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Pierre GUILLAUME
16, rue des Fossés St Jacques
75005 -- PARIS
01 43 26 29 08
Paris, le 27 août 1997
à Monsieur le Directeur
de LA RECHERCHE
7, rue de Seine
75006 PARIS
Monsieur le Directeur,
Dans son n. 300 daté de juillet-août 1997, La Recherche a publié une lettre collective des membres de la section Chimie de l'Académie des sciences. Cette lettre constitue une mise en garde à l'encontre d'un texte par ailleurs interdit en France par mesure administrative du ministre de l'Intérieur, sur le fondement de l'article 14 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée par le décret-loi du 6 mai 1939.
Ce décret, jamais aboli, de 1939, pris dans l'urgence de la guerre, anéanti l'esprit de la loi du 29 juillet 1981, dont l'article 1er était: " L'imprimerie et la librairie sont libres ".
Cette loi soumettait la répression d'abus éventuels à l'appréciation des tribunaux, donc à un débat judiciaire contradictoire.
Rien de tel en cas de censure administrative. Le ministre peut interdire toute publication dés lors qu'elle est "d'origine étrangère". On relèvera le caractère grossièrement xénophobe de la motivation. Elle est en contradiction avec les Accords d'Helsinki. Elle confine à l'absurde dans le cadre de la C.E.E. lorsque, comme c'est le cas pour le Rapport Rudolf, l'auteur est Allemand et l'éditeur Belge.
On comprend cependant à la lecture de la mise en garde publiée par vos soins que le ministre n'utilise ce décret scélérat que pour de nobles motifs: Protéger les Français d'une entreprise détestable.
Mais cela présente le terrible inconvénient de pouvoir laisser planer le soupçon qu'il existerait une censure dans la France laique et républicaine, ce qu'a Dieu ne plaise!
Mais puisque l'unanimité de la section de Chimie de l'Académie démontre que des scientifiques compétents ne se laissent pas abuser par les méthodes "révisionnistes", il suffirait au contraire de diffuser largement dans les milieux scientifiques ce document, précédé de cette mise en garde, pour anéantir la légère crédibilité que les thèses révisionnistes ont acquise dans ces milieux.
La Recherche contribuerait efficacement à évacuer les miasmes délétères qui entourent toute cette affaire en publiant une édition réservée à ses abonnés, soit du Rapport, précédé de la mise en garde, soit d'une analyse circonstanciée de ce rapport, mettant en reliefs les exemples de perversion de la science qu'il contient et tout ce qui y relève de la psychopathologie.
Veuillez agréer, Monsieur le directeur, l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
P. Guillaume