent de
venir à Ramallah multiplier les manifestations autour
du Palais présidentiel. Plus largement, la passivité
de nos gouvernants devant le drame palestinien doit cesser pour
que cessent l'occupation et la colonisation israélienne.
- C'est pourquoi, de façon
déterminée, nous appelons à :
- -- l'intensification des
actions et manifestations pour que des sanctions politiques et
économiques soient prises contre l'Etat israélien,
- -- la mise en place du
boycott des produits issus de l'économie israélienne,
- -- l'organisation ininterrompue
de missions civiles pour la protection du peuple palestinien.
- Dicté par téléphone
le 24/04/2002 à 7h GMT
Je
vous ai apporté des bonbons...
- «Un groupe de 200
Juifs, venus de France, est arrivé hier en Israël
pour y effectuer une visite de solidarité et pour fêter
sur place le Jour de l'Indépendance. Les participants
ont été reçus aujourd'hui par le Premier
ministre et ont rendu visite aux soldats postés au Har
Homa, à Jérusalem, auxquels ils ont apporté
des confiseries.»
- Arutz 7 , 15 avril 2002.
Le massacre, ça rend gourmand.
Gâteau au sang, chaussons aux tripes fumantes, cervelles
écrabouillées au caramel, les jeunes soldats de
l'armée israélienne "Tsahal" ont le bec
fin quand ils écrasent les cadavres avec leurs chars. Heureusement
que les bonne dames du Sentier sont là avec leurs jolis
paniers de dragées.
ooooo
ooooooooooOOOOOØØØ
OOO
ØØØOOOOOoooooooooo
ooooo
GÉNOCIDE
EN COURS EN PALESTINE
Déchaînement
du Mal
- par Tanya Reinhart,
- professeur de
linguistique à l'université de Tel Aviv
- Dans le discours politique
dominant, les atrocités commises récemment par
Israël sont présentées comme des «mesures
de représailles» -- en réponse à la
dernière vague d'attaques terroristes visant des civils
israéliens. Mais en fait, cette politique de «représailles»
avait été soigneusement préparée
de longue date. Déjà en octobre 2000, au début
du soulèvement palestinien, les milieux militaires tenaient
prêts des plans opérationnels détaillés
en vue de renverser Arafat et l'Autorité Palestinienne.
C'était avant que les attaques terroristes palestiniennes
commencent. (La première attaque touchant des civils israéliens
s'est produite le 3 novembre 2000 sur un marché de Jérusalem.)
Un document élaboré par les services de sécurité
à la demande d'Ehoud Barak, alors premier ministre, affirme
le 15 octobre 2000 que «la personne d'Arafat constitue
une grave menace pour la sécurité de l'Etat [d'Israël]
et le préjudice que causera sa disparition est moindre
que celui causé par son existence». (Des extraits
de ce document ont été publiés par le quotidien
Ma'ariv en date du 6 juillet 2001.) Le plan opérationnel,
connu sous le nom de code «Chemins d'épines»,
remonte à 1996, et a été actualisé
pendant l'Intifada. (Amir Oren, Ha'aretz, 23 novembre
2001). Ce plan comprend tout ce qu'Israël a mis à
exécution par la suite, et plus [1].
- L'échelon politique
(l'entourage de Barak) a, quant à lui, travaillé
à préparer l'opinion publique au renversement d'Arafat.
Le 20 novembre 2000, Nahman Shai, alors coordinateur des affaires
publiques du gouvernement Barak, rendit public au cours d'une
conférence de presse un document de 60 pages intitulé
«Non-conformité de l'Autorité Palestinienne...
Un catalogue de mauvaise foi et de mauvaise gestion». Le
document, connu familièrement sous le nom de «Livre
Blanc», a été préparé par l'assistant
de Barak, Danny Yatom [2]. Selon le «Livre Blanc»,
le crime actuel d'Arafat - celui d'«orchestrer l'Intifada»
-- n'est que le dernier d'une longue liste de preuves montrant
qu'il n'a jamais abandonné l'«option de la violence
et de la "lutte"». «Déjà,
le discours d'Arafat sur le gazon de la Maison Blanche le 13
septembre 1993, portait à croire que pour lui, la Déclaration
de Principes ne signifiait pas nécessairement la fin du
conflit. A aucun moment il n'a renoncé à son uniforme,
symbole de son statut de commandant révolutionnaire.»
(Section 2). Cet uniforme, soit dit en passant, est la seule
«indication» que fournisse le rapport sur les intentions
cachées d'Arafat, à cette occasion.
- Une section importante
du document est consacrée à établir l'«ambivalence
et l'acquiescement» d'Arafat concernant le terrorisme.
«En mars 1997 on peut déceler une nouvelle fois
plus qu'une allusion à un "feu vert" d'Arafat
au Hamas, peu avant l'attentat à la bombe de Tel Aviv...
Cela ressort implicitement d'une déclaration faite par
Imad Faluji, un membre du cabinet d'Arafat affilié au
Hamas, à un quotidien américain (Miami Herald,
5 avril 1997).» Aucune autre indication n'est fournie sur
le lien que cela permettrait d'établir entre Arafat et
l'attentat de Tel Aviv, mais c'est le thème du «feu
vert au terrorisme» que les services de renseignement de
l'armée (Aman) ont défendu depuis 1997, lorsque
leur orientation anti-Oslo s'est renforcée. Depuis lors,
ce thème a été rabâché tant
et plus par les milieux militaires, et a fini par devenir un
mantra de la propagande israélienne -- Arafat est toujours
un terroriste, et sa responsabilité personnelle est engagée
pour toute action de tout groupe, du Hamas et du Jihad islamique
au Hezbollah.
- Dans son numéro
du 12 juillet 2001, le Foreign Report (Jane's Information)
révélait que l'armée israélienne
(sous le gouvernement Sharon) avait réactualisé
ses plans en vue d'un «assaut total pour détruire
l'Autorité Palestinienne, éliminer son dirigeant
Yasser Arafat, et tuer ou faire prisonnier son armée».
Le plan, intitulé «Destruction de l'Autorité
Palestinienne et désarmement de toutes les forces armées»,
a été présenté le 8 juillet au gouvernement
israélien par le chef d'état-major Shaul Mofaz.
L'assaut devait être donné, à la discrétion
du gouvernement, à la suite d'un attentat-suicide de grande
ampleur en Israël, causant de nombreux morts et blessés,
ce bain de sang constituant une justification.
