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 LA GAZETTE DU GOLFE ET DES BANLIEUES



Nouvelle série


 

 Numéro 8 -- mai 2002

>gazettegb@yahoo.fr<

Nouvelles en français et en anglais

Créée en 1991 par Serge Thion

News in French and English

Established 1991 by Serge Thion

US GO HOME


ISRAEL DESERVES EXTINCTION

GUERNICA JENINE

LES BOUCHERIES DE JENINE

NOUS VOULONS TOUT SAVOIR

LES SONDERKOMMANDOS ISRAELIENS

FONT UN GRAND NETTOYAGE ETHNIQUE

LES SOUDARDS JUIFS PILLENT, VIOLENT, AFFAMENT ET MASSACRENT COMME CEUX DE GENGIS KAHN

ILS RASENT LES VIEILLES VILLES

 

HOMMAGE AUX MARTYRS

 

SHARON A SHARENTON

COMMENT DIT-ON "MERCI ADOLF" EN HÉBREU ?

 

MILLE BRAVOS AUX INTERNATIONAUX QUI

S'INTERPOSENT EN PALESTINE

 

BUCHENWALD GUANTANAMO KSEIOT

 

L'EUROPE : COMBIEN DE DIVISIONS ?

LES JUIFS DE LA DIASPORA SE SOLIDARISENT

MASSIVEMENT AVEC LES CRIMES CONTRE L'HUMANITE

 

TREMBLEZ JUIFS DE PALESTINE,

CE QUE VOUS FAITES A VOS ENNEMIS

VOS ENNEMIS VOUS LE FERONT


LE MEURTRIER SOCIALISTE DE NANTERRE S'ETAIT RECUEILLI,

EN ISRAEL, SUR LA TOMBE DE BARUCH GOLDSTEIN


US CITIZEN: YOUR REPRESENTATIVES ARE BOUGHT UP BY ISRAEL

ANACONDA OU ORVET ?

 

OU EST BEN LADEN ? ENTRE LES DEUX TOURS


POUR LA DISSOLUTION D'ISRAEL

LE BIROBIDJAN, C'EST PAR LÀ =========>


Contributions des Civils Internationaux, de Tanya Reinhard, Israël Shamir, Norman Finkelstein, Bellem, Robert Fisk, Ariel Sharon, O. bin Laden, José Bové, Phil Reeves, Eric Margolis, Alain Lipietz, Thierry Meyssan, et beaucoup d'autres...


New York Times reporter Chris Hedges wrote in October's Harper's magazine that he has visited many war zones, but only in Gaza has he found soldiers killing children "for sport."


Toute la population du pays se recueillera alors en observant une minute de silence en mémoire des 21.182 victimes des guerres et des attaques terroristes, depuis l'établissement des premiers pionniers [= envahisseurs] sur la terre d'Israël, [= la Palestine arabe] en 1860. La presse israélienne.


Et les centaines de milliers de morts arabes tués par les juifs depuis 1860 ?


Si les Israéliens ne veulent pas qu'on les compare aux nazis, ils n'ont qu'à arrêter de se comporter comme des nazis. Norman Finkelstein, 14 avril 2002


The IDF is one of the most humanitarian armies in the world,

Général Eyal Schlein, commandant en chef des bouchers de Jénine, 12 avril 2002, conférence de presse.


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Edito

I Sur le baratin de l'antisémitisme

Un dame juive, dont la judéité est attestée par le prénom ridicule de Nonna, Mme Nonna Meyer donc, chercheuse au CNRS travaille dans une officine méconnue, le "Centre d'étude de la vie politique française, en russe Cevipof. On y pratique le sondage d'opinion politique. Le 21 avril au soir, on a vu ce que valaient les sondages politiques. Quelle rigolade! La dame russe nous fournit donc un article, dans Le Monde du 4 avril, intitulé "La France n'est pas antisémite". La nature idéologique d'un tel prononcement n'échappera à personne. Alors que les agités du sionisme, qui veulent à toute force faire taire les critiques devant les comportements scandaleux de l'Etat juif en Palestine, se répandent en lamentations sur le fait que "la France" serait non seulement "antisémite" mais retournée à de "vieux démons" qui pourraient amener les juifs, demain, à Drancy, en route pour Auschwitz. La barynia Meyer et quelques autres esprits distingués, non moins sionistes, mais peut-être politiquement plus retors, nous disent que non. Il est évident que tout le monde s'en fout.

D'abord, on ne voit pas pourquoi il faudrait reconnaître à tel ou tel groupuscule de juifs le droit de dire si la France est ou non atteinte d'une sorte de maladie transcendantale, qui la rendrait inacceptable aux yeux du reste de l'humanité, c'est-à-dire de quelques autres groupes de juifs à New York ou ailleurs. Les donneurs de certificats et les colleurs d'étiquettes sont prier d'aller officier ailleurs.. Ceux qui ne sont pas contents de voir brûler leur lieu de culte n'ont qu'à aller en Israël où l'armée assiège, canonne et mitraille les lieux de culte, avec des gens dedans.

Ensuite, cette probable descendante des Turcs khazars, nous raconte tout un tas d'histoires sur ce que disent les sondages depuis vingt ou trente ans qu'elle en fait. Elle défend son biftèque. Mais elle ajoute cette remarque: "Tout se passe comme si la situation explosive du Proche-Orient et la réprobation suscitée par la politique d'Israël dans les territoires [elle oublie de dire "occupés"] rejaillissaient négativement sur l'image de tous les juifs, libérant un antisémitisme jusque-là latent mais censuré. Il y a moins d'antisémites honteux, ils sont plus nombreux à oser exprimer tout haut ce qu"ils pensaient peut-être [nous soulignons] tout bas." Comme elle ne sait pas ce qu'ils pensaient, elle leur attribue gentiment un "antisémitisme honteux". Voilà bien un concept inventé par des antigoyistes déclarés!

Faut-il rappeler que des lois, surtout depuis trente ans, empêchent les gens d'exprimer des pensées qui, sans être "honteuses", peuvent leur causer beaucoup d'ennuis, aux mains d'officines spécialisées dans le racket politique et financier ? Le Sévit-popof interroge donc des gens sur des choses qui peuvent les amener en cabane ou leur coûter beaucoup de blé, ou leur situation... Il ne faut pas s'étonner s'ils mentent. Peut-être les événements récents en Palestine, le spectacle de la barbarie dans ce qu'elle a de plus ignoble, poussent-ils à laisser aller des indignations. Mais la cévipovienne Mayer aurait bien tort d'y voir autre chose qu'une fenêtre, ouverte un instant, sur des profondeurs dont les sondés lui refuseront, et à juste raison, l'exploration intéressée. Que mesurent, en fin de compte, ces sondages politiques: la prudence ou la cautèle des indigènes qui daignent se mettre dans la peau du "sondé", un improbable Monsieur Français Moyen. Mais il y a des foules de sondeurs qui réclament leur pitance...

Enfin, ces sondages s'interdisent d'explorer le lien que les opinions pourraient avoir avec la réalité. La question sempiternelle du "pouvoir" qu'auraient les juifs (en France, ou ailleurs) n'a aucun sens si elle est déconnectée de ce qui se passe dans le monde politique, et dans celui des affaires, puisque ces mêmes sondeurs et autres idéologues qualificateurs s'interdisent de faire des études sérieuses sur la nature et la réalité ou l'évolution de ces "pouvoirs". Si le créneau des analyses et des commentaires politiques dans les radios et les télévisions est occupé -- faisons une supposition au hasard -- par 50% de juifs, dans un pays où, malgré les chiffres toujours gonflés, les juifs ne représentent pas plus de 1% des gens, est-ce qu'il est "antisémite" de le constater ? La réponse semble être "oui" si vous n'êtes pas juif et "non" si vous l'êtes.

On voit que ces sondages, et le travail de tous ces popofs, sont absolument bidonnés. Pour qui ne pratique pas le sondage mais l'observation sans oeillères, il est assez évident que les Français se méfient des juifs, et tout particulièrement des juifs pieds-noirs, chez qui se trouvent de formidables escrocs et de redoutables baratineurs. Mais les Français en ont vu d'autres et c'est le cadet de leurs soucis. En revanche, la solidarité éhontée, bruyante, cynique de tout un tas de milieux juifs avec les génocidaires sanglants qui écrasent la Palestine sous leurs bottes de fer, données par ces cons d'Américains, ça, oui, ça chauffe les sangs.

Et pour faire monter la sauce, les services spécialisés du Mossad reprennent toujours le même truc, bien qu'ils se soient fait pincer à Baghdad en 1950, ils attaquent les synagogues (incendies, bombes, grenades). C'est le meilleur moyen de provoquer de l'immigration en Israël et surtout d'interdire les critiques. Les dirigeants israéliens ne cachent pas que leurs multiples guerres ne peuvent être (provisoirement) gagnées que par un soutien extérieur, sans lequel leur machine militaire s'arrête en dix jours. Il est même plus important d'avoir du "soutien" que des chars. La vraie guerre de Palestine se déroule ici, et non pas dans les champs pierreux d'où les juifs ont arrachés les vieux oliviers. D'un côté, on a les terroristes du Mossad et du Betar qui agissent masqués, de l'autre, l'infanterie lourde des "culpabilisateurs" (l'antisémitisme monte, voir le CRIF et autres organisations de la propagandastaffel), et les francs-tireurs, genre Nonna Mayer, qui disent "non, la France n'est pas antisémite, mais évidemment il y en a et il faut les faire taire". Par exemple en recourant à cet énorme mensonge, couvert par de prétendus sondages: "Sur Vichy et la Shoah, enfin, il y a quasi-unanimité pour pénaliser la négationnisme, approuver la déclaration de Jacques Chirac sur les responsabilités de l'Etat français et soutenir les demandes de réparations pour les spoliations subies par les juifs". Quand on voit de telles énormités, on se prend à se demander si, finalement, tous ces juifs, avec leurs discours contradictoires, ne sont pas tous à la poursuite du même but, par des chemins différents pour traiter des publics différents, à savoir soutenir le droit à la survie d'un mythique "peuple juif" qui ne peut prospérer, l'expérience historique le prouve, que par le massacre sans fin des ses voisins de Canaan et de tout l'Orient.

Israël manifeste que son règne, en Palestine, n'a plus qu'un seul fondement, tout le reste s'étant dissipé: la terreur, pure et simple, déshumanisée, mécanique, électronique: l'état-major des massacreurs regardait se dérouler les massacres en direct, sur les écrans, avec les images fournies par les drones tournant au dessus de Jénine crucifiée. Un vrai rêve américain. Est-ce que le règne d'Israël sur les autres parties du monde, qui doivent le nourrir et l'approvisionner de toutes les façons, se fera aussi par la terreur, pure et simple? That is the question.

