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Le véritable procès Eichmann
ou les vainqueurs incorrigibles

Paul Rassinier

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APPENDICE I

REQUÊTE COLLECTIVE

PRÉSENTÉE PAR LA DÉFENSE

LE 19 NOVEMBRE 1945 1

 

Les deux effroyables guerres mondiales, ces conflits gigantesques qui ont violé la paix entre États et soulevé le monde, ont eu pour conséquence, la constance, chez les peuples torturés, que la réalisation d'un ordre réel entre États n'est pas possible tant que l'un d'eux, en vertu de sa souveraineté, a le droit dé déclencher une guerre à tout moment et à tout propos. Pendant les dix dernières années, I'opinion publique mondiale repoussa avec de plus en plus d'énergie l'idée selon laquelle la décision de déclencher une guerre dépassait la notion de bien et de mal. Elle distingue entre les guerres justes et injustes, et exige que la communauté des États demande à celui qui entreprend une guerre injuste de rendre des comptes et lui dénie, s'il est victorieux, les fruits de son outrage. Bien plus, on réclame que, non seulement. l'État coupable soit condamné, et sa responsabilité démontrée mais encore que les hommes responsables du déclenchement d'une guerre injuste soient jugés et condamnés par un Tribunal International. Eu égard à ces considérations, on va, de nos jours, plus avant que ne l'ont jamais fait les juristes les plus sévères du début du Moyen-Âge. Cette pensée est le fondement du premier des trois points de l'Acte d'accusation soulevés dans ce Procès, en l'espèce l'accusation [220] du chef de crimes contre la Paix. L'humanité insiste pour que cette idée soit, dans l'avenir, plus qu'une exigence: une règle viable du Droit International.
Ce n'est pas encore de nos jours, cependant, une règle vivante du Droit International.
Cette idée n'a été réalisée, ni dans le statut de la Société des Nations organisation mondiale contre la guerre, ni dans le pacte Briand-Kellog, pas plus que dans l'un quelconque des traités conclus après 1918 au cours de cette première vague d'efforts dont le but était de bannir la guerre d'agression. Mais jusqu'au tout dernier moment, la ligne de conduite de la Société des Nations est restée sans équivoque à cet égard. A plusieurs reprises, la Société des Nations eut à décider de la légalité ou de l'illégitimité de l'emploi de la force par l'un de ses membres. Mais, si elle a toujours condamné ce recours à la force comme une faute de l'État à l'encontre du Droit international, jamais elle n'a eu la pensée d'en rendre responsables les hommes d'État, généraux et industriels de cet État qui avait recouru à la force, et encore moins, de les traduire devant une juridiction répressive internationale. Et lorsque fut établie l'été dernier, à San Francisco, la nouvelle organisation pour la paix mondiale, aucun principe juridique ne fut élaboré, aux termes duquel un tribunal international infligerait dans l'avenir, un châtiment aux hommes responsables du déclenchement d une guerre injuste.
Le Procès ne peut donc pas, autant que puissent être punis les crimes contre la Paix, invoquer un droit international en vigueur: c'est bien plutôt une procédure fondée sur un droit pénal nouveau sur une règle répressive instituée après le crime. Cela répugne au principe de jurisprudence sacré aux yeux du monde civilisé, et dont la violation partielle par l'Allemagne hitlérienne a été fort blâmée, à l'intérieur comme à l'extérieur du Reich. C'est celui-ci : seul peut être puni celui qui contrevient à une règle répressive préexistant à l'acte. Cette maxime appartient aux grands principes fondamentaux du système politique des Signataires du Statut de ce Tribunal: l'Angleterre, depuis le Moyen-Âge, les États-Unis depuis leur création, la France depuis sa grande Révolution, et l'Union Soviétique. Et, lorsque récemment le Conseil de Contrôle pour l'Allemagne prit la décision d assurer le retour à une juste application du droit pénal en Allemagne, il décréta en premier lieu la restauration de la maxime «Nul ne sera puni sans une règle pénale en vigueur au moment de l'accomplissement de l'acte.» Cette maxime n'est pas précisément une règle d'opportunité, mais elle découle de la reconnaissance du fait que tout accusé peut se considérer comme injustement traité s'il est puni par un droit postérieur à la commission de ses actes.
Les avocats de tous les accusés présents négligeraient leur devoir s'ils acceptaient silencieusement l'abandon du Droit international en vigueur et le retrait d'un principe universellement reconnu par la jurisprudence criminelle moderne, et étouffaient les scrupules exprimés ouvertement aujourd'hui, et cela, même en dehors des frontières de l'Allemagne. D'autant plus que la Défense est unanimement convaincue que ce Procès pourra servir hautement au progrès de l'Ordre mondial, à condition qu'il ne s'éloigne pas du Droit international en vigueur. Là, en particulier, où l'accusation vise des faits qui, lorsqu'ils ont été accomplis, n'étaient pas punissables, le Tribunal devrait se borner à en faire une mention générale et à constater ensuite ce qui a été commis: la Défense, en véritable auxiliaire du Tribunal, lui apportera sa collaboration la plus totale. Sous le poids de ces déclarations du Tribunal, les États de la communauté internationale, d'un commun accord, institueraient alors un droit nouveau, selon lequel celui qui, dans m'avenir, se rendrait coupable du déclenchement d'une guerre injuste, serait menacé d'un châtiment par le Tribunal international.
Les avocats estiment aussi que d'autres principes de caractère pénal contenus dans le Statut sont en contradiction avec la maxime «Nulla poena sine lege».
Enfin, les avocats considèrent de leur devoir de mettre en lumière une autre particularité de ce Procès qui s'écarte des principes communément reconnus ,par la jurisprudence pénale moderne. Les juges ont été exclusivement désignés par les États ayant formé l'un des partis belligérants. Celui-ci est tout en un: créateur du Statut du Tribunal et des règles de droit, procureur et juge. La conviction juridique commune voulait qu'il n'en fût pas ainsi. De même, Les États-Unis d'Amérique, en tant que champions de l'institution d'une juridiction et d'un arbitrage internationaux, ont toujours réclamé que des neutres, amenés par des représentants des parties en cause, occupassent le siège des juges. Ce principe a été réalisé d'une façon exemplaire par la Cour permanente de Justice Internationale de La Haye.
En considération des difficultés soulevées par la complexité de ces questions de droit, la Défense dépose la requête:
Que le Tribunal pourrait puiser dans les avis émanant de spécialistes universellement réputés en matière de droit international les bases juridiques de ce Procès fondé sur le Statut du Tribunal.
Au nom des avocats de tous les accusés présents:
 
Signé Dr STAHMER

 

***

LE DOCUMENT GERSTEIN *

(PS. 1553 . R.F. 3503 Refusé à Nuremberg)


«Le troisième camp d'extermination dont il a été question (à l'audience du 6 juin du procès Eichmann), celui de Belzec, entre Lublin et Lemberg, n'a laissé qu'un seul survivant au lendemain de la guerre, lequel est mort depuis. Le ministère public s'appuie sur une série de dépositions faites devant les officiers alliés par Kurt Gerstein, lieutenant 2 du service de santé des Waffen SS, qui se pendit ensuite dans une prison militaire de Paris. Gerstein avait été chargé par Eichmann d'étudier des poisons plus rapides.»

