23 septembre 1994
Le révisionnisme historique est la grande aventure intellectuelle
de la fin de ce siècle.
Malgré ses dimensions, le présent ouvrage n'offre
qu'un aperçu de cette aventure; aussi me paraît-il
nécessaire de rappeler ici d'abord sur quel problème
historique précis les révisionnistes ont concentré
leurs recherches, puis comment le révisionnisme a pris
naissance dans les années 40 et comment il s'est développé
dans les années 50 à 78; enfin, comment il a vraiment
pris son essor dans les années 78-79 pour connaître
aujourd'hui une telle extension que, malgré les pires mesures
répressives, plus rien ne semble devoir arrêter sa
marche en avant.
Au procès de Nuremberg (1945-1946), l'Allemagne avait été
jugée et condamnée pour des "crimes contre
la paix", pour des "crimes de guerre et pour des "crimes
contre l'humanité . Or, par leurs découvertes successives
sur ces trois points, les révisionnistes ont été
en quelque sorte conduits à demander la révision
du procès de Nuremberg. Sur les deux premiers points, les
révisionnistes ont pu présenter leurs arguments
sans trop de difficultés et il est probable qu'aujourd'hui
aucun historien sérieux ne contestera qu'en matière
de "crimes contre la paix et de "crimes de guerre ,
l'Allemagne n'avait de leçon à recevoir de personne:
il est, en effet, devenu évident que les Alliés
ont, de leur côté, leur part de responsabilité
dans le déclenchement de la guerre et qu'ils ont, de leur
côté, commis d'innombrables "crimes de guerre
(si cette expression a un sens car la guerre elle-même peut
être tenue pour un crime). En revanche, sur le troisième
point, c'est-à-dire sur les "crimes contre l'humanité
, l'Allemagne, nous répète-t-on encore à
satiété, aurait eu l'exclusivité de l'horreur
avec le "génocide des juifs. C'est sur l'étude
de ce point précis que les révisionnistes ont concentré
leurs efforts. Aussi, peu à peu, le révisionnisme
historique est-il devenu ce que les Américains appellent
maintenant Holocaust revisionism.
Selon ses accusateurs, l'Allemagne ne se serait pas contentée
de persécuter les juifs, de les déporter et de les
mettre dans des camps de concentration ou dans des camps de travail
forcé; ces "crimes -là tout historien le sait
sont malheureusement fréquents dans l'histoire des hommes
et il suffit aujourd'hui d'ouvrir son poste de télévision
pour constater que toutes sortes de communautés humaines
continuent à souffrir de tels "crimes . L'Allemagne,
affirment encore ses accusateurs, serait allée beaucoup
plus loin. Opérant un saut de géant dans l'horreur,
elle aurait décidé vers 1941-1942 l'extermination
totale des juifs européens et, afin de perpétrer
ce crime spécifique, elle aurait mis au point et
utilisé une arme spécifique: la chambre à
gaz (ou le camion à gaz) homicide. S'aidant d'abominables
abattoirs chimiques, elle aurait entrepris un assassinat collectif
aux proportions industrielles. Ce crime (le génocide) et
cette arme du crime (la chambre à gaz homicide) sont, en
ce sens, indissociables et il est par conséquent impossible
de prétendre, comme le font certains, que "chambre
à gaz ou pas, il n'y a pas de différence fondamentale
. L'Allemagne aurait, de cette manière, commis contre les
juifs un crime intrinsèquement pervers. Les juifs ajoutent
que le monde entier aurait, en connaissance de cause, laissé
les Allemands perpétrer ce crime. Le résultat paradoxal
d'une si vaste accusation est qu'aujourd'hui, dans le box des
accusés, les "criminels Hitler, Himmler et Goering
sont rejoints par leurs "complices: Roosevelt, Churchill,
Staline, le pape Pie XII, le Comité international de la
Croix-Rouge ainsi que les représentants de bien d'autres
pays et instances. C'est ce qu'aux Etats-Unis, par exemple, de
Los Angeles à Washington, on s'acharne à répéter
dans les "musées de l'Holocauste où les juifs
d'aujourd'hui s'érigent en accusateurs du monde entier;
ils vont jusqu'à incriminer les responsables juifs qui
vivaient durant la guerre en Europe, en Amérique ou en
Palestine; ils osent leur reprocher soit leur collaboration, soit
leur indifférence, soit la mollesse de leurs réactions
devant "l'extermination systématique de leurs coreligionnaires.