II Solidaires

Pour la première fois dans l'histoire du pays de France, les juifs ont défilé seuls. A l'appel des instances dites communautaires, un très grand nombre de juifs français, 100 ou 200.000, ont manifesté à Paris et d'autres dans quelques villes de province. Personne ne pouvant sérieusement douter que les prétendus attentats antisémites sont le fait des affidés de l'ambassade israélienne, la dimension de protestation contre des "actes anti-juifs" est quasiment passée à la trappe. Ce qui est apparu avec force, c'est la solidarité de ces juifs français, très représentatifs de ce qu'on appelle la communauté, dont le périmètre est assez réduit, avec les entreprises génocidaires et criminelles de la société israélienne. Cette solidarité librement consentie, ardemment proclamée, fait de la communauté un groupe complice de ces crimes. Rien ne les obligeait. Quelques-uns ont su les dénoncer. La volonté éperdue de s'assimiler aux auteurs de ces crimes contre l'humanité rend les dirigeants et les militants de la communauté comptables des massacres au Proche-Orient. Ce sera à eux d'en supporter les conséquences.

Et on ne parle même pas des agressions tous azimuts des fascistes du Bétar, couverts par les organisations juives ayant pignon sur rue.


III La Sixième Guerre

Après 1948, 1956, 1967, 1973, qui étaient des guerres faites par Israël à tous ses voisins arabes (ou presque), il y eut la cinquième guerre lancée en 1982 par Sharon et Begin contre le Liban et les Palestiniens armés. Contrairement aux autres, cette guerre a duré longtemps. Après plus de quinze ans de massacres et d'intrigues, usé par les pertes et malade d'impuissance, Israël a dû reculer et évacuer le territoire libanais. Devant l'irrésistible montée de la demande palestinienne, qui a amené la première intifada et les sept ans de négociations où les Israéliens se sont arrangés pour ne pas donner ce qu'ils avaient promis de donner en échange de l'arrêt de l'intifada, les dirigeants sionistes ont décidé de lancer la Sixième Guerre contre les Arabes, c'est-à-dire les Palestiniens dont les droits imprescriptibles réduisent et annihilent les prétentions juives sur des territoires qui n'appartiennent qu'à leurs légitimes et immémoriaux occupants, les Arabes palestiniens.

Israël a gagné des batailles mais n'a jamais gagné une seule guerre. Les batailles ne font que préparer les suivantes. Israël est en train de rouvrir des camps de concentration dans le désert du Néguev. Merci Adolf. La Gestapo israélienne entend y interner des milliers ou des dizaines de milliers de jeunes hommes palestiniens qui pourraient être soupçonnés de participer à la lutte contre Israël. Mais ils ont tort. Ils devraient rafler les enfants de cinq ans. Ce sont eux qui chasseront les Israéliens avec la force et l'irrésistible désir de revanche que leur donne chaque jour un peu plus les sauvageries de l'armée israélienne.

IV Rosiers

Depuis le VIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui, ce n'est qu'une suite de d'horreurs et de persécutions, dixit Jacques Lanzmann qui vend un livre appelé Rue des rosiers. Pour être restés là pendant douze siècles malgré les persécutions, ils doivent être fameusement stupides. Il est à noter que, comme son frère, de France-Dimanche et des Temps Modernes réunis, il invente les camps de concentration.


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LES INTERNATIONAUX


 

Le vendredi 29 Mars 2002 les troupes israéliennes envahissaient Ramallah. Depuis ce jour l'armée israélienne mène sur les territoires palestiniens une campagne militaire de destruction et d'assassinats massifs.
Les soldats israéliens rasent les habitations, bombardent les immeubles civils, raflent des centaines de Palestiniens. Ils tuent hommes, femmes et enfants, sans aucune distinction. Ils envahissent les hôpitaux, détruisent les stocks de médicaments et tirent sur les ambulances. Les premiers témoignages de tortures, lors d'interrogatoires dans les centres d'internements massifs, nous parviennent. A Jénine des centaines de Palestiniens ont été tués. Chaque jour la situation empire, la barbarie de l'armée israélienne semblant sans limite.
Face à ce déchaînement de violence, le peuple Palestinien résiste avec comme principales armes son courage et sa détermination. Par solidarité, plusieurs centaines d'internationaux sont présents en Palestine, à Ramallah, dans le palais présidentiel, dans les hôpitaux, à Jérusalem-Est et dans les camps de réfugiés. Leur présence destinée à protéger le peuple Palestinien est une réponse au silence des gouvernements occidentaux.
L'absence de réaction significative de la France la rend complice de la barbarie de l'armée d'occupation israélienne.
Aujourd'hui, dimanche 14 avril 2002, nous avons décidé de réveiller M. Jospin, Premier ministre, pour lui rappeler le courage dont font preuve l'ensemble du peuple Palestinien et nos camarades présents en Palestine, courage qui souligne la lâcheté du gouvernement français.
Paris, le 14 Avril 2002
Collectif des Camarades des Internationaux de Ramallah
Nous désobéissons à l'« invitation » d'abandonner Ramallah


Communiqué de presse des désobéissants italiens, Ramallah, 2 avril 2002

Nous, mouvement des Désobéissant(e)s du Nord-Est, nous n'avons certainement jamais demandé de l'aide au gouvernement pour quitter l'enfer de Ramallah.
Bien au contraire, notre appel est celui de former une délégation officielle italienne et européenne se rendant disponible à assumer, avec nous, le rôle de protection à l'égard de la population civile palestinienne.
Nous ne sommes pas prisonniers de l'armée israélienne ou du moins pas plus que ne le sont les citoyens palestiniens et c'est avec eux que nous voulons rester jusqu'à ce que soit garantie leur sécurité.
Nous avons démontré par notre présence qu'il est possible d'entrer et de sortir de Ramallah et qu'il est fondamental d'y être: garantir la protection des hôpitaux, des habitations, des femmes, des hommes et des enfants victimes de l'occupation.
Et donc nous nous demandons comment est-il possible que jusqu'à maintenant personne ne se soit bougé concrètement pour faire cesser les massacres, les rafles, les exécutions sommaires dont nous sommes témoins et que nous témoignons quotidiennement.
Combien de temps, combien de morts, quelle dévastation, combien de sang devra couler avant que les institutions européennes, les parlements, les gouvernements, l'Onu invisible, assument leur rôle politique ?
En attendant, dans un des trous noirs de l'Empire de la Guerre Globale Permanente, nous nous y sommes !
Ramallah, Palestine, Planète Terre, 2 Avril 2002
Seconde année de la Guerre Globale Permanente
Traduction Ludovic Prieur, samizdat.net.

 

Wu Ming en Palestine

Une délégation de Wu Ming (N.d.T. : groupe d'écrivains proches des "désobéissants" italiens) partira aujourd'hui 3 avril pour la Palestine, avec les parlementaires et des membres du monde de la culture qui ont décidé d'apporter leur soutien au peuple palestinien et aux pacifistes internationaux bloqués à Ramallah. Depuis des jours, un groupe de pacifistes et de journalistes résiste barricadé dans un hôpital et un hôtel de Ramallah. Ce sont les seuls témoins des ratissages en cours et des exécutions sommaires dans les rues de la ville. Eux seuls gardent ouvert un canal humanitaire entre Ramallah et le reste du monde, tandis qu'alentour les tireurs d'élite tirent, les chars détruisent, des hommes et des femmes palestiniens sont tués de sang-froid. Pendant qu'Israël et la Palestine se consument dans le feu et le sang. Devant le scandaleux silence de la diplomatie internationale, la société civile, ses parlementaires, ses hommes et ses femmes de culture, décident d'intervenir. Les pacifistes internationaux sont les seuls qui ont tenté d'éventer avec leurs propres actions pacifiques la solution finale mise en oeuvre par le gouvernement d'Ariel Sharon. Ils ont démontré au monde qu'il était et qu'il est possible d'être en Palestine comme force d'interposition de paix, tandis que l'ONU, l'Union européenne et les autres organismes internationaux n'ont pas bougé un doigt pour éviter le pire. Cette action à laquelle nous participons est une action de diplomatie par le bas, accomplie par la société civile globale au coeur de la guerre civile globale, pour contraindre les "vrais" diplomates à agir. Nous allons rejoindre ces camarades. Leur geste ne doit pas tomber dans le vide. Le peuple palestinien ne peut être abandonné au massacre indiscriminé. Nous y allons avec des députés et un Prix Nobel. Nous y allons en qualité d'écrivains engagés dans le mouvement contre la Guerre Civile Globale. Pour ne pas voir tué l'espoir en un autre monde possible.
Wu Ming
(communiqué traduit par S. Quadruppani)
 
 
Au président en exercice de l'Union européenne José Maria Aznar, aux gouvernements des Etats membres de l'Union européenne Nous sommes les Désobéissants, citoyens européens de la caravane "Action for peace" qui, ces jours-ci se trouve en Palestine, en train de vivre la tragédie de la guerre en cours. Nous avons été dans les villes assiégées par l'armée israélienne où nous avons pratiqué la diplomatie d'en bas, assumé une fonction d'observateurs internationaux et de garants de la sécurité de la population civile, comblant ainsi un inacceptable vide d'initiative politique de la Communauté internationale. Certains d'entre nous sont encore dans cette ville sous les bombardements, témoins des horreurs de cette guerre. Nous avons vu le peuple palestinien privé de la liberté et des droits fondamentaux, agressé et humilié dans sa dignité, comme nous avons vu le peuple israélien vivre dans la terreur, enfermé dans des villes militarisées et otage de sa propre peur. Nous avons tenté, par notre présence, de dénoncer au monde cette situation, d'arrêter la guerre, de protéger les personnes, les hôpitaux, les ambulances devenues elles aussi objectifs militaires, au mépris de toutes les conventions internationales. Nous nous sommes unis aux pacifistes israéliens qui protestent depuis des années contre la culture de la guerre et nous avons manifesté pour soutenir les réservistes arrêtés qui se sont refusé de combattre. Nous avons donné notre sang aux blessés des hôpitaux.
Nous avons rencontré Yasser Arafat, prix Nobel de la paix, représentant élu du peuple palestinien, interlocuteur reconnu de la communauté internationale comme président de l'Autorité palestinienne. Nous avons constaté de quelle manière inacceptable le gouvernement israélien viole les accords internationaux signés à Oslo, piétinant la dignité d'un peuple aussi à travers l'humiliation de son chef. Nous, simples citoyens européens, nous avons mis en jeu nos vies, parce que nous croyons en une pratique politique qui construise par en bas des conditions de liberté, de justice, de paix et de dignité pour les peuples, pour construire une alternative possible à un monde dominé par l'injustice et par la guerre.
Pour ces raisons, nous demandons :
a) L'envoi immédiat d'une délégation de parlementaires européens, en qualité d'observateurs internationaux, afin de garantir la sécurité physique des populations civiles et le respect des droits humains.
b) la constitution d'un pont par l'envoi d'aides humanitaires, de matériel sanitaire et de personnel médical aux populations assiégées
c) L'approbation d'un document commun de condamnation de la politique du gouvernement d'Israël et par l'application de la résolution ONU sur le retrait des territoires occupés.
d) La suspension immédiate des relations diplomatiques des différents gouvernements de l'Union européenne avec l'Etat d'Israël. Pour ces raisons, nous "diplomates d'en bas", nous demandons la convocation immédiate d'une session extraordinaire du Conseil de l'Europe.
Jérusalem Est, 2 avril 2002
Les Désobéissants
Caravane Action For Peace
(traduit de l'italien par SQ : à ce qui en auraient besoin, rappelons une fois pour toutes que l'acte de traduire ne signifie pas forcément l'adhésion pleine au contenu des textes, mais le désir de faire circuler l'info)

Les mollassons opportunistes:

le 5/04/02 18:19, Françoise Blum à <fblum@wanadoo.fr> a écrit:

> J'aurais également souhaité une remarque sinon un commentaire sur la
> "solution finale" ou "solucion final" mise en oeuvre par Ariel Sharon dans
> le communiqué des Wu Ming deux fois diffusé sur cette liste.
Tu as raison, le terme était malheureux. la terreur d'Etat israélienne ne peut être mise sur le même plan que la solution finale nazie. [Voilà bien la racaille soc-dém, léchecutée par les socialos: l'antifascisme est une carte blanche donnée aux bourreaux juifs de Palestine. Ces gens sont à vomir. ] Il faut que le gauchisme renonce une fois pour toute à ces assimilations polémiques (type CR-SS). Dans le climat actuel, c'est particulièrement important. Contre le dit climat, des clarifications comme la libre opinion signée, entre autres par Rony Brauman et Vidal-Naquet, parue dans le Monde de hier soir, sont particulièrement bien venues.
sq (sur samizdat)

Il est certain de ces trémoussements de vierges apeurées, encouragés par la trémulation des "juifs de gauche de cour", vont impressionner les soudards israéliens qui descendent tout ce qui bouge dans les villes et dans les camps palestiniens, comme au casse-pipe. Devant le spectacle du massacre par les juifs, il y a toujours des gens pour défendre les juifs (juifs veut dire citoyen d'Israël, c'est ce que nous signifie la Loi du Retour).


