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Ulysse trahi par les siens

Paul Rassinier

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CHAPITRE 1

« Le Commandant d'Auschwitz

parle... » de Rudolf Höss 1

Dès que, les hostilités ayant à peine pris fin, l'existence des camps allemands de concentration fut révélée au monde - en même temps, d'ailleurs, qu'au peuple allemand - ce ne fut qu'un cri : on n'avait jamais vu cela et il fallait un génie aussi démoniaque que celui de l'Allemagne pour l'inventer. Personne ne remarqua sur le moment que ceux qui criaient le plus fort étaient les communistes. Et, comme les communistes ajoutaient qu'ils s'y étaient le mieux conduits, que grâce à eux beaucoup de gens voués à l'extermination avaient été [18] sauvés d'une mort affreuse à quelques esprits près, tout le monde leur emboîta le pas et les crut d'autant plus facilement qu'ils avaient trouvé deux écrivains de talent sinon d'une indiscutable probité pour les cautionner : David Rousset en France et Eugène Kogon en Allemagne.

Le temps aidant, si les choses ne rentrèrent pas tout à fait dans l'ordre normal, la vérité sortit peu à peu du puits.

Les historiens, un moment étonnés, par la version communiste et qui n'avaient cependant rien osé dire, les communistes étant au pouvoir dans la plupart des pays de l'Europe occidentale, commencèrent à écrire que l'Allemagne n'avait pas inventé les camps de concentration, que les Anglais les avaient utilisés contre les Boers en Afrique a la fin du siècle dernier, que les Français y avaient parqué les Espagnols en 1938, que les Russes s'en servaient depuis 1927 et qu'ils y gardaient jusqu'à 20 millions de personnes, etc. Bref, que tous les pays du monde avaient, à une période ou à une autre de leur histoire, utilisé cette institution et que, chaque fois, on avait pu y constater les mêmes horreurs que dans les camps de concentration allemands, quelle que soit la forme du gouvernement.

A mes yeux, la manoeuvre des communistes était claire : en mettant l'accent sur les camps allemands ils pensaient faire diversion et détourner l'attention du monde des vingt millions de personnes qu'ils [19] gardaient dans leurs propres camps et auxquels ils imposaient des conditions de vie dont les témoignages aujourd'hui publiés de quelques rescapés (Margareth Buber-Neuman, notamment) ont amplement prouvé qu'elles étaient pires encore que celles que nous avions connues dans les camps allemands. En outre, cultivant l'horreur en s'appuyant sur David Rousset et Eugène Kogon, les communistes, dont le thème central était : « N'oubliez jamais cela 2 », voulaient maintenir les puissances occidentales en état de division et, plus particulièrement, empêcher tout rapprochement entre la France et l'Allemagne, piliers de l'union occidentale.

Aujourd'hui seulement, on s'aperçoit que, sur ce dernier point, ils ont atteint leur but et on commence à comprendre que leur thèse sur les camps de concentration ne les a pas peu aidés. Pour ce qui est de l'horreur inhérente aux camps de concentration, dans quelque pays et sous quelque gouvernement que ce soit, c'est Ma France elle-même qui en apporte le témoignage le plus probant : en juillet 1959, alors qu'il faisait un reportage en Algérie, le journaliste français Pierre Macaigne du Figaro a eu l'occasion de visiter le camp de concentration de Bessombourg, où il a vu des milliers de personnes dans le même état de [20] santé qui était le nôtre quand nous sommes sortis des camps allemands. Le rapport de la Croix Rouge internationale publié en 1959 atteste d'autre part qu'en Algérie, il y a « plus de cent camps » comme celui-là, en tout 1.500.000 personnes détenues, soit le 1/6 de la population...

Ce point étant établi, il n'est pas indifférent d'entrer dans le détail et de donner quelques exemples de « vérités » révélées par les communistes et admises hier par une opinion crédule dont on peut dire aujourd'hui qu'elles étaient des mensonges éhontés.

Car les communistes n'ont pas désarmé : la culture de l'horreur - d'une horreur à laquelle ils ont leur bonne part puisqu'ils administraient eux-mêmes les camps allemands de concentration et y avaient la haute main sur tout - ayant si admirablement servi leurs desseins politiques, ils essaient de l'entretenir en publiant de temps à autre ce qu'ils appellent dans un délicieux euphémisme, un témoignage. On sait, certes, que venant de l'autre côté du Rideau de fer, tous ces « témoignages » sont suspects d'avoir été fabriqués pour les besoins de la cause, mais la propagande communiste est si bien faite, ils sont traduits dans toutes les langues et si abondamment répandus en Europe occidentale, que les esprits non avertis qui sont, malgré tout, le plus grand nombre, peuvent se laisser abuser et que, même si ce travail est fastidieux, il devient nécessaire de les examiner à la loupe pour [21] mettre l'escroquerie en évidence. En 1953, nous avons eu « S.S. Obersturmfürer Dr Mengele » par le Dr communiste Hongrois Niyzli Miklos et, aujourd'hui « Der Kommandant von Auschwitz spricht... » qui prétend être une confession rédigée en prison par Rudolph Höss, dans les derniers jours qui ont précédé sa pendaison, à Cracovie, le 1er avril 1947.

