AAARGH
SOMMAIRE
Suivant l'adage pas de vérité sans dialogue, voici le droit de réponse de Carlo Mattogno à la suite de la critique de son dernier livre parue dans le dernier numéro de Revision ( N° 58, 1994, p. 38).
Sans vouloir entretenir outre-mesure une controverse à connotations théologiques, il nous semble que les questions portant sur la technique de crémation à Auschwitz sont loin d'avoir été sinon toutes résolues, tout au moins suffisamment mises en lumière, les problèmes rencontrés relevant en grande partie du mode de communication et au langage employé.
Mais aussi de la vision d'ensemble des uns et des autres. Ainsi, le point de vue de Revision sur la cuisson des biftecks qu'évoque cet article, diverge totalement de celui de l'auteur. Il est celui d'un gestionnaire, d'un industriel considérant les choses en termes de productivité, non de circonstances formelles ou ponctuelles. Cependant, on pourrait objecter que cette pomme de discorde est une fausse question, car les «biftecks» en question n'ont jamais été cuits simultanément, contrairement à ce qui a été longtemps prétendu.
Tout comme on pourrait signaler qu'il arrive parfois que la distance soit grande entre l'intention et sa réalisation. Phénomène particulièrement sensible dans le cas présent (entre les desseins de Mattogno et l'impression qu'on garde de son livre), à cause de l'intervention de Satan, venu inopinément brouiller les cartes.
On l'aura compris, Satan est le sobriquet de Jean-Claude Pressac, cet homme dont l'incommensurable confusion déteint sur les écrits des gens qui le critiquent.
Fin d'une légende
par Carlo Mattogno
En 1994, aux États-Unis, a été publiée une étude Auschwitz. The end of a legend. A critique of J.C. Pressac, par l'Institute for Historical Review, dont est également disponible l'édition originale italienne Auschwitz: Fine di una leggenda. Considerazioni storico-tecniche sul libro di Jean-Claude Pressac "Les crématoires d'Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse" (Éd. di Ar, Padoue, 1994). [L'auteur de cette étude est Carlo Mattogno. ndlr]
Dans le numéro 58 de Revision a paru un compte-rendu de cette étude (de l'édition américaine), qui est un peu trop sommaire et qui présente en outre des interprétations inexactes.
Pour éviter que le lecteur ne se fasse une idée erronée de mon étude, je précise ce qui suit.
Jean-Claude Pressac a voulu étudier techniquement - en plus qu'historiquement les questions essentielles portant sur les fours crématoires et leurs «chambres à gaz» homicide d'Auschwitz-Birkenau, pour réfuter le révisionnisme sur son terrain de prédilection, qui est technique. Là est à ses yeux la valeur et la signification de son ouvrage Les crématoires d'Auschwitz. Pour cette raison, ce livre appelle substantiellement une critique historico-technique et mon étude en est précisément une. Elle contient, sous forme synthétique, quelques-uns des résultats d'une recherche sur les fours crématoires et sur les «chambres à gaz» d'Auschwitz-Birkenau commencée en 1987, que j'ai conduite avec la collaboration de deux ingénieurs. Cette recherche sur les fours crématoires peut être considérée [comme] terminée. Le lecteur intéressé est invité à consulter l'ample résumé qui en est donné dans le chapitre intitulé «Fours crématoires d'Auschwitz-Birkenau» de Grundlagen zur Zeitgeschichte (Éd. Grabert, Tübingen, 1994, p. 281-320)[Note de l’AAARGH: en réalité, depuis dix ans, Mattogno lui-même a beaucoup retravaillé sur la question et il considère que cette étude est désormais dépassée.].
Cela dit, il me semble opportun d'exposer de façon synthétique le contenu d'Auschwitz: fin d'une légende, puisque le compte-rendu d'Alain Guionnet l'évoque très rapidement seulement sous un de ses aspects.
Le premier chapitre («Jean-Claude Pressac», p. 1-5) est une sorte d'introduction générale. Le chapitre 2 («Les fours crématoires selon Pressac», p. 6-21) énumère et réfute un à un les arguments fondamentaux de Pressac sur les fours d'Auschwitz-Birkenau et sur les fours civils - affirmations qui sont truffées d'erreurs historiques et d'absurdités techniques. Le chapitre 3 («Technologie de la crémation» p. 22-32) fournit les données correctes relatives à la capacité de crémation et à la consommation de coke des fours d'Auschwitz- Birkenau, et démontre de surcroît l'irréalité d'une extermination de masse dans ce camp sur la base de quatre arguments: 1°) le fait que l'estimation du nombre de cadavres à brûler par les SS en mars 1943 porte exclusivement sur les détenus décédés de mort naturelle; 2°) le fait que les fournitures de coke aux crématoires pour la période allant de mars à octobre 1943 étaient suffisantes exclusivement pour les détenus décédés de mort naturelle: 3°) le fait que la maçonnerie réfractaire des fours de Birkenau ne fut jamais remplacée, raison pour laquelle ils n'auraient pu incinérer qu'un maximum de 156.000 cadavres, c'est-à-dire, dans la pratique, seulement ceux des détenus enregistrés décédés de mort naturelle; 4°) le fait que les deux photographies aériennes prises par les Américains le 31 mai 1944, au moment crucial de la présumée «extermination» de masse des juifs hongrois et de leur crémation, en majeure partie dans les «fosses de crémation» à l'air libre, ne montrent aucune trace de cette gigantesque «extermination». Le chapitre 4 («La solution finale», p. 33-41) révèle le stratagème chronologique de Pressac par lequel il cherche à surmonter les contradictions relatives à la construction des crématoires sans «chambres à gaz», qui plus est un an après qu'Himmler eut prétendument donné l'ordre à Rudolf Höss d'entreprendre l'«extermination» des juifs à Auschwitz. Dans ce chapitre, je démontre en plus que Pressac a «corrigé» la date du «premier gazage» présumé dans le bunker du bloc 2 d'Auschwitz, sur la base d'hypothèses polémiques de mon livre Auschwitz, la prima gasazione («Auschwitz: le premier gazage», Éd. di Ar, Padoue, 1992), et non sur la base de documents qu'il aurait découverts à Moscou comme il le prétend. Le chapitre 5 («Les crématoires II et III», p. 42-71) réfute les affirmations de Pressac relatives à la transformation criminelle de ces crématoires, à la terminologie en Sonder- (Sonderbehandlung, Sonderaktion, etc.), à la fourniture de Zyklon B et aux «indices criminels» concernant les crématoires. Dans ce chapitre, je démontre également que les Gasprüfer, que Pressac pense être des «détecteurs de gaz» pour l'acide cyanhydrique, étaient en réalité de simples analyseurs de gaz brûlés pour les fours crématoires. En outre, sur la base des documents publiés en fac-similé dans l'appendice, je démontre qu'après la transformation présumée du Leichenkeller 1 de chacun des crématoires II et III en «chambre à gaz», ces locaux étaient équipés d'un ventilateur qui permettait d'effectuer environ 9,5 renouvellements (ricambi) d'air à l'heure, - ce qui était parfaitement normal, sachant que dans une chambre mortuaire à usage intensif d'un crématoire civil, étaient prévus 10 changements d'air à l'heure -, tandis que les Leichenkellers 2 respectifs des crématoires II et III, présumés être des pièces de déshabillage, avaient chacun un ventilateur permettant d'exécuter 11 changements d'air à l'heure. Ainsi, chaque pièce servant de vestiaire aurait été plus ventilée que la «chambre à gaz» homicide! Le chapitre 6 («Les bunkers 1 et 2», p. 72-78) illustre entre autres la tentative maladroite de Pressac de rattacher ces présumées «chambres à gaz» extrêmement grossières à la technique poussée des installations de désinfection à l'acide cyanhydrique Degesch-Kreislauf. Le chapitre 7 («Les crématoires IV et V», p. 79-88) montre l'insanité de la «reconstruction» historico-technique de Pressac concernant toutes les «chambres à gaz» desdits crématoires: sur ce point, il attribue cette insanité, par un singulier transfert, aux projets présumés des ingénieurs de la Bauleitung et de la Topf. Suivent la conclusion (chapitre 8, pp. 89-90), les notes (p. 91-102) et un appendice renfermant 12 documents (p. 103-125). Ce livre est augmenté d'un glossaire et d'un index.
En ce qui concerne le compte rendu de Guionnet, je relève avant tout que mon étude ne traite pas de l'origine de l'histoire des «chambres à gaz», donc qu'il n'y a pas lieu de se désoler du fait qu'«on n'y voit pas plus clair sur la façon dont a été montée l'historiographie d'Auschwitz». Je précise en outre que la durée moyenne d'une crémation, de «60 minutes (40 minutes de combustion et 20 minutes de "postcombustion'"», estimation que me prête Guionnet, est inexacte pour les fours d'Auschwitz-Birkenau, j'ai parlé au contraire de 60 minutes de combustion principale plus 20 autres minutes de postcombustion dans le cinéraire. Soit une durée totale de 80 minutes, qui n'interfère pas sur la durée moyenne de la crémation, car était introduit entretemps dans le moufle un autre cadavre. Guionnet me reproche de donner «presque une apparence de crédibilité au témoignage d'Henryk Tauber, qui prétend que la durée de crémation était de 40 minutes, avant de rectifier aussitôt après, en parlant de 30 minutes, quand "le four était chaud", et que de 3 à 5 cadavres par moufle pouvaient être volatilisés en ce laps de temps. Autrement dit, d'après Tauber, un corps aurait été réduit en cendres en 10 minutes ou moins.»
Je confesse que le sens de ce reproche ne m'apparaît pas clairement. Tauber déciare que dans le crématoire II, en moyenne, étaient incinérés 2500 cadavres par jour; j'affirme au contraire que ce crématoire, dans l'hypothèse de gazages homicides, c'est-à-dire en considérant également les cadavres des bébés et des enfants gazés, n'aurait pas pu brûler plus de 360 cadavres par jour, c'est-à-dire quasiment sept fois moins. Cela signifie-t-il donner une apparence de crédibilité à Tauber? J'ajoute que la crémation présumée de 3 cadavres par moufle en une demi-heure ne saurait équivaloir à la crémation d'un cadavre en 10 minutes. Cette affirmation revient à dire que si on cuit trois biftecks dans une même poêle en 30 minutes, la cuisson d'un bifteck demande en moyenne 10 minutes!
