AAARGH
Attention, cette réponse à Jack contient des allusions subliminales.
Nous assistons visiblement à la "définition" d'un dogme historique, avec toute l'agressivité que le dogmatisme a coutume de déployer.
Jean Beaufret
Les "révisionnistes", qu'il conviendrait de qualifier de "négationistes" sont des "falsificateurs de l'histoire" qui "ne peuvent prétendre au titre d'historien".
Cela résulte en tout cas d'une déclaration de l'autorité politique et administrative actuellement en charge de l'Éducation nationale, qui s'arroge le privilège de décider qui peut, et donc, qui ne peut pas prétendre au titre d'historien!
Cette prérogative, non disciplinaire, appartenait traditionnellement à la communauté des historiens et des penseurs réputés les plus sages, au public cultivé, qui s'entendaient sans trop de peine pour distinguer dans la masse des écrits et des récits consacrés au passé de l'humanité, ceux qu'un souci d'objectivité, un travail de recherche, des épreuves de vérification, et la volonté de rendre compte de la complexité multilatérale différenciaient aussi bien de la propagande, que de l'apologétique, du mémorialisme, de la fable, du roman, du mythe et de la légende...
Le souci de rendre compte des différents points de vue des protagonistes de l'événement historique, le souci de pénétrer, autant que faire se peut, le mécanisme même de la genése de l'événement lorsqu'il a été établi dans sa materialité, le souci de tenir compte de l'ensemble de la documentation disponible, délimite le domaine de l'historien.
"Il y a une objectivité du passé humain que l'on ne peut travestir sans perdre le titre d'historien"!
Précisément. Monsieur le Ministre de l'Éducation nationale, au contraire des "révisionnistes", affirme comme un dogme "la matérialité de l'extermination des juifs". Il invoque à l'appui de cette "réalité" de "très nombreux documents" sans en citer un seul, "des traces matérielles" indéfinies mais d'autant plus "incontestables" que la loi Fabius-Gayssot interdit effectivement de contester, et enfin de mystérieux "témoignages concordants". Mais lesquels? et concordants sur quoi?
Manifestement l'outrecuidante prétention du ministre ignore tout du dossier et des débats historiographiques en cours, même parmi les "historiens" officiels, dont aucun n'oserait reprendre ces affirmations téméraires qui reflètent l'ignorance commune sur ce sujet.
Tous les spécialistes savent qu'il n'existe ni document, ni trace "incontestable", et que les témoignages sont terriblement divergents.
"L'objectivité du passé humain" obligera de reconnaître, quand l'histoire sera libérée des censeurs, que:
" On évalue la population juifve en France en 1936 à 250.000 personnes. On évalue la population juifve en France en 1989 à 700.000 personnes, parmi lesquelles à peu près la moitié originaires d'Afrique du Nord. La population juifve originaire d'Europe serait donc en France d'environ 350.000 personnes. Indépendamment donc de la croissance démographique naturelle, faible en ce qui concerne les juifs européens, il y a donc eu une immigration constante depuis 1936, en provenance d'Allemagne, de Pologne, de Russie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie... Dans le même temps s'est poursuivie une émigration vers les États-Unis, le Canada, l'Amérique latine et la Palestine, puis Israël.
En 1938, on assista à l'arrivée massive de quelque 50.000 juifs en provenance d'Allemagne. Il s'agissait de juifs polonais vivant en Allemagne socialiste-nationale avec un passeport polonais, ayant immigrés en Allemagne entre 1920 et 1938. Ils étaient considérés en Allemagne comme des ressortissants polonais, protégés par leur passeport avec le statut d'étranger. En dépit de l'antisémitisme officiel et assumé, l'ordre allemand et l'économie allemande leur avaient semblé préférables à la situation qu'ils trouvaient en Pologne. En avril 1938 le colonel Beck, ministre des Affaires étrangères de Pologne, décida de retirer la nationalité polonaise à tous les juifs polonais qui vivaient hors de Pologne, et de ne pas renouveler leurs passeports! Mais protégés tant que ce passeport restait valide, ils pouvaient quitter très légalement l'Allemagne. La plupart d'entre eux adoptèrent cette solution et vinrent en France. En dehors de cette période d'afflux massif (avril 1938 - octobre 1938) un flux constant de juifs venaient s'installer en France, ou passaient en transit vers d'autres destinations.
Mais parce qu'il s'agissait d'un flux permanent d'entrées et de sorties, il est bien difficile de savoir combien de juifs sont entrés en France dans cette période, et combien en sont sortis. Il est par conséquent bien difficile de savoir combien de ces immigrants ou en transit se trouvaient sur le sol de France lors de la déclaration de guerre, lors de la débâcle et de l'occupation de la zone nord, et enfin lors de l'occupation de la zone sud. Leur nombre dépassait 100.000, peut-être de beaucoup. Le double n'est pas invraisemblable. C'est donc une population juifve de 350 à 450.000 personnes qui s'est trouvée soumise aux mesures de contrôle et à la répression de l'occupant.