- Nombreux en Israël
sont ceux qui soupçonnent que l'assassinat du terroriste
du Hamas Mahmoud Abu Hanoud, survenant précisément
alors que le Hamas respectait depuis deux mois son engagement
envers Arafat de ne mener aucune action à l'intérieur
d'Israël, était conçu pour entraîner
le «bain de sang justificatif», à la veille
de la visite de Sharon aux Etats-Unis (Alex Fishman -- correspondant
en chef pour la sécurité du Yediot Aharonot
-- observait que «quiconque a décidé la liquidation
d'Abu Hanoud savait d'avance quel en serait le prix. La question
a été discutée en profondeur tant dans les
milieux militaires israéliens qu'à l'échelon
politique, avant de donner le feu vert à cette liquidation.»
Yediot Aharonot, 25 novembre 2001)
- La démarche d'Israël
en vue de détruire l'Autorité Palestinienne ne
doit donc pas être considérée comme un «acte
de représailles» spontané. C'est un plan
calculé, élaboré de longue date. Son exécution
exige, tout d'abord, d'affaiblir la résistance des Palestiniens,
ce à quoi Israël s'emploie systématiquement
depuis octobre 2000, par les massacres, le bombardement des infrastructures,
l'emprisonnement des gens dans leurs propres cités, en
les conduisant au bord de la famine. Tout cela en attendant que
les conditions internationales «mûrissent»
assez que pour autoriser les étapes les plus hardies du
plan.
- Maintenant, les conditions
paraissent avoir «mûri». Dans l'atmosphère
politique qui règne aux Etats-Unis, ivre de puissance,
tout est permis. S'il semblait au premier abord que les Etats-Unis
chercheraient à mettre le monde arabe de leur côté
par quelques signes de persuasion, comme ils l'avaient fait pendant
la guerre du Golfe, il est clair aujourd'hui qu'ils s'en fichent
pas mal. La «victoire» écrasante en Afghanistan
a envoyé au tiers-monde le message clair que rien ne peut
empêcher les Etats-Unis de prendre une nation pour cible
jusqu'à l'anéantissement. Ils semblent croire que
les armes les plus sophistiquées du vingt-et-unième
siècle, combinées à une absence totale de
considération envers les principes moraux, les lois internationales
et l'opinion publique, les autorisent à régner
à jamais sur le monde. A partir de maintenant, la peur
devrait être une condition suffisante d'obédience.
- Les faucons américains,
qui poussent à étendre la guerre à l'Iraq
et au-delà, voient en Israël un atout -- il existe
peu de régimes dans le monde qui, comme Israël, soient
aussi impatients de risquer la vie de leurs citoyens dans quelque
nouvelle guerre régionale. Comme le professeur Alain Joxe,
président du CIRPES (Centre interdisciplinaire de recherches
sur la paix et d'études stratégiques), l'observait
dans Le Monde, «le leadership américain [est]
actuellement modulé par une extrême droite sudiste
assez dangereuse, qui cherche à instrumentaliser Israël
comme un outil offensif, déstabilisateur de toute la région
sud-méditerranéenne.» (17 décembre
2001). Les mêmes faucons parlent aussi d'étendre
le futur théâtre d'opérations à des
cibles figurant au programme d'Israël, comme le Hezbollah
ou la Syrie.
- Dans ces circonstances,
Sharon a obtenu le feu vert de Washington. Comme ne cessent de
le mentionner avec enthousiasme les médias israéliens,
«Bush en a assez de son caractère [à Arafat]»,
«Powell a déclaré qu'Arafat devait en finir
avec ses mensonges» (Barnea et Schiffer, Yediot Aharonot,
7 décembre 2001). Tandis qu'Arafat est retranché
dans son bunker, que les bombardiers F-16 israéliens sillonnent
le ciel, et que la brutalité d'Israël engendre, chaque
jour, de nouvelles bombes humaines désespérées,
les Etats-Unis, accompagnés pendant un temps par l'Union
Européenne, continuent de presser Arafat à «agir».
- Mais sur quel raisonnement
se fonde ce besoin systématique d'Israël d'éliminer
l'Autorité Palestinienne et de défaire les accords
d'Oslo? Certainement pas sur une «déception»
à propos des résultats obtenus par Arafat, comme
on le prétend généralement. Le fait est
que, dans la perspective des intérêts d'Israël
à poursuivre l'occupation, Arafat a répondu aux
attentes d'Israël tout au long de ces dernières années.
- En ce qui concerne la
sécurité d'Israël, rien n'est plus éloigné
de la vérité que les fausses accusations du Livre
Blanc, ou de la propagande israélienne qui s'en est
ensuivie. Pour ne prendre qu'un exemple, en 1997 - l'année
mentionnée dans le Livre Blanc comme l'un des cas
de «feu vert au terrorisme» de la part d'Arafat --
un «accord de sécurité» était
signé entre Israël et l'Autorité Palestinienne,
sous les auspices du chef de l'antenne de la CIA à Tel
Aviv, Stan Muskovitz. L'accord confiait à l'Autorité
Palestinienne une participation active à la sécurité
d'Israël -- pour combattre «les terroristes, les bases
terroristes, et les conditions environnementales menant au soutien
du terrorisme», en coopération avec Israël,
y compris sous la forme d'«échange mutuel d'informations,
d'idées, et de coopération militaire» (Clause
1). [Traduit du texte hébreu paru dans Ha'aretz,
12 décembre 1997]. Les services de sécurité
d'Arafat se sont acquittés fidèlement de cette
tâche, par l'assassinat de terroristes du Hamas (déguisés
en «accidents»), et l'arrestation de dirigeants politiques
du Hamas. [3]
- Des informations ont été
amplement publiées dans les médias israéliens
à propos de ces activités, et les «sources
de sécurité» étaient pleines de louanges
pour les accomplissements d'Arafat. Par exemple, Ami Ayalon,
alors à la tête des services secrets israéliens
(Shabak), annonça au cours d'une réunion du gouvernement
en date du 5 avril 1998, qu'«Arafat fait son travail --
il combat le terrorisme et pèse de tout son poids contre
le Hamas» (Ha'aretz, 6 avril 1998). Le taux de réussite
des services de sécurité israéliens en matière
de réduction du terrorisme n'avait jamais été
aussi élevé que celui obtenu par Arafat; en réalité,
nettement moindre.
