AAARGH

Notes du texte Parcours du ressentiment


1 . Ainsi qu'on le constate depuis quelque temps en Allemagne, dans les écrits de certains universitaires notamment, engagés à la suite de l'article d'E. Nolte, « Vergangenheit, die nicht vergehen will », Frankfurter Allgemeine Zeitung, 6 juin 1986, dans ce qu'on a appelé l'Historikerstreit. A propos de cette « querelle d'historiens », sur ce « passé qui ne veut pas passer » plusieurs articles ont paru en français, notamment dans Le Débat, numéro 43, janvier-mars 1987 et numéro 45, mai- septembre 1987, et dans Documents. Revue des questions allemandes, numéro 1, 1987, pp. 35-54 et numéro 2, 1987, pp. 94-113. Voir aussi l'ouvrage collectif Ist der Nationalsozialismus Geschichte ? Zu Historisierung und Historikerstreit, sous la direction de D. Diner, Francfort, Fisher, 1987, et les textes des principaux protagonistes de la « querelle » rassemblés dans Historikerstreit, Die Dokumentation der Kontroverse und die Einzigartigkeit der national-sozialistischen Judenvernichtung, Münich, Piper Verlag, 1987.

2 . Dans son intervention au colloque sur la politique nazie d'extermination qui s'est tenu à la Sorbonne les 11, 12 et 13 décembre 1987, Alfred Grosser réprouvait l'usage de ce mot -- banalisation -- dont il disait justement qu'il impliquait que les crimes auxquels on craignait de voir le génocide comparé fussent, quant à eux, banals.

3 . Une opération dont la rationalité semble ne pas avoir échappé, tout récemment, à un responsable bavarois de la Bundeswehr : « Si nous considérons que la fin justifie les moyens, alors l'utilisation des gaz pour l'extermination en masse des juifs, au lieu d'exécutions individuelles, constituait une victoire des principes économiques », Le Monde, 1er janvier 1988.

4 . "Le révisionnisme historique prétend simplement accomplir normalement le travail normal de l'historien et n'existe comme « école » séparée que du fait des dogmes et des tabous qui entourent certaines périodes historiques, déchaînent les passions et la répression et empêchent que ne s'accomplisse ce travail de l'histoire", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, printemps 1987, p. 6, revue dont les concepteurs ont trouvé sans doute à la fois commode et très spirituel de plagier, pour sa couverture, la typographie de la célèbre revue Annales fondée par M. Bloch et L. Febvre, mais qui fut bouclée dans une telle précipitation pour être en librairie le 11 mai 1987, date de l'ouverture à Lyon du procès de Klaus Barbie, que les numéros, systématiquement requis pour les revues, d'inscription à la commission paritaire des publications de presse et à l'ISSN (International Serial Standard Number) sont tout bonnement annoncés comme étant "en cours". Sur le révisionnisme avant les "révisionnistes", voir le livre de P. Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, Paris, La Découverte, 1987, notamment les pages 108 à 133, "Thèses sur le révisionnisme".

5 . J. P. Rioux parle à leur propos de "négateurs", Le Monde, 22 septembre 1987, et H. Rousso de "négationnistes" dans son étude sur Le syndrome de Vichy, Paris, Le Seuil, 1987, p. 166. Sur l'usage "révisionniste" des guillemets, voir J. Authier-Revuz et L. Romeu, "La place de l'autre dans un discours de falsification de l'histoire", Mots, 8, 1984.

6 . L'interview de L. Darquier par P. Ganier-Raymond est parue dans L'Express du 28 octobre 1978. Quatre jours plus tard, Le Matin publiait un extrait d'une lettre de R. Faurisson: "J'espère que certains des propos que le journaliste Philippe Ganier- Raymond vient de prêter à Louis Darquier de Pellepoix amèneront enfin le grand public à découvrir que les prétendus massacres en "chambres à gaz" et le prétendu "génocide" sont un seul et même mensonge, malheureusement cautionné jusqu'ici par l'histoire officielle (celle des vainqueurs) et par la force colossale des grands moyens d'information", Le Matin, 1er novembre 1978.

7 . Sur le rôle de R. Bousquet et J. Leguay dans la déportation des juifs, voir M. R. Marrus et R. O. Paxton, Vichy et les Juifs, Paris, Calmann-Lévy, 1981.

8 . Le Matin, loc. cit. Le Monde, 16 et 29 décembre 1978.

