AAARGH
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Numéro 46 -- novembre 2004 |
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Ce numéro de la Gazette a été réalisé avec l'aide volontaire, ou involontaire, ou comme le dit si bien Hérodote, eite êkôn eite a-êkôn, de Serge Thion, Silvia Cattori, Patrick Saint-Paul, Mordechai Vanunu, Human Rights First, Friedrich Engels (†), Kevin Alan Brook, Leonard Spencer, Tony Jones, Sergei Fomchenkov, Elisabeth Schemla, Ginette Hess-Skandrani, Mondher Sfar, et de beaucoup d'autres…
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Le terrorisme sioniste, né du ventre déjà fécond… Serge Thion
Israël détruit. L’ONU en est réduite à transférer les sans-abri. Entretien réalisé par Silvia Cattori,
Israël: Malgré le plan de retrait de Gaza, les démolitions de maisons s'étendent HUMAN RIGHTS WATCH
Mordechaï Vanunu, le courageux pacifiste antisioniste, Patrick Saint-Paul
Human Rights First dresse une liste des centres de détention US dans le monde
Israeli commandos and pilots conducting special operations in Iraq
IRAQ: USA Army platoon under arrest for refusing orders
L’Afghanistan par Friedrich Engels (1857)
"The Genetic Bonds Between Kurds and Jews" by Kevin Alan Brook
An Analysis of the 'Missile' Frames from The Fireman's Video by Leonard Spencer
ENTRETIEN AVEC LE PARTI NATIONAL BOLCHEVIK de Russie, avec Sergei Fromenkov
Le samedi 16 octobre, une AGORA place de la RÈpublique ‡ Paris
par Ginette Hess Skandrani et Mondher Sfar
ASSOCIATION DES PALESTINIENS EN France LETTRE OUVERTE
The U.S.-led invasion has resulted in the loss of an average
of 2 million barrels a day of Iraqi oil from world markets.
Youssef Ibrahim, USA Today, 6 October 2004
Of course, Saddam tortured and killed his people. And now we're doing it.
Seymour Hersch.
L'antiaméricanisme français est une version politiquement
correcte de l'antisémitisme.
Alexandre Adler, porc multicarte, à Yediot Aharonot.
Courrier international - 11 oct. 2004.
Le terrorisme sioniste, né du ventre déjà fécond…
Serge Thion
Imaginez. Imaginez que vers la fin du XIXe siècle une petite ethnie chinoise, enrichie par le commerce, habitué aux migrations -- le cas existe, je pense par exemple aux Hakka, un peuple venu de la Chine du Nord et installé depuis plusieurs siècles dans le sud, enrichi par le colportage et l'émigration -- imaginez, donc, qu'un tel peuple, que l'on pourrait appeler celui des Hokko, au nom de sa mythologie fondatrice, tirant peut-être son origine d'une déesse Vache ou d'un dieu Ka-ba-lo, décide de s'installer sur une terre promise par la déesse, par exemple la Normandie, ou, par exemple en Toscane, autour de la ville de Sienne et de son pallio emblématique, célébration évidente du dieu Ka-ba-lo qui reste, depuis des millénaires, dans l'attente de ses vrais fidèles. Le temple, le Grand temple de Ka-ba-lo a été détruit par l'armée romaine il y a deux mille ans, et certains rêvent de le reconstruire, pour inaugurer une ère nouvelle de prospérité et de succès prodigieux. Ce rêve fait par quelques intellectuels formés à Pékin ou à Tokyo, emprunte certes aux formes modernes du nationalisme, mais il est présenté aux masses laborieuses comme une revanche historique, comme le seul moyen de protéger la peuplade minoritaire, vivant entre elle, objet d'ostracismes divers et de moqueries continuelles de la part des gens chez qui cette peuplade habite, sans vraiment coexister. Elle s'est entourée de murs, comme les grandes maisons collectives, rondes, des Hakka. Mais je ne voudrais pas trop mêler les admirables Hakka à cette histoire, car eux se sont contentés, pendant des siècles, de travailler dur et de maintenir entre eux les traditions ancestrales, sans empiéter sur leurs voisins. De vrais sages, durs à la peine, et contents de vivre.
Continuons à imaginer. Profitant des circonstances historiques qui ont amené l'assujettissement provisoire de la France, ou de l'Italie, les envoyés de notre hypothétique peuple hokko, ont revendiqué la création d'un "foyer national hokko". Évidemment, en Normandie, ou en Toscane, on ignore ces péripéties lointaines et on n'y attache aucune importance. La présence sur place de quelques poignées de commerçants ou d'artisans hokko n'a jamais gêné personne. La question hokko ne se pose pas, sauf pour quelques politiciens locaux qui protestent contre l'idée même d'une sorte de domination hokko, qui n'est pas vraiment à l'ordre du jour. Pour des raisons de conjoncture internationale (la désirabilité d'une alliance avec la Chine), à quoi s'ajoute la propension de certains politicards à empocher des pots-de-vin confortables, un ministre quelconque admet la création en Normandie, ou en Toscane, d'un "foyer national hokko". Nul ne sait très bien ce que ces mots veulent dire. Leur ambiguïté se paiera très cher.
Dans les décennies qui suivent, et qui voient quelques fortes convulsions de l'ordre international, des financiers hokko, disposant de banques importantes dans la diaspora hokko, achètent des terres en Normandie, ou en Toscane, et y installent comme fermiers des chômeurs, des jeunes sans avenir, des soldats démobilisés, bref toute la lie d'une société qui émigre pour échapper à la misère. Ces émigrants pourraient aller en Amérique, vers l'Eldorado, mais des scribouillards de plus en plus engagés dans le nationalisme hokko, les convainquent de partir en Normandie (ou en Toscane) pour mêler l'Eldorado des terres vierges avec le Retour aux Sources, gage de félicité éternelle. On n'invoque la déesse ou le dieu Ka-ba-lo que comme des notaires divins qui auraient signé, il y a trente siècles, une promesse de vente de la Sainte Terre aux Hokko. Ces jeunes gens croient sans peine qu'ils sont un peuple sans terre qui va s'installer dans une terre sans peuple. Personne ne cherche à les détromper.
Évidemment, sur place, les choses ne se passent pas si bien. Les indigènes normands voient d'un mauvais œil l'installation d'un nombre sans cesse croissant d'étrangers à la peau bistre, aux yeux bridés, qui parlent une langue incompréhensible, le hokkish, et qui ont une alimentation des costumes, des coiffures et des mœurs bizarres. Comme ces étrangers se croient tout permis, il y a des frictions et des incidents. Au bout de vingt ans, il y a même un début d'insurrection des indigènes, vite réprimé par les troupes d'occupation du Troisième Empire, qui domine à ce moment-là toute la région. Les Hokkos commencent à former des milices pour imposer par la force ce qu'ils n'ont pas pu imposer par le seul poids de l'occupation étrangère. Et ces milices s'attaquent bientôt aux forces d'occupation, coupables, à leurs yeux, de limiter l'immigration hokko.
Quand l'évolution des circonstances amène l'Empire à retirer ses forces d'occupation, le Concert des Nations, un organisme fantôme qui n'a aucune sorte de légitimité politique, qui n'est élu par personne, décrète le partage de la Normandie, ou, toujours dans notre supposition, de la Toscane. Grand émoi en France, ou en Italie. Personne ne peut comprendre, et encore moins admettre, qu'on découpe à la scie un morceau du territoire national pour le donner à ces Asiates, sous le prétexte que leurs satanés mythes d'origine sont plus ou moins superposables à telle ou telle région de la vielle Europe, terre de civilisation millénaire. Qu'ils aillent au diable!
Mais c'est sans compter le poids qu'ont su se donner les Hokkos sur la scène internationale. Ils ont des appuis partout, se font livrer des armes et à l'instant zéro lancent une guerre de conquêtes. Ils chassent les Normands (ou les Toscans) de leurs villages, les brûlent, les rasent, pratiquent quelques massacres pour se donner une image terrifiante. La terre, c'est ce qui compte par-dessus tout. Tous les crimes sont licites quand il s'agit de prendre et garder la terre. Il est une curieuse loi dans ce pays, à nulle autre pareille: une terre quelconque, si elle est entrée en possession d'un hokko, ne peut être ensuite transmise ou dévolue qu'à un autre hokko. Les non-hokko ne pourront jamais la récupérer, juridiquement.
Par l'artifice de ce petit conte, je voudrais que le lecteur se mette à la place des Normands, ou des Toscans. Qu'il comprenne comment une vieille civilisation agraire, comment un petit canton, qui fait partie d'un vaste ensemble régional, peut être soudainement victime d'un ouragan de fer et de feu, pilonné, brûlé, mutilé, sans que personne, sur place, y soit pour quoique ce soit. Que les envahisseurs et massacreurs soient des Hokkos ou des juifs n'y change rien. L'époque où les Nations Unies décident de partager la Palestine est celle où le vieux colonialisme entre en agonie: 1947, l'Inde et le Pakistan secouent la tutelle britannique, l'Indochine entre en guerre, Madagascar se soulève, cependant que le rideau de fer retombe sur l'Europe orientale et, bientôt, sur la Chine. A Versailles, en 1918-1920, les grandes puissances avaient joué à la roulette les indépendances, les créations d'États, au bon vouloir des vainqueurs de la guerre. Et je te fabrique ici une Tchéco-slovaquie, là une Yougo-slavie, je dépèce la Hongrie, je te donne un mandat en Afrique, tu m'en donnes un dans le Pacifique, j'annule la Turquie, je recrache un émirat par ci, une monarchie hachémite par là, non ailleurs, plus loin, bref, c'était un casino et le tapis vert était la planète. Les dés roulaient, les plaques changeaient de main, on décidait du sort du monde. L'Américain, Wilson, menait le jeu, tambour battant, avant de se retirer subitement, désavoué par sa propre arrière-cour politique. Versailles était un crime, d'esprit colonial, dont sont nés, comme chacun pouvait le prévoir, Hitler, la Seconde Guerre mondiale et nombre de conflits qui ont suivi.
En Palestine, "donnée" aux avides Britanniques, l'injustice fut criante. Elle est toujours là, en place, depuis 80 ans. Les unes après les autres, les générations se levèrent pour défendre, comme tout homme le ferait n'importe où dans le monde, sa terre et sa famille, sa maison, ses champs et sa patrie. Du point de vue du droit le plus élémentaire, le plus universel, la cause est entendue: les Palestiniens ont le droit légitime de se défendre, par les armes et par tous autres moyens, et les Israéliens n'ont aucun droit sur cette terre-là, pas plus que les Hokkos venus de leur Orient lointain n'en auraient si d'aventure ils s'avisaient de revendiquer et d'occuper la Normandie, ou la Toscane, ou n'importe quel endroit du monde que leurs fantaisies mythologiques leur feraient désigner comme une "terre promise", mais promise à qui, et par qui? Ces élucubrations seraient ridicules, si elles n'étaient pas si tragiques.
Si l'on veut comprendre quelque chose à l'usage immodéré de la force et de la terreur que pratiquent les sionistes, il faut partir de là: ils étaient dès le début, et sont encore aujourd'hui, des étrangers sur cette terre de Palestine. Les Arabes qui la peuplent depuis des temps immémoriaux pratiquent, comme tous les peuples de cette région, les lois de l'hospitalité. Un étranger est bien accueilli, parce qu'il est un étranger. Dans un lointain passé, nos ancêtres ont aussi pratiqué cette vieille loi, relisez l'Odyssée. Mais il fallut déchanter: ces étrangers n'étaient pas des étrangers comme les autres et ils n'appliquaient pas, en retour, ce que les mêmes lois de l'hospitalité leur commandaient: la modestie, la courtoisie, le respect de l'hôte, etc. Il fallait les ranger plutôt dans la catégorie des envahisseurs. Ils arrivaient d'ailleurs en même temps que les Anglais et avançaient leurs pions sous le couvert de l'instauration du régime colonial. L'épisode sanglant des Croisades n'était pas tout à fait oublié, il vivait toujours dans les récits populaires, comme dans cette interminable épopée du sultan Baïbars, qu'on racontait, parfois, dans les longues soirées d'hiver. Des juifs, il y en avait toujours eu dans cette région, de petits groupes. A lire le Coran, leur réputation n'était pas très bonne. Ils avaient cherché à entraver la marche du Prophète et il avait fallu les mettre à la raison. Dans tous les cas, ces sociétés étaient des mosaïques religieuses et l'on avait coutume d'avoir des voisins qui pratiquaient des rites différents. On se mariait peu entre communautés mais on cohabitait de manière pacifique.
Les juifs qui arrivaient étaient principalement des Russes et des Polonais, brûlant d'ardeur pour se faire une nouvelle vie, loin de leurs steppes glacées. Ils étaient assez imbibés de culture européenne pour considérer les habitants de la Palestine comme des "indigènes", soumis au statut de colonisés, et n'ayant pas conséquent pas leur mot à dire. Le grand débat qui animait les juifs installés en Palestine après et en vertu de la Déclaration Balfour, de 1917, leur ouvrant le "droit" à la constitution d'un mystérieux "foyer national juif", était de savoir si les exploitations agricoles acquises avec l'argent des grands banquiers juifs de l'Occident, avaient le droit d'employer des travailleurs arabes ou de réserver les tâches à des travailleurs juifs. C'est évidemment ce deuxième point de vue qui l'emporta. Et comme l'acquisition ou l'appropriation des terres allait grand train, le mécontentement commença à se faire jour chez les Palestiniens. Les colons juifs s'empressèrent de former des milices et les incidents ont commencé à se multiplier jusqu'à la grande insurrection de 1936. Les Britanniques commencèrent alors à se rendre compte qu'ils avaient fait une immense bêtise et pour éviter que les affaires se gâtent ils décrétèrent la fin de l'immigration juive.
C'était au moment où Hitler était arrivé au pouvoir et cherchait les moyens de forcer les juifs à émigrer, en multipliant les mesures vexatoires et les actes de terreur. Le drame aurait pu être évité si les autres pays avaient accepté une forte vague d'immigration juive en provenance d'Allemagne et d'Autriche. Mais à la Conférence d'Évian, en 1938, l'unanimité se fit: personne ne voulait de cette masse de juifs. Sans doute ne les trouvait-on pas tellement aimables, désirables. Personne sans doute ne s'attendait à la suite des événements, mais enfin, il faut bien reconnaître qu'il existait une certaine méfiance, due sans doute à l'usage de la violence qui s'étalait déjà en Palestine, et était aussi le fait des très nombreux militants juifs présents dans le mouvement communiste international que les "démocraties dites bourgeoises" ne voyaient pas d'un bon œil.
L'usage de la terreur, baptisé "autodéfense" a commencé très tôt, avec l'arrivée des premiers colons sionistes au tout début du vingtième siècle.. La fraction droitière du sionisme, dirigée par Vladimir Jabotinsky, a fait grand cas, dans son panthéon, d'un ancien soudard de l'armée russe, Joseph Trumpeldor, qui organisait militairement les colons et s'est fait tuer, en 1920, par les paysans palestiniens qui ne supportaient plus les exactions de ces nouveaux venus. Trumpeldor était un excité qui voulait imposer la présence des colons juifs par l'usage de la force militaire. Il était très populaire dans le mouvement sioniste parce qu'il mettait le doigt sur le problème central: pour développer la présence étrangère juive en Palestine, même avec la complicité des autorités coloniales britanniques, il fallait faire usage de la force. Acheter des terres, négocier avec les propriétaires fonciers, souvent des latifundiaires locaux, était possible, mais ne mènerait pas à la création de Médina Israël, l'État juif. On pouvait créer des fermes, plus ou moins collectives, où aboutissaient les déracinés des classes prolétaires juives d'Europe centrale et orientale, on pouvait développer des quartiers urbains pour accueillir la petite bourgeoisie de même provenance, on ne pouvait pas contrôler l'espace, l'espace politique où devaient se déployer les institutions annonciatrices de l'État que les sionistes avaient en tête.
Les sionistes se divisèrent en deux tendances: les hypocrites, de gauche, qui affirmaient qu'on devait s'entendre avec les Arabes, qu'il suffisait d'y mettre de la bonne volonté, et qu'on arriverait à tromper tout le monde en acquérant assez de surface pour construire les institutions de l'État juif. C'est le discours public, qui n'a pas varié, des socialistes, travaillistes, dans la lignée de Ben Gourion, Shimon Perès, son adjoint, Itzak Rabin, et les autres: discuter avec les Arabes pour les embobiner, les amener, par un savant dosage de massacres et d'assassinats, à se résoudre à devenir des auxiliaires des sionistes, sans terres, sans droits, mais avec quelques hochets politiques. Un Ben Gourion, qui aimait à cultiver son image d'homme "de gauche" rêvait, en fait, d'expulser tous les Arabes, mais il ne pouvait pas le dire publiquement, pour sauvegarder ses alliances. Pendant la guerre de 48, il couvrait les massacres, sans les assumer. Toute cette lignée politique, qui a longtemps dominé la politique israélienne, a toujours fait montre de la plus répugnante hypocrisie. L'usage de la terreur est soit nié, soit transcendé par le recours à un juridisme purement formel.
L'autre tendance fut dabord incarnée par Jabotinsky et son courant "révisionniste": Il faut prendre acte, disait-il, du fait que les Arabes n'accepteront jamais notre installation sur leurs terres. Ils s'y opposeront par tous les moyens et nous pouvons comprendre leur point de vue. Par conséquent, il faut mettre entre eux et nous un "mur de fer", constitué par les baïonnettes des fusils que nous tiendrons solidement en main. Cette tendance, dirigée après la mort de Jabotinsky en 1940 par Menahem Begin, ne parvint au pouvoir qu'en 1977. Elle était en faveur d'une terreur ouverte, visible à tous, s'imposant aux Arabes pour les décourager de résister. Dès les années trente, Jobotinsky met en place des milices (Bétar) et des filières de formation militaires. Il s'entend à merveille avec le régime mussolinien, qu'il admire, et obtient de lui de faire former à Civitavecchia les premiers marins d'une éventuelle flotte militaire. Partout, et même dans l'Allemagne nazie, des "camps de jeunesse" à la scoute préfigurent la militarisation du sionisme.
Pendant la seconde guerre mondiale, et c'est un chapitre qui mériterait de très amples développements, les sionistes, toutes tendances confondues, ont essayé de trouver une entente avec les nazis, qui étaient eux-mêmes favorables au sionisme, pour essayer de récupérer les éléments jeunes et dynamiques des populations juives incluses dans le Troisième Reich, afin de les faire partir en Palestine, encore britannique, et disposer de la piétaille nécessaire à une future armée juive. En même temps, ces mêmes sionistes faisaient des pieds et des mains pour créer, dans le cadre des forces armées britanniques, des unités militaires et des services de renseignements, toujours dans l'idée de la préfiguration d'une armée juive de conquête. Ces éléments sont présents dans toute la mythologie qui entoure la création de l'État juif, il suffit de se reporter à sa propagande, et aux biographies de ses hommes d'État. Les sionistes ne souhaitaient évidemment pas renforcer l'Empire britannique, dont ils voulaient le départ de Palestine. Mais ils voyaient là l'occasion de créer le noyau d'une armée qui allait effectivement servir, en 1948 à prendre enfin le contrôle de l'espace qui leur manquait depuis 1920.
