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B - CRITIQUE

CAPACITE DES FOURS CREMATOIRES, DES FOSSES DE CREMATION ET DES BÛCHERS

La discussion sur les fours crématoires ne peut s'appuyer sur des vestiges crédibles mais ce n'est pas grave du tout, car on peut étayer le raisonnement de différentes façons. Ce chapitre, nous devons prévenir le lecteur, est peut-être ardu, parfois même peut-être bien incompréhensible encore que certains points importants soient limpides ; il est toutefois difficile de le court-circuiter mais nous pensons qu'un simple survol de ce chapitre devrait suffire.

A. Généralités

Il nous faut d'abord rappeler des choses qui ne sont pas évidentes mais que chacun admettra assez facilement. [1] Il faut savoir que la destruction rapide d'un corps humain par le feu n'est pas une chose facile à réaliser, car il est extrêmement peu combustible. Cette destruction, qui, dans le meilleur des cas, est imparfaite, puisqu'il reste toujours des os (sans parler des dents qui sont pratiquement indestructibles et qui constituent un indice classique de médecine légale), cette destruction, disions-nous, exige de très grandes quantités d'énergie, ce qui suppose l'emploi d'une source abondante d'énergie extérieure (bois, coke, fuel,...) et d'un comburant (air) également abondant. La combustion de n'importe quel combustible (en l'occurrence, le corps humain) exige toujours du comburant en excès. C'est une condition technique élémentaire. Faute de quoi, les produits de la combustion incomplète forment bientôt un écran thermique ainsi qu'une barrière chimique, et ils interrompent la réaction. Le combustible, s'il s'agit d'un solide, est enrobé dans une gangue d'imbrûlés ; la flamme disparaît ; on dit alors que le combustible « charbonne ». C'est pourquoi tant pour les crématoires que pour tout autre type de four à combustion, l'apport de comburant (air) est assuré par une ventilation forcée (c'était le cas des Kremas d'Auschwitz).
Dans la crémation moderne, on travaille dans des conditions parfaitement gérées, de manière en quelque sorte clinique, traitant un cas à la fois, dans des fours formant des systèmes clos, alimentés par d'énormes quantités de chaleur produites par combustion gazeuse. De la sorte, on arrive à un bon résultat et il ne reste plus de gros os (il reste uniquement des os de la grandeur d'une demi-phalange qu'il faut affiner).
De leur côté, Mattogno et Deana donnent des précisions sur le fonctionnement et la conduite des fours dans un livre qui règle la question de façon probablement définitive. [2] On en retiendra notamment que le procédé habituellement utilisé pour la crémation en four est le procédé indirect : le corps n'est pas en contact direct avec la flamme. Ce procédé exige préalablement que la masse des réfractaires du four soit chauffée à 1.000 °C, après quoi le four est dit « en équilibre thermique ». On comprendra donc aisément que les premières crémations soient très coûteuses et que, pour obtenir un bilan énergétique favorable, il y ait intérêt à utiliser un four au maximum dès lors qu'il a été allumé.
Qu'est-ce qui pouvait bien différencier les crématoires d'Auschwitz des autres crématoires civils ? Pour répondre à cette question, Mattogno et Deana commencent par rappeler certaines conclusions, apparemment inattaquables, auxquelles sont arrivés des chercheurs anglais, conclusions communiquées par le Dr. E.W. Jones lors de l'assemblée annuelle de 1975 de la Cremation Society of Great Britain : la « durée minimale [de l'incinération d'un corps humain] que notre statisticien a définie comme une barrière thermique, ne peut, en raison de la composition des tissus humains, être inférieure à 63 minutes (...) et la température optimale de cette barrière thermique est de 800 à 900 °C. » ; certes, reconnaissait le Dr Jones, on pourrait peut-être descendre à 20 ou 15 minutes mais à des températures irréalistes comme 2.000 °C. Or, les fours que les Allemands utilisaient dans les camps de concentration comme Auschwitz étaient des fours ordinaires identiques aux fours utilisés pour l'incinération des civils allemands, au point qu'ils étaient même équipés pour incinérer des corps dans des cercueils ; plus important, sans doute : les températures auxquelles fonctionnaient ces fours étaient des températures de l'ordre de celles que cite Jones (dans les 800 °C). Les crématoires d'Auschwitz étaient donc soumis aux contraintes et lois physiques et chimiques comme tout autre crématoire et, par conséquent, si, en 1975, il fallait 63 minutes à un crématoire anglais pour incinérer un civil anglais, il fallait en principe également 63 minutes aux crématoires d'Auschwitz pour incinérer un détenu juif ou non juif. Bien entendu, les constructeurs allemands essayaient comme tout le monde d'améliorer les performances de leurs installations mais, en ce qui concerne la durée de crémation, a encore dit le Dr. Jones, « ils se heurtèrent à une barrière thermique. Ils ne réussirent pas à inventer un four ramenant la durée d'incinération à la limite souhaitée. » [3] Pour le reste, Prüfer, l'ingénieur-vendeur de Topf (constructeur qui équipa Auschwitz) porta ses efforts sur la réduction du prix de vente de ses fours (en en allégeant les structures et la masse des réfractaires au point de les fragiliser) ainsi que sur la réduction du coût de fonctionnement (par l'ajout d'un troisième moufle au four bimoufle tout en maintenant le nombre de foyers à 2 unités, avec l'espoir -en partie infondé, on peut le craindre- que cette astuce permettrait au trimoufle d'incinérer 3 corps avec la quantité de coke qu'utilisait le bimoufle pour incinérer 2 corps). Certes, Auschwitz disposait d'une capacité de crémation importante mais elle résultait non pas du développement de fours extraordinaires et quasi-magiques, mais tout simplement de la multiplication du nombre de fours et de moufles.
Dès lors, avec cette dernière mise au point et compte tenu de ce que nous savons déjà sur le nombre de moufles dont disposait Auschwitz et sur le nombre de jours qu'ils ont fonctionné, la discussion sur la capacité des crématoires d'Auschwitz pourrait être considérée comme close, car il est déjà évident qu'ils n'ont pu incinérer les millions ou les centaines de milliers de corps de déportés qui, selon les historiens, y avaient été préalablement gazés. Néanmoins, nous allons poursuivre la discussion pour nous en convaincre si possible d'autres manières.