Ces deux « témoignages » concernent Auschwitz-Birkenau et ils ont été publiés pour prouver que la plupart des concentrationnaires et plus particulièrement les juifs avaient été systématiquement exterminés par le moyen des chambres à gaz. Je ne suis pas fâché de les pouvoir confronter aujourd'hui : la contradiction du premier par le second confirme au-delà de tout espoir la thèse que, sur ce sujet, je soutiens dans « Le Mensonge d'Ulysse ».

De 1947 à 1953, j'ai dit et redit dans la presse française qu'aucun déporté vivant ne pouvait avoir vu des chambres à gaz en action et chaque fois qu'on m'en a signalé un qui acceptait la confrontation, je l'ai pris en flagrant délit de mensonge et publiquement obligé à convenir qu'effectivement, il n'avait rien vu de ce qu'il racontait. Le dernier en date a été le curé J.-P. Renard (dont il est question dans « Le Mensonge d'Ulysse » p. 153) qui avait réussi à faire croire à toute la France qu'il avait [22] vu asphyxier des milliers et des milliers de personnes à Buchenwald et à Dora où... il n'y avait pas de chambres à gaz !

Mon opinion finissant à la longue par s'imposer, on a commencé à me sortir des déportés de l'autre côté du rideau de fer avec lesquels la confrontation était, naturellement, impossible et qui, déclarant avoir assisté au supplice, le décrivaient minutieusement.

Le premier a été le docteur communiste hongrois Miklos, ancien détenu d'Auschwitz-Birkenau où il contrôlait, dit-il, le Kommando des fours crématoires et des chambres à gaz.

Celui-là croyait sans doute m'embarrasser en me parlant d'Auschwitz, camp où je n'avais pas été interné et sur lequel je n'étais moralement pas autorisé à porter témoignage. Il ignorait seulement que l'histoire étant un peu mon métier, je pouvais être assez familier avec le document historique pour en accepter ou refuser l'authenticité à simple lecture. Dans son cas, ce sont les chiffres qu'il produisait qui firent éclater l'imposture : 25.000 personnes par jour pendant près de cinq années, je n'eus aucune peine à démontrer que cela faisait 45 millions et que 4 fours crématoires de chacun 15 cornues, même à 3 cadavres par cornue, avaient besoin de plus de 10 ans pour brûler tout cela.

Il en convint et m'écrivit qu'il se contentait de 2.500.000 cadavres dont tous n'étaient pas juifs et [23] dont tous n'avaient pas péri par le moyen de la chambre à gaz.

Mais il maintenait tout le reste. Je jugeai inutile de continuer la controverse avec un tel individu.

Dans le livre que les communistes polonais (par les soins de qui il a été publié et distribué dans le monde en cinq langues) présentent comme une confession de Rudolph Höss Lagerkommandant d'Auschwitz de mai 1940 à novembre, 1943, je lis :

« Au cours du printemps de 1942 DES CENTAINES d'êtres humains ont trouvé la mort dans les chambres à gaz » (p. 178 de l'édition française).

Des centaines en trois mois... Nous sommes loin des 25.000 par jour - soit 2 millions en trois mois - du communiste Miklos ! Il ne nous reste qu'à attendre le prochain « témoin » qui passera peut-être des centaines à zéro... ce qui serait exagéré dans l'autre sens.

Le Rudolph Höss des communistes polonais n'est d'ailleurs pas très en accord avec lui-même car, quelques pages plus loin, il écrit :

« Le chiffre maximum de gazés et d'incinérés en 24 heures s'est élevé un peu au-delà de 9.000 pour toutes les installations... » (p. 236).

Enfin, un autre chiffre qu'il donne prête à méditation :

« Vers la fin de 1942 (les fours crématoires n'ayant pas encore fonctionné parce que pas [24 ] construits 3), TOUTES les fosses du camp furent nettoyées. Le nombre des cadavres qui y avaient été enterrés s'élevait à 107.000 4. »

De quoi on peut inférer qu'en trois années (1939-1942) il était mort 107.000 personnes à Auschwitz, soit moins de 100 par jour ! A ce rythme, nous sommes loin des 2.500.000 de Miklos pour toute la guerre et surtout des 9.000 par jour !

