AAARGH
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LA GAZETTE DU GOLFE ET DES BANLIEUES
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Numéro 32 -- 25 novembre 2003
>gazettegb@yahoo.fr<
http://ggb.0catch.com
Nouvelles
en français et en anglais
Créée
en 1991 par Serge Thion
News in French
and English
Established
1991 by Serge Thion
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PERÇONS
TOUS LES MURS
SEUL LE SPECTACLE
DES CRIMES D'ISRAËL
SUSCITE LA
RÉVULSION LÉGITIME
QUE LES SIONISTES
APPELLENT ANTISÉMITISME
TOUS UNIS
POUR DÉTRUIRE L'EMPIRE
THEY'RE BOGGED
DOWN IN BOTH
AFGHANISTAN
AND IRAQ
WAIT FOR THE
KILL
NOUS AVONS
ANNONCÉ LE BOURBIER
LE BOURBIER
EST LÀ
ILS SONT DEDANS
LA PANIQUE
S'INSTALLE
USA, PAR ICI
LA SORTIE
AMERICANI,
FUORI DELL'ITALIA
ITALIANI,
FUORI DELL'IRAQ
VIVE LA RÉSISTANCE
IRAKIENNE
SEULE GARANTIE
DU PEUPLE IRAKIEN
CONTRE LES
PRÉDATEURS
L'IRAQ N'EST
PAS À VENDRE
ÉCRASONS
L'INFÂME SIONISTE
Ce numéro
de la Gazette a été confectionné
avec l'aide, volontaire ou involontaire, de Oussama Ben Laden,
Johan Weisz, Israël Adam Shamir, Franck Spengler, Denis
Bourgeois, Nicolas Shahshahani, Serge Thion, le sénateur
des USA Ernest F. Hollings, Eric Mueller, Robert Fisk, Elisabeth
Schemla, Ginette Hess-Skandrani, Alexandre Adler
et beaucoup
d'autres...
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Solidarité
au peuple irakien qui résiste
Pour la manifestation
de Rome
13 décembre
2003
- La guerre, que l'empereur
autoproclamé G.W. Bush a déclaré terminée
le 1er mai, vient en effet de commencer. Les agresseurs anglo-américains
croyaient qu´une fois accomplie la défaite de l´armée
irakienne, le peuple de l´Irak les aurait salués,
agitant la bannière étoilée; ils se trouvent
au contraire en train d'affronter une hostilité populaire
croissante.
- Les envahisseurs ont
inondé le pays de promesses mais le gouvernement colonial
dirigé par Paul Bremer utilise la police et réprime
avec des méthodes autoritaires toute expression de mécontentement.
Qui renonce, rejette et critique ses décisions est arrêté
et envoyé dans les camps d´internement.
- Dans ces conditions
la résistance devient chaque jour plus forte et ouvre
la possibilité d´une véritable guerre de
libération, comparable à la lutte viêtnamienne.
- Nous affirmons que la
résistance irakienne est légitime, moralement et
politiquement. A l'inverse, nous considérons illégitimes
l´occupation de l´Irak et celles de la Palestine,
et nous les condamnons. L´agression contre l´Irak
a été dès le début une violation
ouverte du droit international et des principes fondateurs des
Nations Unies.
- La bataille qui se développe
en Irak est d'une grande importance historique. Si les occupants
sont jetés hors du pays, si le peuple irakien arrive à
se libérer, les ambitions impériales et impérialistes
nord-américaines de transformer le monde entier en leur
arrière-cour subira un coup fatal. La défaite des
occupants anglo-américain serait une victoire pour tous
ceux qui luttent pour la démocratie et l´autodétermination,
pour la liberté des peuples qui refusent de se soumettre
au joug impérialiste.
- Bien que la grande majorité
des Italiens se soit opposée à l´agression
et ait manifesté son désir de paix, le gouvernement
de Berlusconi s´est non seulement rangé sous les
ordres des Etats Unis, mais a même envoyé des troupes
en Irak pour renforcer l'occupation.
- Nous soutenons le peuple
irakien qui résiste. Nous exigeons le retrait immédiat
de tous les soldats italiens non seulement de l´Irak mais
aussi de tous les autres pays où ils ont été
déployés pour appuyer les intérêts
impérialistes. Nous faisons appel à tous ceux qui
ont dit non à la guerre pour qu'ils reprennent la lutte
et qu'ils manifestent avec nous.
- Liberté
pour l'Irak et la Palestine !
-
- Dehors les
envahisseurs de l'Irak!
-
- Ramenez les
troupes italiennes et toutes les autres !
-
- Fermez les
bases américaines en Italie et en Europe.
Voir aussi plus bas: Sangre e Ipocrisia
Israel must
invent dangers, and to do this it must adopt the method of provocation-and-revenge...
And above all let us hope for a new war with the Arab countries,
so that we may finally get rid of our troubles and acquire our
space.
Moshe Dayan,
26 may 1955. (Moshe Sharett's Diary, p. 1021.)
Je suis «prêt
à chauffer le sol sous les pieds des «yids»
de la diaspora jusqu'à ce qu'ils soient obligés
de se précipiter ici en hurlant. Même s'il me faut
pour cela faire sauter quelques synagogues.»
Ariel Sharon
à Amos Oz, décembre 1982.
Dans The
Washington Post, Richard Coen écrit qu'"un simple
examen de Nexis
[la base de données de la presse anglophone] la semaine
dernière montre que 800 articles ont associé les
mots Irak et Vietnam".
"Some
have the impression," he says, "that you are a reasonable
people.
But the majority of you are vulgar and without sound ethics or
good manners.
You elect the evil from among you, the greatest liars and least
decent
and you are enslaved by your richest and most influential among
you, especially the Jews,
who lead you using the lie of democracy to support the Israelis
and their schemes
and in complete antagonism towards our religion." Oussama
Ben Laden, octobre 2003
"From
this mountain, Mr. Robert, upon which you are sitting, we beat
the Russian army
and helped break the Soviet Union. And I pray to God that
he allows us to turn America into a shadow of itself."
Ben Laden
speaking to Robert Fisk, 1997.
New figures
from the Immigration and Absorption Ministry stunned the establishment.
Those figures show 760,000 Israeli citizens now live abroad.
We are actually
very strong. 1.3 billion [muslim] people cannot be simply wiped
out.
The Europeans killed 6 million Jews out of 12 million. But today
the Jews rule this world by proxy.
They get others to fight and die for them. Dr. Mahathir, premier
ministre de Malaysie, 16 oct. 2003.
<http://www.bernama.com/oicsummit/speechr.php?id=35&cat=BI>
édito
- Saigon Baghdad
: La grande boucle
- par Serge Thion
- J'ai vécu dans
Saigon sous l'occupation américaine. J'ai vu Baghdad sous
l'embargo américain, à l'ombre de Saddam. J'ai
traîné à maintes reprises dans les couloirs
des ministères à Washington. La comparaison entre
la guerre du Viêt-Nam et l'occupation américaine
de l'Iraq est inévitable et, à condition qu'elle
ne soit pas mécanique, plaquée, elle peut nous
indiquer à quoi il faut réfléchir.
- C'était en janvier
1963. Les Etats-Unis s'étaient engagés dans la
guerre mais ils n'avaient fourni, jusque là, que des armes
et des équipements lourds, ainsi que des conseillers auprès
des unités de l'armée sud-viêtnamienne. Le
régime de Saigon ne vivait que sous la protection américaine.
Un régime, comme celui que prévoient maintenant
les conseillers de Bush et que l'ont qualifiait généralement,
à l'étranger, de "fantoche". On était
encore à deux ans du débarquement des troupes américaines,
qui venaient "sauver" ce régime fantoche de
l'effondrement. Elles venaient lutter contre le "communisme",
idole un peu oubliée maintenant, qui précédait
le "terrorisme" et "l'islamisme" au panthéon
des Ennemis officiels de l'Occident. Et cet Ennemi officiel peut
changer. Si l'on n'a pas d'Ennemi officiel, on ne peut pas faire
la guerre, comme l'a montré George Orwell dans un roman
prémonitoire, «1984». [téléchargeable
en anglais à:
- <http://aaargh-international.org/fran/livres/1984.pdf> Et le président Bush
a déclaré la guerre, le soir du 11 septembre 2001,
sans préciser à qui cette guerre était déclarée,
ce qui est le signe indubitable qu'elle est déclarée
à l'Ennemi officiel. Peu importe qui est cet Ennemi. Personne,
au soir du 11 septembre, n'aurait pensé que l'Iraq, régime
laïque et anti-islamiste, aurait pu revêtir le masque
de l'Ennemi officiel. C'est pourtant ce qui est arrivé,
de façon subreptice, sans que personne, ou presque, s'en
rende compte. C'est aujourd'hui, après l'invasion et l'occupation,
que les actes de résistance légitimes des Irakiens,
sont baptisés "terrorisme". La justification
de l'existence de l'Ennemi officiel vient donc après coup,
comme conséquence et non comme cause. Pour le pouvoir
orwellien qui domine notre planète, c'est du pareil au
même.
- Revenons à janvier
1963. Les Etats-Unis ont formé, équipé et
encadré des unités de l'armée régulière
locale. Les Américains croient que la supériorité
matérielle, la seule dont ils disposent pleinement, équivaut
à une supériorité militaire et donc politique.
C'est grâce à elle qu'ils dominent leurs alliés,
qu'ils monopolisent les ressources naturelles, qu'ils maintiennent
le bluff du dollar, et qu'ils s'assurent un train de vie bien
supérieur à leurs capacités réelles.
- Dans un petit canton
du Delta du Mékong, une région plate de rizières,
on avait signalé une unité de Viêtcongs,
les guérilleros communistes de l'époque; environ
350 hommes, des soldats qui avaient l'expérience de la
guérilla, mais pas de la guerre, celle qui se fait entre
unités constituées, blindées, qui manoeuvrent,
sous couverture aérienne, comme le prévoient les
manuels, élaborés pour la bataille décisive
dans les plaines de l'Europe centrale. Doctrine américaine,
forgée dans la seconde guerre mondiale, contre doctrine
soviétique, forgée, elle aussi, dans les steppes
et les puszta.
- Les militants-soldats
viêtcongs sont inquiets. Ils ont vu débarquer ces
masses d'équipement, les blindés, les hélicoptères
de combat, toutes choses dont les Français, pendant la
première guerre d'Indochine, n'étaient dotés
que sporadiquement. Déjà du matériel américain,
mais d'usage quasi symbolique. Là, en 1963, presque dix
ans après le départ des Français, on a affaire
à la supériorité matérielle américaine,
indubitable, indiscutable, écrasante. Les responsables
militaires du maquis sentent qu'ils doivent faire face. S'ils
reculent devant cette supériorité, devant cet amoncellement
de moyens lourds, le pays deviendra une annexe coloniale des
Yankis, une sorte de sous-merde comme la Thailande ou les Philippines,
un pays de souteneurs et de putains. Le communisme n'est qu'un
horizon assez vague et lointain. Ce qui compte, c'est la nation:
"Rien n'est plus important que l'indépendance et
la liberté", Ya không co gi... Tous
les Viêtnamiens connaissaient par coeur cette phrase martelée
par le président Hô Chi Minh. Par conséquent,
après avoir beaucoup observé, les stratèges
paysans du village de Ap Bac, ont mis au point des méthodes
pour faire face, pour frapper les points faibles, ils ont préparé
le terrain et ils attendent l'offensive. Elle eut lieu en janvier,
saison sèche, favorable au déploiement des blindés
M13 dans la rizière. Au bout d'un mois de combat, l'échec
américain était patent. Des hélicoptères
avaient été abattus, des blindés grillés
dans les champs, des unités encadrées par les conseillers
américains avaient tourné casaque.