Je conclus en donnant cette ultime précision sur la signification du titre de mon étude, qui est synthétisée à la dernière page du texte:
«De quelque façon que ce soit, une chose est sûre: ces livres de Pressac sur Auschwitz représentent la fin d'une légende».
Revision, n° 59, janvier 1995, p. 19-20.
LETTRE DE M. HENRI ROQUES, auteur de la célèbre thèse de juin 1985 (sur les "Confessions" de l'officier allemand Kurt Gerstein) dont la soutenance a été annulée par le ministre Devaquet, esclave de Chirac, en 1986, à M. Henry Rousso, auteur du récent rapport sur l'Université de Lyon III qui est à l'origine de l'affaire Gollnisch:
A Monsieur Henry Rousso
24 novembre 2004
Monsieur le Président,
Je viens de terminer la lecture de votre ouvrage intitulé "Le dossier Lyon III". J'ai constaté que j'étais cité nommément 46 fois auxquelles s'ajoute un certain nombre de mentions de la thèse de Nantes, dont je suis l'auteur. Il est aisé de comprendre mon indignation du fait que vous ne m'avez jamais sollicité pour me rencontrer et recueillir mon point de vue. Je partage ce triste privilège avec le professeur Faurisson. Pour quelle raison? Sommes-nous des personnages trop dangereux, car vous manquez d'arguments pour répondre aux nôtres?
Vous avez, paraît-il, pris contact avec Bernard Notin et Jean Plantin qui ont décliné votre offre de rencontre. Croyez bien que, moi, j'aurais accepté la rencontre, ce qui vous aurait évité d'écrire des choses fausses ou approximatives à mon sujet et à celui de ma thèse. En conséquence, vous ne vous élevez pas au-dessus du niveau des journalistes de tout acabit qui, depuis près de vingt ans, se recopient les uns les autres pour énoncer les mêmes sornettes. Dommage! J'attendais mieux d'un historien renommé et choisi par le ministre de l'Education dite nationale.
Sans épuiser la question, je vais vous faire quelques remarques que j'estime essentielles. Vous parlez de "tentative avortée de la thèse de Nantes" (p. 221) certainement parce qu'elle a été annulée un an plus tard pour des irrégularités administratives, sur ordre d'un ministricule dont tout le monde a oublié le nom ("fait presque unique dans les annales universitaires", écrivez-vous à la page 121. Pourquoi "presque"? Je pense que c'est UNIQUE et c'est pour moi un honneur également unique). Il n'y a pas eu de tentative avortée mais, tout au contraire, une réussite exceptionnelle dont j'ai tout lieu de me féliciter. Ne dites-vous pas à cette même page 121 que mon affaire a eu des "échos dans le monde entier"? Je suis comblé. Qu'aurais-je fait d'un diplôme de docteur de l'université de Nantes dans ma 65e année? Mon but était de faire progresser la vérité sur un sujet tabou et j'ai parfaitement réussi. (...)
Toujours à la page 121 vous vous référez à la Revue d'histoire moderne et contemporaine de janvier/mars 1987. Très bien; mais il semble que vous n'ayez pas feuilleté cette revue jusqu'au bout car vous ne faites pas la moindre allusion à la publication par la RHMC de l'interview accordée par le doyen Michel de Boüard au journal Ouest-France les 2 et 3 août 1986. Cet ex-doyen de la faculté des Lettres de Caen était membre de l'Institut, président de la Commission résistance et déportation à l'IHTP [Institut d'histoire du temps présent] dont vous n'étiez pas encore le président. Ancien déporté au camp de Mauthausen (...), M. de Boüard appartint au parti communiste français de 1942 à 1960. Il est difficile de lui coller l'étiquette "néo-nazi" ou "extrême droite". Et pourtant il m'a apporté un soutien total, il aurait même souhaité faire partie de mon jury. Votre "oubli" est significatif: il atteste que vous avez fait une analyse totalement partiale de la situation à Lyon III, en écartant tout ce qui vous gênait. Je ne dirai qu'un mot de l'académicien Alain Decaux qui a publiquement rendu hommage à mon travail à deux reprises (en 1983, dans Histoire en question-II puis en 1998 dans La Guerre absolue). Il a ajouté qu'il ne partageait pas mes conclusions, ce qui est son droit. En tout cas il a donné un bel exemple d'esprit libre et démocratique. Le débat que le professeur Bruno Gollnisch demande depuis le 11 octobre 2004, c'est celui que les révisionnistes réclament depuis un quart de siècle. A l'imitation de tous les journalistes ignares, vous parlez d'un "jury de complaisance" (...). Ceux qui parlent de jury de complaisance sont ceux qui souhaitaient qu'il n'y ait pas de jury du tout.
Il est flagrant que vous n'avez pas lu ma thèse, car vous écrivez sur Gerstein ce que tout le monde ânonne à son sujet depuis le procès de Nuremberg, omettant d'ailleurs de préciser que le récit du mythomane Gerstein, qui est un tissu d'absurdités, n'a même pas été retenu par le Tribunal militaire international.
Sous prétexte que le "rapport Gerstein" a été pris au sérieux par de nombreux auteurs (Poliakov, Wellers, Vidal-Naquet, etc., pour ne citer que des Français), devrait-on faire la génuflexion devant cette Sainte Écriture, en fermant les yeux sur les âneries proférées par un psychopathe qui, par ailleurs, détournait l'argent dont il disposait à l'Institut d'hygiène de la Waffen SS à Berlin (cf. Pierre Joffroy, "L'Espion de Dieu", éd. Seghers, 1992, p. 186) et dissimulait dans une cache de son appartement à Tübingen au moins un tableau de Matisse qui avait disparu? (annexe 5) Voilà quelques-unes des raisons qui justifiaient la rédaction d'une thèse et je suis fier de l'avoir soutenue.
Je vous adresse mes salutations, en espérant (sans trop y croire) une réponse qui me surprendrait (agréablement).
H. Roques
P.J. annexes 1 à 6 [Ces annexes n'étant pas numérisées, les personnes désireuses de les recevoir voudront bien nous les réclamer en nous fournissant leur adresse postale.]
Voici un message posté par Claude Courouve sur le forum du Nouvel Observateur le 8 novembre mais qui, nous signale-t-il, n'a pas été diffusé:
Sur France 5, ce jour, BHL vient de traiter Gollnisch de "cinglé", comparant ses propos à ceux de quelqu'un qui dirait que Marseille est sur l'Atlantique. Avec tout le respect dû à l'immense philosophe qu'est BHL, il me semble qu'il se trompe. Les réalités géographiques sont constantes, à moyen terme, et faciles à constater, alors que les événements historiques sont ponctuels. Par ailleurs Gollnisch n'a pas nié les chambres à gaz, mais seulement renvoyé l'établissement de leur existence au travail des historiens. On peut s'étonner que les PUF n'aient consacré aucun "Que sais-je?" à la question des chambres à gaz; que le seul ouvrage de référence sur la question, celui de Pressac publié aux Presses du CNRS en 1993, soit fort confus, évoque dans son titre les crématoires, et non les chambres à gaz, et soit le fait non d'un historien, mais d'un pharmacien, par ailleurs ancien disciple, retourné, de Faurisson.
On ne sortira du doute légitime que par l'abrogation de la loi Gayssot et le rétablissement des méthodes traditionnelles de l'histoire, depuis Hérodote; rétablissement souhaité, dès 1981, par Edgar Morin.
Enfin, on aura noté que pas un spécialiste de la seconde guerre mondiale, pas un professeur d'histoire des Universités françaises, n'est encore intervenu dans l'affaire Gollnisch.
8 novembre 2004
26 Novembre 2004
Lettre ouverte à Jean-Christophe Rufin: Je suis antisémite
Marc Saint-Upéry
La lecture du rapport Rufin m'a enfin ouvert les yeux. L'heure n'est plus aux euphémismes, aux rationalisations et aux tergiversations. Il nous faut désormais, moi et, je suppose, tous ceux qui partagent des opinions analogues, regarder la réalité en face. Pourquoi le cacher? Nous sommes tous des antisémites. En tout cas, en ce qui me concerne, il est désormais clair que je suis un antisémite dans la mesure où je suis globalement d'accord avec les opinions qui suivent:
"Aujourd'hui, la nation israélienne s'appuie sur un échafaudage de corruption, lui-même posé sur des fondations d'oppression et d'injustice. En tant que telle, la fin de l'entreprise sioniste est déjà à notre porte. Il existe une vraie probabilité que notre génération soit la dernière génération du sionisme. Il se peut qu'il y ait un État juif, mais il sera d'un autre genre, étrange et affreux. [...] Il apparaît que ces deux mille ans de lutte du peuple juif pour sa survie se réduisent à un État de colonies, dirigé par une clique sans morale de hors-la-loi corrompus, sourds à la fois à leurs concitoyens et à leurs ennemis. [...] Une structure construite sur de l'insensibilité à l'Homme s'effondrera d'elle-même, inévitablement. Prenez bien note de cet instant: la superstructure du sionisme s'effondre déjà [...]. Seuls les fous continuent à danser en haut de l'immeuble, alors que les piliers s'effondrent."
Avraham Burg, membre du parti travailliste israélien, ex président de la Knesset.
"La vérité déprimante, c'est que le comportement actuel d'Israël n'est pas seulement néfaste pour les États-Unis, bien qu'il le soit indéniablement. Il n'est même pas seulement néfaste pour Israël lui-même, comme de nombreux Israéliens le reconnaissent tacitement. La vérité déprimante, c'est qu'Israël est néfaste pour les Juifs."
Tony Judt, historien juif anglo-américain libéral se réclamant de Raymond Aron et de François Furet.
"Je ne suis pas psychologue, mais je crois que quiconque vit avec les contradictions du sionisme est condamné tôt ou tard à sombrer dans la folie. Il est impossible de vivre comme cela. Il est impossible de coexister avec une injustice aussi terrible. Il est impossible de vivre avec des critères moraux aussi contradictoires. Quand je contemple non seulement les colonies, l'occupation et la répression, mais aussi le mur démentiel derrière lequel les Israéliens tentent de se cacher, j'en viens à la conclusion qu'il y a quelque chose de très profond dans notre attitude à l'égard du peuple autochtone de cette terre qui nous fait complètement délirer."