Tout montre que les sionistes pratiquèrent, dans l'Europe sous la férule nazie, une politique de sélection. En échange de leur bonne volonté à laisser les vieux, les femmes et les faibles disparaître dans la gueule du Moloch, ils réclamaient de sauver et de faire partir les hommes jeunes et forts en Palestine, dans l'idée d'un affrontement militaire avec les occupants légitimes, et pour la construction d'un État moderne, à l'américaine, idéal des juifs de l'Europe orientale. Ces considérations expliquent certains traits curieux de l'histoire des "Judenrat", les groupes directeurs des communautés qui dialoguaient avec les autorités allemandes, et leur servaient de courroie de transmission, et des tentatives de négociation, à divers niveaux, avec le régime nazi, qui y fut favorable. Cette politique sioniste de sélection n'a pas été, on s'en doute, du goût de tout le monde. Des polémiques sourdes nées dans les ruines de société juives ont parfois abouti, par la suite, à des oppositions violentes. Il est encore trop tôt pour écrire l'histoire du mouvement sioniste à cause de l'impossibilité qu'il y a à reconnaître, pour les sionistes, qu'ils ont cherché à tirer avantage de la politique anti-juive, mais sionisante, des autorités nazies. Cette question a empoisonné les premiers temps de l'État d'Israël, avec l'interminable affaire Käsztner, principal leader du Judenrat de Hongrie. Il s'est retrouvé en Israël en 1948, bientôt accusé par des publicistes obscurs, d'avoir collaboré avec les nazis. Un grand procès s'en est ensuivi, dont les débats ont été publiés plus tard, mais seulement en hébreu. L'aspect intéressant, c'est que l'État d'Israël, représentant donc le sionisme, s'est porté caution de Käsztner. Les choses sont devenues tellement embarrassantes qu'un providentiel assassin en vint à supprimer Käsztner. On a, dans cette affaire, comme une petite lucarne, qui permet de jeter un rayon de lumière sur les tractations obscures des dirigeants sionistes, qui, sans pratiquer alors la terreur eux-mêmes, ont montré une remarquable aptitude à utiliser à leur profit celle que les nazis faisaient régner sur les juifs qui se trouvaient sous leur emprise. Quand des littérateurs, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ont voulu s'emparer de l'affaire Käsztner pour jeter un rai de lumière sur la face obscure du sionisme, ils ont été victimes de très violentes campagnes de presse et leurs œuvres ont été mises sous le boisseau. (Voir Perfidy, de Ben Hecht, Perdition de Jim Allen.)
Les Nations-Unies, créature des Américains, décidèrent en 1947 du partage de la Palestine. Décision inouïe, d'un cynisme sans pareil. Les populations n'avaient évidemment pas été consultées. Les Anglais se défaussaient d'un problème qu'ils ne pouvaient plus résoudre: ils avaient créé le monstre d'une présence juive organisée, militarisée et ils n'arrivaient plus à la maîtriser. Il n'existe aucune base juridique à ce partage. Si les Nations Unies décidaient demain de diviser la Normandie ou la Toscane pour satisfaire à quelques hordes asiatiques qui prétendraient s'imposer par la force, on verrait mieux l'illégalité profonde d'une décision de ce genre.
A l'instant de la proclamation de l'État juif, qu'il ne faut pas appeler l'État israélien, puisqu'il est censé être l'État de tous les juifs de toute la planète, l'armée juive, organisée avec l'aveu tacite des Anglais, et équipée d'armes envoyées par l'Union soviétique, a pu entamer une guerre de conquêtes. L'arme principale de ces conquêtes a été la terreur utilisée pour vider les villages de paysans palestiniens. Les détails sont connus ou faciles à trouver et à vérifier. Que de prétendus "nouveaux historiens" israéliens découvrent ces horreurs quarante ans après ne doit pas faire illusion: on a su, on savait ces choses-là depuis le début: la guerre de 48 est connue depuis 48! C'est seulement la propagande sioniste qui a essayé, par la suite, d'héroïser les ruffians qui l'ont conduite, et de cacher, ou de nier les massacres les plus voyants. L'opinion israélienne, soigneusement abrutie par des programmes scolaires adéquats et par une presse lourdement censurée, a pu oublier ces choses-là. Il n'en reste pas moins, qu'Israël a été établi par la force, en dépit du droit, et qu'il s'est maintenu par la suite en lançant des guerres et des répressions de type génocidaire.
Je ne reprendrai pas l'histoire détaillée des massacres délibérés qui ont parsemé le déroulement de la guerre de 1948. Le souvenir de Deir Yassin, déjà dénoncé à l'époque par certains observateurs, comme Arnold Toynbee, le grand historien, mis au placard pour antisionisme ("Arnold Toynbee calls the displacement of the Arabs an atrocity greater than any committed by the Nazis", déplore un journal sioniste) a été maintenu par les Palestiniens. D'autres massacres, comme celui de Tantura sont exhumés, un peu au hasard, par des chercheurs étonnés eux-mêmes de ce qu'ils découvrent dans les archives. D'autres restent enfouis. On a des listes des villages rasés par les armées sionistes, mais on ne sait pas toujours en détail comment se sont passées les évacuations. Aujourd'hui les Palestiniens ont forgé le terme "Naqba" pour évoquer l'ensemble de ces atrocités.
On pourrait penser que ces horreurs, engendrées par une guerre qui est passée depuis plus d'un demi-siècle, n'ont plus d'importance, qu'il vaudrait mieux les consigner dans cet abîme sans fond que les Anglo-Saxons appellent "memory hole", le trou, sans fond, de la mémoire. Ce n'est pas si facile. Les Coréens vibrent encore au souvenir des mauvais traitements que le Japon infligea à leurs ascendants entre 1905 et 1945. Les Chinois souffrent encore du "viol de Nankin" perpétré dans les années 30. Mais il ne s'agit pas en Palestine de souvenirs, de "construction de la mémoire" comme tant d'idéologues véreux veulent nous le faire croire. Il s'agit d'un crime fondateur, qui se perpétue et se répète chaque jour. Qui se démultiplie. Qui s'étend et se ramifie. Chaque jour, les Israéliens inventent de nouvelles formes d'humiliations, par exemple aux centaines de postes de contrôles sur les routes (check point), de torture dans les prisons, plus ou moins secrètes. Ces gens-là sont tellement raffinés dans l'art difficile de l'oppression qu'ils se permettent de donner des cours aux pauvres Américains. Les benêts de la police américaine croient que pour perquisitionner une maison, il faut fouiller pièce après pièces. Erreur, disent les raffinés israéliens: pour passer d'une pièce à l'autre, il faut éviter la porte, qui pourrait être piégée. Par conséquent, il faut faire sauter les cloisons à l'explosif pour passer tranquillement d'une pièce à l'autre. On admirera la subtilité du procédé. Pour la campagne d'Iraq, ils fournissent aussi, aux Américains qui n'avaient pas pensé à s'en pourvoir, de ces énormes bulldozers blindés qui font merveille à Jénine, à Gaza et ailleurs. Ce n'est qu'un moyen de "pression" qui peut avoir toutes sortes d'utilités.
La violence, le mépris absolu des droits de l'homme palestinien, et il faut bien le dire, des droits de l'homme non-juif, le recours au "meurtre ciblé", dans un pays qui se targue d'avoir aboli la peine de mort, la dépossession systématique, quotidienne, des terres agricoles et non-agricoles, la confiscation de l'eau, tout cela sous le couvert d'une légalité, parfois empruntée aux Ottomans qui ont bon dos, ou aux Britanniques qui avaient fait des lois pour l'état d'urgence, ou qui tournent le dos résolument à tous ces arsenaux juridiques quand le besoin s'en fait sentir, tout cela ressortit de l'ordre de la terreur. Il faut bien dire que les nazis, dans leur zone, ou les commissaires communistes de la grande époque stalinienne, n'en faisaient pas autant. Considérons-les comme des enfants de chœur qui avaient encore beaucoup à apprendre. […]
Ce texte est l'introduction à l'édition italienne d'un recueil de textes (en anglais) qui se trouve sur notre site, et qui vient de paraître en Italie:
Sul terrorismo israeliano, documentazione raccolta da Serge Thion, Gènes, Graphos, août 2004, 250 p. (Campetto 4, I-16123 Genova).
Voir LE DOSSIER DU TERRORISME ISRAÉLIEN / THE ISRAELI TERRORISM FILE, Moshe Sharett, Livia Rokach, Noam Chomsky, Israel Shahak, Oded Yinon, Ronald Bleier, etc.
< http://aaargh-international.org/fran/livres3/terris.pdf >
1 - La Palestine martyrisée par les sauvages |
Israël détruit. L’ONU en est réduite à transférer les sans-abri.
Entretien réalisé par Silvia Cattori, 19 octobre 2004
Khaled, un Palestinien qui vit dans le camp de réfugiés de Jabaliya, parle des conséquences désastreuses des agressions israéliennes sur les enfants surtout.
S.C.: L’armée israélienne s’est «redéployée» après trois semaines d’offensives. Vous sentez-vous maintenant en sécurité?
Khaled: Redéployer veut dire ici «que l’on n’attaque pas». Ne veut pas dire se retirer. On ne voit plus les chars et les véhicules qui transportent les troupes. Mais les portails sont ouverts et les chars sont prêts à foncer sur nous à tout instant. Les soldats sont toujours là, stationnés dans des bases militaires énormes, à l’est du nord de la bande de Gaza.
S.C.: Les portails dites-vous?
Khaled: Je parle des portails qu’Israël ouvre et ferme à sa guise. Ce sont les seules ouvertures le long de la barrière métallique qui entoure la bande de Gaza. Barrière qui nous emprisonne. Des centaines de chars et des milliers de soldats, sont postés à la frontière en permanence.
S.C.: Vous parlez d’une frontière?
Khaled: Israël, n’a pas de frontière bien définie. C’est tactique. Il peut continuer de nous grignoter. La frontière c’est la barrière métallique qui la défini. Une barrière composée de fils barbelés électrifiés d’où personne ne peut s’échapper. Si vous touchez ces fils il y a un signal et vous êtes cuit.
S.C.: Donc ils peuvent arriver d’une minute à l’autre?
Khaled: On ne peut pas parler de repos. Les gens sont effrayés. Les tanks contrôlent toute la zone, cinq ou six avions d’espionnage (drones) contrôlent nos rues 24 heures sur 24. Le bruit de ces avions sans pilotes est quelque chose de «dégoûtant». La nuit surtout, car c’est impossible de dormir. Même quand on s’assoupit on les entend toujours tourner. Cela vous met dans un état de crainte et de stress terrible. Cela vous tape sur les nerfs. Pour vous donner une idée. C’est comme si vous aviez des abeilles dans les oreilles. Vous devenez fou. C’est quelque chose d’insupportable. Et on ne peut rien pour que cela cesse.
S.C: Par le passé les drones ne survolaient pas Gaza de manière si intense?
Khaled: Depuis 200O ils venaient quelques heures, quelques jours. Mais depuis trois semaines ils survolent le ciel en continu. Par le passé ces avions sans pilotes n’étaient pas chargés de bombes. Maintenant que l’on sait qu’ils peuvent lâcher à tout moment leur chargement sur nous, tirer dans le tas, c’est un sentiment lourd à supporter. Une tension épuisante. Ils sont une menace continue sur notre tête. C’est leur nouvelle tactique de nous mettre à bout avec ces avions espions. De nous faire savoir que, d’une minute à l’autre, ils ont le pouvoir de nous attaquer avec des missiles.
.C.: Vous les voyez ces drones?
Khaled: Ils volent très haut. On ne les voit qu’à l’heure du coucher durant quelques minutes, quand le soleil est bas. Ils sont très gros. Plus gros que ces avions qui sont utilisés pour verser des insecticides. Donc quand Israël dit qu’ils se sont retirés, pour nous ils sont toujours là. Ils nous surveillent par les airs et au sol, avec des moyens sophistiqués. Depuis ces avions ils suivent à la trace chaque personne. Il y a quelques jours, ils ont tué deux volontaires qui distribuaient de la nourriture. Sortir, marcher est un acte héroïque ici. Si vous avez un panier, un sac un peu long, ils vous soupçonnent de porter une arme, et ils vous lancent un missile dessus. Donc chacun doit apprendre à vivre avec ça.
S.C.: Alors les gens sur qui pèse cette menace ne sortent plus?
Khaled: Ils ont commencé à sortir très prudemment. Quand on marche dans la rue, on se sépare. On se met deux par deux. A trois ils peuvent vous tirer dessus sous prétexte que vous êtes un groupe de «terroristes».
S.C.: Ariel Sharon se dit très satisfait des résultats obtenus. Durant cette opération appelée «Jours de pénitence» l’armée israélienne a-t-elle, comme elle l’affirme, «mis hors d’état de nuire une dizaine de groupes armés»?
Khaled: Ils infligent des punitions collectives, jettent notre camp dans une mer de sang et ils sont satisfaits? Oui, ils ont durement puni les enfants, les vieux, les malades, les femmes enceintes. Et ils sont fiers? Où est l’humanité? C’est ignoble.
S.C.: C’était du jamais vu comme offensive pour vous?
Khaled: Oui pour nous cela a été terrible: un massacre d’innocents. Près de la moitié des mutilés et des morts étaient des enfants. Tous ces gens nous les connaissions. J’ai perdu un membre de ma famille. Nous avons commencé le Ramadan sans eux. Ils nous manquent. On ne se sent pas défaits. On est fiers de notre résistance. On garde l’espoir de parvenir à nous débarrasser d’eux. Ce sont les enfants qui nous préoccupent. Nous sommes inquiets pour leur état psychique. Nous sommes ici dans une zone qui a souffert, complètement bouclée. Quand les bombardements ont secoué Jabaliya durant des jours et des jours, les enfants étaient très choqués. Ma fille âgée de 5 ans, n’exprime plus rien. Elle est comme vide. Elle était propre. Et maintenant elle est devenue incontinente. Elle a l’effroi marqué sur son visage. Le garçon âgé de 4 ans, lui aussi n’est pas dans un état normal. Tout bruit le fait sursauter. Il ne parle plus. Quand il entend des tirs il s’accroche à sa mère. La plus petite crie tout le temps. Les violences ont eu des effets mauvais sur leur psychisme. Il y a des centaines d’enfants mutilés qui souffrent beaucoup.
S.C.: Avez-vous eu peur vous?
Khaled: Tout le monde a peur quand la maison est secouée par les explosions, quand les murs bougent. Ce sont des bombes qui font l’effet d’un tremblement de terre. Il y a des hommes qui ont peur, eux aussi. La peur vous colle à la peau. L’autre grande préoccupation ici, ce sont les femmes enceintes. Ma voisine, âgée de 22 ans, enceinte de cinq mois, a perdu son bébé. Beaucoup de femmes sont dans son cas. Hier, j’ai visité le quartier entièrement détruit. C’est pire que ce qu’on voit après un tremblement de terre. Les gens qui ont tout perdu ne reconnaissaient plus l’endroit où leur maison se trouvait avant. Il y avait des enfants qui cherchaient un cahier, un crayon au milieu de montagnes de gravats. Quand les bulldozers sont arrivés pour démolir leurs maisons ils n’ont laissé que quelques minutes pour les évacuer.
S.C.: L’ONU reconstruira-t-il les maisons à l’endroit où elles étaient?
Khaled: Chaque fois que l’armée israélienne détruit des maisons de façon si massive et dévaste nos cultures, il ne nous est plus possible de revenir sur nos terres. Israël les annexe et s’en sert, dans l’immédiat, pour élargir toujours plus ses zones dites de sécurité. Pour nous chasser toujours plus loin.
S.C.: Mais ce n’est pas l’UNRWA qui aide les sans abris à reconstruire?
Khaled: Nous pensons que cette agence, qui dépend de l’ONU, cède aux ordres d’Israël qui démoli puis nous interdit de reconstruire au même endroit pour pouvoir occuper ces lieux militairement. L’ONU installe les gens provisoirement dans des tentes, reconstruit les nouvelles maisons à d’autres endroits. Cela ne fait pas plaisir aux gens d’être transférés ailleurs. L’ONU ne devrait pas céder aux ordres d’un État qui chasse les Palestiniens hors de chez eux de façon illégale. L’ONU devrait nous aider à reconstruire nos maisons à l’endroit même où elles se trouvaient quand l’armée israélienne les a rasées. Les gens sont obligés d’aller là où l’ONU leur propose une autre maison. Par cette pratique l’ONU aide, consciemment où pas, Israël à poursuivre le transfert des Palestiniens. C’est ce que nous constatons depuis des années. Quand l’URNWA, ne reconstruit pas les maisons là où elles étaient avant leur démolition illégale par Israël, cette agence de l’ONU, «aide» de facto Israël à nous «déporter».
S.C.: Ce que vous dites est terrible? D’autant qu’une figure comme Peter Hansen de l’UNRWA, dénonce les violences de l’armée israélienne de manière assez claire?
Khaled: Oui nous aimons beaucoup Peter Hansen. Il est très courageux. Et c’est chose rare quand il s’agit de nous défendre. Nous sommes reconnaissants à toute personne qui a une attitude humaine à notre égard. Mais un homme ne peut pas changer un système à lui seul. L’ONU est composé de gens qui sont liés à une hiérarchie. Tout le monde n’est pas prêt à risquer sa carrière pour dénoncer Israël. Ce que j’affirme sur les faiblesses de l’ONU face à Israël, je le fonde sur ce que nous ressentons ici. Je vous donne l’exemple de Rafah où l’armée a rasé des milliers de maisons, jeté des dizaines de milliers de réfugiés dans la rue en inventant ces histoires de tunnels. Tout le monde peut le voir: l’ONU n’a jamais reconstruit aucune maison à l’endroit même où Israël les a rasées. Il a reconstruit les maisons ailleurs. C’est à prendre où à laisser. C’est comme ça qu’Israël parvient à élargir toujours plus cette «zone tampon», qu’il appelle «marge de sécurité». Le transfert des gens hors de leurs quartiers originels, dans le sud de la bande de Gaza durant ces années, a permis à Israël de s’annexer de manière définitive une zone profonde de 500 mètres, longue de 12 kilomètres. Ici au nord de la bande de Gaza les récentes démolitions de maisons ont permis à Israël d’élargir la bande déjà large de 300 mètres de 100 mètres de plus.
< http://quibla.net/alire/cattori.htm
Israël: Malgré le plan de retrait de Gaza, les démolitions de maisons s'étendent
Les forces israéliennes détruisent les habitations pour chasser les Palestiniens de la zone frontière.
(Jérusalem, le 18 octobre 2004) Sans tenir compte des réels besoins militaires, les forces armées israéliennes ont rasé illégalement des milliers de maisons pour chasser les Palestiniens de la frontière qui sépare Gaza de l'Egypte et créer une “zone tampon,” a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd'hui. Le gouvernement israélien appelle à la destruction de centaines d'autres habitations en vue d'un élargissement de la zone qui fait partie d'un plan de “désengagement” du territoire.
Les Forces de défense israéliennes (FDI), qui essuient régulièrement les tirs des groupes armés palestiniens le long de la pointe sud de Gaza, prétendent que les destructions sont nécessaires d'un point de vue militaire. Human Rights Watch a constaté que les FDI avaient fait 16.000 sans-abri au cours des quatre dernières années, sans se préoccuper de voir si leurs maisons posaient ou non une véritable menace militaire.
Aux termes du droit international, Israël, en tant que puissance occupante, ne peut détruire les biens civils “qu'en cas de nécessité absolue pour les opérations militaires.” Il est interdit de détruire des biens en vue d'améliorer la sécurité générale de la puissance occupante ou par mesure de précaution contre d'hypothétiques menaces.
“La conduite d'Israël dans le sud de Gaza est dictée par la supposition que chaque Palestinien est un kamikaze et que chaque maison constitue une base pour lancer des attaques,” a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. “Cette politique de destructions massives d'habitations mène à de graves violations du droit international humanitaire destiné à protéger les civils.”
Le rapport de 135 pages, intitulé Razing Rafah: Mass Home Demolitions in the Gaza Strip, concentre son attention sur la ville de Rafah, au sud de la Bande de Gaza, où plus de 10 pour cent des habitants ont perdu leurs maisons. Outre les recherches et les entretiens effectués à Gaza, en Israël et en Egypte, le rapport utilise des images satellites, des cartes, des graphiques et des photos pour analyser la logique des démolitions illégales des FDI. Cette logique, explique le rapport, plutôt que de répondre strictement à des besoins militaires, s'aligne sur l'objectif politique qui vise à avoir une large zone frontière vidée de sa population pour faciliter le contrôle à long terme de la Bande de Gaza.
Les FDI avancent deux arguments principaux pour justifier l'élargissement de la zone tampon: fermer les tunnels utilisés par les contrebandiers en provenance d'Egypte et améliorer la sécurité des forces de défense israéliennes à la frontière. Même si les tunnels et la sécurité des soldats israéliens constituent des préoccupations légitimes, les arguments du gouvernement ne résistent pas à une analyse minutieuse, a constaté Human Rights Watch.