Carta abierta de los 40 de la 'Muqataah', asediados con Arafat en Ramala, a Colin Powell
Ramala, Palestina, 14 de abril de 2002.
Traducción. CSCAweb (www.nodo50.org/csca)
"Estamos aquí para compartir la batalla palestina por la libertad y en especial para proteger al presidente Arafat, símbolo de este pueblo. Nosotros formamos parte de un movimiento global que durante los últimos meses ha ido reforzándose en la lucha global contra la injusticia, y de manera muy significativa en Palestina".
"Nosotros, ciudadanos procedentes de diversas partes del mundo y miembros de diversos movimientos sociales, participamos en la actualidad en una misión civil que tiene como objetivo la protección del pueblo palestino. Estamos aquí para compartir la batalla palestina por la libertad y en especial para proteger al presidente Arafat, símbolo de este pueblo. Nosotros formamos parte de un movimiento global que durante los últimos meses ha ido reforzándose en la lucha global contra la injusticia, y de manera muy significativa en Palestina. Durante el tiempo que hemos pasado aquí, hemos sido testigos de la brutalidad caprichosa del Ejército israelí, así como de las constantes trabas interpuestas a la intervención de las instituciones y gobiernos de todo el mundo.
Denunciamos las violaciones [por Israel] de la Cuarta Convención de Ginebra y la Declaración Universal de los Derechos Humanos.
Denunciamos la criminalización por parte israelí del derecho de los palestinos a resistir.
Denunciamos toda forma de terrorismo perpetrado contra civiles, ya sea el perpetrado por Estados, por organizaciones o por individuos.
Denunciamos las detenciones y deportaciones de civiles de todo el mundo que formaban parte de la misión civil de protección del pueblo palestino, así como la criminalización por parte israelí de las actividades de la sociedad civil internacional. El principal objetivo de Israel es librarse de los únicos testigos de los crímenes perpetrados por el Ejército israelí.
Pedimos el levantamiento del asedio contra el complejo presidencial y sobre la ciudad de Ramala.
Exigimos el fin de la ocupación militar y la política de cierres.
Exigimos que se inicie una investigación internacional sobre las masacres perpetradas en Jenín y Nablus.
Pedimos igualmente la entrada en vigor con carácter inmediato de sanciones contra Israel, consistentes en:
a) la ruptura de todos los acuerdos de libre comercio,
b) el fin de la cooperación militar con Israel,
c) el fin de la cooperación tecnológica,
d) la retirada de los embajadores de todos los países miembros de la UE de Israel.
Pedimos protección internacional para el pueblo palestino según las resoluciones de Naciones Unidas (NNUU).
Apelamos a todos los movimientos sociales para que vengan a Palestina y sean testigos de la puesta en práctica de las resoluciones 1402 y 1403 de NNUU y ayuden en la reconstrucción de las infraestructuras palestinas, especialmente en aquellas áreas y campamentos de refugiados destruidos por la ocupación militar israelí.
La paz es posible.
El presidente Arafat y el pueblo palestino han expresado de forma continuada su compromiso con la paz mundial.
Hoy, es nuestra responsabilidad, responsabilidad de la sociedad civil y de usted mismo, Sr. Powell, detener este círculo vicioso de violencia y prestar más atención a aquellos que, a pesar de su sufrimiento, están dispuestos a luchar por una paz justa para los pueblos israelí y palestino.
Firmado, Los 40 internacionales de la Muqataah."
 
 
Communiqué du 15 Avril des Internationaux présents aux cotés de Yasser Arafat
A nos dirigeants silencieux et à nos familles
Nous, citoyens de différents pays, sommes venus en Palestine il y a plus de 15 jours, dans le cadre d'une mission civile pour la protection du peuple palestinien. Ces missions, organisées depuis juin 2001, visent à manifester un soutien actif au peuple palestinien dans sa lutte pour sa souveraineté, son identité et sa terre, à souligner l'inaction complice des institutions internationales et des gouvernements devant l'occupation israélienne qu'ils ont pourtant condamnée, à appuyer, par une mobilisation des peuples, une internationalisation de la question palestinienne, à appeler à la création d'une force de protection internationale pour le peuple palestinien. La lutte des Palestiniens est singulière en effet parce qu'elle concerne au premier chef ce peuple et marque son histoire; sa dimension universelle est pourtant claire : les millions de manifestants du monde arabe, mobilisés ces jours-ci, les peuples du Sud en général, ou, plus précisément, tous les peuples qui subissent la domination d'un modèle économique libéral, ne peuvent accepter un avenir où la majorité des hommes et des femmes est exclue au profit d'une minorité. Cette lutte globale est aussi, et depuis l'occupation israélienne, le combat des Palestiniens. Notre engagement pour la protection du peuple palestinien nous a conduits ici à un moment dramatique quand le symbole du peuple palestinien, son dirigeant élu, Yasser Arafat, était soumis, dans ses quartiers généraux, à un siège d'une violence inouïe. Débutée le 29 mars au soir, l'attaque du palais présidentiel a fait deux morts et plusieurs blessés en deux jours. Nous avons réussi à passer les barrages dans la ville de Ramallah, déserte et déjà dévastée, le 31 mars, pour pénétrer dans le palais présidentiel, où nous sommes depuis.
Le siège, qui n'a pas été levé, garde toute sa rigueur: pas d'eau courante, manque d'alimentation et d'hygiène, électricité et approvisionnement soumis à l'arbitraire de l'armée israélienne. En revanche, il nous semble que la focalisation médiatique et diplomatique sur Ramallah a redonné un peu d'espace politique à Yasser Arafat, et rend visible la criminalité d'un assaut éventuel sur son quartier général. La menace d'une destruction imminente et d'une mort certaine pour les assiégés palestiniens a été écartée.
Notre présence ici fait aussi de nous des témoins privilégiés de la résistance et de la détermination palestinienne. Elle nous a permis, et nous permet encore aujourd'hui, de contribuer à l'internationalisation de la mobilisation et de montrer à quel point le mouvement social peut révéler la persistance de la conscience politique des peuples face à leurs institutions défaillantes. Par leur inaction, celles-ci se rendent complices de crimes, tels que les crimes de Jénine et de Naplouse, autant que de celui qui s'annonce à Bethléhem. La criminalisation du droit à la résistance du peuple palestinien contre l'occupation et l'oppression, droit pourtant inscrit dans la Convention de Genève, comme de celle de l'activité des mouvements civils de protection, manifeste l'illégalité de l'action de la coalition Sharon-Perès. A ce jour, le 15 avril 2002, environ 200 Internationaux ont été refoulés à leur entrée à l'aéroport de Tel Aviv. Plus encore ont été expulsés par les autorités israéliennes alors que leur présence en territoire autonome palestinien ne relève que de la juridiction palestinienne. Ce bouclage hermétique des Territoires a pour seul objectif d'écarter les derniers témoins des agissements criminels d'Israël. Notre démarche de solidarité garde toute son actualité en ces jours terribles. L'action des Internationaux, comme celle de nos sociétés et de nos gouvernements, ne saurait souffrir aucun délai. La simple conscience de la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux justifie aujourd'hui le maintien d'une présence des missions civiles de protection du peuple palestinien.
L'urgence de témoigner et de donner notre voix au cri du peuple palestinien demeure. Aussi bien choisissons-nous collectivement de rester à Ramallah et continuons-nous à attendre, le cas échéant, une relève. Même si nous choisissons que certains parmi nous, tous volontaires, rentrent dans leur pays d'origine pour nous y représenter, nous avons décidé ensemble de maintenir notre mission, car elle n'a, malheureusement, rien perdu de son actualité et de sa nécessité.
Nous appelons donc largement des volontaires de tous les pays et de tous les horizons sociaux à se rendre en Palestine pour manifester leur solidarité, contribuer à arrêter la machine criminelle d'Israël, révéler devant le monde l'abaissement sans précédent de la société israélienne. Quant à la démission permanente de nos institutions, elle vous appelle tous à vous mobiliser, là où vous êtes, à faire pression sur vos élus, à manifester votre indignation, à boycotter tous les produits israéliens et, si vous le pouvez, à venir nous rejoindre en Palestine.
Les 40 Internationaux des missions civiles pour la protection du peuple palestinien
 