9 . Sur la méthode "révisionniste" de lecture de documents, voir mon article "Les redresseurs de morts", Les Temps Modernes, juin 1980. A ce jour, deux ouvrages ont paru en France sur le phénomène "révisionniste", d'une part celui d'A. Finkielkraut, L'avenir d'une négation, Paris, Le Seuil, 1982 et d'autre part les cinq articles écrits par P. Vidal-Naquet entre 1980 et 1987 et récemment regroupés par lui dans Les assassins de la mémoire, op. cit.

10 . Provoquées essentiellement par ces affaires Darquier et Faurisson, dont on peut regretter qu'elles figurent sous l'appellation "La mémoire juive" dans le livre d'H. Rousso, op. cit., pp. 147-182.

11 . "Cette insistance sur l'amour de la vérité qui caractérise tous les faussaires", P. Vidal-Naquet, op. cit., p. 49.

12 . "Tous ceux qui ont pris la peine de s'informer ont découvert que le professeur Faurisson est viscéralement antitotalitaire" précise le tract déjà cité "Les chambres à gaz sont-elles indispensables à notre bonheur ?". National Alliance: parti fondé et dirigé par William Pierce, ancien membre de l'American Nazi Party et traducteur anglais d'un petit livre allemand au titre édifiant: D. Eckart, Bolshevism from Moses to Lenin (Le bolchevisme de Moïse à Lénine), Reproduction of National Socialist World, Copyright Dr. W. Pierce, 1966 La référence à la conférence donnée par R. Faurisson se trouve à la première page du numéro d'octobre 1979 du National Alliance Bulletin, bulletin intérieur réservé, en principe, aux membres du parti: "Professor Robert Faurisson, of the University of Lyon, visited the National Office last month. On the evening of september 14 he gave a lecture to Washington-area members and friends of the Alliance and showed slides of photographs he took at Auschwirz, Dachau and other sites of supposed World War II "extermination camps". Dr. Faurisson, who has been studying the "Holocaust" myth for the past decade pointed out a number of glaring inconsistencies he has uncovered in the Jewish tales of mass gassings by Germans".

13 . Sur la hantise faurissonienne de la mystification depuis A-t-on lu Rimbaud ? (1961), A-t-on lu Lautréamont ? (1972), les "traductions" [sic] d'Apollinaire et de Nerval (1977) jusqu'à la déconstruction des chambres à gaz, voir mon article déjà cité "Les redresseurs de morts ".

14 . Parmi les intervenants à la première "convention révisionniste" (Northrup University, Los Angeles, 31 août-2 septembre 1979) au cours de laquelle R. Faurisson présenta une communication sur "les techniques du gazage", siégeaient Udo Walendy, ancien membre du comité exécutif du NPD, le parti allemand néo-nazi, Austin App, rédacteur de The Voice of German Americans et auteur de pamphlets diffusés par l'éditeur néo-nazi Liberty Bell: Can Christianity survive when the Jews control the media and the money ? et Kosher Food Racket Exposed, et Arthur Butz, chef de file du "révisionnisme" nord-américain, auteur de The Hoax of the Twentieth Century (L'imposture du XXe siècle), Ladbroke, Southam (G.B.), Historical Review Press, 1976, maison d'édition du National Front, le parti fasciste anglais. "La littérature talmudique n'était pas destinée à une diffusion générale et les talmudistes disposaient donc d'une liberté plus grande que celle des inventeurs de l'imposture des six millions qui ont été, eux, contraints d'évaluer le degré de crédulité d'un auditoire non juif et qui pouvait donc être sceptique", A. Butz, op. cit., pp. 246- 247. Un compte rendu très élogieux de la convention "révisionniste" est donné dans l'équivalent américain du journal Minute, Spotlight, 24 septembre 1979, qui avait déjà précédemment rendu compte des travaux de R. Faurisson, ibid., 2 et 9 octobre 1978.

15 . P. Milza, Fascisme français. Passé et présent, Paris, Flammarion, 1987, p. 278.

16 . La mort de Brasillach et l'épuration ont fait de moi un animal politique", Jeune Nation, avril 1959, cité par P. Milza, op. cit., p. 278. Voir aussi H. Lottman, L'Epuration, Paris, Fayard, 1986. Les temps changent: celui qui avait créé cette maison d'édition, Arthème Fayard, avait aussi été le fondateur, en 1930, de Je suis partout, voir P. Milza, op. cit., p. 216.

17 . M. Bardèche, Nuremberg ou la Terre Promise, Paris, Les Sept Couleurs, 1948, pp. 9, 19, 23, 42, 133, 187 à 190. Sur la nouvelle, officiellement authentifiée, et rendue publique dès novembre 1942, aux Etats-Unis, de l'extermination des juifs dans les camps nazis, voir D. S. Wyman, L'abandon des juifs. Les Américains et la solution finale, Paris, Flammarion, 1987.