- Cette bataille d'Ap
Bac avait fait l'objet d'une intense réflexion. Très
vite, des comptes rendus avaient été rédigés
dans le maquis et circulaient. Des traductions en français
et en anglais furent même publiées à Hanoi.
Mais aux Etats-Unis, il a fallu attendre vingt ans pour qu'une
réflexion stratégique apparaisse dans le public.
On la doit à un journaliste brillant, Neil Sheehan qui
a écrit A Bright Shining Lie: John Paul Vann and America
in Vietnam, traduit en français ensuite.
- L'expérience
avait parlé: on pouvait faire face à l'armée
américaine, lui infliger des pertes et l'empêcher
de tout contrôler. Il fallait sans doute prendre le
risque de subir des pertes dix ou vingt fois plus fortes que
celles qu'on infligerait aux Yankis. Mais celles-ci allaient
avoir un poids politique énorme: dix ans de guerre et
38.000 morts américains plus tard, les politiciens et
les militaires US allaient prendre la fuite avec la frousse aux
fesses. Cette superbe victoire, arrachée au prix de sacrifices
inouïs, allait assurer au monde une génération,
sinon de paix, du moins de prudence américaine. La leçon
d'Ap Bac, devenue la leçon du Viêt-Nam a été:
pas d'intervention américaine directe, autre que des coups
de mains rapides, genre Panama ou Tripoli. C'est la leçon
du Viêt-Nam, marquée de façon encore cuisante
sur les culottes de peau amères loques, qui a empêché
une invasion de l'Iraq en 1991. Les grands chefs se sont prudemment
arrêtés à la frontière. Ils étaient
encore péteux de leur déroute au Viêt-Nam.
Ils ont installé l'embargo et les zones de bombardement,
pour frapper à distance, user le régime sans prendre
de risques. Or le régime de Saddam a très bien
tenu le coup; il a surmonté sa défaite stratégique
et a reconstruit très vite. Il faut dire que l'Iraq possédait
un argument imparable: le pétrole.
- Aujourd'hui, en observant
la scène irakienne, on pense que la phase d'Ap Bac a été
franchie. Démobilisés, les militaires qui sont
animés par le nationalisme fervent qui travaille les tréfonds
de la société irakienne, ont commencé par
observer les envahisseurs, leur matériel futuriste, les
drones, les ordinateurs, les Apaches, véritables joyaux
de la couronne. On se souvient qu'au moment de l'invasion de
la Serbie, les Apaches ont été amenés en
Macédoine, juste à la frontière, mais que
le commandement américain n'a pas osé les engager.
Ces bijoux, avec leur équipement idoine, coûtent
plus de 20 millions de dollars pièce.
- Peu à peu, les
résistants ont appris à faire face, comme les Viêtcongs
à Ap Bac. Avec des roquettes qui valent 200 dollars sur
le marché local, on peut dézinguer les blindés
légers et les hélicoptères, si on s'y prend
bien. C'est devenu un sport national. De petits groupes se sont
formés pour faire des parties de chasse. On bricole des
rampes de fusées dans les garages. Même les chars
lourds Abraham deviennent des proies accessibles. On mine les
routes où passent et repassent les lourdes patrouilles
de Yanks. Même au pistolet, on peut se faire un Américain
qui se serait hasardé dans la rue. Sans parler des voitures
ou des camions piégés. Personne n'a oublié
comment les valeureux Marines ont quitté le Liban en catastrophe
après avoir été traités au camion
piégé. Quand on n'a pas d'Apaches, de Bradleys
ou de Humvees, on est amené à bricoler avec les
moyens du bord: une charrette tirée par un âne pour
amener le lance fusée en position de tir, etc. L'imagination
est sans limites. Et les Irakiens aiment ça. La culture
du guerrier, du combattant individuel est une donnée de
base, dans une population qui est habituellement armée.
Au Moyen Orient, rares sont les familles qui ne disposent pas
de quelques armes de guerre, qui ont remplacé, dans l'imaginaire
local, le sabre damasquiné de leurs ancêtres.
- En face, les Américains
retrouvent immédiatement les limites qui furent les leurs
au Viêt-Nam. Je suis particulièrement frappé
de retrouver (voir plus bas) un Américain que j'ai bien
connu à Saigon, Gerald Hickey, qui vit une retraite studieuse
à Chicago, pour qui j'ai beaucoup d'amitié. Une
journaliste de l'ancienne génération l'a rencontré
par hasard et il a dit son effarement de voir les troupes américaines
répéter les mêmes comportements stupides.
Hickey a vécu presque vingt ans au Viêt-Nam, parlant
la langue, enquêtant dans les villages, travaillant pour
la Rand Corporation, et il a essayé d'expliquer le Viêt-Nam
aux tous les Américains haut placés qui venaient
en mission visiter le théâtre des opérations.
En vain. Les Américains ont perdu la guerre du Viêt-Nam
pour des raisons purement intellectuelles, puisqu'ils ont gardé
la supériorité dans tous les autres domaines matériels.
- Ils n'ont jamais compris
où ils étaient, ni ce qu'ils faisaient. Il y a
comme une incapacité viscérale à comprendre,
à saisir que le monde est différent de leur petit
canton. Les Etats-Unis, on l'oublie trop souvent, est un pays
sous-développé, où l'instruction publique
est d'un niveau très bas, où l'arriération
culturelle et religieuse maintient de vastes populations dont
un état d'hébétude intellectuelle dont on
n'a pas idée à l'extérieur. Il suffit de
faire un tour dans une librairie pour voir que l'on a affaire
à des demeurés: jardinage, New Age, fantastique,
bêtise partout. Il faut fouiller pour trouve un libre.
Un tout petit noyau a accès à une culture à
peu près constituée, mais ceux qui font cet effort
sont généralement méprisés et ghettoisés.
Ils sont assimilés à l'Europe et à ses valeurs
non-américaines. L'argent et la technique sont les seules
valeurs reconnues, et ce sont les bases sur lesquelles viennent
s'assimiler les vagues successives d'immigrants, venant maintenant
surtout d'Asie et d'Amérique latine. Ceux qui ont immigré,
et qui forment le corps central de la population, appartenaient
généralement, dans les pays qu'ils quittaient,
au bas de l'échelle. La culture dont ils s'évadaient
leur était de peu de poids. Le ticket d'entrée
dans la société américaine a longtemps été
le service militaire.
- Du temps du Viêt-Nam,
il y avait encore la conscription. Trois à quatre millions
d'appelés ont ainsi fait le voyage dans l'enfer du "Nam".
Les troupes de combat étaient composées à
50% de Noirs des banlieues, qui vivaient dans le chômage
et la précarité. Aujourd'hui, l'armée recrute
ses bidasses dans les banlieues peuplées de Latinos, et
même carrément au sud du Rio Grande, au Mexique.
Les officiers viennent toujours du Sud profond, animé
par un fondamentalisme protestant dont on n'a pas idée
en Europe. Dans la tradition américaine, il n'y a pas
à proprement parler d'armée. Il y a des officiers
qui encadrent des milices. Chaque citoyen peut participer, avec
ses armes, à telle ou telle entreprise momentanée.
C'est comma ça que s'est faite la Conquête de l'Ouest.
Or cette Conquête continue, bien au-delà des frontières
maritimes des USA. Avec des hauts et des bas, des phases d'expansion
ou de stase. C'est pourquoi l'armée US est la seule au
monde où les soldats peuvent ouvrir le feu sans avoir
à demander l'autorisation aux officiers. Ce n'est pas
tant une question de discipline que de statut du soldat, citoyen
censé être autonome, qui agit en concertation avec
ses semblables, dont font partie les officiers. C'est donc une
armée terrifiante, sans discipline de feu, qui court au
massacre de civils, au meurtre et à l'incendie. Relisez
les exploits des "militaires" US dans la guerre de
conquête du Mexique, dans la guerre de conquête des
Philippines aux XIXe siècle. Elle détruit tout
avant son passage. Toutes ces tares indélébiles
sont déjà là: inconscience totale et liberté
absolue de massacrer dès lors qu'on se trouve, armé,
en "territoire indien": c'est l'expression consacrée,
qui avait encore cours au Viêt-Nam.
- Les effets politiques
sur les populations ne manquent pas de se faire sentir rapidement.
Les malheureux Irakiens qui avaient pu se réjouir un instant
d'une présence militaire américaine qui les débarrassait,
au moins en apparence, du poids de la dictature de Saddam, ont
déchanté au cours des semaines, en voyant ces voyous
surarmés maltraiter tout le monde, mépriser tout
le monde, battre et torturer n'importe qui. Tout le monde ne
rejoint pas la résistance, mais tout le monde la comprend.
Ce qui est incompréhensible, c'est le comportement des
cow-boys de l'US Army, repus de films de massacre et de héros
exterminateurs qui gagnent après avoir tué tout
le monde. Mais ce n'est que du cinéma, la grande illusion
chez des gens dépourvus de culture et de savoir. On chercherait
vainement un pays où la culture de base est aussi empreinte
de violence, de simplisme et de sadisme. Même les Australiens,
descendants des criminels des îles britanniques, sont moins
abrutis.
- Il est des raisons plus
précises pour expliquer ces déboires. Sans doute
pour pallier l'absence d'une véritable tradition militaire,
-- l'existence d'une grosse armée américaine date
de la seconde guerre mondiale -- il s'est développé
une bureaucratie énorme. Le Pentagone et ses annexes représentent
une gigantesque administration, omnipotente, extrêmement
corrompue (Lisez Catch-22 si vous voulez comprendre comment
elle s'installe) qui dépense des fortunes colossales en
matériels inutiles qu'elle paie quatre fois le prix. Pour
un soldat combattant, il y a neuf soldats bureaucrates, perdus
dans des montagnes de paperasses, écrites dans des jargons
mystérieux: c'est une énorme machine qui tourne
à vide et dont la fonction principale, comme Chomsky l'a
montré depuis longtemps, est de consommer et de consumer
des ressources énormes en propageant l'irrationalité
la plus folle dans l'économie et la société
américaine. Cette bureaucratie proliférante, désordonnée,
fonctionne sans contrôle. Par exemple, depuis quinze ans
que la guerre froide est finie, elle continue de produire des
armes nucléaires à tire-larigot, dont personne
n'a nul besoin. Ni le président, ni les commissions parlementaires
n'ont les moyens de contrôler cet incroyable gaspillage
qui enrichit les militaires mais surtout les fournisseurs qui
ont les moyens d'acheter les parlementaires. La boucle de la
corruption généralisée est ainsi bouclée.
Le danger de ce "complexe militaro-industriel" avait
été déjà dénoncé, à
la fin de sa présidence, par le général
Eisenhower, bien placé pour en connaître, il y a
plus de 40 ans.