Il ne fait aucun doute que les groupes armés palestiniens utilisent lesdits tunnels pour introduire clandestinement des armes utilisées ensuite pour lancer des attaques contre l'armée et les civils israéliens. Mais il y a de fortes raisons de penser que les FDI se servent de leur existence comme prétexte pour démolir les maisons et étendre illégalement la “zone tampon.”
Outre le fait qu'elles exagèrent le nombre de tunnels existants, les FDI n'ont apparemment pas exploré toutes les méthodes reconnues de détection et de destruction de tunnelstelles que les senseurs sismiques, l'induction électromagnétique et les géoradarsqui éviteraient ou réduiraient le besoin pour les FDI de mener des incursions à Rafah qui aboutissent à la destruction d'habitations et parfois, à la perte de vies humaines. Dans certains cas, les FDI ont détruit des groupes de maisons afin de “fermer” des tunnels que les autorités palestiniennes avaient, paraît-il, déjà scellés.
“Au lieu de détruire les tunnels situés sous la frontière qu'elle contrôle, l'armée israélienne lance des incursions de plus en plus au cœur de Rafah” a expliqué Roth. “Ce qui fait des sans-abri parmi les Palestiniens et met d'autant plus en danger les soldats des FDI.”
Le long de la frontière à Rafah, les forces israéliennes et les groupes armés palestiniens échangent régulièrement des tirs. Mais sous prétexte de protéger ses soldats, les FDI ont pris des mesures qui dépassent de loin ce que le droit international autorise et ce que leur sécurité exige. En 2003 par exemple, les FDI ont terminé la construction d'un mur métallique de 8 mètres de haut dans la “zone tampon” déjà nettoyée afin de protéger leurs soldats. En dépit de cette protection supplémentaire, le taux de démolition des maisons à Rafah a triplé cette même année par rapport aux deux années précédentes.
“Les FDI avancent une série d'arguments alambiqués pour justifier les destructions à Rafah,” a ajouté Roth. “Mais ces arguments s'écroulent face à une analyse approfondie, révélant une logique d'abus et de destructions injustifiés.”
A la mi-mai, le gouvernement israélien a approuvé un plan qui prévoit un nouvel élargissement de la “zone tampon” en démolissant “des dizaines, voire des centaines” d'habitations. Les FDI auraient alors recommandé d'abattre toutes les maisons situées à moins de 400 mètres de la frontière. Ces démolitions feraient des milliers de sans-abri supplémentaires parmi les Palestiniens dans l'une des régions les plus peuplées du globe.
Le rapport fournit par ailleurs des informations sur les opérations de grande envergure menées à Rafah par Israël en mai dernier pour détruire des maisons et des infrastructures, apparemment en guise de représailles suite au meurtre de cinq soldats des FDI commis par des activistes palestiniens. Les plus grandes opérations menées ce mois-là ont abouti à la destruction de plus de 200 habitations, beaucoup d'entre elles situées bien à l'intérieur de la ville et loin de la frontière. Des bulldozers blindés ont tout retourné sur leur passage, rasant maisons et magasins, démolissant les routes sans discrimination, détruisant les canalisations d'eau et les réseaux d'égouts, transformant deux grands champs agricoles en vastes terrains désolés.
Les FDI prétendent que les destructions sont nécessaires d'un point de vue militaire car leurs soldats font l'objet d'attaques mais tout indique que la résistance palestinienne est faible, limitée et rapidement vaincue dès les premières heures de chaque incursion. Dans certains cas, les démolitions entreprises dans des zones éloignées de la frontière ont eu lieu après que les FDI aient sécurisé le secteur, de façon délibérée, radicale, en prenant le temps plutôt que dans le feu de l'action.
Les gouvernements américain et européens n'ont pas demandé à Israël de rendre des comptes pour son refus de respecter le droit international. Au contraire, ils ont financé les réparations et les reconstructions après les démolitions. Le rapport prie les gouvernements étrangers d'exiger qu'Israël verse des dédommagements aux victimes ou des compensations aux donateurs pour les fonds consacrés à réparer les destructions illégales.
Le rapport critique par ailleurs Caterpillar Inc., l'entreprise basée aux États-Unis qui produit le puissant bulldozer D9 que les FDI utilisent pour détruire les habitations et les infrastructures palestiniennes. Human Rights Watch a appelé Caterpillar à suspendre ses ventes de bulldozers et de pièces ainsi que ses services de maintenance aux FDI aussi longtemps que ces dernières emploieront ces machines pour les démolitions illégales. La compagnie devrait prendre des dispositions pour veiller à ne pas vendre consciemment ses produits et services à des clients qui s'en serviront pour violer les droits humains.
< http://hrw.org/french/docs/2004/10/15/isrlpa9508_txt.htm
Voir le texte complet en anglais, avec les photos:
Razing Rafah, 126 pages.
L'ancien technicien accuse la France d'avoir changé la donne du conflit israélo-arabe en ayant fourni l'arme nucléaire à l'état hébreu
Jérusalem: de notre correspondant Patrick Saint-Paul [18 octobre 2004]
Aucun autre Israélien n'aurait osé une telle bravade le jour du Yom Kippour, la fête la plus importante du calendrier juif. Après avoir sonné les cloches des églises de la vieille ville de Jérusalem, Mordechaï Vanunu a posé une croix sur ses épaules avant de remonter la Via Dolorosa jusqu'au Golgotha, où, selon la tradition, aurait été crucifié le Christ. Libéré il y a six mois, après dix-huit ans de détention, «l'espion atomique», comme on l'a surnommé, cultive sa liberté et le goût de la provocation. Héros de la lutte antinucléaire pour certains, il est considéré comme un traître par beaucoup de ses compatriotes.
Enfermé dans un patriotisme à toute épreuve, alors qu'ils entrent dans leur cinquième année d'Intifada, de nombreux Israéliens considèrent Vanunu comme un «triple traître». Non seulement ce Juif israélien originaire du Maroc a révélé des secrets d'État, mais il s'est converti au christianisme et il réaffirme à chaque occasion qu'il ne juge pas indispensable l'existence d'un État juif.
Technicien employé à la centrale de Dimona, il avait couvert de ridicule les services de renseignements israéliens en prenant des photographies de l'installation ultrasecrète.Ces informations ont permis aux experts militaires étrangers d'évaluer l'état d'avancement du programme nucléaire israélien et mis à mal la politique d'ambiguïté nucléaire d'Israël.
«Israël trompait le monde entier en faisant croire que le réacteur nucléaire de Dimona était utilisé uniquement à des fins pacifiques, explique Vanunu. J'ai ressenti un devoir moral de dire la vérité. Certains pensent que j'ai rendu service à Israël en révélant sa vraie force. J'ai peut-être aussi empêché son suicide nucléaire. Le monde a compris qu'Israël n'était plus un ennemi gentil, si faible face aux puissances arabes. Il a vu aussi qu'Israël avait triché.»
Vanunu a été sévèrement puni pour ses indiscrétions: condamné à dix-huit années de prison pour «espionnage» et «trahison», il n'a pas bénéficié de la moindre remise de peine et a passé onze ans et demi en confinement solitaire, isolé dans une cellule de deux mètres sur trois, sans fenêtre et éclairée jour et nuit par une lumière bleutée. «Les services israéliens ont voulu me briser, confie tranquillement Vanunu. Ils ont essayé de me rendre fou, pour me discréditer. Mais je n'ai jamais craqué. J'ai lu, étudié, écouté de l'opéra. Pour Yom Kippour, je mettais du Wagner à fond dans ma cellule. C'était ma façon de rester libre, de leur montrer que je n'étais pas des leurs et donc inébranlable.»
Vanunu a choisi le christianisme pour renier sa nationalité israélienne. Il s'est converti en Australie avant son arrestation. «Certains m'accusent d'antisémitisme, dit-il. Mais tant que vous êtes juif, on vous considère comme un Israélien dans ce pays. En Israël, la Bible est devenue un outil pour prendre la terre aux Palestiniens. On y respecte la moindre prescription de la Torah dans chaque aspect de notre vie quotidienne sans avoir le moindre respect pour la vie des Palestiniens. Je devais me libérer de cela.» Ses parents ultraorthodoxes ne le lui ont pas pardonné. D'autant que son père a perdu sa place de rabbin de Beersheva après sa «trahison». Il n'a plus de contact avec eux.
Pis encore: Vanunu juge qu'un État Juif n'a pas lieu d'exister et prône la création d'un État binational dans lequel les Palestiniens et les Juifs auraient les mêmes droits. «Durant la première moitié du XXe siècle, il y avait un vrai problème d'antisémitisme, dit-il. Aujourd'hui, des réfugiés de toutes les guerres sont disséminés à travers le monde et les Juifs ne sont qu'une minorité parmi d'autres. Ils ne sont plus en danger. Ils n'ont plus besoin d'un refuge. Ce dont Israël a besoin, c'est d'une vraie démocratie.
Le jour où il y aura un premier ministre et un chefdu Mossad palestinien, je serai fier d'appartenir à ce pays. Mais pour l'instant Israël est un État juif raciste, où règne un apartheid antipalestinien. Je ne veux plus y vivre.» Résidant depuis sa sortie de prison à l'église anglicane Saint-George de Jérusalem, Vanunu n'est pas encore totalement libre. Il est soumis depuis six mois à un régime de liberté surveillée de très près, en raison du «danger tangible», constitué par l'hypothèse de nouvelles révélations. Il a interdiction de quitter le pays pendant une période d'un an, renouvelable. Il n'a pas le droit d'approcher les aéroports, ports ou postes frontaliers. Ni le droit de parler à des ressortissants étrangers sans en avoir au préalable informé les forces de sécurité, une interdiction qu'il a bravée à plusieurs reprises en accordant des entretiens à la presse étrangère.
Vanunu juge particulièrement important de s'adresser à des journalistes français, car la France, estime-t-il, a joué un rôle crucial dans l'histoire du nucléaire israélien. «La France a vendu à Israël le réacteur de Dimona, où j'étais employé, rappelle Vanunu. Elle a aussi fourni l'usine ultrasecrète, située à 23 mètres sous terre, où l'on séparait l'uranium du plutonium, pour fabriquer des armes nucléaires. Les négociations ont commencé cinq ans après le traumatisme de l'holocauste et la France était prête à donner beaucoup à Israël.»
Selon Vanunu, la France est allée trop loin, car elle aurait ainsi contribué à bouleverser la donne du conflit israélo-arabe. «Si la France n'avait pas offert ce réacteur, Israël n'aurait pas développé cette capacité nucléaire, qui l'a poussé à se sentir si fort vis-à-vis de ses ennemis arabes, estime Vanunu. Israël n'aurait pas osé combattre la totalité du monde arabe et aurait compris que pour survivre au Moyen-Orient il devait faire la paix avec ses voisins. A cause de l'atome, l'État hébreu s'est pris pour une superpuissance nucléaire. La France a donné le réacteur, elle a le droit aujourd'hui et le devoir de réclamer des inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ce serait sa contribution à la paix.» La centrale de Dimona serait dangereuse, selon Vanunu, car elle ferait peser sur Israël et ses voisins la menace d'un nouveau Tchernobyl.
«Le réacteur devait avoir une durée de vie de vingt-cinq ans et cela fait quarante ans qu'il est en service, assure Vanunu. Ce n'est pas pour rien que le gouvernement a distribué des pilules aux gens qui habitent près de la centrale. Israël et la Jordanie sont au bord d'un désastre humain et écologique, qui pourrait avoir des conséquences jusqu'en Grèce. Si Israël réclame des inspections de l'AIEA en Iran, ce n'est pas parce qu'il se sent menacé, c'est uniquement pour détourner l'attention de son propre programme nucléaire. Ensuite, il s'attaquera au Pakistan.»
Le «mouchard atomique» israélien assure aussi que la France a joué un rôle dans son enlèvement rocambolesque, qui avait suivi la publication de ses révélations en 1986. Berné par Cindy, une espionne blonde du Mossad, Vanunu s'est laissé entraîner de Londres vers Rome, où il a été drogué et kidnappé avant d'être embarqué sur un navire israélien au large des côtes italiennes. Il a conservé, malgré tout, une certaine tendresse pour Cindy, qui était «gentille» avec lui et avec laquelle il a «bu du champagne». Vanunu se rappelle aussi d'un «espion français», qui accompagnait un agent britannique et plusieurs agents israéliens à bord du bateau sur lequel il a été interrogé et enchaîné à son lit pendant une semaine.
«Je ne connaissais pas son nom, mais nous avons parlé de littérature, se souvient Vanunu. J'ai essayé de lui demander où on m'emmenait, mais il n'a rien voulu me dire. J'imagine que sa présence était la suite logique de la coopération nucléaire franco-israélienne.» A l'issue de la traversée, Vanunu a été débarqué à quelques kilomètres de la prison Shikma d'Ashqelon, où il a passé dix-huit ans. Aujourd'hui, il souhaite recouvrer sa liberté totale. Il consacre ses journées à la natation, la lecture et milite contre le nucléaire.
Il voudrait commencer une nouvelle vie, s'installer à l'étranger «aux États-Unis ou en Europe», pour écrire son histoire et fonder une famille. Il affirme qu'un ami a déposé pour lui une demande d'asile en France.
< http://www.lefigaro.fr/international/20041018.FIG0473.html
Cette espionne du Mossad (peut-on juger de la morale d'un espion?) s'appelle Cheryl Hanin. Hanin, ça vous dit quelque chose? Elle a quitté le business, s'est mariée et vit en Floride dans une baraque qui vaut une masse de fric. Elle refuse de parler à la presse et prétend "vouloir oublier tout ça."
Ceux qui voudraient en savoir plus long sur la fourniture par les Français, en particulier par les gouvernements SFIO (c'est-à-dire socialistes) de la technique et des appareillages qui ont permis de créer l'usine de Dimona et la chaîne de production des armes nucléaires, devaient se reporter au livre de Pierre Péan, Les deux bombes. Comment la France a "donné" la bombe à israël et à l''Irak, paru chez Fayard en 1982, 203 pages, essentiel.
Il reste à poser une question aux salopards des services français: qui a accompagné Vanunu sur le bateau qui l'emmenait en Palestine occupée, en 1986, et quels étaient les ordres? Et pourquoi? En 86 nous gémissions sous la dictature d'un des plus grand corrompus du siècle dernier, François Mitterrand. Il est heureusement cané, et déjà oublié dans sa bonne ville de Jarnac, où les marchands de souvenir installés autour du cimetière ont tous fait faillite, mais il reste des responsables de cette époque. Fabioush et les autres. Ils devraient bien pouvoir répondre à quelques questions.
2 - Guantanamo ou le déni du droit |
Human Rights First dresse une liste des centres de détention US
dans le monde
L’ONG US Human Rights First (Droits humains d’abord, nouveau nom du Comité des juristes pour les droits humains) vient de publier un rapport dans lequel elle dresse une première liste des centres de détention connus et secrets utilisés par les USA dans leur “guerre contre le terrorisme”. Au moins la moitié de ces centres opèrent dans le secret le plus total. Outre les centres connus, comme guantanamo, bagram et Abou Ghraïb, le rapport liste les centres de détention mlitaires en Afghanistan, en Iraq, au Pakistan, en Jordanie et à bord de navires US en mer.
L’organisation dénonce le fait que le gouvernement US détient des prisonniers dans un système secret de prisons off shore, au-delà de toute supervision, de toute législation et sans avoir à rendre de comptes.
Human Rights First appelle les autorités US à mettre fin aux détentions secrètes, à enquêter sur les abus et à mettre en place les mesures correctives qui s’imposent. Elle appelle aussi les autorités US à permettre au Comité international de la Croix Rouge d’accéder à toutes les personnes détenues dans le cadre de la “guerre contre le terrorisme”et d’informer les parents des détenus.
Voici la liste des centres de détention établie par HRF.
AFGHANISTAN
Centres divulgués
* Centre de rassemblement à la Base aérienne militaire de Bagram
* Installation de détention de Kandahar (site “intermédiaire” où les détenus attendent d’être transférés à Bagram)
* Environ 20 “outlying transient sites” (“sites périphériques de transit”), utilisés pour détenir des détenus jusqu’à ce qu’ils soient évacués sur Kandahar ou Bagram.
Centres supectés. Installations de détention à:
* Asadabad
* Kaboul
* Jalalabad
* Gardez
* Khost
Ces installations peuvent faire partie de la vingtaine de “sites périphériques de transit”.
* Installation de détention de la CIA à Bagram
* Installation de détention de la CIA à Kaboul (appelée “the Pit”, “la fosse” ou “la mine”);
GUANTANAMO BAY, CUBA
Divulgué
* Base navale US de Guantanamo Bay
IRAQ
Divulgués
* Abou Ghraïb (près de Bagdad)
* Camp Cropper (près de l’aéroport de Bagdad)
* Camp Bucca (près de Bassorah)
* 9 installations sous commandement de divisions ou de brigades
Installations gérées par des divisions militaires
* 1ère Division d’Infanterie (Tikrit)
* 1er Corps expéditionnaire des Marines DIF (Falloujah)
* 1ère Division de Cavalerie DIF (Bagdad)
* 1ère Division blindée DIF (Bagdad)
* Division multinationale du Sud-Est (Az Zoubaïr)
Installations gérées par des brigades militaires
* Dayyarah Ouest (Brigade Multinationale - Nord)
* Tal Afar (Brigade Multinationale - Nord)
* Al Hillah (Brigade Multinationale - Centre Sud)
* Wasit (Brigade Multinationale - Centre Sud)
En outre, un certain nombre de brigades tiennent des zones dans des secteurs relevant de divisions, où des détenus peuvent être gardés jusqu’à 72 heures avant d’être transférés aux installations gérées par des divisions.
Le Camp Ashraf
Ce camp était réservé aux membres de l’organisation d’opposition iranienne des Moujahidine du peuple. L’existence de ce camp a été révélée en février 2004. Le 11 juin le Centre d’information de presse de la Coalition a refusé de répondre aux questions sur le statut et la localisation des Moujahidine du peuple détenus.
PAKISTAN
Centre suspecté
* Kohat (près de la frontière avec l’Afghanistan), Alizai
DIEGO GARCIA
Suspecté
* les responsables US et britanniques démentent les informations de presse répétées indiquant qu’au moins quelques individus ont été détenus sur l’île britannique de Diego Garcia, y compris, pendant un certain temps, le dirigeant de la Jemaa Islamiya, Hambali (Riduane Isamuddin).
JORDANIE
Suspecté
* Prison d’Al Jafr (centre d’interrogatoire de la CIA)
USA
Divulgué
* Brick amarré de la Marine, Charleston, Caroline du Sud. Sur ce navire, le gouvernement US détient au moins 3 personnes comme “combattants ennemis”: deux citoyens US, José Padilla et Yaser Hamdi et un citoyen qatari résidant aux USA, Ali Saleh Kahlah Al Marri.
Suspectés
* Deux navires de la marine US: l’USS Bataan and l’USS Peleliu (sur lesquels ont été détenus notamment David Hicks et John Walker Lindh).
Le rapport intégral de Human Rights First peut être lu à:
< http://www.humanrightsfirst.org/us_law/PDF/EndingSecretDetentions_web.pdf >
3 - L'Iraq des marais |
Israeli commandos and pilots conducting special operations in Iraq
TEHRAN, October 5, 2004 (MNA) -- Israeli commandos played an active role in the occupying forces’ attacks on Najaf, Sadr City, Tall’Afar, Mosul, Samarra, Falluja, and some areas in Tikrit, Ramadi, and Baqubah. With the increased crackdown on the Iraqi people, the presence of Zionist forces has become more evident, to the extent that Israelis have taken over some military operations in Tall’Afar, Samarra, and Falluja, informed sources in Iraq, including two Iraqi National Guard officers, said.
One of these officers told the Mehr News Agency that Israeli commandos significantly increased their presence in Iraq after some Israeli jet pilots joined the occupying forces.
U.S. occupation troops have been using the experiences of these commandos in suppressing the Palestinian people, he added.
The Iraqi National Guard officer said the Zionist commandos are now stationed at the Baghdad airport, just south of Falluja, and in two palaces of toppled Iraqi dictator Saddam Hussein, adding that one of their headquarters came under missile attack last month.