Les événements du Liban

Bonjour ! Nous aimerions vous mettre au courant des événements ayant actuellement cours au Liban, et surtout vous inviter à y participer dans la mesure du possible.
En réponse aux événements récents en Palestine, un mouvement spontané a trouvé le jour à Beyrouth: des tentes ont été montées Place des Martyrs (dans le centre-ville), où de jeunes militants se relayent jour et nuit pour protester contre les événements récents. C'est de ce mouvement que «Les tentes de la résistance» est issu .
Qui sommes-nous? "Tents of Resistance" est un collectif d'individus ayant décidé de monter une action internationale en réponse à la répression israélienne en Palestine.
Nous sommes en train de créer un campement au bord de la frontière israélo-libanaise pour faire symboliquement le siège de l'Etat d'Israël.
Nos motivations sont expliquées dans notre déclaration, qui suit ce message. Cette déclaration est susceptible d'être amendée par la suite selon les contributions de chacun. Tout cela est en mouvement, se modifie, nous ne voulons pas créer quelque chose de statique.
Nous voulons faire de cet événement une action internationale qui puisse regrouper ceux qui soutiennent les Palestiniens dans les événements qu'ils subissent aujourd'hui.
L'accès en Palestine est devenu impossible aux militants pour la paix. Qu'ils nous rejoignent donc au Liban pour faire le siège symbolique et pacifique d'Israël. Nous ferons de ce campement un forum pour tous ceux qui veulent exprimer leurs opinions, envies et idées sur le sujet.
Le campement proprement dit commencera lundi 8 avril 2002. Vous êtes les bienvenus à partir de cette date. Cependant, nous concentrons nos efforts sur une semaine d'action qui aura lieu du samedi 13 avril au dimanche 21. Nous vous engageons, si vous venez, à inclure cette semaine dans votre séjour. L'action n'a pas de fin programmée. Nous continuerons notre siège symbolique aussi longtemps que possible tant que la situation ne s'améliorera pas.
Le programme sur place: celui-ci sera modifié en fonction des apports de chacun et des événements, c'est pourquoi nous le laissons flou délibérément. Sachez toutefois que chaque jour, et en particulier pendant la semaine d'action, des forums et des projections de films seront organisés. Des discussions avec des victimes de la guerre, une visite des camps de réfugiés palestiniens au Liban, seront à l'ordre du jour.
Par ailleurs, sont prévus des interventions, des ateliers et des discussions autour de thèmes qui peuvent s'élargir, mais qui sont pour le moment basés sur le conflit israélo-palestinien, les conflits dans le monde arabe et ailleurs, le problème des réfugiés, la guerre civile libanaise, la résolution non-violente des conflits, la politique américaine au Moyen-Orient, la Mondialisation...
Mais nous espérons que vous, participants, apporterez dans ces forums les thèmes qui vous tiennent a coeur. Chacun aura la possibilité d'animer des ateliers sur les sujets dans lesquels il se sent compétent.
Nous espérons que vous serez nombreux à nous rejoindre pour exprimer ensemble notre désir de voir cesser les atteintes aux droits des Palestiniens, et l'occupation illégale de leur lieu de vie.
Nous serons ravis de vous fournir tous les renseignements complémentaires que vous nous demanderez en nous envoyant un e-mail a l'adresse suivante:
<tentsofresistance@altern.org>
Le coordinateur des «relations internationales» des Tentes de la résistance,
Namik Bovet-Wolteche, <namik@nnx.com>
Appel des Ressortissants Français Présents Parmi les Civils Internationaux Assiégés dans le Moquata'a par l'Armée Israélienne d'Occupation en Palestine
Depuis 3 semaines, assiégés dans Ramallah, avec le Président élu du peuple palestinien et son entourage, nous attendons une prise de position claire de l'exécutif français et nous espérons son intervention pour arrêter les massacres perpétrés depuis des semaines par l'armée israélienne. Malgré les demandes, nous n'avons même pas reçu un appel téléphonique de nos autorités. Comment M. Chirac et Jospin, qui assument à l'heure actuelle les plus hautes fonctions de l'état, peuvent-ils demander la confiance de l'ensemble des français, pour les élire et re-élire aux postes suprêmes ?
Ils démissionnent devant leur responsabilités, au moment où ils devraient intervenir personnellement pour garantir la sécurité de leurs ressortissants menacés par une armée qui ne recule devant aucune atrocité et se faire le garant des valeurs universelles des droits des peuples à l'autodétermination. Nous appelons donc tous les citoyens attachés aux valeurs fondatrices de la république française à refuser leur vote à M. Jacques Chirac et Lionel Jospin, tant qu'ils ne seront intervenus personnellement pour imposer la fin de l'occupation et la levée définitive de siège du palais présidentiel à Ramallah.
Signé : Les ressortissants français de la Moquata'a -- Palais Présidentiel à Ramallah, Ramallah, le 18 Avril 2002. Texte dicté par téléphone à Dr. Abdel Fattah Abu-Srour, Centre Al-Rowwad-Camp Aida-Bethléem, tél. 052-401 325 / 02-275 00 30. Pour contacter les ressortissant français et internationaux au palais présidentiel à Ramallah, veuillez appeler au. 050-693 550 et 055 385 257.
Communiqué No 8 des 40 internationaux du palais présidentiel de Ramallah
Le 23/04/2002 à 23H. Les 40 internationaux qui sont dans le Palais assiégé du Président Yasser Arafat à Ramallah sont venus en Palestine occupée dans le cadre d'une mission civile pour la protection du peuple palestinien. Notre groupe est représentatif d'un vaste mouvement international de solidarité. Il s'est rendu au Palais présidentiel le 31 mars, en accord avec le collectif G.I.P.P.P., notre partenaire pour cette mission, pour empêcher l'ultime assaut prévu de toute évidence par Ariel Sharon.
Depuis notre arrivée dans des bâtiments, non encore occupés par l'armée israélienne, les assauts meurtriers ont cessé. Chaque jour qui passe rend plus difficile l'accomplissement du projet d'Ariel Sharon, la liquidation physique ou l'emprisonnement du Président Arafat comme de tous ceux qui l'entourent et le défendent. Le temps gagné a permis que se développe dans le monde un très ample mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et avec le Président Arafat qui incarne son unité dans la résistance. L'envoi par les Etats-Unis de trois émissaires successifs à la Moqata'a entre le 6 et le 22 Avril montre que Yasser Arafat demeure le représentant reconnu et légitime du peuple palestinien.
Avant hier, 21 avril, en début de matinée, on nous communiquait qu'une unité spéciale de l'armée israélienne s'apprêtait à lancer l'assaut contre nos bâtiments. Peu après, nous apprenions que le Consul de France à Jérusalem avait enfin été autorisé à nous rendre visite. M. Denis Piéton nous a expliqué que les rumeurs concernant une attaque prochaine devaient être prises au sérieux. Le groupe, ayant prévu de faire rentrer certains des nôtres dans leurs pays respectifs afin de témoigner, le Consul nous a signalé qu'il pouvait les emmener, espérant que sa présence pouvait garantir une sortie sans violence et dans la dignité. Après une discussion sérieuse au cours de laquelle chacun a pu s'exprimer, notre groupe a jugé que les israéliens en autorisant cette visite consulaire ce jour et en suggérant une sortie possible, faisaient pression indirectement pour nous faire quitter Moqata'a. Le groupe, unanime, a donc refusé la proposition du Consul de France.
L'après-midi de ce 21 Avril, une douzaine de personnes, originaires d'Australie, du Danemark, des Etats-Unis, du Royaume Uni et de France, ont réussi à briser le siège du Palais présidentiel pour nous rejoindre, malgré l'intervention des soldats israéliens (manoeuvres de jeeps pour leur barrer le passage, tirs d'intimidation avec armes automatiques, bombes assourdissantes, grenades lacrymogènes). Une relève étant assurée, nous avons pu mettre à exécution, dès le 22 avril, notre projet d'envoyer à l'extérieur une délégation pouvant continuer à relancer la médiatisation de la lutte engagée ici et la mobilisation pour la survie des institutions autonomes palestiniennes. Nos camarades ont été arrêtés par les soldats israéliens dès leur sortie et ont été placés le soir même dans des centres militaires de rétention.
A ce jour, l'armée israélienne resserre l'étau autour du Palais: des bulldozers édifient des sortes de remblais, entassant les décombres des bâtiments détruits ainsi que des voitures écrasées par les chars; ils élargissent des pistes sur lesquelles pourront être installées des clôtures "électroniques". Nous n'avons reçu aucun approvisionnement depuis 8 jours. La situation est critique. Ariel Sharon refuse de se soumettre aux injonctions des plus hautes instances internationales, en particulier à celles qui ont été renouvelées à Madrid le 10 Avril dernier. Il peut se permettre d'ignorer toutes ces résolutions puisque Colin Powell qui était chargé d'en vérifier l'application n'en a rien fait. En imposant pas un retrait des troupes d'occupation qui aurait permis un cessez-le-feu, il a une fois de plus, donné l'aval des Etats-Unis au gouvernement israélien.
Pour les Palestiniens et le Mouvement international de solidarité, le combat n'est donc pas encore terminé, le siège de la Moqata'a doit être immédiatement levé, le Président Arafat et tous ceux qui l'entourent doivent retrouver leur liberté de mouvement. Nous demandons aux militants qui le peuvent de venir à Ramallah multiplier les manifestations autour du Palais présidentiel. Plus largement, la passivité de nos gouvernants devant le drame palestinien doit cesser pour que cessent l'occupation et la colonisation israélienne.
C'est pourquoi, de façon déterminée, nous appelons à :
-- l'intensification des actions et manifestations pour que des sanctions politiques et économiques soient prises contre l'Etat israélien,
-- la mise en place du boycott des produits issus de l'économie israélienne,
-- l'organisation ininterrompue de missions civiles pour la protection du peuple palestinien.
Dicté par téléphone le 24/04/2002 à 7h GMT

Je vous ai apporté des bonbons...

«Un groupe de 200 Juifs, venus de France, est arrivé hier en Israël pour y effectuer une visite de solidarité et pour fêter sur place le Jour de l'Indépendance. Les participants ont été reçus aujourd'hui par le Premier ministre et ont rendu visite aux soldats postés au Har Homa, à Jérusalem, auxquels ils ont apporté des confiseries.»
Arutz 7 , 15 avril 2002.

Le massacre, ça rend gourmand. Gâteau au sang, chaussons aux tripes fumantes, cervelles écrabouillées au caramel, les jeunes soldats de l'armée israélienne "Tsahal" ont le bec fin quand ils écrasent les cadavres avec leurs chars. Heureusement que les bonne dames du Sentier sont là avec leurs jolis paniers de dragées.


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GÉNOCIDE EN COURS EN PALESTINE

