AAARGH
http://bcrfj.revues.org/index5949.html
Ci-dessus l’adresse électronique d’un excellent article consacré à un certain André Blumel, homme d’influence et sioniste historique, qui a joué un certain rôle, et même un rôle certain, dans la politique française à des moments charnières et décisifs, comme la Révolution russe, le Congrès de Tour, le Front populaire, la Résistance, la création de l’État juif, et d’autres encore…
Cet André Blumel est bien « Un acteur clef du sionisme français ». Tel est d’ailleurs le titre d’un chapitre que lui consacre François Lafon, dans cet article bien documenté, objectif, et … fort important. Car les paradoxes qui abondent dans la carrière de cet homme, puissant dans les coulisses du Pouvoir, permettent de pénétrer la logique tortueuse d’une tendance très importante, et significative à l’intérieur du sionisme, et du « socialisme français » que l’on pourrait appeler la tendance crypto stalinienne. C’est très précisément les résidus de cette tendance judéo-stalinienne, que représente Jacques Lewkowicz (à ne pas confondre avec Henri Lewkowicz) qui s’est manifestée récemment en suspendant officiellement sa participation CRIF[1].
Cette tendance a joué un rôle occulte considérable, et cet article contribue à attirer l’attention sur un aspect des choses et des liaisons discrètes dont l’élucidation serait probablement de nature à contribuer au dévoilement de quelques-uns des secrets politiques les mieux gardés, parce que les plus explosifs, de la Résistance, du Gaullisme, et du Parti « socialiste » « français » et… sioniste.
Dommage que la note 6 de cet article vienne en ternir le sérieux. Plus exactement la dernière partie de la note 6. Mais je la reproduis ici en entier pour permettre d’apprécier le contexte :
6 Pour une première approche de la dimension sioniste chez Léon Blum, nous renvoyons à Ilan Greilsammer, Blum, Flammarion, 1996. Se référer aussi à sa conférence disponible sur le site www.akadem.org, « Léon Blum, l’antisémitisme et le sionisme », colloque du Cercle Léon Blum, 17 mai 2006. Rappelons également la disparition d’un de ses frères dans la Shoah. René Blum avait été arrêté le 12 décembre 1941 et déporté à Auschwitz par le convoi numéro 36 le 23 septembre 1942. D’après les témoignages recueillis par Léon Blum en 1945, un SS avait réceptionné « le Juif René Blum » dès l’arrivée du convoi et mis dans une voiture. De là, il fut conduit à la cour du crématoire numéro 1, où il fut déshabillé et brûlé vif avec les cadavres sortis des chambres à gaz.
Ce sont les quatre dernières lignes de cette note qui sont révélatrices de l’époque où nous vivons et qui ternissent le sérieux historique de l’article de François Laffon. René Blum a effectivement été arrêté le 12 décembre 1941. Il a été interné au camp de Beaune-la-Rolande, et transféré à Auschwitz le 23 septembre 1942. Je ne sais rien des conditions et des motifs de son arrestation. Mais à cette date (1941) les arrestations massives de Juifs n’avaient pas commencé (la rafle du Vel d’hiv. date du 16-17 juillet 1942). Son frère Léon lui-même restera libre en France jusqu’au 7 avril 1942, après l’interruption du procès de Riom. Ces faits plaident pour l’éventualité que René Blum ait été arrêté dans des conditions particulières liées à une enquête particulière pour des faits particuliers, de résistance à l’occupant peut-être, à l’encontre des accords d’armistice, probablement. Ou pour d’autres raisons. Mais probablement pas dans le cadre d’une répression systématique des Juifs pour des motifs raciaux. Du moins une recherche serait-elle nécessaire. Recherche à laquelle je ne me livrerai pas, raison pour laquelle je me garderai d’affirmer quoi que ce soit.
C’est la suite qui devient instructive : « D’après des témoignages recueillis par Léon Blum en 1945, » Pas de source ! Serait-ce Léon Blum lui-même qui l’aurait dit ? De quels témoignages auxquels on puisse se reporter s’agit-il ? Quels témoins ? Témoins de quoi ?