He said the U.S. military is making serious efforts to prevent contact between the Israeli forces and members of the new Iraqi National Guard and police, even though these commandos may have contact with Baathist commanders who have taken over the security of Falluja.
According to certain reports, there are over 200 Zionist troops in Iraq dressed in U.S. Army uniforms and under the command of a fully-equipped intelligence network. A short time ago, the head of Israeli military intelligence, General Aharon Zeevi, acknowledged that Tel Aviv should compensate the United States for the Iraqi quagmire.
Aharon even warned that the U.S. may put pressure on Israel to modify its policies toward the Palestinians because of the problems it is facing in Iraq. The Zionist general admitted that the deeper the U.S. sinks in the Iraqi quagmire, the more Israel should pay.
After the occupation of Iraq, reports surfaced about the extensive activities of Israeli companies and Jewish organizations in Iraq, especially in the north of the country. The reports also said that the Jewish companies attempted to buy Iraqi land at high prices. Even though these reports have been dismissed by Iraqi officials, some media outlets have occasionally published reports about the clandestine activities of the Israeli intelligence service Mossad and the active presence of Israeli companies in Iraq.
In addition, some time ago senior Israeli officials ordered the Mossad to provide a report on the country as the Iraqi crisis worsened. The intelligence service received help from Iraqi and other Middle Eastern experts and some research centers which have ties with the Israeli military and security services in compiling the report.
A single draft of the 40-page report has been delivered to Prime Minister Ariel Sharon. Some other organizations have received drafts of the report. The report says that Israeli security and commercial companies have succeeded in earning great profits from the Iraqi market. It adds that Israel is preparing to insert specialized security groups into sensitive Iraqi centers with the consent of the Iraqi interim government.
The report argues that security and military cooperation with any side would be like opening a brilliant chapter of cooperation and diplomatic ties and would also be in the best interests of Israeli national security.
< http://www.tehrantimes.com/archives.asp > (archive du 5 octobre 2004)
[…] Iraq used to produce close to 3.5 million barrels of oil per day under the rule of Saddam Hussein. It exported about 2.5 million barrels daily within the now-defunct, United Nations-guided oil-for-food program. It produced another half a million barrels for its own internal consumption to feed its now-looted and destroyed refineries. And it managed to "smuggle" about 300,000-500,000 barrels a day to Iran, Jordan, Syria and Turkey, with the money going into Saddam's treasury. […]
Pipelines and oil terminals from the northern fields near Kirkuk to the southern export terminals near Basra are being blown up daily by various groups of insurgents. At last count, the northern pipeline that carries oil to the Turkish Mediterranean port of Ceyhan has been blown up 37 times in 12 months. Terminals in the south have been attacked at least 10 times, in effect shutting down all exports of crude oil. […]
Iraq, a country that sits on the world's second-largest oil reserves after Saudi Arabia, finds itself in the humiliating position of importing oil products such as gasoline, diesel and fuel oil. It is only able to export an average of about 1 million to 1.3 million barrels of crude oil per day. And that is on good days, when something is not ablaze.
What's worse is that a large chunk of the oil revenues is not accounted for because of graft, theft, mayhem and the near-total absence of transparency within the transitional government of Prime Minister Ayad Allawi, according to aid agencies, which say they cannot see where the money is going. Oil traders go further. They say large amounts of oil are being stolen and smuggled onto ships, with Iraqi officials and traders splitting the returns. The Iraqi people and economy see no "trickle down" effect.
The correspondents also observed a clear strategic shift by the Resistance from hit and run tactics to the tactics of relatively quick blows. The new tactics involve attacks that last from two to six hours each. Car bombs are again being used as a powerful and intimidating tactic. The bombing in al-Karmah west of Baghdad was one good recent example of the Resistance’s new use of that tactic with deadly and targeted effect. In that operation two car bombs exploded on Sunday, 26 September at the headquarters of the puppet so-called civil defense force when American occupation forces were changing their guard and thus had a large number of their forces exposed and in the open. Thirty-five US troops were killed in that attack and eight Humvees, two troop transport vehicles, and one Bradley armored vehicle destroyed.
Thirteen Marines were killed on Saturday when a car bomber of the Iraqi Resistance drove into a Marine column.
In addition to the new and more sophisticated tactics, the observers note greater coordination between Resistance groups with different ideological outlooks. This can be seen in the way that they time their attacks and in the issuance of joint communiqués. The correspondents noted obvious coordination during the week among the Resistance fighters operating in Baghdad’s Hayfa Street, in ar-Ramadi, Samarra’, Tal‘afar, and Mosul. Just in ar-Ramadi, for example, the correspondents noted, six totally different organizations are in full cooperation, each one defending the other.
In al-Anbar, the Resistance pursues the tactic of wiping out the enemy, concentrating their forces to totally annihilate small American or puppet patrols. They attack small columns by breaking them apart and then focusing on the smaller part to totally wipe it out.
The correspondents have noted that in the last 40 days there has been a major change in the military strategy of the Resistance. Observers attribute this to the Resistance being able to draw on the expertise of a number of specialists from the Army of the Republic of Iraq who have been able to make adjustments to existing ordnance left over from before the US occupation to make it more usable and more lethal in dealing with the Americans in the type of warfare being waged in the country. A number of middle-range and short-range rockets have been upgraded with the help of these specialists. The C5K, for example, has been modified from an air to ground rocket for use on the ground or for anti-aircraft purposes.
The correspondents believe that in coming days there will be a qualitative leap in the Iraqi Resistance operations as they escalate to a higher level of destructive capacity.
IRAQ: USA Army platoon under arrest
for refusing orders
A 17 member platoon of the 343rd Quartermaster Company from Rock Hill, South Carolina were placed under arrest yesterday by the US Military Police for refusing orders to go on a suicide mission. Sgt. Larry O. McCook, leader of the platoon, made an urgent call to his wife, Patricia McCook of Jackson, Mississippi, to inform her that his entire platoon consisting of himself, 3 women, and 13 men were taken to the brig on Thursday and allowed only one telephone call after refusing to go on a delivery of fuel to Taji, Iraq located just north of Baghdad, a mission that would have surely cost them their lives. The mission meant having to drive trucks and traverse roads rigged with explosives and defended by insurgents with deadly Rocket Propelled Grenades (RPG's). The trucks had no armor, would not be escorted by armed Humvees or have helicopter support. The members of the platoon, if charged and convicted of disobeying orders, face dishonorable discharges and up to five years imprisonment.
The incident, and indication of a serious breakdown in military discipline , has not been reported by the mainstream media and may not because it could jeopardize George Bush's re-election chances. Today, Sgt. Salju Thomas of the Combined Press Information Center in Baghdad issued a statement saying that an investigation into the incident has begun. "The Commander General of the 13 Corps Support Group has appointed a deputy commander to lead an investigation into allegations that members of the 343 Quartermaster Company refused to participate in their assigned convoy mission on October 13,2004." Thomas' statement said.
Meanwhile, Congressman Bennie Thompson of Mississippi said he plans to commence a congressional inquiry on behalf of the soldiers and launch an investigation into whether the members of the US Army platoon are being treated properly. "I would not want any member of the military to be put in a dangerous situation ill-equipped," said Congressman Thompson. "I have had similar complaints from military families about vehicles that weren't armor-plated, or bullet-proof vests that are outdated. It concerns me because we made over $150 billion in funds available to equip our forces in Iraq," he added.
The Bush Administration's occupation of Iraq, in cahoots with Zionist cohorts in the Pentagon, is running into very serious trouble. The daily US soldier casualties and inability to take care of increasing numbers of crippled and maimed soldiers here at home, has caused many Americans to stop supporting the war for oil and on behalf of Israel. Recently, Iraqi insurgents have become more successful in penetrating the heavily fortified "Green Zone" in Baghdad. The "Green Zone", increasingly turning red with blood, is where US occupation administrators and the "puppet" Iraqi government have their offices and homes. The refusal to obey military orders by the 17 member US Army platoon may signal, as happened in Vietnam, that soldiers are now refusing to be mere cannon fodder and victims of an unjust war.
15 Oct. 2004
< http://www.aztlan.net/platoon_refuses_orders.htm >
4 - Le piège afghan |
L’Afghanistan[1]
par Friedrich Engels (1857)
L’Afghanistan, un grand pays d'Asie au nord-ouest de l'Inde. Il s'étend entre le Pakistan et les Indes, et de l'autre côté entre l'Hindu Kush et l'Océan Indien. Le pays incluait jadis les provinces persanes du Khorassan et du Kohistan, ainsi que Herat, le Bélouchistan, le Cachemire, le Sind et une grande partie du Penjab. Dans ses frontières actuelles, il ne comporte sans doute pas plus de 4 000 000 habitants. La géographie de l'Afghanistan est très irrégulière: hauts plateaux, montagnes élevées, vallées profondes et ravins. Comme tous les pays tropicaux et montagneux, on y trouve tous les climats. Dans l'Hindu Kush, la neige recouvre toute l'année les sommets élevés, tandis que dans les vallées, le thermomètre peut atteindre 55 °C. Il fait plus chaud à l'est qu'à l'ouest, mais le climat est dans l'ensemble moins chaud qu'en Inde; si les variations de température entre l'été et l'hiver, ou le jour et la nuit, sont très importantes, le pays est sain. Les fièvres, les catarrhes et les ophtalmies sont les principales maladies. De temps en temps, la variole fait des ravages. Le sol est d'une fertilité exubérante. Les dattiers prospèrent dans les oasis des déserts de sable, la canne à sucre et le coton dans les vallées chaudes, les fruits et les légumes européens poussent en abondance sur les terrasses des collines jusqu'à 1 800 ou 2 100 mètres d'altitude. Les montagnes sont couvertes de forêts nobles, fréquentées par des ours, des loups et des renards; on trouve le lion, le léopard et le tigre dans des régions convenant à leur mode de vie. Les animaux utiles à l'homme ne manquent pas. On trouve une belle race de moutons persans à grande queue. Les chevaux sont des pur-sang de bonne taille. Le chameau et l'âne sont utilisés comme bêtes de somme et on trouve beaucoup de chèvres, de chiens et de chats. Outre l'Hindu Kush, qui est une continuation de l'Himalaya, il existe une chaîne montagneuse appelée Sulaiman; au sud-ouest entre l'Afghanistan et Balkh, se trouve une chaîne, le Paropamisos, mais très peu d'informations la concernant sont parvenues jusqu'en Europe. Les rivières sont peu nombreuses l'Hilmand et la Kaboul sont les plus importantes. Elles prennent leur source dans l'Hindu Kush; la Kaboul coule vers l'est et se jette dans l'Indus près d'Attock, l'Hilmand coule vers l'ouest, traverse la région du Seistan et se jette dans le lac de Zurrah. L'Hilmand a la particularité d'inonder ses rives tous les ans, comme le Nil, fertilisant ainsi le sol qui, au-delà des limites de l'inondation, est un désert de sable. Les principales villes d'Afghanistan sont Kaboul, la capitale, Ghazni, Peshawar et Kandahar. Kaboul est une belle ville à 34° 10 de latitude nord et 60° 43 de longitude est, sur la rivière du même nom. Les bâtiments, construits en bois, sont propres et spacieux, et la ville, entourée de beaux jardins, est très plaisante. Environnée de villages, elle est située au milieu d'une grande plaine encerclée par des collines peu élevées. Le tombeau de l'empereur Babur en est le principal monument. Peshawar est une grande ville dont la population est estimée à 100 000 habitants. Ghazni, ville autrefois renommée et ancienne capitale du grand sultan Mahmoud, a perdu son rang et est devenue une ville pauvre. Kandahar a été fondée en 1754, sur le site d'une ancienne cité. Elle a été la capitale durant quelques années, mais, en 1774, le siège du gouvernement a été déplacé à Kaboul. On pense qu'elle compte 100 000 habitants. Près de la ville se trouve le tombeau de Shah Ahmed, fondateur de la ville. C'est un asile sacré au point que même le roi ne peut en déloger un criminel qui a trouvé refuge dans ses murs.
La position géographique de l'Afghanistan et le caractère particulier de son peuple confèrent au pays une importance politique qu'il ne faut pas sous-estimer dans les affaires d'Asie centrale. C'est une monarchie, mais l'autorité du roi sur ses sujets fougueux et turbulents est personnelle et très incertaine. Le royaume est divisé en provinces chacune est dirigée par un représentant du souverain qui perçoit les revenus et les remet à la capitale.
Les Afghans sont un peuple courageux, résistant et indépendant. Ils se consacrent essentiellement à l'élevage et à l'agriculture et évitent le commerce qu'ils abandonnent avec mépris aux Hindous et à d'autres habitants des villes. Pour eux, la guerre est exaltante et les soulage de leurs occupations monotones et industrieuses.
Les Afghans sont divisés en clans sur lesquels les chefs exercent une sorte de suprématie féodale. Leur haine indomptable des règles et leur amour de l'indépendance individuelle sont les seuls obstacles à ce que leur pays devienne une nation puissante. Néanmoins, cette absence de règles et ce caractère imprévisible en font des voisins dangereux; ils risquent de se laisser porter par leurs sautes d'humeur ou d'être excités par des intrigants qui soulèvent astucieusement leurs passions. Les deux principales tribus, les Dooranees et les Ghilgies, se querellent sans cesse.
Le contingent militaire est principalement fourni par les Dooranee,s le reste de l'armée est recruté dans les autres clans ou parmi des aventuriers qui s'engagent dans l'espoir d'une paie ou d'un butin. Dans les villes, la justice est rendue par des cadis, mais les Afghans ont rarement recours à la loi. Leurs khans ont le droit de châtier; ils ont même le droit de vie et de mort. La vengeance par le sang est un devoir familial; néanmoins, en dehors de toute provocation, ils sont considérés comme un peuple libéral et généreux. Les devoirs de l'hospitalité sont sacrés au point qu'un ennemi mortel qui mange le pain et le sel, même s'il y parvient par un stratagème, est à l'abri de la vengeance et peut même réclamer la protection de son hôte contre tout autre danger. Ils sont de religion musulmane et appartiennent à la secte sunnite, mais ils ne sont pas sectaires et les alliances entre chiites et sunnites sont courantes.
L'Afghanistan a été successivement soumis à la domination mongole[2] et persane. Avant l'arrivée des Anglais sur les rivages de l'Inde, les invasions étrangères qui ont balayé les plaines de l'Hindoustan provenaient toujours d'Afghanistan. Le sultan Mahmoud le Grand, Gengis Khan, Tamerlan et Nadir Shah ont tous emprunté cette voie. En 1747, après la mort de Nadir, Shah Ahmed, qui avait appris l'art de la guerre sous les ordres de cet aventurier militaire, décida de se débarrasser du joug de la Perse. Sous son règne, l'Afghanistan parvint au sommet de sa grandeur et de sa prospérité pour l'époque moderne. Il appartenait à la famille des Suddosis et sa première décision fut de saisir le butin que son dernier chef avait accumulé en Inde. En 1748, il réussit à expulser le gouverneur mongol de Kaboul et Peshawar, et traversant l'Indus, il envahit vite le Penjab. Son royaume s'étendra de Khorassan à Delhi et il croisera même le fer avec les puissants Mahrattas [3]. Ces grandes entreprises, ne l'ont cependant pas empêché de cultiver certains des arts de paix et il sera reconnu comme poète et historien. Il décéda en 1772 et laissa sa couronne à son fils Timour, qui, cependant, n'était pas à la hauteur pour supporter une aussi lourde charge. Il abandonna la ville de Kandahar, qui avait été fondée par son père et était devenue, en quelques années, une ville riche et très peuplée, et déplaça le siège du gouvernement à Kaboul. Pendant son règne les dissensions internes des tribus, réprimées d’une main ferme par Shah Ahmed, ont réapparues. En 1793 Timour décéda et Siman lui succéda. Ce prince conçut l'idée de consolider la puissance musulmane de l'Inde et ce plan, qui aurait pu sérieusement mettre en danger les conquêtes britanniques, fut jugé si important que Sir John Malcolm fut envoyé à la frontière pour contrôler les Afghans, en cas de mouvement de leur part, et en même temps des négociations furent ouvertes avec la Perse, grâce à l'aide de laquelle les Afghans pourraient être placés entre deux feux. Ces précautions étaient cependant, inutiles; le Shah Siman était plus que suffisamment occupé par les conspirations et les troubles dans son pays, et ses grands projets furent écrasés dans l’œuf. Le frère du roi, Mahmoud, se lança sur Herat avec le dessein d'ériger une principauté indépendante, mais échouant dans sa tentative, il s'enfuit en Perse. Le Shah Siman avait été aidé dans son accession au trône par la famille Bairukshee, à la tête de laquelle se trouvait le Khan Sheir Afras. La nomination par Siman d'un vizir impopulaire excita la haine de ses vieux partisans, qui organisèrent une conspiration qui fut découverte, et le Sheir Afras fut mis à mort. Mahmoud fut alors rappelé par les conspirateurs, Siman fut fait prisonnier et eut les yeux arrachés. En opposition à Mahmoud, qui était soutenu par les Dooranees, le Shah Soojah fut soutenu par les Ghilgies et conserva le trône pendant quelque temps; mais il fut défait à la fin, principalement par la trahison de ses propres partisans et fut forcé de se réfugier chez les Sikhs[4].
En 1809, Napoléon envoya le général Gardane en Perse, dans l'espoir d'amener le Shah (Fath Ali) à envahir l'Inde et le gouvernement indien envoya un représentant (Mountstuart Elphinstone) à la cour de Shah Soojah pour constituer une opposition à la Perse. A cette époque, le pouvoir et la renommée de Ranjit Singh croissaient. Ce chef sikh, par son génie, réussit à rendre son pays indépendant des Afghans et fonda un royaume au Penjab il gagna le titre de maharajah (grand rajah) et le respect du gouvernement anglo-indien.
Mahmoud, l'usurpateur, ne devait toutefois pas profiter longtemps de son triomphe. Futteh Khan, son vizir, qui avait oscillé entre Mahmoud et Shah Soojah selon ce que lui dictaient son ambition et son intérêt passager, fut capturé par Kamran, le fils du roi; on lui creva les yeux puis on l'exécuta cruellement.
La puissante famille du vizir assassiné jura de venger sa mort. On replaça la marionnette Shah Soojah sur le devant de la scène et on chassa Mahmoud. Shah Soojah ayant abusé de son pouvoir, il fut bientôt déposé et un autre frère fut couronné à sa place. Mahmoud s'enfuit à Herat, qu'il possédait toujours, et en 1829, à sa mort, son fils Kamran lui succéda au gouvernement de cette région. La famille Bairukshee, parvenue au pouvoir, se partagea le territoire, mais, selon l'usage du pays, elle se disputait sans cesse et ne retrouvait l'union qu'en présence d'un ennemi commun. L'un des frères, Mohamed Khan, tenait la ville de Peshawar pour laquelle il payait tribut à Ranjit Singh; un autre tenait Ghazni, un troisième Kandahar, tandis que Dost Mohamed, le plus puissant de la famille, régnait sur Kaboul.
En 1835, le capitaine Alexander Burnes fut envoyé comme ambassadeur auprès de ce prince, alors que la Russie et l'Angleterre intriguaient l'une contre l'autre en Perse et en Asie centrale. Il proposa une alliance que le Dost ne fut que trop content d'accepter, mais le gouvernement anglo-indien exigeait tout de lui et n'offrait absolument rien en échange. Pendant ce temps, en 1838, les Persans, avec l'aide et les conseils de la Russie, assiégèrent Herat[5], clé de l'Afghanistan et de l'Inde un Persan et un agent russe arrivèrent à Kaboul et le Dost, par suite du refus continuel de tout véritable engagement de la part des Anglais, fut finalement contraint de recevoir les avances d'autres parties.