Déchaînement du Mal

par Tanya Reinhart,
professeur de linguistique à l'université de Tel Aviv

Dans le discours politique dominant, les atrocités commises récemment par Israël sont présentées comme des «mesures de représailles» -- en réponse à la dernière vague d'attaques terroristes visant des civils israéliens. Mais en fait, cette politique de «représailles» avait été soigneusement préparée de longue date. Déjà en octobre 2000, au début du soulèvement palestinien, les milieux militaires tenaient prêts des plans opérationnels détaillés en vue de renverser Arafat et l'Autorité Palestinienne. C'était avant que les attaques terroristes palestiniennes commencent. (La première attaque touchant des civils israéliens s'est produite le 3 novembre 2000 sur un marché de Jérusalem.) Un document élaboré par les services de sécurité à la demande d'Ehoud Barak, alors premier ministre, affirme le 15 octobre 2000 que «la personne d'Arafat constitue une grave menace pour la sécurité de l'Etat [d'Israël] et le préjudice que causera sa disparition est moindre que celui causé par son existence». (Des extraits de ce document ont été publiés par le quotidien Ma'ariv en date du 6 juillet 2001.) Le plan opérationnel, connu sous le nom de code «Chemins d'épines», remonte à 1996, et a été actualisé pendant l'Intifada. (Amir Oren, Ha'aretz, 23 novembre 2001). Ce plan comprend tout ce qu'Israël a mis à exécution par la suite, et plus [1].
L'échelon politique (l'entourage de Barak) a, quant à lui, travaillé à préparer l'opinion publique au renversement d'Arafat. Le 20 novembre 2000, Nahman Shai, alors coordinateur des affaires publiques du gouvernement Barak, rendit public au cours d'une conférence de presse un document de 60 pages intitulé «Non-conformité de l'Autorité Palestinienne... Un catalogue de mauvaise foi et de mauvaise gestion». Le document, connu familièrement sous le nom de «Livre Blanc», a été préparé par l'assistant de Barak, Danny Yatom [2]. Selon le «Livre Blanc», le crime actuel d'Arafat - celui d'«orchestrer l'Intifada» -- n'est que le dernier d'une longue liste de preuves montrant qu'il n'a jamais abandonné l'«option de la violence et de la "lutte"». «Déjà, le discours d'Arafat sur le gazon de la Maison Blanche le 13 septembre 1993, portait à croire que pour lui, la Déclaration de Principes ne signifiait pas nécessairement la fin du conflit. A aucun moment il n'a renoncé à son uniforme, symbole de son statut de commandant révolutionnaire.» (Section 2). Cet uniforme, soit dit en passant, est la seule «indication» que fournisse le rapport sur les intentions cachées d'Arafat, à cette occasion.
Une section importante du document est consacrée à établir l'«ambivalence et l'acquiescement» d'Arafat concernant le terrorisme. «En mars 1997 on peut déceler une nouvelle fois plus qu'une allusion à un "feu vert" d'Arafat au Hamas, peu avant l'attentat à la bombe de Tel Aviv... Cela ressort implicitement d'une déclaration faite par Imad Faluji, un membre du cabinet d'Arafat affilié au Hamas, à un quotidien américain (Miami Herald, 5 avril 1997).» Aucune autre indication n'est fournie sur le lien que cela permettrait d'établir entre Arafat et l'attentat de Tel Aviv, mais c'est le thème du «feu vert au terrorisme» que les services de renseignement de l'armée (Aman) ont défendu depuis 1997, lorsque leur orientation anti-Oslo s'est renforcée. Depuis lors, ce thème a été rabâché tant et plus par les milieux militaires, et a fini par devenir un mantra de la propagande israélienne -- Arafat est toujours un terroriste, et sa responsabilité personnelle est engagée pour toute action de tout groupe, du Hamas et du Jihad islamique au Hezbollah.
Dans son numéro du 12 juillet 2001, le Foreign Report (Jane's Information) révélait que l'armée israélienne (sous le gouvernement Sharon) avait réactualisé ses plans en vue d'un «assaut total pour détruire l'Autorité Palestinienne, éliminer son dirigeant Yasser Arafat, et tuer ou faire prisonnier son armée». Le plan, intitulé «Destruction de l'Autorité Palestinienne et désarmement de toutes les forces armées», a été présenté le 8 juillet au gouvernement israélien par le chef d'état-major Shaul Mofaz. L'assaut devait être donné, à la discrétion du gouvernement, à la suite d'un attentat-suicide de grande ampleur en Israël, causant de nombreux morts et blessés, ce bain de sang constituant une justification.
Nombreux en Israël sont ceux qui soupçonnent que l'assassinat du terroriste du Hamas Mahmoud Abu Hanoud, survenant précisément alors que le Hamas respectait depuis deux mois son engagement envers Arafat de ne mener aucune action à l'intérieur d'Israël, était conçu pour entraîner le «bain de sang justificatif», à la veille de la visite de Sharon aux Etats-Unis (Alex Fishman -- correspondant en chef pour la sécurité du Yediot Aharonot -- observait que «quiconque a décidé la liquidation d'Abu Hanoud savait d'avance quel en serait le prix. La question a été discutée en profondeur tant dans les milieux militaires israéliens qu'à l'échelon politique, avant de donner le feu vert à cette liquidation.» Yediot Aharonot, 25 novembre 2001)
La démarche d'Israël en vue de détruire l'Autorité Palestinienne ne doit donc pas être considérée comme un «acte de représailles» spontané. C'est un plan calculé, élaboré de longue date. Son exécution exige, tout d'abord, d'affaiblir la résistance des Palestiniens, ce à quoi Israël s'emploie systématiquement depuis octobre 2000, par les massacres, le bombardement des infrastructures, l'emprisonnement des gens dans leurs propres cités, en les conduisant au bord de la famine. Tout cela en attendant que les conditions internationales «mûrissent» assez que pour autoriser les étapes les plus hardies du plan.
Maintenant, les conditions paraissent avoir «mûri». Dans l'atmosphère politique qui règne aux Etats-Unis, ivre de puissance, tout est permis. S'il semblait au premier abord que les Etats-Unis chercheraient à mettre le monde arabe de leur côté par quelques signes de persuasion, comme ils l'avaient fait pendant la guerre du Golfe, il est clair aujourd'hui qu'ils s'en fichent pas mal. La «victoire» écrasante en Afghanistan a envoyé au tiers-monde le message clair que rien ne peut empêcher les Etats-Unis de prendre une nation pour cible jusqu'à l'anéantissement. Ils semblent croire que les armes les plus sophistiquées du vingt-et-unième siècle, combinées à une absence totale de considération envers les principes moraux, les lois internationales et l'opinion publique, les autorisent à régner à jamais sur le monde. A partir de maintenant, la peur devrait être une condition suffisante d'obédience.
Les faucons américains, qui poussent à étendre la guerre à l'Iraq et au-delà, voient en Israël un atout -- il existe peu de régimes dans le monde qui, comme Israël, soient aussi impatients de risquer la vie de leurs citoyens dans quelque nouvelle guerre régionale. Comme le professeur Alain Joxe, président du CIRPES (Centre interdisciplinaire de recherches sur la paix et d'études stratégiques), l'observait dans Le Monde, «le leadership américain [est] actuellement modulé par une extrême droite sudiste assez dangereuse, qui cherche à instrumentaliser Israël comme un outil offensif, déstabilisateur de toute la région sud-méditerranéenne.» (17 décembre 2001). Les mêmes faucons parlent aussi d'étendre le futur théâtre d'opérations à des cibles figurant au programme d'Israël, comme le Hezbollah ou la Syrie.
Dans ces circonstances, Sharon a obtenu le feu vert de Washington. Comme ne cessent de le mentionner avec enthousiasme les médias israéliens, «Bush en a assez de son caractère [à Arafat]», «Powell a déclaré qu'Arafat devait en finir avec ses mensonges» (Barnea et Schiffer, Yediot Aharonot, 7 décembre 2001). Tandis qu'Arafat est retranché dans son bunker, que les bombardiers F-16 israéliens sillonnent le ciel, et que la brutalité d'Israël engendre, chaque jour, de nouvelles bombes humaines désespérées, les Etats-Unis, accompagnés pendant un temps par l'Union Européenne, continuent de presser Arafat à «agir».
Mais sur quel raisonnement se fonde ce besoin systématique d'Israël d'éliminer l'Autorité Palestinienne et de défaire les accords d'Oslo? Certainement pas sur une «déception» à propos des résultats obtenus par Arafat, comme on le prétend généralement. Le fait est que, dans la perspective des intérêts d'Israël à poursuivre l'occupation, Arafat a répondu aux attentes d'Israël tout au long de ces dernières années.
En ce qui concerne la sécurité d'Israël, rien n'est plus éloigné de la vérité que les fausses accusations du Livre Blanc, ou de la propagande israélienne qui s'en est ensuivie. Pour ne prendre qu'un exemple, en 1997 - l'année mentionnée dans le Livre Blanc comme l'un des cas de «feu vert au terrorisme» de la part d'Arafat -- un «accord de sécurité» était signé entre Israël et l'Autorité Palestinienne, sous les auspices du chef de l'antenne de la CIA à Tel Aviv, Stan Muskovitz. L'accord confiait à l'Autorité Palestinienne une participation active à la sécurité d'Israël -- pour combattre «les terroristes, les bases terroristes, et les conditions environnementales menant au soutien du terrorisme», en coopération avec Israël, y compris sous la forme d'«échange mutuel d'informations, d'idées, et de coopération militaire» (Clause 1). [Traduit du texte hébreu paru dans Ha'aretz, 12 décembre 1997]. Les services de sécurité d'Arafat se sont acquittés fidèlement de cette tâche, par l'assassinat de terroristes du Hamas (déguisés en «accidents»), et l'arrestation de dirigeants politiques du Hamas. [3]
Des informations ont été amplement publiées dans les médias israéliens à propos de ces activités, et les «sources de sécurité» étaient pleines de louanges pour les accomplissements d'Arafat. Par exemple, Ami Ayalon, alors à la tête des services secrets israéliens (Shabak), annonça au cours d'une réunion du gouvernement en date du 5 avril 1998, qu'«Arafat fait son travail -- il combat le terrorisme et pèse de tout son poids contre le Hamas» (Ha'aretz, 6 avril 1998). Le taux de réussite des services de sécurité israéliens en matière de réduction du terrorisme n'avait jamais été aussi élevé que celui obtenu par Arafat; en réalité, nettement moindre.
Au sein de la gauche et des milieux d'opposition, on peine à trouver de la compassion pour le destin personnel d'Arafat (au contraire de la tragédie du peuple palestinien). Comme David Hirst l'écrit dans le Guardian, lorsqu'Arafat est retourné dans les Territoires occupés en 1994, «il venait en collaborateur tout autant qu'en libérateur. Pour les Israéliens, la sécurité -- la leur, pas celle des Palestiniens -- était le but suprême d'Oslo. Sa mission était de la leur fournir en leur nom. Mais il ne pouvait jouer ce rôle de collaborateur que s'il gagnait le quiproquo politique qui, par le biais d'une série d'«accords intérimaires», était censé aboutir. Il n'a jamais pu... [Tout au long de la route], il a acquiescé, en accumulant les concessions qui ne faisaient qu'élargir le fossé entre ce qu'il accomplissait réellement, et ce qu'il promettait à son peuple qui serait accompli, à la fin, grâce à cette méthode. Il était toujours Monsieur Palestine, avec un charisme et une légitimité historique qui n'appartenaient qu'à lui. Mais il s'est avéré qu'il manquait cruellement à cette autre tâche importante et complémentaire, celle de construire son Etat en devenir. La misère économique, la corruption, les violations des droits humains, la création d'un vaste appareil répressif - tout cela découlait, en tout ou en partie, de l'Autorité qu'il présidait.» (Hirst, «Arafat's last stand?», The Guardian, 14 décembre 2001).