B. Capacité des fours crématoires retenue par les historiens

Tout d'abord, les chiffres de capacité dont nous avons parlé ci-dessus et sur lesquels la plupart des historiens ont basé la thèse exterminationniste, sont extraits d'un document provenant de la Bauleitung (signé par Janisch et non Jährling comme on le lit parfois et daté du 28/6/1943, alors que les grands Kremas II à V venaient d'être mis en service), lequel document donne les capacités suivantes :

Krema I
Kremas II et III
Kremas IV et V

Total

   340 corps par journée de 24 heures
1.440 corps chacun
   768 corps chacun

4.756 corps

Ces chiffres, disent les révisionnistes, sont a priori ridiculement élevés. Pressac en convient :

En 1993, sans renier pour autant sa théorie du « coefficient multiplicateur », Pressac donne une explication un peu différente : « Ces chiffres officiels sont de la propagande mensongère et pourtant ils sont valables. Leur validité apparente repose sur le fait que la durée d'incinération de deux enfants de 10 kgs et d'une femme de 50 kgs est égale à celle d'un homme de 70 kgs, ce qui introduit un coefficient multiplicateur variant de 1 à 3 et rend aléatoires tous les chiffres de rendement crématoire ». Pressac veut dire par là que l'unité retenue n'est pas une unité normalisée (qui serait celle d'un homme de corpulence normale de 70 kgs) mais que la SS avait considéré qu'un enfant de 10 kgs correspondait à une unité alors qu'un crémateur professionnel l'aurait compté pour 1/7 d'unité. Dès lors, Pressac corrige les capacités de cette façon :

officiel pratique réel
crématoire I
crématoire II
crématoire III
crématoire IV
crématoire V
   340
1.440
1.440
   768
   768
   250
1.000
1.000
   500
   500
       0 (arrêté fin juillet 43)
1.000
1.000
       0 (hors d'usage)
       0 (sans emploi)
[total] [4.756] [3.250] [2.000]

Bref, les capacités sur lesquelles se basent les historiens, doivent être considérablement réduites, et cela, bien davantage que par 2 ou 3, à défaut de quoi, elles ne peuvent qu'apparaître irréalistes aux gens réfléchis. La suite va le prouver.

C. Comparaison des installations d’Auschwitz avec d'autres installations du même constructeur

On peut, tout d'abord, comparer les capacités avancées avec celles d'autres crématoires livrés par le même constructeur à d'autres camps.

Le Krema I fut équipé comme suit :

En résumé, on doit admettre que le Krema I avait une capacité qui ne pouvait excéder 6 corps/heure soit 60 corps/jour de 10 heures. Ce chiffre est à comparer avec celui de 340 qui figure dans le document susdit : le « coefficient multiplicateur » est au minimum de 5,67.
Bien entendu, si on admet que, comme par miracle, les fours pouvaient fonctionner 24 heures par jour, on arriverait à 144 corps/jour pour le Krema I (ce qui serait encore très inférieur à 340 corps), mais on ne peut extrapoler impunément à 20 ou 24 heures des capacités données par le fabricant pour des jours de 10 ou 12 heures : en effet, les crématoires ne pouvaient absolument pas fonctionner 24 heures sur 24 et cela pour deux raisons :