(«Le Figaro», 7 juin 1961).

 

Dans les tout premiers jours de mai 1945 (à ma connaissance la date exacte n'a jamais été donnée) les troupes françaises entrant dans Rottweil (Wurtemberg) firent prisonnier un certain Kurt Gerstein: il portait l'uniforme des SS. à tête de mort et, sur l'uniforme, I'épaulette d'Obersturmführer (commandant). Sans doute est-ce la raison l'affirmer serait cependant témérairepour laquelle, au lieu de le traiter comme le commun des autres officiers, on l'achemina sur Paris où il fut «bouclé» au Cherche - Midi. Un matin de juillet qui suivit, on le trouva mort dans sa cellule: il s'était suicidé pendant la nuit. Quel matin? On ne l'a non plus jamais dit (à ma connaissance toujours) et pas davantage par quel moyen il s'était donné la mort.

[224]

Sur le moment d'ailleurs, cet événement ne semble avoir été rendu public par personne

C'est seulement le 30 janvier 1946 que quelques indiscrets de marque commencèrent à en parler. Le premier et le plus notoire de ces indiscrets fut M. Dubost, procureur français près le Tribunal de Nuremberg: dans les archives de la délégation américaine, il avait découvert un certain nombre de factures de Cyclon B fourni aux camps de concentration d'Auschwitz et d'Orianenburg par la Degesch Gesellschaft de Frankfurt/M annexées à un récit en français portant la signature de Kurt Gerstein et daté de Rottweill le 4 mai 1945.

D'où il faut déjà conclure que les Français qui avaient trouvé l'homme, s'ils avaient flairé qu'il s'agissait d'un personnage important, n'avaient pas trouvé les documents, c'est - à - dire que, contrairement à un usage assez courant cependant, I'un ne portait pas les autres. Comment les Américains les ont trouvés, on ne l'a jamais su et, maintenant, on ne le saura vraisemblablement jamais plus. Les Américains, d'ailleurs, ne s'étaient pas aperçus, eux, de l'importance de ces documents et ils ne les avaient pas jugés dignes d'être produits comme preuve contre les accusés devant le Tribunal

Heureusement, M. Dubost était là: le 30 janvier 1946, il les sortit de sa serviette et les déposa sous la référence PS 1553 - RF 350.

Et voici ce qui arriva...

 

***

Mais d'abord, qui était Kurt Gerstein?

A cette première question, la lecture des quarante-deux volumes du compte rendu du Procès de Nuremberg ne permet pas de répondre: pour des raisons que le lecteur ne tardera pas à comprendre, le Tribunal, en effet, n'a voulu entendre parler ni de Kurt Gerstein ni de son récit: de la liasse de documents produits par M. Dubost, il n'a retenu que deux factures à la date du 30 avril 1944, de chacune 555 kgs de Cyclon B, I'une pour Auschwitz, I'autre pour Orianenburg.

Le lendemain, 31 janvier 1946, cependant, les journaux du monte entier reproduisaient sans sourciller et chacun à sa manière, le récit de Kurt Gerstein, dont la lecture avait été refusée à l'audience et dans une forme telle que personne ne pouvait douter de son authenticité et de son admission comme preuve par le Tribunal.

C'est de cette «offensive de presse» que date l'exploitation qu'ont faite de ce document depuis quinze ans gagne sa vie comme on peut! ces historiens éminents sortis de l'École Normale Supérieure de la Rue de la Libération sic (Fondateur: le père Loriquet) que sont M. Poliakov (Le Bréviaire de la Haine: quel joli titre!) et quelques autres comme les Allemands (bons teints, bien sûr! ) H. Krauschnik (Documentation sur l'extermination par les gaz), [225] J.-J. Heydecker et J. Leeb (Le Procès de Nuremberg), Gerhardt Schoenberner (L'Étoile jaune), etc., etc. (On m'excusera, je n'ai lu que ceux-là et on ne peut pas tout lire, surtout dans ce genre de littérature!) qui font actuellement leurs choux-gras du Procès Eichmann. Après une année de publicité autour de ce dernier procès on les voit, en effet, tous les uns après les autres, remonter au premier plan de l'actualité comme la lie sur les fonds de tonneauxdifficilement, il est vrai, car nous ne sommes plus en 1946 et l'opinion est heureusement un peu plus difficile. Bref...

Autant que l'on puisse déduire des écrits de ces brillants historiens, Kurt Gerstein était un ingénieur - chimiste. En 1938, il eut maille à partir avec la Gestapo et fut interné au camp de concentration de Welzheim. Comment il réussit à en sortir, on ne le sait pas. Toujours est-il qu'en 1941, on le retrouve dans la SS. (où il s'est engagé, dit-il, pour saboter de l'intérieur l'oeuvre d'extermination!) et, en 1942, dans les Waffen-SS. avec le grade d'Obersturmführer, à la «section hygiène» (Abt. der Entwesung und der Entseuchung) du service sanitaire central (Hauptamt des Sanitätdienste). En cette qualité, il était chargé de recevoir les commandes de Cyclon B utilisé comme désinfectant par la Reichswehr depuis 1924, puis par la Wehrmacht qui n'avaient pas la chance de connaître le D D.T. Ces commandes, il les transmettait avec ordre de livrer à la Degesch Gesellschaft de Frankfurt/M. ou à sa filiale, la Testa de Hambourg. Et naturellement, il recevait les factures...

Les faits qu'il raconte ­ qu'on trouve dans le récit qui lui est attribué, serait plus exact ­ 3 se situent en 1942.

Le 8 juin de cette année-là donc, il reçut dans son bureau le SS. Sturmführer Gunther qui lui dit avoir un besoin urgent de 100 kgs de Cyclon B pour les conduire dans un lieu que seul le chauffeur du camion devait connaître.

Quelques semaines après, le chauffeur du camion en question se présente accompagné de Gunther: on charge les 100 kgs de Cyclon B, on embarque Gerstein et on part pour Prague d'abord, pour Lublin ensuite où l'on arrive le 17 août. Le même jour, on rencontre le Gruppenführer (général) Globocnick chargé de l'extermination des juifs dans le Warthegau et qui n'a encore trouvé d'autre moyen de conduire sa tâche à bien que.. Ie gaz d'échappement des moteurs Diesel (!!) qu'il fait arriver dans des chambres spécialement aménagées à cet effet.