- Au sein de la gauche et
des milieux d'opposition, on peine à trouver de la compassion
pour le destin personnel d'Arafat (au contraire de la tragédie
du peuple palestinien). Comme David Hirst l'écrit dans
le Guardian, lorsqu'Arafat est retourné dans les
Territoires occupés en 1994, «il venait en collaborateur
tout autant qu'en libérateur. Pour les Israéliens,
la sécurité -- la leur, pas celle des Palestiniens
-- était le but suprême d'Oslo. Sa mission était
de la leur fournir en leur nom. Mais il ne pouvait jouer ce rôle
de collaborateur que s'il gagnait le quiproquo politique qui,
par le biais d'une série d'«accords intérimaires»,
était censé aboutir. Il n'a jamais pu... [Tout
au long de la route], il a acquiescé, en accumulant les
concessions qui ne faisaient qu'élargir le fossé
entre ce qu'il accomplissait réellement, et ce qu'il promettait
à son peuple qui serait accompli, à la fin, grâce
à cette méthode. Il était toujours Monsieur
Palestine, avec un charisme et une légitimité historique
qui n'appartenaient qu'à lui. Mais il s'est avéré
qu'il manquait cruellement à cette autre tâche importante
et complémentaire, celle de construire son Etat en devenir.
La misère économique, la corruption, les violations
des droits humains, la création d'un vaste appareil répressif
- tout cela découlait, en tout ou en partie, de l'Autorité
qu'il présidait.» (Hirst, «Arafat's last stand?»,
The Guardian, 14 décembre 2001).
- Mais dans la perspective
de l'occupation israélienne, tout ceci indique que le
processus d'Oslo était, pour l'essentiel, un succès.
Arafat parvint à contenir, par le biais de sévères
mesures d'oppression, la frustration de son peuple, et à
garantir la sécurité des colons, pendant qu'Israël
poursuivait imperturbablement la construction de nouvelles colonies
et l'appropriation de plus de terres palestiniennes. L'appareil
oppressif -- les diverses forces de sécurité d'Arafat
--, étaient formé et entraîné en collaboration
avec Israël. Beaucoup d'énergie et de ressources
ont été consacrées à l'édification
de ce complexe appareil d'Oslo. Il est généralement
admis que les forces de sécurité israéliennes
ne peuvent prévenir le terrorisme mieux qu'Arafat n'y
parvient. Pourquoi, alors, les échelons militaire et politique
étaient-ils si déterminés à détruire
tout cela, dès octobre 2000, avant même que ne commencent
les vagues de terrorisme? Pour répondre à cette
question, il est nécessaire de revenir en arrière.
- Dès le début
du processus d'Oslo, en septembre 1993, deux conceptions s'affrontaient
dans les milieux politiques et militaires israéliens.
L'une d'elles, conduite par Yossi Beilin, s'efforçait
de mettre en oeuvre une version du plan Alon, que le parti travailliste
avait défendu pendant des années. Le plan d'origine
prévoyait l'annexion à Israël d'environ 35%
des territoires, et une juridiction jordanienne, ou quelque forme
de juridiction autonome pour le reste -- la terre sur laquelle
vivent actuellement les Palestiniens. Aux yeux de ses promoteurs,
ce plan représentait un compromis nécessaire, comparé
aux alternatives qui soit restituaient l'ensemble des territoires,
soit conduisaient à un bain de sang sans issue (comme
nous le voyons aujourd'hui). Il semble bien que Rabin était
prêt à suivre cette ligne, du moins au début,
et qu'en retour à l'engagement d'Arafat de contrôler
la frustration de son peuple et de garantir la sécurité
d'Israël, il permettrait à l'Autorité Palestinienne
de gouverner les enclaves dans lesquelles les Palestiniens continuent
aujourd'hui d'habiter, jouissant d'une certaine forme d'autonomie
qui pourrait même être qualifiée d'«Etat»
palestinien.
- Mais l'autre tendance
s'opposait à tant de concessions. C'était particulièrement
notable dans les cercles militaires, dont le porte-parole le
plus énergique dans les premières années
d'Oslo était Ehoud Barak, alors chef de l'état-major.
Un autre centre d'opposition était, bien sûr, Sharon
et l'extrême-droite, qui s'opposaient depuis le début
au processus d'Oslo. Cette affinité entre les milieux
militaires et Sharon est évidemment sans surprise. Sharon
-- le dernier des dirigeants de la «génération
1948», était une figure légendaire dans l'armée,
et nombre de généraux furent ses disciples, comme
Barak. Comme l'écrivait Amir Oren, «L'admiration
profonde et constante de Barak pour les idées militaires
d'Ariel Sharon est une autre indication de ses opinions; Barak
et Sharon appartiennent tous deux à une lignée
de généraux politiques qui a commencé avec
Moshe Dayan.» (Ha'aretz, 8 janvier 1999).
- Cette race de généraux
a été élevée dans le mythe de la
rédemption du pays. Une interview de Sharon par Ari Shavit
offre un aperçu de cette vision du monde (Ha'aretz,
supplément du week-end, 13 avril 2001). Tout y est emmêlé
dans un cadre romantique: les champs, les vergers en fleurs,
les labours et les guerres. Le coeur de cette idéologie
est constitué par le caractère sacré de
la terre. Dans une interview de 1976, Moshe Dayan, qui avait
été ministre de la défense en 1967, expliquait
ce qui avait mené, à l'époque, à
la décision d'attaquer la Syrie. Dans la conscience collective
israélienne de cette période, la Syrie était
considérée comme une menace grave pour la sécurité
d'Israël, et l'instigatrice d'agressions constantes contre
les habitants du nord d'Israël. Mais selon Dayan, c'est
de la «foutaise» -- la Syrie ne constituait pas une
menace avant 1967: «Laissez tomber... Je sais comment au
moins 80% de tous les incidents avec la Syrie ont commencé.
Nous envoyions un tracteur dans une zone démilitarisée
et nous savions que les Syriens allaient tirer.» Selon
l'interview, il avouait quelques regrets. Ce qui a poussé
Israël à provoquer la Syrie de cette manière,
c'était l'appât de la terre -- l'idée qu'il
est possible «d'accaparer une parcelle de terre et de la
garder, jusqu'à ce que l'ennemi soit fatigué et
nous l'abandonne». (Yediot Aharonot, 27 avril 1997)
- A la veille d'Oslo, la
société israélienne dans sa majorité
était fatiguée des guerres. A ses yeux, les combats
pour la terre et les ressources naturelles étaient dépassés.