« un SS avait réceptionné « le Juif René Blum » dès l’arrivée du convoi et mis dans une voiture. » Donc le témoins se trouvait, soit dans le train parmi les déportés, soit sur le quai (la rampe) de Birkenau. Et il a été témoin de l’accueil par un SS mandaté à cet effet, qui attendait le Juif René Blum pour l’emmener immédiatement sur son lieu d’exécution. C’est du moins ce qui résulterait « des témoignages ». Mais le témoin, à moins qu’il n’ait été invité par le SS à accompagner René Blum dans la voiture ( !), ne savait pas pourquoi René Blum était ainsi « réceptionné », et n’avait pas la moindre raison de mémoriser cet événement, parmi beaucoup d’autres, ni même de le remarquer. Au même moment ce sont un peu plus d’un millier de déportés, tous juifs, hommes, femmes et enfants, qui découvrent le camp d’Auschwitz-Birkenau et sont répartis pour des destinations diverses. Il n’en irait pas de même si la moindre source nous permettait d’avoir une idée sur l’identité de ce témoin capital. Un compagnon de déportation, dans le même wagon, aurait fort bien pu remarquer une réception particulière réservée au « Juif René Blum ». Pourquoi n’avoir pas précisé l’identité du témoin ? Ni aucune source, si tel est le cas ?
« De là, il fut conduit à la cour du crématoire numéro 1, » Fort bien. Comment le témoin, l’a-t-il su ? Je ne pense pas que les [exécrables] SS eussent pour habitude d’annoncer la destination d’un transfert qu’ils étaient chargés d’exécuter à leur prisonnier, ni aux compagnons de leur « clients ». Une fois la voiture partie, comment savoir où elle était allée ? Sinon imaginer le pire quand force fut de constater, après la guerre, que René Blum n’avait pas survécu. Rappelons qu’à l’arrivée du train ce sont environ un millier de déportés qui sont triés, séparés et emmenés vers des destinations diverses, où ils se perdent de vue les uns les autres.
« où il fut déshabillé et brûlé vif avec les cadavres sortis des chambres à gaz ». Cette fois on conçoit que le spectacle ait laissé des traces dans la mémoire d’un témoin quelconque. Mais il ne peut pas s’agir du même témoin que précédemment. Le Krema 1 se situe à quelques kilomètres de la rampe de Birkenau, au Stammlager (camp principal). À moins qu’il ne s’agisse du SS chargé du transfert lui-même, on voit mal comment quiconque en position d’assister à une telle scène dans la cour du crématoire du camp principal serait en mesure de faire le lien avec René Blum, et de savoir le nom de la victime de ce traitement spécial. Faute de précision et de la moindre source concernant « Les témoignages recueillis par Léon Blum en 1945 » nous en sommes réduits aux conjectures.
D’ailleurs René Blum a-t-il été déshabillé dans la cour même, ou à l’intérieur du crématoire ? Car à l’évidence il aurait été brûlé vif dans l’un des fours crématoires installés dans le bâtiment dénommé Crématoire 1. C’est bien ce qui ressort « des témoignages recueillis ». Probablement fut-il conduit par le SS jusque dans la cour du crématoire, et remis entre les mains de ceux qui les mettaient en œuvre. Problème n°1 : les crématoires en général et le crématoire 1 du camp principal (Auschwitz 1) étaient mis en œuvre par des équipes de déportés. Le fait est connu et établi tant par des témoignages que par de nombreuses photographies. Il est pour le moins curieux que les exécrables nazis aient confié à cette équipe de déportés le soin de brûler vif René Blum. Quant à confier cette tâche un peu spéciale à une équipe spéciale, cela imposerait toute une organisation, une substitution d’équipe, et une planification elle-même difficile à imaginer, alors que les moyens de tuer plus simplement ne manquent pas en temps de guerre.