Haïm Hanegbi, israélien, membre du mouvement pacifiste Gush Shalom.
A quelques nuances près, donc, je souscris largement à ces propos et à bien d'autres de la même eau que je lis régulièrement dans la presse israélienne en anglais, car, comme tous les antisémites, je suis obsédé par ce que font et disent les Juifs et Israël. En raison de mes activités professionnelles et militantes, je suis aussi obsédé par pas mal d'autres choses qui n'ont rien à voir avec les Juifs et Israël et je lis très régulièrement des organes de presse américains, britanniques, italiens, espagnols, mexicains, brésiliens, argentins, péruviens, boliviens, équatoriens et, à l'occasion, tchèques, mais ce n'est pas une excuse. Du seul fait de ce "goût étrange pour le peuple Juif", comme dit Roger Cukierman, je suis quand même un antisémite. De fait, quelle autre raison pourrait avoir un intellectuel goy français de lire Haaretz qu'un antisémitisme sournois?.
En outre, pour bien saisir la perversité de mon antisémitisme, il faut savoir qu'il se masque derrière une apparence de déconstruction fallacieuse du discours antisioniste vulgaire. Dans un ouvrage publié par les éditions La Découverte[1] (éditeur crypto-antisémite qui masque lui aussi hypocritement ses activités antisionistes répugnantes par la publication d'ouvrages d'auteurs sionistes comme Mitchell Cohen ou même Theodor Herzl en personne, sans parler de nombreux ouvrages consacrés à la Shoah), j'écrivais ainsi: "Le sionisme n'est pas le fruit d'un sinistre complot impérialiste, mais un mouvement d'auto-émancipation des masses juives d'Europe centrale et orientale et une critique politique et culturelle des illusions assimilationnistes répandues en Occident critique que la première moitié du XXe siècle européen justifiera pour bonne part, et de façon tragique."
Je dénonçais par ailleurs le "simplisme de certains discours pro-palestiniens, qui participent de la pensée pieuse dont se nourrit un gauchisme doloriste et manichéen" et j'ajoutais, feignant de critiquer la diabolisation unilatérale d'Israël: "Parfois décrit comme le 'péché originel' d'Israël, ce passé [à savoir les excès de la guerre d'Indépendance et l'expulsion de 700 000 Palestiniens] n'est pourtant pas plus coupable que celui, point très éloigné, de bien des membres tout à fait respectables de la communauté internationale." Enfin, je me prononçais vigoureusement contre toute complaisance à l'égard des actes antijuifs: "Ses agresseurs [ceux d'un jeune collégien juif], tous comme ceux qui s'en prennent à des symboles ou des institutions de la communauté juive, sont au mieux de jeunes fier-à-bras écervelés, au pire de petits crétins racistes. Les autorités de la République, pas plus que l'administration scolaire, ne sauraient tolérer de tels dérapages au nom de je ne sais quelle complaisance tiers-mondiste ou de la susceptibilité des populations immigrées."
Bien entendu, aucun "décrypteur" intelligent de mon discours antisioniste ne se laissera prendre à ces pitoyables manœuvres de diversion. Comme le déclarait il y a quelque temps un spectateur enthousiaste du film de Jacques Tarnéro à un journaliste de Libération: "Maintenant, il y a des antisémites qui reconnaissent la Shoah, ça ne prouve rien en leur faveur! " Grâce au travail pionnier d'analyse symptômatologique effectué par les courageux déconstructeurs de la "nouvelle judéophobie", on devinera sans peine que ces propos cauteleux rédigés par ma plume machiavélique ne sont que la preuve que je suis prêt à tous les compromis de surface pour faire passer mon message antisioniste-antisémite de délégitimation insidieuse d'Israël et, par conséquent, de légitimation subreptice des incendies de synagogues, des profanations de cimetière et des pogroms de demain.
Car il faut bien comprendre la manœuvre. S'opposer, par exemple, à la diabolisation unilatérale et à la "nazification" d'Israël pour la simple et vulgaire raison qu'elle serait empiriquement indéfendable et qu'elle reflèterait la mauvaise foi ou l'imbécillité de l'infime poignée d'ultra-gauchistes tarés et/ou d'islamo-fascistes délirants qui la pratiquent, et non pas parce qu'elle serait sacrilège en soi, c'est précisément légitimer par la bande la comparabilité historique de tout avec tout, et en particularité celle de l'incomparable et intouchable Israël. Les gens qui, comme moi, se plaisent à couper les cheveux en quatre et feignent d'attribuer une certaine pertinence historique au sionisme et de reconnaître le droit à l'existence d'Israël tout en soumettant les pratiques de cet État à une sociologie comparative de l'oppression et de la domination hypocritement "nuancé", les gens qui, comme Dominique Vidal, ratiocinent avec une fausse innocence épistémologique pour savoir dans quelle mesure les pratiques de l'État juif ressemblent ou ne ressemblent pas à celles de l'apartheid sud-africain, sont donc des antisémites sournois bien plus dangereux que les simples négationnistes et judéophobes déclarés.
Une autre raison pour laquelle il est clair que je suis un antisémite "par procuration", selon la jolie formule de Jean-Christophe Rufin, c'est que je n'ai même pas honte. Je suis en effet favorable à une offensive intellectuelle agressive et sans pitié contre le chantage idéologique permanent exercé en France par une poignée d'intellectuels juifs et non juifs. Je suis un antisémite parce que je refuse de me laisser intimider et de faire acte de contrition. Je suis un antisémite parce que j'éprouve la plus profonde admiration intellectuelle et humaine pour des gens comme, par exemple, Rony Brauman, Daniel Lindenberg ou Pierre Vidal-Naquet [C'est bien la preuve que l'auteur de cette phrase est complètement taré.] - intellectuels aux options politico-idéologiques par ailleurs assez différentes mais qui, comme chacun sait, ont en commun d'être de typiques Juifs honteux et d'ignobles "self-haters". Je suis un antisémite parce que je me solidarise avec eux et avec bien d'autres, juifs et non juifs, qui partagent des positions analogues. De la même façon, et pour les mêmes raisons, je suis un antisémite parce que j'éprouve le plus profond mépris pour Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Jacques Tarnéro, Pierre-André Taguieff et bien d'autres, juifs et non juifs, qui partagent les objectifs de leur campagne hystérique contre la "réprobation d'Israël".
Je ne ressens pas par rapport à ces derniers une simple divergence d'opinion. Je ne les perçois pas comme des gens qui sont seulement en désaccord avec moi, mais comme des propagandistes manipulateurs qui pratiquent le chantage victimiste sournois et le lynchage moral comme méthode de débat permanent. Le fait que leur volonté de salir systématiquement leurs adversaires ait parfois des effets d'intimidation sur des personnes parfaitement honnêtes n'est que la preuve de leur dangerosité. Pour moi, ces intellectuels sont moralement du même acabit que les compagnons de route du totalitarisme, les virtuoses staliniens de la dénonciation de la "complicité objective" avec la réaction, les sophistes justificateurs du "bilan globalement positif" de l'Union soviétique ou, pour un exemple plus contemporain, l'inénarrable Ignacio Ramonet léchant les bottes du dictateur Castro sous prétexte que l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Ces gens-là ne méritent pas notre respect. Ils ont failli comme intellectuels et, en mettant la mission qui lui a été confiée au service de cette propagande de bas étage, Jean-Christophe Rufin a lui aussi gravement failli à l'éthique du service public.
Comme les idéologues monomaniaques dont le rapport Rufin se fait subrepticement l'écho sont des malades ou des salopards, et souvent les deux à la fois, il faut les traiter comme tels, et cesser d'être sur la défensive. Il faut les attaquer publiquement et casser leur sophistique misérable (qui ferait d'ailleurs rire pas mal de gens en Israël, où on est nettement plus lucide et autrement moins tortueux) sans inhibition. Il faut cesser d'être tétanisé, il ne faut pas ou plus se demander "mais si je dis ça, malgré ma bonne volonté, est-ce que ça ne risque pas d'être interprété comme un discours antisémite, ou comme un raisonnement qui m'entraîne sur la 'pente glissante'?". Il n'y a pas de pente glissante, il y a les faits, leur interprétation empiriquement contrôlable et la recherche de la vérité qui s'effectue à travers elle. Et il n'est pas de vérité, partielle ou synthétique, transparente ou complexe, qui ne serait pas bonne à dire ou à écrire sous prétexte qu'elle "faciliterait" le "passage à l'acte" de crétins et d'illuminés qui, de toutes façons, ne se soucient pas de la vérité et ne fréquentent pas les lieux où elle se cherche et s'énonce.
Il y a des moments dans l'histoire où l'honneur de l'esprit mérite d'être défendu, y compris face aux formes d'ignominie intellectuelle qui se drapent dans la vertu dénonciatrice et dans la parodie cynique d'une moralité supérieure. C'est aujourd'hui toute une collectivité humaine et politico-intellectuelle (le mouvement altermondialiste, les Verts, l'extrême-gauche et par association, tous ceux qui, réformistes, sociaux-démocrates ou libéraux, partagent telle ou telle de leur position sur le conflit israélo-palestinien) qui est mise sur la sellette en bloc, jugée en termes de responsabilité collective et mise en demeure d'abjurer des convictions certes parfaitement discutables dans les détails, voire parfois simplificatrices dans leur formulation sténographique, mais malheureusement largement fondées pour l'essentiel. Et quand cette mise en demeure se fait au nom d'un phantasme idéologique concocté par une petite mafia de pervers qui vivent de la promotion d'un narcissisme communautaire paranoïaque (heureusement loin d'être hégémonique chez les Juifs de France) et de la pornographie mémorielle au service d'une raison d'État coloniale sans vergogne, il est de notre devoir de réagir[2]. C'est pour cela que, si c'est là le prix de cette bataille pour la vérité et la dignité, j'accepte qu'on me colle l'infamante étiquette et je ne chercherai pas à dissimuler ce qui, désormais, crèvera les yeux de tous mes lecteurs de bonne foi: oui, encore une fois, je suis un antisémite.