Mais dans la perspective de l'occupation israélienne, tout ceci indique que le processus d'Oslo était, pour l'essentiel, un succès. Arafat parvint à contenir, par le biais de sévères mesures d'oppression, la frustration de son peuple, et à garantir la sécurité des colons, pendant qu'Israël poursuivait imperturbablement la construction de nouvelles colonies et l'appropriation de plus de terres palestiniennes. L'appareil oppressif -- les diverses forces de sécurité d'Arafat --, étaient formé et entraîné en collaboration avec Israël. Beaucoup d'énergie et de ressources ont été consacrées à l'édification de ce complexe appareil d'Oslo. Il est généralement admis que les forces de sécurité israéliennes ne peuvent prévenir le terrorisme mieux qu'Arafat n'y parvient. Pourquoi, alors, les échelons militaire et politique étaient-ils si déterminés à détruire tout cela, dès octobre 2000, avant même que ne commencent les vagues de terrorisme? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de revenir en arrière.
Dès le début du processus d'Oslo, en septembre 1993, deux conceptions s'affrontaient dans les milieux politiques et militaires israéliens. L'une d'elles, conduite par Yossi Beilin, s'efforçait de mettre en oeuvre une version du plan Alon, que le parti travailliste avait défendu pendant des années. Le plan d'origine prévoyait l'annexion à Israël d'environ 35% des territoires, et une juridiction jordanienne, ou quelque forme de juridiction autonome pour le reste -- la terre sur laquelle vivent actuellement les Palestiniens. Aux yeux de ses promoteurs, ce plan représentait un compromis nécessaire, comparé aux alternatives qui soit restituaient l'ensemble des territoires, soit conduisaient à un bain de sang sans issue (comme nous le voyons aujourd'hui). Il semble bien que Rabin était prêt à suivre cette ligne, du moins au début, et qu'en retour à l'engagement d'Arafat de contrôler la frustration de son peuple et de garantir la sécurité d'Israël, il permettrait à l'Autorité Palestinienne de gouverner les enclaves dans lesquelles les Palestiniens continuent aujourd'hui d'habiter, jouissant d'une certaine forme d'autonomie qui pourrait même être qualifiée d'«Etat» palestinien.
Mais l'autre tendance s'opposait à tant de concessions. C'était particulièrement notable dans les cercles militaires, dont le porte-parole le plus énergique dans les premières années d'Oslo était Ehoud Barak, alors chef de l'état-major. Un autre centre d'opposition était, bien sûr, Sharon et l'extrême-droite, qui s'opposaient depuis le début au processus d'Oslo. Cette affinité entre les milieux militaires et Sharon est évidemment sans surprise. Sharon -- le dernier des dirigeants de la «génération 1948», était une figure légendaire dans l'armée, et nombre de généraux furent ses disciples, comme Barak. Comme l'écrivait Amir Oren, «L'admiration profonde et constante de Barak pour les idées militaires d'Ariel Sharon est une autre indication de ses opinions; Barak et Sharon appartiennent tous deux à une lignée de généraux politiques qui a commencé avec Moshe Dayan.» (Ha'aretz, 8 janvier 1999).
Cette race de généraux a été élevée dans le mythe de la rédemption du pays. Une interview de Sharon par Ari Shavit offre un aperçu de cette vision du monde (Ha'aretz, supplément du week-end, 13 avril 2001). Tout y est emmêlé dans un cadre romantique: les champs, les vergers en fleurs, les labours et les guerres. Le coeur de cette idéologie est constitué par le caractère sacré de la terre. Dans une interview de 1976, Moshe Dayan, qui avait été ministre de la défense en 1967, expliquait ce qui avait mené, à l'époque, à la décision d'attaquer la Syrie. Dans la conscience collective israélienne de cette période, la Syrie était considérée comme une menace grave pour la sécurité d'Israël, et l'instigatrice d'agressions constantes contre les habitants du nord d'Israël. Mais selon Dayan, c'est de la «foutaise» -- la Syrie ne constituait pas une menace avant 1967: «Laissez tomber... Je sais comment au moins 80% de tous les incidents avec la Syrie ont commencé. Nous envoyions un tracteur dans une zone démilitarisée et nous savions que les Syriens allaient tirer.» Selon l'interview, il avouait quelques regrets. Ce qui a poussé Israël à provoquer la Syrie de cette manière, c'était l'appât de la terre -- l'idée qu'il est possible «d'accaparer une parcelle de terre et de la garder, jusqu'à ce que l'ennemi soit fatigué et nous l'abandonne». (Yediot Aharonot, 27 avril 1997)
A la veille d'Oslo, la société israélienne dans sa majorité était fatiguée des guerres. A ses yeux, les combats pour la terre et les ressources naturelles étaient dépassés. La plupart des Israéliens pensaient que la guerre d'indépendance de 1948, avec ses conséquences horribles pour les Palestiniens, avait été nécessaire pour établir un Etat pour les juifs, hantés par la mémoire de l'Holocauste. Mais maintenant qu'ils avaient un Etat, ils aspiraient à mener tout simplement une vie normale avec ce qu'ils avaient. Cependant, l'idéologie de la rédemption de la terre ne s'est jamais éteinte au sein de l'armée, ni dans le cercle des «généraux politiques», qui passaient de l'armée au gouvernement. A leurs yeux, l'alternative de Sharon, de combattre les Palestiniens jusqu'au bout et d'imposer un nouvel ordre régional -- comme il l'avait tenté au Liban en 1982 -- pouvait avoir échoué en raison de la faiblesse d'une société israélienne gâtée. Mais, compte tenu de la nouvelle philosophie de guerre instaurée en Iraq, au Kosovo et en Afghanistan, ils pensent qu'avec la supériorité massive de la force aérienne israélienne, il reste toujours possible de gagner cette bataille dans le futur.
Alors que le parti de Sharon était dans l'opposition à l'époque d'Oslo, Barak, au titre de chef de l'état-major, participa aux négociations et y joua un rôle crucial dans la formulation des accords, et dans l'attitude adoptée par Israël à l'égard de l'Autorité Palestinienne. Je cite un article que j'écrivais en février 1994, parce qu'il reflète ce que quiconque lit attentivement les médias israéliens pouvait voir à l'époque: «Depuis le début, il est possible d'identifier deux conceptions qui sous-tendent le processus d'Oslo. L'une est que cela va permettre de réduire le coût de l'occupation, par le biais d'un régime palestinien d'influence, avec Arafat comme flic en chef, responsable de la sécurité d'Israël. L'autre est que le processus devrait mener à l'effondrement d'Arafat et de l'OLP. L'humiliation d'Arafat, et l'amplification de sa capitulation, conduira progressivement à la perte de tout soutien populaire. En conséquence de quoi l'OLP s'effondrera, ou s'engagera dans la voie des conflits pour le pouvoir. Dès lors, la société palestinienne perdra ses dirigeants laïques et ses institutions. Dans l'esprit de logique de pouvoir de ceux qui ont envie de poursuivre l'occupation israélienne, l'effondrement du pouvoir laïque constitue un aboutissement, parce qu'il faudra longtemps à la société palestinienne pour se réorganiser à nouveau et que, de toute façon, il est bien plus aisé de justifier les pires actes d'oppression lorsque l'ennemi est une organisation islamiste fanatique. Très probablement, le confit entre ces deux conceptions en compétition n'est pas encore réglé, mais pour l'instant, la seconde semble plus dominante: afin que la première l'emporte, le statut d'Arafat aurait dû être renforcé, avec quelques réalisations qui pourraient entraîner le soutien des Palestiniens, au lieu de la politique actuelle d'Israël, faite d'humiliation constante et de manquement aux promesses.» [4]
Néanmoins, le scénario de l'effondrement de l'Autorité Palestinienne ne s'est pas concrétisé. Une fois de plus, la société palestinienne a eu recours à sa merveilleuse stratégie de sumud -- s'accrocher à la terre et supporter la pression. Depuis le début, la direction politique du Hamas, et d'autres, mettaient en garde contre les tentatives d'Israël de mener les Palestiniens vers une guerre civile, dans laquelle la nation s'anéantirait elle-même. Toutes les fractions de la société ont coopéré en vue de prévenir ce danger, et de calmer les conflits dès qu'ils dégénéraient en combats armés. Elles sont aussi parvenues, en dépit du gouvernement tyrannique d'Arafat, à mettre en place un ensemble impressionnant d'institutions et d'infrastructures. L'Autorité Palestinienne ne consiste pas seulement en dirigeants corrompus et en diverses forces de police. Le Conseil législatif palestinien, élu, qui fonctionne en dépit de restrictions sans fin, continue d'être un cadre politique représentatif, la base pour les institutions démocratiques du futur. Pour ceux qui se donnaient pour but la destruction de l'identité palestinienne et la rédemption finale de leur pays, Oslo aura été un échec.
En 1999, l'armée est revenue au pouvoir, par le biais des «généraux politiques» -- Barak d'abord, Sharon ensuite. (Ils ont collaboré, lors des dernières élections, pour faire en sorte qu'aucun autre candidat, civil, ne puisse les emporter.) La route s'est ouverte pour corriger ce qu'ils considéraient comme la grande erreur d'Oslo. Pour y parvenir, il était d'abord nécessaire de convaincre la société israélienne gâtée que les Palestiniens ne veulent pas vivre en paix et menacent notre existence même. Sharon seul n'aurait sans doute pu y parvenir, mais Barak a réussi, grâce à son escroquerie des «offres généreuses». Après un an d'attaques terroristes horribles, jointes à une propagande massive et mensongère, Sharon et l'armée estiment que rien ne peut les arrêter sur la voie de l'exécution totale.
Pourquoi est-il si urgent de renverser Arafat? Shabtai Shavit, ancien chef des forces de sécurité («Mossad»), qui n'est pas lié par la retenue imposée aux sources officielles, l'explique ouvertement: «Dans les quelque trente années qu'il [Arafat] a été au pouvoir, il est parvenu à remporter quelques véritables succès dans la sphère politique et internationale... Il a obtenu le prix Nobel de la paix, et sur un simple appel téléphonique, il peut obtenir une rencontre avec n'importe quel dirigeant dans le monde. Dans ce contexte international, il n'existe personne de sa pointure dans le monde politique palestinien. S'ils [les Palestiniens] perdent cet atout, cela représente pour nous une avancée énorme. La question palestinienne disparaîtra des agendas.» (interview dans le supplément week-end du Yediot Aharonot, 7 décembre 2001).
Leur objectif immédiat étant de faire disparaître les Palestiniens de l'agenda international, le massacre, la famine, l'évacuation forcée et la «migration» peuvent se poursuivre imperturbablement, aboutissant si possible à la vision à long terme de Sharon, concrétisée dans les plans militaires. L'objectif immédiat de quiconque se sent concerné par l'avenir du monde, doit être de faire cesser ce processus de déchaînement du mal. Comme l'écrivait Alain Joxe en conclusion de son article dans Le Monde: «Il serait donc temps pour les opinions publiques occidentales de reprendre le contrôle de ce débat et d'obliger les gouvernements à plus de conscience morale et politique, face au désastre qui se précise, à savoir un état de guerre permanent contre les peuples et les nations arabes et musulmanes, la réalisation du double fantasme de Ben Laden et de Sharon.» (17 décembre 2001).
Notes
1./ Pour les détails de ce plan opérationnel, consulter Anthony Cordesman, «Peace and War: Israel versus the Palestinians A second Intifada?» Center for Strategic and International Studies (CSIS), décembre 2000, et le résumé par Shraga Eilam, «Peace With Violence or Transfer», Between The Lines, décembre 2000.
2./ Ce document peut être consulté sur:
<http://www.gamla.org.il/english/feature/intro.htm>
3./ Pour une vue d'ensemble sur les assassinats de terrosistes du Hamas par l'Autorité Palestinienne, lire mon article «The A-Sherif affair», Yediot Aharonot, 14 avril 1998:
<http://www.tau.ac.il/~reinhart/political/A_Sharif.html>
4./ L'article (en hébreu) peut être consulté sur:
<http://www.tau.ac.il/~reinhart/political/01GovmntObstacleToPeace.doc>
Traduit de l'anglais par Giorgio Basile 31 décembre 2001
<webmaster@solidarite-palestine.org>
L'adresse URL de cet article est la suivante :
<http://www.globalresearch.ca/articles/REI201A.html>