Burnes partit, et Lord Auckland, alors gouverneur général des Indes, influencé par son secrétaire W. McNaghten, décida de punir Dost Mohamed pour ce qu'il l'avait lui-même obligé à faire. Il prit la résolution de le détrôner et d'installer à sa place Shah Soojah, devenu protégé du gouvernement indien. Un traité fut conclu avec Shah Soojah et avec les sikhs. Le Shah commença à rassembler une armée, payée et commandée par les Anglais; une troupe anglo-indienne fut concentrée sur le Sutlej. McNaghten, secondé par Burnes, devait accompagner l'expédition en Afghanistan en qualité d'émissaire. Pendant ce temps, les Persans avaient levé le siège de Herat et la seule raison valable pour une intervention en Afghanistan avait disparu. Pourtant, en décembre 1838, l'armée marcha sur la province de Sind, contrainte à la soumission et au paiement d'une contribution au bénéfice des sikhs et de Shah Soojah[6].
Le 20 février 1839, l'armée britannique franchit l'Indus. Elle était constituée d'environ 12 000 hommes accompagnés de plus de 40 000 civils, sans compter les nouvelles troupes levées par le Shah. Le col de Bolan fut franchi en mars. Le manque de provisions et de fourrage commença à se faire sentir les chameaux tombaient par centaines et une grande partie des bagages fut perdue. Le 7 avril, l'armée arriva au col de Khojak, le franchit sans résistance et, le 25 avril, elle pénétra à Kandahar, que les princes afghans, frères de Dost Mohamed, avaient abandonnée. Après un repos de deux mois, Sir John Keane, le commandant, avança avec le principal corps d'armée vers le nord, laissant une brigade à Kandahar sous les ordres de Nott. Ghazni, la place forte imprenable d'Afghanistan, fut conquise le 22 juillet; un déserteur avait informé l'armée que la porte de Kaboul était la seule à ne pas avoir été murée. Elle fut donc renversée et la place fut prise d'assaut. Après ce désastre, l'armée rassemblée par Dost Mohamed se dispersa immédiatement et Kaboul ouvrit aussi ses portes le 6 août. Shah Soojah fut installé sur le trône en bonne et due forme, mais la véritable direction du gouvernement resta aux mains de McNaghten, qui payait également toutes les dépenses de Shah Soojah sur le trésor indien.
La conquête de l'Afghanistan semblait accomplie et une part considérable des troupes fut renvoyée. Mais les Afghans n'étaient en rien satisfaits d'être gouvernés par les kafir feringhee (les infidèles européens) et tout au long des années 1840 et 1841, les insurrections se succédèrent dans toutes les régions du pays. Les troupes anglo-indiennes devaient sans arrêt intervenir. McNaghten déclara pourtant que c'était la situation normale de la société afghane et écrivit en Angleterre que tout se passait bien et que l'autorité de Shah Soojah prenait racine. Les avertissements des militaires et des autres agents britanniques restèrent sans effet. Dost Mohamed s'était rendu aux Anglais en octobre 1840 et avait été envoyé en Inde; toutes les insurrections de l'été 1841 furent réprimées avec succès.
En octobre, McNaghten, nommé gouverneur de Bombay, avait l'intention de partir pour l'Inde avec une autre corps d'armée. Mais la tempête éclata. L'occupation de l'Afghanistan coûtait 1,25 million de livres par an au trésor indien: il fallait payer 16 000 soldats, les anglo-indiens et ceux de Shah Soojah, en Afghanistan 3 000 autres se trouvaient dans le Sind et le col de Bolan. Les fastes royaux de Shah Soojah, les salaires de ses fonctionnaires, et toutes les dépenses de sa cour et de son gouvernement étaient payés par le trésor indien. Enfin, les chefs afghans étaient subventionnés, ou plutôt soudoyés, par la même source, afin de les empêcher de nuire.
McNaghten fut informé de l'impossibilité de continuer à dépenser de l'argent à ce rythme. Il tenta de restreindre les dépenses, mais la seule façon d'y parvenir était de réduire les allocations des chefs. Le jour même où il tenta de le faire, les chefs fomentèrent une conspiration dans le but d'exterminer les Anglais. McNaghten en personne servit à provoquer l’unification des forces insurrectionnelles qui, jusqu'ici, avaient lutté séparément contre les envahisseurs, sans unité ni concertation. Il ne fait pas de doute non plus, que, à ce moment-là, la haine de la domination britannique sur les Afghans avait atteint son apogée.
A Kaboul, les Anglais étaient commandés par le général Elphinstone, un vieil homme goutteux, indécis et complètement désemparé, qui donnait sans arrêt des ordres contradictoires. Les troupes occupaient une sorte de camp fortifié, si étendu que la garnison suffisait à peine à garder les remparts, rendant impossible de détacher des hommes pour agir sur le terrain. Les fortifications étaient si imparfaites qu'on pouvait franchir à cheval le fossé et le parapet. Comme si cela ne suffisait pas, le camp était dominé, presque à portée de mousquet, par les hauteurs voisines; pour couronner l'absurdité de ces aménagements, toutes les provisions et le matériel médical se trouvaient dans deux forts distincts à quelque distance du camp, dont ils étaient de plus séparés par des jardins entourés de murs et par un autre petit fort que les Anglais n'occupaient pas. La citadelle de Bala Hissar à Kaboul aurait offert des quartiers d'hiver solides et splendides à toute l'armée mais, pour faire plaisir à Shah Soojah, elle n'était pas occupée.
Le 2 novembre 1841, l'insurrection éclata. La maison d'Alexander Burnes, en ville, fut attaquée et il fut assassiné. Le général anglais ne fit rien et l'impunité renforça l'insurrection. Elphinstone, complètement désemparé, à la merci de toute sorte de conseils contradictoires, parvint très vite à la confusion que Napoléon a décrite en trois mots: ordre, contrordre, désordre. Le Bala Hissar n'était toujours pas occupé. Quelques compagnies furent envoyées contre les milliers d'insurgés et furent naturellement battues, ce qui enhardit plus encore les Afghans.
Le 3 novembre, les forts proches du camp furent occupés. Le 9, le fort de l'intendance (défendu par seulement 80 hommes) fut pris par les Afghans, et les Anglais n'eurent plus rien à manger. Le 5, Elphinstone parlait déjà d'acheter le droit de sortir du pays. En fait, au milieu du mois de novembre, son indécision et son incapacité avaient tellement démoralisé les troupes que ni les Européens ni les cipayes[7] n'étaient en état de rencontrer les Afghans sur le champ de bataille. Les négociations débutèrent. Durant celles-ci, McNaghten fut assassiné lors d'une conférence avec les chefs afghans. La neige commença à recouvrir le sol, les provisions se firent rares. Finalement, le 1° janvier, la capitulation fut conclue. Tout l'argent, 190 000 £, devait être remis aux Afghans et des effets signés pour 140 000 £ supplémentaires. Toute l'artillerie et les munitions, à l'exception de six canons de six et trois pièces d'artillerie mobiles, devaient rester sur place. Tout l'Afghanistan devait être évacué. En contrepartie, les chefs promettaient un sauf-conduit, des provisions et des bêtes de somme.
Le 5 janvier, les Anglais quittèrent le pays, 4 500 soldats et 12 000 civils. Une journée de marche suffit à dissiper les derniers vestiges d'ordre et à mélanger les soldats et les civils en une confusion épouvantable rendant toute résistance impossible. Le froid, la neige et le manque de nourriture eurent le même effet que lors de la retraite de Moscou de Napoléon en 1812. Mais à la place des Cosaques se tenant à une distance respectable, les tireurs d'élite afghans furieux, armés de mousquets à longue portée, occupaient toutes les hauteurs et harcelaient les Anglais. Les chefs qui avaient signé la capitulation ne pouvaient ni ne voulaient retenir les tribus des montagnes. Le col de Koord-Kaboul fut le tombeau de presque toute l'armée et les quelques survivants, moins de 200 Européens, tombèrent à l'entrée du col de Jugduluk. Un seul homme, le docteur Brydon, réussit à atteindre Jalalabad et raconta l'histoire. Beaucoup d'officiers avaient cependant été faits prisonniers par les Afghans. Jalalabad était tenue par la brigade de Sale. Sa capitulation fut réclamée, mais il refusa d'évacuer la ville, de même que Nott à Kandahar. Ghazni était tombée plus un seul homme dans la place ne savait se servir de l'artillerie et les cipayes avaient succombé au climat.
Pendant ce temps, près de la frontière, les autorités britanniques, dès qu'elles avaient appris le désastre de Kaboul, avaient concentré à Peshawar les troupes destinées à la relève des régiments d'Afghanistan. Mais les moyens de transport faisaient défaut et un grand nombre de cipayes tombaient malades. En février, le général Pollock prit le commandement et, à la fin de mars 1842, il reçut des renforts. Il força le col de Khyber et avança pour se porter au secours de Sale à Jalalabad. Quelques jours plus tôt, Sale avait complètement vaincu l'armée afghane qui le cernait. Lord Ellenborough, gouverneur général des Indes, ordonna aux troupes de se replier, mais Nott et Pollock trouvèrent une bonne excuse en prétextant le manque de moyens de transport. Finalement, début juillet, l'opinion publique en Inde contraignit Lord Ellenborough à faire quelque chose pour restaurer l'honneur de la nation et le prestige de l'armée britannique. En conséquence, il autorisa l'avance sur Kaboul à partir de Kandahar et de Jalalabad.
Mi-août, Pollock et Nott étaient parvenus à un accord concernant leurs mouvements et, le 20 août, Pollock fit route vers Kaboul, atteignit Gundamuck, battit une troupe afghane le 23, enleva le col de Jugduluk le 8 septembre, vainquit les forces rassemblées de l'ennemi le 13 à Tezeen et dressa le camp le 15 sous les murs de Kaboul. Pendant ce temps, Nott évacua Kandahar le 7 août et marcha avec toutes ses troupes vers Ghazni. Après quelques combats peu importants, il vainquit une grosse armée d'Afghans le 30 août, s'empara de Ghazni, abandonnée par l'ennemi le 6 septembre, détruisit les ouvrages et la ville, battit de nouveau les Afghans dans la place forte d'Alydan et, le 17 septembre, arriva près de Kaboul où Pollock entra immédiatement en communication avec lui. Shah Soojah avait été assassiné longtemps avant par certains chefs et, depuis lors, il n'y avait plus de gouvernement réel en Afghanistan. Futteh Jung, son fils, n'était roi que de nom. Pollock envoya un détachement de cavalerie après les prisonniers de Kaboul, mais ceux-ci avaient réussi à soudoyer leurs gardes et ils l'affrontèrent sur la route.
En représailles, le bazar de Kaboul fut détruit et, à cette occasion, les soldats pillèrent une partie de la ville et massacrèrent un grand nombre d'habitants. Le 12 octobre, les Anglais quittèrent Kaboul et rentrèrent en Inde en passant par Jalalabad et Peshawar. Futteh Jung, désespérant de sa fonction, les suivit. Dost Mohamed, libéré de captivité, reprit son royaume. Ainsi s'acheva la tentative des Anglais pour installer un prince de leur fabrication en Afghanistan.
Ecrit en anglais. MECW Volume 18, p. 40; Written: in July and the first 10 days of August 1857; Karl Marx/Friedrich Engels - Werke, Dietz Verlag, Berlin. Band 14, 4. Auflage 1972, unveränderter Nachdruck der 1. Auflage 1961, Berlin-Est/DDR. S. 73-82.First published: in The New American Cyclopaedia, Vol. I, 1858.
< http://www.marxists.org/francais/engels/works/1857/08/fe18570811.htm > (Reproduit dans Le Monde, 30 septembre 2001)
5 - Le pays des faux juifs |
Juste au moment où les Israéliens intensifient leur présence au Kurdistan irakien, pour asseoir des positions qui leur permettraient, an cas de besoin, de faire éclater l'Iraq, vieux rêve sioniste, on "découvre" que des "liens génétiques" existeraient entre les Kurdes et les Juifs. Comme s'il était possible de trouver un commun dénominateur génétique aux Juifs, ce qui est une absurdité qui relève de la seule idéologie. Ces histoires de "gènes" sont hautement douteuses et relèvent beaucoup plus de la politique que de la science. On va voir ci-dessous comment fonctionne un opération de récupération idéologique dont le but est de conforter l'emprise de l'appareil génocidaire sioniste.
"The Genetic Bonds Between Kurds and Jews"
by Kevin Alan Brook
Kurds are the Closest Relatives of Jews
In 2001, a team of Israeli, German, and Indian scientists discovered that the majority of Jews around the world are closely related to the Kurdish people -- more closely than they are to the Semitic-speaking Arabs or any other population that was tested. The researchers sampled a total of 526 Y-chromosomes from 6 populations (Kurdish Jews, Kurdish Muslims, Palestinian Arabs, Sephardic Jews, Ashkenazic Jews, and Bedouin from southern Israel) and added extra data on 1321 persons from 12 populations (including Russians, Belarusians, Poles, Berbers, Portuguese, Spaniards, Arabs, Armenians, and Anatolian Turks). Most of the 95 Kurdish Muslim test subjects came from northern Iraq. Ashkenazic Jews have ancestors who lived in central and eastern Europe, while Sephardic Jews have ancestors from southwestern Europe, northern Africa, and the Middle East. The Kurdish Jews and Sephardic Jews were found to be very close to each other. Both of these Jewish populations differed somewhat from Ashkenazic Jews, who mixed with European peoples during their diaspora. The researchers suggested that the approximately 12.7 percent of Ashkenazic Jews who have the Eu 19 chromosomes -- which are found among between 54 and 60 percent of Eastern European Christians -- descend paternally from eastern Europeans (such as Slavs) or Khazars. But the majority of Ashkenazic Jews, who possess Eu 9 and other chromosomes, descend paternally from Judeans who lived in Israel two thousand years ago. [par une opération du saint esprit, évidemment!!! ] In the article in the November 2001 issue of The American Journal of Human Genetics, Ariella Oppenheim of the Hebrew University of Israel wrote that this new study revealed that Jews have a closer genetic relationship to populations in the northern Mediterranean (Kurds, Anatolian Turks, and Armenians) than to populations in the southern Mediterranean (Arabs and Bedouins). [Comme par hasard! ]
A previous study by Ariella Oppenheim and her colleagues, published in Human Genetics in December 2000, showed that about 70 percent of Jewish paternal ancestries and about 82 percent of Palestinian Arabs share the same chromosomal pool. The geneticists asserted that this might support the claim that Palestinian Arabs descend in part from Judeans who converted to Islam. With their closer relationship to Jews, the Palestinian Arabs are distinctive from other Arab groups, such as Syrians, Lebanese, Saudis, and Iraqis, who have less of a connection to Jews.
A study by Michael Hammer et al., published in PNAS in June 2000, had identified a genetic connection between Arabs (especially Syrians and Palestinians) and Jews, but had not tested Kurds, so it was less complete.
Many Kurds have the "Jewish" Cohen Modal Haplotype
In the 1990s, a team of scientists (including the geneticist Michael Hammer, the nephrologist Karl Skorecki, and their colleagues in England) discovered the existence of a haplotype which they termed the "Cohen modal haplotype" (abbreviated as CMH). Cohen is the Hebrew word for "priest", and designates descendants of Judean priests from two thousand years ago. Initial research indicated that while only about 3 percent of general Jews have this haplotype, 45 percent of Ashkenazic Cohens have it, while 56 percent of Sephardic Cohens have it. David Goldstein, an evolutionary geneticist at Oxford University, said: "It looks like this chromosomal type was a constituent of the ancestral Hebrew population." Some Jewish rabbis used the Cohen study to argue that all Cohens with the CMH had descended from Aaron, a High Priest who lived about 3500 years ago, as the Torah claimed. Shortly after, it was determined that 53 percent of the Buba clan of the Lemba people of southern Africa have the CMH, compared to 9 percent of non-Buba Lembas. The Lembas claim descent from ancient Israelites, and they follow certain Jewish practices such as circumcision and refraining from eating pork, and for many geneticists and historians the genetic evidence seemed to verify their claim. [Nous y sommes!! Rappelons seulement à ces imbéciles ignorants que la circoncision est une coutumes très largement répandue en Afrique, qu'elle y est certainement beaucoup plus ancienne que toutes les simagrées juives, et qu'elle est passée au Moyen-Orient, dans l'Antiquité, via l'Egypte, vieille terre africaine. ]
However, it soon became apparent that the CMH is not specific to Jews or descendants of Jews. In a 1998 article in Science News, Dr. Skorecki indicated (in an interview) that some non-Jews also possess the Cohen markers, and that the markers are therefore not "unique or special". The CMH is very common among Iraqi Kurds, according to a 1999 study by C. Brinkmann et al. And in her 2001 article, Oppenheim wrote: "The dominant haplotype of the Muslim Kurds (haplotype 114) was only one microsatellite-mutation step apart from the CMH…" (Oppenheim 2001, page 1100). Furthermore, the CMH is also found among some Armenians, according to Dr. Levon Yepiskoposyan (Head of the Institute of Man in Yerevan, Armenia), who has studied genetics for many years. Dr. Avshalom Zoossmann-Diskin wrote: "The suggestion that the 'Cohen modal haplotype' is a signature haplotype for the ancient Hebrew population is also not supported by data from other populations." (Zoossmann-Diskin 2000, page 156).
In short, the CMH is a genetic marker from the northern Middle East which is not unique to Jews. However, its existence among many Kurds and Armenians, as well as some Italians and Hungarians, would seem to support the overall contention that Kurds and Armenians are the close relatives of modern Jews and that the majority of today's Jews have paternal ancestry from the northeastern Mediterranean region.
The Jewish Kingdom of Adiabene in Ancient Kurdistan
In ancient times, the royal house of Adiabene and some of the common people of Adiabene converted to Judaism. The capital city of Adiabene was Arbela (known today by Arabs as Irbil and by Kurds as Hawler). King Izates became closely attached to his new faith, and sent his sons to study Hebrew and Jewish customs in Jerusalem. [On ne parlait pas hébreu à Jerusalem à cette époque-là, mais araméen et grec. ] His successor to the throne was his brother Monobazos II, who also adopted Judaism. In her 2001 study, Oppenheim references the kingdom of Adiabene, but suggests that while Adiabene's conversion to Judaism "resulted in the assimilation of non-Jews into the community… This recorded conversion does not appear to have had a considerable effect on the Y chromosome pool of the Kurdish Jews." (Oppenheim 2001, page 1103). Some of the Jewish Adiabenians may have eventually converted to Christianity. [Une spécialiste d'hématologie est forcément compétente, puisqu'elle travaille à l'Université juive, pour parler des royaumes orientaux du Ier siècle…]
Conclusions
Research has just begun into the ancient ties between Kurds and Jews. It would be interesting to see if the various Jewish groups have as strong a family tie to Kurds in the maternal lineages as they do in the paternal lineages. Preliminary studies indicate that Jewish populations in eastern Europe and Yemen have maternal origins that contain much more non-Israelite ancestry than their paternal origins. Despite this admixture with other groups, the Jewish Judean people ultimately began their existence in an area within or nearby Kurdistan, prior to migrating southwest to Israel. This exciting research showing that Kurds and Jews may have shared common fathers several millennia ago should, hopefully, encourage both Kurds and Jews to explore each others' cultures and to maintain the friendship that Kurds and Jews enjoyed in northern Iraq in recent times (as chronicled in Michael Rubin's recent article "The Other Iraq"). As Rubin indicates, the Kurdish leader Mullah Mustafa Barzani once visited Israel and met with Israeli government officials. Rubin refers to the Iraqi Kurds' "special affinity for Israel" and writes that "In the safe haven of Iraqi Kurdistan, the Jews and Israel are remembered fondly, if increasingly vaguely." Let us hope that this relationship can be renewed and strengthened.
Bibliography:
Brinkmann, C., et al. "Human Y-chromosomal STR haplotypes in a Kurdish population sample." International Journal of Legal Medicine 112 (1999): 181-183.
Brook, Kevin A. The Jews of Khazaria. Northvale, NJ: Jason Aronson, 1999.
Hammer, Michael F., et al. "Y Chromosomes of Jewish Priests." Nature 385 (January 2, 1997): 32.
Hammer, Michael F., et al. "Jewish and Middle Eastern non-Jewish Populations Share a Common Pool of Y-chromosome Biallelic Haplotypes." Proceedings of the National Academy of Sciences USA (PNAS) 97:12 (June 6, 2000): 6769-6774.