- Certes, une petite guerre
de temps en temps permet de remplacer le matériel et de
faire tourner la machine. L'Iraq permet de tester le matériel
et d'ailleurs les résultats sont là: le matériel
n'est pas bon, pas adapté. La poussière portée
par les vents de sable a vite raison des moteurs des blindés.
Il a fallu retirer d'urgence les Apaches des opérations
offensives parce que s'ils sont adaptés à une guerre
avec les blindés, ils ne résistent pas à
de minables mitrailleuses. L'état-major se dépêche
de "repenser la doctrine d'emploi" des hélicoptères
et reporte ses espoirs sur les drones, fabriqués principalement
par les Israéliens et les Français... Une illusion
en remplace une autre. (Voir la série sur "Le bourbier
irakien" parue dans Le Monde à la mi-novembre
2003, donnant, sept mois après l'invasion, un point de
vue que nous avions présenté dès avant la
guerre ! )
- On a vu avec intérêt
des cellules d'évaluation, du Center for Army Lessons
Learned, produire un rapport d'évaluation des offensives
en Afghanistan et en Iraq. Voici ce qu'en dit le chroniqueur
militaire du Monde (16-17 novembre 2003):
- Au centre du diagnostic
porté par le CALL, le fait que les outils d'analyse à
la disposition du renseignement sont mal adaptés pour
pouvoir transmettre rapidement -- quelquefois en moins d'une
heure -- les informations recueillies et vérifiées
aux différents niveaux du commandement et aux petites
unités de la coalition qui traquent les terroristes sur
le territoire irakien.
- Le rapport insiste sur
le fait que les unités de l'armée sont dotées
de logiciels différents, aux origines les plus variées,
et souvent incompatibles entre eux, ce qui fait de la communicatioin
entre échelons et unités un véritable casse-tête
pour informaticiens.
- C'est, paraît-il,
un problème majeur que de réussir à attribuer
le renseignement obtenu à celui qui en a véritablement
le plus besoin. C'en est un autre, face aux nouvelles tactiques
de guérilla, de pressentir à temps le moindre changement
semblant se dessiner au sein de petits groupes hostiles dont
les activités ne se limitent pas à la capitale
irakienne. Troisième problème : arriver à
mixer différentes sources d'information pour offrir aux
décideurs et aux exécutants opérationnels
un tableau de la situation cohérent et à jour.
- Quatre équipes
d'experts de l'armée de terre américaine viennent
de rentrer d'Irak et d'Afghanistan. Entre autres jugements, elles
estiment que les analystes du renseignement ne sont pas déployés
assez rapidement au plus près des troupes engagées;
qu'ils sont sous-entraînés; qu'ils éprouvent
des difficultés à communiquer entre eux du fait
des différences entre leurs outils respectifs de recueil
et d'exploitation du renseignement; et, enfin, que les destinataires
de leur production ignorent souvent tout ce qu'ils sont en droit
d'attendre de leurs services.
- Les informations réunies
par les satellites ou par les drones (petits avions-espions)
ne suffisent plus. Il faut réhabiliter - sans pour autant
submerger l'analyste en bout du processus, ni le distraire de
sa mission - le renseignement de source humaine (dit Humint).
- Le "Y'a qu'à"
prévaut à tous les échelons. Les Américains
ne savent pas où ils sont, historiquement, sociologiquement
parlant. Pour eux, tous les indigènes sont des "noirs"
qui méritent à peine la rafale qui va les faire
taire. Mais ils ne savent pas non plus où ils sont "opérationnellement".
L'accumulation des images fournies par les radars, drones, avions
et "système d'acquisition" ne leur permettent
pas de comprendre ce qu'ils voient. Qui est qui ? Ils n'ont presque
pas d'éléments bilingues, ils manquent d'interprètes
fiables car il faudrait recruter sur place des éléments
douteux. Même à Guantanamo, on voit que les recrutements
laissent passer beaucoup de choses. Là encore, c'est l'ignorance,
l'inculture qui prévaut. L'Amérique ne peut pas
former les personnels dont elle aurait besoin, non pas pour gérer
le monde entier, mais pour analyser les masses de renseignements
qu'elle collecte chaque jour en plusieurs dizaines de langues.
L'armée avait formé, à prix d'or, des centaines
de spécialistes qui parlaient couramment le viêtnamien,
mais l'étendue du problème le rend aujourd'hui
insoluble. Voir Spengler, "Why America is losing the intelligence
war", Asia Times du 11 novembre 2003:
- <http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/EK11Ak01.html>
- Les mêmes causes
produisent et produiront les mêmes effets. Les Américains
sont en Iraq comme ils étaient au Viêt-Nam: sur
la lune. Il y a trente ans, ils faisaient venir leur eau potable
en avion des Philippines. A Baghdad, ils envoient leur linge
à laver en avion au Koweït. On peut dire qu'ils sont
foutus d'avance. Avant la guerre, nous avions suggéré
que l'entrée des Américains en Iraq serait une
très bonne chose, qu'ils se retrouveraient vite dans le
bourbier et qu'ils y seraient battus. On peut dire que la situation
évolue encore plus vite que toutes les prédictions:
c'est à Washington même qu'on commence à
sentir le vent de la défaite. On change de stratégie
en toute hâte. On fait le contraire mardi de ce qu'on avait
décidé lundi. On improvise fiévreusement.
Les élections approchent. Les néo-cons, dépassés
par les problèmes dont ils n'avaient évidemment
pas vu les complexités, commencent à se demander
si Bush ne va pas les débarquer pour essayer de se faire
réélire. En réalité, toute cette
agitation, ces "renforcements des moyens de lutte antiguerilla",
ces appels désespérés et désespérants
à la lutte contre un fantomatique "terrorisme",
ne sont que coups d'épée dans l'eau. La seule solution
aux problèmes posés par la situation de l'Iraq
est le retrait complet des forces américaines, maintenant
ou plus tard. Plus les Yankis traînent, plus ils le paieront
cher. Les événements s'accélèrent.
Dans le journal The Independent Charles Glass note, le
13 novembre qu'il a fallu deux ans, en 1963 et 1964, pour que
les pertes américaines au combat atteignent le chiffre
de 324. En Iraq, ce chiffre a été atteint en six
mois.
- L'équipe Bush
espère se tirer d'affaire en donnant une indépendance-bidon
à une équipe irakienne qui reste à inventer,
d'ici juin prochain. Il faut trouver un "Karzai" irakien,
lit-on dans la presse américaine. Karzai est le fantoche
de Kaboul, dont l'influence ne s'étend même pas
à toute la ville, et encore moins au delà. Un "Karzai"
irakien ne fera pas long feu.
- Le dernier retranchement
des idiots de Washington est de dire que le retrait des forces
américaines est impossible car il serait le signal d'une
guerre civile. Il est possible et même probable que l'intervention
intempestive des Amères Loques aient déstabilisé
le système politique irakien, qui reposait sur une dictature
sanglante mais nationale, sociale, rationnelle et non-confessionnelle,
finalement assez ouverte. Les Anglo-Saxons, comme toujours, vont
jouer la carte confessionnelle ou minoritaire pour créer
l'apparence d'une démocratie; apparence, car une démocratie
devrait prendre en compte les individus et non les groupes. C'est
la plus sûre recette pour que ces groupes, qui ont des
existences sociales bien repérées, s'affrontent
les uns les autres. En Iraq, les loyautés premières
sont souvent "tribales", les tribus étant des
sortes de grosses grappes de réseaux familiaux. On peut
rencontrer à Baghdad ou en province tel "chef de
tribu" qui est à la tête d'un groupe qui peut
rassembler un million de personnes, ou plus, avec sentiment d'appartenance
et de loyauté, un keffieh portant des signes distinctifs,
un territoire plus ou moins précisé, une sorte
d'armée privée du groupe avec armes de guerre,
une gestion fine et diplomatique des questions d'honneur qui
peuvent dégénérer en vendettas militaires.
Ces groupes ont une existence économique certaine et fonctionnent,
à certains égards, comme de vastes entreprises
privées.
- Tout pouvoir central
doit à la fois s'appuyer sur ces groupes et les neutraliser
sans créer de conflits, car l'Etat central n'a tout simplement
pas les moyens de les régler s'ils surgissent. Même
Saddam Hussein marchait sur des oeufs, dans ce domaine. Les Américains
vont être tentés de jouer à ce jeu et vont
se faire manipuler comme des bleus par des vieux notables plus
rusés que le renard du désert. Mais c'est aussi
la voie du conflit. En outre, pour compliquer une équation
difficile à saisir pour les âmes simples qui arrivent
du Potomac, les multiples fractions de la majorité shi'ite
sont au moins d'accord pour réclamer un rôle prépondérant
dans le futur Etat irakien.
- L'argument de l'impossibilité
du retrait ne résiste pas un instant. Il est évident
que les Américains ne seront pas plus en mesure de bâtir,
ou de rebâtir un système politique en Irak, que
de maîtriser la situation militaire. Il n'y a qu'à
jeter un coup d'oeil sur la situation de l'Afghanistan pour voir
que les Américains, et les idiots d'Européens qui
font le chienchien derrière, ne peuvent que bâtir
sur du sable. Les talibans savent très bien comment faire
pour donner un coup de pied dans ces illusions.
- Il reste qu'au départ
inéluctable des Amères Loque, s'il tarde un peu,
il se sera constitué une nouvelle force politique, la
résistance irakienne, qui est probablement aujourd'hui
fragmentée et hétérogène, mais qui
va, avec le temps, s'unifier et se préciser. Elle pourra
peut-être, ancrée dans la revendication d'indépendance,
assurer l'unité du pays et la cohérence de ses
populations. Elle est en tout cas une alternative beaucoup plus
naturelle que la présence incongrue des pauvres militaires
américains, apeurés, impuissants, aveugles, sanguinaires
et passablement stupides.
- 24 novembre 2003.
Annexe de l'édito:
- Vietnam and
Iraq have more similarities than differences
- Georgie Anne
Geyer
- Chicago -- To my immense
surprise, I recently ran into the American scholar who, for many
correspondents in Vietnam, offered the most fair-minded analysis
of the war. Suddenly, there was Gerald "Gerry" Hickey
at the Chicago Public Library, a little grayer after 35 years,
but still much the same, with a big smile on his face and a welcome
"Hello!" I remembered well how Gerry, then the Rand
Corp.'s top man in Vietnam, had meticulously explained for us
the cultures and behavior of highland tribes such as the Montagnards,
but also the Viet Cong and the "pro-American" Saigon
government.
- "And now we're
doing the same thing all over again," he said as we talked
about Iraq. "First, we suffer from the same invincible
ignorance about Iraq that we suffered over Vietnamese culture.
Second, in Vietnam we set the military impact with no concern
about our effect on South Vietnamese culture. By the time we
left in 1975, they were just exhausted. They were just tired
out -- and so was I.
- "It is so sad now
that I can see the same mistakes being made in Iraq. The GIs
busting down the doors, breaking into homes, doing everything
wrong. But, you know something," he went on, sadness outlining
his voice, "I'm shocked at much of what we are seeing in
Iraq: The Americans are much crueler than they were in Vietnam.
Remember, when American correspondents found American troops
burning down houses -- that was remarkable then; today it's the
norm."
- Gerry and I talked a
long time that day, mulling over our common experiences, wondering
primarily why the United States can't ever pause to analyze a
country correctly, and above all comparing the two conflicts.