[226]

Naturellement, le Gruppenführer qui a le sens de la logique commence par raconter. Dans sa région, il existe trois installations pour exterminer les juifs au gaz de Diesel: Belzec, d'abord (sur la route de Lublin à Lwow) avec une capacité de 15.000 personnes par jour; Sobibor (il ne sait pas exactement où ca se trouve!) avec une capacité de 20.000 personnes par jour; Treblinka (à 120 km. au N.-N. E. de Varsovie, sans indication de capacité d'après M. Poliakov, mais MM. Heydecker et Leeb précisent: 20.000 personnes par jour, car ce singulier document ne parle pas le même langage aux uns et aux autres!) Une quatrième installation, Maïdanek, est en préparation, mais aucune indication n'est donnée par personne, ni sur sa situation, ni sur la capacité prévue). Pour être complet sur ce point, il faut dire que, dans L'Étoile jaune (édition allemande) de M. Gerhardt Schoenberner, cette partie du document n'est pas reproduite: sans doute s'agit - il encore d'une autre méthode historique (!) Citant cependant ces quatre localités, M. Gerhardt Schoenberner met sous la plume de Gerstein une capacité totale de 9.000 personnes par jour pour les quatre installations (!).

Du Bréviaire de la Haine de M. Poliakov et de la Documentation sur l'Extermination par les gaz de M. Krauschnick, on déduit encore que le Führer était à Lublin l'avant-veille, 15 août, avec Himmler et qu'ils ont «ordonné d'accélérer toute l'action». Mais cette partie du document n'est reproduite, ni dans L'Étoile Jaune de Schoenberner, ni dans Le Procès de Nuremberg de MM. Heydecker et Leeb.

Enfin, Globocnick met toujours d'après ces deux auteurs seulement Kurt Gerstein au courant de sa mission: améliorer le service des chambres à gaz, notamment au moyen d'un gaz plus toxique et d'un usage moins compliqué.

Puis on se quitte après avoir décidé d'aller sur place, à Belzec, le lendemain.

Et après avoir dit ce qu'on lui a raconté, Gerstein raconte ce qu'il a vu...

***


En arrivant à Belzec le 18 août, M. Kurt Gerstein a commencé par visiter le camp sous la conduite d'une personne que Globocnick met à sa disposition. M. Poliakov n'a pas pu lire le nom de cette personne. Mais, en s'appliquant un peu, il a cru déceler «Wirth»: plus heureux que lui, M. Schoenberner a pu lire clairement «SS. Hauptsturmführer Obermeyer de Pirmasens», le malheur étant seulement que, quand il parle du SS. Wirth, qui est une autre personne que celle dont parle M. Poliakov, il lui colle le grade de «Hauptmann» qui... n'a jamais existé dans la S S.!...

Quoiqu'il en soit, au cours de cette visite, il a vu les chambres à gaz opérant au gaz d'échappement de Diesel et il les a mesurées: 5X5 [227] = 25 m2 de superficie, 1,90 m de hauteur = 45 m3, calcule-t-il: on ne dira rien pour les 2,5 m3 d'erreur. MM. Krauschnick, Heydecker, Leeb et Schoenberner n'ont d'ailleurs rien dit non plus. Plus soucieux de la vraisemblance, M. Poliakov a corrigé le document (comme on a l'honneur de vous le dire!): 93 m2 de superficie, a-t-il évalué (Bréviaire de la Haine, p. 223, deuxième édition . je n'ai pas lu la première!) sans autres indications et c'était plus prudent.

Mais, comme il a eu raison de corriger le document! Dans la suite, Kurt Gerstein raconte, en effet, que, le lendemain 19 août, il a vu les chambres à gaz quatre, disent les uns, dix protestent les autres en action:

Au petit jour, un train de juifs de 6.700 personnes ­ 6.000 a lu M. Poliakov ­ hommes, femmes, enfants, contenues dans 45 wagons (entre 148 et 150 personnes par wagon donc, et pour ceux qui connaissent les wagons polonais de marchandises, la bonne mesure) arrive de Lemberg en gare de Belzec située en bordure même du camp...

200 Ukrainiens, cravache de cuir à la main, se ruent sur les portières, les arrachent (!) et font descendre tout le monde sous la protection d'autres Ukrainiens, fusil chargé à la main... Le «Hauptmann de la SS» Wirth dirige la manoeuvre, assisté de quelques - uns de ses SS... Se déshabiller complètement, se faire couper les cheveux après avoir remis les valeurs et en route pour les chambres à gaz.

«Les chambres s'emplissent. Bien se serrer, a ordonné le «Hauptmann» Wirth. Mes gens se tiennent sur la pointe des pieds: 700 à 800 sur 25 m2 en 45 m3. Le S.S. bourre autant qu'il peut. Les portes se ferment», dit M. Schoenberner dans L'Étoile jaune; mais, au style près, les autres disent la même chose, à l'exception de Poliakov qui tient à ses 93 m2 de superficie.

Où tout le monde est d'accord, par contre, c'est sur la durée de l'opération mesurée par Gerstein, chronomètre en main: d'abord les 700 à 800 personnes entassées dans les chambres à gaz ont dû attendre 2 heures et 49 minutes que le moteur Diesel consente à se mettre en marche, après quoi il a fallu encore 32 minutes pour que tout le monde soit mort. Chronomètre en mains, je le répète .

C'est cette histoire macabrement rocambolesque que M. Dubost pas n'importe qui: un procureur et sans doute réputé puisqu'il a été choisi parmi tous ses pairs pour représenter la France à Nuremberg a voulu faire admettre par le Tribunal International le 30 janvier 1946.

Le Tribunal n'a pas marché: rendons à César... En précisant toutefois que, pour qu'il n'ait pas marché, il fallait que ce soit un peu gros, car, en d'autres circonstances, il a avalé, apparemment sans sourciller, bien d'autres couleuvres de cette taille.

Il n'empêche que, le lendemain 31 janvier 1946, la presse mondiale a présenté l'histoire à dormir debout et à pleurer en dormant de ce Kurt Gerstein comme un document authentique et indiscutable.

Aujourd'hui encore quinze ans après! des hommes qui prétendent au titre d'historien osent encore la présenter comme authentique et indiscutable dans des livres et n'en perdent pas pour autant l'estime et la faveur de la presse mondiale.

Et il en a encore été fait état au Procès Eichmann.

Il est vrai qu'il ne faut s'étonner de rien. A ce procès Eichmann, les juges ont accepté pour vrais à longueur de journée, des récits de gens qui ont vu de leurs yeux vu en action les chambres à gaz de Bergen - Belsen desquelles il n'est pas jusqu'à l'Institut für Zeitgeschichte de Munich, parangon du résistantialisme mondial qui n'ait convenu qu'elles... n'avaient jamais existé.