Oppenheim, Ariella, et al. "High-resolution Y chromosome haplotypes of Israeli and Palestinian Arabs reveal geographic substructure and substantial overlap with haplotypes of Jews." Human Genetics 107(6) (December 2000): 630-641.
Oppenheim, Ariella, et al. "The Y Chromosome Pool of Jews as Part of the Genetic Landscape of the Middle East." The American Journal of Human Genetics 69:5 (November 2001): 1095-1112. (voir plus bas)
Rubin, Michael. "The Other Iraq." Jerusalem Report (December 31, 2001).
Siegel, Judy. "Genetic evidence links Jews to their ancient tribe." Jerusalem Post (November 20, 2001).
Thomas, Mark G., et al. "Y Chromosomes Traveling South: the Cohen Modal Haplotype and the Origins of the Lemba -- the 'Black Jews of Southern Africa'." American Journal of Human Genetics 66:2 (February 2000): 674-686.
Traubman, Tamara. "Study finds close genetic connection between Jews, Kurds." Ha'aretz (November 21, 2001).
Travis, J. "The Priests' Chromosome? DNA analysis supports the biblical story of the Jewish priesthood." Science News 154:14 (October 3, 1998): 218.
Zoossmann-Diskin, Avshalom. "Are today's Jewish priests descended from the old ones?" HOMO: Journal of Comparative Human Biology 51:2-3 (2000): 156-162.
Netewe, January 19, 2002.
< http://www.barzan.com/kevin_brook.htm >
Kevin Alan Brook. est l'auteur de The Jews of Khazaria., Northvale, NJ: Jason Aronson, 1999.
Cette ânerie se trouve sur un site kurde. Rappelons qu'au cours de son voyage "secret" en Israël, en 1967, Barzani a été photographié en uniforme militaire israélien. Il possédait un grade "secret", de complaisance, dans l'armée israélienne. Comme beaucoup d'autres, Idi Ain Dada, les Gemayel, etc.
Pour les amateurs de cette science bidon (à peu près aussi convaincante que feue la phrénologie, puisque par définition, on ne possède pas de renseignements génétiques sur des populations vivant il y a 2000 ans! ) voir l'article, entièrement concocté en Israël, dont s'inspire ce godelureau:
"The Y Chromosome Pool of Jews as Part of the Genetic Landscape of the Middle East", par Almut Nebel, Dvora Filon, Bernd Brinkmann, Partha P. Majumder, Marina Faerman, and Ariella Oppenheim.
< http://www.journals.uchicago.edu/AJHG/journal/issues/v69n5/013033/013033.html >
Cette histoire du royaume d'Adiabené, "qui se serait converti au judaïsme" au premier siècle de notre ère, tombe à pic: sa capitale serait en plein Kurdistan irakien, à une portée de fronde des gisements pétrolifères. Quel heureux hasard! Quel coup de bol! On sent que cette histoire va avoir des suites… il faut libérer ces malheureux Adiabenites qui souffrent sous le joug étranger et non-juif depuis … 1900 ans? Au moins.
"But the Iraqi Kurds' sympathy toward Israel is not simply shaped by their antipathy toward Palestinians. While the Kurds now acknowledge that independence is not an option in their part of Iraq, let alone pan-Kurdish unity with their brethren in Turkey, Syria or Iran, they view Israel as a model of a minority establishing control over its own future. Indeed, in 1967, Mullah Mustafa Barzani, father of the current KDP leader Masud Barzani, visited Israel for consultations with Moshe Dayan, among other government officials. The Kurds hoped for and received some training and equipment, but the flirtation did not last. Instead, the Kurds turned to the Shah's Iran, which could provide them with material assistance more directly."
"The Other Iraq", By Michael Rubin, adjunct scholar, The Washington Institute for Near East Policy, Jerusalem Report, December 31, 2001.
< http://www.washingtoninstitute.org/media/rubin/rubin-other.htm >
6 - Les mystères de New York |
Vidéo du premier avion dans la Tour nord:
< http://webfairy.911review.org/video/firsthit.detail.mov >
Tirée du film des frères Naudet
An Analysis of the 'Missile' Frames from The Fireman's Video
by Leonard Spencer
Up until now I have resisted the temptation to use stills from the Fireman's Video to illustrate my contention that the plane that hit WTC1 fired missiles at the building. This is because, up until now, I had not found stills from the video that were clear and detailed enough to make my case. The DVD version of the Naudet documentary has for instance proved to be a woefully inadequate source for detailed analysis of the footage, not least because it has been very obviously tampered with. Frames have been removed and those that remain have been artificially softened and blurred. The clearest versions of the Fireman's Video are those that were transmitted in news bulletins in the first few days after the attack and my only access to these has been the VHS copies that I taped myself from the TV. I recently received however an excellent set of original, undoctored stills from the footage, expertly captured from video. Somewhat belatedly therefore I am now able to demonstrate more thoroughly the basis for my rather controversial thesis.
The twenty images below are consecutive stills from the Fireman's Video, covering the crucial moment of impact. Twenty stills of course represents less than one second in real-time, yet it is surely one of the most remarkable and eventful seconds ever caught on camera.
The first four frames of the sequence (above) show the plane in its final approach towards WTC1. Unlike many other stills that are in circulation, the plane's left wing remains clearly discernible. Note the absence of an engine attached to this wing, indicating that the plane is not a Boeing 767. Note too the strange, dark feature immediately beneath the plane's tail-section. In frames 3 and 4 the plane's shadow begins to develop across the building's facade.
Frames 5 and 6 show the flash, the first detail from this footage that attracted my attention. In this complete version the flash is seen for two frames; in the Naudet Brother's DVD version it appears in only one, presumably edited out in order to make the flash less conspicuous. When the footage is viewed at full speed the flash appears very bright; seen as a still it has a cloudy, dusty appearance. Nevertheless by frame 7, just 1/25th of a second later, it has gone. By frame 8 over half of the plane has disappeared into the building. Its wings have gone and only the tail-section, with its strange dark blob, remains visible. Despite this, the facade of the building shows no sign of any scar caused by the impact. There is nothing to suggest that two wings and engines have just passed through. The plane appears to be flying neatly into a rather small hole. As it does so however, the shadow it casts starts to broaden and intensify.
Frames 9 to 12 represent, for me, the most intriguing part of the Fireman's Video. It is these frames that I believe show missiles being fired from the plane's tail-section. I have seen no alternative analysis that adequately explains the extraordinary details that occur here. In frame 9, the curious black feature beneath the tail-section can clearly be seen dividing into two distinct parts. As it does so a new shadow appears on the tower, beneath the one cast by the tail-section. By frame 10 however this second shadow has gone, but another one has appeared, a single isolated shadow over to the right, near the edge of the building and above what remains visible of the plane. Frame 11 shows this new shadow intensifying and shows also yet another new shadow developing, this time near the left edge of the building. In frame 12, both these new, isolated shadows have subsided and, but for two faint blister-like impressions, the facade of the building again appears largely unblemished.
The final eight frames of the sequence show the two faint blisters developing into two distinct and discrete explosions either side of the larger central explosion, into which the plane has by now disappeared. These frames show the explosions to be quite separate and unconnected. In later frames these three separate explosions become subsumed into one and leave behind the oddly-shaped and proportioned scar in the side of WTC1. A detailed examination of this scar, together with an analysis of the revealing seismic records concerning the attack on WTC1, can be found in my article 'Flight 11' Revisited.
Not surprisingly, those who cling on to the belief that a Boeing passenger jet hit WTC1 choose to disregard these extraordinary and revealing frames from the Fireman's Video. There is no coherent explanation for the events seen in this sequence that is consistent with this belief. But ignoring these frames and the bizarre sequence of events they portray is not an option for anyone wishing to discover the truth of what really took place. We know a passenger jet didn't hit the tower because, if it had, frame 8 would already be showing the scars where the plane's wings and engines had passed through the facade of the building. We know a passenger jet didn't hit the tower because, if it had, frames 10 and 11 would not record the fleeting appearance of distinct, isolated shadows that then fade away and are replaced by distinct, isolated explosions. My contention that a plane with no engines on its wings fired missiles at the building during impact may be wrong, but it is the only explanation I have seen that is even remotely consistent with every single one of the above frames.
< http://www.serendipity.li/wot/aa11_missileframes.html >
Of course you have to revert to the original website to see the frames
"The must see blockbuster DVD of the year"
by the 911 Omission Commission -
September 11, 2004, New York City
< http://www.911inplanesite.com/index.html >
?WOW! WATCH THIS…. FLIGHT 77
<http://www.freedomunderground.org/memoryhole/pentagon121.swf>
Where is the Plane, Flight 77?
< http://www.apfn.org/apfn/757-P.jpg >
< http://www.apfn.org/apfn/flight77.htm >
MICHAEL RUPPERT
In describing the contents of the book he has spent two and a half years researching and writing Ruppert said:
"In my new book I will be making several key points:
1. I will name Richard Cheney as the prime suspect in the mass murders of 9/11 and will establish that, not only was he a planner in the attacks, but also that on the day of the attacks he was running a completely separate Command, Control and Communications system which was superceding any orders being issued by the NMCC [National Military Command Center], or the White House Situation Room.
2. I will establish conclusively that in May of 2001, by presidential order, Richard Cheney was put in direct command and control of all wargame and field exercise training and scheduling through several agencies, especially FEMA. This also extended to all of the conflicting and overlapping NORAD drills on that day.
3. I will also demonstrate that the TRIPOD II exercise being set up on Sept. 10th in Manhattan was directly connected to Cheney's role.
4. I will also prove conclusively that a number of public officials, at the national and New York City levels, including then Mayor Rudolph Giuliani, were aware that Flight 175 was en route to lower Manhattan for 20 minutes and did nothing to order the evacuation of or warn the occupants of the South Tower. One military officer was forced to leave his post in the middle of the attacks and place a private call to his brother -- who worked at the WTC -- warning him to get out.
That was because no other part of the system was taking action.
5. I will also show that the Israeli and British governments acted as partners with the highest levels of the American government to help in the preparation and, very possibly, the actual execution of the attacks."
"There is more reason to be afraid of not facing the evidence in this book than of facing what is in it."
The book is titled “CROSSING THE RUBICON: THE DECLINE OF THE AMERICAN EMPIRE AT THE END OF THE AGE OF OIL.”
THE BOOK, PUBLISHED BY NEW SOCIETY PUBLISHERS, SHOULD BE AVAILABLE FOR SALE FROM THE FTW WEB SITE WITHIN 2-3 WEEKS AND IT WILL GO ON SALE NATIONALLY, THROUGH ALL MAJOR OUTLETS, BY MID-OCTOBER.
7 - Le Row |
TONY JONES: You've called these nuclear bombs that Israel has made holocaust weapons. Why draw the comparison with the Jewish holocaust?
MORDECHAI VANUNU: That is true. Any atomic bomb - one atomic bomb is like a Holocaust because it is genocide. Nuclear weapons are genocide. They are not making any distinction anyone. They are killing children, elders, women, any human being, even animals. So the atomic bomb is genocide and Israel who are for 50 years brainwashing by their historic Holocaust, they are not allowed to use Holocaust weapon and they should be the first people around the world to be against nuclear weapons, but what we saw is Israel was more aggressive and have the atomic bomb and a lot of atomic bomb - all kinds, and they were ready to use them. So I was the one to remind them and to let the world see that this is a propaganda of Holocaust is not real, not true because at the same time they are speaking about the Holocaust, they are ready to bring Holocaust on human beings in the Middle East and Arab state.
TONY JONES: Mordechai, what do you say to actual survivors of the Holocaust or their children who say that it is precisely because of these weapons that we can prevent another Holocaust ever happening again?
MORDECHAI VANUNU: What I am telling them to the Israel people in Israel, you who have survived the Holocaust, who have the history of the Holocaust, you should be the first people to be against nuclear weapons and to lead, guide, bring the world towards abolition of nuclear weapons around the world. There is no justification to use atomic bomb. There is no justification to cause Holocaust on other people or genocide. You cannot, even for existence of Israel to use atomic bomb. In fact, to use atomic bomb will only cause another Holocaust on the Israeli state because that will cause a nuclear war or genocide war with mass destruction weapons, so I believe the Jewish people and I also believe there are many, many people in Israel who are against nuclear weapons, but Israel Government, Israel spy don't let the people speak, raise, to question, to debate this this issue of Holocaust weapon, nuclear weapon, but this cannot be forever.
Vanunu explains his motivation, Reporter: Tony Jones. Extract
< http://www.abc.net.au/lateline/content/2004/s1219511.htm >
Afin de mieux connaître la situation actuelle en Russie, nous [la rédaction du journal Rébellion, de Toulouse] avons sollicité un entretien auprès de la direction du Parti National Bolchevik de la Fédération de Russie. Celui-ci est particuliêrement présent sous les feux de l'actualité, tant sur le plan de la critique virulente qu'il mène à l'égard du régime de Vladimir Poutine que sur le plan de la répression dont il est régulièrement l'objet. On se rappellera en l'occurrence de l'emprisonnement de son chef, le grand écrivain Édouard Limonov, récemment libéré apris une longue détention dont celui-ci explique l'origine dans l'entretien que nous publions. Nous remercions vivement la direction du PHB qui nous a fait parvenir ses réponses en français et dont l'exclusivité est réservée aux lecteurs de notre journal.
Un entretien avec le journal «Rébellion».
A la demande d'Édouard Limonov c'est Sergei Fomchenkov, membre du Comité central du NBP qui répond aux questions.
ENTRETIEN AVEC LE PARTI NATIONAL BOLCHEVIK
Pourriez-vous nous présenter le Parti National-Bolchevik, son idéologie et ses objectifs?
Le Parti National-Bolchevik est actuellement une organisation potitique active avec une histoire de lutte vieille de 10 ans, comptant environ 12.000 membres, et qui a plus de 50 départements régionaux en Russie. Les membres du parti sont pour la plupart des jeunes (de 15 à 30 ans), des gens insatisfaits de leur statut social, des marginaux, des personnalités originales avec des penchants arts et lettres, même des révotutionnaires «traditionnels». Globalement, toutes les couches sociales sont représentées, ainsi que différentes nationalités et religions.
Notre idéologie se fonde sur les travaux des théoriciens du national-bolchevisme comme Ustriatov, Agursky, sur les travaux d'Édouard Limonov. Nous empruntons également des idées encore actuelles à ce jour chez Lénine, Mussolini, Mao, etc.
Notre but est la prise du pouvoir en Russie au moyen d'une Révolution Nationale. Nous nous dirigeons vers l'établissement en Russie d'une justice nationale et sociale, vers le changement complet de la classe dirigeante, vers la mise à l'écart du pouvoir des fonctionnaires, de l'ancienne élite bureaucratique, vers la redistribution et la nationalisation de la propriété. Nous combattons également pour l'espace vital russe, pour le changement des frontières de la Russie au moyen de l'annexion de territoires traditionnellement russes.
Des objectifs à court terme, plus vitaux, sont le combat pour les droits civils et la liberté dans la Fédération de Russie, la protection des droits des populations russes et russophones dans les pays de la CEI, des pays Baltes et de l'Asie.
Quelle tactique le PNB a-t-il choisi en Russie? Quelle est l'attitude des autorités envers vos activités?
Notre tactique de combat est dictée par la situation politique en Russie même. La FR (Fédération de Russie) d'aujourd'hui est un État policier agressif avec un dur système répressif. La Constitution (adoptée en 1993) et le Code criminel (1999), donnent des possibilités pratiquement illimitées au système policier et judiciaire pour combattre les forces radicales d'opposition. C'est pourquoi nos méthodes sont à la marge de la loi. D'un côté de cette marge on a des années de pourrissement de nos gens dans des prisons et des articles criminels qui réduisent le parti à une existence illégale, souterraine au début; de l'autre côté de la marge on a une existence paisible en tant qu'opposition de poche. Dans la présente étape de la lutte nous employons des actions de protestation pacifiques, non-violentes, comme l'occupation de la tour du Club de la Marine à Sébastopol (Ukraine) sous la devise «Sebastopol est une ville russe!», le train Moscou-Kaliningrad (protestation contre l'introduction d'un régime de visas), les toits des Ministères de la Justice à Moscou et ensuite dans d'autres régions et beaucoup d'autres encore. Le type de ces actions se nomme «le terrorisme de velours», qui a été commencé par les camarades Bahur et Gorchkov, qui ont jeté des oeufs sur Nikita Mihalkov. Cette tactique pourrait être appelée «un tir de précision», c'est-à-dire un coup porté sur un point faible du système. En tant que cible on choisit une figure symbolique et l'action elle-même est une sorte d'exécution politique. Premièrement, c'est un moyen d'exprimer ouvertement les crimes commis par telle ou autre personne contre le peuple, deuxièmement cela aide à détruire le mythe d'invincibilité et d'inviolabilité des gens qui sont entourés de l'auréole du pouvoir ou de la popularité. Elles acquièrent aussitôt des traits physiques concrets, montrent leur vrai visage. Certains commencent à nous tourner en dérision nerveusement, à jeter des accusations lâches en réponse, ce qui réussit mal sans un texte préparé d'avance; par exempte, Jirinovski s'abaisse jusqu'à des insultes vulgaires à l'adresse des exécuteurs de l'action et à donner des ordres afin de les tabasser, qui conviendraient à un aubergiste du XIXe siècle.
Les actions du «terrorisme de velours» attirent une énorme attention de la part des média de masse, provoquent l'intérêt pour le Parti, son travail, ses opinions sur la présente situation politique. Nous recevons des messages de sympathie et de soutien dans la société de la part de ceux qui sont aussi mécontents de la situation dans l'État mais qui n'osent pas ou ne sont pas capables d'actions radicales.
En plus, l'organisation de pareilles actions politiques est un bon entraînement pour les gens.
Nous essayons de rester dans les marges de la légalité (nos actions peuvent être qualifiées par la loi comme des infractions administratives ou de la délinquance mineure), contrairement aux autorités qui luttent contre nous. Ce n'est pas pour rien que l'un de nos slogans est «Nous vous apprendrons à aimer la Constitution!». L'attitude des autorités à notre égard se manifeste aussi par le fait que dans plusieurs régions, les départements régionaux pour la lutte contre le crime organisé «s'occupent» du PNB. Les explosions à Moscou, la lutte contre le terrorisme tchétchène et international annoncée par le président devient aussi un prétexte pour le renforcement du régime policier.
Quatre fois on nous a refusé l'enregistrement sur le territoire russe; en plus la dernière fois, juste avant les élections à la Douma, pour un motif inventé et bureaucratique de «paperasse». A l'encontre des nationaux bolcheviks on emploie des détentions illégales, lors d'événements de masse et lors des arrestations des coups sévères, des menaces, du chantage, des tortures des détenus et des accusés méthodes caractéristiques du travail des organes du «maintien de la loi». Dans les appartements des chefs et des activistes des départements du PNB, partout en Russie, on procède à des fouilles, des confiscations illégales de littérature et des éléments attributifs du parti. Les services spéciaux ne se gênent pas pour recourir à de telles méthodes, comme l'enlèvement (un exempte récent l'enlèvement du membre du Comité Central Dmitri Bahur, qui a été sauvagement battu par des agents du FSB qui essayaient de le gagner à la «collaboration»), coups montés en cachant de la drogue ou des armes pour les «découvrir» plus tard lors de la fouille et aussi… des meurtres qui probablement ne seront jamais prouvés.
Maintenant le Parti compte quatre prisonniers politiques. Parmi eux, la dernière victime du laissez-aller judiciaire et fonctionnaire a été l'activiste de 27 ans de Belgorod, Anna Petrenko; une mère monoparentale, enseignante supérieure de l'université locale, candidate ès sciences sociologiques. Anna a été jetée derrière les barreaux (elle a été accusée d'avoir installé devant l'édifice de l'administration régionale de Belgorod une boîte de gâteau avec un réveille-matin qui se trouvait à l'intérieur, ce que le FSB et le Procureur ont jugé être «une maquette d'un appareil explosif», son enfant a été transféré dans une maison pour jeunes.
Toutes ces méthodes ignobles de lutte contre notre parti démontrent l'attitude des autorités envers nous, jugés comme constituant une force politique puissante qui menace la criminelle Fédération de Russie, bureaucratique et policière. Et ces mêmes méthodes discréditent le pouvoir devant le peuple, provoquent chez lui seulement de la méfiance et du dégoût à son égard.