Nous avons déjà parlé de cet auteur (ggb 5). Signalons la parution, aux éditions de la fabrique, d'un volume rassemblant des articles de l'excellente Tanya Reinhardt, Détruire la Palestine ou comment terminer la guerre de 1948, 160 p., 14,50 _.

DE LA MÊME PLUME

Jenin, The Propaganda War

by Tanya Reinhart

In Israel, Jenin is perceived mainly as a public relations problem (called in Hebrew 'hasbara' -explaining). It appears even that the army and the government believe that Israel is winning the propaganda battle. After all, all relevant principles of this battle have been strictly adhered to:
The first principle: No pictures or information in real time! The IDF (Israeli army) managed to fully prevent the media from entering Jenin during the events. Thus, all we were left with were 'conflicting reports' - a stream of horrible accounts coming from Palestinian witnesses who escaped the refugee camp - and the IDF's utter denial. In the meanwhile, the work of destruction could continue undisturbed for ten days.
On the seventh day of Israel's 'operation' in Jenin, (April 9), it was reported in the Israeli media that the army was nevertheless worried. "Officers of the IDF expressed their shock" about what happened in Jenin: "When the world will see the pictures of what we have done there, it will cause us enormous damage." (Ha'aretz Hebrew edition, Amos Har'el and Amira Hass, April 9, 2002). Peres even slipped and mentioned the taboo word "massacre" (which he immediately denied of course).
Israel's counter attack was immediately launched. "The Foreign Ministry is mobilizing forces to counter Palestinian allegations that IDF forces conducted 'a massacre' in the Jenin refugee camp" (Ha'aretz, April 10, 2002). A special PR center of the IDF and the Foreign Ministry was formed in Jerusalem, and its representative, Gideon Meir, passed to the press the major principles of the Israeli version: a/. "What happened in Jenin was a fierce battle and not a massacre." ("The main diplomatic ammunition" in the campaign's "arsenal is that 22 Israeli soldiers have been killed in the fighting"). b/. "The battle was fierce because the IDF sought to minimize civilian suffering." c./ The PR campaign should direct attention to the Israeli casualties in terror attacks. (Ha'aretz Hebrew edition, Anat Cigelman and Aluf Ben, April 9, 2002.)
The second principle of the propaganda battle: If you have full control over the local media, you can pass anything. These messages have been repeated since, again and again, not only by all politicians and Israeli spokesmen, but also by almost every reporter, weaved into the news reports, and by the analysts and columnists, disguised as spontaneous acts of expressing an educated opinion. Here is Ha'aretz editorial version of the propaganda line: "There is evidence of intense combat, but, with appropriate caution, it can already be said what did not happen in the Jenin refugee camp. There was no massacre. No order from above was given, nor was a local initiative executed, to deliberately and systematically kill unarmed people" (Ha'aretz, April 19, 2002, editorial column).
This line is pretty sophisticated. The word 'massacre' may bring to mind soldiers moving from house to house, shooting everyone they find -men, women and children (as in Sabra and Shatila). Such massacre clearly did not take place in Jenin. No Palestinian source ever described the facts this way (see (1) in the appendix). Still, Ha'aretz and everyone else insist on falsifying just this specific interpretation of the word. What did clearly happen in Jenin is that the army simply ignored the fact that there were an unknown number of individuals and families in the areas which were bombarded day and night by missiles from 'Cobra' helicopters, or even in some of the houses erased by bulldozers to pave ways for the tanks. No one came to shoot them individually; they were just buried under their bombarded or bulldozed homes. Others died of their wounds in the alleys, or cried for days under the ruins, until their voices faded away.
Bit by bit, testimonies of reserve soldiers are filtering through the back pages of the Israeli media: "After the first moments of the fighting, when a commander was killed... the instructions were clear: shoot every window, sew every house - whether someone shoots from there or not." To the question whether he saw civilians get hurt, the reservist answered: "Personally -- not. But the point is that they were inside the houses. The last days, the majority of those who came out of the houses were old people, women and children, who were there the whole time and absorbed our fire. These people were not given any chance to leave the camp, and we are talking about many people" (Ofer Shelah, Yediot Aharonot's weekend supplement, April 19, 2002).
For many, such descriptions are sufficient to make them shiver, and they don't really care whether the right word for this is 'massacre'. For the success of the PR campaign, it is therefore necessary to stress that we are not talking here about shelling and killing civilians, but about a fierce battle, in which civilians may also get occasionally killed.
According to the Israeli army, in the Jenin refugee camp, where 15,000 residents are crowded densely, there were a few dozen wanted terrorists, and several hundred armed men. What is considered appropriate for such battle conditions? The PR center clarifies this in its second principle above: It was possible to erase the whole camp, with its residents, with a few precise hits of F-16 bomber jets, and, thus, eliminate all the terrorists with no casualties to the Israeli army. But the army took an enormous risk of actual fighting, in order to save Palestinian life. If this is the range of options, The Israeli army proved in Jenin that it is a truly humane army.
It may take a while before we (Israelis) start to digest what we did in Jenin. I don't have the words yet to speak about my shame, my horrible pain for the Palestinian people. Therefore I speak about what we did to ourselves. A dear friend of mine was murdered three days ago in a trip in Sinai -- a painter and computer expert, in the draft resistance circle. By informal reports, his murderer was an Egyptian who sought revenge for the murder of the Palestinians. He could not distinguish between my friend and the nice reserve fellows from Jenin that we saw and heard so much about the last few days. In fact, they do look similar, and many of these guys are also in computer business. Itai Angel, the young journalist who interviewed reservists on channel 2 TV news last Friday night, has possibly managed to convince many in our little bubble that such nice guys, by their very nature, cannot possibly, commit a massacre. Therefore, there was no massacre -- there was a fierce battle and we are OK. But outside our bubble, nobody watches Itai Angel. They watch the ruins of Jenin. We are turning the whole Muslim world against us.
APPENDIX: THE BATTLE OVER THE BODIES
(1) Reports on individual, purposeful, shooting of unarmed civilians by soldiers (executions) regarded only shooting of men. Here is one such testimony, reported in greater detail by the British Independent: "Fathi Shalabi watched his son die. The two men were standing side by side with their hands up when Israeli soldiers opened fire on them. Mr Shalabi's son, Wadh, and another man who was with them died instantly, but the 63-year-old Mr Shalabi survived. He lay on the ground pretending to be dead for more than an hour while his son's blood gathered around him... Mr Shalabi described what took place. Soldiers ordered his family and Mr Al-Sadi down a narrow alley. 'In cover behind the corner were four soldiers. The two young men with me were carrying baby children, and the soldiers did not shoot at them.' Wadh Shalabi was carrying his four-month-old son, Mahmoud. The soldiers ordered the men to hand the children over to their mothers and told the women and children to go into the next-door house. Then they ordered the men to raise their shirts and show they were not wearing suicide belts. 'The soldiers were about three metres away. I heard the names of two of them; they were Gaby and David.' He said that the soldier called Gaby appeared to be in command. 'They saw Abdul Karim had a plaster on his back. Suddenly Gaby shouted 'Kill them!'." (The Independent, Justin Huggler and Phil Reeves April 21, 2002).
These two dead men were civilians. However, even shooting surrendering soldiers is a war crime. The Hague Tribunal found Bosnian Serb General Radislav Krstic guilty of Genocide for his role in the killing of Muslim soldiers and males in Srebrenica in 1995. Muslim women and children were not killed, but expelled from the town. In the mass graves in Kosovo as well, mostly male bodies were found.
(2) Though Jenin was sealed to the press, pictures of the battlefield, shot with local amateur video cameras, were broadcasted, mainly on Arab TV. They showed alleys lined up with male bodies (many armed). This is to be expected, given that there was indeed a serious battle in Jenin. In early reports of the Israeli army, the number of these bodies was estimated as 200. The Palestinian figures were much higher. As the time was reaching to open the camp to the press, the army expressed, as we saw, serious concerns regarding the "PR" effects of the scenes on the ground. It is appropriate to wonder what happened with these bodies.
On Friday, April 12, it was reported that "the IDF intends to bury today Palestinians killed in the West Bank camp. Around 200 Palestinians are believed to have been killed in clashes with Israeli soldiers since the start of the operation last week... Military sources said until now the IDF has not buried any of the bodies. The sources said that two infantry companies, along with members of the military rabbinate, will enter the camp today to collect the bodies. Those who can be identified as civilians will be moved to a hospital in Jenin, and then on to burial, while those identified as terrorists will be buried at a special cemetery in the Jordan Valley. One Israeli source said that the decision to bury the bodies was taken to prevent the Palestinians from using the bodies for propaganda purposes...The Palestinian Authority has expressed concerns that Israel is trying to hide the large number of dead, since it has blocked Palestinian medical teams from evacuating the dead and wounded from the camp during the past week. " (Ha'aretz, April 12, Anat Cigelman, Amos Harel and Amira Hass).
Apparently, no one in Israel was particularly concerned then about issues of international law, mass graves, etc. So ample further information was provided on TV news the evening before about the preparations: Special refrigerating trucks [Sonderwagen ? ] were shown waiting to transfer the bodies to "terrorist cemeteries" in the Jordan valley. However, a petition to the high court interfered. "The High Court of Justice issued an interim order Friday blocking the IDF from moving out the bodies of dead Palestinians from the Jenin refugee camp in the West Bank. A panel of three justices will hold a full discussion on the matter [Sunday] morning, following a petition by Adalah, the Legal Center for Arab Minority Rights in Israel and LAW - The Palestinian Society for the Protection of Human Rights and the Environment. MKs Mohammed Barakeh (Hadash) and MK Ahmed Tibi (Ta'al-Arab Movement for Renewal) also filed similar petitions...The petitioners claim the army's decision violates international law as the Jordan Valley cemetery will, they claim, be basically a mass grave, thus damaging the honor of the dead" (Ha'aretz, April 14, 2002, Amos Harel, Gideon Alon and Jalal Bana).
"MK Avigdor Lieberman (National Union-Yisrael Beiteinu) has called for Justice Barak to be removed from his post following the IDF decision. 'Barak's decision is a vulgar and clear interference by the judiciary in the decision of the executive..'" (there). His worry may have been premature. When the full discussion was held on Sunday (April 14), the high court turned down the petitions, while recommending that "the army make use of the services of the Red Crescent and local officials in Jenin to help locate and identify bodies, subject to the considerations of the military commanders." (Ha'aretz Hebrew edition, April 15 Moshe Reinfeld and Anat Zigelman). It was reported that following the temporary Supreme Court decision of Friday, the IDF stopped "clearing the bodies" from the camp, waiting for the final decision on Sunday. However, on Sunday, the media was already allowed to the camp, and they found a scene of mass destruction, but with roads clean of bodies: That's how Amos Har'el described it in Ha'aretz: "The visit, which the army allowed after a critical three-day delay, did not provide an unequivocal answer to the question that everyone continues to fight over -- the Israeli leaders and their spokesmen, and the Palestinians -- how many Palestinians died during the fighting? We talked with soldiers in Jenin, officers and rank-and-file troopers, and all vehemently denied the accusations of a massacre of civilians. The Palestinian residents who escaped gave reporters a completely different version. But on the ground, yesterday, only one Palestinian body was to be found in the open, in an area where most of the fighting took place" (Ha'aretz, April 15, 2002).
Harel asks: "So what happened to the rest of the bodies? The Palestinians say there were 500 killed. IDF Spokesman Brigadier General Ron Kitri said on Friday there were some 200, but then corrected himself with a much lower figure." The formal IDF answer was given that same day: "Israel Defense Forces officers now estimate that dozens -- not hundreds -- of Palestinians were killed as a result of the army's activities in the Jenin refugee camp. As of last night, 46 Palestinian corpses have been located in the camp. Updated estimates concerning the total number of Palestinian fatalities in the camp now range between 70 and a little over 100. Officials believe that some of the corpses are still buried under the rubble of houses demolished by IDF bulldozers" (Ha'aretz, April 5).
Not too many further questions were asked In Israel regarding how the IDF's initial estimate of 200 dead in battle turned out so over exaggerated. Here is how the Ha'aretz editorial of April 19 (cited above) sums the matter up: "In Israel, too, suspicions were raised that there was truth to the Palestinian claims. Many feared that Jenin would be added to the black list of massacres that have shocked the world. The IDF contributed to those fears when it issued a preliminary estimate of hundreds of dead in the camp (it turned out that several score were killed, with the exact number still unknown)".
Yediot Aharonot, April 21, 2002