La plupart des Israéliens pensaient que la guerre d'indépendance
de 1948, avec ses conséquences horribles pour les Palestiniens,
avait été nécessaire pour établir
un Etat pour les juifs, hantés par la mémoire de
l'Holocauste. Mais maintenant qu'ils avaient un Etat, ils aspiraient
à mener tout simplement une vie normale avec ce qu'ils
avaient. Cependant, l'idéologie de la rédemption
de la terre ne s'est jamais éteinte au sein de l'armée,
ni dans le cercle des «généraux politiques»,
qui passaient de l'armée au gouvernement. A leurs yeux,
l'alternative de Sharon, de combattre les Palestiniens jusqu'au
bout et d'imposer un nouvel ordre régional -- comme il
l'avait tenté au Liban en 1982 -- pouvait avoir échoué
en raison de la faiblesse d'une société israélienne
gâtée. Mais, compte tenu de la nouvelle philosophie
de guerre instaurée en Iraq, au Kosovo et en Afghanistan,
ils pensent qu'avec la supériorité massive de la
force aérienne israélienne, il reste toujours possible
de gagner cette bataille dans le futur.
- Alors que le parti de
Sharon était dans l'opposition à l'époque
d'Oslo, Barak, au titre de chef de l'état-major, participa
aux négociations et y joua un rôle crucial dans
la formulation des accords, et dans l'attitude adoptée
par Israël à l'égard de l'Autorité
Palestinienne. Je cite un article que j'écrivais en février
1994, parce qu'il reflète ce que quiconque lit attentivement
les médias israéliens pouvait voir à l'époque:
«Depuis le début, il est possible d'identifier deux
conceptions qui sous-tendent le processus d'Oslo. L'une est que
cela va permettre de réduire le coût de l'occupation,
par le biais d'un régime palestinien d'influence, avec
Arafat comme flic en chef, responsable de la sécurité
d'Israël. L'autre est que le processus devrait mener à
l'effondrement d'Arafat et de l'OLP. L'humiliation d'Arafat,
et l'amplification de sa capitulation, conduira progressivement
à la perte de tout soutien populaire. En conséquence
de quoi l'OLP s'effondrera, ou s'engagera dans la voie des conflits
pour le pouvoir. Dès lors, la société palestinienne
perdra ses dirigeants laïques et ses institutions. Dans
l'esprit de logique de pouvoir de ceux qui ont envie de poursuivre
l'occupation israélienne, l'effondrement du pouvoir laïque
constitue un aboutissement, parce qu'il faudra longtemps à
la société palestinienne pour se réorganiser
à nouveau et que, de toute façon, il est bien plus
aisé de justifier les pires actes d'oppression lorsque
l'ennemi est une organisation islamiste fanatique. Très
probablement, le confit entre ces deux conceptions en compétition
n'est pas encore réglé, mais pour l'instant, la
seconde semble plus dominante: afin que la première l'emporte,
le statut d'Arafat aurait dû être renforcé,
avec quelques réalisations qui pourraient entraîner
le soutien des Palestiniens, au lieu de la politique actuelle
d'Israël, faite d'humiliation constante et de manquement
aux promesses.» [4]
- Néanmoins, le scénario
de l'effondrement de l'Autorité Palestinienne ne s'est
pas concrétisé. Une fois de plus, la société
palestinienne a eu recours à sa merveilleuse stratégie
de sumud -- s'accrocher à la terre et supporter
la pression. Depuis le début, la direction politique du
Hamas, et d'autres, mettaient en garde contre les tentatives
d'Israël de mener les Palestiniens vers une guerre civile,
dans laquelle la nation s'anéantirait elle-même.
Toutes les fractions de la société ont coopéré
en vue de prévenir ce danger, et de calmer les conflits
dès qu'ils dégénéraient en combats
armés. Elles sont aussi parvenues, en dépit du
gouvernement tyrannique d'Arafat, à mettre en place un
ensemble impressionnant d'institutions et d'infrastructures.
L'Autorité Palestinienne ne consiste pas seulement en
dirigeants corrompus et en diverses forces de police. Le Conseil
législatif palestinien, élu, qui fonctionne en
dépit de restrictions sans fin, continue d'être
un cadre politique représentatif, la base pour les institutions
démocratiques du futur. Pour ceux qui se donnaient pour
but la destruction de l'identité palestinienne et la rédemption
finale de leur pays, Oslo aura été un échec.
- En 1999, l'armée
est revenue au pouvoir, par le biais des «généraux
politiques» -- Barak d'abord, Sharon ensuite. (Ils ont
collaboré, lors des dernières élections,
pour faire en sorte qu'aucun autre candidat, civil, ne puisse
les emporter.) La route s'est ouverte pour corriger ce qu'ils
considéraient comme la grande erreur d'Oslo. Pour y parvenir,
il était d'abord nécessaire de convaincre la société
israélienne gâtée que les Palestiniens ne
veulent pas vivre en paix et menacent notre existence même.
Sharon seul n'aurait sans doute pu y parvenir, mais Barak a réussi,
grâce à son escroquerie des «offres généreuses».
Après un an d'attaques terroristes horribles, jointes
à une propagande massive et mensongère, Sharon
et l'armée estiment que rien ne peut les arrêter
sur la voie de l'exécution totale.
- Pourquoi est-il si urgent
de renverser Arafat? Shabtai Shavit, ancien chef des forces de
sécurité («Mossad»), qui n'est pas
lié par la retenue imposée aux sources officielles,
l'explique ouvertement: «Dans les quelque trente années
qu'il [Arafat] a été au pouvoir, il est parvenu
à remporter quelques véritables succès dans
la sphère politique et internationale... Il a obtenu le
prix Nobel de la paix, et sur un simple appel téléphonique,
il peut obtenir une rencontre avec n'importe quel dirigeant dans
le monde. Dans ce contexte international, il n'existe personne
de sa pointure dans le monde politique palestinien. S'ils [les
Palestiniens] perdent cet atout, cela représente pour
nous une avancée énorme. La question palestinienne
disparaîtra des agendas.» (interview dans le supplément
week-end du Yediot Aharonot, 7 décembre 2001).