18 . Pierre Laval au pasteur M. Boegner le 9 septembre 1942: "Que voulez-vous faire des enfants ?" Boegner: "Les familles françaises les adopteront". Laval: "Je ne veux pas. Pas un ne doit rester en France". R. Brasillach, dans Je suis partout, 25 septembre 1942: "Il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits". Cités par F. Kupferman, Laval, Paris, Balland, 1987, pp. 365-366. R. Faurisson, Réponse à Pierre Vidal-Naquet, édité par l'auteur, diffusion: La Vieille Taupe, 1982, donne p. 44 comme explication à la déportation des enfants juifs "l'insistance des autorités gouvernementales des pays occupés à ne pas voir les familles disloquées". Sur cette déportation, voir M. R. Marrus et R. O. Paxton, Vichy et les Juifs, op. cit., Paris, 1981, pp. 244-250.

19 . R. Faurisson, "Le problème des chambres à gaz", Défense de l'Occident, juin 1978.

20 . A. Finkielkraut, op. cit., p. 54

21 . La collection 10/18 a publié, entre 1974 et 1979 sous la direction de C. Castoriadis, 9 volumes intitulés Socialisme ou Barbarie qui rassemblent les principales contributions de SOB entre 1949 et 1965. Sur A. Bordigua, voir l'introduction de R. Paris au tome I des Ecrits politiques d'A. Gramsci, Paris, Gallimard, 1974, pp. 11-59, dont la référence est donnée par J. Verdès-Leroux dans une note, p. 118, de son édition du livre de B. Souvarine, A contre-courant, Paris, Denoël, 1985.

22 . "Nous affirmons sans passion et résolument que le 14 septembre [élections de 1931] a vu, en quelque sorte l'apogée d'Hitler; à l'avenir il ne progressera plus, mais s'effondrera", assurait, lors du Plenum du comité central de l'Internationale communiste cette même année, Ernst Thälmann, secrétaire du parti communiste allemand, qui devait être arrêté dès mars , emprisonné puis déporté au camp de Buchenwald où il mourut en 1944. Voir le livre de Franz Neumann, écrit en 1942-1944 et enfin traduit en français, Béhémoth. Structure et pratique du national-socialisme, Paris, Payot, 1987.

23 . Programme communiste, numéro 11, avril-juin 1960, pp. 49-53.

24 . "Auschwitz ou le Grand Alibi", seconde édition: La Vieille Taupe,1970. Supplément au numéro 5 du Mouvement Communiste.

25 . S. Thion, Vérité historique ou vérité politique ?, Paris, La Vieille Taupe, 1980, p. 165. Les tracts mentionnés plus haut "Les chambres à gaz..." et "Qui est le Juif?" sont reproduits dans ce livre, pp. 140-151. Dans la première partie de cet ouvrage, l'auteur dit de R. Faurisson: " C'est, dans tous les cas, un homme seul" (p 14). Ces lignes sont datées du 14 octobre 1979. L'homme seul avait prononcé sa conférence pour nazis américains le 14 septembre. Et participé à la première convention "révisionniste" deux semaines plus tôt.

26 . S. Thion, "Histoire européenne et monde arabe", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, printemps 1987, p. 126. On notera la délicatesse de la formule: "ce qui s'est passé entre les nazis et les communautés juives d'Europe ".

27 . "De l'exploitation dans les camps à l'exploitation des camps (suite et fin)", La Guerre sociale, mai 1981, p. 41.

28 . "Nous ne serons partisan [sic] d'aucune pensée asservie ". Coquille typographique ou pluriel de majesté. S. Thion, "Histoire européenne et monde arabe", loc. cit., p. 120.

29 . Ibid., p. 135.

30 . Voir l'analyse de ce livre par P. L. Assoun, "De l'allégorie à la tautégorie: le mythe de l'Un", Corps écrit, 1986, numéro 18, pp. 105-113.

31 . W. Stäglich, Le Mythe d'Auschwitz, Paris, La Vieille Taupe, 1986, p. 28. Pour des raisons certainement très intéressantes, mais non explicitées le nom du traducteur de cet ouvrage, "traduit et adapté de l'allemand", n'est pas mentionné, ce qui ne laisse pas d'étonner quand on connaît le respect scrupuleux affiché par les "révisionnistes" en matière de règles éditoriales et les leçons de déontologie scientifique dont ils abreuvent si volontiers leurs contemporains.