Despite the myriad voices in the press insisting, "Iraq
is not a Vietnam!" the indisputable fact is that, if you
consider the passions and principles applied there, it really
IS another Vietnam. Among the causes for the war are obscurantist
theories about foreign threats that have little basis in reality;
civilians at the top who play with the soldiers they have never
been; and the underlying lies that give credence to special interests
(the Bay of Tonkin pretense in Vietnam, the supposed weapons
of mass destruction in Iraq).
- In Vietnam, we were
following the bizarre notion of the "domino theory,"
the idea that a communist Vietnam would mean that all of Southeast
Asia would fall to communism. The Johnson administration refused
to realize that it was a colonial war, and that in colonial wars,
people fight forever. With Iraq, the second Bush administration
accepted the idea, perfervidly pushed by civilian neoconservatives,
that Iraq was the center of terrorism, the cause of 9/11 and
an immediate threat, ignoring the Greek chorus of voices warning
against such intellectual, military and moral folly.
- Curiosly, in both cases
it was civilian ideological fanatics in the Pentagon, enamored
of American technology and with no knowledge of history or culture,
and not the U.S. military, who pressed for the wars. (It was
Robert McNamara and his "whiz kids" then; now it's
Paul Wolfowitz, Douglas Feith, Richard Perle and others.)
- Perhaps the old American
maxim of civilian control of the military might be changed, with
what we are seeing, to military control of the civilians. [...]
- America needs to look
seriously at these two wars and analyze why it repeatedly gets
involved in painful and costly faraway conflicts. Why, when we
could with little effort be a great example for mankind [Note
de l'AAARGH: ???], do we allow the driven and arrogant technocrats
of the Vietnam era and the cynical and extremist Jacobins today
to carry us to war after useless war?
- Gee Gee Geyer a interviewé
Saddam Hussein en 1973.
- Uexpress.com, 4 novembre
2003.
- <http://www.uexpress.com/georgieannegeyer/?uc_full_date=20031104>
SPÉCIALE
: RÊVES DE SHAMIRIE
LA DÉLATION
- 22 octobre 2003 / 08
h 36
Les éditions
Balland/Blanche coéditent L'autre Visage d'Israël,
un livre antisémite et révisionniste d'Israël
Shamir,
qui fait l'apologie
de la haine raciale
- Par Johan Weisz,
journaliste-policier à <proche-orient.info>
- Denis Bourgeois, le
directeur des éditions Balland, contacté par proche-orient.info,
dit n'avoir pas lu le livre avant de le co-éditer. Aujourd'hui,
averti par nos soins de son contenu réel, il s'apprêterait,
c'est du moins ce qu'il a dit à Johan Weisz, à
«prendre une décision lourde». Affaire à
suivre...
- (p. 242). "Il semble
que les Juifs (en tant que groupe distinct des non-juifs) soient
unis par une volonté commune, un objectif unique et un
sentiment de puissance. L'intoxication par le pouvoir et l'unité
a amené ces gens cauteleux à laisser tomber le
masque, à renoncer aux faux-semblants" (p.245). "les
Protocoles [des Sages de Sion, ndlr] n'avaient aucun lien avec
la réalité, ils n'auraient pas la popularité
qui est la leur. Les Juifs sont suffisamment puissants pour rêver
de domination, et certains le font. (p. 280).
- Ces nauséeux
extraits font partie de L'Autre Visage d'Israël,
pavé de 400 pages en vente en France depuis le 9 octobre
et co-édité par les Editions Balland que dirige
Denis Bourgeois, et par les éditions «Blanche»
dirigées par Franck Sprengler. Pourtant l'ouvrage tombe
clairement sous le coup de la loi sur la presse, et s'il trône
encore dans les rayons des librairies, c'est que les associations
anti-racistes n'ont toujours pas été alertées.
- L'auteur ? Un certain
Israël Shamir, qui se présente comme un «juif
israélien, originaire de Novossibirsk, en Sibérie».
Il affirme avoir été le collaborateur de nombreux
médias internationaux, mais on retiendra surtout de lui
son admiration pour le Premier ministre malais Mahatir («un
des plus grands politiciens au monde») et sa fréquentation
des personnages de l'ultra-gauche ou de l'ultra-droite, tels
Gilles Munier, biographe de Saddam Hussein, Ginette Skandrani,
de l'association et rédactrice du journal "La Pierre
et l'Olivier" et rédactrice du journal «L'Audace»
qui rassemble la mouvance négationniste tunisienne journal
auquel a également collaboré Tawfik Mathlouti,
promoteur du «Mecca Cola» et autre ami d'Israël
Shamir.
- L'Autre Visage d'Israël signale, par ailleurs, que Maria
Poumier a participé à la traduction du livre, originellement
écrit en anglais. Or cette dernière n'est autre
que la secrétaire de rédaction de la revue A Contre nuit, dont l'adresse personnelle
est celle de Roger Garaudy.
- L'Autre visage d'Israël est un recueil d'articles écrits
par l'auteur. Depuis plusieurs années, Israël Shamir inonde le web de ses écrits
que l'on retrouve pêle-mêle sur des sites pro-palestiniens,
chrétiens, islamistes, négationnistes ou d'extrême
droite. En général, ils évoquent le conflit
au Proche-Orient, puis dérivent rapidement vers l'antisémitisme.
Ainsi, Shamir mentionne abondamment l'intellectuel palestinien
Edward Saïd avec lequel il partage la vision d'une Palestine
«du Jourdain à la mer», sans partager cependant
la détermination de Saïd contre le négationnisme
et l'antisémitisme. [Saïd est un bon Arabe,
et d'autant meilleur qu'il est mort. ]
- Le discours judéophobe
de L'Autre visage d'Israël fait la synthèse entre
un antisémitisme d'origine chrétienne et un antisémitisme
d'obédience anticapitaliste. Ainsi l'«usure»
et le prêt à intérêt sont-ils régulièrement
stigmatisés, considérés comme une pratique
imposée par «la loi juive», mais interdite
par « le Dar al-Islam et la chrétienté »
entre lesquels Israël Shamir prône l'alliance. Les
juifs, et a fortiori les juifs ashkénazes, sont identifiés
par Shamir au néo-libéralisme, acteurs d'un complot
à l'échelle mondiale auquel sont associés
les Israéliens qui ont pris part aux attentats du 11 septembre
2001. Dans l'article intitulé «Les Sages de Sion
et les Maîtres du Discours» (pp. 270-285), Israël
Shamir propose un dépassement de l'écrit apocryphe
des «Protocoles des Sages de Sion», et reconnaît
leur utilité pour comprendre «le plan du Nouvel
Ordre Mondial». A la manière des «Protocoles»,
Israël Shamir place dans la bouche de juifs des propos dans
lesquels ils avouent leurs ignominies et leur volonté
de dominer le monde; pour ce faire, l'auteur tronque à
loisir les citations de personnalités présentées
comme «juives» ou «pro-juives», en affichant
péremptoirement en note la référence des
pseudo-citations.
- On doit d'autant s'étonner
de cette publication de surcroît par une grande maison
d'édition française qu'à plusieurs reprises
le nom d'Israël Shamir a été mêlé
à de fâcheuses controverses. En avril dernier, Libération
et Le Monde révélaient qu'un bulletin d'information
pro-palestinien avait diffusé un de ses textes sur le
thème du complot de la juiverie. Un des responsables de
ce bulletin était Marcel Charbonnier, le même qui,
précisément, a traduit L'Autre Visage d'Israël.
A l'époque, Marcel Charbonnier n'avait pas voulu admettre
que l'«Association France Palestine Solidarité»
ait pu explicitement condamner «le contenu antisémite»
du texte, et avait démissionné de l'association
pro-palestinienne. On avait également pu lire Israël
Shamir dans le Manifeste judéo-nazi d'Ariel Sharon, une
pseudo-interview du Premier ministre israélien, édité
par le négationniste tunisien Mondher Sfar, avec le soutien
du Parti des Musulmans de France de Mohamed Latrèche et
de «la Pierre et l'olivier» de Ginette Skandrani.
En annexe du Manifeste judéo-nazi figurait un article
de Shamir, intitulé «L'épreuve était
décisive», que l'on retrouve aujourd'hui dans l'ouvrage
publié par Balland. [Voir, pour plus de précisions,
la nouvelle édition du Manifeste «judéo-nazi»
aux bons soins de l'aaargh:
- <http://aaargh-international.org/fran/livres3/manifeste.pdf> ]
- Alors comment les éditions
Balland, dirigées par Denis Bourgeois, précédemment
PDG de Calmann-Lévy et directeur général
de Grasset, ont-elles pu publier ces écrits sans sourciller
? En fait, c'est le directeur des éditions Blanche, Franck
Sprengler, qui a dirigé la publication de L'Autre Visage
d'Israël, après avoir éprouvé «un
coup de coeur» pour le livre, affirme-t-on chez Blanche.
Cette maison d'édition se consacre essentiellement à
la littérature érotique, d'où son partenariat
avec Balland pour assurer la distribution du livre. Contacté
par «Proche-Orient.info», Denis Bourgeois a confessé
n'avoir pas lu l'ouvrage dans sa totalité. «J'ai
pris un verre avec Israël Shamir, qui m'est apparu comme
quelqu'un de très bien», nous a-t-il expliqué.
Ensuite Denis Bourgeois a affirmé «tomber des nues»
lorsque Proche-Orient.info lui a signalé certains extraits
de l'ouvrage qu'il a tout de même co-édité.
Mardi soir, 21 octobre, Denis Bourgeois reconnaissait la présence
de passages «inacceptables» dans L'Autre Visage d'Israël.
Il affirmait s'apprêter à prendre «une décision
lourde» dans la journée de mercredi.
- Selon Me Franck Benhamou,
avocat au barreau de Paris, les éditeurs et l'auteur de
L'Autre Visage d'Israël risquent gros: ils s'exposent
à une amende supérieure à 45.000 Euros.
En effet, plusieurs extraits clairement antisémites de
la publication tombent sous le coup des articles 24 et 32 de
la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté
de la presse qui répriment les délits de diffamation
raciale et de provocation à la haine raciale. D'autres
extraits tombent sous le coup de la loi dite Gayssot (article
24 bis de la loi sur la liberté de la presse), qui sanctionne
ceux qui contestent par voie de presse, en l'occurrence l'édition,
l'existence de crimes contre l'humanité. Dans cette affaire,
le traducteur, Marcel Charbonnier, pourrait lui aussi être
inquiété en tant que complice.
- D'après la procédure
en matière de publication, les associations anti-racistes
peuvent faire citer à comparaître, sous 20 jours,
les maisons d'édition et demander le retrait de l'ouvrage
incriminé. A noter que le Parquet peut, de lui-même,
enclencher la procédure.
- Me Benhamou rappelle
que le montant élevé des amendes encourues peut
amener les éditeurs à retirer, de leur propre
initiative, l'ouvrage de la vente; ce vers quoi Denis Bourgeois,
le patron de Balland, pourrait rapidement s'acheminer.