- Leur objectif immédiat
étant de faire disparaître les Palestiniens de l'agenda
international, le massacre, la famine, l'évacuation forcée
et la «migration» peuvent se poursuivre imperturbablement,
aboutissant si possible à la vision à long terme
de Sharon, concrétisée dans les plans militaires.
L'objectif immédiat de quiconque se sent concerné
par l'avenir du monde, doit être de faire cesser ce processus
de déchaînement du mal. Comme l'écrivait
Alain Joxe en conclusion de son article dans Le Monde:
«Il serait donc temps pour les opinions publiques occidentales
de reprendre le contrôle de ce débat et d'obliger
les gouvernements à plus de conscience morale et politique,
face au désastre qui se précise, à savoir
un état de guerre permanent contre les peuples et les
nations arabes et musulmanes, la réalisation du double
fantasme de Ben Laden et de Sharon.» (17 décembre
2001).
- Notes
- 1./ Pour les détails
de ce plan opérationnel, consulter Anthony Cordesman,
«Peace and War: Israel versus the Palestinians A second
Intifada?» Center for Strategic and International Studies
(CSIS), décembre 2000, et le résumé par
Shraga Eilam, «Peace With Violence or Transfer»,
Between The Lines, décembre 2000.
- 2./ Ce document peut être
consulté sur:
- <http://www.gamla.org.il/english/feature/intro.htm>
- 3./ Pour une vue d'ensemble
sur les assassinats de terrosistes du Hamas par l'Autorité
Palestinienne, lire mon article «The A-Sherif affair»,
Yediot Aharonot, 14 avril 1998:
- <http://www.tau.ac.il/~reinhart/political/A_Sharif.html>
- 4./ L'article (en hébreu)
peut être consulté sur:
- <http://www.tau.ac.il/~reinhart/political/01GovmntObstacleToPeace.doc>
- Traduit de l'anglais par
Giorgio Basile 31 décembre 2001
- <webmaster@solidarite-palestine.org>
- L'adresse URL de cet article
est la suivante :
- <http://www.globalresearch.ca/articles/REI201A.html>
Nous avons déjà parlé
de cet auteur (ggb 5). Signalons
la parution, aux éditions de la fabrique, d'un volume rassemblant
des articles de l'excellente Tanya Reinhardt, Détruire
la Palestine ou comment terminer la guerre de 1948, 160 p.,
14,50 _.
DE
LA MÊME PLUME
- Jenin, The
Propaganda War
- by Tanya Reinhart
- In Israel, Jenin is perceived
mainly as a public relations problem (called in Hebrew 'hasbara'
-explaining). It appears even that the army and the government
believe that Israel is winning the propaganda battle. After all,
all relevant principles of this battle have been strictly adhered
to:
- The first principle: No
pictures or information in real time! The IDF (Israeli army)
managed to fully prevent the media from entering Jenin during
the events. Thus, all we were left with were 'conflicting reports'
- a stream of horrible accounts coming from Palestinian witnesses
who escaped the refugee camp - and the IDF's utter denial. In
the meanwhile, the work of destruction could continue undisturbed
for ten days.
- On the seventh day of
Israel's 'operation' in Jenin, (April 9), it was reported in
the Israeli media that the army was nevertheless worried. "Officers
of the IDF expressed their shock" about what happened in
Jenin: "When the world will see the pictures of what we
have done there, it will cause us enormous damage." (Ha'aretz
Hebrew edition, Amos Har'el and Amira Hass, April 9, 2002). Peres
even slipped and mentioned the taboo word "massacre"
(which he immediately denied of course).
- Israel's counter attack
was immediately launched. "The Foreign Ministry is mobilizing
forces to counter Palestinian allegations that IDF forces conducted
'a massacre' in the Jenin refugee camp" (Ha'aretz, April
10, 2002). A special PR center of the IDF and the Foreign Ministry
was formed in Jerusalem, and its representative, Gideon Meir,
passed to the press the major principles of the Israeli version:
a/. "What happened in Jenin was a fierce battle and not
a massacre." ("The main diplomatic ammunition"
in the campaign's "arsenal is that 22 Israeli soldiers have
been killed in the fighting"). b/. "The battle was
fierce because the IDF sought to minimize civilian suffering."
c./ The PR campaign should direct attention to the Israeli casualties
in terror attacks. (Ha'aretz Hebrew edition, Anat Cigelman
and Aluf Ben, April 9, 2002.)
- The second principle of
the propaganda battle: If you have full control over the local
media, you can pass anything. These messages have been repeated
since, again and again, not only by all politicians and Israeli
spokesmen, but also by almost every reporter, weaved into the
news reports, and by the analysts and columnists, disguised as
spontaneous acts of expressing an educated opinion. Here is Ha'aretz
editorial version of the propaganda line: "There is evidence
of intense combat, but, with appropriate caution, it can already
be said what did not happen in the Jenin refugee camp. There
was no massacre. No order from above was given, nor was a local
initiative executed, to deliberately and systematically kill
unarmed people" (Ha'aretz, April 19, 2002, editorial
column).
- This line is pretty sophisticated.
The word 'massacre' may bring to mind soldiers moving from house
to house, shooting everyone they find -men, women and children
(as in Sabra and Shatila). Such massacre clearly did not take
place in Jenin. No Palestinian source ever described the facts
this way (see (1) in the appendix). Still, Ha'aretz and
everyone else insist on falsifying just this specific interpretation
of the word. What did clearly happen in Jenin is that the army
simply ignored the fact that there were an unknown number of
individuals and families in the areas which were bombarded day
and night by missiles from 'Cobra' helicopters, or even in some
of the houses erased by bulldozers to pave ways for the tanks.
No one came to shoot them individually; they were just buried
under their bombarded or bulldozed homes. Others died of their
wounds in the alleys, or cried for days under the ruins, until
their voices faded away.
- Bit by bit, testimonies
of reserve soldiers are filtering through the back pages of the
Israeli media: "After the first moments of the fighting,
when a commander was killed... the instructions were clear: shoot
every window, sew every house - whether someone shoots from there
or not." To the question whether he saw civilians get hurt,
the reservist answered: "Personally -- not. But the point
is that they were inside the houses. The last days, the majority
of those who came out of the houses were old people, women and
children, who were there the whole time and absorbed our fire.
These people were not given any chance to leave the camp, and
we are talking about many people" (Ofer Shelah, Yediot
Aharonot's weekend supplement, April 19, 2002).