32 . Je reprends ici et un peu plus loin dans ce texte, avec l'accord du co-auteur de l'article, que je remercie, les analyses présentées dans: J. Baynac et N. Fresco, "Comment s'en débarrasser ? ", Le Monde, 18 juin 1987.

33 . J. G. Cohn-Bendit, "Question de principe", in: S. Thion, op. cit., pp. 131- 133. Sa déclaration publique a été reproduite dans Le Matin, 14 mars 1981.

34 . S. Thion, op. cit., pp. 30 et 37.

35 . Id., Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., pp. 161-162.

36 . La première citation est tirée d'une "Réponse de Pierre Guillaume" à la lettre d'un ancien déporté, De l'exploitation dans les camps à l'exploitation des camps, op. cit., p. 88. La deuxième citation est extraite, dans les Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., p. 13, d'un "Liminaire", non signé et qu'on se risque à attribuer au même P. Guillaume, directeur de publication de la revue.

37 . Le lutteur de classe, numéro 1, s.d. [1981], "L'affaire Faurisson", p. 23.

38 . Les théoriciens de La Guerre sociale, après avoir affirmé à propos de Faurisson: "nous qui sommes révolutionnaires entendons en tous cas le soutenir" parce qu'il est "attaqué pour avoir cherché et fait progresser la vérité", "Qui est le Juif?", La Guerre sociale, numéro 3, juin 1979, expriment deux ans plus tard leur " désaccord profond" avec les "responsables de l'édition" de R. Faurisson (La Vieille Taupe), chez qui ils ne cherchent pas à "démêler ce qui relève de la naïveté ou de l'intelligence tactique" mais à qui ils reprochent "de n'avoir pas fait à Faurisson un minimum de critiques" et de s'être plus préoccupés de rendre ses recherches "présentables" que de montrer leurs "conséquences subversives", en jouant "les entremetteurs entre le diable et les curés de gauche". Mais quelle religiosité chez des athées aussi résolus qui eux, continueront "à porter cette antique querelle -- la distinction entre le vrai et le faux -- sur un terrain plus central en [s']attaquant à la principale imposture du XXe siècle: l'idée selon laquelle le communisme se serait déjà établi quelque part et ne serait pas encore tout à venir", "De l'exploitation dans les camps à l'exploitation des camps (suite et fin) ", loc. cit.

39 . "Le roman de nos origines", La Banquise. Revue de critique sociale, numéro 2, juin 1983, pp. 39, 42, 43, 46, 48, et " Y a-t-il une question juive?", ibid., p. 62.
Menés par des groupes dont les effectifs se comptent parfois jusque sur les doigts des deux mains, ces débats critiques de haut vol aux allures d'anathèmes donnent sans doute à chacun de ces seuls vrais noyaux de la théorie révolutionnaire le sentiment même de sa propre existence et de sa raison d'être.

40. Passage de la ligne et le livre suivant de P. Rassinier, Le Mensonge d'Ulysse, publiés pour la première fois, respectivement en 1948 et 1950, par les Editions Bressanes, ont fait l'objet d'une réédition en un seul volume, en 1979, par La Vieille Taupe, sous le titre Le Mensonge d'Ulysse. Les pages indiquées entre parenthèses à la suite des citations renvoient à cette dernière édition.

41 . "De l'exploitation dans les camps... (suite et fin)", loc. cit., p. 52.

42 . D. Rousset, L'Univers concentrationnaire, Paris, Editions de Minuit, 1981 (1re éd. 1946). Les jours de notre mort, Paris, U.G.E., coll. 10/18, 3 vol., 1974 (1re éd. 1947). Le pitre ne rit pas, Paris, Christian Bourgois, 1979 (1re éd. 1948).

43 . Paris, La Librairie Française, 1961.

44 . Voir P. Milza, op. cit., p. 328.

45 . Op. cit., pp. 83-120.

46 . Paris, les Sept Couleurs, 1962. Les pages où figurent les citations extraites de ce livre sont indiquées entre parenthèses.

47. Ulysse trahi par les siens, op. cit., p. 194: "Je suis un socialiste, Monsieur. Bien qu'assez peu mêlé aux luttes politiques, j'ai derrière moi près de quarante années de comportement socialiste [...] Que [mon socialisme] soit un peu influencé par les données de l'histoire, je n'en fais pas mystère, non plus que de ce qui lui vient des données de la science moderne: il a besoin de la vérité historique et il s'écarte de toutes les entreprises partisanes qui flattent les bas instincts des foules dans des intentions toujours inavouables".

