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Ernst Nolte et le révisionnisme

Jean-Marie Boisdefeu

A propos de : François Furet et Ernst Nolte, Fascisme et communisme, Hachette Littératures, Collection Pluriel, janvier 2000, 146 pp A5. Précisons que les commentaires entre crochets [ ] sont de nous.

Ce petit livre est constitué, pour l'essentiel, de 8 lettres échangées en 1996 par Nolte (traduit par Marc de Launay) et Furet. On en retiendra notamment la lettre de Nolte du 5 septembre 1996, lettre dont plus de la moitié est consacrée au révisionnisme en matière d'extermination des juifs [pp 84 à 97]. Nolte commence par dire qu'il comprend l'indignation que soulèvent les thèses révisionnistes (y compris, précise-t-il, ses propres thèses [bien qu'elles soient exterminationnistes]) du fait qu'elles semblent n'être « que du déni impudent de faits tangibles, attestés précisément de manière surabondante » ; Nolte ajoute qu'il comprend même qu'on s'indigne de l'affirmation qu'il faudrait tout de même répondre aux révisionnistes par des arguments et non par des procès. Si Nolte se permet donc d'aborder le sujet avec Furet [lequel, lit-on dans Faurisson, est d'origine juive], c'est, précise t-il, parce que le révisionnisme est, pour lui, d'une importance particulière car il défie le point central de ses thèses, à savoir qu'Hitler avait prémédité depuis longtemps l'extermination des juifs (cf. ses conversations avec Dietrich Eckart dans les années 20). Pour Nolte, il n'est pas douteux que Rassinier, Faurisson, Mattogno et le Journal of Historical Review [auxquels il ajoutera Pressac par la suite] ont fait des apports inattaquables qui, pour n'être que des « corrections de détail », n'en méritent pas moins d'être acceptés par les historiens, le corollaire étant qu'on traite leurs auteurs avec plus d'égard. Et de citer quelques révisions déjà admises [au moins tacitement] sur les aveux de Höss, le savon juif, ou encore la capacité des fours crématoires. Il est vrai, précise aussitôt Nolte, que ce sont là des points de détail ; par contre, ajoute-t-il, les révisionnistes ont complètement tort sur des points plus fondamentaux comme,

Certes, ces deux affirmations, affirme Nolte, pourraient être définitivement réfutées [Mais il ne dit ni pourquoi elles ne l’ont pas encore été ni comment elles pourraient l’être.], mais cela ne désarmerait pas les révisionnistes. Plus probant, lui semble-t-il, est l'argument qu'Hitler a fourni lui-même en reconnaissant, dans son testament politique, qu'il avait bien procédé à l'extermination des juifs « selon des méthodes plus humaines » que n'en avait employées la RAF de Harris pour brûler vifs les femmes et les enfants allemands. [On ne peut que contester cette lecture dudit testament d’Hitler.] Enfin, Nolte suggère qu'on remettre à chaque révisionniste un exemplaire du mémorial de 1.700 pages que la république fédérale a publié en mémoire de quelque 100.000 juifs victimes du nazisme. Nolte forme encore le vœu qu'un archiviste enregistre sans passion les arguments des révisionnistes et les analyse en détail, le résultat auquel on en arriverait étant à coup sûr : « Il faut certes admettre que ..., mais le cœur de l'affaire n'est nullement ainsi remis en cause. » Et Nolte de terminer sa missive en demandant à Furet ce qu'il pense du révisionnisme.

François Furet a répondu à Nolte le 30 septembre 1996 mais il n'a pas répondu à la question précise de Nolte sur le révisionnisme ; il y consacre à peine une page [p 111] : « Sur la question qui occupe les dernières pages de votre lettre, je n'ai guère de remarques à présenter. La littérature qui cherche, en Europe et aux Etats-Unis, à nier la réalité de l'extermination des juifs par l'Allemagne nazie, je la connais mal, car le peu que j'en ai lu m'a donné le sentiment d'être en face d'auteurs animés par la vieille passion antisémite plus que par la volonté de savoir. » Malgré quoi, Furet se déclare, par principe et par opportunité, contre le « traitement législatif ou autoritaire » de l'Holocauste, lequel « doit d'autant moins faire l'objet d'un interdit préalable que bien des éléments en restent mystérieux et que l'historiographie sur le sujet n'en est qu'à son commencement. »

[Le lecteur intéressé notera encore que Robert Faurisson a également correspondu avec Nolte mais quelques années plus tôt, soit en 1981 et 1983. Il lira dans les Ecrits révisionnistes quatre lettres envoyées à Nolte (Tome III, p 1317 et Tome IV, pp 1508, 1529 et 1550) ; de plus, en pages 1617 à 1619 du dit Tome IV, il prendra connaissance de l'opinion -peu flatteuse- qu'à cette occasion, Robert Faurisson s'est faite sur Nolte et ses spéculations.]



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