Pour fixer les idées, 75721 juifs ont été déportés de France. Rapporté aux 350 000 juifs (minimum) qui se trouvaient sur le sol de France, cela représente donc environ 21 % des juifs qui ont été déportés. 78% environ n'ont donc pas été déportés. [...]
Pour fixer les idées, sur ces 75000 juifs (environ) 25000 (environ) étaient des juifs français de plus ou moins vieille souche. 50000 étaient donc des juifs étrangers.
On remarquera donc que les 25000 juifs français, ou Français juifs, ou Français et juifs, rapportés aux 250000 qui constituaient la communauté juifve française représente 10% de l'ensemble. 90% de cette communauté n'a pas été déportée.
On remarquera que les 50000 juifs étrangers déportés, rapporté à l'ensemble des juifs étrangers présents sur le sol français représentent 50% de cet ensemble si l'on considère l'évaluation minimale de 100000 juifs étrangers présents au moment de la débâcle, et 25 à 20% si l'on considère des évaluations "hautes". Nous n'avons pour notre part aucun élément qui nous permettrait de pencher en faveur de l'une ou l'autre de ces évaluations1. Mais en tout cas cela signifie qu'entre 50% et 75% des juifs étrangers, présents sur le sol de France en 1940-1941, n'ont pas été déportés."
Ces constatations de faits n'ont effectivement plus leur place dans la communauté universitaire et enseignante en France2. Tant pis pour elle!
L'affirmation, comme un dogme intangible, de "la matérialité de l'extermination des juifs" ne relève donc pas de l'"objectivité du passé humain" mais d'une rhétorique idéologique, d'un fantasme identitaire, dont on aurait tort de croire qu'il résulte des terribles persécutions subies par certains juifs pendant la deuxième guerre mondiale, puisqu'on retrouve cette même rhétorique et ce même fantasme identitaire à travers les textes essentiels du judaïsme, tels que l'Exode ou plus particulièrement la Megilla d'Esther, avec encore moins de fondements matériels et historiques dans une persécution réelle.
Les juifs n'ont donc pas été "exterminés". C'est l'évidence, l'objectivité matérielle des faits, "que l'on ne peut pas travestir sans perdre la qualité d'historien".
Ce devrait donc être le point de départ obligé (pas par la loi mais par la constatation matérielle des faits) pour quiconque veut appréhender la réalité des persécutions antijuifves par l'État allemand sous la direction du Parti socialiste national des travailleurs allemands, et en particulier pour quiconque voudrait étudier le sort des 75721 juifs déportés à partir du sol de France, sujet que nous n'aborderons pas ici.
Mais vouloir imposer l'usage abusif d'un mot, le mot extermination, pour désigner le sort des juifs, alors que la majorité a survécu, c'est vouloir imposer a priori une interprétation, et un statut métaphysique différent et spécifique aux victimes juifves de la guerre. C'est proclamer un mystère, et affirmer une mystique de la judéité. Nommer, c'est commencer à définir. Nommer arbitrairement, c'est affirmer un pouvoir arbitraire. Et en l'occurrence c'est nommer "de façon à montrer à celui qui tue un seul individu, qu'il sera considéré qu'il a tué la race entière"3, c'est à dire prétendre imposer administrativement le fondement religieux central du judaïsme, pour qui seule la mort d'un juif a un sens parce que, contrairement au non-juif, il fait partie d'un tout organique: le peuple de l'Alliance, dont la circoncision est la marque indélébile. C'est pourquoi à la guerre, des gentils sont tués. Seuls les juifs sont "exterminés".
Monsieur Jack Lang4, Ministre de la république française, aspire à devenir le Torquémada de l'inquisition judaïque dans l'Éducation nationale. Il a ainsi été conduit à donner une formulation particulièrement concise du dogme exterminationniste implicite qui dominait déjà subrepticement les consciences subjuguées par la nouvelle religion qui ne disait pas son nom puisqu'elle prétend ne pas exister.
En formulant enfin l'antinomie dogmatique5 jusque-là implicite, sur laquelle reposait la loi-Gayssot, il a le premier dit la vérité... mais il a profané le secret constitutif de la religion qui ne peut exister qu'en faisant croire qu'elle n'existe pas et en se faisant passer pour l'Histoire.
Tu l'as dit bouffi.
Il se sera donc trouvé 14 "intellectuels arabes" pour faire là où Vidal-Naquet leur a dit de faire et commettre l'infamie de réclamer l'interdiction d'une réunion d'historiens "révisionnistes" qui devait se tenir du 31 mars au 3 avril 2001 à Beyrouth. Et il s'est trouvé un journaliste, Mouna Naïm, pour signer en première page du journal Le Monde (Vendredi 16 mars 2001) un article qui constitue un appel à la censure, à la répression et au lynchage, puisque les initiateurs de cette réunion, l'Institute for Historical Review américain et l'association suisse Vérité et justice sont qualifiés d'organisations "négationnistes néonazies". Ce dernier mensonge servant évidemment à justifier l'injustifiable: la suppression du droit de réunion et de la liberté d'expression dans un pays apparemment souverain, sur injonction indirecte du pouvoir sioniste.