Quelles sont vos relations avec d'autres partis politiques en Russie?
En 10 ans d'existence, le PNB a plus d'une fois appelé les organisations politiques à la coopération. Nous avons toujours appelé les gens, quelles que soient les particularités de leur idéologie, nationalité, âge, appartenance religieuse ou toute autre, à se rallier à la lutte contre notre ennemi commun le système. Mais même si de telles alliances se formaient, les alliés nous trahissaient bientôt comme c'est arrivé par exempte avec la Russie Ouvrière, d'Anpilov. Les partis politiques ne veulent pas coopérer avec nous, soit parce que notre radicalité les effraie, alors qu'ils veulent par leur modération provoquer la sympathie des électeurs, soit qu'ils ont peur de disparaître tout à fait derrière nous à cause de leur archaïsme, Leur dogmatisme, l'inertie de leur idéologie et la situation politique moderne inadéquate dans notre pays et dans le monde. Nous pourrions donner à ces forces politiques une vraie vie active, une part de notre succès. Eux, pourraient nous donner leur aide , par exempte, en tant que mouvements officiellement enregistrés, sympathisants, qui ont une certaine notoriété et une influence aux yeux de la population et des autorités, ainsi qu'une aide matérielle.
Aujourd'hui, à la veille des élections présidentielles dans la Fédération, nous appelons de nouveau les organisations politiques, indépendamment de leur idéologie et de leur orientation droite ou gauche,ainsi que tous les citoyens de la Russie, à se rallier au boycott de ce crime organisé devant le peuple.
Nous prenons avec calme la courte durée de telles alliances. Nous avons notre but et le reste ne sont que des moyens pour l'atteindre. Ceux qui comprendront l'avantage de la collaboration avec nous sur la voie de la lutte contre l'autorité en place viendront vers nous tous seuls, puisque réellement plus personne maintenant ne lutte contre elle en Russie.
Récemment une scission s'est produite entre la Russie Ouvrière et son aile-jeunesse, créée autrefois selon Le modèle du PNB, l'Avant-garde de La Jeunesse Rouge (AKM) sous la direction d'Udaltsov. Sur le moment, l'AKM nous a proposé de collaborer et bien sûr nous essayerons d'aller à leur rencontre.
A l'extérieur de la Russie, avez-vous des contacts avec d'autres organisations nationales-bolveviques? Souhaitez-vous développer vos liens politiques sur le plan international dans le futur?
Oui, nous avons des contacts avec les nationaux bolcheviks du Kazakhstan, du Tadjikistan, du Vénézuela, de la Biélorussie, d'Israël, de Suède. Nous nous efforçons de développer des liens politiques sur le plan international. Présentement, nous nous occupons activement de la version anglophone du principal site Internet du PNB (<www.nbp-info.org ) de la traduction des documents du programme en d'autres langues.
Selon l'opinion de l'Europe de l'ouest, la politique de Poutine manque de netteté. Comment évaluez-vous sa politique? Contredit-elle (diffère-t'elle de) la politique de Yeltsine?
Cette opinion de l'Europe de l'Ouest n'est pas surprenante. Poutine essaie de manœuvrer entre l'Ouest et les États-Unis. Ayant passé quelques années en Allemagne, Poutine l'idéalise l'Europe, s'efforce de rentrer dans l'Union l'Européenne, ne comprenant pas que même si cela arrivait, la Russie serait pour l'Europe un sorte de «trou noir» économique. Poutine essaie de construire des rapports avec l'Allemagne et la France, mais sous la pression des États-Unis, trahit aussitôt leurs intérêts. Il n'y a probablement pas de différence radicale entre la politique de Yeltsine et cette de Poutine. Toutes les décisions étaient prises par Yeltsine sous l'influence secrète des États-Unis et d'autres États de l'Ouest. Poutine cependant, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme international après le 11 septembre a ouvertement déclaré sa position pro-americaine. La Russie de Poutine rend calmement aux Américains ses sphères d'influence: les troupes américaines se sont établies dans les anciennes républiques de l'Union soviétique en Ouzbékistan, Kirghizstan, Tadjikistan, ils ont installé leurs militaires en Georgie et au Kazakhstan et aussi après entente avec le Kremlin et Bakou se sont mis à la construction de systèmes de localisation de radars pour leur systéme anti-missile en Azerbaïdjan. Les pays baltes sont devenus des membres de l'OTAN. Le régime de Poutine dépend entièrement de ses principaux commanditaires. Il ne joue aucun rôle autonome dans l'arène mondiale.
La situation politique intérieure de la Russie de Poutine est caractérisée par le fait que le pouvoir y est concentré entre les mains des fonctionnaires bureaucrates, les anciens membres du CPSU (KPSS). Des néo-libéraux et des oligarques qui ont reçu beaucoup de libertés sous Yeltsine sont maintenant complètement écartés du pouvoir et perdent clairement dans la concurrence avec les bureaucrates.
Malgré les déclarations optimistes à la télévision, les faits ne partent pas du tout en faveur de Poutine. En quatre ans de son pouvoir la population de la Russie a diminué de deux millions. De la carte de la Fédération de la Russie ont été rayés environ neuf cents points habités des petites villes de la Sibérie et de l'Extrême-Orient où après l'effondrement de l'URSS toute perspective de vie a disparu. Sur le trajet Kaliningrad-Moscou un régime de visas a été implanté; la situation de la population russophone dans les pays de la CEI et des pays baltes s'est aggravée. Sur le compte de Poutine il y a le sous-marin coulé Koursk , les maisons explosées dans les villes russes, l'interminable et sanglante boucherie de la guerre de Tchétchènie, l'effondrement des restes de l'ancienne armée soviétique, le «Nord-Ost» de Moscou… et beaucoup d'autres coups manqués honteux et irréparables.
Maintenant, à la veille des élections présidentielles, notre Parti organise le mouvement social Russie sans Poutine dont le président est Édouard Limonov. L'activité du mouvement est dirigée vers l'empêchement d'une réélection de Poutine pour un second mandat par le moyen d'un boycott des élections.
Comment évaluez-vous les résultats des dernières élections parlementaires en Russie?
J'évalue les élections qui ont eu lieu ainsi que leurs résultats comme un crime organisé qui a été conduit contre les citoyens de la fédération de la Russie. Les termes de la lutte pré-électorale ont été inégaux dès le début, De gigantesques ressources administratives (c'est-à-dire les moyens émis par l'État pour les dépenses pré-électorales) étaient à la disposition du parti «Russie Unie» qui a reçu l'absolue majorité des voix. Longtemps avant le début officiel de la campagne pré-électorale, la «Russie Unie» s'est positionnée comme «le parti au pouvoir» et a insolemment usé de ses privilèges. Les média-clés de l'information, pratiquement monopolisés par l'État sont devenus le haut-parleur de leur propagande obsessionnelle. De la part d'observateurs indépendants dans les secteurs électoraux et de simples citoyens dans plusieurs régions de la Fédération, nous avons reçu des informations sur les infractions les plus criantes au cours des élections, la violation des droits civiques des électeurs. Par exemple, nous connaissons des faits de contrainte sur des employés d'une entreprise, sur des professeurs menacés de congédiement ou de non payement de salaire afin de voter pour «Russie unie» en présence de la direction. Dans des secteurs électoraux on jetait dans les urnes des bulletins supplémentaires avec des voix pour «Russie Unie», directement, sous les yeux des observateurs qui en essayant d'arrêter la fraude se faisaient éjecter du secteur par l'emploi de la force, sous prétexte par exemple, de l'invalidité des papiers d'identité de l'observateur. Les mêmes falsifications se produisaient aussi lors du décompte des voix. Quelle attitude peut-on avoir face à de telles élections?
Ces élections étaient prévisibles, mais elles ont même surpassé nos attentes. Le pouvoir s'est fait tellement arrogant qu'il a «massacré» toute l'opposition non seulement le KPRF qui depuis longtemps était un mort politique, mais aussi les miséreux «Yabloko» et «L'union des Forces de Droite» qu'on aurait pu placer au moins comme camouflage. Les partis qui ne plaisaient pas au pouvoir, PNB entre autres, ont été tout simplement ignorés: en nous refusant l'enregistrement le Minjust a déclaré qu'une organisation active de plusieurs milliers de personnes, tout simplement était inexistante. Les autres ont été neutralisés par la barrière du 5%, qui selon nos lois permet au parti qui la dépasse de recevoir des sièges à la Douma.
Quelle conclusion peut-on tirer de l'expérience des années soviétiques?
Nous, les nationaux bolcheviks de la Russie tirons à présent la conclusion suivante: la révolution de 1917 n'était pas si radicale, comme la présentent divers historiens et média de masse. Sous l'action du facteur externe et des mauvaises traditions russes, le projet du nom de «révolution» a échoué. A partir des dernières années du pouvoir de Staline, la décomposition du passable projet d'un État russe avait déjà commencé. La conclusion est assez pessimiste: il n'y a jamais eu de socialisme en Russie, tout comme maintenant il n'y avait pas de capitalisme (cela est décrit avec plus de détails dans le livre de Limonov L'autre Russie). Et la conclusion positive, c'est évidemment que Lénine a créé le précédent d'une telle situation et nous espérons que cela sera possible à nouveau d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela que nous luttons et croupissons dans les prisons.
(Les deux prochaines réponses aux questions ont été extraites d'autres interviews de Limonov)
Récemment vous avez été libéré de prison. Qu'est ce qui a provoqué votre emprisonnement?
D'abord, on m'a arrêté à cause des témoignages de Karyagin, accusé sous l'article 222 (achat, possession, et déplacement illégal d'armes) (Dmitri Karyagin, arrêté en mars 2001, résident de la ville de Batashov de la région de Saratov - ed.) Et ensuite,le FSB s'est mis au tissage de la toile d'araignée et c'est seulement le 31 août 2001 qu'on m'a soumis des charges sous l'article 205 (terrorisme) et 208 (création de formations armées illégales). En octobre on m'a ajouté encore l'article 280 (appels au renversement de l'ordre constitutionnel).
Tous ceux qui étaient présents au procès ont pu s'assurer qu'il était question de textes littéraires. Il était question de trois documents sous le nom de NBP-Info et d'autres articles, le procureur a même demandé d'ajouter à l'affaire la requête pour la fermeture du journal Limonka, Le journal aurait été fermé à cause de mes articles, des chapitres d'un livre déjà écrits en prison. Seulement le tiers, l'article 222, avait un rapport avec la réalité: de vraies mitraillettes, de vraies armes. Ils parlaient de textes, de paragraphes, de qui était l'auteur de ce texte, qui l'auteur d'un autre, etc. Cela rapproche mon affaire de celle de Tchernichevsky. Car là c'est pareil, aussi bizarre que ça puisse paraître. Je l'ai bien étudié et je sais qu'il a été arrêté le 7 août 1862 pour une proclamation, elle s'intitulait «Aux paysans du seigneur», cette proc(a-mation n'était même pas écrite par tui-même. Elle a été écrite par Mihailov. Ensuite il y avait le provocateur Kostomarov qui prétendument allait imprimer cette proclamation à la typographie. Il y avait une lettre, saisie à la frontière, de Herzen, adressée à Serno-Soloyevich, dans laquelle Tchernichevsky était mentionné. Il s'agissait de la publication du Contemporain à Genève ou quelque part dans l'Ouest. Nous aussi, nous avons une lettre, interceptée à la frontière, du citoyen français Morignac. C'est surprenant et frappant que 140 ans plus tard il y a pratiquement le même précédent. Après le pouvoir soviétique, après la Grande révolution d'octobre, 70 ans de dictature du prolétariat on voit soudainement que nos braves services secrets se sont tournés vers des méthodes vieilles de 140 ans. Dans l'affaire Tchernichevsky il y a 130 rapports de police sur une surveillance externe. Il était suivi depuis l'automne 1861. Il a été retenu deux ans dans la forteresse Pierre-et-Paul, où il a écrit son fameux Que faire? et ensuite a été condamné à 20 ans de bagne. Pratiquement, l'État l'a détruit, En plus ce n'était pas n'importe qui, c'était un démocrate révolutionnaire, comme l'a appelé Lénine. C'était l'un des hommes les plus brillants de son temps. Et voilà qu'on découvre 140 ans plus tard des méthodes exactement identiques.
Je fus confronté à la monstrueuse cruauté de l'État, de plus avec une cruauté si stupide et aveugle qu'elle détruit complètement tout. C'est surprenant qu'au cours du procès le procureur a affirmé plus d'une fois qu'il était d'accord avec nos idées. S'il est d'accord, alors pourquoi nous juge-t-on?
Pour les méthodes, comme dit le procureur. Mais nous n'avons même pas pu appliquer nos méthodes, on ne nous a pas donné cette chance. Et pourtant, on nous jugea pour les intentions, même si on ne peut juger pour l'intention. Malgré cela, telle est cette monstrueuse cruauté.
Quelles étaient les conditions de votre détention en prison?
C'est difficile autant en prison qu'en colonie. Je suis passé dans trois prisons et un moment en colonie. Bien sûr, c'est difficile, évidemment. C'est-à-dire, que l'idée qu'on se fait du prisonnier russe, comme étant un martyr reste vraie, car de toute façon les traditions de bourreaux ayant existé dans la société russe se sont conservées. Tu le fais prendre dans les mains du pouvoir - il te presse, te bouffe comme un chien, aussi satisfait; il m'a bien mâché deux ans et quelque, m'a mâché une troisième année encore - ils n'ont rien prouvé et m'ont recraché. Je peux comparer les conditions de détention dans le SIZO de Saratov seulement avec la prison de Lefortovo, je suppose que pour des conditions russes, j'étais entretenu normalement. Dans une cellule de 4 places environ neuf mètres nous étions trois. Mes codétenus étaient là pour vol et banditisme, d'après ce que je sais. En passant, lis ont lu certains de mes (ivres. Des promenades une fois par jour, colis de l'extérieur pratiquement en quantité illimitée. On m'offrait les livres de la bibliothèque que je demandais: les lettres de Lénine, Herzen, et autres. Dans la cellule j'avais une télévision, offerte par Vîktor Alksnis. Je suppose que si j'avais été un détenu ordinaire les conditions auraient été un peu plus mauvaises.
Comme écrivain, Édouard Limonov entretient-il des relations avec les milieux culturels en Russie?
Édouard Limonov entretient des relations avec les milieux culturels en Russie mais très sélectivement, puisque même après qu'on l'ait chargé des plus odieuses accusations (quand il était en prison) plusieurs personnes des arts russes ont gardé le silence, D'ailleurs, même avant cela il s'entretenait et était ami avec des personnes qui lui sont proches par l'esprit, et ceux-là sont peu nombreux. Chez nous, nous avons plusieurs membres du parti qui font partie des milieux culturels; ce sont des poètes et des musiciens. Natatia Chernova qui a attaqué le premier ministre Kassyanov est une poètesse et un peintre. Lukovnokova qui a attaqué le gouverneur de St Pétersbourg est une poétesse connue.
Comment évaluez-vous l'actuel mouvement des antiglobalistes? Est-ce que ses échos atteignent la Russie?
Je dirais tout de suite qu'en Russie, dans le genre qui existe chez vous en Europe, il n'y a pas et ne peut avoir d'anti-globalistes. Ce n'est pas actuel. Il y a bien sûr des petits groupes sous la direction du PRF. D'habitude ils se rencontrent seulement pour une conversation autour d'une tasse de thé. Chez nous, pour survivre en tant que force politique il est nécessaire qu'il y ait un parti et non seulement un parti mais un organisme vivant. Les gens doivent être dévoués à des idéaux, fanatiques. Prêts à se sacrifier s'il le faut. Et évidemment, moins de mots et de débats sur la théorie, mais plus d'action. Comme a dit un jour Édouard Limonov: «Il n'y a plus de gauche ni de droite, il y a le système et les ennemis du système.» Pendant que nous discutons, qui avait la plus juste politique, Lénine ou Staline, Castro ou Mao le système anti-nationat sans face du bureaucratisme mondial nous digérera, nous détruira. Bien sûr, comparées avec notre lutte (nous avons environ 10 tués et plus de 50 personnes ont passé du temps en prison), les manifestations de plusieurs milliers d'anti-globalistes bien nourris provoquent le sourire; en effet cette quantité de gens pourrait facilement organiser une révolution et aucun policier ne pourrait l'arrêter. Reste à espérer que les idées du nationat-bolchevisme seront acceptées par la tumultueuse jeunesse de l'Europe et que des organisations plus sérieuses et plus déterminées apparaîtront.
Croyez-vous que la Russie jouera encore son rôle dans l'avenir de l'Europe?
Bien sûr. Si nous arrivons à changer le présent cours (de Poutine et de la classe dirigeante) alors en Europe aussi on pourra s'attendre à un débordement des mouvements radicaux. C'est déjà arrivé une fois, en 1968, après la fameuse opération de Mao. La jeunesse de France a été illuminée par les idées d'une révolution sociale. Malgré tout, la réaction contraire serait aussi possible puisque les média de masse vont nécessairement noircir notre mouvement. Mais si la politique de Poutine et de sa bande continue (et il veut rallonger le mandat de pouvoir jusqu'à 7 ans, ce nouveau tsar) alors il y a une possibilité de désagrégation de la Russie. Si cette option l'emporte, les conséquences pour l'Europe seront désagréables.
Extrait de Rébellion, bimestriel socialiste révolutionnaire européen, n° 5, mars/avril 2004. Adresse postale: "Pour la renaissance du socialisme européen", BP 2124, F-31020 Toulouse cedex 2 <rebellion@tr.fm
< http://www.nbp-info.org > Voir Limonka en français:
< http://limonka.net/index_fra.html >
Les nationaux-bolcheviks ont plusieurs sites dans le monde:
Russie: < http://www.nbp-info.ru >
Bolivie < http://www.bolcheviques.com >
Israël < http://www.iz-nbp.org >
Lettonie < http://www.tribunal.times.lv >
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Suède < http://www.nazbol.se >
Ukraine < http://nazbol.members.easyspace.com >
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Vénézuela < http://www.bolchevique.org/PRINCIPAL.html >
11 juillet 2004 / 23 h 48
L'Éditorial d'Élisabeth Schemla
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Saloperie
Je n'en peux plus de ces indignations, ces trémolos, ces mots grandiloquents, ces mains sur le cœur, ces appels au sursaut, cette unanimité à chaque agression antisémite. Cette fois-ci, la malheureuse victime qui occasionne un tel déferlement est une jeune -femme impuissante avec son bébé dans une poussette dans le RER. Elle s'appelle Marie, elle n'est pas juive, elle a été prise pour une juive, elle est devenue juive. Les voyous lui ont donc coupé les cheveux au couteau et ont dessiné sur son ventre de mère des croix gammées. Cela choque plus les foules que lorsque la cible porte kippa. Ou même n'en porte pas. Les cris d'épouvante sont plus aigus: on comprend que chacune, chacun, peut être désormais le prochain choix du hasard et de la saloperie.
Je n'en peux plus, à chaque violence contre des juifs, d'entendre les responsables politiques regretter systématiquement, ensemble, le racisme (sous entendu anti-arabe) et l'antisémitisme; les accoler l'un à l'autre comme s'ils étaient indissociables parce que symétriques. Comme si les juifs français s'en prenaient physiquement ( œil pour œil, dent pour dent, n'est-ce pas?) à n'importe quel adulte ou n'importe quel enfant ayant plus ou moins l'air arabe, à la sortie du travail, d'une mosquée ou d'une école. Il y a bien des crétins et des excités désespérants parmi ces juifs, mais que je sache, leurs méfaits relèvent jusqu'ici du plus pur fantasme. Ou alors, nous sommes tous très mal informés. Et c'est donc une perversité, non moins pure, que d'invoquer automatiquement à chaque incident ou délit antisémite la regrettable “montée des communautarismes”, introduisant ainsi dans le discours et les esprits une fausse et dangereuse équité entre les agressés et leurs agresseurs.