Comme s'il n'y avait pas assez de ce qui s'est réellement produit pour accabler le nazisme.

Tous les jours, avec des tremolos dans la plume, la grande presse s'étonne de la renaissance du nazisme, du racisme et de antisémitisme entre lesquels d'ailleurs elle ne fait pas de différence. Ce qui m'étonne, moi, c'est que les tripatouillages de textes des Poliakov et Cie n'aient jusqu'à ce jour, pas réussi à donner plus de virulence encore, au moins au racisme et à l'antisémitisme antijuifs 4.

Car ils n'ont rien négligé pour.



APPENDICE III

LE DOCUMENT KASZTNER

 

 

Au paragraphe D du chapitre II de cet ouvrage (Crimes contre l'humanité) il a été question du document Kasztner (Rapport du Dr Rezso Kasztner, prési dent du Comité pour le salut des juifs de Budapest de 1942 à 1945) qui raconte dans ses moindres détails la déportation des juifs hongrois (1944) et qui fut utilisé par l'avocat du Standartenführer (colonel) Kurt Becher pour sa défense à l'un des treize procès de Nuremberg. Grâce à ce rapport, qui l'innocentait, ce Kurt Becher qui semble bien avoir été le supérieur direct d'Eichmann (lequel n'était que lieutenant-colonel), le grand maître et le grand responsable devant Himmler des opérations de déportation en }Hongrie fut acquitté.

Sioniste convaincu, le Dr Kasztner s'installa en Israël au lendemain de la guerre et il y devint rapidement un membre influent du Mapaï, parti de M. Ben Gourion. En 1954, au titre de prési dent du Comité de Budapest sous l'occupation allemande, il fut accusé par un autre Hongrois qui était, lui aussi venu s'établir en Israël où il exerçait la profession de journaliste au service du parti religieux conservateur, (que toutes les autres formations politiques d'Israël traitent de fasciste et accusent d'avoir des accointances avec les partis néofascistes) de s'être vendu au nazisme pour sauver sa famille grâce au convoi de Bergen - Belsen (on était donc sauvé quand on était envoyé à Bergen-Belsen? Mais alors, les chambres à gaz?) de s'être fait pourvoyeur de la Gestapo avec laquelle, au surplus, il partageait les biens des Juifs pillés avant d'être déportés, etc., etc. Et, parce que son rapport sur l'activité du Comité de Budapest avait été produit à décharge en faveur de Becher et avait effectivement permis son acquittement, le journaliste en question accusait en outre Kaszt[230]ner d'avoir été partisan de la dénazification d'un «criminel de guerre avec qui il avait fait des affaires»

Kasztner attaqua son accusateur en diffamation. Le Procès se déroula à Jérusalem en 1955 et il prit des dimensions inattendues: 73 séances, 2.000 pages de débats le pays en émoi, une lutte des partis à couteaux tirés, les bases mêmes de l'État en tremblèrent Le jugement reconnut que toutes les accusations du journaliste étaient fondées à l'exception d'une seule (association avec les nazis en vue du pillage des victimes) et il l'acquitta. C'était la condamnation de Kasztner et le parti de M Ben Gourion auquel il appartenait en entra dans les voies de la déconsidération: aux élections législatives qui suivirent, il perdit un nombre appréciable de voix et de sièges, bien qu'il gardât encore la majorité absolue.

Il fallait donc renverser la situation pour celles qui suivraient: Kasztner fit appel et le procès vint en cassation devant le tribunal suprême le 20 janvier 1957 Il fut la répétition du premier en pis... Influencé ou non par le gouvernement de M Ben Gourion contre lequel un courant d'opinion hostile nourri par les débats s'amplifiait en se précisant, le Tribunal suprême laissa tout de suite percer sa conviction qu'il était nécessaire de condamner le journaliste pour parer au danger de mise en minorité à terme de M. Ben Gourion, et l'opinion ne s'émut que davantage de cette attitude. Le 5 mars 1957, deux mois après l'ouverture du procès, les débats menaçant de traîner longtemps encore et de mettre dans l'État un désordre annonciateur de catastrophes, en sortant de la 44e audience, sur les marches mêmes du palais de Justice, Kasztner fut grièvement blessé par un terroriste dont la main avait été armée par les violences de langage et peut-être aussi l'aide matérielle de l'extréme - droite, de la droite et de l'extrême-gauche tacitement associées contre Ben Gourion. Il mourut quelques jours après.

Le procès se termina ainsi au grand soulagement de tout le monde: l'assassin de Kasztner ne fut pas autrement inquiété. En août 1958, Kasztner fut réhabilité par un jugement qui ne condamnait pas son accusateur. Et dans une atmosphère sinon d'unité nationale retrouvée, du moins purgée par ce «jugement de Salomon» de ses miasmes les plus empoisonnés, on ne parla plus de l'affaire. Dans le but de ne pas ressusciter la discorde, on tomba de part et d'autre aisément d'accord, sur la nécessité qu'il y avait dans l'intérêt de l'État de ne pas rendre public le Rapport Kasztner, c'est-à-dire de ne le pas mettre en librairie.

Vint le procès Eichmann: pour innocenter Becher, Kasztner avait fait retomber sur celui-ci toutes les responsabilités de la déportation et de ses horreurs en Hongrie. Il devenait alors un témoin principal: en accord avec le gouvernement israélien, ses ayants-droits publièrent donc son rapport, chez Kindler à Munich, avec une préface du [231] professeur Carlo Schmid, député socialiste au Bundestag. Il ne fallait rien négliger pour justifier aux yeux de l'opinion mondiale la condamnation d'Eichmann. Mais, tel qu'il était, le Rapport Kasztner pouvait être utilisé par un avocat habile pour innocenter Eichmann en ce qu'il semait le doute expressément sur la version officielle relative au traitement des juifs dans les camps de concentration et, notamment, sur la matérialité des exterminations par les gaz mises au compte du camp d'Auschwitz. Il fallait donc le modifier quelque peu: on ne recula pas devant le procédé.

En comparant l'édition Kindler avec l'original dont j'ai réussi, en employant des ruses de Sioux, à prendre connaissance, j'ai relevé de nombreuses sollicitations par falsification ou suppression des textes et j'en ai cité deux à titre d'exemples:

Les deux documents originaux étant naturellement rédigés en langue allemande, on trouvera, en regard, leur traduction en langue française.