Les premières rumeurs d'un gazage des juifs par les Allemands
auraient circulé en décembre 1941 dans le ghetto
de Varsovie 1. Mais, pendant
toute la guerre, de telles rumeurs n'ont trouvé qu'un faible
écho dans les milieux hostiles à l'Allemagne. Il
suffit de lire un ouvrage comme celui de Walter Laqueur, The
Terrible Secret 2 pour se rendre
compte que le scepticisme était général.
Pendant la seconde guerre mondiale, on gardait encore un souvenir
vivace des inventions de la propagande d'atrocités durant
la première guerre mondiale où déjà
se colportaient des histoires de gazages de populations civiles
(dans des églises ou ailleurs) ainsi que des histoires
d'usines à cadavres. Le Foreign Office ne voyait dans les
nouvelles rumeurs de la seconde guerre mondiale que des inventions
juives et beaucoup de milieux américains partageaient cette
conviction 3. Edward Benes,
président (en exil à Londres) de la Tchécoslovaquie,
déclarait en novembre 1942, après enquête
de ses services, que les Allemands, contrairement à
ce qu'on lui avait rapporté, n'exterminaient pas les juifs
4. L'Américain
d'origine juive, Felix Frankfurter, juge à la Cour suprême,
déclarait sur le sujet à Jan Karski: "I can't
believe you 5. En août
1943, Cordell Hull, Secretary of State, prévenait par un
télégramme l'ambassadeur US à Moscou qu'il
convenait de supprimer dans le projet de déclaration commune
des Alliés sur "les crimes allemands en Pologne toute
mention des chambres à gaz parce que, comme le faisaient
remarquer les Britanniques, les preuves en la matière étaient
insuffisantes ("insufficient evidence ) 6.
Même après la guerre, de hauts responsables alliés,
comme Eisenhower, Churchill et de Gaulle, allaient s'abstenir,
dans leurs mémoires respectifs, de mentionner l'existence
et le fonctionnement de chambres à gaz nazies. D'une certaine
manière, tous ces sceptiques étaient, à leur
façon, des révisionnistes. Ni le Vatican, ni le
Comité international de la Croix-Rouge, ni la Résistance
allemande n'agirent comme s'ils ajoutaient foi à des rumeurs
qui, d'ailleurs, prenaient les formes les plus fantastiques: invariablement
les Allemands passaient pour exterminer les juifs mais les modes
d'extermination étaient, eux, des plus variables: la vapeur
d'eau, le gaz, l'électricité, le feu, l'acide, la
piqûre d'air, la noyade, la pompe à faire le vide,
etc. On ne sait trop exactement pourquoi, le gaz a fini par l'emporter
sur le marché de cette Greuelpropaganda.
Le Français Paul Rassinier fut le premier véritable
révisionniste d'après-guerre. En 1950, cet ancien
déporté commença à dénoncer
dans Le Mensonge d'Ulysse 7 et dans toute une série d'ouvrages le mythe
des chambres à gaz . En 1976, l'Américain Arthur
Robert Butz publia The Hoax of the Twentieth Century 8 qui constitue à ce jour l'ouvrage révisionniste
le plus profond sur le sujet du génocide et des chambres
à gaz. En 1979, un magistrat allemand, le Dr. Wilhelm Stäglich,
publia à son tour Der Auschwitz Mythos 9, étude consacrée principalement
à la manière dont les tribunaux allemands ont pu
collaborer à la fabrication d'un mythe, un peu de la même
manière que, dans le passé, les juges des procès
de sorcellerie, surtout de 1450 à 1650, ont cautionné
les récits les plus extravagants sur les pals, les grils
et les fours de Satan.
Sans vouloir réduire l'importance majeure de P. Rassinier,
d'A. R. Butz et de W. Stäglich, j'espère qu'on me
permettra de dire qu'à la fin des années 70 le révisionnisme
allait cette fois devenir matérialiste et scientifique
avec les recherches menées sur le terrain par le Suédois
Ditlieb Felderer ainsi qu'avec mes propres découvertes
à Auschwitz même, avec mes considérations
sur l'emploi du Zyklon B pour la désinsectisation (Entlausung)
et avec mes réflexions sur l'utilisation, dans les chambres
à gaz des pénitenciers américains, du gaz
cyanhydrique pour exécuter des condamnés à
mort. Ni P. Rassinier, ni A. Butz, ni W. Stäglich ne s'étaient
rendus en Pologne sur les lieux supposés du crime et aucun
d'entre eux n'avait pu encore vraiment utiliser dans toute leur
étendue les arguments d'ordre physique, chimique, topographique
et architectural qui aujourd'hui, à la suite des enquêtes
de D. Felderer et de mes propres enquêtes, sont couramment
employés par la plus jeune génération des
chercheurs révisionnistes. Les chercheurs juifs, défenseurs
de la théorie de l'extermination des juifs, étaient,
eux, résolument demeurés ce que j'appelle des "historiens
de papier: Léon Poliakov et Raul Hilberg étaient
restés dans le papier, dans les mots et dans le domaine
des spéculations.