On nous opposera que les témoins et les historiens affirment avec force que des flammes gigantesques sortaient jour et nuit des cheminées des crématoires. Mais, d'une part, cette affirmation est ridicule car, comme le fait remarquer Pierre Marais, des flammes ne sortent d'une cheminée que quand il y a le feu à cette cheminée. Ou bien les témoins ont menti (ce que nous ne croyons pas) ou ils ont probablement confondu avec les torchères du complexe carbochimique tout proche d'Auschwitz III. D'autre part, si, par absurde, les crématoires avaient pu fonctionner 24 heures sur 24 heures, leur usage aurait de toute façon été limité en raison des consignes d'occultation données par la direction du camp pour contrer les raids de l'aviation alliée sur Auschwitz III (du moins en 1944). Ces consignes devaient nécessairement valoir également, on le notera dès à présent, pour la crémation à l'air libre

Les Kremas II et III, eux, étaient équipés de 5 fours trimoufle. Deux comparaisons avec d'autres fours Topf sont à faire :

On commence d'ailleurs à comprendre comment auraient pu être calculées les capacités du document Janisch :

D. Comparaison avec des installations livrées par d'autres constructeurs contemporains et d’aujourd’hui

On peut aussi comparer ces fours d'Auschwitz avec des fours d'autres constructeurs soit contemporains de Topf soit d'aujourd'hui :

Si le cercueil constitue un apport important sur le plan énergétique (un cercueil en bois de 35 kgs correspond à 27 kgs de coke), n'augmenterait-il pas la durée de la crémation ? Effectivement, disent Mattogno et Deana, le cercueil ralentit initialement la crémation (en contrariant l'évaporation de l'eau du corps) mais, ultérieurement, il accélère cette crémation par un apport calorifique important : finalement, il y aurait compensation entre ces deux effets contraires.

En résumé, il est difficile d'admettre que les fours allemands d'il y a 50 ans pouvaient incinérer plus de 1 corps nu/moufle/heure ou encore 10 corps/moufle/jour de 10 heures. Dès lors, la capacité du Krema II aurait pu être au maximum de 10 corps/moufle/jour x 3 moufles x 5 fours = 150 corps/jour de 10 heures.

Oui, disent les historiens, mais on mettait plusieurs corps par moufle. De l'examen des plans (les bouches des fours mesuraient 60 x 60 cm) et des instructions du constructeur (mode d'emploi, calcul de capacité), on peut conclure que c'était exclu, non pas pour des raisons éthiques, bien entendu, mais matérielles. Comme l'expliquent Mattogno et Deana, l'introduction de plus d'un corps (du moins de poids normal) dans le moufle entraîne une baisse de la température en dessous de 600 °C, température à laquelle les corps « charbonnent » (voir plus haut ce qu'en dit C. Loos) ; dès lors, la crémation demande plus d'énergie et plus de temps, ce qui est contraire au résultat recherché (par les historiens). Alors, quelle pourrait être l'origine de l'affirmation qu'on incinérait plusieurs corps à la fois ? D'une part, on pouvait, bien entendu, incinérer à la fois deux corps décharnés (ce devait être souvent le cas sous l'effet de la malnutrition -qui n'épargnait d'ailleurs pas non plus certains des nôtres qui étaient en liberté- et du typhus) ; d'autre part, expliquent Mattogno et Deana, la combustion proprement dite d'un corps dans un four similaire à ceux des grands Kremas de Birkenau pouvait durer 60 minutes (dans le « moufle ») et était suivie d'une postcombustion de 20 minutes (dans le « cinéraire ») mais les servants, plus soucieux de rendement que d'autre chose, n'attendaient pas 80 minutes pour introduire un nouveau corps dans le moufle : ceci a pu accréditer l'idée qu'on incinérait plusieurs corps à la fois.
De son côté, Pressac dit qu'exceptionnellement on pouvait arriver à 3 corps. Nous retiendrons donc la moyenne, soit 2 corps/moufle, pour qu'on ne puisse nous accuser de faire preuve de malveillance vis-à-vis des historiens ; de la sorte, la capacité du Krema II doublerait à 300 corps/jour, ce qui donnerait, sur 18 mois maxi, un total très théorique de 165.000 corps. Malgré toute notre bienveillance, on est toujours loin des chiffres cités par les historiens.