48. Nuremberg I et Nuremberg II, Paris, Les Sept Couleurs, respectivement 1948 et 1950.

49 . Op. cit., p. 79: "tant qu'on prétendra faire admettre à l'opinion que 6.000.000 de juifs ont été exterminés dans les chambres à gaz, il n'y aura aucune chance d'empêcher que périodiquement, des vagues d'antisémitisme né déferlent sur le monde".

50 . Paris, Les Sept Couleurs, 1964.

51 . Paris, Nouvelles Editions Latines, 1967.

52 . Ces articles sont reproduits dans Ulysse trahi par les siens, op. cit., pp. 134-164.

53 . S. Thion, op. cit., p. 165.


54 . S. Freud, Le mot d'esprit et ses rapports avec l'inconscient, Paris, Gallimard, 1974, p. 99. Sur la prétendue déclaration de guerre du judaïsme mondial à l'Allemagne, telle qu'elle a été rapportée non seulement par Rassinier et R. Faurisson, mais par un des principaux protagonistes de l'Historikerstreit allemand, E. Nolte, voir P. Vidal-Naquet, op. cit., p. 199 et 225.

55 . Le texte de P. Guillaume "Que savent les Français des massacres de Sétif ?", d'abord paru dans Libération le 7 mars 1979, est reproduit dans S. Thion, Vérité historique..., op. cit., pp. 133-124.

56 . L'index du livre de S. Thion, op. cit., p. 349, permet de vérifier qu'il y est fait, par R. Faurisson, P. Guillaume et La Guerre sociale, cinq fois référence à ce bombardement.

57 . C Karnooh [sic], "De l'intolérance et quelques considérations subjectives sur le nationalisme. Mémoire adressé à mes amis sur les raisons de mon témoignage lors du procès du professeur Robert Faurisson", publié dans l'ouvrage collectif Intolérable intolérance, Paris, Editions de la Différence, coll. "Le puits et le pendule " dirigée par P. Guillaume, 1981, p. 111 [note 17].

58 . "Ce livre est notre anti-journal d'Anne Franck. A l'heure où les intellectuels français débattent de savoir s'il y avait eu ou non extermination par les gaz, il montre et rend vivant un truquage bien plus important, dans l'hagiographie antinazie, que celui portant sur les corrections historiques pour la bonne cause qui ont commencé à Nuremberg ", G. Hocquenghem, préface à: H. Heger, Les hommes au triangle rose, Paris, Persona, 1981, p. 9.

59 . Au moment de l'Affaire Dreyfus, Emile Zola n'a "jamais soupçonné la part de certains juifs dans la condamnation de leur infortuné coreligionnaire: Maurice Weil (1844-1924), officier français, ami intime de l'affreux Esterhazy, espion au service de l'Allemagne! et Moïse Leeman (dit Lemercier-Picard), "très habile faussaire, condamné dix fois pour escroquerie", auteur du célèbre "faux Henry" (une lettre de Panizzardi, attaché militaire italien à Paris, où Dreyfus était nommé en 1898), trouvé pendu dans sa chambre d'hôtel le 3 mars 1898... ": ces lignes ne sont pas extraites de Rivarol mais d'un article intitulé "Le prêt-à-penser au tribunal de l'Histoire", signé par "Vincent Monteil. Médaillé de la Résistance, ancien interné-résistant (1940-l941), ancien combattant volontaire des Forces Françaises libres (1re D.F.L)", Intolérable intolérance, op. cit., p. 142.

60 . "Je me nomme Carasso et, si mon père n'avait pas réussi à convaincre un employé de l'état civil complaisant, en 1941, du fait que Lévi était le... prénom musulman de son père !!! je me nommerais Lévi-Carasso. Cela suffit-il aux docteurs de la loi ? Puis-je prendre la parole?", in: S. Thion, op. cit., p. 137.

61 . C. Guillon, Y. Le Bonniec, Suicide mode d'emploi, Paris, Alain Moreau, 1982.

62 . "Holocauste: 1/ Hist relig. Chez les juifs, Sacrifice religieux où la victime était entièrement consumée par le feu [...]. Par anal. Tout sacrifice religieux. V. Immolation. 2/ (Déb. XVIIe). Fig. Sacrifice total, à caractère religieux ou non.", Le Petit Robert, nouvelle éd. 1984.

63 . Le Mensonge d'Ulysse, op. cit., p. 158.

64 . R. Faurisson, in: S. Thion, op. cit., p. 84.

65 . Id., ibid., p. 200.

66 . C. Karnooh, loc. cit., p. 133.

67 . V. .Monteil, loc. cit., p. 159.