Veut-on d'autres sujets d'étonnements ? Alors, voici trois propositions sur lesquelles le lecteur pourra méditer à loisir :

1. « Pour autant que je me souvienne, les convois qui arrivaient à Auschwitz ne comportaient jamais plus de 1.000 personnes » (p. 229).

[25]

2. « A la suite de retards dans les communications il nous arrivait cinq convois par jour au lieu des trois attendus » (p. 236).
3. « Pour l'extermination des juifs  hongrois, les arrivages des convois se succédaient à raison de 15.000 personnes par jour » (p. 239).

D'où il appert que : 1.000 x 5 = 15.000

Pour terminer sur ce point, on me permettra de citer encore ceci qu'on peut lire p. 245 :

« Comme je l'ai déjà dit, les crématoires I et II pouvaient incinérer environ 2.000 CORPS en 24 heures 5 : il n'était pas possible de faire plus si on voulait éviter les dégâts. Les installations III et IV devaient incinérer 1.500 CADAVRES en 24 heures. Mais, pour autant que je sache, ces chiffres n'ont jamais été atteints 6. »

Comment ne pas déduire de ces contradictions flagrantes qu'il s'agit là d'un document falsifié après coup, hâtivement et par des illettrés ?

Cette fabrication après coup se devinait d'ailleurs déjà, rien qu'à la présentation du livre : écrit au [26] crayon et précieusement conservé dans les archives du musée d'Auschwitz où, à moins d'être un communiste reconnu, personne ne peut aller contrôler ; portant la date de février-mars 1947, connu depuis cette date et publié seulement en 1958 ; attribué à un mort qui, de toutes façons, ne peut pas protester contre les déclarations qui portent sa signature, etc. tout cela en dit, à soi seul, trop long.

Ces contradictions chiffrées ne sont d'ailleurs pas les seules anomalies de ce témoignage, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est... singulièrement tardif.

Parmi ces autres anomalies, la première qui vient à l'esprit est celle qui relève des ordres d'extermination d'origine gouvernementale.

D'un de ces ordres, j'ai déjà fait justice : celui de faire sauter tous les camps de concentration à l'approche des troupes alliées et d'y exterminer ainsi tous leurs occupants, gardiens compris. On sait aujourd'hui que cet ordre reçu par tout le monde, brandi contre les accusés du procès de Nuremberg et abondamment commenté par les Rousset, sous-Rousset et autres Kogon n'a jamais été donné et n'est qu'une invention du sinistre [27] médecin-chef S.S. du Revier de Dora, le Dr Plazza, pour s'attirer la bienveillance des alliés et sauver sa peau 7. (Voir « Le Mensonge d'Ulysse », p. 24.)

En dépit que les intentions de ceux qui ont publié « Der Lagerkommandant von Auschwitz spricht... » n'aient pas été de démontrer qu'il en a été de même des ordres d'extermination Par les gaz, j'ai bien peur qu'en définitive ce soit ce but qu'ils aient atteint.

D'abord, il est explicitement reconnu dans ce livre que la première utilisation du gaz pour tuer des détenus a été perpétrée sans ordre aucun, avec un gaz de fortune et alors que parmi les responsables du camp, du haut en bas de l'échelle hiérarchique, personne ne s'y attendait :

« Pendant l'un de mes voyages d'affaires (1942) mon suppléant, le Schutzhaftlager Fritzsch 8. Il fit usage des gaz contre un lot de fonctionnaires politiques de l'armée rouge. Il employa en l'occurrence la préparation de cyanure (cyclon B) qu'il avait sous la main parce qu'on l'utilisait constamment au bureau comme insecticide. Il m'en informa dès mon retour » (p.172).

Ainsi, sur l'initiative fortuite d'un subalterne, serait née une méthode qui aurait été utilisée en grand contre les juifs.

[28]

A plusieurs reprises, dans le corps de l'ouvrage, Rudolf Höss dit (ou on lui fait dire) que les plus hautes instances gouvernementales du IIIe Reich et particulièrement Himmler, lui ont verbalement réitéré les ordres d'exterminer les Juifs par les gaz, mais :

« On n'a jamais pu obtenir sur ce sujet une décision claire et nette d'Himmler » (p. 233). Et, alors qu'il était, lui Höss pour la gazéification en grand :

« J'ai souvent traité de cette question dans mes rapports mais je ne pouvais. rien contre la pression d'Himmler qui voulait toujours avoir plus de détenus pour l'armement (p. 189) et donc s'y opposait. »

De toutes façons, on ne voit pas bien comment Himmler aurait pu avoir toujours plus de détenus pour l'armement » en en faisant exterminer toujours de plus en plus par les gaz.

