[(1)]Le mot de "gazouillage (s)" est de Pressac qui l'emploie dans ses conversations privées où il confie volontiers qu'il ne croit pas, en réalité, à la thèse des gazages systématiques et à grande échelle mais seulement à des gazages occasionnels et improvisés que, d'un mot, il appelle des... "gazouillages".
[(2)]Le 2 mars 1943, la firme Topf et fils d'Erfurt adresse à la direction des constructions d'Auschwitz une lettre concernant une commande de dix détecteurs de gaz cyanhydrique pour le KrematoriumII d'Auschwitz. Il n'y a là rien d'étrange. La lettre est commerciale et sans aucun caractère secret. Elle porte en toutes lettres "Gasprüfer/Krematorium" (détecteurs de gaz/crématoire). Les appareils sont appelés "Anzeigegeräte für Blausäure Reste" (détecteurs pour restes d'acide cyanhydrique). C'est ce que, dans mon Mémoire en défense [...] (La Vieille Taupe, 1980, p. 171), j'ai appelé "appareil de détection du gaz restant", qui est la traduction de "Gasrestnachweisgerät". Ces appareils se trouvaient partout où s'entreposait le matériel de gazage (Vergasung) et partout où se pratiquaient des désinfections au Zyklon. Vu les ravages exercés par le typhus à Auschwitz et vu l'accumulation des cadavres de typhiques dans les crématoires, l'utilisation de ces détecteurs à papier sensible était normale. Depuis 1922 et encore aujourd'hui, le Zyklon s'emploie à la désinfection des locaux d'habitation, des silos, des bibliothèques, des navires, etc.