Marc Saint-Upéry
[éditeur, journaliste et traducteur]
La pornographie mémorielle: la formule est bien trouvée.
L'histoire cachée de certains libérateurs
Légitimée par des images de foules enthousiastes acclamant leurs libérateurs américains, une iconographie joyeuse de la Libération s'est durablement inscrite dans la mémoire collective française.
Avec une abondante littérature héroïque et des films de référence comme Le Jour le plus long ou Il faut sauver le soldat Ryan, des reportages exaltant un héroïsme bien réel, les festivités marquant le soixantième anniversaire du débarquement en Normandie entretiennent l'image idéalisée du soldat libérateur envoyé sur le Vieux Continent par la plus grande des démocraties pour le libérer du mal absolu. Une représentation trop belle, trop parfaite pour être entièrement conforme à la réalité.
Fin de matinée du 9 janvier 1945. Un gibet est dressé dans une carrière sur la route de Chonville, au sud-ouest de Lerouville, petite ville de la Meuse. Le soldat John David Cooper, 23 ans, originaire de Géorgie, est exécuté par pendaison pour le viol de trois jeunes filles.
Le 2 février suivant, au même endroit et à la même heure à quelques minutes près, une scène identique se répète. J. P. Wilson, complice de Cooper dans le viol des trois jeunes Françaises, est pendu devant 72 témoins. Son exécution avait été retardée car il avait réussi à s'échapper de sa cellule après sa condamnation.
Ces deux pendaisons n'étaient pas les premières. Dès août 1944, un soldat américain avait déjà été exécuté en France pour un viol commis une semaine après le débarquement du 6 juin.
Au Royaume-Uni, en 1942, alors que les troupes américaines s'installaient pour préparer le débarquement en Europe, plusieurs GI condamnés pour viols avaient déjà été pendus. Outre ces exécutions, dans les deux pays, la justice militaire avait prononcé à l'encontre de soldats de nombreuses condamnations à de lourdes peines de prison pour crimes sexuels.
L'ouverture récente de nombreuses archives judiciaires aux États-Unis, en Angleterre, en France et en Allemagne permet aujourd'hui de prendre la mesure de l'ampleur d'un phénomène dont l'évocation est longtemps demeurée taboue: les 17.000 viols commis par les GI américains en Europe en 1944 et 1945.
C'est à J. Robert Lilly, professeur de sociologie et de criminologie à la Northen Kentucky University, aux États-Unis, et aussi à Durham, en Grande-Bretagne, que l'on doit un ouvrage décisif sur la question, La Face cachée des GI's (éditions Payot). Notons que sa publication est aujourd'hui empêchée aux États-Unis pour cause de guerre en Irak, alors que sa publication est annoncée en Italie, m'indiquait l'auteur à la mi-mai.
[Voir Stupri du Guerra, aux éditions Mursia. < http://www.mursia.com/testimonianze/stupridiguerra.html >]
J. Robert Lilly établit qu'en Angleterre, en France et en Allemagne 17.080 femmes et enfants auraient été victimes de violences sexuelles de la part de soldats américains: 11.040 pour l'Allemagne, 3620 pour la France, 2420 pour l'Angleterre. Ainsi la libération de l'Europe n'a-t-elle pas dérogé aux règles barbares selon lesquelles les femmes sont systématiquement les victimes sexuelles des troupes d'invasion et d'occupation.
En France, selon J. Robert Lilly, bien que les GI évoluent en pays allié, «la fréquence et la férocité des viols furent pires qu'au Royaume-Uni». L'auteur précise qu'«il est raisonnable de conclure que 2500 Françaises furent violées par des soldats américains».
En Allemagne, la première plainte pour viol qui déboucha sur un procès en cour martiale eut lieu seulement un mois après que les armées d'Eisenhower eurent repris l'offensive dans la bataille des Ardennes, en janvier 1945. Le violeur, le soldat Wardell W. Wilson, venait du 777e bataillon d'artillerie. Son agression ouvrait une longue liste d'exactions sexuelles dont furent victimes des femmes allemandes.
Entre janvier et septembre 1945, les cours martiales ont condamné pour viols 187 soldats. La plus jeune des victimes avait trois ans. Sur instructions directes du général Eisenhower, aucun soldat américain n'a été exécuté. Car du point de vue de la justice militaire américaine, ce qui était considéré comme un viol en Angleterre et en France ne devenait plus en Allemagne qu'une «illicite relation sexuelle avec une femme non mariée».
Dans une affaire soumise à la cour martiale, les soldats Ward et Sharer, qui avaient violé une jeune fille de 19 ans, ne furent condamnés qu'à un an de travaux forcés et renvoyés de l'armée. On leur reprochait d'avoir enfreint le 96e Article of War, qui interdisait les rapports sexuels avec une «femme non mariée».
Un officier, violeur de la veuve d'un soldat qui avait appartenu à une division SS, fut simplement renvoyé de l'armée au motif qu'il avait obligé une femme «à enlever ses vêtements (...) cette conduite montrait qu'il était tombé en dessous du niveau individuel de décence exigé pour les officiers gentlemen».
Les crimes sexuels de guerre, longtemps admis comme une des banales infortunes coutumières infligées aux vaincus, ne furent pas l'apanage des seuls libérateurs américains. Selon J. Robert Lilly, des milliers d'Italiennes ont été violées par des soldats français au cours de la campagne d'Italie. En Allemagne, les autorités de Stuttgart ont retenu leur implication dans 1198 viols.
Quant à l'Armée rouge, ce sont plusieurs centaines de milliers de crimes sexuels qui lui ont été imputés au détriment de la population allemande.
Qui a dit que l'histoire ne repasse pas les plats? Pour se convaincre du contraire, il suffit d'aller aujourd'hui sur d'autres théâtres d'opérations. Des «libérateurs» y écrivent un nouveau chapitre d'«une histoire faite de sang, de sperme et de larmes» (préface de Fabrice Virgili au livre de J. Robert Lilly).
Quitte à passer pour ingrat ou iconoclaste, on ne dénoncera jamais assez fort les images trop parfaites de la guerre.
par Alain Moreau
[ancien éditeur de bouquins pas toujours très nets.]
Le Monde, 5 juin 2004
Sur le site des assassins brigadistes auto-amnistiés par anticipation on trouve ce petit bijou:
Itinéraire Garaudy: De Staline à Saddam
Par Aurélie Cardin
[Note de l’AAARGH : on peut consulter notre page Garaudy qui contient tous les détails de l’affaire, les articles s’y rapportant et le livre lui-même : http://aaargh-international.org/fran/fren/fren.html ]
Lundi 4 octobre 2004
Introduction au mémoire de maîtrise: "L'affaire Garaudy/Abbé Pierre dans la presse", Université Paris X-Nanterre.
L'intégralité du mémoire (180 pages) est téléchageable (sic) en format ZIP/RTF dans l'espace abonnés
Lors des divers développements de l'affaire Garaudy-abbé Pierre, j'ai été personnellement confrontée au discours antisémite et négationniste tenu par des personnes appartenant à des organisations se réclamant d'une extrême-gauche radicale. J'ai cherché à comprendre comment cet argumentaire irrationnel pouvait être également relayé par des personnalités ayant autorité dans les domaines scientifique, politique, religieux ou philosophique.
Le négationnisme est une doctrine niant la réalité du génocide des juifs par les nazis. Les historiens ont adopté les dénominations de "négateurs" ou de "négationnistes" pour désigner "ceux qui prétendent ainsi se parer des vertus légitimes de la révision historique lorsqu'ils décrètent que les chambres à gaz d'Auschwitz et des autres camps d'extermination nazis n'étaient en fait que des lieux de désinfection des vêtements des déportés et lorsqu'ils dénoncent ce qu'ils appellent le prétendu génocide comme étant une escroquerie politico-financière, d'origine essentiellement sioniste, dont le principal bénéficiaire serait l'État d'Israël et dont le peuple palestinien et le peuple allemand seraient les victimes" écrit l'historienne Nadine Fresco. Il faut user d'une grande prudence avec les termes d'"histoire révisionniste", de "révision de l'histoire", en raison du fait que les négationnistes les ont pris en otage afin de masquer la réalité de leurs objectifs. L'importance du choix des mots, dans ce domaine, est absolument cruciale: c'est au moyen d'un langage codé que les nazis ont tenté de nier, en temps réel, le génocide en cours. Nous appellerons donc "négationnistes" et "négateurs" ces idéologues qui essaient de dissimuler leur entreprise en se présentant comme les "historiens critiques d'une école révisionniste" et "argumentaire", "discours" ou "propos négationniste" le contenu de leurs ouvrages.
Le négationnisme est apparu au lendemain de la défaite de l'Allemagne hitlérienne, et la spécificité du négationnisme français tient au fait que les auteurs des premiers textes sont écrits par des hommes issus d'horizons politiques diamétralement opposés.
Le premier, Maurice Bardèche, est né en 1909 et mort en 1999. Ce professeur de littérature entre en politique et devient le principal théoricien du néofascisme français après la condamnation à mort, pour collaboration, de son beau-frère Robert Brasillach . En 1948 et 1950, Maurice Bardèche publie deux pamphlets antisémites aux titres transparents (Nuremberg ou la Terre promise puis Nuremberg II ou les faux-monnayeurs)
[ voir < http://aaargh-international.org/fran/livres/livres.html > ]
dans lesquels il blanchit les collaborateurs, dénie aux Alliés le droit de juger les nazis pour leurs crimes et accuse les juifs d'être responsables du déclenchement de la guerre. En 1952, il fonde Défense de l'Occident, une revue dans laquelle le discours négationniste se trouve régulièrement exprimé et qui, à partir de 1960, accueille les écrits de Paul Rassinier. Maurice Bardèche deviendra d'ailleurs son principal éditeur.