Qu'on se rassure, l'appel pathétique de ces quatorze "idiots utiles" parmi lesquels on relève le nom de trois ou quatre personnes généralement mieux inspirées, n'a pas été la cause de l'interdiction finalement décidée par le cabinet libanais. Ce sont les pressions exercées par l'Europe, qui a menacé de couper les aides financières promises pour la reconstruction du Liban, et surtout l'intervention de l'ambassadeur américain, qui a formulé le même genre de menaces, qui ont été décisives.
Nos "intellectuels arabes" n'ont servi qu'à la mise en scène et à l'accompagnement idéologique de la soumission à un diktat de l'ordre fasciste-mondialiste dont l'État sioniste et l'industrie de l'Holocauste sont les pièces maîtresses. Ce faisant, ces "intellectuels arabes" révèlent qu'ils sont peut-être moins décolonisés dans leur tête qu'ils ne le croient eux-mêmes mais qu'ils ont simplement changé de colonisateur. Les 14 ont perdu là, en tout cas, une bonne occasion de se taire.
Qu'avaient-ils besoin d'apporter leur caution à une censure qui a été imposée, au su de tous, par la force et le chantage. L'intellectuel qui vient au secours des forts et des puissants pour justifier l'arbitraire n'est-il pas pire qu'un esclave? Qu'ils n'attendent d'ailleurs aucune reconnaissance des Maîtres auxquels ils viennent de rendre service.
Mais quelle a bien pu être la motivation de ces "intellectuels"? Mouna Naïm dans Le Monde cite l'article d'un Libanais, Joseph Samaha, dans le quotidien saoudien El Hayat intitulé "Le protocoles des sages de Beyrouth". Cet article se borne à reprendre les calomnies et les injures d'origine sioniste dont sont quotidiennement abreuvés les "révisionnistes" dans la presse occidentale. Manifestement M. Samaha ne connaît pas directement les travaux historiques qu'il dénonce. Mais il est habité par la crainte que la tenue d'une telle conférence à Beyrouth ne suggère que "le combat défensif arabe contre Israël et ses alliés" n'apparaisse comme "d'une manière ou d'une autre, la prolongation du projet d'extermination nazie". Et n'hésitant pas à parler au futur pour mettre lui-même en scène ses propres fantasmes M. Samaha poursuit: "Au nom des victimes palestiniennes et arabes, cette conférence prendra (?!) la défense du bourreau nazi et de son crime contre les juifs".
Cette imputation est absurde mais dénote une soumission complète à cette représentation paranoïaque du monde qui est une constante de la propagande sioniste
Cette imputation venant d'un "intellectuel arabe" est doublement absurde par le fait massif que "le combat défensif arabe" est depuis longtemps (et bien avant la moindre manifestation d'un quelconque révisionnisme concernant l'histoire des persécutions des juifs par le socialisme national allemand) présenté par certains cercles juifs comme la prolongation du projet d'extermination nazie. Plus généralement la menace d'extermination qui pèserait sur les juifs et justifierait l'extermination de leurs ennemis est une constante du judaïsme, présente partout dans la Bible et s'exprime en toute clarté plus spécialement dans le livre d'Esther et la liturgie des Pourim. Ce thème a été largement utilisé pendant toutes les guerres d'Israël, et le sera encore, avec ou sans révisionnisme, avec ou sans conférence à Beyrouth. Et n'est-il pas naïf de croire que le sionisme ferait soudain preuve de retenue s'il découvrait soudain, grâce à la bonne volonté manifestée par les 14, qu'il n'en est finalement rien?
Il y a pourtant un élément
positif dans cette bonne volonté manifestée par
l'appel des 14. C'est la visée humaniste et universaliste
qui le sous-tend, même si elle est dévoyée.
En effet, ennemis du sionisme, ils proclament néanmoins
que leur ennemi a droit à la vérité. Ils
proclament donc que tout n'est pas permis, même contre un
ennemis et que la vérité, c'est à dire le
contraire du mensonge et de l'erreur, s'impose à tous,
au dessus des passions qui naissent des conflits humains. En cela
nous sommes bien d'accord... Mais que n'appliquent-ils pas ce
principe à l'égard des "révisionnistes"
eux-mêmes en les laissant s'exprimer, quitte à les
combattre avec des arguments s'ils décèlent
quoi que ce soit de faux dans les travaux historiques révisionnistes
ainsi livrés à la critique. Des "intellectuels
arabes" s'honoreraient effectivement, et gagneraient l'estime
et le respect, s'ils s'avéraient capables de réfuter
des arguments révisionnistes. Mais qu'est-ce qu'une vérité
qu'on a pas le droit de questionner, sinon un dogme? En reconduisant
purement et simplement l'anathème lancé contre les
révisionnistes, sans avancer aucun argument qui ne soit
la reprise de la propagande de guerre des vainqueurs de la deuxième
guerre mondiale, ou des mensonges et des calomnies de la propagande
sioniste, ces 14 "intellectuels arabes" ne s'honorent
ni en tant qu'intellectuels, ni en tant qu'Arabes. Ils s'inscrivent
plutôt dans la continuité de la faillite des intellectuels
occidentaux qui répondent à des arguments par des
anathèmes, par la censure et la répression.