- For many, such descriptions
are sufficient to make them shiver, and they don't really care
whether the right word for this is 'massacre'. For the success
of the PR campaign, it is therefore necessary to stress that
we are not talking here about shelling and killing civilians,
but about a fierce battle, in which civilians may also get occasionally
killed.
- According to the Israeli
army, in the Jenin refugee camp, where 15,000 residents are crowded
densely, there were a few dozen wanted terrorists, and several
hundred armed men. What is considered appropriate for such battle
conditions? The PR center clarifies this in its second principle
above: It was possible to erase the whole camp, with its residents,
with a few precise hits of F-16 bomber jets, and, thus, eliminate
all the terrorists with no casualties to the Israeli army. But
the army took an enormous risk of actual fighting, in order to
save Palestinian life. If this is the range of options, The Israeli
army proved in Jenin that it is a truly humane army.
- It may take a while before
we (Israelis) start to digest what we did in Jenin. I don't have
the words yet to speak about my shame, my horrible pain for the
Palestinian people. Therefore I speak about what we did to ourselves.
A dear friend of mine was murdered three days ago in a trip in
Sinai -- a painter and computer expert, in the draft resistance
circle. By informal reports, his murderer was an Egyptian who
sought revenge for the murder of the Palestinians. He could not
distinguish between my friend and the nice reserve fellows from
Jenin that we saw and heard so much about the last few days.
In fact, they do look similar, and many of these guys are also
in computer business. Itai Angel, the young journalist who interviewed
reservists on channel 2 TV news last Friday night, has possibly
managed to convince many in our little bubble that such nice
guys, by their very nature, cannot possibly, commit a massacre.
Therefore, there was no massacre -- there was a fierce battle
and we are OK. But outside our bubble, nobody watches Itai Angel.
They watch the ruins of Jenin. We are turning the whole Muslim
world against us.
- APPENDIX: THE BATTLE OVER
THE BODIES
- (1) Reports on individual,
purposeful, shooting of unarmed civilians by soldiers (executions)
regarded only shooting of men. Here is one such testimony, reported
in greater detail by the British Independent: "Fathi
Shalabi watched his son die. The two men were standing side by
side with their hands up when Israeli soldiers opened fire on
them. Mr Shalabi's son, Wadh, and another man who was with them
died instantly, but the 63-year-old Mr Shalabi survived. He lay
on the ground pretending to be dead for more than an hour while
his son's blood gathered around him... Mr Shalabi described what
took place. Soldiers ordered his family and Mr Al-Sadi down a
narrow alley. 'In cover behind the corner were four soldiers.
The two young men with me were carrying baby children, and the
soldiers did not shoot at them.' Wadh Shalabi was carrying his
four-month-old son, Mahmoud. The soldiers ordered the men to
hand the children over to their mothers and told the women and
children to go into the next-door house. Then they ordered the
men to raise their shirts and show they were not wearing suicide
belts. 'The soldiers were about three metres away. I heard the
names of two of them; they were Gaby and David.' He said that
the soldier called Gaby appeared to be in command. 'They saw
Abdul Karim had a plaster on his back. Suddenly Gaby shouted
'Kill them!'." (The Independent, Justin Huggler and
Phil Reeves April 21, 2002).
- These two dead men were
civilians. However, even shooting surrendering soldiers is a
war crime. The Hague Tribunal found Bosnian Serb General Radislav
Krstic guilty of Genocide for his role in the killing of Muslim
soldiers and males in Srebrenica in 1995. Muslim women and children
were not killed, but expelled from the town. In the mass graves
in Kosovo as well, mostly male bodies were found.
- (2) Though Jenin was sealed
to the press, pictures of the battlefield, shot with local amateur
video cameras, were broadcasted, mainly on Arab TV. They showed
alleys lined up with male bodies (many armed). This is to be
expected, given that there was indeed a serious battle in Jenin.
In early reports of the Israeli army, the number of these bodies
was estimated as 200. The Palestinian figures were much higher.
As the time was reaching to open the camp to the press, the army
expressed, as we saw, serious concerns regarding the "PR"
effects of the scenes on the ground. It is appropriate to
wonder what happened with these bodies.
- On Friday, April 12, it
was reported that "the IDF intends to bury today Palestinians
killed in the West Bank camp. Around 200 Palestinians are believed
to have been killed in clashes with Israeli soldiers since the
start of the operation last week... Military sources said until
now the IDF has not buried any of the bodies. The sources said
that two infantry companies, along with members of the military
rabbinate, will enter the camp today to collect the bodies. Those
who can be identified as civilians will be moved to a hospital
in Jenin, and then on to burial, while those identified as terrorists
will be buried at a special cemetery in the Jordan Valley. One
Israeli source said that the decision to bury the bodies was
taken to prevent the Palestinians from using the bodies for propaganda
purposes...The Palestinian Authority has expressed concerns
that Israel is trying to hide the large number of dead, since
it has blocked Palestinian medical teams from evacuating the
dead and wounded from the camp during the past week. " (Ha'aretz,
April 12, Anat Cigelman, Amos Harel and Amira Hass).
- Apparently, no one in
Israel was particularly concerned then about issues of international
law, mass graves, etc. So ample further information was provided
on TV news the evening before about the preparations: Special
refrigerating trucks [Sonderwagen ? ] were
shown waiting to transfer the bodies to "terrorist cemeteries"
in the Jordan valley. However, a petition to the high court interfered.
"The High Court of Justice issued an interim order Friday
blocking the IDF from moving out the bodies of dead Palestinians
from the Jenin refugee camp in the West Bank. A panel of three
justices will hold a full discussion on the matter [Sunday] morning,
following a petition by Adalah, the Legal Center for Arab Minority
Rights in Israel and LAW - The Palestinian Society for the Protection
of Human Rights and the Environment. MKs Mohammed Barakeh (Hadash)
and MK Ahmed Tibi (Ta'al-Arab Movement for Renewal) also filed
similar petitions...The petitioners claim the army's decision
violates international law as the Jordan Valley cemetery will,
they claim, be basically a mass grave, thus damaging the honor
of the dead" (Ha'aretz, April 14, 2002, Amos Harel,
Gideon Alon and Jalal Bana).
