AAARGH

P. Rassinier, Le Véritable Procès Eichmann,
ch. VI, notes

*Note générale de l'AAARGH, s'appliquant à tout ce qui suit. Chaque phrase, chaque expression de ce pamphlet nationaliste anglais mériterait dÕêtre relevée, corrigée et contredit, des faits et des dates à la main. Le lecteur peut se reporter à n'importe quel manuel d'histoire de chacune des périodes considérées pour s'éclairer. Nous nous commenterons d'une protestation générale.

Il est bien évident que jamais « l'Histoire n'a eu pour axe la Méditerranée » (le rôle de la Méditerranée dans l'histoire chinoise, par exemple, est bien connu !) mais que l'histoire de la civilisation occidentale a la Méditerranée en son centre. Le fait que l'Angleterre ait dominé le commerce mondial au XIXe siècle est également incontestable. Pour le reste, elle a toujours été une petite puissance, n'a jamais joué qu'un rôle secondaire en Europe, que toute l'histoire du continent s'est déroulée hors de sa domination, qu'elle n'a participé à aucune grande découverte mais s'est contentée d'arracher les colonies aux puissances occidentales qui les avaient conquises (c'est vrai aussi bien de l'Amérique que de l'Afrique ou de l'Asie) ; que sa puissance au XVIIIe siècle est exclusivement maritime alors que l'essentiel de l'histoire de l'Europe à cette époque se passe en Europe même ; qu'au XVIIIe siècle encore, les principaux producteurs de fonte sont la Suède et la Russie ; que si elle a fourni tous les consommateurs du monde en produits de grande consommation pendant dix ans au XIXe siècle, l'industrie la plus développée de l'Europe était celle de l'Allemagne et à moindre degré de la France: toutes les découvertes chimiques ou médicales, par exemple, se sont faites dans ces deux pays. Et nous ne parlerons pas ici du reste de l'histoire, de détails aussi peu importants que la littérature, la peinture ou la musique... La puissance économique de l'Angleterre a duré quelques décennies et a toujours connu un vice irréversible : la dépendance envers l'étranger, aussi bien pour ses importations que pour ses exportations. Ils n'en demeurent pas moins vrai que les Anglais sont persuadés, aujourd'hui encore, d'être LA puissance... Franchement, si l'Angleterre avait été ce que décrit l'Anglais Horrabin dans ce texte, la guerre de 1914-1918 aurait dû durer trois jours et s'achever par une victoire complète, écrasante et sans partage de cette Puissance invincible... Même chose évidemment en 1940: or, si l'on regarde ce qui s'est passé pendant ces deux guerres, l'Angletetrre a été écrasée: en 1914-1918, c'est l'armée française qui a résisté à l'Allemagne, en 1940, une fois l'armée française écrasée, les Anglais se sont enfuis...

** Il faut être d'un nationalisme aveugle pour oser proférer une telle ineptie, entachée d'un tel mépris pour le reste du monde... en dehors du fait que c'est totalement faux !

*** Note de l'AAARGH : chacun sait que la France n'a qu'une agriculture miséreuse et qu'on y a crevé de faim jusqu'à l'importation du blé anglais et du maïs américain. La révolution agricole est née au XIIIe siècle dans les Pays-Bas (c'est-à-dire l'actuelle Belgique + les actuels Pays-Bas) où il était indispensable de mettre la terre, rare et insuffisante, en état de donner le maximum. L'Angleterre n'a suivi l'exemple qu'au XVIIIe siècle; quant à la France, son agriculture était suffisamment riche naturellement pour nourrir sa population et c'est seulement au XXe siècle, et surtout par esprit d'imitation, qu'elle est passée par exemple au champ ouvert -- dont elle très vite revenue, voyant les sols disparaître en l'absence de haies pour les maintenir. Toute cette analyse pseudo-économique est fausse.

**** On a vu ce qu'il en était, par exemple, lorsque les sous-marins allemands sont sortis de leurs bases !

1. Il pourrait ajouter aujourd'hui : de pétrole.

2. Depuis 1933, date à laquelle ceci a été écrit, l'Inde a conquis son indépendance politique.

* Note de l'AAARGH: l'homme français, nous avons le mauvais goût de le faire remarquer, l'Angleterre s'étant contentée de voler le canal de Suez une fois que les Français l'eurent construit ­ sans le moindre recours à « l'écrasante suprématie industrielle anglaise ».

**Note de l'AAARGH : le canal de Panama est une initiative française et non étatsunisiennes ; sa construction a donné lieu à un gigantesque scandale financier dû en partie aux difficultés de construction, soigneusement entretenues et aggravées par les États-Unis qui s'empressèrent de racheter le chantier et de l'achever une fois les Français repartis (1904) (cf J. Bouvier, Les Deux scandales de Panama, Paris, Julliard, 1964). Encore une application de la doctrine de Monroë...

3. En Russie, c'est un groupe de bureaucrates, préfiguration des « directeurs » de J. Burnham.

* Note de l'AAARGH : nous retrouvons encore une fois la haine de Rassinier pour les Russes qui sous-tend tout son livre ; beaucoup de gens; à l'époque où écrivait Rassinier, pensaient quÕune hégémonie russe serait préférable à une hégémonie américaine. Que dire du mois de mai 1999 ! Mais il est vrai que là, c'est sans doute au danger bolchevique que pense Rassinier, et non à des hordes de sauvages déferlant sur l'Allemagne si raffinée.

3. Publie aujourd'hui Les Cahiers Libres, 16, rue Jeanne-d'Arc, à Nîmes (Gard).

* Note de l'AAARGH : les bras nous en tombent ! L'idée que la Russie (si c'est bien d'elle qu'il s'agit) « en toute rigueur ne fait pas partie de l'Europe » (que tous les géographes définissent comme s'étendant de l'Oural à l'Atlantique) « qu'elle n'a point participé à ses diverses expériences culturelles » (ô mânes des despotes éclairés, d'Alexandre Ier, de Pouchkine et de Dostoiesvkij ­ pour aller au plus simple ­) et « qu'elle ignore, en ses profondeurs, l'essentiel de nos traditions » (s'étant convertie au christianisme très tardivement, en 987, soit à une époque où tout était déjà dit et fait en Europe depuis trois millénaires au moins...), cette idée-là nous paraît mériter l'Hermine de la stupidité (décoration inventée par Victor Hugo pour la tante de Marius).