68 . Id., ibid., p. 152.

69 . J. L.Tristani, "Supplique à MM. les magistrats de la Cour d'appel de Paris", ibid., p. 170.

70 . C. Karnooh, loc. cit., p. 133.

71 . S. Thion, op. cit., p. 20.

72 . J. P. Carasso, loc. cit., ibid., p. 137.

73 . S. Thion, "Carmel mou", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., p. 162.

74 . Id., Vérité historique..., op. cit., p. 81.

75 . M. Bardèche, G. A. Amaudruz, L. de Poncins, L. Fitzgibbon T. Christophersen, F. Schlegel, U. Walendy, A. App, D. Felderer, F. Duprat: ceux qui sont familiers de la littérature fasciste et néo-nazie auront reconnu la plupart de ces noms. Ce sont pourtant eux qui figurent notamment dans la bibliographie présentée (pp. 58-63) par les Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., dont le "liminaire" déjà cité assure qu'il existe "aujourd'hui à l'échelle internationale une historiographie révisionniste impressionnante par son ampleur et par sa qualité" (p. 13). A titre d'exemple de cette "qualité" et au risque de fatiguer un instant le lecteur avec des détails bibliographiques sortis des tiroirs les plus raffinés de l'extrême droite, on précisera que ce François Duprat, auteur du premier texte "révisionniste" paru dans Défense de l'Occident en juin 1967, sous le titre "Le mystère des chambres à gaz" (voir J. Y. Camus, "Intégrisme et néo-paganisme: la coalition révisionniste", Cahiers Bernard Lazare, numéro 117-118, janvier-juin 1987, pp. 21-28) était le traducteur du Mensonge d'Auschwitz de T. Christophersen (éd. F.A.N.E., 1976) qui décrit avec force détails la vie heureuse des détenus dans un des camps d'Auschwitz (voir "Les redresseurs de morts") "le diffuseur d'une brochure distribuée gratuitement dans plusieurs pays, intitulée Six millions de morts le sont- ils réellement ? et écrite, sous le pseudonyme de R. Harwood, par le rédacteur en chef de Spearhead, le journal du parti fasciste anglais, National Front (brochure que P. Viansson-Ponté commenta dans un article prémonitoire, "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose", paru dans Le Monde, 17-18 juillet 1977 et reproduit dans S. Thion, op. cit., pp. 66-68). Le même François Duprat, qui devait mourir dans un attentat en 1978, ancien activiste de l'Algérie française et du mouvement Occident, journaliste à Rivarol, était président du comité directeur d'un certain Rassemblement pour la Libération de la Palestine à l'époque où il collabora, ainsi que Paul Rassinier, au numéro spécial préparé par M. Bardèche: "L'agression israélienne et ses conséquences", Défense de l'Occident, juillet-août 1967. Dix ans après sa mort, qu'on rapportait jusque-là à son activisme d'extrême-droite, F. Duprat est canonisé: l'Américain M. Weber et le Français R. Faurisson "savent" (comment?) que Duprat a été assassiné parce qu'il était "révisionniste". Voir Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 3, automne-hiver 1987, p. 137 et p. 200.

76 . Ainsi qu'en témoigne l'interview qu'il a donnée à la revue Zéro, numéro 8, mai 1987, dans laquelle il rapporte son entrée en "révisionnisme" à l'instigation de R. Faurisson, pp. 74-75.

77 . Sur la fausse présence, à la soutenance d'H. Roques, de ce membre du Parti des Forces Nouvelles, T. Buron, aux côtés de J. C. Rivière, membre du comité de rédaction de Nouvelle Ecole, la revue du GRECE, voir J. Y. Camus, loc. cit., p. 22. J. P. Allard, autre membre du jury, fait partie du comité de soutien à la candidature de J. M. Le Pen à la présidence de la République (Le Monde, 12 janvier 1988).

78 . Voir S. Friedländer, Kurt Gerstein ou l'Ambiguïté du Bien, Tournai, Castermann, 1967. P. Joffroy, L'Espion de Dieu, Paris, Grasset, 1969. Voir aussi dans les Actes du colloques de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales sur L'Allemagne nazie et le génocide juif, Paris, Gallimard-Le Seuil, 1985, l'article de U. D. Adam, "Les chambres à gaz", pp. 236-261.

79 . P. Rassinier, Le Drame des juifs européens, op. cit., p. 64. Sur le traitement par Rassinier du témoignage de K. Gerstein, voir G. Wellers, "La solution finale et la mythomanie néo-nazie ", Paris, Centre de Documentation Juive Contemporaine, 1979.