Problème n°2 : introduire un homme vivant dans un four crématoire est beaucoup plus compliqué à réaliser réellement qu’a fantasmer imaginairement. On ne voit pas non plus de raison de déshabiller la victime, la combustion des vêtements étant quasi instantanée à 800°, température normale de fonctionnement des crématoires Topf und Sohn installés à Auschwitz 1. Mais il ne faudrait pas seulement entraver et lier les pieds et les mains, il faudrait transformer l’impétrant en une masse rigide et immobile qui puisse être déposée sur les tiges métalliques du chariot d’introduction des corps. Car il ne serait pas possible d’introduire un corps vivant sans avoir préalablement obtenu sa neutralisation ou sa Kollaboration ( ?). Mais, problème n°3, il eut été tellement plus simple de tirer une balle de revolver dans le crâne ou le cœur de René ! Et d’introduire son corps dans le four selon la procédure habituelle de crémation des cadavres. Mais évidemment la scène n’aurait pas eu la même qualité littéraire, la même intensité dramatique ni le même pouvoir de suggestion sur les imaginations qu’entraîne l’emploi des mots « brûlé vif ». Cette mise à mort vraiment très spéciale peut-t-elle avoir été conçue par un exécrable nazi en septembre 1942 ? Ou en 1945, par un « témoin » désireux de se convaincre lui-même et de convaincre les autres, et peut-être Léon Blum, de la nature absolument exécrable des nazis. Ce qui les rejetait en dehors de l’Humanité, et autorisait ou justifiait l’emploi contre eux de tous les moyens possibles et imaginables, y compris des moyens qui seraient considérés comme criminels contre l’humanité s’ils étaient employés par des nazis [exécrables les nazis, mais pas les moyens !] et en particulier l’emploi de la torture, surtout s’ils ont l’intolérable audace de contester le moindre détail du témoignage d’une « victime » de l’extermination !
Mais ne croyez pas que ce soit tout. Bien au contraire ! Imaginez un instant que « Les témoignages recueillis par Léon Blum en 1945 » aient une trace de véridicité. Comment allez vous faire croire, comme semble bien le croire Serge Klarsfeld, que tous les hommes de ce convoi qui n’ont pas été immatriculés immédiatement à Auschwitz (399 hommes, matricules 65460 à 65858) ont été « gazés » à l’arrivée. Pourquoi les [exécrables] nazis, s’ils avaient destiné plusieurs centaines d’hommes (et de femmes, pardon les féministes) à la chambre à gaz de destruction massive, et si le camp de Birkenau avait bien été conçu dans le but d’exterminer les Juifs, pourquoi, et dans quel but particulier, avoir réservé à René Blum ce scénario personnalisé, dans la cour du crématoire 1, alors que Birkenau aurait justement été conçu pour réaliser une mise à mort industrielle standardisée ; point sur lequel les philosophes n’ont pas manqué de philosopher.
En voila une question qu’elle est bonne !
Mais nous allons laisser un instant Auschwitz, Birkenau, et les fours crématoires…
Intéressons nous un instant à François Laffon et aux raisons pour lesquelles, en 2010, dans un article sérieux et intéressant, un historien sérieux évoque sans sourciller mais sans citer la moindre source, des « témoignages recueillis par Léon Blum en 1945 » qui racontent une histoire à dormir debout à laquelle Léon Blum lui-même ne croyait pas.[2]
De nos jours, dès qu’il est question de Juifs et de Nazis, on peut raconter n’importe quoi ! Les 4 malheureuses dernières lignes de cette note 6 en sont la preuve et l’illustration. Mais ce « n’importe quoi » indéfiniment répété dans d’innombrables livres et amplifié dans une propagande médiatique permanente depuis 1945, en croissance exponentielle bien visible à partir de 1968, devient peu à peu les Vérités de foi holocaustique qu’il est indécent, et dangereux, de contester. Ces Vérités indiscutables, devenues banales, ont en commun de déverser des tombereaux d’insanités sur les Allemands (puis sur le régime de Vichy, puis sur les-alliés-qui-n’ont-pas-bombardés-les-voies-menant-à… puis contre tous ceux qui ne reconnaissent pas le droit imprescriptible d’Israël de bombarder l’Iran et…), dans l’indifférence des associations soi disantes antiracistes !!!
Mais ne croyez pas que ce soit tout.
Bien au contraire cette histoire à dormir debout conduit à d’autres découvertes.
J’ai donc eu la curiosité de taper « René Blum » dans le moteur de Recherche Google, et je me suis contenté d’ouvrir le premier site indiqué : « Wikipédia ». Il constitue généralement une bonne synthèse des idées reçues politiquement correctes (mais pas nécessairement fausses). J’y trouve deux notes et références intéressantes :
1°/ Otto von Stülpnagel fait arrêter chez eux 743 notables français de confession israélite industriels, banquiers, écrivains, hommes de loi, hommes de sciences, anciens combattants à titre de représailles pour des attentats commis par des militants communistes contre des militaires allemands. Cette note contribuerait à répondre effectivement à la première interrogation qui m’était venue à l’esprit à propos des motifs de l’arrestation de René Blum en décembre 1941, qui s’inscrirait donc bien dans le cadre d’une mesure pouvant être qualifiée « d’antisémite » puisque les arrestations effectuées en répression d’attentats contre des soldats allemands ont été choisies parmi des « israélites ». Réciproquement les appels à la « résistance » par des méthodes terroristes, et par l’assassinat indifférencié de soldats allemands et même de n’importe quel civil allemand, devraient être stigmatisés, selon cette logique, comme « raciste » et « antigermanique ».
