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Sous le titre: Buchenwald ou "la percée dans le temps" Daniel Vernet, envoyé spécial du Monde à Weimar, évoque le camp de concentration devenu célèbre, limitrophe de la Ville (Le Monde, samedi 20 février 1999, p. 31- culture)
A en croire Daniel Vernet, qui semble citer des chiffres relevés dans l'exposition qui a lieu actuellement dans l'ancien camp, sans se rendre compte qu'il révise impunément à la baisse certains chiffres naguère encore intouchables, 250.000 prisonniers seraient passés par ce camp de 1937 à 1945 (soit pendant environ huit ans, dont trois ans de paix et cinq ans de guerre). Ces prisonniers provenaient de toute l'Allemagne d'abord, de toute l'Europe en guerre ensuite. Sur ces 250.000 détenus passés par Buchenwald, 50.000 (un cinquième) auraient donc trouvé la mort dans ce camp, toujours selon les indications fournies par Daniel Vernet.
200.000/250.000 prisonniers n'auraient donc pas trouvé la mort à Buchenwald (quatre cinquièmes).
Mais Daniel Vernet semble avoir découvert en visitant l'exposition une de ces vérités troublantes que naguère encore seuls les affreux révisionnistes osaient proclamer, et que "les associations de déportés refusent toujours de reconnaître"1. Le camp de concentration de Buchenwald n'a pas disparu le 8 mai 1945. "De 1945 à 1950 le camp fut utilisé par les Soviétiques pour enfermer les adversaires du nouveau régime. Sur les 28.000 détenus, 7.000 moururent à cause des épidémies et de la malnutrition."
Ainsi découvre-t-on qu'en cinq ans de paix, dans un camp de concentration antifasciste, qui n'a pas eu à connaître les conditions particulières d'une situation devenue incontrôlable du fait de la débâcle finale 2 au terme d'une guerre totale, le taux de mortalité, en cinq ans, est néanmoins assez sensiblement supérieur à ce qu'il fut, en huit ans, au temps du socialisme national! (1/4 contre 1/5). Mais qu'on se rassure, c'est à cause des épidémies et de la malnutrition que moururent ces 7000 détenus, ce n'est pas, contrairement à ce qui se passait sous le nazisme, à cause de leurs geôliers, ni de l'idéologie de ces geôliers! Les Soviétiques se bornaient à "enfermer les adversaires du nouveau régime" là où les socialistes nationaux vouaient les déportés à la mort...
Effectivement... La vérité commence à se faire jour, mais il faut dissimuler par des procédés littéraires et langagiers le fait massif que le fonctionnement des camps "antifascistes" avait été plus systèmatiquement meurtrier que les camps "fascistes".
Dans le dernier paragraphe de son article, Daniel Vernet évoque les nazis qui auraient "employé des déportés voués à la mort.", et cela pour fabriquer des copies des meubles de la maisons de Schiller:
"Ces copies parfaites ont été fabriquées à Buchenwald. Pour sauver les originaux des bombes alliées, les nazis ont employé des déportés voués à la mort".
Cette dernière allégation est manifestement destinée à jeter l'opprobre du sadisme spécifique et monstrueux des nazis sur une activité par ailleurs plutôt positive, qui dénote la présence à Buchenwald d'un atelier d'ébénisterie dans lequel des déportés étaient employés.
Daniel Vernet veut-il signifier que les déportés en général étaient "voués à la mort" du seul fait que le régime était "nazi", ou veut-il nous dire que les déportés de cet atelier spécifique, où se fabriquaient des copies parfaites de meubles, étaient "voués à la mort"
Comment les nazis faisaient-ils donc pour sélectionner, dans un camp où finalement quatre cinquième des internés ont survécu à leur internement, ceux des déportés que leur destin vouerait finalement à la mort?... pour les affecter à cet atelier.
N'affectaient-ils pas plutôt à cet atelier des menuisiers et des ébénistes?
Ou alors Daniel Vernet veut-il dire que les nazis, considérant que les plans des meubles de la maison de Schiller constituaient, comme le génocide, des secrets d'Etat, exterminaient régulièrement tous les déportés affectés à ce zonderatelier? Ce qui expliquerait que le secret de cette atrocité nazie inédite ait été si bien gardée jusqu'à sa révélation par Le Monde du samedi 20 février 1999.
Des idéologues nous avaient déjà expliqué que lorsque des comparaisons prosaïque et de gros bon sens entre tels ou tels aspects concrets des régimes hitlériens et staliniens risquaient de ne pas tourner absolument en faveur de l'antiracisme, il fallait néanmoins bien comprendre qu'une différence radicale opposait fascisme et antifascisme: Dans le pire des cas l'antifascisme avait agi avec de bonnes intentions, alors que le fascisme avait agi avec les pires intentions. Tel est le point de départ obligé...
Daniel Vernet, en la circonstance, déferre, par ses élucubrations aux exigences du politiquement correct, et en dévoile le secret.
L'enfer qu'on nous prépare sera pavé des meilleures intentions.
Le révisionnisme c'est la vérité dans sa simplicité.
La Vieille Taupe. Le 22 02 99