80 . "L'affaire de la thèse de Nantes", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., pp. 165-180. Lors de la "8e conférence annuelle révisionniste" (Los Angeles, 9-11 octobre 1987), la vedette française était, cette fois-ci, H. Roques, qui donna sa version des faits "De l'affaire Gerstein à l'affaire Roques", communication reproduite dans les Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 3, op. cit., pp. 103-125, dans laquelle il explique comment il a attendu quarante ans qu'"une occasion [lui] soit offerte de dénoncer une imposture perpétrée par ceux qui, avides de propagande à n'importe quel prix, ont exploité les situations troubles et inévitables de la guerre", ibid., p. 124. C'est moi qui souligne la limpidité toute scientifique de cette formule.

81 . Paris, Ogmios, 1986. Pour les contradictions au sujet de l'enfant jeté ou poussé, voir p. 245. Le tribunal administratif de Nantes a rejeté le 18 janvier 1988 la requête d'H. Roques demandant que soit rapportée l'annulation de sa soutenance. Editeur-diffuseur-libraire déclaré d'extrême droite, notamment de littérature national- socialiste, la maison Ogmios, qui a reçu des subventions de l'ambassade d'Iran à Paris (Le Canard Enchaîné, 5 août 1987) assure également la vente au numéro des Annales d'Histoire Révisionniste et la diffusion de tous les ouvrages "révisionnistes" de La Vieille Taupe.

82 . S. Thion, op. cit., p. 167.

83 . "Puisque tu choisis le débat public, il se poursuivra au grand jour. Tu as de grandes chances d'être soutenu par un drôle de camp. Il ne me reste plus que de prendre congé du futur ex-camarade Guillaume". Déjà citée, la lettre d'un ancien déporté qui se termine par ces lignes est un témoignage, parmi beaucoup d'autres, du refus clair et net de la part de gens de l'ultra-gauche de suivre P. Guillaume et La Vieille Taupe dans leur engagement "révisionniste", et des ruptures radicales qui s'en sont souvent suivies. Le "drôle de camp" est particulièrement bien représenté par Me Delcroix, avocat de R. Faurisson dans ses "Considérations sur la loi dite antiraciste", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 3, op. cit., pp. 73-88, dans lesquelles l'auteur, ayant demandé si "l'amour de l'allogène" était "une obligation légale" (p. 76), dénonce une loi "appliquée surtout, en l'état, dans l'intérêt du "lobby" pro-immigrés" (p. 78), se plaint que "nous ne sommes déjà plus dans un Etat national français" (p. 79, souligné par l'auteur), ajoutant que "l'idéologie qui sous-tend cette loi est cosmopolite et totalitaire, et vise la destruction de la nation, comprise dans son véritable sens traditionnel et étymologique [...] naissance, race " (p. 80) et que la "philosophie" de cette loi "correspond à une psychologie de nomade", (p. 81).

84 . C. Mattogno, "Le mythe de l'extermination des juifs", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., pp. 15-107. Il est l'auteur de la bibliographie qualifiée par P. Guillaume d'"impressionnante par son ampleur et par sa qualité", voir note 71.

85 . S. Thion exprime sa "compassion profonde pour tous ces individus, arabes, juifs, de toutes les langues et de toutes les confessions [sic -- c'est moi qui souligne] qui, depuis deux ou trois générations ont vécu les guerres, l'exil, les menaces, la répression, sans compter la misère". Et se définissant comme "cosmopolite, dénué de solidarité confessionnelle, nationale ou culturelle", il peut assurer ses contemporains que c'est "donc dans une complète indépendance personnelle [qu'il] a abordé l'affaire Faurisson", "Histoire européenne et monde arabe", Annales d'Histoire Révisionniste, numéro 1, op. cit., p. 123.

86 . "Info-intox... Histoire-intox... ça suffit! Chambres à gaz = bidon !", signé par un "collectif lycéens Lyon-Nancy-Strasbourg 1987": "Les vendeurs d'Holocauste-Shoah (holocauste toujours, tu m'intéresses !) clippent à mort: charniers, pleurs, gémissements [...] Depuis qu'Hitler et ses nazebroques ne sont plus là, les camps n'ont pas disparu, ni les guerres, ni les déportations [...] Ils n'avaient RIEN inventé. Si ils [sic] avaient eu des chambres à gaz pour tuer les gens, alors là oui ils auraient inventé du très spécialement dégueulasse [...] Mais ces chambres, c'est de la rumeur et du bidon. Hitler ne voulait plus de juifs en Europe. Dès 1933, les juifs ont voulu la guerre générale contre lui. C'était déjà de l'offensive anti-Waldheim mais multipliée par 1 000 [...] Le drame principal des camps, c'était les épidémies [...] Au bagne d'Auschwitz on n'a gazé que des poux [..] Les juifs sont là "bien là ! Et tant mieux ! Ils sont là Guy Lux et Léon Zitrone, Fabius et Krasucki, Simone Veil et Mgr Lustiger [...] Les juifs n'admettront jamais qu'on mette en péril le deutschmark [... Israël] a transformé la ratonnade en religion d'état et n'hésitera pas à provoquer une 3e guerre mondiale si on voulait mettre en vigueur les résolutions de l'ONU et rendre leurs terres aux Palestiniens".