Je n'en peux plus d'entendre les mêmes responsables politiques mettre ce “ nouvel ” antisémitisme arabo-musulman (qui légitime d'ailleurs subrepticement l'antisémitisme français traditionnel, on y vient, on y vient…) sur le compte exclusif de l'échec de l'intégration. Attitude positivement criminelle. Parce qu'elle exonère totalement les antisémites: ils ne le sont qu'en raison de notre incapacité à résoudre leurs problèmes. Ils n'ont ainsi aucune responsabilité à assumer. On tient d'ailleurs le même discours absurde sur les électeurs du Front national (de prétendus laissés pour compte de la modernité), et on adopte le même comportement vis à vis de toutes les dictatures arabes dont on n'exige rien en échange des accords qu'elles nous réclament, sous prétexte qu'il faut les aider à se démocratiser et qu'il ne faudrait pas ajouter de l'humiliation à l'humiliation. Dans tous les cas, le pire est assuré.
[…]
Parce que je n'en peux plus de tout cela, je le dis: cette jeune Marie maltraitée dans le métro a d'abord été victime de ses agresseurs, ensuite des agresseurs permanents d'Israël.
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Cette Schemla est impayable, la vraie gourde!
Vous vous souvenez, cette Marie, c'est celle qui s'est fait passer pour une victime de l'antisémitisme parce qu'elle avait remarqué que les victimes de l'antisémitisme avaient droit à un traitement de faveur? D'ailleurs, ça a marché, son truc, ils se sont tous mis à pleurer, le président de la république, le premier ministre, un ministre l'a même admise en son auguste présence. Et puis finalement, la police a affirmé ce qu'elle suggérait depuis le début: qu'aucun Français n'avait assisté indifférent à la sauvage atttaque par d'horribles Noirs et d'affreux Arabes d'une présumée juive et de son bébé présumé juif et que la malheureuse mythomane avait tout inventé. Alors, ils se sont empressés de la condamner, alors qu'elle n'avait fait que mentir (s'il fallait punir tous les menteurs, y aurait plus personne dans le quartier des ministères: tous au piquet!): les autres, "nos" gouvernants, eux, les vrais coupables qui l'avaient crue sans vérifier et en avaient fait une affaire d'État, s'en sont tirés comme d'habitude avc les honneurs de la guerre et sont allés serrer la main du boucher de la Palestine occupée, ad majorem capitali gloriam.
Le réchauffement! C'est fou le nombre de gens, de plumitifs de tous poils qui nous vendent le réchauffement. D'habitude, le trou d'ozone se présente en été. On accuse les bagnoles, le chauffage urbain, l'éclairage et tutti quanti. Il est possible que la température moyenne ait augmenté d'un ou deux degrés depuis un siècle… Le taux d'oxyde de carbone ne cesse d'augmenter dans l'atmosphère depuis que les végétaux existent. Ce sont eux les coupables, peut-être? Les combustibles fossiles sont bien des végétaux, au départ! Les écololos bricolos veulent nous faire aller à vélo, une bougie à la main. Polope! Des petits malins ont été carotter le pôle sud. Carotter au sens propre, comprenez bien! Ils ont remonté l'échelle des climats sur 700.000 ans! Une paille! Or ils trouvent un épisode intéressant à 422.000 ans: "Une période qui peut être considérée comme analogue à celle que nous vivons, car les conditions astronomiques orbite et axe de la Terre qui influencent l'ensoleillement sont identiques à celles d'aujourd'hui. Et on remarque aussi que la température, à son maximum, était supérieure de 2° C à celle d'aujourd'hui" explique Valérie Masson-Delmotte, chercheuse au CNRs (Le Monde, 11 juin 2004). Alors de quoi qu'on se plaint? Il y a 422.000 ans, il n'y avait pas de bagnoles, pas de clopes, pas de Voinette, pas de ministre de l'environnement! Juste quelques mammifères qui couraient la gaudriole dans la prairie. En maillot de bain. il faisait chaud. C'est quasiment la canicule. Entièrement naturelle. Le bon temps, quoi!
Un imbécile patenté, dilettante romancier, nommé Rufin fait un millionième rapport "sur l'antisémitisme" et fait diverses propositions, dont nous extrayons ces perles:
Sortir l'ensemble des dispositions concernant l'antisémitisme et le racisme de la loi de 1881 et en faire une entité juridique à part, soumise aux règles procédurales du droit commun.
Lutter contre l'antisionisme radical.
Recommander une judiciarisatrion accrue de la lutte contre l'antisémitisme en milieu scolaire.
Recommander que des rappels historiques portant notamment sur la Shoah ainsi qu'une information concernant les principaux mythes véhiculés par le négationnisme soient intégrés dans la formation proposée par le Contrat d'Accueil et d'Intégration actuellement en cours d'élaboration.
Création d'un observatoire du racisme et de l'antisémitisme sur Internet.
La liberté d'expression est, pour ce genre de zozo, une quantité négligeable:
Lutter contre l'antisionisme
Pour lutter contre l'antisionisme "radical", Jean-Christophe Rufin invite à "réfléchir sur l'opportunité et l'applicabilité d'un texte de loi qui compléterait les dispositions de la loi du 1er juillet 1972 et celles de la loi du 13 juillet 1990 (dite "loi Gayssot"). "Ce texte permettrait de punir ceux qui porteraient sans fondement à l'encontre de groupes, d'institutions et d'États des accusations de racisme et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l'apartheid ou le nazisme".
Plus généralement, il souhaite aussi la rédaction d'un "texte spécifique réprimant l'"expression du racisme et de l'antisémitisme qui soit distinct de la loi sur la presse". Il recommande que le comité interministériel présidé chaque mois par le Premier ministre soit rebaptisé "comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, et de protection de la démocratie".
"Ses attributions actuelles devraient être élargies. Il a vocation à monter en puissance et à devenir l'organe de coordination, d'arbitrage et de suivi de toutes les politiques qui, en matière de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, de promotion de l'égalité des chances, de surveillance des groupes extrémistes et terroristes, concourent à la défense de notre constitution", insiste Jean-Christophe Rufin.
Rappelons que Rufin est, depuis 20 ans, intérimaire à Action contre la faim, une "ong" fondée par Bernard-Henri Lévy, faux juif, et Françoise Guedj dit Giroux, fausse goye, et quelques autres rigolos du même acabit.
A la lecture de ce "rapport", l'ambassadeur israélien Zwili a eu un orgasme aussi violent que soudain. (AFP, 20 octobre 2004)
Le samedi 16 octobre, une AGORA
place de la République à Parispar Ginette Hess Skandrani et Mondher Sfar
Paris, 17 octobre 2004. Nous devions marcher de République à Bastille pour dire NON AU GENOCIDE PALESTINIEN, qui se déroule en direct sous nos yeux. Cette manifestation ayant été torpillée de tous côtés, nous avons préféré nous rassembler à une centaine au début, au lieu de défiler. Le débat s'étoffant au fur et à mesure, nous étions bien plus nombreux par la suite. La Direction du Service de sécurité de la ville de Paris ne voulait pas du parcours de cette manifestation, car nous passions dans des quartiers sensibles (IIe et IIIe arrondissements). Nous vous laissons deviner la sensibilité de ces quartiers. Puis, ils avaient prétexté une autre manif qui passait par là … manif que nous attendons encore. Nos slogans étant trop dérangeants et nos manifs ne rassemblant que des Musulmans, il valait mieux rester dans nos quartiers (Stalingrad, Belleville, Barbès) et que c'était la dernière manifestation autorisée sur ce parcours. Puis la direction d'Euro-Palestine qui était intervenue auprès de plusieurs militants pour dénoncer cette manifestation, qui soi-disant était un rassemblement d'intégristes, d'islamistes, d'antisémites, de révisionnistes et de négationnistes: beaucoup de nom d'oiseaux… Alors que nous n'en avons pas vu un seul. Et puis, comble de malchance, la place de la République était cernée par de nombreux policiers en uniforme et en civil, ce qui a aussi fait reculer beaucoup de ceux qui s'étaient déplacés. Mais toutes ces manœuvres et manigances pour nous empêcher de manifester nous ont, en définitive été très utiles car nous en avons discuté pendant plus de deux heures. Nous avons organisé une assemblée générale spontanée sur le terre-plein, "arbre à palabres" diraient certains ou "agora" pour d'autres …
Expression de la démocratie directe, pour tous. Chacune et chacun a exposé ses griefs contre les organisations, associations, collectifs de solidarité avec les Palestiniens, y compris Euro-Palestine, qui nous empêchaient de dénoncer l'idéologie sioniste, raciste, fasciste et colonialiste qui parasite toutes les initiatives et qui impose le silence sur le génocide palestinien. "Tous ceux qui ne dénoncent pas cette idéologie étant forcément complices" disait une dame qui ne comprenait pas le rôle joué par ceux qui ont essayé de torpiller cette initiative ou d'autres.
“Il y a des manifestations partout, pourquoi pas en France? Qui nous empêche de manifester?” étaient les questions qui revenaient tout le temps. Certaine presse, journaux quotidiens, médias muselés et complaisants ont également été ciblés par plusieurs intervenants/tes qui appelaient au boycott de l'achat de journaux, ainsi que de certaines chaînes de télé, afin d'exercer notre pouvoir de citoyen/consommateur. Un collectif vient d'ailleurs de se créer pour lancer cette initiative. Les gens avaient surtout besoin de comprendre, alors que la plupart d'entre eux avaient voté Euro-Palestine à cause du mot Palestine et de la présence de Dieudonné, pourquoi cette organisation refusait de dénoncer le sionisme et excluait ceux qui étaient en désaccord sur ce sujet. Dieudonné, très applaudi par tous les présents, lorsqu'il nous a rejoint pour amener solidarité avec la cause palestinienne et sa détermination à continuer de défendre la liberté d'expression. Beaucoup de personnes, surtout des femmes, dénonçaient le fait de voir tous ces massacres des familles, d'enfants souvent très jeunes, de destructions de maisons, de dévastation de champs et de rues en Palestine… alors que nous vivons et mangeons bien ici, et ne faisons rien, car nous ne nous rendons pas bien compte de ce qu'est l'enjeu de ce massacre: l'élimination physique de tout un peuple. "Nous ne pourrons jamais dire que nous ne savions pas", cette phrase a été prononcée plusieurs fois. D'autres encore ont dénoncé la campagne sordide orchestrée par Tel-Aviv faisant passer pour des antisémites tous ceux qui osaient s'engager sincèrement à côté du peuple palestinien dans toute sa diversité, y compris les réfugiés. Nous espérons que nos amis qui sont tombés dans le piège d’Euro-Palestine ou des autres associations qui refusent de dénoncer le sionisme, puissent avoir un jour le courage de dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas:
- que les Palestiniens sont victimes d’un véritable génocide;
- que le sionisme est une idéologie raciste dénoncée en 1975 par l’ONU;
- que l'État d’Israël est un État nazi dans l’idéologie et criminel dans la pratique;
- que la véritable solution pour tous réside dans l’édification d’un seul État pluri-culturel et pluriethnique,c’est-àdire non-raciste, sur toute la terre de Palestine, où tout le monde puisse vivre sur un pied d’égalité.
A.P.F - ASSOCIATION DES PALESTINIENS EN France. Paris,
le vendredi 10 septembre 2004.
LETTRE OUVERTE
A l'attention des associations de solidarité avec la Palestine, des organisations syndicales, politiques et autres organisations qui soutiennent le peuple palestinien.
Chers amis, chers camarades, nous sommes à la veille de l'ouverture de la fête de l'Humanité. Nous lisons parmi les diverses informations sur <http://www.france-palestine.org/article563.html> que la Palestine sera présente à la Fête du journal l'Humanité les 10, 11 et 12 septembre 2004 (publié le samedi 4 septembre 2004). Dix associations s'unissent pour affirmer, à la Fête du journal l'Humanité, leur action solidaire en faveur des droits inaliénables du Peuple Palestinien. Nous savions qu'un espace unitaire à la fête de l'Humanité regroupant les associations de solidarité avec la Palestine était en préparation, mais notre association n'a pas été invitée à ces réunions et pour cause. Après confirmation auprès de Monsieur Bernard Ravenel président de l'association France Palestine Solidarité, ce dernier nous a confirmé qu'après décision du bureau national de l'AFPS, cette dernière s'est opposée à la présence de notre association au sein de cet espace “UNITAIRE” pour, entre AUTRES RAISONS, notre soutien à la liste EUROPALESTINE.
Autrement dit les sionistes bleu foncé sont hostiles aux sionistes bleu clair. On vous dit qu'il finiront par s'étriper et foutre Israël en l'air, comme ils l'ont déjà fait dans le passé. Patience!
Le Grand Con
Paris, 22 oct 2004 (AFP).
Le président Jacques Chirac a reçu, à l'occasion des vingt ans de l'association Judaïsme et Liberté. un tas de de judéolâtres hystériques: Il les a caressés dans le sens du poil, ce qui ne coûte rien.
«Contre le négationnisme et le révisionnisme, que l’on voit encore tristement et scandaleusement à l’œuvre et qui doivent être punis avec la plus grande rigueur.
Ces combats sont les nôtres, à travers ce travail de mémoire et de vérité qui fonde l’exigence républicaine. Il impose -c'est à la fois notre devoir et notre responsabilité- reconnaissance, réparation, transmission.» […]
Par ailleurs, la France agit activement au niveau européen, pour que l'Union coordonne davantage ses efforts sur cette question essentielle. Il n'est pas de Conseil où je ne l'évoque. Elle le fait aussi dans les instances internationales, où elle lutte pied à pied pour que soient prises les mesures nécessaires pour interdire les sites à caractère antisémite ou raciste que l'on rencontre hélas trop souvent sur internet. […] Et je veux profiter de cette occasion pour vous dire ici combien je comprends les sentiments que chacun d'entre vous porte au devenir de l'État d'Israël.»
Le laïus du "grand con" est sur le net:
<http://www.elysee.fr/magazine/actualite/sommaire.php?doc=/documents/discours/2004/D041022.html>
NN
Notules du Net
@@**@@**@@ Selected articles from THE OTHER ISRAEL September issue at:
< http://otherisrael.home.igc.org >
@@**@@**@@ Les sionards nagent dans leur élément: la merde
< http://merdeinfrance.blogspot.com/ >
@@**@@**@@ Fahrenheit 911 en 2 parties à télécharger
< http://news.globalfreepress.com/movs/wonk/F.911/ >
@@**@@**@@ La France et l'origine de la tragédie palestinienne 1914-1922 de Philippe Prévost, aux éditions du Centre d'Etudes Contemporaines, [278 pages - 20 euros - ISBN: 2951396937] On a cru pendant longtemps que le gouvernement anglais avec la "déclaration" Balfour était seul responsable de la tragédie que vivent les Palestiniens depuis plus de quatre-vingt ans. Sans prétendre refaire totalement cette douloureuse histoire, l'auteur de ce livre montre que la France a joué un rôle dans ce qui s'est passé entre 1914 et 1922 et qu'elle doit d'abord s'en prendre à elle-même si, en dépit de l'influence prépondérante que la monarchie avait acquise dans cette région durant les siècles passés, elle s'est retrouvée complètement évincée de Terre sainte en 1922. Deux hommes ont joué un rôle déterminant dans toute cette affaire: un diplomate, François Georges-Picot et un homme politique, Clemenceau. Le premier a mis en route une machine infernale qui l'a dépassé, le second a abandonné la Palestine par idéologie et à la suite de faux calculs. Telle est l'histoire passionnante et parfois stupéfiante qui est racontée dans ce livre.
Philippe Prévost est docteur es-lettres. Historien et journaliste, il est l'auteur de nombreux articles. Il a déjà publié plusieurs livres dont La condamnation de l'Action Française vue à travers les archives du ministère des Affaires étrangères et l'Eglise et le ralliement.
Point d'information Palestine 238
@@**@@**@@ Seymour Hersch: The several articles he wrote for the New Yorker about Abu Ghraib have been updated and edited into his latest book, "Chain of Command: The Road from 9/11 to Abu Ghraib."
@@**@@**@@ < http://www.freedomfiles.org/war/pentagon.htm > DETAILED BACKGROUND TO PENTAGON CRASH
@@**@@**@@ Petite mise au point:
Message envoyé au site QUIBLA
Vous avez écrit sur le site Quibla, au demeurant excellent:
< Elle est plus grave que le licenciement de Serge Thion du CNRS (son crime: avoir écrit une lettre à Lionel Jospin pour se féliciter du caillassage de Bir Zeit, sur du papier à en-tête du CNRS)
( http://quibla.net/protocoles/protocoles77.htm )
Serge Thion désire vous faire savoir que le texte en question n'était pas "une lettre à Jospin", mais un article commentant l'affaire de Bir Zeit, et qu'il n'était nullement écrit "sur du papier à en-tête du CNRS", puisque ce n'était pas une lettre. Le texte n'est paru que sur Internet, sur le site de l'AAARGH, où il se trouve encore. La fable selon laquelle Serge Thion aurait utilisé le matériel du CNRS pour ses activités dites "négationnistes", qui ressort régulièrement dans une presse hostile, est dépourvue de toute réalité. Ne vous faîtes pas l'écho de ces stupidités.
21 octobre 2004
Le site Quibla a eu l'amabilité d'insérer immédiatement cette mise au point. Qu'il en soit ici remercié.
[1] Un article pour The New American Encyclopaedia, Écrit en juillet-août 1857. Engels se servit d'un ouvrage de J.W. Kaye: "History of the war in Afghanistan [1] ", volumes I et II, Londres, 1851.
[2] Les Mongols, peuplade d’origine turque arrivèrent d’Asie Centrale en Inde au début du XVI° siècle. En 1526, l’Empire du Grand Moghol fut fondé dans le nord de l’Inde. On les considérait alors comme les descendants de Genghis Khan d’où leur nom. Plus tard, le déclin de l’Empire commença en raison des rébellions paysannes, des tendances séparatistes et de la résistance des indhous face à leurs conquérants musulmans. Il cesse virtuellement d’exister au début du XVIII° siècle.
[3] Mahrattas: ethnie du nord ouest du Deccan. Ils se révolteront contre la domination mongole au milieu du XVII° siècle, contribuant ainsi à son déclin. Ils formèrent durant cette guerre leur propre État, rapidement engagé dans des guerres de conquêtes. A la fin du XVII° siècle, cet État était affaibli par ses conflits internes, mais au début du XVIII° siècle, une puissante confédération Mahratta était formée sous la direction d’un gouverneur suprême, le Peshwa. En 1761, la confédération subira une cruelle défaite dans le conflit qui l’opposait aux afghans pour la domination de l’Inde. Elle entre alors en décadence et passe rapidement sous la férule anglaise, après le conflit de 1803-1805.
[4] Sikhs: secte religieuse qui apparaît au Penjab (Nord-Ouest de l’Inde) au XVI° siècle. Leur croyance en l’égalité devient l’idéologie des paysans et du petit peuple des villes dans leur lutte contre les afghans et le Grand Moghol à la fin du XVII° siècle. Ultérieurement apparaît une aristocratie Sikh qui prend vite la direction des principales principautés. Au début du XIX° siècle, ces principautés s’unissent dans un seul État incluant le Penjab et les régions alentour. Les anglais se soumettent les sikhs après le conflit de 1845. Une révolte aura lieu en 1848 mais sera contenue dès 1849.
[5] Le siège d’Herat a lieu de novembre 1837 à août 1838. L’Angleterre exigera la levée du siège et menacera la Perse de guerre si le shah n’obtempérait pas. Celui-ci se soumettra et sera obligé de signer un traité de commerce assurant la pénétration des marchandises britanniques en Perse. Voir l’article de Marx: “ La guerre contre la Perse ”.
[6] Durant la guerre anglo-afghanne, l’East India Company obligera les seigneurs de Sind (une partie de l’actuel Pakistan) à accepter le passage de troupes par cette région. Poussant l’avantage, les britanniques exigeront la soumissiont de ces féodaux en 1843. Enfin ils annexeront la région après la défaite des rebelles baluchi.
[7] Les cipayes étaient des mercenaires au service des Britanniques recrutés parmi la population indienne. Mais ces troupes soutiendront les insurgés indiens contre les colons lors de l’insurrection de 1857-1859.
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