2°/ J’y trouve également la mention que ce même René Blum aurait été interné à Pithiviers [au lieu de Beaune-la-Rolande] et déporté à Auschwitz le 23 septembre 1942. Mais qu’il y aurait été « assassiné quelques mois plus tard ». Ce qui infirme complètement cette histoire de SS qui le « réceptionne » à l’arrivée pour le conduire au crématoire 1, pour y être « brûlé vif », et donc les prétendus témoignages prétendument recueillis par Léon Blum. La source citée en note pour cet assassinat « quelques mois plus tard » est le livre de Jean-Jacques Bernard Le camp de la mort lente, Compiègne 1941-1942. Il se trouve que j’ai lu ce livre, il y a fort longtemps, mais je ne l’ai pas sous la main. Son titre lui-même ne conduit pas à penser qu’il contiendrait des arguments déterminants pour l’étude de ce qu’il s’est passé à Auschwitz, sinon j’en aurais le souvenir.
En l’état actuel des choses, j’en conclus que René Blum est bien arrivé à Birkenau dans le convoi n°36, puis que l’on perd sa trace, comme celle d’un grand nombre de déportés. Il est mort en déportation. Mais cela ne signifie pas qu’il ait été assassiné… Il est aussi parfaitement possible qu’il l’ait été. Mais par expérience j’ai vérifié que, lorsqu’un déporté n’est pas revenu de déportation, des rumeurs multiples et diverses circulent d’abord, jusqu’à ce que la plus horrible s’impose comme parole d’Évangile. Puisqu’il devient alors interdit de ne pas croire la version la plus horrible qui ait été imaginée, au risque d’être suspecté de sympathies coupables pour le socialisme national allemand. Et c’est comme ça que s’écrit l’histoire ! (À moins que les historiens ne réagissent).
Toujours est-il que l’idée m’est venue, après René Blum, de taper Léon Blum dans le même Google… Cette fois je n’ai pas choisi d’ouvrir Wikipédia mais le site explicitement judaïque qui suivait[3], très consulté puisqu’il vient en tête des références immédiatement après Wikipédia. Pour l’affaire qui nous intéresse en ce moment, voilà ce que j’ai trouvé : « Fin mai 1943, des officiers allemands pénètrent dans sa cellule. Vichy le livre à Hitler : il est déporté au camp de concentration de Buchenwald. Survivant par miracle [souligné par moi], il accueille les libérateurs américains en mai 1945. » On peut discuter la responsabilité de Vichy qui, au contraire, tentait généralement bec et ongles, bien que vaincu et occupé, de faire respecter sa souveraineté à l’égard de ses ressortissants, dans la mesure du possible. Vichy a, par exemple, exigé, et obtenu que les prisonniers de guerre français juifs détenus par l’Allemagne ne soient pas séparés de leurs camarades. Ils n’ont pas été déportés. Ils ont été libérés avec les autres prisonniers de guerre. Contentons nous de réfléchir à la nature du miracle vraiment miraculeux qui a donc permis à Léon d’accueillir les Américains en Mai 1945.