87 . Protégé par l'anonymat, un homme expliquait il y a quelques années lors de l'émission "Vécu" diffuséee par France-Inter: "Je n'ai pas le droit de dire ouvertement que je n'aime pas les juifs. Je suis persécuté en tant qu'antisémite".

88 . Extrait de la notice biographique de P. Rassinier publiée par La Vieille Taupe à la fin du Mensonge d'Ulysse, op. cit.

49 . "L'inexistence des "chambres à gaz", est une bonne nouvelle pour la pauvre humanité. Une bonne nouvelle qu'on aurait tort de tenir plus longtemps cachée", R. Faurisson, Le Monde, 28 décembre 1978.

90 . J. M. Le Pen, lors d'un meeting rapporté par Le Monde du 23 février 1986. Cité dans J. Y. Camus, loc. cit., p. 28.

91 . "Ce qui a été décisif, le jour où nous avons entendu parler d'Auschwitz [...]. C'était en 1943. Et tout d'abord nous n'y avons pas cru [...] en partie aussi parce que cela allait à l'encontre de toute nécessité, de tout besoin militaire [...]. Cela n'aurait jamais dû arriver. Et par là, je ne parle pas du nombre des victimes. Je parle de la fabrication systématique des cadavres [...]. Auschwitz n'aurait pas dû se produire. Il s'est passé là quelque chose que nous n'arrivons toujours pas à maîtriser" expliquait H. Arendt au cours d'un entretien diffusé par la télévision allemande le 28 octobre 1964 et reproduit dans son livre, La tradition cachée. Le Juif comme paria, trad. franç., Paris, Christian Bourgois, 1987.

92 . Voir à ce propos le livre de W. Laqueur, Le Terrifiant Secret, trad. franç., Paris, Gallimard, 1981.

93 . Voir à ce propos le livre de W. Laqueur, Le Terrifiant Secret, trad. franç., Paris, Gallimard, 1981.

94 . Voir D. Wyman, L'abandon des juifs. Les Américains et la solution finale, cité note 17. Sur le rôle de la Grande-Bretagne, voir B. Wasserstein, Britain and the Jews of of Europe (1939-1945), Londres et Oxford, Oxford University Press, 1979 et son article "Alliés et neutres face à la politique nazie ", in: L'Allemagne nazie et le génocide juif, op. cit., pp. 256-372.

* Note de l'AAARGH : non.

**Note de l'AAARGH : On aurait dû se douter que même la méthode révisionniste était d'invention juive ! Au fait, le Talmud, c'est quelle époque par rapport à Héraclite, Aristote, ou encore ce vieil emm... de Thucydide ? et par rapport à Jésus-Christ, le prophète de chrétiens ? Et le rôle du Talmud dans la fondation de l'université (1204) et le développement de ses méthodes de travail? Quel dommage que Nadine Fresco n'ait pas poursuivi ses études au-delà de la licence, elle aurait peut-être été introduite aux subtilités du sophisme dont on veut bien croire qu'elle le manie sans le savoir (comme M. Jourdain qui, etc. Jourdain... Jourdain ? Comme le fleuve palestinien ?)-- l'idée qu'elle dominerait un savoir quelconque nous paraissant, à la lueur de son oeuvre, improbable.

***Note de l'AAARGH : Certains, à Paris, prétendent qu'à l'issue de sa licence d'histoire, et pour promouvoir une carrière universitaire que nul ne voulait lui prédire, la demoiselle Fresco coucha avec l'historien médiéviste Georges Duby. Est-ce à cette circonstance (que rien ne vient prouver, hors la rumeur parisienne) ou au hasard que nous devons cette référence obscure, hommage, déguisé sans doute, à l'auteur du recueil L'An mil, Paris, Gallimard, coll. Archives, n° 30, 1966 (époque supposée de la liaison adultère supposée de Duby avec la demoiselle Fresco)?