- EXTRAITS
THEMATIQUES DE L'AUTRE VISAGE D'ISRAËL
Les diatribes
antijuives, version "ils dominent le monde et aiment l'argent"
- P. 53 : « la presse
américaine, dominée par les Juifs »
- P. 242 : « La
Juiverie (on est prié de ne pas confondre ce terme avec
les millions de descendants de Juifs médiévaux)
a retrouvé sa place dans la politique mondiale, et a pris
le contrôle spirituel de la seule superpuissance au monde,
les États-Unis. »
- P. 245 : « il
semble que les Juifs (en tant que groupe distinct des non-juifs)
soient unis par une volonté commune, un objectif unique
et un sentiment de puissance. L'intoxication par le pouvoir et
l'unité a amené ces gens cauteleux à laisser
tomber le masque, à renoncer aux faux-semblants. La nouvelle
ouverture nous fournit un aperçu sans précédent
de l'âme des Juifs et de leurs supporters mammonites. »
- P. 250 : « Aussi,
après bien des années de sélection continue,
les forces pro-juives ont atteint les positions de la toute puissance
aux États-Unis. Par ailleurs, l'Amérique était
presque vouée à devenir un État néo-juif
en vertu de son idéologie. »
- P. 252 : « L'autre
groupe d'alliés [parmi les philosémites, ndlr]
est constitué par les hommes d'affaires purs et durs qui
apprécient le côté pratique de l'idéologie
juive. Ils aiment l'idée du Mob, la chasse à l'argent,
l'indifférence à la morale et aux conséquences
sociales que cela peut avoir, l'indifférence à
la propriété et à la vie d'autrui. Les gens
qui voient tous les autres comme des ennemis, et la vie comme
une bataille perpétuelle, remarquent que dans l'idéologie
juive, aucun étranger n'est considéré comme
un "voisin". Voilà pourquoi les dirigeants qui
étaient les plus cruels, les princes et les rois, étaient
ceux qui prenaient des juifs comme conseillers et ministres.
»
- « Les Juifs ne
sont ni un peuple, ni une religion, ni une race. Il s'agit d'une
organisation quasi-religieuse ; quelque chose qui ressemble à
une Église catholique qui serait intimement liée
au Fonds Monétaire International, de même que le
courrier électronique est associé au téléchargement
de fichier sous Windows. On peut rencontrer toutes sortes de
catholiques, mais les décisions sont prises à Rome.
On peut rencontrer toutes sortes de juifs, mais les décisions
sont prises à Wall Street. »
- P. 254 : « Jésus
sauve, mais Moïse investit. L'influence juive ne s'arrête
pas là où le dollar s'arrête. Les idéaux
des Américains sont façonnés par Hollywood,
avec son culte du lucre et du succès. Leurs réflexions
sont alimentées par les éminences juives dans les
universités et les médias. Pour leur confort, ils
"boivent" le New York Times* comme du petit lait. Leur
histoire a rétréci et s'est réduite aux
études sur l'Holocauste. (...) Il importe peu aux Américains
que leur politique soit aux mains de gens qui n'ont de dévotion
que pour la cause des Juifs. » * voir p. 70 où le
New York Times est qualifié de « journal juif américain
».
- P. 254-255 : [En tant
que juif,] « Je me sens très bien avec moi-même,
et avec la plupart des juifs que je rencontre. Séparément,
nous sommes sympathiques et chaleureux. Enfin, aussi sympathiques
que n'importe qui. Mais ensemble, nous constituons une machinerie
sociale redoutable et repoussante, liée par un pacte infernal
à la rapacité et à la cupidité. J'aime
les "Juifs" tout autant que le grand américain
David Thoreau aimait l'Empire américain, que Voltaire
aimait son Église catholique, qu'Orwell aimait son Parti
stalinien. »
- P. 256 : « L'emprise
judéo-mammonite a éliminé les forces vives
de l'Amérique et les a guidées vers le dépérissement.
»
- P. 257-258 : «
L'influence grandissante des Juifs s'est accompagnée de
la divergence : les riches sont devenus plus riches, les pauvres
plus pauvres, et les classes moyennes ont perdu. C'était
prévisible, car traditionnellement la prospérité
de la communauté juive augmente en proportion inverse
de l'intérêt des gens ordinaires. La Bible nous
fournit un schéma archétypique, avec l'histoire
de Joseph et ses frères qui prospéraient en mettant
en esclavage les Egyptiens pour le compte du Pharaon. (...) Ce
n'est pas par hasard si les quartiers juifs étaient tout
près des palais royaux partout en Europe. »
- P. 258 : « Les
États-Unis sont devenus un État juif sous plusieurs
angles. »
- P. 260 : « L'introduction
de la fureur, de la haine et de l'esprit de vengeance dans l'argumentation
de l'adversaire est une arme idéologique puissante dans
la tradition juive. »
- P. 264 : « L'idée
judéo-américaine émasculera le monde si
on ne la retient pas. »
- « Les Allemands
hier, comme les Américains aujourd'hui, avaient peur de
se référer au Christ pour ne pas être ridiculisés
ou réprimandés par les Juifs. »
- P. 265-266 : «
Selon les Juifs, il y a deux sortes de réussite. D'une
part le succès à l'intérieur de la communauté
(...). D'autre part, le succès dans le vaste monde des
Juifs et des Gentils. Celui-ci se mesure à l'accumulation
de l'argent et du pouvoir. (...) Il y avait bien des Gentils
qui partageaient leur point de vue, mais qu'il s'agisse de Richard
III ou d'Harpagon, ils étaient plutôt considérés
comme des monstres que comme des modèles de réussite.
»
- P. 268 : « Dans
le domaine de la pensée, la tendance brahmane des Juifs
devrait être rendue visible et contestée. Le Brahmane
n'est pas un ennemi, mais sa tendance traditionnelle à
la domination devrait être combattue par une meilleure
visibilité et il devrait avoir à en rendre compte.»
Les juifs et
le grand capital
- P.176 : « Ce groupe
international d'empires médiatiques juifs, de Washington
à Moscou, n'est pas assujetti aux intérêts
d'Israël. Mais soutenir Israël fait partie de son programme.
En priorité, dans ce programme, il y a la globalisation
et le néolibéralisme ; ce qu'il appelle "la
liberté du marché". Sur le plan politique,
il a tendance à se méfier de la démocratie
et de ses libertés individuelles, tout en exigeant de
façon continuelle la liberté pour les entreprises.
»
Sur les "Protocoles
des Sages de Sion"
- P. 271 : « Il
faudrait considérer les Protocoles comme un "pamphlet
politique". »
- P.275 : « La concentration
du capital dans les mains des financiers, la concentration des
médias dans les mains de quelques magnats, l'assassinat
extrajudiciaire des leaders qui ne se soumettent pas, les marchés
financiers, avec leurs multiples produits dérivés
qui ponctionnent la richesse et l'accumulent entre les mains
des prêtres de Mammon ; le profit ("les forces du
marché"), seule mesure de succès de toute
stratégie... Non l'intérêt des Protocoles
n'a pas disparu, car le plan qui y est décrit, consistant
à instaurer un régime oligarchique (non nécessairement
juif), est en train d'être mis en vigueur, en temps réel
; cela s'appelle le nouvel ordre mondial. »
- P. 279 : « Apparemment,
certaines idées des Protocoles ne seraient pas étrangères
à certains Juifs. »
- P. 280 : « En
fait, si les Protocoles n'avaient aucun lien avec la réalité,
ils n'auraient pas la popularité qui est la leur. Les
Juifs sont suffisamment puissants pour rêver de domination,
et certains le font. Apparemment, certaines idées juives
ont trouvé place dans ce texte. »
- P. 284 - « En
résumé, une grande partie (pas la totalité,
toutefois) des projets prêtés au Juifs par les Protocoles
sont en effet les idées utiles ou nécessaires pour
le bien-être communautaire des Juifs (...). Il ne faut
pas aller chercher plus loin le succès jamais démenti
des Protocoles. »
Les diatribes
antijuives, version chrétienne
- P. 56 : « ceux
qui ont rejeté le Christ ont été condamnés
à errer jusqu'à ce qu'ils comprennent leur erreur.
»
- P. 247 : « la
lecture juive des dix commandements : "Tu ne tueras point
de Juif", alors que l'interprétation chrétienne
dit : "Tu ne tueras point". »
- P.119 - « la soif
de vengeance des Juifs fut plus forte que leur avarice ».
- P. 232 : « Le
refus de la vengeance est l'essence même des Evangiles.
C'est là la différence majeure entre l'Eglise et
la Synagogue, ces deux soeurs nées il y a deux millénaires
(...). Alors que les Chrétiens sont appelés à
prier pour leurs ennemis, les juifs sont censés entretenir
des rêves de vengeance. »
- P.236 : « "Vengeur"
est un terme négatif dans la culture chrétienne
comme dans la culture musulmane. La culture juive, au contraire,
est saturée de l'idée de vengeance, car elle dérive
de l'Ancien Testament, sans le filtre rédempteur du Nouveau
Testament ou du Coran. »
- P.237- « La passion
juive pour la vengeance a bien supporté la périlleuse
traversée de l'Atlantique. Des juifs américains
donnèrent naissance à Hollywood et Hollywood a
fait de la vengeance son thème privilégié.
(...) A partir d'Hollywood, l'esprit de vengeance s'est répandu
sur toute la terre et a certainement contribué à
façonner le monde dans lequel nous vivons. En d'autres
termes, il n'y avait pas besoin de complot juif. »
- P.113 : « Les
Juifs du Moyen Age (...) essayent de prouver qu'il fallait tuer
Jésus et ils se vantaient de l'avoir fait. »
- P. 114 : « On
a brûlé l'Évangile sur un bûcher en
Israël »
La judéophobie,
version "manifeste judéo-nazi" et conflit au
Proche-Orient
- P.325-6 - « La
guerre pour la Palestine est devenue une guerre globale, la Troisième
Guerre mondiale, et dans cette guerre, la communauté juive
organisée est du côté des méchants.
Elle emploie maintenant la malfaisante arme de haine raciale,
essayant de soulever les Européens contre les noirs et
les Musulmans partout, de l'Alabama à la Tchétchénie,
de Copenhague à Kaboul. Il faut s'opposer à cela
et vaincre, sinon elle empoisonnera les puits spirituels. Nous
ne devrions pas permettre à notre adversaire de renforcer
le Noir contre le Blanc ou le chrétien contre le musulman.
Au lieu de discuter de l'antisémitisme de Duke, nous devrions
discuter de l'anti-gentilisme, de la haine du goy, si évidente
dans les médias possédés par les Juifs.
»
- P.134 : « Les
États-Unis soutiennent à fond la machine de guerre
judéo-nazie. » « Les plans des judéos-nazis
sont sur la table. Les médias qu'ils contrôlent
étouffent les reportages et les commentaires sur l'holocauste
palestinien. Les forces armées US les assurent de leur
totale protection. Rien n'empêchera leur poignard de s'abattre.
»
- P. 135 « l'Etat
juif doit être dénazifié, aussi complètement
que l'Allemagne l'a été en 1945. »
La Judéophobie,
version négationniste
- P.99 : « l'historien
britannique David Irving » [Irving est un négationniste
notoire]
- « Elie Wiesel,
le prophète de l'Holocaustisme » P. 259
- « Elie Wiesel
le pleurnicheur holocaustien "par ici la monnaie" »
P.41
- « Elie Wiesel,
Juif américain, militant de l'Holocauste » P. 142
Les israéliens
et le 11 septembre
- P.329-330 : «
les preuves s'accumulent d'une connivence israélienne.