- "MK Avigdor Lieberman
(National Union-Yisrael Beiteinu) has called for Justice Barak
to be removed from his post following the IDF decision. 'Barak's
decision is a vulgar and clear interference by the judiciary
in the decision of the executive..'" (there). His worry
may have been premature. When the full discussion was held on
Sunday (April 14), the high court turned down the petitions,
while recommending that "the army make use of the services
of the Red Crescent and local officials in Jenin to help locate
and identify bodies, subject to the considerations of the military
commanders." (Ha'aretz Hebrew edition, April 15 Moshe
Reinfeld and Anat Zigelman). It was reported that following the
temporary Supreme Court decision of Friday, the IDF stopped "clearing
the bodies" from the camp, waiting for the final decision
on Sunday. However, on Sunday, the media was already allowed
to the camp, and they found a scene of mass destruction, but
with roads clean of bodies: That's how Amos Har'el described
it in Ha'aretz: "The visit, which the army allowed
after a critical three-day delay, did not provide an unequivocal
answer to the question that everyone continues to fight over
-- the Israeli leaders and their spokesmen, and the Palestinians
-- how many Palestinians died during the fighting? We talked
with soldiers in Jenin, officers and rank-and-file troopers,
and all vehemently denied the accusations of a massacre of civilians.
The Palestinian residents who escaped gave reporters a completely
different version. But on the ground, yesterday, only one Palestinian
body was to be found in the open, in an area where most of the
fighting took place" (Ha'aretz, April 15, 2002).
- Harel asks: "So what
happened to the rest of the bodies? The Palestinians say there
were 500 killed. IDF Spokesman Brigadier General Ron Kitri said
on Friday there were some 200, but then corrected himself with
a much lower figure." The formal IDF answer was given that
same day: "Israel Defense Forces officers now estimate that
dozens -- not hundreds -- of Palestinians were killed as a result
of the army's activities in the Jenin refugee camp. As of last
night, 46 Palestinian corpses have been located in the camp.
Updated estimates concerning the total number of Palestinian
fatalities in the camp now range between 70 and a little over
100. Officials believe that some of the corpses are still buried
under the rubble of houses demolished by IDF bulldozers"
(Ha'aretz, April 5).
- Not too many further questions
were asked In Israel regarding how the IDF's initial estimate
of 200 dead in battle turned out so over exaggerated. Here is
how the Ha'aretz editorial of April 19 (cited above) sums
the matter up: "In Israel, too, suspicions were raised that
there was truth to the Palestinian claims. Many feared that Jenin
would be added to the black list of massacres that have shocked
the world. The IDF contributed to those fears when it issued
a preliminary estimate of hundreds of dead in the camp (it turned
out that several score were killed, with the exact number still
unknown)".
- Yediot Aharonot, April 21, 2002
LA
TERRE EST SÈCHE
- Où
sont-ils les justes ?
- par Bellem
-
- On m'a souvent parlé
d'une femme de Lincé-Sprimont, morte depuis des années.
- Quand elle regardait
la terre de son jardin elle disait toujours :"elle est aussi
sèche que le coeur d'un juif".
- Je m'était toujours
dit qu'elle exagérait un peu.
- Après la guerre
de 40 , je me suis souvent "fait du mal" des juifs
et de leur millions de morts dans les camps nazis.
- J'ai pris part à
des cérémonies auquelles des représentants
d'Israël venaient dire "merci" à des gens
de chez nous parce qu'ils avaient caché des juifs pendant
la guerre.
- "Vous êtes
des Justes parmis les Justes". Il est vrai que des gens
de Cornemont, de Sprimont, d'Aywaille ont sauvé des juifs.
C'était des courageux, si les "boches" l'avait
appris cela aurait été la mort pour eux et leur
famille.
- Aujourd'hui les Israéliens
font comme les "boches" il y a 60 ans.
- En Palestine ils se
conduisent comme les nazis chez nous.
- Ils rentrent en Palestine
pour toutes sortes de raisons qui n'en sont pas.
- Avec leurs protecteurs
américains ils n'arrêtent pas de parler de terrorisme.
- Ils ne veulent pas admettre
que les Israéliens font de l'occupation.
- Quand notre pays était
occupé, les journaux de l'occupation et les collaborateurs
traitaient nos résistants de terroristes
- Et pendant ce temps,
on parle, on parle et on ne fait rien.
- Quand il y a eu les
guerres en Yougaslavie, Afrique, on y a envoyé des soldats
des NU. Ici rien.
- C'est le meilleur moyen
d'écraser la Palestine et de faire cadeau de leur terre
aux Israéliens. Ainsi ils n'auront même plus besoin
de la voler.
- Je suis allé
me promener à Lincé.
- Je me suis baissé
pour prendre en peu de terre dans mes mains.Je l'ai laissé
couler en poussière entre mes doigts et j'ai pensé
à cette vieille dame en me disant que la terre était
moins sèche que le coeur d'un juif.
- J'ai aussi pensé
que comme on cachait les juifs en 40 maintenant je cacherai bien
volontier des Palestiniens à la maison. Et par moment
je deviendrais un terroriste.
- Quelle fierté
si Arafat me prenait dans ses bras en me disant que je suis un
Juste!
- Les annonces de l'Ourthe
(Belgique),<samuel.piroton@vlan.be> Traduit du wallon.
BARBARES
À LA BARRE
- Understanding
the suicide bombers
-
- By Gilbert Blythe
- According to Israelis
and their supporters in the American media, Palestinian suicide
bombings are an unfathomable evil, the work of deranged men.
Only savages, we are led to believe, could kill women and children
by blowing themselves up. If American commentators even attempt
to explain the attacks it is to remind us that the Muslim paradise
is populated with beautiful virgins, and to suggest that the
bombers may be sex maniacs.
- In fact, it is not hard
to understand the suicide bombers. First, they have a burning
desire to kill Israelis, and second, they have no other way to
do it. They want to kill Israelis because they believe Israelis
have taken their land. Israelis have built hundreds of Jewish
settlements on land Palestinians think belongs to them. Israelis
have bulldozed their houses, uprooted their olive groves, killed
their men, and humiliated their women and children. The United
Nations has condemned Israeli actions again and again, but Israel
-- thanks to the support of the United States -- flouts world
opinion. Palestinians believe they have suffered every form of
dispossession and degradation short of extermination.
- Any people with a grievance
as deep as that wants nothing so passionately as to kill the
oppressor. The desire to kill, to take revenge, becomes stronger
than the desire for life itself. Palestinians do not have the
tanks, attack helicopters, and fighter-bombers America has given
Israel, so they fight with the only weapon they have: their bodies.