E. Renouvellement de la maçonnerie réfractaire des fours

Mattogno et Deana apportent ici des éléments tellement déterminants qu'on pourrait même s'en contenter et s'éviter toute autre discussion. Dans les années 30, remarquent-ils, la longévité moyenne de la maçonnerie en réfractaire d'un four était de 2.000 crémations/moufle, après quoi, le four étant hors d'usage, il fallait remplacer sa maçonnerie. En 1941, Topf fêta avec éclat un record, celui de la 3.000ème crémation de son 2ème four électrique monomoufle d'Erfurt ; par contre, à Gusen, son four bimoufle, lui, servit seulement à 3.179 crémations de février à octobre 1941 (soit moins de 1.600 crémations/moufle), après quoi il fallut remplacer sa maçonnerie. Mais, pendant la guerre, la qualité des matériaux baissa (la qualité des installations aussi, notamment à cause des économies réalisées sur la quantité de réfractaires) et la compétence du personnel opérateur également (c'étaient des détenus qui -on les comprend- montraient parfois de la mauvaise volonté, voire, sabotaient leur travail) et on doit considérer que le record d'Erfurt fut loin d'être battu par Auschwitz. Or, si la maçonnerie réfractaire de 2 moufles du Krema I d'Auschwitz I fut réparée (lettre du 9/12/1941de Topf à la Bauleitung), par contre celle des 46 fours des Kremas II à V de Birkenau, elle, ne fut jamais remplacée : les 6 moufles du Krema I auraient donc pu incinérer 8 x 1.600 à 3.000 corps = 12.800 à 24.000 corps et les 46 moufles des Kremas II à V, 46 x 1.600 à 3.000 corps = 73.600 à 138.000 corps, ce qui fait un total de 86.400 à 162.000 corps au maximum, c'est-à-dire « dans la pratique, seulement ceux des détenus enregistrés décédés de mort naturelle. »

F. Estimations d'experts

Leuchter a estimé la capacité théorique du Krema II à 102 corps et la capacité en temps réel à 45 corps/jour (soit 6,8 et 3 corps/moufle/jour). Pour l'ensemble des Kremas, Leuchter arrive à 353,6 corps théoriquement et 156 corps/jour en temps réel. En admettant que ces 4 Kremas aient fonctionné 20 mois (d'avril 1943 à janvier 1945, ce qui a été très loin d'être le cas, répétons-le), on arrive à un total de morts incinérés dans les crématoires d'Auschwitz-Birkenau au cours de cette sombre période de :

Cette estimation est confirmée par un autre expert, Ivan Lagacé du crematorium de Calgary, pour qui les crématoires de Birkenau auraient pu avoir une capacité de 184 corps par jour (procès Zündel, 1988).

Mattogno et Deana (lesquels, par la qualité de leur travail, peuvent être cités dans cette rubrique) arrivent à :

G. Consommation de coke

Par ailleurs, Pressac a publié un document de la SS donnant la consommation prévisionnelle de coke pour l'ensemble des Kremas II à IV, soit 7.840 kgs/jour de 12 heures (« in 12 Stunden (Tagesbet.) »), soit 5.600 kgs pour les KII et KIII et 2.240 kgs pour les KIV et KV ; Jährling, qui est le rédacteur de cette note, n'extrapole pas sur 24 heures et ne reprend pas le Krema I, ce qui est curieux, car cette note (datée du 17/3/1943) est antérieure à la note de Janisch sur le calcul des capacités des Kremas. C'est le constructeur qui lui a indiqué la base du calcul, soit 35 kgs/foyer/heure (dans le cas des Kremas II et III, il y avait 2 foyers par four). Dès lors, si on admet que :

on obtient une consommation par corps de 7,10 kgs de coke/corps, ce qui est vraiment peu et apparemment même impossible : en fait, d'une part le chiffre donné par Topf devait être un idéal inaccessible comme toutes les consommations données par tous les constructeurs de tous temps et de partout [6] et, d'autre part, on doit admettre qu'il n'avait pas prévu plus d'un corps par moufle, de sorte qu'il faudrait déjà multiplier par 2 le chiffre unitaire obtenu. On notera aussi que, s'il faut pour incinérer un corps, x Kcal dont une partie est à considérer comme perdue (déperdition par la cheminée, notamment), il est illusoire de croire qu'avec ces x Kcal, on puisse incinérer 2 corps : si on peut admettre qu'il n'en faille pas le double, on doit tout de même admettre qu'il en faille davantage. En prenant 1 corps/moufle, on serait arrivé à un chiffre de 14,2 kg/corps, chiffre déjà plus raisonnable.
On notera aussi la remarque fort intéressante que fait Jährling au terme de son calcul : « Ce sont des consommations de pointe ! On ne peut calculer la consommation annuelle, car on ne peut prévoir pendant combien d'heures ou de jours les fours seront allumés ». Il est évident que, dans une hypothèse exterminationniste, Jährling n'aurait pas fait cette remarque, les fours devant fonctionner en continu pour incinérer ces millions de juifs à gazer. En réalité, ces crématoires ne devaient servir qu'à incinérer des morts de mort naturelle, dont on ne connaissait pas le nombre a priori, la mortalité des détenus dépendant beaucoup des épidémies : on a donc ici un indice de plus de l'inanité des thèses exterminationnistes.
Bien que ce chiffre de 7,10 kgs/corps soit irréaliste, retenons-le pour apprécier le nombre d'incinérations qui auraient pu être faites compte tenu de la consommation de coke par l'ensemble des Kremas, consommation que Pressac a également publiée pour la majeure partie de 1942 et 1943 ; à l'été 1943, cette consommation a été de 70 tonnes/mois ; pour autant que l'extrapolation soit légitime dans le temps, on obtient :
70.000 kgs : 7,1 kgs/corps grand mini x 20 mois grand maxi = 197.000 corps maximum maximorum, et cela sur toute la durée de vie des grands Kremas II à V, ce qui ne correspond toujours pas aux prétentions des historiens.