Léon Blum a bien été déporté à Buchenwald en mai 1943 (Paul Rassinier en octobre 1943) mais il était, comme Georges Mandel, dans une partie séparée du camp, réservée à des prisonniers importants bénéficiants d’un traitement spécial. Il disposait d’une petite maison et obtint que sa compagne, avec laquelle il se maria, puisse le rejoindre en déportation ! À la condition qu’elle resterait elle-même internée jusqu’à la fin de la guerre. Ces conditions exceptionnelles ne semblent pas avoir pu être obtenues sans l’insistance de « Vichy » (jaloux de sa souveraineté, y compris sur ses opposants mais je me trompe peut-être). Léon Blum ont toujours été bien traité. Il l’a reconnu lui-même, et s’il a été un sioniste très déterminé, donc un partisan à l’époque d’un « socialisme » national juif, et un ennemi incandescent du socialisme national germanique, il n’a pas participé personnellement aux excès de la propagande diabolisatrice bâtie autour des « camps d’extermination ». Il est mort en 1950, donc avant la publication du Mensonge d’Ulysse et des « débats » [du lynchage ?] qui en ont résulté. Avant donc que l’holocauste (le terme n’existait pas encore pour désigner le sort de Juifs pendant la guerre) puis la shoah (même observation) ne soit devenus les maîtres mots de la nouvelle religion universelle. Le mot « génocide » lui-même, créé en 1943 par Raphaël Lemkin, commençait timidement à être employé par les intellectuels branchés, mais ne signifiait rien pour la grande majorité de la population, encore insuffisamment rééduquée. Bien que l’écrasante majorité ait cru ce que le tribunal de Nuremberg avait authentifié et que les médiats répétaient : à l’exception de rares survivants, les Juifs avaient été exterminés.
Paul Rassinier avait publié en 1948 son propre témoignage sur sa propre déportation. Ce témoignage était alors diffusé à l’intérieur du Parti Socialiste, encore appelé SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) et Léon Blum l’avait lu, et accusé réception :
Ce n’était pas encore un crime.
Mais la Mémoire a fait beaucoup de progrès depuis.
Eh bien ne croyez pourtant pas que les gloses, déductions et réflexions que l’on peut faire sur ces quatre malheureuses lignes de cette note s’arrêteraient là. C’est comme un pull-over (rouge) que l’on détricote pour récupérer la laine ! Parce que « Les témoignages recueillis par Léon Blum en 1945 » semblent tenir l’existence de chambres à gaz homicide dans le crématoire comme un fait acquis qui va de soi. Mais pour avoir été témoin des derniers instants de René Blum il faut que le ou les témoins aient eu une certaine familiarité avec ce local, n’est-ce pas ? Or le local que des millions de touristes ont visité, et peuvent encore visiter aujourd’hui, contient, une chambre à gaz et une seule, dont on n’est plus très sûr qu’elle ait jamais fonctionné ! (Contrairement à celles de Birkenau, dont on est plus sûr que jamais).
Mais c’est là un détail. Ce qui par contre est vraiment curieux pour qui a pris soin de lire soigneusement les livres de Jean-Claude Pressac[4] ce sont les paradoxes. La population concentrationnaire augmente nettement en 1942 à Auschwitz. Mais surtout se déclenche en juillet-août 1942 une terrible épidémie de typhus. Elle régresse mais n’est pas terminée le 23 septembre 1942. Les installations de crémation du camp principal sont relativement modestes, et sont vites saturées. Les installations beaucoup plus importantes prévues à Birkenau ne seront terminées et opérationnelles que progressivement à partir du printemps 1943. C’est alors seulement que le Crématoire 1 sera désaffecté et subira diverses transformations qui peuvent être suivies dans les archives de la Bauleitung (service des constructions) dont une importante partie a été retrouvée à Moscou[5]. Mais en tout cas à cette époque, et depuis au moins trois mois, les fours du crématoire 1 avaient bien du mal à absorber la production de cadavres d’Auschwitz I & II sans avoir à y adjoindre une production supplémentaire par chambres philosophales !
Mais ce n’est pas tout. Jusqu’au printemps 1943 les installations de crémation d’Auschwitz sont très modestes (le Krema 1 du Stammlager). Les déportations ont commencé bien avant puisque nous en sommes déjà, le 23 septembre 1942, au convoi 36 venu de la seule France. À chacun des convois un certain nombre d’arrivants sont immatriculés et internés dans le camp. Un certain nombre ne le sont pas. C’est indiscutablement troublant. Faut-il penser pour autant que ceux-ci sont, comme le pense et l’affirme Serge Klarsfeld, « gazés à l’arrivée » ? C’est-à-dire conduit à la seule chambre à gaz qui existe avant le printemps 1943 et immédiatement gazés ? Mais alors pourquoi avoir envoyé un SS spécial pour réceptionner spécialement René Blum, pour le conduire en voiture, là où plusieurs centaines d’autres déportés allaient aussi ? Mais eux pour se faire gazer ! Peut-être à pied ou en camion ?