Il est surprenant que l'Allemagne, si riche en chimistes et en
ingénieurs, et que les USA, eux-mêmes non dépourvus
d'esprits scientifiques qui disposaient sur place de l'exemple
de leurs chambres à gaz fonctionnant à l'acide cyanhydrique,
n'aient pas aperçu le champ immense de l'argumentation
proprement scientifique. En 1976, je découvrais à
Auschwitz à la fois la configuration exacte des crématoires
censés avoir contenu des chambres à gaz homicides,
les chambres à gaz de désinsectisation (Entlausungsgaskammern)
et les plans (jusque-là cachés) de certains crématoires.
En 1978-1979, je publiais dans Le Monde 10 deux textes où je résumais certaines
de mes découvertes. En 1979, à la première
conférence de l'Institute for Historical Review, à
Los Angeles, je présentais le détail de ces découvertes.
Parmi mes auditeurs se trouvait Ernst Zündel, un Allemand
établi à Toronto. A partir de 1985, ce dernier allait
se révéler le plus ardent, le plus efficace et aussi
beaucoup semblent l'ignorer l'un des esprits les plus novateurs
parmi tous les révisionnistes. Il a été le
premier à comprendre pourquoi j'insistais tellement sur
l'argument chimique et, en particulier, sur l'importance, pour
nous, de la technologie des chambres à gaz américaines
dans les années 30 et 40. Il a compris pourquoi je souhaitais
qu'un spécialiste de ces chambres à gaz américaines
aille examiner sur place, en Pologne, les prétendues chambres
à gaz d'exécution. Ayant, grâce à ma
correspondance des années 70 avec les pénitenciers
américains, découvert un tel spécialiste
en la personne de Fred Leuchter, c'est E. Zündel, et lui
seul, qui eut l'idée géniale de demander à
ce dernier non seulement un examen des lieux mais un prélèvement
d'échantillons de matériaux constituant, d'une part,
les chambres à gaz de désinsectisation et, d'autre
part, les prétendues chambres à gaz d'exécution.
En février 1988, il prit le risque d'envoyer à ses
frais en Pologne F. Leuchter et toute une équipe pour y
étudier les prétendues chambres à gaz d'exécution
d'Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek. Le résultat de
l'étude des lieux et de l'analyse des échantillons
prélevés se révéla spectaculaire et
totalement en faveur de la thèse révisionniste.
Dans les années suivantes, d'autres rapports allaient confirmer
la justesse du "rapport Leuchter 11: d'abord l'expertise, très savante, de
Germar Rudolf 12, puis la
contre-expertise, embarrassée et secrète, des Polonais
13 et enfin
l'étude de l'Autrichien Walter Lüftl 14.
Il reste à dire que, si les accusateurs de l'Allemagne
ne sont pas satisfaits de ces études, il leur est loisible
de procéder eux-mêmes à leur propre expertise.
Qu'attendent-ils, depuis cinquante ans, pour le faire au grand
jour ?
Il faut comprendre le désarroi des accusateurs de l'Allemagne
devant les succès du révisionnisme. Pendant un demi-siècle,
ils ont sincèrement cru que la tragédie vécue
par les juifs durant la seconde guerre mondiale avait été
d'une gravité et d'une ampleur exceptionnelles alors que
cette tragédie-là, ramenée à ses proportions
réelles, c'est-à-dire sans génocide et sans
chambres à gaz, s'inscrit parmi bien d'autres tragédies
de cet atroce conflit. Leurs historiens ont dû progressivement
admettre, sous la poussée des enquêtes révisionnistes,
que, pour le prétendu génocide des juifs, on ne
trouvait ni un ordre, ni un plan, ni un budget 15; que Wannsee n'était tout au plus qu'une
"silly story 16; qu'il
n'existait aucune expertise de l'arme du crime concluant: "Ce
local (soit intact, soit "reconstruit", soit en ruines)
a servi de chambre à gaz homicide ; que pas une autopsie
ne permettait de conclure: "Ce cadavre est celui d'un déporté
tué par gaz-poison ; que l'aveu de Rudolf Höss n'avait
plus aucune valeur ("Höss was always a very weak and
confused witness 17); que leurs
prétendus témoins n'avaient probablement jamais
vu de chambres à gaz ou de gazages puisque, en 1988, le
meilleur d'entre eux, le fameux Rudolf Vrba, avait dû admettre
devant un juge et un jury canadiens que, dans son fameux livre
sur le sujet, il avait usé de la "poetic licence ou
"licentia poetarum 18; que le savon juif n'avait jamais existé
19; que le
chiffre de 4 millions de victimes à Auschwitz n'était
qu'une fiction 20; et que
les "sources for the study of the gas chambers are at once
rare and unreliable []. Besides, from 1942 to 1945, certainly
at Auschwitz, but probably overall, more Jews were killed by so-called
"natural" causes [starvation, disease, sickness and
overwork] than by "unnatural" ones 21. Dès le 2 juillet 1982, à la fin
d'un colloque international qu'ils avaient organisé à
la Sorbonne (Paris) pour tenter de me donner la réplique,
les exterminationnistes s'étaient révélés
incapables de produire la moindre preuve de l'existence et du
fonctionnement d'une seule chambre à gaz. En mai 1992,
je lançais mon défi: "Show me or draw me a
Nazi gas chamber ! Jean-Claude Pressac, sur qui les exterminationnistes
comptaient tant, s'était révélé incapable
d'apporter autre chose que ce qu'il appelait des "indices
du crime et il s'était bien gardé de nous fournir
une représentation physique totale de l'arme du crime 22.