Il faut au surplus noter que, Himmler ayant verbalement demandé à Höss de construire des chambres à gaz à Auschwitz (en été 1941), Höss lui « soumit un plan détaillé des installations projetées » à propos duquel il déclara : « Je n'ai jamais reçu de réponse ou de décision à ce sujet » (page 227). Les chambres à gaz ont cependant été construites parce que, dit Höss, « par la suite, Eichmann (un sous-ordre 9 de Himmler) me dit [29] en passant - donc verbalement : tout est verbal, dans cette affaire ! - que le Reichsführer était d'accord » (p. 227).

Himmler n'aurait alors jamais donné l'ordre de construire ces chambres à gaz - l'aveu est de taille ! - dont il aurait réclamé qu'elles anéantissent à la fois beaucoup et le moins possible de monde.

A la page 191, on peut encore lire :

« Les détenus spéciaux (c'est-à-dire les Juifs) soumis à sa compétence (de Himmler) devaient être traités avec tous les égards... On ne pouvait 4 pas se passer de cette main-d'oeuvre massive et, en particulier, dans les industries d'armement. »

Allez vous y reconnaître !

Les choses ne deviennent pas plus claires si on se penche sur la façon d'exterminer. On a vu plus haut que le gaz employé était un insecticide, le cyclon B, qui fut utilisé, nous dit Höss, dans toutes les asphyxies postérieures à celles des fonctionnaires politiques de l'Armée rouge dont il est question ci-dessus : il est pour le moins bizarre que, pour l'exécution d'un tel ordre, même verbalement [30] donné, on n'ait pas prévu un gaz spécial autre qu'un insecticide.

Quoi qu'il en soit, voici ce qu'est le cyclon B

« Le cyclon B se présente sous la forme de cailloux bleus, livrés en boîte, d'où le gaz se dégage 10 sous les jets de vapeur d'eau » (p. 228).

[31]

Son maniement est si dangereux que, lorsqu'on l'utilise dans une pièce, avant d'y pénétrer à nouveau, « IL FAUT L'AÉRER PENDANT DEUX JOURS » (p. 229) mais la gazéification des juifs « dure en moyenne une demi-heure » (p. 174) après quoi « on ouvre les portes et le Sonderkommando commence AUSSITÔT son travail de déblaiement des cadavres » (p. 230)... « traînant les cadavres en mangeant et en fumant » (p. 180) sans qu'il arrive jamais le moindre accident. Mieux : pour la première extermination, on la fit dans une morgue et, pour y faire pénétrer le gaz, « tandis qu'on déchargeait les camions (de futures victimes) on perça rapidement plusieurs trous dans les parois de pierre et de béton de la morgue » (page 172). Il n'est pas dit comment on fit arriver la vapeur d'eau nécessaire, ni comment on reboucha les trous après introduction des cailloux bleus : hâtivement aussi, sans doute, et avec de vieux chiffons...

Non vraiment, tout cela n'est pas sérieux : « le roman chez la concierge » et c'est ce roman qu'on nous présente comme un document !

[32]

Dans ce tissu de contradictions naïvement étalées, on ne peut pas tout citer : le volume comprend 247 pages et il en faudrait au moins autant pour tout réfuter. Force était donc de se limiter à l'essentiel et l'essentiel était ce qui concerne les chambres a gaz, la plus irritante question de toutes celles qui touchent au problème des camps de concentration en Allemagne. Les contradictions que j'ai relevées me semblent d'ailleurs suffisantes pour prouver que ce nouveau témoignage ne pouvait, pas plus que celui du communiste hongrois Miklos, être l'oeuvre de quelqu'un qui a vu. Très probablement, Rudolf Höss ayant écrit sa confession en attendant la mort, les communistes polonais y ont introduit, de-ci, de-là, et assez maladroitement, la thèse bolchevique sur les événements qui sont réputés s'être passés au camp d'Auschwitz de 1940 à 1943, c'est-à-dire durant le temps qu'il en a été le Lagerkommandant. C'est, en tout cas, la seule explication possible, à la fois du temps qu'ils ont mis à publier ce témoignage - 12 ans ! - et de son incohérence.