Des messages d'alerte sur le réseau israélien OGIDO
ont été envoyés aux Israéliens de
Manhattan, en temps réel, lorsque les avions ont décollé
de leurs aéroports. Dans chacun de ces aéroports
utilisés par les pirates de l'air, la compagnie israélienne
ICTS assurait la sécurité. Des compagnies financières
juives ont vendu, à perte, leurs actions dans les assurances,
comme si elles avaient connaissance du drame qui allait se jouer.
(...) Il n'y a pas de terrorisme islamique, mais il y a une terreur
israélo-américaine contre le Dar al Islam. »
...
- <http://www.proche-orient.info/xjournal_racism_analyse.php3?id_article=17455>
DÉBALLONNAGE
- Lettre de Balland aux
éditeurs et à l'auteur du livre.
- 24 octobre
- J'ai le regret de vous
faire savoir que j'ai pris la décision d'interrompre la
commercialisation de l'ouvrage d'Israel Sahmir intitulé
"Un autre visage d'Israël" dont vous avez assuré
l'établissement, en langue française, de la traduction.
- Cette décision
s'est révélée nécessaire compte tenu
de propos les uns en soi, les autres par leur accumulation mais,
quoiqu'il en soit, dont je suis horrifié qui tombent sous
le coup de la loi.
Denis Bourgeois,
président directeur général (qui semble
avoir de très grosses difficultés avec la langue
françoise...
On comprend que la lecture aussi doit lui poser des problèmes.)
LE SUCCÈS
DE LA DÉLATION
23 octobre 2003
/ 18 h 35 - DOSSIER
Après l'article de Johan
Weisz [voir ci-dessus], Balland décide de suspendre la
vente du livre d'Israël Shamir
C'est Denis Bourgeois, le patron de Balland
dont il convient de saluer la célérité et
la fermeté intellectuelle qui, sans hésiter, a pris
cette décision. Le co-éditeur de «L'Autre
Visage d'Israël», Franck Spengler des Éditions
Blanche, a voulu l'en dissuader. En témoigne la lettre
édifiante qu'il lui a adressée et dont il a fait
parvenir copie à Johan Weisz. De son côté,
l'AFP a jugé l'affaire suffisamment sérieuse et
grave pour publier une longue dépêche. Voici toutes
les pièces du dossier.(<Proche-Orient.info>)
1·. La dépêche AFP
Un journal en
ligne critique la parution en France d'un essai antisémite
- PARIS, 23 oct (AFP) -
Le journal en ligne thématique sur le Proche-Orient, Proche-Orient.info,
"s'étonne" jeudi que le livre "L'autre
visage d'Israël", comportant des passages antisémites
à l'origine de l'arrêt de sa commercialisation par
son éditeur, ait pu être publié "par
une grande maison d'édition française".
- Cet ouvrage, signé
Israël Shamir, a été publié début
octobre par les éditions Balland, en co-édition
avec les éditions Blanche, plutôt spécialisées
dans la littérature érotique.
- "Des passages de
la traduction française de ce livre, lu trop hâtivement,
présentent un caractère antisémite. Aussi,
Balland a-t-elle décidé d'interrompre immédiatement
la commercialisation de l'ouvrage", a annoncé mercredi
le patron de cette maison, Denis Bourgeois, qui fut notamment
Pdg de Calmann-Lévy.
- Selon l'éditeur,
l'auteur de ce livre, traduit de l'anglais, "citoyen israélien
d'origine russe, s'en prend à la politique actuelle du
gouvernement Sharon et prône la création pacifique
d'un état israélo-palestinien".
- "C'est nous qui
avons sorti l'affaire et Denis Bourgeois n'a pris sa décision
que par rapport à ce que nous lui avons appris nous-mêmes",
a assuré jeudi à l'AFP un responsable du journal
sur le web. Ce qu'a confirmé à l'AFP M. Bourgeois,
en précisant qu'il "fait rentrer" en ce moment
les exemplaires de l'ouvrage encore en librairies.
- "M. Bourgeois a
affirmé lorsque nous lui avons signalé certains
extraits de l'ouvrage" qu'il n'avait "pas lu dans sa
totalité", selon Proche-Orient.info.
- Selon Proche-Orient.info,
"en avril dernier, « Libération » et
« Le Monde » révélaient qu'un bulletin
d'information pro-palestinien avait diffusé un texte d'Israël
Shamir sur le thème du complot de la juiverie. Un des
responsables de ce bulletin était Marcel Charbonnier,
le même qui, précisément, a traduit «
L'autre visage d'Israël ». A l'époque, ce dernier
n'avait pas voulu admettre que l'"Association France Palestine
Solidarité " ait pu explicitement condamner du texte,
et avait démissionné de l'association pro-palestinienne".
"L'autre visage d'Israël " signale par ailleurs
que Maria Poumier a participé à la traduction du
livre. Or, cette dernière n'est autre que la secrétaire
de rédaction de la revue dont l'adresse personnelle est
celle de Roger Garaudy", ajoute le média en ligne.
- L'écrivain Roger
Garaudy avait été condamné en 1998 pour
contestation de crimes contre l'humanité, diffamation
raciale et provocation à la haine raciale. Selon l'avocat
Franck Benhamou, cité par le journal en ligne, "plusieurs
extraits clairement antisémites de la publication tombent
sous le coup des articles 24 et 32 de la loi du 29 juillet 1881
relative à la liberté de la presse qui répriment
les délits de diffamation raciale et de provocation à
la haine raciale". [fin dépêche AFP]
2·. Ce que nous savons sur Franck
Spengler
- « Act Up »
signale que Spengler édite «des livres appelant
à la haine des séropositifs, des homosexuels et
des femmes». Le 21 avril dernier, dans une tribune publiée
dans « l'Humanité », « Act Up »
dénonçait la parution chez cet éditeur d'un
ouvrage d'Eric Rémès qui, toujours selon «
Act up », « lance un appel à la contamination
des militants d' «Act up ». Rappelons également
que Spengler est également l'éditeur d'un certain
Alain Soral, qui qualifie l'État d'Israël de .«
champion contemporain du fascisme colonialiste ».
3·. La lettre de Franck Spengler
(Éditions Blanche) adressée à Denis Bourgeois
( Éditions Balland), et dont Johan Weisz a reçu
copie.
- Monsieur, (adressé
à Johan Weisz)
- Vous trouverez ci-après
ma réponse à Denis Bourgeois suite à votre
mail (et avant votre tract reçu ce jour par fax).
- Bonjour Denis,
- 1) Proche-Orient Info
est un organisme totalement acquis à la cause sioniste
et son rôle est de contrer toute contestation de ce mouvement.
C'est eux qui, en mars dernier ont déjà lancé
une campagne anti Shamir auprès des médias français
pour dénigrer et salir un homme qui ne pense pas comme
eux.
- 2) Les différents
extraits qu'ils citent sont en fait un catalogue de ce qu'il
serait interdit de dire sur la communauté juive et/ou
sur Israël. Ce refus de la critique caractérise clairement
une volonté hégémonique de la pensée,
ce que dénonce Shamir.
- On retrouve ainsi pêle-mêle
dans les interdits :
- Critique de certains
comportements sociaux (il faudrait alors interdire Marx et Freud
auxquels se réfère souvent Shamir).
- Critique d'une alliance
pourtant visible avec les États-Unis
- Critique de l'importance
aux États-Unis du rôle du lobby juif (d'autres avant
Shamir l'ont pourtant déjà dénoncé).
- Critique des Protocoles
de Sion qui sont pourtant largement suspectés par des
historiens de toutes origines.
- Critique de la politique
menée par Israël vis-à-vis des Palestiniens
et comparaison avec l'Apartheid ou le nazisme (cette vive critique
n'est d'ailleurs pas soutenue par le seul Shamir).
- Interdit des citations
qui critiquent l'utilisation de la Shoah (que ne conteste jamais
Shamir) pour justifier des comportements tout aussi criminels.
Les Allemands, après des attentats fusillaient des otages,
les sionistes mènent des opérations de représailles.
Il faudra m'expliquer la fondamentale différence du point
de vue des victimes...
- Interdit de mots critiques
tels: véhémence, pensée bourgeoise judéo-américaine,
pharisien, idéologie, organisation religieuse, influence,
etc. associés aux déclinaisons de "juif".
- Nous sommes là
en pleine guerre idéologique avec une réaction
épidermique à la critique d'une vision du monde
dangereuse et que l'on a le droit (le devoir ?) de combattre
si elle nous paraît néfaste pour la bonne marche
du monde (c'est mon cas).
- Très sincèrement,
et au-delà de toute notion économique, je ne
vois rien là qui pourrait justifier de retirer le livre
de Shamir de la vente. Ce courrier n'est rien d'autre qu'une
dénonciation idéologique de propos contraires aux
intérêts sionistes. L'autocritique ou la critique
émanant d'un membre de la communauté ne leur est
pas supportable. Plus inquiétant, il n'y a aucune réponse
sur le fond. L'auteur de la lettre se contente de lister un ensemble
de réflexions qu'il serait interdit d'avoir. Cela ressemble
fort au stalinisme des plus beaux jours. Je n'accepte pas de
passer sous les fourches caudines du sionisme le plus brutal.
- Quant au cas Poumier,
s'il s'avère vrai, [il] ne paraît pas non plus constituer
une raison suffisante pour prendre une décision aussi
grave que de censurer un ouvrage. Car si Shamir lui a demandé
de travailler ses textes avec lui, cela me semble un gage car
il ne pouvait ignorer (si c'est vrai) l'implication de Poumier
aux côtés de Garaudy.
- Enfin, pour terminer
ma démonstration je reviendrai sur le choix d'une citation
(p.260) qui, par son choix même, appuie mon propos et vaut
mieux qu'un long discours :
L'introduction de la fureur, de la haine et de l'esprit de vengeance
dans l'argumentation de l'adversaire est une arme idéologique
puissante dans la tradition juive.
- Proche-Orient Info en
est la parfaite illustration.
- En conclusion, cher
Denis, je ne suis absolument pas d'accord avec le retrait de
la vente par nous du Shamir. J'y verrais là une reculade
indigne de nous. Car que ce livre dérange, on s'y attendait,
mais qu'il soit combattu sur ses affirmations par une contestation,
un combat d'idées. Mais grand dieux, jamais au prétexte
de ce qu'il ne faudrait pas dire. En le retirant de la vente
nous apparaîtrions au mieux comme des inconscients au pire
comme des lâches. Je ne suis ni l'un ni l'autre.
- Amitié
- Franck
4·. Le retrait de la vente du
livre
- Marc Lévy, au
nom de la LICRA, est entré en contact avec Denis Bourgeois,
le directeur des éditions Balland. Ce dernier lui a affirmé
avoir entamé une procédure de retrait. Marc Lévy
lui a demandé de lui faire parvenir, par retour, un fax
de confirmation de sa décision. Marc Lévy précise
que s'il reçoit effectivement un fax attestant de la volonté
de l'éditeur de retirer le livre de la vente, la LICRA
ne poursuivra ni Balland ni Blanche.
Si ce n'est pas le chantage juif,
comment appeler ça ?