Le deuxième personnage qui a structuré le discours négationnisme, Paul Rassinier, est né en 1906 et est mort en 1967. Instituteur, il est tout d'abord communiste jusqu'à son exclusion en 1932, puis il adhère à la S.F.I.O en 1934. Pacifiste et "munichois" intégral, il finit par participer à la résistance. Arrêté, torturé, il est déporté en 1943 vers les camps de concentration de Buchenwald et de Dora. En 1948, il publie son premier livre Passage de la ligne dans lequel il récuse la résistance des communistes dans les camps, et les tient davantage responsables des violences et des assassinats que les S.S. Son deuxième ouvrage Le mensonge d'Ulysse paraît en 1950. Il est préfacé par Albert Paraz, collaborateur de l'hebdomadaire d'extrême-droite Rivarol. Cela lui vaut d'être exclu de la S.F.I.O. Peu à peu les juifs deviennent sa cible privilégiée. En 1950, il adhère à la Fédération anarchiste et collabore dans le même temps, derrière un pseudonyme, à Rivarol. De 1947 à sa mort, il devient comme l'écrit Nadine Fresco [demi-mondaine dans la Recherche ] "un plumitif de la dénonciation. Dénonciation du comportement des détenus communistes dans les camps allemands bientôt suivie par celle monomaniaque, du complot juif international, responsable du déclenchement de la Seconde guerre mondiale et artisan de l'escroquerie du prétendu génocide". Selon la formule de l'historien [de la Grèce antique] Pierre Vidal-Naquet, "le pont entre l'extrême droite et l'ultra-gauche" est consacré depuis le début des années 60 lorsque Maurice Bardèche est devenu l'éditeur de Paul Rassinier.
[ Tous les textes de Rassinier sur < http://aaargh-international.org/fran/archRassi/archRassi.html> ]
Jusqu'au milieu des années 70, le négationnisme est surtout véhiculé par l'extrême droite, et reste confiné dans des cercles restreints qui ne bénéficient pas encore du relais que constituera, bientôt, la puissance du Front National. Le négationnisme fait une entrée en scène fracassante avec Robert Faurisson qui nie publiquement l'existence des chambres à gaz homicides. Ce professeur de littérature, issu de l'université lyonnaise, met à profit les déclarations dans L'Express de l'ancien commissaire aux questions juives, Louis Darquier de Pellepoix, selon lequel "à Auschwitz on a gazé que des poux" pour se faire connaître au moyen d'une tribune libre publiée par Le Monde, le 28 décembre 1978. Cette publication, une reprise presque à l'identique d'un article paru quelques temps plus tôt dans la revue fasciste Défense de l'Occident, est pour une part le résultat du véritable harcèlement auquel se livre Robert Faurisson auprès des journaux. Robert Faurisson est rapidement sollicité par des militants d'ultra-gauche regroupés autour de La Vieille Taupe qui voient dans ses arguments un prolongement de ceux de Paul Rassinier auxquels ils sont sensibilisés depuis plusieurs années. La confusion qui naît du soutien de cette frange de l'ultra-gauche à Robert Faurisson lui ouvre des espaces de légitimation. Dès 1980, il obtient ainsi le témoignage volontaire, devant la justice, de scientifiques dont le plus actif est le sociologue Serge Thion, qui viennent appuyer ses affirmations. Cette véritable alliance de La Vieille Taupe et de Robert Faurisson donne le signal à une ample tentative de légitimation du délire négationniste qui revêt plusieurs formes:
légitimité médiatique obtenue grâce à la publication de textes de Faurisson par Le Monde.
légitimité scientifique revendiquée par la mise en avant systématique de diplômes et de titres universitaires. Dès 1980, Nadine Fresco remarque à ce sujet que la "question des chambres à gaz" figure au programme de l'Université lyonnaise
"A ceux qui s'inquièteraient de l'obsession démystificatrice dont semble décidément faire preuve M. Faurisson, j'indiquerai que celle-ci figure pour ainsi dire sur sa carte de visite, puisqu'à la page 13 du livret publié en janvier 1978 par l'U.E.R. de Lettres et Civilisations classiques et modernes de l'Université de Lyon 2, on peut lire les mots suivants: "Robert Faurisson, maître de conférences. Littérature française du XXe siècle. Spécialité: critique de textes et documents, recherche du sens et du contre-sens, du vrai et du faux (...) Les travaux en cours annoncés par Faurisson en janvier 1978 sont les suivants: "un dictionnaire de Céline; les Bavures, chronique de l'Epuration dans des communes du Confolantais; article sur Céline et Lautréamont; recherches sur les thèmes "Le journal d'Anne Franck est-il authentique?"; recherches sur la genèse de la légende des chambres à gaz nazies et préface sur ce thème à la traduction française de l'Imposture du XXe siècle d' A.R. Butz".
légitimation politique par le fait que le négationnisme est repris en compte par des personnes se présentant comme des révolutionnaires d'ultra-gauche et des antisionistes. La démonisation de l'État d'Israël s'opère au moyen d'un renversement des mots, la répression est comparée à des méthodes nazies, ceux qui nient un génocide n'hésitent pas à en inventer un autre, celui des Palestiniens.
Cette volonté de faire légitimer leur argumentaire, conduit les négateurs à réclamer sans cesse l'ouverture d'un débat contradictoire sur l'existence des chambres à gaz, comme si l'on pouvait opposer à des scientifiques qui constatent leur réalité, d'autres qui l'infirmeraient. Nous répondrons en faisant nôtre la formule de l'historien Jean-Pierre Vernant pour lequel "On ne se met pas à table avec les anthropophages".
La "stratégie" des négateurs se développe inlassablement, pendant quinze ans, autour de ces axes de légitimation. Tentatives d'habilitations scientifiques dont la principale est l'affaire de la thèse Roques à la faculté de Nantes en 1985, prises de positions récurrentes de personnes appartenant au monde universitaire (Serge Thion, chercheur au CNRS, soutient Faurisson dès 1979, suivi par son collègue Bernard Notin), organisation de coups médiatiques lors du procès Barbie au moyen de tracts, harcèlement épistolaire permanent de la presse et des médias, utilisation du courrier des lecteurs des grands quotidiens et du droit de réponse. C'est aussi au moment du procès Barbie que la revue Annales d'Histoire Révisionniste, publiée par La Vieille Taupe et diffusée par la librairie néonazie Ogmios, paraît en 1987. Cette revue qui détourne le titre des Annales, et prétend que le "révisionnisme" serait une école historique aura huit numéros, et ses promoteurs veulent se définir comme des historiens critiques, opposés à des historiens orthodoxes. Parmi les contributeurs de cette revue se trouvent: Robert Faurisson, Pierre Guillaume, Serge Thion, Henri Roques, Alain Guionnet, l'avocat Éric Delcroix et les principaux négationnistes étrangers: Mark Weber, Carlo Mattogno. La revue est interdite à la vente , à l'exposition et à la publicité, par décret paru au Journal officiel le 6 juillet 1990. [Seulement un numéro, interdit seulement à l'exposition, non pas à la vente.]
A ces diverses tentatives de légitimation, les négateurs vont ajouter la confusion en instrumentalisant la caution de personnes d'origine juive (Noam Chomsky, célèbre linguiste américain défend Robert Faurisson, en 1980, au nom de la liberté d'expression et son avis est publié en guise d'avant-propos au livre manifeste de Faurisson: Mémoire en défense. Contre ceux qui m'accusent de falsifier l'Histoire. La question des chambres à gaz, Jean-Gabriel Cohn-Bendit).
[sic]
Lors de l'hiver 1995, La Vieille Taupe sert à ses seuls abonnés un ouvrage intitulé Les Mythes fondateurs de la politique israélienne signé par Roger Garaudy. Par son parcours et sa personnalité, Roger Garaudy s'inscrit pleinement dans la spécificité de dépassement des clivages du négationnisme français. Agrégé de philosophie, ancien déporté dans un camp vichyste d'Afrique du Nord, député communiste, ancien dirigeant du Parti communiste et hérault de l'orthodoxie stalinienne, il est exclu en 1970 du parti communiste. Ancien protestant puis catholique, il se convertit à l'Islam au début des années 80. En 1996, il rejoint publiquement le combat négationniste en publiant à La Vieille Taupe, à un moment où ses principaux acteurs, qui se prétendaient révolutionnaires, ont fait leur jonction avec l'extrême-droite antisémite. La dérive spectaculaire de Roger Garaudy, avait été précédée de plusieurs alertes. Son antisionisme radical l'avait conduit, dès 1982, à placer sur le même plan sionisme et nazisme. La première alerte est due au sociologue Pierre-André Taguieff, en novembre 1989, dans la revue Les Temps Modernes, la deuxième au printemps 1991 est signée par l'historienne Catherine Nicault dans Relations internationales.
[Cette malheureuse a fait une thèse avec l'affligeante nullité Kaspi: La France et le sionisme, 1897-1948, 1986.]
Les Mythes fondateurs de la politique israélienne se composent de trois chapitres principaux: "Les mythes théologiques", "les Mythes du XXe siècle" et "l'utilisation politique du mythe". Le vocable "mythe" doit être entendu au sens de "fable" "d'invention". Les négationnistes font grand usage du terme "mythe" dans leurs écrits. Déjà en 1986, La Vieille Taupe publiait l'ouvrage d'un négationniste allemand intitulé: "Le Mythe d'Auschwitz, étude critique". En fait, sous couvert d'une critique de la politique israélienne et du sionisme, Roger Garaudy se livre à la négation de la Shoah. Il signe un véritable collage antisémite qui reprend à son compte, en procédant par sous-entendus (usage de guillemets, apparence de scepticisme) les propos de Faurisson rendus publics en décembre 1980 sur Europe 1 et selon lesquels: "les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des Juifs forment un seul et même même mensonge historique qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière, dont les principaux bénéficiaires sont l'État d'Israël et le sionisme international".
En janvier 1996, l'affaire Garaudy est révélée par le Canard enchaîné suivi par quelques quotidiens nationaux. C'est trois mois plus tard, en avril 1996, que le scandale médiatique est déclenché lorsque Roger Garaudy, accompagné de l'avocat Jacques Vergès, annonce le soutien de l'abbé Pierre à sa propre personne et à certains propos contenus dans son livre, lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion de la sortie de la deuxième édition des Mythes fondateurs de la politique israélienne sous le label "Samiszdat". Ce soutien provoque une véritable tempête médiatique et politique qui prend le nom des ses deux principaux protagonistes: l'affaire Garaudy/abbé Pierre.
