AAARGH
Pierre Guillaume
Prévenu,
Réf. du parquet n· 9708301472
Réf. d'instruction n· 2058/97/60
Paris, le 13 janvier 1998
à Monsieur le juge d'instruction Jean-Claude Valat
Monsieur le Juge,
Mon avocat, Maître Eric Delcroix, a déposé en mon nom, au greffe de la chambre d'accusation, une requête en annulation de la perquisition effectuée à mon domicile.
Je ne peux que remercier mon avocat de relever, et d'utiliser sans rien négliger, toutes les possibilités procédurales pour me protéger d'une justice en laquelle je n'ai plus confiance.
Pourtant, en la circonstance, toutes les pièces "saisies" à mon domicile, ont été spontanément remises in limine par mes soins aux policiers. Je ne conteste donc aucune de ces pièces, que j'aurais remises à n'importe qui m'en aurait fait la demande. De même que j'aurais fourni à quiconque toutes les explications possibles et imaginables, que chacun aurait été libre de croire ou de ne pas croire, de critiquer, de dénoncer ou d'approuver...
Mais j'ai résisté, dans la mesure de mes moyens et de mon énergie souvent vacillante, non pas au dévoilement de quoi que ce soit que je tiendrais caché, mais à l'incrimination délirante de tous mes faits et gestes, par une justice en laquelle je n'ai plus confiance, situation décrite par Kafka dans la littérature, mais vécue par Faurisson et moi-même dans la réalité.
Je continuerai à résister, dans la mesure de mes moyens, qui sont variables, imprévisibles (par moi en tout cas), et suspendus à la fragilité des vaisseaux sanguins qui irriguent mon cerveau.
Mais je ne conteste pas la nécessité d'une Justice en laquelle on pourrait avoir confiance, c'est-à-dire qui respecterait ses propres principes... et qui ne fasse pas supporter aux policiers et aux gendarmes les conséquences de ses inconséquences.
Cela supposerait, à tout le moins, qu'elle respectât le principe de la non-rétroactivité des lois et de la prescription absolue des crimes et délits, dans un délai fixé par la loi, que pour sa part la Vieille Taupe souhaite le plus court possible, mais qui soit compatible avec les nécessités du maintien de l'ordre public.
Cela supposerait, au surplus, que cette justice, humaine, acceptât que tous les jugements puissent être révisés.
Cela supposerait qu'elle n'acceptât point une définition particulière du crime contre l'Humanité, comme s'il pouvait y en avoir d'autres.
Indépendamment des conditions déplorables qui ont présidé à l'instauration d'un dialogue entre nous, je pense que ce dialogue judiciaire est néanmoins souhaitable, du point de vue de la vieille taupe, dans la mesure même où un débat sur ce fameux tract "Brigitte Bardot traînée devant les tribunaux! Les Français culpabilisés et humiliés. L'Islam manipulé et instrumenté par le lobby sioniste! " ne s'est pas instauré ailleurs, ni même à l'intérieur de la Vieille Taupe, en dépit du désir de plusieurs de ses membres, car il est bien difficile de surmonter toutes les conséquences de la situation obsidionale dans laquelle nous vivons.
Je vous adresse donc ci-joint trois documents. Ce sont des photocopies de documents originaux, que j'apporterai avec moi, ainsi qu'un quatrième document, que je ne retrouve pas dans l'instant. Ce document se trouve peut-être dans un deuxième bureau, alors que pour l'instant mes responsabilités d'homme au foyer requièrent tous mes soins.
Vous voudrez bien me convoquer pour que je puisse vous expliquer les raisons pour lesquelles ces trois documents, et le quatrième sur lequel je ne parviens pas à mettre la main, sont susceptibles d'éclairer le débat judiciaire dans l'affaire imprudemment lancée par mes persécuteurs. Je me rendrai alors volontiers à votre convocation.
Veuillez agréer, Monsieur le juge, l'expression de la considération que j'ai pour la détermination dont vous avez fait preuve pour appliquer la loi.
P. Guillaume