<http://www.proche-orient.info/xjournal_racism_der_heure.php3?id_article=17547>
SONNER LES CHAUFFARDS
Sonnez les Shofars
Grande victoire
pour la cause sioniste !
par Israël
Adam Shamir
- L'éditeur français
de mon livre a décidé de le retirer de la vente
après avoir reçu des menaces des sionistes.
- De Profundis pour la
liberté d'expression ! Eh bien, mon livre ira rejoindre
ceux de Voltaire et de Joyce, de Nabokov et de Céline:
c'est une compagnie bien plus haute que celle à laquelle
mes ennemis peuvent prétendre. Mes félicitations
au lobby sioniste de France, qui a ainsi prouvé son courage
et sa capacité à protéger les Français
contre des idées dérangeantes. Le Premier ministre
de Malaisie avait raison: ils contrôlent l'Occident, parce
que l'Occident n'a ni le cerveau qui lui permettrait de penser,
ni la colonne vertébrale qui lui permettrait de résister.
Mes profonds regrets à mon excellent traducteur, Marcel
Charbonnier, et à tous ceux qui ont contribué à
la publication de mon livre. Je suis sûr que ses idées
vivront. Car, si le papier s'enflamme à 451 · F,
l'esprit humain est invincible.
24 octobre 2003
A LA RESCOUSSE DES CENSEURS
Communiqué de la CAPJPO
A ne pas acheter
: "L'autre visage d'Israël" d'Israël Shamir
- par Nicolas Shahshahani
- 22 octobre 2003
- Les éditions Balland
et Blanche ont sorti, ces derniers jours « L'Autre Visage
d'Israël ", un ouvrage d'Israël Adam Shamir, un
publiciste israélien d'origine juive volontiers présenté,
par ses adeptes, comme un provocateur salutaire, là où
nous découvrons, à la lecture de ce livre, un véritable
cinglé antisémite.
- La lecture des 414 pages
de ce recueil d'articles écrits en 2001-2002, est édifiante.
- Qu'en dire ? On y trouve,
assurément, une foule d'informations et de réflexions
pertinentes sur le conflit israélo-palestinien, la politique
criminelle des dirigeants israéliens, l'instrumentalisation
de l'antisémitisme, l'axe israélo-américain
impulsé notamment par le très influent lobby juif
aux Etats-Unis, toutes choses souvent mieux dites, et avec moins
d'erreurs factuelles (nous en avons repéré plusieurs,
en l'espace de quelques heures, sans avoir besoin de vérifier
auprès d'autres sources documentaires), par bien d'autres
auteurs.
- Mais cela nous semble
accessoire. Car la principale, pour ne pas dire unique motivation
d'Israël Shamir, c'est de pouvoir parler «des Juifs
»: «ils» sont comme ci, «ils» sont
comme ça, etc. Comme tous les racistes, Israël Shamir
impute à des hommes, à raison de leur origine ethnique
ou raciale, des caractéristiques mentales et des comportements
homogènes.
- Ironiquement, Israël
Shamir rejoint sur ce point des racistes qu'il prétend
pourtant combattre, tous ces fanatiques qui, de Sharon à
des dirigeants du CRIF en France, répètent qu'un
Juif, par essence, doit être « attaché »
(pour reprendre un participe passé qu'ils affectionnent)
à l'Etat d'Israël.
- Les comportements et intentions
coupables prêtés par Israël Shamir «
aux Juifs » vont cependant bien au-delà, dans le
temps et l'espace. A l'en croire en effet, « les Juifs
» complotent, avec plus de succès que d'échec
au fil des siècles, pour gouverner le monde, grâce
au pouvoir de l'argent. Rien que ça.
- A ce stade, nous ne voyons
aucun intérêt à détailler davantage
les pseudo-arguments de l'auteur, et à suivre plus avant
Israël Shamir dans son délire.
Après ça, ils peuvent aller
toucher leur paie à l'ambassade israélienne.
Site: Paix Juste Au Proche-Orient
<http://www.paixjusteauproche-orient.asso.fr/>
ÉTEINDRE
Nous avions attribué ce texte
à M. Charbonnier par erreur, car il nous était
parvenu dans un message complexe fait de réponses à
des réponses. Le site poubelle d'amnistia s'en est immédiatement
emparé (en citant deux sources); nous sommes une troisième,
et nous présentons nos excuses à Marcel Charbonnier,
que nous félicitons par ailleurs de son action courageuse
et inlassable en faveur de la décolonisation de toute la
Palestine.
- Réponse d'un
inconnu à l'attaque inouïe de la CAPJPO contre Shamir
- Paris, le 24 octobre
2003
- Chers Ennemis,
- je viens d'apprendre
que vous hurlez avec les loups sionistes, saluant l'autodafé
de l'ouvrage d'Israël Adam Shamir, sous la houlette de Torquemada
alias <proche-orient.info>.
- Je cesse donc immédiatement
de m'interroger sur votre controverse avec l'A au sujet du concert
de la Porte de Versailles (du 27 septembre dernier), puisqu'il
ne peut s'agir que d'un problème de précellence
entre cryptosionistes.
- Et moi qui avais cru,
un moment, qu'il s'agissait peut-être d'un problème
politique, étant donné que je vous croyais pro-palestiniens
! Dingue, non ?
- Me voilà détrompé:
permettez à la misérable larve de goy que je suis
de vous en remercier.
- Je me dédouanerai
en disant que vos colloques à la Sorbonne (en Territoire
Français Occupé) auraient dû m'amener à
me méfier, mais que je mets cette crédulité
au compte d'un reste d'illusions (en vieillissant, on apprend.).
- Cela ne concerne donc
en rien le goy pro-palestinien que je suis.
- Aussi, avant de mettre
un terme net et définitif au début de sympathie
que je commençais à ressentir pour votre association,
me permettrez-vous de vous filer un tuyau et de vous demander
un petit service ?
- Le petit tuyau : de
même qu'on ne soigne pas la fièvre en cassant le
thermomètre, on ne comprendra jamais pourquoi sa gueule
horrifie tout le monde si on casse le miroir qu'une âme
charitable vous tend (ni en le brûlant en place publique).
- Le petit service, maintenant:
dites, s'il vous plaît à vos amis israéliens,
lorsqu'ils devront dégager de la Palestine, que
le dernier à la quitter n'oublie pas d'éteindre
sa menorah, et rappelez-leur que le Tserfatit est le pays le
plus antisémite sur la planète: par conséquent,
il sera préférable pour eux de s'embarquer sur
Exodus II à destination du Kamtchatka: Not in my garden
!
- Avec mes remerciements.
-
BISBILLE
Les coéditeurs
du livre "L'autre visage d'Israël" s'opposent
- Franck Spengler, directeur
de collection aux éditions Blanche, coéditeur avec
Balland de l'ouvrage d'Israël Shamir, "L'autre visage
d'Israël", a déclaré lundi qu'il allait
"ressortir" le livre, pourtant retiré de la
vente par Balland." [...]
- AFP | 27.10.03 | 18h46
Signalons ce fait curieux: le seul
organe de presse qui ait rendu compte des détails de cette
affaire est Faits et Documents d'Emmanuel Ratier.
<http://www.faits-et-documents.com>
1 - La
Palestine martyrisée par les sauvages
|
JOUR
ORDINAIRE EN PALESTINE
- Beit Furik - Un martyr
au village
-
- Aujourd'hui, l'armée
israélienne a tué un jeune garçon de 14
ans, sans aucune raison valable, alors qu'il était en
train de marcher dans la rue avec son père, à 20
mètres de leur maison. Il n'y avait aucune violence ou
lancement pierres.
- Nous avons eu ces informations
de la part de son père et d'autres personnes qui étaient
dans le voisinage lorsque le garçon a été
tué. Ils ont choisi de viser un garçon au milieu
des hommes qui étaient présents. Un témoin
qui était sur place m'a dit : « Nous avons vu deux
jeeps venir directement et doucement dans notre direction. Nous
étions effrayés mais nous n'avons rien fait, nous
avons continué à marcher, et le garçon était
avec son père quelques mètres derrière nous.
La première jeep est passée devant nous et lorsque
la seconde est passée, j'ai entendu le bruit d'une balle
et les jeeps ont continué à rouler dans la même
direction. Au même moment, j'ai entendu l'enfant, il a
crié une fois, nous nous sommes retournés pour
voir ce qui était arrivé et nous avons vu le père
de l'enfant le tenir dans ses bras en pleurant. Nous avons vu
le torse de l'enfant qui saignait et sa chemise était
pleine de sang, l'enfant ne respirait plus et semblait mort.
Nous l'avons porté chez le médecin local dans notre
village et celui ci nous a dit que l'enfant était mort
à cause de la balle logée dans son coeur.
- From: FrancePalestineSolidarite44@rezocitoyen.org
- Samedi 15 Novembre -
AFPS National
BAIBARS
JETTE DES PIERRES
Il est minuit
moins cinq, docteur Sharon
- par Israël
Shamir
- Au nord de la prospère
Herzliya, capitale de la high-tech israélienne aux célèbres
bars sushi de Cocagne, se trouve une plage agréable, au
pied d'une falaise digne de l'océan Pacifique. Il s'agit
d'une petite crique non surveillée, sans maître
nageur, et fréquentée par quelques étrangers
amoureux de la nature et des familles palestiniennes venues en
pèlerinage au sanctuaire de Sidna [Notre Seigneur] Ali,
situé non loin de là. Si vous poussez la promenade
encore un peu plus vers le nord, au-delà des panneaux
vous interdisant de continuer en raison de risques - réels
- de chute de pierres, vous vous retrouverez dans une sorte d'alcôve
coupée du monde, tout à fait exceptionnelle sur
notre côte palestinienne tracée au cordeau. C'est
l'endroit rêvé pour barboter dans les eaux transparentes
de la Méditerranée. De gros cailloux polis, couleur
de terre, semblent en être les gardiens; à les regarder
plus attentivement, vous comprendrez qu'il ne s'agit pas d'une
formation géologique naturelle. Ce sont les pierres de
bastions, détruits au treizième siècle,
de la forteresse d'Arsour, construite par les Croisés,
dont les ruines s'élèvent sur le plateau, juste
au surplomb de la petite baie. Depuis le haut de la falaise,
ces grosses pierres ont été jetées dans
la mer d'émeraude par Baïbars, un grand chef militaire
arabe, vainqueur des Mongols et des Croisés.
L'Anse d'Arsour
- Cent cinquante ans, environ,
auparavant, les Croisés avaient conquis sans problème
la Terre Sainte, où ils avaient pris leurs aises. Ils
avaient construit leurs châteaux et leurs fermes, épousé
des chrétiennes orthodoxes et arméniennes du crû,
et ils auraient pu couler des jours heureux jusqu'à la
fin des temps. Mais ils avaient la manie d'inviter des aventuriers
étrangers et de leur servir de tête de pont, faisant
ainsi la démonstration de leur incapacité à
devenir de bons voisins. On leur a pourtant tendu la perche à
de nombreuses occasions, mais ils s'ingénièrent
à gâcher leurs chances de se faire admettre dans
le coin, et leur seconde nature de cinquième colonne en
puissance du premier agresseur étranger venu leur colla
à la peau.