Nous avons souligné l'enjeu médiatique dans l'histoire du négationnisme. Notre étude est centrée sur l'étude qualitative de la presse quotidienne française dans l'affaire Garaudy/abbé Pierre. S'intéresser à la presse, c'est se confronter à des représentations car tout récit de presse est une construction formelle infléchie par un message. Le journal définit le début et la fin de l'événement. La logique de l'écriture de presse est double: elle est commerciale mais en même temps elle est soumise à une exigence de vérité. Des contraintes supplémentaires viennent s'ajouter à une exigence de vérité: contrainte de temps, par exemple, puisque les processus longs échappent à la presse quotidienne et aux journalistes. L'angle choisi dans ce mémoire est l'analyse des positions de cinq quotidiens français sur une période de deux ans (de l'annonce de la parution dans la presse du livre de Roger Garaudy édité à La Vieille Taupe en janvier 1996, jusqu'à la décision de la cour d'appel condamnant Roger Garaudy pour "contestation de crimes contre l'humanité", "provocation à la haine raciale" et "diffamation raciale" en décembre 1998).
La personnalité des principaux protagonistes, Roger Garaudy et l'abbé Pierre, nous a conduit à choisir des quotidiens proches de ces deux hommes:
- L'Humanité est le journal officiel du parti communiste français dont Roger Garaudy a été un dirigeant. C'est aussi le journal dans lequel il avait recommencé à s'exprimer largement dans les années 90.
- La Croix est un journal catholique qui a toujours été attentif aux combats menés par l'abbé Pierre.
Deux autres journaux non partisans ont été étudiés:
Le Figaro, le plus ancien des journaux parisiens traditionnellement classé à droite, et Libération un quotidien issu de l'extrème-gauche.
Le cinquième titre retenu est Le Monde, considéré comme un journal de référence et où le débat sur la négation du fait concentrationnaire est présent depuis sa création en 1944.
Comment ces cinq quotidiens ont-ils réagit à l'affaire Garaudy/abbé Pierre? Quelles ont été leurs positions? Comment ont-ils rendu compte de l'affaire? Ont-ils fait preuve d'une connaissance précise de l'histoire du négationnisme? Comment a été présentée l'affaire Garaudy, l'affaire Garaudy/abbé Pierre? Que pouvait-on savoir? Quelles informations les quotidiens ont-ils relayées? Comment s'inscrit l'affaire Garaudy/abbé Pierre dans l'histoire du négationnisme français?
< http://www.amnistia.net/news/articles/negdoss/itgaraud/itgaraud_203.html >
Le titre complet de ce chef d'œuvre, un mémoire de maîtrise soutenu en octobre 2000 à Paris-X Nanterre (Département d'histoire) est: L'affaire Garaudy/abbé Pierre dans la presse (janvier 1996 - décembre 1998) analyse qualitative cinq quotidiens nationaux «La Croix, Le Figaro, L'Humanité, Libération, Le Monde» réagissent à une offensive négationniste.
On voit que la donzelle ne s'est pas cassé la nénette et que les titre de "maîtrise" d'histoire ne valent pas cher. Il suffit de feuilleter quelques canards, "d'un derrière distrait", et hop, l'affaire est dans le sac. A condition d'attaquer les révizos ou de lécher là où il faut. Rousso a bien raison de dire qu'il y a du laxisme dans l'université. Sa collègue Becker a dû lui en donner des preuves. L'exemple des Fresco, Igounette et autres Mostovoy est suivi par une nouvelle génération de petites mômes qui se retrouvent à l'université sans bien savoir quoi y faire. La voie de la facilité est ouverte: bouffer du révizo, c'est le diplôme garanti.
Mais 180 pages de cette eau-là, non merci.
Rappel: Pour le moment, les animateurs du site "amnistia.net" n'ont pas encore pris la poudre d'escampette, à l'image du courageux Cesare Battisti, dont le nom figure sur des plaques de rues dans de nombreuses villes d'Italie. Mais il y a peut-être méprise. Quant à l'Ahuri des poubelles, à court d'inspiration, il recycle ses vieux articles, qui ont 15 ans de bouteille...
< http://www.amnistia.net/biblio/recits/victor.html > L'hospice n'est pas loin.
Nous avons signalé le travail de Rigg avant même sa sortie [en janvier 1997, nous avions traduit un article du Daily Telegraph du 2 décembre 1996, qui présentait les recherches de Rigg: texte français, texte anglais], mais il nous semble qu'il a été ignoré par l'establishment qui ne tient pas tellement à ce qu'on parle des "juifs" qui étaient au service de Hitler. C'est donc tardivement qu'on voit apparaître un compte-rendu élaboré, d'abord sur H-German (liste sur l'histoire allemande) repris presque aussitôt par H-Holocaust. On remarquera la tentative de rejeter le livre et le souci de dénier à ces "juifs"-là la qualité de juif que les mêmes sont ravis de trouver dans les candidats à l'émigration en Palestine. Deux poids, deux mesures. Mais comme la balayette, ils l'ont dans le cul, il faut bien qu'ils se trémoussent:
Published by H-German@h-net.msu.edu (July 2004)
Bryan Mark Rigg. Hitler's Jewish Soldiers: The Untold Story of Nazi Racial Laws and Men of Jewish Descent in the German Military. Modern War Studies Series. Lawrence: University of Kansas Press, 2002. 528 pp. Index. $29.95 (cloth), ISBN 0-7006-1178-9; $16.95 (paper), ISBN 0-7006-1358-7.
Reviewed for H-German by David J. Fine, Graduate Center, City University of New York
Bryan Mark Rigg's Hitler's Jewish Soldiers uncovers a wealth of oral history and personal documents relating to German soldiers of partial Jewish ancestry who served in the Wehrmacht. Rigg interviewed hundreds of these men labeled "Mischlinge" by the Nazi regime. He sought and received access to many of their personal records, both in their possession and in military and government archives. By tracing their histories through interviews and documents, Rigg is able to reconstruct the historical experience of the "Mischlinge." His fascinating discussion nonetheless occasionally leaves the reader wanting.
Law, like most cultural edifices, is defined by its boundaries, and the boundaries are often gray. A clear legal definition of who is a Jew was required by the Nazi state, guided by a basic principle of discrimination against, and ultimate extermination of, the Jews. And yet, given the centuries of Jewish integration in Germany, it was not always clear who was a Jew and who was not. The first two chapters of Rigg's work analyze the various definitions of Judaism, both full and partial, from the Jewish and Nazi perspective. The third chapter offers a useful overview of Jewish assimilation in Germany as well as Jewish participation in the German army from the eighteenth century through World War I. But the heart of the book is found in chapters 4, 5 and 6 where Rigg recounts the history of conflicted racial policy vis-a-vis "partial Jews" throughout the period of the Third Reich. While all "non-Aryans" were ordered dismissed from military service in 1933, the status of "partial Jews" did not receive significant clarification until the Nuremberg laws of 1935, which created the categories of "Mischling ersten Grades" (first degree), which included those with two Jewish grandparents, and "Mischling zweiten Grades" (second degree), or those with one Jewish grandparent. Three or four Jewish grandparents made one a Volljude regardless of religious confession. But the attempts at clarification only created more difficulties. Various orders over the years commanded the expulsion of "partial Jews" from the Wehrmacht. Some orders distinguished between first and second degree "Mischlinge." Some distinguished between positions of authority in the Wehrmacht and the enlisted ranks. Racial polices in the army relaxed with the onset of war in 1939, but were enforced anew after the conquest of France. In the final years of the war, the Wehrmacht ordered "partial Jews" still in its ranks to forced labor camps. But some commanding officers are documented as having tried to protect such individuals under their command. In addition, policy confusion persisted due to a system of exemptions under which "partial Jews" could request "Aryanization," which could only be certified personally by Hitler. Rigg documents the surprising amount of time Hitler spent on exemption requests from "partial Jews." Chapters 7 and 8 recount the vagaries of the exemption process. The final chapter addresses the question of the extent to which such individuals serving in the Wehrmacht understood the dimensions of the Holocaust during the war. Rigg argues that while his interview subjects admitted to witnessing acts of deportation, torture and murder, they did not generally understand that what they witnessed was part of a systematic genocide.
Rigg explores the personal dramas of secrecy, shame and endless bureaucratic attempts at "Aryanization" that were the common experience of so many of his subjects. Most of the men Rigg interviewed managed to hide their Jewish ancestry for years. Many had various "protections." Marriages to "Aryans," decorated war service, friends in high places, and membership in the Nazi party all served to mitigate persecution. Nevertheless, the stress of carrying a secret, the shame of discovery, the concern for Jewish family members, and the sense of injustice, all mark a particular experience of Nazi Germany that enriches our understanding of the period.
Despite these valuable discussions, however, the very title of the book is a misnomer. The subjects of Rigg's study were not Jewish. With but a few exceptions, they were Jewish neither by their own identity, by Jewish religious law, nor Nazi laws. That is, the very existence of the legal category "Mischling" means that even the Nazis recognized that Jewish ancestry was not always the dominant factor in defining Jewishness. The curiosity of Jews fighting for Nazi Germany, a teaser implied by the book's title, is therefore misleading. These "Jewish soldiers" were self-identified Germans, many of them Nazi party members, a number of them even "proud" anti-semites. According to Jeremy Noakes's 1989 seminal essay (upon which Rigg bases his work) less than 10 percent of first degree "Mischlinge" and only 1.2 percent of second degree "Mischlinge" considered themselves Jewish.[3] It is disappointing that Rigg does not explore the nature of their identity beyond Nazi legal definitions. While acknowledging that the term "Mischling" itself is derogatory, Rigg himself consistently uses it throughout his book. The use of the term, especially without quotation marks, strikes me not only as glaring but also as an uncritical ascription of identity. "Mischling" is a pejorative legal fiction based upon racist assumptions that can tell us much about Nazi ideology and policy but little about the people whom it describes. The extent to which a group can be formed by being collectively targeted by an oppressive regime is an interesting question. However, Rigg notes again and again that almost every one of his subjects thought his case was unique. Such individuals knew of the existence of other "partial Jews," but thought that their own circumstances were special, hence undermining any collective identification. But Rigg must believe that there was some kind of group consciousness, otherwise there is no subject for the book besides the group or its individuals as objects of Nazi laws. The claim of unique experiences applies to the final chapter on knowledge of the Holocaust. In that chapter, Rigg reports that, with few exceptions, none of the men he interviewed had any idea that the discrimination, abuse and massacres they saw were part of an overall systematic attempt to destroy German and European Jewry. The fact that they all claim, fifty years after the fact in oral conversations, that they thought that what they saw constituted aberrations should not be terribly surprising. Here a discernable pattern develops. The overwhelming majority of Rigg's subjects are quick to assume the experience of being victimized, and yet are reticent to assume any knowledge of (or needless to say, responsibility for) the horror that went on around them.