Consommations mensuelles de coke des crématoires  d'Auschwitz-Birkenau (en tonnes)

mars 1942 (1)
avril
mai
juin (2)
juillet (2) (3)

39,0
39,0
32,0
29,5
16,5

août
septembre
octobre
novembre
décembre

31,5
52,0
15,0
17,0
39,0

janvier 1943
février
mars (4)
avril (5)
mai

23,0
40,0
144,5
60,0
95,0

juin (6)
juillet (7)
août
septembre
octobre

61,0
67,0
71,0
61,0
82,0

(1) un seul Krema en activité (le Krema I, dont la capacité ne représente alors que 3,5% de l'ensemble des 5 Kremas) et qui ne fonctionne pas très bien.
(2) mise en route, fin mai, du 3ème four du K I (capacité doublée), lequel tombe aussitôt en panne du 30/5 au 8/8
(3) début des grandes épidémies avec septembre 1942 pour premier sommet ; il y aura encore une poussée en fév/mars 1943 et en mai/juin 1943 (épidémie circonscrite au camp des Tziganes).
(4) mise en service du Krema II (arrêté 2 à 3 mois presqu'aussitôt). Pressac dit que les consommations de toute cette période sont un peu plus élevées qu'elles ne devraient l'être à cause des opérations de séchage (à vide) des fours ; Mattogno conteste la chose et affirme que le séchage se faisait obligatoirement au bois.
(5) mise en route des Kremas IV (qui, 2 mois plus tard, tombe définitivement en panne) et V
(6) mise en route du Krema III
(7) arrêt définitif du Krema I

Ces chiffres de consommation de coke sont à rapporter aux chiffres des décès qu'on peut reconstituer à partir des Sterbebücher [7] : ces décès ont officiellement été les suivants :

Nombre de décès à Auschwitz-Birkenau

mars 1942
avril
mai
juin
juillet

2.007
2.120
3.085
3.517
4.331

août
septembre
octobre
novembre
décembre

6.353
8.698
4.855
4.215
3.276

janvier 1943
février
mars
avril
mai

3.422
5.012
7.599
2.517
2.229

juin
juillet
août
septembre
octobre

2.694
1.760
1.534
2.046
1.732

Des régularisations auraient été faites en décembre 1943 (enregistrement de décès intervenus dans des camps extérieurs au cours des mois précédents) mais, d'après ce que dit Pressac, on peut estimer que cela ne modifie pas l'ordre de grandeur de ces chiffres.
On notera que Pressac a trouvé ses chiffres à Auschwitz ; ils sont confirmés par David Irving qui a retrouvé à Moscou des chiffres de consommation de coke identiques et qui les complètent même pour 1944, notamment :
- du 15/3/1943 au 31/10/1943 : 568,- T (contre 569,- T pour Pressac en prenant la moitié des 144,5 T de mars),
- du 1/1/1944 au 27/11/1944 : 923,- T, ce qui correspond, à raison de 29 kg par corps, à 31.800 crémations pour 11 mois 1944.

Krema I du 01/11/40 au 28/02/41 41,6
du 01/03/41 au 31/10/41 166,4
du 01/11/41 au 31/01/42 93,6
du 16/02/42 au 28/02/43 395,5
Kremas I à V du 15/03/43 au 31/10/43 568,0
Kremas II et III du 01/01/44 au 27/11/44 923,0

Ce dernier chiffre (923 T) doit probablement comprendre le Krema V. Il y aurait aussi lieu de tenir compte que les fours utilisèrent également un peu de bois.

Que peut-on conclure de cette comparaison ?

  1. Une discontinuité dans la consommation de coke apparaît début mars 1943 : avant cette date, la consommation de coke est de 373,5 tonnes pour 50.891 corps officiels soit 7,34 kgs/corps, mais, durant toute cette période, il n'y avait qu'un seul crématoire (le I), qui fonctionnait très mal et était souvent à l'arrêt ; de la sorte, on a enterré de nombreux corps (et cela probablement pendant une plus longue période que les historiens ne le pensent). Cette moyenne de 7,34 kgs (très proche de 7,10 kgs) est donc artificiellement basse et ne peut être retenue.

  2. Après février 1943, la consommation de coke est de 641,5 tonnes pour 22.111 corps, soit 29,01 Kgs/corps : avec la mise en route des Kremas II à V, les Allemands ont, enfin, pu incinérer tous les corps ; cette moyenne de 29,01 kgs est réaliste et correspond aux normes. Revenant au point a) ci-dessus, on pourrait donc en déduire que les 373,5 tonnes utilisées de mars 1942 à janvier 1943 n'ont pu servir qu'à incinérer 12.900 corps et qu'il a donc fallu enterrer 38.000 corps.