LA TERRE EST SÈCHE

 

Où sont-ils les justes ?
par Bellem

 
On m'a souvent parlé d'une femme de Lincé-Sprimont, morte depuis des années.
Quand elle regardait la terre de son jardin elle disait toujours :"elle est aussi sèche que le coeur d'un juif".
Je m'était toujours dit qu'elle exagérait un peu.
Après la guerre de 40 , je me suis souvent "fait du mal" des juifs et de leur millions de morts dans les camps nazis.
J'ai pris part à des cérémonies auquelles des représentants d'Israël venaient dire "merci" à des gens de chez nous parce qu'ils avaient caché des juifs pendant la guerre.
"Vous êtes des Justes parmis les Justes". Il est vrai que des gens de Cornemont, de Sprimont, d'Aywaille ont sauvé des juifs. C'était des courageux, si les "boches" l'avait appris cela aurait été la mort pour eux et leur famille.
Aujourd'hui les Israéliens font comme les "boches" il y a 60 ans.
En Palestine ils se conduisent comme les nazis chez nous.
Ils rentrent en Palestine pour toutes sortes de raisons qui n'en sont pas.
Avec leurs protecteurs américains ils n'arrêtent pas de parler de terrorisme.
Ils ne veulent pas admettre que les Israéliens font de l'occupation.
Quand notre pays était occupé, les journaux de l'occupation et les collaborateurs traitaient nos résistants de terroristes
Et pendant ce temps, on parle, on parle et on ne fait rien.
Quand il y a eu les guerres en Yougaslavie, Afrique, on y a envoyé des soldats des NU. Ici rien.
C'est le meilleur moyen d'écraser la Palestine et de faire cadeau de leur terre aux Israéliens. Ainsi ils n'auront même plus besoin de la voler.
Je suis allé me promener à Lincé.
Je me suis baissé pour prendre en peu de terre dans mes mains.Je l'ai laissé couler en poussière entre mes doigts et j'ai pensé à cette vieille dame en me disant que la terre était moins sèche que le coeur d'un juif.
J'ai aussi pensé que comme on cachait les juifs en 40 maintenant je cacherai bien volontier des Palestiniens à la maison. Et par moment je deviendrais un terroriste.
Quelle fierté si Arafat me prenait dans ses bras en me disant que je suis un Juste!
Les annonces de l'Ourthe (Belgique),<samuel.piroton@vlan.be> Traduit du wallon.

BARBARES À LA BARRE

Understanding the suicide bombers
 
By Gilbert Blythe

According to Israelis and their supporters in the American media, Palestinian suicide bombings are an unfathomable evil, the work of deranged men. Only savages, we are led to believe, could kill women and children by blowing themselves up. If American commentators even attempt to explain the attacks it is to remind us that the Muslim paradise is populated with beautiful virgins, and to suggest that the bombers may be sex maniacs.
In fact, it is not hard to understand the suicide bombers. First, they have a burning desire to kill Israelis, and second, they have no other way to do it. They want to kill Israelis because they believe Israelis have taken their land. Israelis have built hundreds of Jewish settlements on land Palestinians think belongs to them. Israelis have bulldozed their houses, uprooted their olive groves, killed their men, and humiliated their women and children. The United Nations has condemned Israeli actions again and again, but Israel -- thanks to the support of the United States -- flouts world opinion. Palestinians believe they have suffered every form of dispossession and degradation short of extermination.
Any people with a grievance as deep as that wants nothing so passionately as to kill the oppressor. The desire to kill, to take revenge, becomes stronger than the desire for life itself. Palestinians do not have the tanks, attack helicopters, and fighter-bombers America has given Israel, so they fight with the only weapon they have: their bodies.
The depth of Palestinian bitterness is measured by the number of women who are now counted among the suicide bombers. Women almost never volunteer for front-line combat. For women to attack an enemy at the cost of certain death for themselves is practically without historical precedent.
Israel's apologists would have us believe suicide bombing is sick and incomprehensible. In fact, suicide attacks (and defenses) are the traditional tactics of desperate men facing overwhelming odds, and the Palestinians are clearly part of that tradition. Leonidas and his Spartans knew they would die at Thermopylae, and were determined to take as many Persians with them as they could. Perhaps Xerxes thought they were sick or incomprehensible, but to the Greeks -- to the entire West -- they are heroes. They gave their lives for their homeland, and we honor their sacrifice. The men who died at the Alamo could have run away, but they stayed and fought to the death so that the republic of Texas could be born. Like Jim Bowie and Will Travis, Palestinians believe their deaths will give birth to a new nation for their people. Blood and soil -- those are what men have willingly fought and died for throughout history.
The Japanese kamikaze pilots were the suicide bombers of the Second World War. They were volunteers, ready to sacrifice their lives for emperor and country. They were not afraid to die if they could sink an enemy ship and perhaps turn back the American advance. All soldiers in battle face the possibility of death, and some soldiers accept certain death if they believe there is no other way to defeat a stronger enemy. The families of the kamikaze pilots were proud their sons showed such devotion to Japan, just as the families of Palestinian suicide bombers are proud of their children.
Why, though, must the Palestinians kill civilians? Because they cannot hope to take on the Israeli army. They cannot reach the men in the tanks and fighter-bombers, so they kill their fathers, wives, and children instead. It is an ugly and immoral way to fight, but that is how the Allies fought the Second World War. When Britain and America could not kill enemy soldiers on the battlefield they killed their families from the air. The Germans and Russians did the same. For desperate people, the distinction between a soldier and his family means very little. To the Palestinians, who see Jewish settlers of every age and sex as thieves and occupiers, the distinction is virtually meaningless.
The Palestinians are fighting what all the world but Israel and America consider to be a war of national liberation. They believe with all their heart that they are fighting for their homeland, for their survival as a people. It would be surprising if they did not use every means at their disposal, no matter how sickening or violent, to free their land from what is to them a brutal and alien tyranny. It is blindness to dismiss them as incomprehensible madmen or to sneer at their motives. For people who claim to admire Will Travis and Leonidas, it is dishonesty to scorn the sacrifices of the Palestinians or deny their love for what they believe to be their country.
Israel and its apologists want to turn the world against the Palestinians by telling us they are barbarians, impervious to reason, who must be crushed. In effect, they want us to believe Palestinians are not fully human, for thus do the Israelis justify to themselves and to the world their own behavior.
Gilbert Blythe is the pen name of a Washington-area journalist.
WTM Enterprises
<http://www.thornwalker.com/ditch/blythe2.htm>

HUMANISME JUIF (SUITE)

Les soudards israéliens pratiquent le viol

Vendredi 5 avril. S'il vous plaît, aidez-nous ! Mon nom est X [Nous avons supprimé le nom par crainte des représailles qui pourraient être exercées par l'armée. Je le tiens à la disposition de personnes qui m'adresseront une demande crédible.]. Je vous écris ce soir, il est 21h49 (heure locale) à Bethléem, en Palestine. Il y a quelques années, j'ai quitté les Etats-Unis avec des amis et suis arrivé au camp des chrétiens de rite orthodoxe d'Antioche. Aujourd'hui, je suis dans la détresse et vous écris à tous pour que vous aidiez notre peuple en Palestine. La nuit dernière, des chars et des soldats israéliens ont fait irruption dans nos maisons. Vers 2h30 du matin, ils ont pénétré dans la maison où vivaient ma soeur et son mari. Les soldats s'en sont pris à ma soeur. L'un deux a procédé à des attouchements sur elle et l'a violée de plusieurs manières. Elle est enceinte de 4mois et il est plus que probable qu'elle aura perdu son bébé. Lorsqu'il en a eu fini avec elle, deux autres soldats ont fait la même chose. Alors qu'elle refusait et tentait de se débattre, ils l'ont battu, lui assénant des coups dans le ventre. Son mari, Marwan, a reçu trois balles dans la nuque quand il a essayé de s'interposer. Il est mort de ses blessures ce matin, vers 5 heures. Quand ils ont fini de violer ma soeur, ils l'ont jetée sur le lit. Toutes ces horreurs se sont déroulées sous les yeux de l'aîné des enfants, mon neveu X, âgé de sept ans. Après avoir battu et violé ma soeur, les soldats ont volé ses bijoux, son argent et d'autres objets, puis s'en sont pris à différents objets dans l'appartement qu'ils ont détruits. Ce matin, ma soeur pense qu'elle a fait une fausse couche. Les soldats sont aussi venus chez nous. Grâce à Dieu, mon père avait du liquide (près de 2000 shekels, la monnaie israélienne). Il l'a donné aux soldats. Il a également enlevé ma chaîne en or et les bijoux de ma soeur cadette et de ma mère. S'exprimant en hébreu (langue que nous comprenons), les soldats ont dit à mon père que sa femme était trop vieille et moche pour qu'ils aient envie de la forcer, et que nous devrions nous en réjouir, mais qu'ils s'étaient tous "fait" la femme de l'appartement voisin (ma soeur). Ma mère a alors prié les soldats de permettre qu'on apporte des médicaments à ma soeur et que l'on enlève le cadavre de mon beau-frère. Ils ont refusé. Ma pauvre mère était trop terrifiée pour pleurer sur ce qui s'était passé parce qu'elle pensait qu'ils allaient nous tuer nous aussi.
Nous ne sommes pas musulmans mais grecs orthodoxes, c'est-à-dire des chrétiens comme vous. Nous sommes persécutés et n'en voyons pas la fin. Votre pays ne vous permet pas de savoir ce qui se passe et ce que subissent réellement nos populations. En communiquant par téléphone portab