Force est donc d’envisager que ceux qui n’ont pas été immatriculés à leur arrivée à Auschwitz (475 gazés nous affirme Serge Klarsfeld, pour ce seul convoi n° 36 où était René Blum) n’ont peut-être pas été gazés immédiatement, mais plus tard, quand les installations de gazage eurent été « bricolées », comme le dit Jean-Claude Pressac, dans les nouveaux crématoires de Birkenau dont les capacités de crémation étaient, de fait, beaucoup plus importantes. Il faut d’autant plus l’envisager que l’arrivée quotidienne de plusieurs centaines, au minimum, de futurs gazés dans la cour du « vieux crématoire » [« Alte Krematorium »] est d’autant plus difficile à concevoir qu’elle serait restée soit inaperçue ( ?), soit incomprise ( ?), de la part des détenus, qui n’auraient compris qu’après leur libération, alors même, bis repetita, que le vieux crématoire était mis en œuvre par des déportés logés dans le camp avec les autres. D’ailleurs, en dehors même des exécrables[6] révisionnistes qui vont jusqu’à discuter l’existence même des chambres à gaz, ce qu’à Dieu ne plaise, les autorités du musée d’Auschwitz elles-mêmes en viennent à douter de la réalité de la chambre à gaz d’Auschwitz 1. Ainsi d’ailleurs que nombres d’historiens sans guillemets dont le sérieux est garanti par le fait qu’ils continuent à défendre sans la moindre faiblesse le dogme du génocide-Holocauste-Shoah-Judéocide-extermination, et l’existence indiscutable de la chambre de destruction massive à gaz, dont ils situent les hypostases, selon les cas, à Birkenau (Van Pelt) ou dans les camps de l’Est[7] (Arno Mayer).
Dans cette hypothèse somme toute raisonnable, où les déportés non immatriculés et donc gazés, ne l’auraient cependant pas été immédiatement à l’arrivée, du moins avant l’achèvement (printemps 1943) de l’usine à gaz conçue par les nazis à cette fin, force est de conclure qu’entre leur arrivée à Birkenau et leur gazage inéluctable, ils ont été « stockés » en quelque(s) endroit(s) du camp. Ou transférés provisoirement en quelque(s) autre(s) camp(s), ou sous camp(s) d’Auschwitz, pour être rapatriés sur Birkenau, au fur et à mesure des capacités de traitement du complexe devenu symbole de l’industrie de mort socialiste nationale et des capacités du peuple allemand.
Chacune de ces éventualités soulève de nouvelles questions et de nouveaux problèmes. Par exemple, si les non immatriculés et non tatoués étaient « stockés » dans une partie du camp, en attente de gazage, cette partie n’a jamais été identifiée ! Et si les exécrables SS venaient régulièrement prélever la ration quotidienne de victimes pour l’usine de mort, comment peut-il se faire que la finalité de leur manège et la localisation des chambres n’ait pas été éventée[8] par les concentrationnaires avant un certain temps après la « libération » du camp par les Soviétiques.
Mais puisqu’il s’avère si difficile de tenter d’imaginer concrètement les conditions et les circonstances des gazages à l’aide de Zyclon B, dans le vieux crématoire avant sa désaffectation, de tous ceux qui n’ont pas été immatriculés immédiatement à leur arrivée à Auschwitz, et puisque l’hypothèse d’un gazage différé, à Birkenau même, soulève autant de difficultés que celle d’un gazage immédiat au Stammlager, pourquoi ne pas émettre l’hypothèse qu’ils aient été transférés en secret en d’autres endroits très secrets, et exterminés par des moyens restés eux-mêmes secrets ?
Si secrets qu’on ne les a pas encore découverts !
Pierre Guillaume, le 27 mars 2010 Wilhelm Stein. Nihil obstat. 30 mars 201
[1] (Lettre ouverte : http://www.aaargh.codoh.info/fran/archVT/retourefoul/lewkowicz090320.html)
[2] Évidemment je corrigerai mon opinion si François Laffon me fournit la moindre source contraire.
[3] http://judaisme.sdv.fr/perso/blum.htm
[4] Auschwitz. Technique and operation of the Gas Chambers, The Beate Klarsfeld Fondation, New York, 1989. et Les crématoires d’Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse, CNRS éditions, Paris 1993.