[232]

Lettre d'un groupe de juifs internés au camp de Therensienstadt

THERESIENSTADT 23. mai 1944 [le fac-similé reproduit par Rassinier comporte une vue du camp; se reporter à l'édition de La Vieille Taupe)


Lieber Chaver,
 
mit herslichem Dank beetätigen wir Ihr Schreiben von 8.ds.Ets. Mit grosser Freude benutzen vir die Gelegenheit, Ihnenn zu entworten und Sie zu bitten, allen Freunden Grüsse zu bestellen und dafür zu danken, dass sie sich unserer annehesn. Wir dürfen davon ausgeben, da Sie auch dessen in Ihren Brief Erwähnung tun, dass die zahlreichen Sendungen aus Lissabon und Istanbu ein Werk unserer Freunde sind. Auch die Freunde sus Wien, die hier mit uns zusammenleben, haben Sendungen aus den genannten Orten erhalten. Wann unsere Verpflegsituation auch durcaus geordnet ist und zu keinerlei Serge Anlass gibt, so freuen und doch diese Sendungen inner wieder, weil wir sir als ein Zeichen Ihrer Freundschaft anschen.
In Theresuenstadr ist eine richtige jüdische Stadt entstanden, in der alle Arbeiten von Juden besorgtr werden, von der Strassenreinigung angefangen bis zu einem modernen Gesundheitswesen mit Krankenhaäusern und einem durchorganisierten ärztlichen Betreuungsdienst mit einem grossen Stab von Pflegepersonal, von sämstlichen technischen Arbeiten bis zur Verpflegung in den Gemeinschafttsküchen, von der eigenen Polizei und Feuerwehr bis zu einen besonderen Gerichts, Post- und Verkehrwesen, von einer Bank mit eigenem Siedlungsgeld und von Verkaufsläden für Lebensmittel, Kleidung und Hausrat bis zur Freiseeitgestaltung, in deren Rahmen regelmässig Vorträge, Theteraufführungen und Konzerte stattfinden? Die Kinder, denen besondere Sorge gilt, sind in Kinder- und Jugendheimen, die nicht arbeitsfähingen Alten in Alters- und Siechenheimen unter A^rzliher Aufsicht und Pflegeuntergebracht. Die Arbeitsf¨ ahigen sçind vor allem für den inneren Dienst singesetzt. Aus allen Gebieten sind bervorragende Fachkräfte zusallengekommen. Dies kommt nicht nur der hier zu leistenden Facharbeit auf technischen, hygienischen und administrativen Gebiets zugute, auch in der Freizeit hat sich dadurch ein reiches kulturelles Leben auf jüdischen und allgemeinem Gebiet entwickeln können. Eine Bibliothek mit nahezu 50.000 Bänden mit mehreren Lesezimmern, ein Kaffeehaus mit ständingen Musikdarbietungen dienen der Serstreuung, insbesonders für die älteren Lenschen. Zentralbad und Zentralwäscherei förderne die allgemeine Hygiene, auf die naturgemäss besonderer Wert gelegt wird. So kann man sich hier, wenn man die äussere und innere Unstellung und Einordung vollzogen hat, durchaus wohlfühlen. Eine Ansicht der Stadt ersehen Sie auf dem Briekopf.
Der Gesundheitszustand ist als durchaus günstig anzusehen, was neben der klimatischen Lage von Theresienstadt in erster Linie der hingebenden, unverdrossenen Arbeit unserer Aerzte, der ausreichnden Versorgung mit Lebensmitteln und mit Medikamenten zu danken ist. Zuwendungen, die wir erhalten, stehen uns in Rahmen der Jüdischen Selbstverwaltung zur Verfügung und können zusätzlichen Verwendunszwecken zugeführt werden. So haben wir jetzt von Ihrer Zuwendung Kenntnis arhalten und danken Ihnen und den Freunden herzlichst dafür.
Auch wir wären froh, wenn wir häufiger die Möglichkeit hätten, von Ihnen Nachricht zu erhalten. Wir denken oft an die Freunde, die uns durch Sie haben grüssen lassen. Auch unsere Gedanken bewegen sich oft um Möglischkeiten einer Alijah; mit besonderen Interesse haben wir aus Ihren Zeilen entnommen, dass aych Ihre Bemühungen einer wenn auch noch so bescheidenen Lösung dieses Problems gelten.
Wir danken Ihnen für Ihr freundschaftliches Gedenken und sinf froh darüber, dass wir Ihrer Verbundenheit gewiss sein dürfen? Lassen Sie bald wieder von sich hören.
Mit herzlichem Schalom
Ihre
Dr Franz Kahn, Dr Erich Munk
Dr Paul Eppstein, Ing. Otto Zucker
Dr. Erich Oesterreicher, Gert Körbel




[233]

1 Texte français de la lettre qui figure dans le document Kasztner et qui ne figure pas dans le livre publié par Kindler de Munich (original ci-dessus).

 

Theresienstadt, le 23 mai 1944.

 

Cher Chawer,
 
C'est avec nos remerciements cordiaux que nous vous accusons réception de votre lettre du 8 courant. Avec une grande joie, nous profitons de cette occasion que nous avons de vous écrire pour vous prier de saluer et de remercier tous les amis qui s'occupent de nous. Nous notons que, comme vous nous le dites dans votre lettre, les envois qui viennent de Lisbonne et Istamboul sont aussi l'oeuvre de nos amis. Des mêmes endroits, les amis de Vienne qui vivent avec nous ont aussi reçu des envois. S'il est vrai que notre situation soit bien organisée et ne laisse en aucune façon à désirer, il ne l'est pas moins que ces envois nous réjouissent chaque fois autant, car ils sont pour nous un symbole de votre amitié.
Dans le camp de Theresienstadt, une véritable ville juive a été créée dans laquelle tous les travaux sont accomplis par des juifs, depuis le nettoyage des rues jusqu'à la mise sur pied d'un ensemble sanitaire moderne avec maisons de malades et un service de soins médicaux parfaitement organisé, comprenant un personnel hospitalier important; depuis les travaux techniques les plus divers jusqu'à la préparation des repas dans les cuisines de la communauté; depuis une police et des pompiers particuliers jusqu'à des services spéciaux judiciaires, postaux et de circulation; depuis une banque avec une monnaie spéciale à la colonie et des magasins d'alimentation, d'habillement et d'articles ménagers jusqu'à l'organisation des heures de loisirs dans le cadre desquelles sont régulièrement données conférences, séances théâtrales et concerts. Les enfants dont nous prenons particulièrement soin vivent dans des homes d'enfants et de jeunesse, les vieux qui ne peuvent plus travailler, dans des hospices confiés à la surveillance et aux soins de médecins. Ceux qui peuvent travailler sont avant tout affectés au service intérieur. Dans tous les secteurs de la vie, nous avons réuni de remarquables concours professionnels. Et ceci n'est pas seulement à l'avantage des travaux de spécialistes qui sont ici à accomplir au point de vue technique, hygiénique et administratif, mais encore à celui de la vie culturelle qui est riche du point de vue juif comme des autres. Une bibliothèque d'environ 50.000 volumes avec plusieurs salles de lectures, un café avec musique permanente pour les plus vieux. Un bain central et une laverie urbaine [235] répondent aux besoins de l'hygiène générale à laquelle nous attribuons "une grande importance. Vous pouvez voir une vue de la ville en tête de cette lettre.
L'état de santé général est tout à fait satisfaisant, ce dont nous devons remercier en tout premier lieu et outre la situation climatique de Theresienstadt, le dévouement de nos médecins que rien ne rebute et qui assurent parfaitement notre ravitaillement en denrées alimentaires et en médicaments. Avec les envois que nous recevons de nos amis et ce qui est mis à la disposition de la direction autonome juive du camp, nous sommes parfaitement soignés du point de vue alimentaire et sanitaire. Ayant pris connaissance de l'arrivée de votre envoi, nous vous en remercions donc, vous et les amis, de tout coeur. Nous serions aussi heureux de recevoir plus souvent des nouvelles de vous. Nous pensons souvent aux amis qui, par votre entremise e, nous témoignent qu'ils pensent à nous. Nos prières, souvent aussi, ont pour objet la possibilité d'un Alijah. C'est avec un intérêt particulier que nous avons appris que vos efforts tendaient aussi vers une solution., si modeste soit elle, de ce problème.
Nous vous remercions pour vos amicales pensées et sommes heureux que nos relations aient pu être rétablies. Donnez - nous de nouveau de vos nouvelles.
Avec un salut cordial,
Vos
 