- The depth of Palestinian
bitterness is measured by the number of women who are now counted
among the suicide bombers. Women almost never volunteer for front-line
combat. For women to attack an enemy at the cost of certain death
for themselves is practically without historical precedent.
- Israel's apologists would
have us believe suicide bombing is sick and incomprehensible.
In fact, suicide attacks (and defenses) are the traditional tactics
of desperate men facing overwhelming odds, and the Palestinians
are clearly part of that tradition. Leonidas and his Spartans
knew they would die at Thermopylae, and were determined to take
as many Persians with them as they could. Perhaps Xerxes thought
they were sick or incomprehensible, but to the Greeks -- to the
entire West -- they are heroes. They gave their lives for their
homeland, and we honor their sacrifice. The men who died at the
Alamo could have run away, but they stayed and fought to the
death so that the republic of Texas could be born. Like Jim Bowie
and Will Travis, Palestinians believe their deaths will give
birth to a new nation for their people. Blood and soil -- those
are what men have willingly fought and died for throughout history.
- The Japanese kamikaze
pilots were the suicide bombers of the Second World War. They
were volunteers, ready to sacrifice their lives for emperor and
country. They were not afraid to die if they could sink an enemy
ship and perhaps turn back the American advance. All soldiers
in battle face the possibility of death, and some soldiers accept
certain death if they believe there is no other way to defeat
a stronger enemy. The families of the kamikaze pilots were proud
their sons showed such devotion to Japan, just as the families
of Palestinian suicide bombers are proud of their children.
- Why, though, must the
Palestinians kill civilians? Because they cannot hope to take
on the Israeli army. They cannot reach the men in the tanks and
fighter-bombers, so they kill their fathers, wives, and children
instead. It is an ugly and immoral way to fight, but that is
how the Allies fought the Second World War. When Britain and
America could not kill enemy soldiers on the battlefield they
killed their families from the air. The Germans and Russians
did the same. For desperate people, the distinction between a
soldier and his family means very little. To the Palestinians,
who see Jewish settlers of every age and sex as thieves and occupiers,
the distinction is virtually meaningless.
- The Palestinians are fighting
what all the world but Israel and America consider to be a war
of national liberation. They believe with all their heart that
they are fighting for their homeland, for their survival as a
people. It would be surprising if they did not use every means
at their disposal, no matter how sickening or violent, to free
their land from what is to them a brutal and alien tyranny. It
is blindness to dismiss them as incomprehensible madmen or to
sneer at their motives. For people who claim to admire Will Travis
and Leonidas, it is dishonesty to scorn the sacrifices of the
Palestinians or deny their love for what they believe to be their
country.
- Israel and its apologists
want to turn the world against the Palestinians by telling us
they are barbarians, impervious to reason, who must be crushed.
In effect, they want us to believe Palestinians are not fully
human, for thus do the Israelis justify to themselves and to
the world their own behavior.
- Gilbert Blythe is the
pen name of a Washington-area journalist.
- WTM Enterprises
- <http://www.thornwalker.com/ditch/blythe2.htm>
HUMANISME
JUIF (SUITE)
- Les soudards
israéliens pratiquent le viol
- Vendredi 5 avril. S'il
vous plaît, aidez-nous ! Mon nom est X [Nous avons supprimé le nom
par crainte des représailles qui pourraient être
exercées par l'armée. Je le tiens à la disposition
de personnes qui m'adresseront une demande crédible.]. Je vous écris ce soir,
il est 21h49 (heure locale) à Bethléem, en Palestine.
Il y a quelques années, j'ai quitté les Etats-Unis
avec des amis et suis arrivé au camp des chrétiens
de rite orthodoxe d'Antioche. Aujourd'hui, je suis dans la détresse
et vous écris à tous pour que vous aidiez notre
peuple en Palestine. La nuit dernière, des chars et des
soldats israéliens ont fait irruption dans nos maisons.
Vers 2h30 du matin, ils ont pénétré dans
la maison où vivaient ma soeur et son mari. Les soldats
s'en sont pris à ma soeur. L'un deux a procédé
à des attouchements sur elle et l'a violée de plusieurs
manières. Elle est enceinte de 4mois et il est plus que
probable qu'elle aura perdu son bébé. Lorsqu'il
en a eu fini avec elle, deux autres soldats ont fait la même
chose. Alors qu'elle refusait et tentait de se débattre,
ils l'ont battu, lui assénant des coups dans le ventre.
Son mari, Marwan, a reçu trois balles dans la nuque quand
il a essayé de s'interposer. Il est mort de ses blessures
ce matin, vers 5 heures. Quand ils ont fini de violer ma soeur,
ils l'ont jetée sur le lit. Toutes ces horreurs se sont
déroulées sous les yeux de l'aîné
des enfants, mon neveu X, âgé de sept ans. Après
avoir battu et violé ma soeur, les soldats ont volé
ses bijoux, son argent et d'autres objets, puis s'en sont pris
à différents objets dans l'appartement qu'ils ont
détruits. Ce matin, ma soeur pense qu'elle a fait une
fausse couche. Les soldats sont aussi venus chez nous. Grâce
à Dieu, mon père avait du liquide (près
de 2000 shekels, la monnaie israélienne). Il l'a donné
aux soldats. Il a également enlevé ma chaîne
en or et les bijoux de ma soeur cadette et de ma mère.
S'exprimant en hébreu (langue que nous comprenons), les
soldats ont dit à mon père que sa femme était
trop vieille et moche pour qu'ils aient envie de la forcer, et
que nous devrions nous en réjouir, mais qu'ils s'étaient
tous "fait" la femme de l'appartement voisin (ma soeur).
Ma mère a alors prié les soldats de permettre qu'on
apporte des médicaments à ma soeur et que l'on
enlève le cadavre de mon beau-frère. Ils ont refusé.
Ma pauvre mère était trop terrifiée pour
pleurer sur ce qui s'était passé parce qu'elle
pensait qu'ils allaient nous tuer nous aussi.
- Nous ne sommes pas musulmans
mais grecs orthodoxes, c'est-à-dire des chrétiens
comme vous. Nous sommes persécutés et n'en voyons
pas la fin. Votre pays ne vous permet pas de savoir ce qui se
passe et ce que subissent réellement nos populations.
En communiquant par téléphone portab