  3. Les Kremas d'Auschwitz n'ont donc servi qu'à incinérer les morts de mort naturelle. De l'examen de ces chiffres, on peut déjà se convaincre qu'il y en eut une centaine de mille, chiffre déjà effrayant mais sans rapport avec les millions des historiens. Ceux qui continuent à croire qu'il y a eu extermination de masse, devraient pour le moins concéder que l'élimination des corps n'a pu se faire par les crématoires ; en effet, même sur la base -ridiculement basse- de 7,10 kgs de coke par corps, on ne peut arriver, ainsi que nous l'avons vu, à ces millions (ou centaines de mille) des historiens.

Bien entendu, une autre vérification élémentaire à faire consiste à confronter la note prévisionnelle de Jährling, celle-ci, qui donne une consommation de 7.840 Kgs de coke par jour de 12 heures et la note prévisionnelle de Janisch, celle-là, qui indique que la capacité des Kremas II à V est de 4.416 corps par jour de 24 heures : la division donne 3,55 kgs de coke par corps, soit la moitié de la consommation calculée plus haut et que nous avions provisoirement retenue avec beaucoup de bienveillance (7,10 kgs), ce qui n'est pas admissible (cela équivaut à une bûche de bois de 10 cm de diamètre et de 50 cm de longueur.).

De leur côté, Mattogno et Deana sont entrés dans le détail et ont calculé la consommation de coke par type de Krema :

Appliquant ces consommations à la note de Jährling (après une légère correction pour tenir compte de ce que Jährling se base sur 12 heures), Mattogno et Deana obtiennent :

Ce chiffre prévisionnel de 370 corps/jour correspond assez bien à celui des décès journaliers du mois de mars 1943, mois au cours duquel Jährling a fait son calcul. Pour Mattogno et Deana, cette note correspond à une réalité ; elle est donc un document authentique et, par conséquent, l'autre note prévisionnelle (celle de Janisch, laquelle donne une capacité de crémation de 4.756 corps/jour) ne peut qu'être un faux.

Il faudrait aussi dire un mot sur un point qui nous avait échappé dans la première édition et qui est pourtant élémentaire : la capacité de stockage de coke des crématoires. Dans le cas des Kremas II et III, le coke était stocké dans une pièce située à droite des fours (la « Brennstoffraum » appelée aussi « Brennstofflager »). Cette pièce faisait environ 8 mètres par 4 mètres mais le coke n'en occupait qu'une moitié ce qui représentait, selon les plans, une « capacité d'environ 1 1/2 wagon » (« ca. 1 1/2 Eisenbahnwagons Fastgehalt ») sans qu'on sache ce que cela représentait effectivement. En admettant qu'on ait pu en stocker 15 m3 (ce qui constitue un nouveau geste de bienveillance de notre part), les opérateurs auraient eu à leur disposition quelque 7 tonnes soit, à raison de 29 Kg par corps, de quoi incinérer quelque 250 corps. On peut chicaner sur tel ou tel autre chiffre, la conclusion à en tirer ne changera pas : c'est là une capacité de stockage dérisoire pour une installation d'extermination industrielle. C'est un peu comme si on équipait un gros ensemble routier d'un réservoir de gazole de la taille d'une bouteille d'eau minérale. Il y a là une énorme invraisemblance de plus dans l'histoire d'Auschwitz. [8]

On notera que le rapport de la consommation de coke au nombre de crémations n'est pas accepté par tous ; un chimiste (Appelons-le Ernest.) le trouve même « aberrant », car, dit-il, il consiste à transposer dans l'analyse d'un processus de masse des considérations qui ne sont valables que dans l'analyse de crémations individuelles, c'est-à-dire avec interruption de la chaîne après chaque crémation (par exemple, pour des raisons éthiques absentes à Auschwitz : individualisation des cendres de chaque mort). Dans un processus de crémation de masse ininterrompu, dit Ernest, le bilan thermique est positif : si la première phase de la crémation (élimination de l'eau) est endothermique, par contre, la combustion du résidu sec est fortement exothermique ; par exemple, pour un corps d'adulte amaigri de 54,5 kgs (composé de 19,5 kgs de lipides et protéines, 31 kgs d'eau et 4 kgs de cendres), la réduction de l'eau consomme 28.500 Kcal mais la combustion des matières organiques dégage 123.000 Kcal ; certes, à défaut de récupérateur, une partie importante du gain (91.500 Kcal, soit l'équivalent de 11,5 kgs de coke) est perdue mais il en reste une partie qui est utilisée dans la crémation suivante et ainsi de suite. On voit donc bien, conclut Ernest, qu'il est vain de chercher à établir une relation entre la consommation de coke et le nombre de corps incinérés. On peut répondre que :

  1. Les morts incinérés à Auschwitz étaient très amaigris du fait de la maladie (c'est une caractéristique du typhus) et pour un corps de 39 kgs, le gain calorifique était 4 fois moindre (4,5 kgs de coke).

