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Baudelaire, le constance, l'opium et le nuits

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par Robert Faurisson

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Révisionnisme littéraire
Baudelaire
Le Monde < http://www.lemonde.fr/article/0,2320,86920,00.html >

Dans un article portant sur le constance, vin d'Afrique du Sud cher à Napoléon, Frédéric Chambon, cherchant à citer et à expliquer deux vers de Baudelaire, se trouve commettre non seulement des négligences de simple transcription mais aussi des contresens sur la signification du texte ("Résurrection à Constantia", Le Monde, 13-14 août 2000, p. 8). Il écrit en effet :

L'auteur de l'article aurait dû, à tout le moins, écrire :

Des négligences de transcription

La principale négligence de transcription a consisté à écrire "aux nuits" avec l'article au pluriel comme s'il s'était agi des nuits par opposition aux jours : en fait, Baudelaire avait écrit "au nuits" avec l'article au singulier car il s'agissait d'un bourgogne comme, par exemple, le nuits-saint-georges. En pareil cas, les noms de vins s'écrivent avec une minuscule, ce que savait le poète mais que semble ignorer l'auteur de l'article, lequel a commis une autre négligence de transcription en mettant, dans le corps de la citation, une majuscule à "Constance". (On pourrait lui reprocher deux autres négligences de moindre importance : il ne fallait pas de virgule après "nuits" et il convenait, comme le requiert le bon usage observé d'habitude par Le Monde, de marquer la séparation des alexandrins au moyen d'une barre transversale suivie, pour la première lettre, d'une majuscule).

Des contresens

S'ensuit un grave contresens sur la signification du texte. Baudelaire n'a donc pas évoqué les "plaisirs de la nuit" mais la volupté ou l'ivresse que lui procuraient, d'une part, deux vins précieux, qui sont le constance et le nuits, et, d'autre part, l'opium (sous la forme d'un vin opiacé?). Le journaliste commet un second contresens, qui est de moindre gravité. Il affirme que le poète évoque "les charmes de l'être aimé", ce qui est vague et prête à confusion. En réalité, le poète prend le soin de comparer des voluptés précises et strictement comparables. Il se cantonne dans ce qui relève de la saveur. Il n'évoque qu'un seul charme de l'être aimé, un seul plaisir, celui qu'il goûte dans la salive du baiser, véritable philtre d'amour. Nous sommes, par excellence, dans le domaine du goût. En d'autres poèmes des Fleurs du mal, Baudelaire évoquera des charmes liés aux quatre autres sens.

La femme aux baisers enivrants est décrite, dans le titre du poème d'où sont extraits ces deux vers, comme une amante parfois lasse de l'amour mais jamais rassasiée ("Sed non satiata").

NB: On articulera «o-pi-um»; faute de respecter la diérèse, le vers est faux.

13 août 2000
Publié dans Etudes révisionnistes, volume I, 2001, p. 104-106.
[Mise au net: 28 mars 2001]



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