Dr Franz Kahn, Dr Erich Munk, Dr Paul Eppstein, Ing. Otto Zucker, Dr Etich Oesterreicher, Gert Rorbel.

 

***

I. Le document falsifié


1. Le document original

a) Photocopie du passage relatif aux chambres à gaz tel qu'il figure à l'original page 30:

« Meldungen aus Bratislava bestatigten auch diese Befürchtungen 24. Die dortige Waadah leitete uns die Meldungen ihres Nachrich tendientes weiter. Demgemsess war die SS im Begriffe die Gaskam[99]mern und Krematorien in Auschwitz die seit dem Herfst 1943 aussen Gebrauch waren 25, auszubessern und zu renovieren... »

b) Traduction du passage relatif aux chambres à gaz tel qu'il figure à l'original (Photocopie ci-dessus).

« Des nouvelles venues de Bratislava confirmèrent aussi nos craintes. Notre comité de là-bas 5 continuait à nous adresser les informations de son service des nouvelles. Il résultait de celles-ci que la S.S. était en train de remettre en état et de perfectionner les chambres à gaz et les fours crématoires d'Auschwitz qui étaient hors service depuis l'automne 1943. On augmentait le nombre des gardiens, etc.»

 

[236]

2. Le document publié

a) Photocopie du même passage, tel qu'il a été rendu public, p. 82 du document Kasztner publié par Kindler de Munich, avec une préface du professeur Carlo Schmid, député socialiste au Bundestat.

« deln. Meldungen aus Preßburg bestätigten diese Beturchtungen. Das dortige Komitee leitete uns die Meldungen seines Nachrichtendienstes weiter. Demgemaß war die SS im Begriff, die Gaskammern und Krematorien in Auschwitz auszubessern und zu renovieren. Die Zahl der Mannschaften surde erhöht, und einer der Scharführer soll sidl die Außerung geleistet haben: »Bald essen wir feine ungarische Salami.« Er dachte hierbei offenkundig an die mitgebrachten Lebensmittel der Juden. »

[237]

b) Traduction de la version Kindler (Photocopie ci-dessus):

«Des nouvelles venues de Presbourg (Bratislava) confirmèrent nos craintes. Notre comité de là-bas continuait à nous adresser les informations de son service des nouvelles. Il résultait de celles-ci que la SS. était en train de remettre en état et de perfectionner les chambres à gaz et les fours crématoires. On augmentait le nombre des gardiens, etc...».


Le passage souligné tans la traduction de I'original («qui étaient hors service depuis l'automne 1943») p. 235, a été supprimé: le main tenir eût été avouer huit mois de non-fonctionnement des chambres à gaz d'Auschwitz, ce qui est loin de la thèse du Centre de documentation juive et lui eût porté un coup très rude sinon fatal.


****

APPENDICE IV

GERMANY MUST PERISH!

par Théodore N. Kaufman



De ce livre, dont il est question page 109, il suffit que nous donnions ci-dessous la carte de l'Europe telle que son auteur, un juif américain, la concevait, l'Allemagne une fois vaincue et, dans les pages qui suivent, les passages les plus significatifs (photocopies de l'original de la thèse dont le lecteur trouvera l'essentiel à la page ci - dessus indiquée de cet ouvrage et la traduction en regard des photocopies) pour que le lecteur comprenne à quel point, porté à la connaissance de tous les Allemands par la radio et la presse du Dr Joseph Göbbels, il a pu les dresser contre les juifs. [Nous ne reproduisons pas la carte qui est une carte de l'Europe du centre-nord d'où l'Allemagne a disparu, son territoire étant partagé entre la France, la Pologne, la Tchéquie et la Hollande.

Il faut pourtant préciser encore que le dénommé Théodore N. Kaufman n'a pas été traduit devant le Tribunal de Nuremberg *.