  2. Les éléments de ce calcul sont optimistes et dès lors, compte tenu des déperditions, le bilan était négatif dans tous les cas. C'est d'ailleurs ce que démontre l'examen des résultats incontestables des incinérations de masse dans le four Topf de Gusen.

  3. En fait, dit Mattogno, pour un thermicien, le raisonnement de ce chimiste est « assez simpliste », « puéril » et « aberrant ».

H. Autres arguments

a) Pressac cite par ailleurs en 1989 un document qui apporte des éclaicissements sur la capacité et la destination des grands Kremas d'Auschwitz-Birkenau : il s'agit d'une note largement diffusée (qu'il datait erronément de mars/avril 1942 : en fait, elle ne peut être antérieure à l'automne 1942 ; Mattogno la date de janvier 1943.) faisant l'inventaire des chantiers des diverses Bauleitung du camp [9]. La rubrique « II. Direction des constructions du camp de prisonniers de guerre (Mise en oeuvre du traitement spécial) Auschwitz » (« II. Bauleitung des Kriegsgefangenenlagers (Durchführung der Sonderbehandlung) Auschwitz ») concerne le camp de Birkenau (où se serait déroulé l'essentiel de l'extermination des juifs à Auschwitz) ; il y est notamment question de la construction de 4 Kremas. La conclusion qu'en tire Pressac est que les employés de la Bauleitung étaient tous au courant du caractère « anormal » de ces Kremas qu'on leur demandait de construire. En 1993, Pressac fait état d'un document à l'intitulé à peu près semblable (« Vorhaben : Kriegsgefangenenlager Auschwitz (Durchführung der Sonderbehandlung) ») qu'il date de décembre 1942 (en fait, elle serait du 28/10/42). Selon Pressac, cette formulation « représente une énorme 'bavure administrative' répétée cent vingt fois, qui confirme formellement que depuis fin novembre - début décembre 42, le KGL de Birkenau n'était plus un camp de prisonniers de guerre, mais était devenu, dans son ensemble, l'endroit ou était conduit 'le traitement spécial' ». Invraisemblance, dogmatisme et pétition de principe ! Il faut plutôt en conclure, disent les révisionnistes, que :

  1. A cette date, Birkenau était réservé aux prisonniers de guerre (100.000, 125.000 puis 200.000 Russes). Cela résultait de diverses directives de Himmler dont la première était du 1/3/1941. Ce n'est que le 31/3/1944 que, les Allemands ayant changé leurs plans, la dénomination de « Camp de prisonniers de guerre » (« KGL ») fut abandonnée au profit de « Camp II Birkenau ».

  2. Personne n'ayant jamais prétendu que les Allemands avaient décidé d'exterminer les prisonniers de guerre, on admettra a priori que cet outil n'avait pas de caractère criminel. Pressac, souvent incohérent, le reconnaît par ailleurs et répète à longueur d'ouvrage que l'extension du programme incinérateur n'avait rien de criminel et résultait de cette décision d'extension du camp et de l'apparition de l'épidémie de typhus.

  3. A la mi-1942, les Allemands imaginèrent de se servir provisoirement de Birkenau pour y faire transiter les juifs et leur appliquer le « Sonderbehandlung » (« traitement spécial »), ce qui ne constitue pas en soi, bien entendu, une preuve qu'on les y exterminait, à moins de démontrer préalablement que le « Sonderbehandlung » consistait dans le meurtre des juifs. (Nous examinerons la signification de ce mot en annexe 8. On peut déjà faire valoir que le fait qu'il fut répété « cent vingt fois » tendrait plutôt à prouver qu'il n'avait aucune signification criminelle.)

  4. Dans le document précité, les crématoires ne comptent que pour 5 % du montant des investissements projetés ou en cours. La seule rubrique qui se réfère explicitement au « Sonderbehandlung » décrit :

Dès lors, il faut bien admettre que, n'ayant qu'un objectif sanitaire, les Kremas ne pouvaient avoir la capacité véritablement génocidaire que leur prêtait la fameuse lettre de Janisch. [10]


Ci-contre la photo d'un des nombreux documents démontrant que le Sonderbehandlung ne correspondait pas à une opération secrète.
 
Ce document intitulé Zusammenstellung et daté du 28/10/1942 est le récapitulatif des projets de construction relatifs à la Durchfürung der Sonderbehandlung (Voyez la troisième ligne du titre.) et de leur coût.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.