[5] Cette découverte est extrêmement importante. Elle a été utilisée comme argument publicitaire pour lancer le deuxième livre (ci-dessus) de Pressac. Mais abusivement. Il suffit de comparer les deux livres pour constater que le résumé français ne contient rien de neuf par rapport au livre américain publié avant l’accessibilité de ces archives. Pressac n’avait pas eu le temps de les étudier m’avait-il dit lui-même. Ce sont Carlo Mattogno et Jürgen Graf qui ont réellement dépouillé ce fond. Mais cette découverte a été très importante, indépendamment même de l’exploitation des documents. Car les archives laissées à Auschwitz étaient clairement incomplètes. Il devenait donc tentant de supposer que les [exécrables] Allemands avaient détruits les documents compromettants. Mais c’étaient les Russes qui avaient emporté ce qui manquait ! Et ce qui manquait est cohérent avec ce qui est déjà connu. Les Allemands n’avaient donc pris aucune précaution pour dissimuler quoi que ce soit ! Le livre de Carlo Mattogno, Le Camere a gas di Auschwitz, 658 pages grand format, synthétise les répliques à Jean-Claude Pressac et Jan van Pelt (à paraître avril 2010)
[6] Encore plus exécrables que les exécrables nazis, car là où les nazis se contentaient de détruire industriellement les corps, ce que le carpet bombing ou la bombe atomique réalisent aussi bien, les abominables révisionnistes détruisent la Mémoire juive. En voulant remplacer la Mémoire par l’histoire, les révisionnistes de la Vieille Taupe sont pires que les nazis puisqu’ils veulent détruire l’essence du judaïsme (cf. Yosef Hayim Yerushalmi, Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, Paris 1984), alors que les nazis voulaient seulement copier les Juifs et se substituer à eux comme peuple « élu de Dieu ». Ce qui explique en retour pourquoi ils se copient si facilement les uns les autres !
[7] Dont une nouvelle preuve indiscutable, le « témoignage bouleversant » de Jan Karski vient opportunément d’être redécouvert.(Voir « La béatification de Saint Jan Karski »)
[8] Cette affirmation paraîtra téméraire à beaucoup de mes lecteurs. Elle peut être prouvée par une abondance de preuves. Je me contenterai ici de trois :
1°/ Le témoignage de deux anciens déportés que je connaissais très bien et estimais, et que j’étais allé les consulter immédiatement après avoir lu les livres de Paul Rassinier. Le premier, Georges Petit, ancien de S. ou B. avait été déporté à Buchenwald et Langenstein. Il m’a confirmé que la rumeur des gazages circulait à Buchenwald. Il avait connu certains déportés qui craignaient la douche, et que des gaz ne sortissent un beau jour à la place d’eau ! Lui-même n’avait cru à la réalité de ces histoires de gazages que quand elles furent confirmées, après sa libération. « Mais il n’y avait jamais eu de gazages à Buchenwald ni à Langenstein et certains, par haine des Allemands, avaient raconté et racontaient n’importe quoi… ». Le deuxième, Jean-René Chauvin, ancien trotskiste, avait été déporté à Birkenau. Il croyait évidemment aux gazages comme à une évidence historique indiscutable dont il avait eu la confirmation après la guerre. Mais pendant qu’il avait été à Birkenau il ne le savait pas ! Quand je l’ai interrogé, il n’avait rien lu sur le sujet sauf des généralités sur la déportation (c’était environ huit ans avant l’éclatement médiatique de l’affaire Faurisson) mais il croyait que les gazages avaient eu lieu au Zentral Sauna, dans une « salle carrelée où il avait dormi », donc pas là où les historiens et les juges situent aujourd’hui les chambres létales !
2°/ Pour fêter la libération du camp l’Armée rouge organisa un bal. Classique. Pour installer l’orchestre on choisit comme podium la plate-forme en béton qui couvrait la prétendue chambre à gaz du crématoire 1. Cela ne prouve certes pas que cette salle n’avait pas été une chambre à gaz, mais cela incline à penser que parmi les 10.000 déportés environ laissés sur place par les exécrables nazis, il ne s’était trouvé personne pour s’en souvenir et pour avertir les libérateurs, dont on peut penser dans ce cas qu’ils auraient cherché un autre endroit pour y installer leur orchestre.