[fac-similé des pages 87,88 et 89 de l'édition originale

...byword of science, as the best means of ridding the human race of its misfits: the degenerate, the insane, the hereditary criminal.
Sterilization is not to be confused with castration. It is a safe and simple operation, quite harmless and painless, neither mutilating nor unsexing the patient. Its effects are most often less distressing than vaccination and no more serious than a tooth extraction. Too, the operation is extremeley rapid requiring no more than ten minutes to complte. The patient may resume his work immediately afterwards. Even in the cas of the female the operation, thoutgh taking longer to perform, is as safe and simple. Performed thounsands of times, no records indicate cases of complication or death. When one relizes that such health measures as vaccination and serum treatments are considered as direct benefits to the community, certainly sterilization of the German people cannot but be considered a great health measure promoted by humanity to immunize itself forever against the virus of Germanism.
The population of Germany, excluding conquered and annexed territories, is about 70,000,000, almost equally divided between male and female. To achieve the purpose of Germane extinction it would be necessary to only [p. 87 de l'original américain] sterilize some 48,000,000 a figure which excludes, because of their limited power to procreate, males over 60 yeatrs of age, and females over 45.
Concerning the males subject to sterilization the army groups, sas organized units, would be the easiest and quickest to deal with. Taking 20,000 surgeons as an arbitrary number and on the assumption that each will perform a mnimum of 25 operations daily, it would take no more than one month, at the maximum, to complete their sterilization. Naturally, the more doctors available, and man more than the 20,000 we mention would be available considering all the nations to be drawn upon, the less time would be required. The balance of the male civilian population of Germany could be teated within three months. Inasmuch as staerilization of women sneeds somewhat more time, it may be computed that the entire female population of Germany could be sterilized within a period of three years or less; complete sterilization of both sexes, and not only one, is to be considered necessary in view of the present German doctrine that so much as one drop of true German blood constitutes a German.
Of course, after complete sterilization, there will cease to be a birth rate in Germany. At the normal death rate of 2% per annum, German life will diminish at the rate [p. 88 de l'édition américaine] of 1,500,000 yearly. Accordingly in the span of two generations that which cost milions of lives and centuries of useless effort, namely, the elimination of Germanism and its carriers, will have been an accomplished fact. By virtue of its loss of self-perpetuation German Will will have atrophied and German power reduced to nigligible importance.
Reviewing the foregoing case of sterilization we find that several factors resulting from it firmly establish its advocacy.
Firstly, no physical pain will be imposed upon the inhabitants of Germany through its application, a decidedly more humane treatment than they will have deserved. As a matter of fact it is not inconceivable that after Germany's defeat, the long-suffreing peoples of Europe may demand a far less humane revenge than that of mere sterilizatiohn.
Secondly, execution of the plan would in no way disorganize the present population nor would it cause any sudden mass upheavals and dislocations. The conseuent gradual disappaerance of thez Germans from Europe wille leave no more negative effect upon that continent than did the gradual disappaerance of the Indians upon this. [...]


Traduction française (fac-similé de la traduction publiée en France)


Stérilisation ne doit pas être confondu avec castration. C'est une opération sans danger et fort simple, anodine et sans douleur, sans mutilation ni assexuation du patient. Elle n'est pas plus dolosive qu'une vaccination, pas plus grave qu'une extraction de dent. De plus, elle est extrêmement rapide, ne requérant que quelques minutes pour être menée à terme. Le patient peut être remis au travail immédiatement après. Même dans le cas des femmes bien que l'enlèvement soit plus long, l'opération est anodine et simple. Sur des milliers d'opérations dans le temps, on n'a jamais enregistré de cas de complication ni de mort. Quand on comprend que des mesures sanitaires telles que la vaccination et la sérothérapie sont considérées comme bénéfices directs pour la population, la stérilisation du peuple allemand favorisée par la population [le texte original dit humanité] elle - même pour s'immuniser elle - même à perpétuité contre le virus du germanisme ne peut être tenue comme une mesure de santé représentant un travail considérable.
La population de l'Allemagne, à l'exclusion des territoires conquis ou annexés est d'environ 70.000.000 d'âmes presqu'également réparties entre mâles et femelles. Pour mener à bien le projet d'élimination totale de la race germanique, il serait nécessaire de stériliser seulement quelque 48.000 000 de personnes, chiffre qui exclut, en raison de leur pouvoir limité de procréation, les hommes au - dessus de 60 ans et les femmes au - dessus de 45.
A propos de la stérilisation des hommes, les formations militaires organisées en unités s'en occuperaient de la manière la plus simple et la plus expéditive. Si l'on prend, par exemple, 20.000 médecins, en supposant que chacun fasse seulement 25 opérations par jour, l'opération pourrait être terminée dans un délai maximum d'un mois. Naturellement, on peut trouver bien plus de médecins que les 20.000 ci - dessus mentionnés si toutes les nations veulent bien participer à l'opération et on aurait besoin de beaucoup moins de temps. Le reste de la population mâle pourrait être traité en 3 mois. Attendu que la stérilisation des femmes prendrait un peu plus de temps, on peut estimer que toutes les femmes allemandes pourraient être stérilisées en trois mois, peut - être moins. Cette stérilisation complète des deux sexes et non d'un seul doit être considérée comme nécessaire en conséquence de l'actuelle doctrine germanique selon laquelle une seule goutte de sang allemand est un allemand potentiel.
Bien entendu, après cette stérilisation complète, le taux des naissances en Allemagne sera nul. Avec un taux de mortalité de 2 % la population allemande sera diminuée de 1.500.000 par an. En conséquence, en l'espace de deux générations qui pourraient coûter au monde des millions de vies et des siècles d'efforts, l'élimination du Germanisme et de ses porteurs sera un fait accompli. Dans l'immédiat, en raison de l'impossibilité de se perpétuer la volonté germanique sera atrophiée et la puissance allemande réduite à quantité négligeable.


APPENDICE V

MÉDECIN A AUSCHWITZ


 

A propos de «Médecin à Auschwitz» publié par la revue Quickde Munich en janvier 1961 et que vient de republier en France l'Éditeur Julliard qui l'avait déjà publié en 1951 dans la revue Les Temps Modernes de M. Jean - Paul Sartre, j'ai écrit à l'Éditeur Julliard.

On trouvera ma lettre et sa réponse dans les pages qui suivent.


Le 16 novembre 1961.

Monsieur René JULLIARD, Directeur des Éditions Julliard 30, rue de l'Université PARIS (7e).

Monsieur le Directeur,
Je viens d'achever la lecture de «Médecin à Auschwitz» du Dr Miklos Nyiszli sorti de vos presses le mois dernier et dont, sous le titre «SS . Dr Obersturmführer Mengele», j'avais déjà lu de larges extraits dans les numéros de mars et avril 1951 de la Revue «Les Temps Modernes».
[246]
A l'époque, au double titre d'historien et de déporté, pensant qu'à publier des récits qui étaient manifestement en contradiction avec la matérialité des faits en ce qui concerne le comportement politique du nazisme, on ne pouvait, si on était à plusieurs reprises pris en flagrant délit, que semer le doute dans l'opinion et progressivement la convaincre que le nazisme était une fable, je me suis insurgé contre la tendance des éditeurs à publier n'importe quel récit de n'importe qui sur les camps de concentration. Son récit étant, d'après ce que «Les Temps Modernes» en avaient publié, plein d'invraisemblances et de contradictions et l'introduction de M. Tibère Kremer y ajoutant encore, j'ai donc écrit au Dr. Nyiszli sous le couvert des «Temps Modernes». Par l'intermédiaire de M. Tibère Kremer, 11, rue des Moulins à Toulouse, j'en ai reçu une lettre que je tiens à votre disposition et qui est en contradiction avec le texte que vous venez de publier. Ex.: M. Tibère Kremer, dans son introduction de 1951, parlait de 6.000.000 de juifs de telle sorte que toute la presse a répercuté l'information en les portant au compte des chambres à gaz d'Auschwitz. Le Dr. Nyiszli, lui, dit 2.500.000 et c'est le chiffre retenu par le Tribunal de Cracovie qui a condamné Hoess, directeur du camp à la pendaison, le 4 avril 1947. Autre exemple: arrivé fin mai à Auschwitz et parlant de 20.000 juifs exterminés chaque jour dans les chambres à gaz + 5.000 dans les foyers de plein vent, Nyiszli précisait que cela durait depuis QUATRE ans et on retrouve cette précision dans votre livre p. 50. Or, s'il y a eu des chambres à gaz à Auschwitz, les documents produits à Nuremberg établissent:
Qu'elles ont été commandées à la Maison Topf à Erfurt le 8 août 1942, mais sous la dénomination «Leichenkeller» et «Badeanstalt».
Mises en place au camp en février-mars 1943.
 