While Rigg's study uncovers fascinating threads of archival and oral history, it does not add to the historiographical interprétation of Nazi Germany except in showing how concerned Hitler was with particular points of racial doctrine and how that concern was translated and executed by military command and in the ranks. Rigg, while expanding our knowledge of the military experience, does not differ in his understanding of the "Mischling" experience from Jeremy Noakes's 1989 essay that served as the starting point for Rigg's research. This book will be of interest to students of the Wehrmacht and Nazi racial policy. It falls short of exploring the bigger questions of the role of Jews in supporting the Nazi state or of German soldiers' acknowledgment of their role as perpetrators in the Holocaust.
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La diabolisation
par Alain de Benoist
Extrait
La diabolisation est apparue autour de 1985-87, alors même que les écoles de pensée de gauche et d'extrême gauche s'étaient largement dispersées, que le marxisme et le freudisme étaient passés de mode, et que les expériences historiques auxquelles beaucoup s'étaient référés (communisme soviétique, castrisme, «modèle yougoslave», «révolution culturelle» chinoise, etc.) s'étaient soldées par des échecs évidents, tandis que la dépolitisation s'étendait un peu partout, à commencer par le monde étudiant.
J'analyse cette diabolisation comme résultant de la conjonction de deux facteurs principaux. D'une part la résurgence de cet «antifascisme» obsolète, lié à la montée du Front national, dont j'ai déjà parlé, qui a servi d'identité de substitution à quantité d'hommes de gauche qui avaient par ailleurs tout abandonné de leurs anciennes convictions: se dire «antifascistes» alors qu'ils s'étaient ralliés sans état d'âme au réformisme et à la société de marché leur permettait d'entretenir l'illusion sur leur identité. Ayant glissé à droite, il leur fallait une «menace d'extrême droite» pour se dédouaner. Cet «antifascisme» sans risques (au contraire de l'antifascisme historique), mais au contraire éminemment rentable, car consonnant avec l'air du temps, a pris la forme d'un psychodrame, qui s'est traduit par la mise en place de «comités de vigilance», de pratiques inquisitoriales généralisées, de procès à grand spectacle, de récitation rituelle de mantras sur le «travail de mémoire», d'épurations rétrospectives, etc. Le second facteur a été la mise en place de ce qu'on a appelé la «pensée unique», phénomène qu'il faut interpréter de manière systémique beaucoup plus qu'idéologique. L'échec des grandes expériences alternatives du XXe siècle a généralisé l'idée que nous vivons sous l'horizon du seul modèle de société possible. C'est l'idée que ne cessent de répéter implicitement les médias, et que Fukuyama a théorisé dans son livre sur la «fin de l'histoire». Il en a résulté l'illusion qu'il n'existe qu'une seule solution aux problèmes politiques et sociaux, solution technique et non pas idéologique, que la conduite des affaires publiques est essentiellement une affaire d'expertise gestionnaire, et que tout ce qui s'écarte de ce «cercle de raison» doit être impitoyablement écarté. Les partis politiques ne se sont plus dès lors attachés qu'à leur image médiatique, tandis que se constituait un grand bloc central, un «extrémisme du centre», dont la caractéristique majeure est que tout y est interchangeable.
Sur la base de cette double vulgate minimale, un processus d'exclusion-diabolisation s'est mis en place de façon accélérée. Il s'est élargi progressivement en cercles concentriques, touchant dans un premier temps des gens réputés d'«extrême droite», mais en s'étendant très vite à toutes les voix discordantes quelle qu'en était la provenance (y compris les voix discordantes de gauche). Disons pour faire bref que tous les esprits libres se sont vus peu à peu couper le haut-parleur. Pour donner des exemples, il faudrait remplir des dizaines de pages. Je n'en donnerai qu'un, tout à fait personnel, mais qui donne une idée du chemin parcouru: en 1981, Le Monde pouvait encore publier un entretien avec moi qui couvrait deux pleines pages de ce quotidien, alors qu'aujourd'hui je ne pourrais plus y publier une ligne. En 1977, plus de 300 articles avaient salué la publication de mon livre intitulé Vu de droite, qui avait dans la foulée remporté le Grand Prix de l'Essai de l'Académie française. Aujourd'hui, j'ai tout simplement renoncé à faire des services de presse. Il est clair qu'en faisant un travail d'ordre intellectuel, c'est-à-dire en intervenant dans un champ théorique dont certains avaient fait leur chasse gardée, je ne pouvais, dans un pareil climat, qu'être voué à l'ostracisme. Comme on n'a jamais trouvé à m'opposer une seule ligne que j'ai écrite, on s'en tient au silence, méthode très efficace à l'époque où tout dépend de la communication médiatique. Faire silence épargne d'avoir à réfuter, tâche plus difficile. Cela ne m'empêche pas de dormir. L'ostracisme, aujourd'hui, est l'autre nom de la liberté.
Paru dans le dernier n° d'Aviso, le mensuel de Génération Le Pen, 8 nov 2004.
Et Si Faurisson Avait Gagné...
Gilles Dauvé
Supposons qu'en 1980 des historiens et des journalistes de plus en plus nombreux, rejoignant le professeur, aient conclu qu'avaient existé très peu de chambres à gaz homicides.
Au lieu de l'opprobre, ses soutiens ultra-gauches auraient récolté une petite célébrité, et bientôt le prof délaissé la Vieille Taupe pour Apostrophes.
L'opinion aurait dit que les déportés avaient cru de bonne foi à l'existence de chambres à gaz. Que ceux qui «savaient» ( les chefs sionistes par exemple ) avaient jugé de bonne guerre d'en accuser les nazis pour entretenir la répugnance à l'égard d'un régime effectivement répugnant et qui a massacré massivement (de cela personne ne doute ni ne douterait) des Juifs conformément à sa politique officielle. Que les conditions imposées aux déportés, surtout aux Juifs, les conduisaient à la mort. Même sans Zyklon B, le nazisme resterait le criminel n° 1 de l'Histoire.
Le «mensonge» sur les camps dévoilé par Faurisson serait devenu un parmi d'autres, comme les Russes sur Katyn ou Mitterrand sur son passé vichyste, tous plus ou moins secrets de Polichinelle.
Faurisson eût été comblé d'atteindre son but: établir une vérité factuelle.
Ses relais ultra-gauches, eux, mobilisés contre un système, eussent été utilisés: leur vision de 39-45 et du nazisme ne serait pas plus dans les têtes qu'avant.
Aucune position idéologique ne dépend d'un fait. En 1950, un stal était rarement ébranlé par des récits sur la déportation en Sibérie, qui le confortaient plutôt dans sa conviction de défendre la patrie du socialisme tant calomniée. Le jour où l'URSS entre en déclin, où les bases sociologiques du PCF s'effritent, une configuration politique et mentale devient intenable: soudain notre homme entend Soljénitsyne répéter des témoignages qui circulaient depuis les années 30, et en tient compte.
Ce n'est presque jamais une donnée seule qui fait bouger la conscience. Celle-ci fonctionne comme un tout, une structure de pensée qui évolue en intégrant et négligeant des éléments factuels. Soit elle assimile l'intrus, soit il la désintègre.
Question au lecteur: Son opinion sur le nazisme et la 2nde guerre mondiale, quelle qu'elle soit, dépend-t-elle beaucoup ou très peu de sa conviction sur les chambres à gaz? Et changerait-elle si cette conviction changeait dans un sens ou un autre? Celui qui estime criminelle la plus légère interrogation sur leur existence est peut-être prêt à traquer le réviso au bout du monde, parce que la certitude du gazage représente pour lui l'ultime garde-fou contre le retour des SS, mais là n'est pas l'origine réelle de l'idée qu'il se fait du nazisme et de 39-45. De même l'auteur de ces lignes a cru aux chambres à gaz, un peu comme tout le monde, sans se poser de questions ni y accorder grande importance, puis admet à nouveau leur existence, après réflexion cette fois, sans que son opinion sur la guerre et le question démocratie/fascisme ait changé au fond.
A Mile Too Far
by Kevin Alfred Strom
L'auteur est un faf notoire. Faut le savoir. Maintenant qu'on le sait, on peut lire:
In what many say is the greatest extortion scheme in history, Jewish groups recently forced Swiss banks to give them 1.25 billion dollars, ostensibly a "return" of funds held in dormant accounts belonging to 'Holocaust' victims. Despite worldwide publicity and very loose criteria for claimants, only a little over 10% of the money was ever claimed. Will the remaining $1.12 billion be returned to its rightful owners, or will the Jewish groups keep it? Studying the face of one of the organizers of the scheme, Jewish attorney Edward Fagan, should give you the answer.
Those of us who are aware of the danger facing America and the rest of the Western world from the multiracialist Jewish establishment sometimes give our enemies too much credit. They are far from superhuman. They've lost before. They definitely have their faults and weaknesses. And what they are trying to do -- create a prosperous, harmonious, multiracial slave state -- is patently impossible, and is literally blowing up in their faces everywhere from Malaysia to Madrid to Miami. They have enraged the First World with their gross and obvious attempts at genocide and nation-wrecking against the peoples of the West; they have enraged the Third World with their hypocrisy and with their aggressive campaign of terror, murder, and genocide against the Palestinian and kindred Arab peoples; and even the befuddled Americans are beginning to realize that they have been snookered into a war against Israel's enemies, a war with no end in sight and no conceivable benefit to America. As the body bags continue to arrive on the tarmac, and the liberties our forefathers died for continue to evaporate at the stroke of Ashcroft's pen; and as Madrid and the Twin Towers are finally seen for what they are -- just tiny tremors preceding the real earthquake of rage from the victims of American- and Western-funded Jewish violence -- Americans may well rethink the wisdom of being the front men, bag men, and cannon fodder for the Jewish hate and murder machine.