- C'est alors que le Levant
-- "faible et efféminé", comme chacun
sait -- produisit Baïbars. Il ne suffit pas de bouter les
Croisés dehors, décréta ce Baïbars,
cela a d'ailleurs été tenté par Saladin,
et cela n'a pas empêché les Francs de revenir. La
seule manière de s'en débarrasser, c'est de détruire
la côte palestinienne afin qu'ils ne puissent plus s'y
agripper. Forteresse après forteresse, implantation après
implantation, ville après ville, Baïbars réduisit
en ruines la façade maritime de la Terre Sainte: Césarée,
Ascalon, Jaffa, Arsour. Ce n'est que la mort dans l'âme
qu'il procédait à cette politique de la terre brûlée.
Mais l'alternative aurait été une guerre éternelle
dans la région.
Les bastions renversés
- On dirait que l'Histoire
est sur le point de se répéter. Sauf retournement
inattendu dans l'enchaînement des événements,
la douce terre de Palestine semble vouée à la perdition.
Les sous-marins nucléaires (construits en Allemagne et
équipés aux Etats-Unis) de l'Etat juif étant
mis en état d'alerte pour aller semer la dévastation
en Iran, en Syrie, en Arabie saoudite, il est plus qu'évident
qu'Israël ne saurait en aucune façon devenir un voisin
fréquentable, au Moyen-Orient.
- Les juifs ont eu une
occasion inespérée de planter leurs racines dans
la terre de Palestine et de faire la paix avec les habitants
originels de cette région. Mais cette chance, ils se sont
ingéniés à la gâcher.
- La frappe aérienne
récente (non provoquée) d'Israël sur la profondeur
syrienne est venue rappeler à qui aurait eu tendance à
l'oublier que l'Etat juif est une entité dangereuse pour
l'ensemble de la région, de par son agressivité.
Trente années de calme, entre la Syrie et Israël,
viennent d'être passées par pertes et profits par
les généraux du général Sharon, comme
si elles comptaient pour du beurre. Personne n'a été
dupe de leur tentative pataude d'établir un lien entre
la Syrie et l'acte sanglant de vengeance accompli par une jeune
femme d'Hébron dont le frère et le fiancé
avaient été trucidés sous ses yeux par la
soldatesque israélienne, laquelle avait refusé
par-dessus le marché tout secours médical à
son père. Le clairvoyant Premier ministre de Malaisie,
le Dr Mahathir Mohammad, a interprété cet événement
judicieusement: "Depuis un certain temps, Israël ne
cesse de bassiner l'Amérique afin qu'elle envahisse la
Syrie, mais les Américains semblaient traîner les
pieds. C'est pourquoi Israël a procédé à
ces frappes aériennes contre la Syrie, afin de leur forcer
la main." [1]
- Le problème posé
par Israël n'est plus seulement ("seulement",
si on ose écrire) celui de la souffrance des Palestiniens;
c'est celui de toute la région du monde qui s'étend
entre l'Inde et l'Ethiopie [Esther, I], voire au-delà.
En effet, la cinquième colonne des partisans d'Israël
fomente des guerres dans le monde entier, de la Tchétchénie
aux Philippines, de la Corée du Nord à Cuba. Ils
poussent le monde tout droit vers l'Armageddon. John Bolton exhorte
à la prise de contrôle de l'Iran, Murawiec exige
que l'on écrabouille l'Arabie Saoudite. Le quotidien sioniste
enragé New York Post ajuste la hausse de ses canons
et prend dans son collimateur la France, "l'un des ennemis
les plus répugnants de l'Amérique". Cette
France dont il rappelle qu'elle est dirigée par Chirac,
"ce pygmée moral dont l'absence de scrupules est,
fort heureusement, contrebalancée par sa couardise et
son impuissance." "Il faut que la France souffre, stratégiquement
et financièrement. Les Frenchies nous ont asséné
un coup de poignard dans le dos: à notre tour de les écorcher
vivants", poursuit sobrement ce journal. Si l'on en juge
aux états de sévices des sionistes, ce n'est pas
là simple rhétorique.
- L'Etat juif est une pochette
surprise extrêmement dangereuse. Le fondement (archi-simple)
de sa doctrine militaire est le suivant: "Comporte-toi de
manière démente, les gens auront peur de toi".
La fausse menace nucléaire irakienne a été
inspirée par la menace nucléaire israélienne,
ô combien réelle, celle-là. Les scientifiques
israéliens préparent tout aussi bien la guerre
chimique et biologique. Ils ont réellement testé
des gaz incapacitants contre des manifestants, à Gaza,
et l'empoisonnement de l'eau potable, durant le siège
de Saint-Jean d'Acre, comme l'a rapporté Abu-Sitta dans
(le quotidien égyptien) Al-Ahram.
- Israël est impliqué
de longue date dans une interminable série d'enlèvements
et d'assassinats perpétrés en territoire étranger.
Personne n'est à l'abri du bras meurtrier télescopique
d'Israël: les Israéliens ont assassiné en
Norvège (le célèbre coup tordu de Lillehammer),
ils ont kidnappé à Rome (l'affaire Vanunu), ils
ont fait sauter la bibliothèque britannique et le consulat
des Etats-Unis au Caire (affaire Lavon), ils ont essayé
d'envoyer par le fond le navire de guerre américain USS
Liberty, ils ont tenté d'assassiner Joseph Mugabe, ils
ont vraisemblablement éliminé le secrétaire
d'Etat américain antisioniste James Forrestal, ils ont
été impliqués dans l'assassinat du président
Kennedy, comme le démontre Michael Collins Piper dans
Final Judgment, parce que ce président américain
insistait pour qu'Israël procédât à
son désarmement nucléaire. Quant au récent
assassinat d'Anna Lindh, ministre suédoise des Affaires
étrangères, qui appelait au boycott d'Israël,
laissons planer encore quelque temps le mystère...
- Ils ne sont pas particulièrement
cachottiers: aujourd'hui, nous connaissons les noms des Israéliens
qui ont assassiné le comte Bernadotte, en 1948 ; de ceux
qui ont perpétré des massacres massifs de prisonniers
de guerre allemands en 1946 [2] et de ceux qui ont massacré
des prisonniers de guerre égyptiens en 1956. Ce n'est
d'ailleurs pas sorcier: ils s'en vantent. Demain nous apprendrons
les noms d'auteurs d'autres atrocités encore. Mais les
connaître ne nous servira absolument à rien, car
Israël est un asile pour les criminels. A chaque fois qu'ils
fontpincer en flagrant délit, Israël écarte
d'un revers de la main l'indignation de l'opinion publique mondiale,
car, comme l'a asséné notre premier Premier ministre,
Ben Gourion : "Ce que les goyim disent n'a absolument aucune
espèce d'importance. Une seule chose a de l'importance
: ce que les juifs font."
- Ce palmarès désolant,
que l'attaque aérienne contre la Syrie et la préparation
d'une frappe nucléaire en Iran sont venues rafraîchir
dans notre mémoire, est là pour nous démontrer
qu'il n'y a aucun espoir de faire d'Israël un membre de
la communauté des nations présentable. Il répond
aussi à la question de savoir si les efforts de paix et
les tentatives de ramener Israël à l'intérieur
de ses frontières riment encore à quelque chose.
Ce n'est pas le cas. Que ce soit à l'intérieur
des frontières de 1967, de 1948 ou de 1973, Israël
a toujours été une tête de pont pour l'agression,
une menace pour la paix mondiale et une menace physique pour
les dirigeants politiques valables de par le vaste monde. Comme
la secte assoiffée de sang des Assassins, qui fut jadis
la plaie de cette région, les partisans d'Israël
dénigrent, quand ils ne les assassinent pas, les dirigeants
les plus capables et honnêtes, tout en soutenant les ramollos
tout prêts à exécuter leurs ordres. En se
retirant de Cisjordanie, Israël ne changerait pas pour autant
de nature. Comme nous l'enseigne le prophète Jérémie
[13:23], le léopard ne parviendra jamais à se débarrasser
de ses taches.
- Ce comportement découle
pour partie du complexe juif de supériorité et
de sa conséquence, la structure ségrégationniste
d'Israël. Avant Mandela, l'Afrique du Sud était,
elle aussi, impliquée dans la destruction des pays voisins,
le Mozambique et la Namibie, ainsi que dans de nombreux complots,
ailleurs en Afrique. Ce complexe de supériorité
doit être traité au moyen du démantèlement
de l'Etat d'apartheid. Les événements de l'année
dernière en ont apporté la démonstration
sans aucun doute raisonnable possible. Le démantèlement
par les moyens pacifiques de la démocratisation est la
seule alternative viable pour Israël, dont la ruine, sans
cela, est certaine. Tout en portant leur politique de bravade
au niveau de la "folie calculée", les dirigeants
israéliens n'ont pas anticipé le fait qu'elle donnerait
naissance à une génération de jeunes gens
qui attachent peu de prix à la vie terrestre.
- Jusqu'à il y a
peu, la peur des représailles impitoyables d'Israël
tenait ses adversaires en respect. En 1991, le président
irakien Saddam Hussein disposait de puissantes armes de destruction
massive, mais il ne les utilisa pas contre Israël, car il
ne s'est jamais senti acculé. De plus, il accordait foi
à la menace brandie par Israël de vitrifier l'Irak
au cas où il aurait recours aux armes de destruction massive.
Il pensait qu'il pourrait survivre à la défaite.
Il ne comprenait pas que l'idée qu'Israël se fait
de la guerre lui vient d'une tradition religieuse qui ne connaît
absolument aucune pitié. Si Saddam avait su que les corps
suppliciés de ses fils reposeraient un jour dans une morgue
de Bagdad, qu'il deviendrait un réfugié errant
et que son pays serait ruiné par dix années de
sanctions internationales d'une cruauté sans précédent
historique pour finir par devenir la proie de l'envahisseur sioniste,
il aurait très bien pu être tenté par la
solution à la Samson et entraîner Israël avec
lui dans les abîmes de l'Enfer, en 1991.
- Saddam Hussein est parti,
n'en parlons plus. Mais aujourd'hui, tout dirigeant conscient,
dans le monde entier, sait à quoi il doit s'attendre dans
le cas où Israël exigerait de son Golem américain
qu'il lui apporte sa tête sur un plateau. Mais, paradoxalement,
la cruauté même d'Israël a fait tant et si
bien que la menace que ce pays représente sonne creux.
En effet, dès lors qu'Israël perpètre en tout
état de cause le pire du pire dont il est capable (ce
qui n'est pas peu dire), céder à ses chantages
serait pure folie.
- Les juifs d'Israël
ont réitéré la bévue commise par
Napoléon à Jaffa. En 1799, le jeune général
corse traversa, en effet, le désert du Sinaï, après
quoi il mit le cap vers le nord, en direction de la Palestine.
Rafah et Ramléh se rendirent à ses troupes, car
les soldats palestiniens estimèrent qu'il n'y avait aucune
raison de se battre contre la force européenne effectuant
sa trouée. Napoléon marcha sur le port de Jaffa,
où la garnison de cette ville, forte de six mille homme,
préféra se rendre. Ces soldats pensaient qu'on
les désarmerait, et qu'ils seraient renvoyés dans
leurs foyers, dans leurs villages. Mais Napoléon ne voyait
pas d'un oeil favorable qu'on laissât un tel nombre de
soldats ennem