J'en veux cependant retenir deux toutes petites phrases encore :

« Fin novembre 1940, je fus convoqué pour la première fois chez le Reichsführer et je reçus l'ordre de procéder à un agrandissement de l'ensemble du territoire du camp... Il s'agissait de la construction [33]de Birkenau (Auschwitz II) qui devait être suivi de l'aménagement de l'ensemble des Kommandos de Monowitz pour l'I.G. Farben (Auschwitz III). La construction d'Auschwitz IV a été interrompue par la défaite hitlérienne (p. 121). »

A ma connaissance, c'est la première fois encore que la littérature concentrationnaire convient que, comme elle le fit pour toutes ses autres industries, l'Allemagne en guerre avait aussi projeté d'installer dans les camps l'I.G. Farben, industrie dans laquelle les chambres à gaz sont indispensables.

Pour la fabrication des couleurs et d'un certain nombre de produits chimiques, non pour l'extermination des concentrationnaires.

C'est ce que j'ai dit dans Le Mensonge d'Ulysse bien avant que cet aveu ne soit rendu public.

Mais les asphyxies de concentrationnaires ?

Nous sommes déjà en possession d'un élément certain :

Au lendemain de la guerre, on a publié dans tous les journaux du monde la photographie d'un poteau indicateur portant l'inscription suivante : « Vorsicht ! Gas ! Gefahr ! » (Attention 1 Gaz ! Danger !). Cet appel à l'attention concernait la chambre à gaz du camp de Dachau dont on disait à l'époque qu'elle avait asphyxié des dizaines de milliers de concentrationnaires.

De passage à Munich, j'ai voulu en avoir le coeur net et je me suis fait conduire sur les lieux : le poteau indicateur a disparu, la chambre peut con[34]tenir une cinquantaine de personnes debout et serrées les unes contre les autres, à la façon des sardines dans une boîte.

A la porte du camp, un gardien explique aux visiteurs que « dans toutes les librairies de Munich on vend une histoire du camp de Dachau dam laquelle il est dit que cette chambre à gaz n'a jamais fonctionné pour la simple raison qu'elle n'a été achevée qu'après la guerre par les S.S. qui ont pris la suite des concentrationnaires dans ce camp. »

C'est exact, j'ai vérifié... Je dois d'ailleurs reconnaître qu'à partir de 1948, on a déjà pu lire cela dans la presse française, mais en tout petits caractères et dans les coins perdus des journaux - qui passent inaperçus du plus grand nombre de leurs lecteurs, - tant et si bien qu'aujourd'hui encore la plupart des gens sont toujours persuadés que « des dizaines de milliers de personnes ont été asphyxiées à Dachau ».

S'il en est de même des 4 chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau 11... Et pourquoi n'en serait-il [35] pas de même ? On sait en effet qu'en novembre 1944, à l'approche des troupes russes qui libérèrent le camp le 22 janvier 1945, « les Allemands firent démolir les fours crématoires et sauter les chambres à gaz » (Exodus, de Léon Uris, page 219 de l'édition française, Der SS Staat de Kogon qui situe l'événement en septembre 1944, Histoire de Joël Brand de Weisberg, etc. ) dont tant de touristes - qui ont tous beaucoup d'entregent dans le monde communiste ! - prétendent toujours qu'ils y sont allés en pèlerinage depuis la fin de la guerre et les ont visitées.

Je note encore qu'après avoir prétendu qu'il y en avait eu dans tous les camps, on ne parle plus que des exterminations qui ont eu lieu à Auschwitz, en zone russe en utilisant des documents que personne - sauf les communistes ! - ne peut contrôler et que ceux qui continuent à en écrire sont, comme par hasard, seulement des ressortissants de la zone russe dont les affirmations sont invérifiables. Ce qui est déjà certain, c'est que les « té[36]moignages » écrits qu'ils nous envoient, premièrement se contredisent entre eux (Hoess en contradiction avec Miklos et même avec E. Kogon et D. Rousset) et, secondement, sont pleins d'invraisemblances, se contredisent eux-mêmes d'une page à l'autre, ainsi qu'il est prouvé dans cet article.

Or, on ne peut pas fonder une vérité historique sur des « témoignages » à la fois si incohérents et si divergents.

J'ajouterais bien qu'en plus de ses propres contradictions et de celles qu'il apporte à ceux qui ont été publiés avant lui, le témoignage « attribué » à Rudolf Hoess sur le camp d'Auschwitz-Birkenau, est rédigé dans un style qui le fait étrangement ressembler aux confessions publiques des accusés des célèbres procès de Moscou que personne n'a pris au sérieux en Europe occidentale.

Mais à quoi bon ?

Là-dessus, en publiant son célèbre livre « Le Zéro et l'infini », Arthur Koestler - qu'on me passe la référence a tout dit.

20 octobre 1959.

P. R


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