3°/ Dans une brochure destinée à montrer que le véritable épicentre de l’extermination était le camp de Lublin-Maïdanek (thèse aujourd’hui abandonnée), un certain Constantin Simonov, correspondant de l’Étoile Rouge de Moscou, oppose ce camp, où il y avait de nombreuses chambres à gaz, à Auschwitz où… il n’y en avait pas ! (p. 5 Maïdanek, un camp d’extermination, Éditions Sociales, Paris sd, 40 p.) mais où les nazis se contentaient de méthodes plus classiques mais moins performantes ! Ce qui ne prouve certes pas que des chambres à gaz n’auraient pas existé physiquement à Auschwitz, mais prouve que si tel a été le cas, l’évidence de leur existence ne s’était pas imposée immédiatement, et donc que les déportés eux-mêmes n’en avaient pas eu une conscience claire et certaine au moment de la libération. Ô, et puis, je vais vous en donner une quatrième, mais si vous en voulez d’autres, il suffit de m’écrire. Voilà la quatrième :
4°/ On sait que les Allemands ont commencé à évacuer le camp en bon ordre (je veux dire sous contrôle) à partir du 18 janvier 1945, et que l’Armée Rouge y arriva le 27 janvier. Les Allemands avaient laissé sur place environ 10.000 déportés, principalement des malades, des femmes, des enfants, des Vieillards. Ils avaient emmené avec eux environ 80.000 hommes valides ( ?), qui vécurent un calvaire, la plupart du temps à pied sur les routes de l’hivers polonais et allemand, pour rejoindre divers camps à l’intérieur du Reich, souvent sans nourriture… Ce fut une hécatombe pire que ce que les déportés avaient connu dans le camp d’Auschwitz ! Mais là n’est pas actuellement le point. Le point est le suivant : au moment où ils quittaient le camp ces milliers d’hommes qui avaient sans aucun doute une haine incandescente et compréhensible à l’encontre de leurs gardiens, à l’encontre du régime Socialiste national allemand, et à l’encontre du système concentrationnaire qu’ils avaient expérimenté (mais certains d’entre eux une admiration pour le régime stalinien et le système concentrationnaire qu’ils n’avaient pas expérimentés) n’avaient pas encore une claire connaissance de la « véritable nature », ni du fonctionnement précis, ni de la localisation précise de l’« usine de la mort » qu’ils avaient côtoyée ! Sinon le délai qui fut nécessaire pour que l’on découvre la Vérité dans toute son horreur n’aurait pas été… nécessaire. Et d’ailleurs pourquoi les nazis auraient-ils dû mettre au point le programme d’extermination de tous les membres des Sonderkommando, attesté par les témoignages des survivants, pour garder secret leur terrifiant secret, si ce secret terrifiant était déjà partagé aussi bien par les 10.000 déportés laissés sur place que par les 80.000 évacués ? À l’évidence, dès lors que la Vérité eut été percée à jour par certains déportés, il n’est pas possible que cette Vérité ne se fût pas répandue comme une traîné de poudre parmi tous les déportés, particulièrement disposés à la croire. Nous ne prétendons pas ici établir que les chambres à gaz n’auraient pas existé, nous soutenons que la Vérité de leur existence et la « véritable nature » du camp d’Auschwitz n’étaient pas clairement connues des concentrationnaires eux-mêmes le 27 janvier 1945, ni les jours suivants. Sinon ce n’est pas un programme d’extermination de quelques centaines de Sonderkommando, programme dont l’existence est attestée par le propre témoignage de ces supervictimes de l’exterminationnisme nazi, c’est l’anéantissement des 10.000 laissés sur place et des 80.000 dirigés vers le Reich qui eut été nécessaire. Cette connaissance de la Vérité a donc été acquise ultérieurement et progressivement dans les mois qui suivirent, par les concentrationnaires eux-mêmes, à l’exception bien sûr des Sonderkommando, qui par définition connaissaient la Vérité puisqu’ils avaient contribué eux-mêmes à la créer, d’après leurs propres témoignages.
Il n’est donc pas inexact de dire que les déportés survivants en savaient moins sur le système concentrationnaire, à leur libération des camps, qu’un quelconque élève de CM2 en 2010 en France. On n’arrête pas le progrès de l’Humanité. La Mémoire et la pédagogie y contribuent !