 

Et le Rapport du Dr Kasztner établit, de son côté ­ ce rapport a été retenu à Nuremberg  ­ qu'elles n'ont pas fonctionné de «l'automne 1943 à mai 1944».
Etc... Je pourrais allonger la liste, mais étant donné le temps que cela me prendrait, je ne le ferai que si cela vous intéresse.
Ce sur quoi j'attire par contre votre attention, c'est sur la version allemande de «Médecin à Auschwitz» parue en feuilleton dans l'illustré. munichois «Quick» en livraisons à partir du 15 janvier 1961 Cette version est en contradiction formelle avec la traduction de M. Tibère Kremer à peu près sur tout. J'ai noté 31 contradictions sans compter celles qui relèvent de la défaillance de syntaxe, ni celles qui se trouvent dans le texte lui - même Exemple de contradiction absolue: dans le texte allemand, les crématoires incinèrent quotidiennement 10.000 personnes et dans le texte français, 20.000. Exemple de contradiction d'auteur: on tond les morts à une page, mais vingt pages plus loin on dit que la récupération des cheveux se fait [247] avant l'envoi à la chambre à gaz. En sus, il y a les corrections que M. Kremer a faites sur sa première version: un tireur au pistolet qui fait mouche à 40/50 m. dans la première version ne fait plus mouche qu'à 20 ou 30 m. dans la seconde, un institut qui est le plus célèbre du IIIe Reich dans la première est le plus célèbre du monde dans la seconde, etc. De deux choses l'une: ou bien il s'agit d'un document qu'on rend public et il doit être le même en 1951 et en 1961, dans sa version allemande et dans sa version française, ou bien il s'agit d'un document apocryphe. Comment voulez - vous que, nous autres historiens, nous sortions honorablement de cette affaire, si nous sommes amenés à en parler? Automatiquement, on nous dira qu'il s'agit d'un document apocryphe. Et, comme la description des lieux ne concorde ni en allemand, ni en français avec la description officielle déduite des documents produits à Nuremberg, si on nous dit que ce Nyiszli n'a jamais mis les pieds à Auschwitz, on aura beaucoup de raisons de nous le dire.
Exemple: les chambres à gaz, nous dit Miklos Nyiszli ont 200 m. de long et le document produit à Nuremberg nous dit qu'elles ont, soit 210 m2, soit 400 m2, soit 580 m2 de superficie; cela fait des largeurs respectives de 1 m. 05, 2 m. ou 2 m. 90 et cela ne tient pas. Cela tient d'autant moins que 3.000 personnes y entrent en y circulant aisément, qu'il y a des colonnes au milieu et des bancs de chaque côté. Autre exemple: dans la version française, il y a 500 m. d'un point à un autre, dans la version allemande, 3 km. ou vice-versa. Etc.
Quand cette version allemande a été publiée par Quick, j'ai voulu écrire à M. Tibère Kremer: la lettre m'est revenue avec la mention «n'habite plus à l'adresse indiquée». J'ai écrit à Quick: on m'a répondu qu'on ne pouvait pas transmettre au Dr Nyiszli parce qu'il était mort (! )
Peut - être pouvez - vous transmettre ces observations à M. Tibère Kremer dont vous devez savoir l'adresse puisque vous tenez de lui la traduction que vous publiez.
Il ne me reste plus qu'à vous demander de bien vouloir ne pas vous méprendre sur le sens de ces remarques que je me permets de vous adresser. Les documents historiques ont droit au respect et on n'en doit pas publier à la légère des versions qu'on ne peut garantir. En l'occurrence, depuis quinze ans, mes travaux l'impliquant, je recherche l'original de celui - ci et jamais personne n'a pu me dire où on le pouvait consulter. Les historiens les plus qualifiés du monde en ignorent tout. Les versions qui en sont rendues publiques sont divergentes et se contredisent d'une page à l'autre. L'auteur parle de lieux qu'il n'a visiblement jamais visités sans quoi il ne donnerait pas 200 m. de long à une salle qui n'aurait, si c'était vrai, que 1 m. 05 de large ou, au plus 2 m. 00, etc. Toutes choses qui portent à conclure qu'il s'agit bien d'un document apocryphe.
[248]
Si donc il vous était possible de me donner assez de certitudes pour me permettre d'écrire la mention «document authentique» sur la fiche du Dr Nyiszli dans les références de mes travaux, je vous en serais particulièrement reconnaissant.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de mes sentiments distingués.

Paul RASSINIER.


LA RÉPONSE DE JULLIARD


8 Décembre 1961.


Monsieur Paul RASSINIER,
36, rue Bapst, ASNIERES (Seine).

Monsieur,

Je vous remercie bien vivement de m'avoir fait parvenir la copie dactylographiée de votre lettre du 16 novembre.
Je la transmets aujourd'hui même à M. Tibère Kremer, traducteur du livre du Docteur Miklos Nyiszli «Médecin à Auschwitz» afin qu'il vous réponde.
Je puis cependant vous dire qu'il est vrai que le Docteur Nyiszli est mort, mais sa femme est toujours de cc monde. J'ai d'ailleurs montré son livre à plusieurs déportés qui m'en ont confirmé l'authenticité .
Je vous prie de trouver ici, Monsieur, l'assurance de mes sentiments très distingués.
Pierre JAVET.

J'attends toujours la réponse de M Tibère Kremer.

Il est vraisemblable que je ne la recevrai jamais. D'abord, en date du 24 octobre 1951, M. Tibère Kremer m'a transmis une réponse du Dr Nyiszli à ma lettre à laquelle je fais allusion d ans celle que j'écris à M. Julliard. Ensuite, Ies recherches auxquelles je continue à procéder relativement à ce singulier témoin m'ont valu, de New York où le livre traduit par M. Richard Seaver a été publié en 1951 avec une [249] préface du professeur Bruno Bettelheim, une information selon laquelle le Dr Nyiszli était mort bien avant que son témoignage ne fût publié pour la première fois * .

Si c'était vrai, ce témoin mort un de plus aurait cette particularité qu'il m'aurait écrit lui - même après sa mort.

Et on comprendrait alors le silence de M. Tibère Kremer.

Sans autre commentaire.

 


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