Le 30 août 1994, je rencontrai dans son bureau, en présence
de quatre témoins (deux de son côté et deux
du mien), Michael Berenbaum, responsable scientifique de l'Holocaust
Memorial Museum de Washington. Je le contraignais à admettre
que son musée ne contenait, paradoxalement, aucune représentation
concrète d'une chambre à gaz nazie (la maquette
du Krema II n'étant qu'une création artistique sans
rapport avec la réalité). Je lui demandais pourquoi.
Il finit par me répondre: "The decision had been made
[by us] not to give any physical representation of the Nazi gas
chambers . Sa réponse équivalait à celle
d'un prêtre catholique M. Berenbaum est un théologien
juif qui aurait décidé de supprimer dans son église
toute représentation de la Croix. Pour en arriver à
de telles extrémités, il faut se sentir aux abois.
Je pense que les coreligionnaires de M. Berenbaum finiront par
abandonner la chambre à gaz comme ils ont abandonné
le savon juif et les 4 millions d'Auschwitz. Ils iront plus loin.
Comme dans ces deux derniers cas, ils se présenteront en
découvreurs du mythe et accuseront les Allemands, les Polonais
ou les communistes d'avoir fabriqué le "mythe des
chambres à gaz . Ils invoqueront alors à l'appui
de leur impudente thèse les noms de juifs totalement ou
partiellement révisionnistes (J.G. Burg, Jean-Gabriel Cohn-Bendit,
Roger-Guy Dommergue, Arno Mayer, David Cole, Christopher Hitchens,
Stephen Hayward). Ils se donneront le beau rôle.
Mais, en même temps, transformant l'"Holocauste des
juifs en une croyance religieuse, cette fois-ci débarrassée
de tout contenu matériel, ils n'en seront que plus inflexibles
pour dénoncer chez les authentiques révisionnistes
des "négateurs ou des "négationnistes
, intolérants, sans coeur, bassement matérialistes
et hostiles à la libre expression des sentiments religieux.
Pour ces juifs, les vrais révisionnistes resteront donc
diaboliques en esprit, même s'il faudra leur donner raison
sur le plan des faits.
Les révisionnistes ne sont ni diaboliques ni négatifs. Ils n'ont rien de "l'esprit qui nie . Ils sont positifs. Ils affirment, au terme de leurs recherches qui sont de caractère positiviste que certaines croyances ne sont que des mythes. Ces mythes sont nocifs en ce qu'ils entretiennent la haine. Les révisionnistes s'efforcent de décrire ce qui s'est passé et non pas ce qui ne s'est pas passé. A la pauvre humanité, ils annoncent, somme toute, une bonne nouvelle. Recherchant la simple exactitude historique, ils se trouvent lutter contre la calomnie et pour la justice. Ils ont souffert et ils continueront de souffrir mais je crois qu'en fin de compte l'histoire leur donnera raison et leur rendra justice 23
Ce texte constitue la préface
d'un ouvrage collectif publié en 1994 sous la direction
d'Ernst Gauss [Germar Rudolf] aux éditions Grabert de Tübingen.
L'ouvrage a été saisi et pilonné, le responsable
et les auteurs de certaines contributions ont été
condamnés. Publié dans Robert Faurisson, Ecrits
révisionnistes, 1974-1998, Pithiviers, 1999, vol. IV,
p. 1608-1615.
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