One egregious flaw that the Jews have is the tendency to wildly overplay their hand, to go too far. They like to take, they like to rule -- and once they've taken, they like to take some more -- a lot more, until it becomes unbearable for the victims. And when they rule, albeit from behind the scenes, they like to lord it over the ruled, even to controlling their every thought and gesture, lest it be less than reverential to God's superior race -- and this, too, rankles proud men and women not willing to live their lives with heads bowed.
You can see how this tendency operates in what the Jews did to Mel Gibson after he made a film that cast them in a less than worshipful light. Instead of keeping their manipulations quiet and behind the scenes, they made a public brouhaha of their bullying -- and in the process they made the film they were attacking one of the most popular ever made, they made its creator some $400 million, and they doubly tarnished their reputation by being seen not only as the descendants of the murderers of God but as here-and-now Stalinist censors of the most unbearable kind -- hardly the 'victim' image they like to cultivate.
You can also see Jewish hyper-arrogance at work in what they recently did to the spiritual leader of many of the Palestinian people, Sheikh Ahmed Yassin: They out-and-out assassinated him, as they do to anyone there whom they adjudge in their secret Jews-only councils to be a serious danger. You can see Jewish hubris at work when they send their soldiers in broad daylight into Palestinian banks and openly heist the money of the depositors there. I could go on for hours.
But I think that this Jewish tendency to overplay their hand and blow all their advances through hubris and arrogance is nowhere more clearly illustrated than in what they have done to the small White country of Switzerland. American Dissident Voices has been covering this story for some time, and what the Jews have done to Switzerland is so unbelievable, so extreme, so unjust, so audacious that it can hardly be believed. It will take your breath away. I am indebted to our Swiss Correspondent -- a writer from that country who must remain anonymous in the work he does for National Vanguard -- for much of the information I'll be giving you today.
In his 1997 broadcast, 'The Giant Gold Robbery',
<http://tinyurl.com/37ey5> Dr. William Pierce detailed the beginnings of the gigantic fraud by which the Jewish establishment managed to get their hands on more than a billion dollars of other people's money in the formerly sacrosanct vaults of the Swiss banks. They did it by making false claims about 'dormant accounts' and 'Nazi gold,' and then using their media and their compliant servants in the US government to put a hammerlock on the Swiss banks until they cried 'uncle' and gave up their depositors' cash -- just so they could stay in business.
Back on November 1st, I showed you how the Jews in Switzerland were claiming additional millions just for being Jews.
< http://tinyurl.com/3cmyo > They had taken an original claim for 'Holocaust' compensation, for Jews who allegedly suffered persecution six decades ago, and (since the alleged victims will soon be dead and unable to collect any further funds) mutated it into a demand for millions of dollars from the Swiss taxpayers for continuing support of the very Jewish organizations making the extortion demands. Thus, wealthy and powerful Jews who weren't even alive when the supposed persecution took place would have a bountiful source of income from their Swiss slaves in perpetuity, without even making a claim that the Jews being paid had suffered in any way, or that the Swiss who were paying them had done anything 'wrong' (except by being born as non-Jews).
Now, our Swiss Correspondent reports that the hour of truth has come for the Jews in the "dormant accounts" affair. From the $1.25 billion that they squeezed out of the Swiss banks in August 1998, as "Holocaust compensation," only $0.13 billion could be confirmed as having belonged to Jews -- even under the extremely generous criteria defined by the Jews themselves. Now, what are the Jews going to do with the remaining amount not belonging to them, some $1.12 billion?
If they were motivated by a sincere wish to be compensated for lost assets, as they pretend, they would now give back the excess $1.12 billion to Switzerland, with apologies -- or at least excuses. If, on the other hand, they were motivated by greed, if they were just robbing Gentiles as much as they could, then they would keep the excess billion for themselves, like thieves. Guess which one they're doing? Organized Jewish groups are, right now, exhibiting the second behavior and hoping that you won't get wind of it.
In October 1996, Gizella Weisshaus, a bitter Jewess born in 1929 in the Carpathian mountains, and living now in Brooklyn, NY, filed a class action suit against Swiss banks, claiming the fantastic sum of $20 billion on behalf of the "victims of Nazi persecution."
The attorney in charge of the lawsuit was Edward Fagan, a wealthy New York-based Jewish attorney, who had smelled blood and sworn that this was "my case." Other Jews, enticed or suborned by other ambitious attorneys, filed similar claims early in 1997. Fagan boasted that, after a few months, he had assembled around 16,000 Jews, literally filling his filing cabinets with claims. (Jewish and other attorneys are fond of class actions because they may subtract large sums as fees or "expenses," sums which often bear little relation to reality. That's one explanation for the often-inflated "compensation" requested.)
Led by the World Jewish Congress, Jewish organizations enthusiastically took up the pretense that the Swiss bankers were retaining and concealing large sums of money from their legitimate owners: Jews who died during WWII.
These powerful Jewish groups complained that the billions allegedly owed to the world's wealthiest ethnic group were in "dormant accounts" purposely held back by the greedy Swiss bankers. The Jewish groups stated that the money should be given to them regardless of how "dirty" the money was, and however their ancestors had earned it -- be it prostitution networks, usury practiced on needy Europeans, international weapons trafficking, the diamond trade monopoly, or whatever else. They said that the Swiss bankers' requests for death certificates and other documentation were "impossible to deliver in this case" and that the money should be delivered based, in some cases, on their say-so alone. (In truth, there were negotiations in many such cases, and some wealthy Jewish heirs were able to prove their relationship to old account holders, and so got their family's assets back). As Dr. Pierce pointed out in his broadcast, the Swiss banks had standard procedures for dealing with dormant accounts, and legitimate claimants were routinely able to get the funds they were due. The Swiss banks admitted that some of the tens of millions in dormant accounts they were holding had belonged to people with Jewish-sounding names. But the small number of legitimate, provable claims were nothing compared to the billions the Jews had set their sights on. A few million was pocket change for them. When the banks started buckling under Jewish pressure and offered an outrageously unjustified $600 million, even that wasn't enough.
Using their leverage on the U.S. media and politicians, North American Jews and their puppets started an all-out war against Switzerland. They launched a wave of anti-Swiss hatred in newspapers and political groups. The Jewish-controlled U.S. media vomited hateful invented stories against the small, defenseless, Alpine country. Jewish-financed U.S. politicians threatened to forbid Swiss banks to do business on American soil, which would have been a crippling blow. That was an especially ominous threat for the two largest Swiss banks -- UBS and CSG -- which had heavily invested in their American operations.
In August 1998, after two years of vicious attacks against Switzerland and in particular against the Swiss ambassador in Washington and UBS's CEO, the two largest Swiss banks were cornered. The reputation risk arising from media smears, and the threat of being cut off from the American market were overwhelming. They cried for mercy. In August 1998, they paid the Jews $1.25 billion just to be left in peace.
< http://tinyurl.com/ys4tx - http://tinyurl.com/2whzp >
An international "tender" was then opened for all Jews of the world: file claims, and get money! Because many accounts could no longer be verified sixty years later, every reasonably clever Jew in the world was basically free to invent a past fortune, as long as he had had a parent who visited Switzerland at the time. (Records of detailed cash movements are not kept for sixty years. Only names and account numbers are stored permanently).
A "Settlement Agreement" was signed in January 1999. A special director, Judah Gribetz, was appointed to design an allocation plan for the bounty. The operative administration of the fund was placed in the hands of the judge who had presided over the lawsuit, Edward Korman of the U.S. District Court in Brooklyn. In November 2000, Korman defined a precise distribution procedure. A deadline for all Jewish claims was set for the end of 2003. On July 26th, 2001, the distribution began.
Now, after two years of this windfall, the Jewish organizations are facing an annoying problem: even with the very elastic and philo-Semitic criteria that they have defined, most of the Swiss money could not be allocated or distributed. As of October 2003, only $132 million had been given out, to the putative Jewish heirs of 1,751 dormant accounts, the totals of which had probably been guessed with a certain degree of optimism.
Jewish claims on the Swiss banks have clearly been vastly overstated. So -- will the Jews give back the excess $1.12 billion they received? Will they give this billion, which does not belong to them, back to Switzerland, with apologies or excuses?
No, they won't.
For one thing, the billion is no longer there. Half of it was already distributed to various Jews on several pretexts. Shrewd as ever, they had known from the beginning that the dormant accounts could not possibly contain as much as they were claiming. So they set aside, at the very beginning in November 2000, $450 million for their brethren based on hastily-invented claimant categories to which neither the banks nor anyone else had ever agreed: They invented several new classes of beneficiaries, besides the original "dormant account" category -- officially called the "Deposited Asset Class." Korman and his team had the brilliant idea of inventing three other classes, the "Slave Labor," "Refugee," and "Looted Assets" classes; all of these being labeled as "Holocaust survivor" classes, making them very difficult to criticize publicly.
In a wonderful illustration of a double moral standard, the Jewish groups required that Swiss companies reimburse any Jews who allegedly worked during WWII under harsh conditions in any of their branches in Europe -- whereas numerous Jewish businesses thriving on slave or near-slave labor even up to the present day have never been held accountable: These include, to name just a few, the Jewish diamond traders and cutters from New York, Antwerp, Amsterdam, and Tel Aviv who are making fortunes at the expense of mine workers laboring in inhumane conditions all over Africa. Similarly, much of the kosher food imported to the US from China is produced by Gulag workers. The Jews, like their bought elite, actually enjoy slave labor very much, since it is so much cheaper than paying a living wage.
The new Jewish beneficiary classes defined by Korman and his team had the immense advantage of being freely extensible categories, since they were very vaguely defined and very difficult to verify. Any Jew might claim to have had a parent or relative who worked under inhumane conditions or who was turned away when seeking asylum in Switzerland during WWII. This clever trick essentially meant that many thousands of Jews could live on Swiss welfare. This tactic allowed Korman and his team to immediately pour out $450 million of Swiss money to their chosen recipients.
Nevertheless, near the end of 2003, $670 million was still unclaimed.
If the Jewish organizations were motivated by a thirst for justice, they would not have touched this $670 million and would have returned it to Switzerland.
But that's not what happened.
In October 2003, the special director began a "consultation period" amon