b) Pressac ferait bien aussi de réfléchir au « contrat Moguilev » : en décembre 1941, Berlin commanda à Topf 4 fours à 8 moufles pour le camp de prisonniers de guerre de Moguilev (Biélorussie). Deux de ces quatre fours furent finalement détournés et installés à Auschwitz pour équiper les Kremas IV et V. Sur la base de la lettre de Janisch, la capacité projetée à Moguilev était donc de 3.072 corps par jour ou encore près de 2.000.000 corps/20 mois, c'est-à-dire 70% de la capacité prétendument génocidaire d'Auschwitz. Personne n'ayant jamais prétendu que les Allemands avaient formé le projet d'exterminer les prisonniers de guerre, on pourrait en conclure que :

c) Le 3/4/42, la Zentralbauleitung d'Auschwitz précisait : « L’effectif prévu [à Auschwitz] est d’environ 30.000 détenus. » [11] ; le 10/7/42, elle faisait la réponse suivante à la Bauleitung de Stutthof-Danzig au sujet d’un crématoire pour 30.000 détenus : « L’installation est équipée de 5 fours à 3 moufles. D’après les indications de Topf und Söhne de Erfurt une crémation dure environ une-demie heure. » [12] C'est donc que le Krema II correspondait aux besoins normaux d'une population de 30.000 détenus ordinaires ; cette population ayant été revue à la hausse (il y eut 150.000 résidents à la mi-44), le programme d’équipement fut donc développée et cela, pas seulement en matière d'incinération mais aussi, par exemple, en matière d'alimentation (Ainsi, le 5/10/42, Bischoff prévoyait la construction d'une boulangerie pour 160.000 hommes). Il n'y a rien de génocidaire là-dedans ! [13]  

d) Enfin, dans son livre édité en 1993 par une filiale du CNRS (CNRS-Editions, Collection Histoire - 20ème siècle, dans le comité scientifique de laquelle on trouvait les défunts Bedarida et Stengers, qui, on peut le supposer, avaient dû relire l'ouvrage), Pressac se livre en public (son monumental ouvrage de 1989 n'avait été tiré qu'en 1.000 exemplaires et en anglais) à une révision du dogme, qui, apparemment, n'a pas été comprise par les médias. A l'issue d'un travail de recherche documentaire que les historiens avaient négligé de faire, il donne une version -tout à fait révolutionnaire et, parfois, assez invraisemblable, d'ailleurs- de l'histoire de la transformation des crématoires en outil criminel :

Tout cela a la vraisemblance de la Genèse ! Et nous sommes bienveillant !

I. Conclusions

Bref, au terme de ce chapitre consacré aux fours crématoires, on a beau examiner l'affaire de différentes façons et toujours avec bienveillance pour les historiens comme on l'a vu, on en arrive immanquablement à la conclusion qu'il y avait un goulot d'étranglement dans la chaîne, goulot résultant d'une capacité des crématoires très inférieure à la capacité affirmée pour les chambres à gaz et ce n'est pas l'explication invraisemblable de Pressac qui peut convaincre du contraire. Les crématoires d'Auschwitz auraient pu incinérer les morts de mort naturelle (nous verrons qu'il y en eut un peu plus de 100.000) mais pas davantage et certainement pas les 4.000.000 de gazés de naguère, pas davantage les 8 à 900.000 gazés à l'arrivée dont Pressac parlait en 1989, même pas les 470.000/550.000 gazés à l'arrivée qu'il dénombre en 1994. Dès lors, les SS auraient dû compléter les fours par autre chose : « De gigantesques fosses !  », disent en choeur témoins et historiens.
Toutefois, avant d'en parler, il nous faut encore dire un mot de la fameuse lettre de Janisch (en supposant qu'elle ne soit pas un faux), car ce n'est pas tout de démontrer l'extravagance des chiffres qu'elle contient, encore faut-il expliquer cette extravagance. [14] En fait, on peut penser que cette extravagance n'est qu'apparente : les chiffres de Janisch sont certes optimistes, voire très exagérés, mais ce qui serait le plus extravagant, ce serait l'extrapolation qui est faite par les historiens d'une capacité journalière qui ne devait être utilisée que de façon occasionnelle. En effet, l'énergie était rare (c'était le talon d'Achille de l'Allemagne) et les fours crématoires étaient destinés à n'être allumés que le plus rarement possible : la façon la plus économique de s'en servir était de stocker les cadavres et quand les morgues en étaient pleines, d'allumer les fours et de vider ces morgues en une seule fois. [15] Ceci justifiait, d'une part, la construction de crématoires de grande capacité, d'autre part, l'extrapolation à 24 heures (voire 48 heures, peut-être, mais pas au-delà car, alors, les fours se seraient immédiatement détériorés) de capacités calculées par le fabricant sur 10 heures par jour (pendant des mois voire des années) et cela, sans même intégrer l'entretien dans le calcul (celui-ci pouvant s'effectuer après chacune des fournées). L'erreur des historiens est d'extrapoler une capacité journalière exceptionnelle ; on commettrait la même erreur en extrapolant sur la distance Paris-Bruxelles le temps mis par Carl Lewis à courir le 100 mètres : on arriverait à la conclusion que le sprinter américain peut relier les deux villes à pied en moins de 9 heures. Et cela, tout en traitant ses adversaires de « pseudo-scientifiques » ou de « savants fous » et même en réclamant leur emprisonnement ! Bref, la médiatisation organisée des thèses exterminationnistes nous obscurcissait l'esprit au point de nous empêcher de comprendre l'économie toute simple du programme d'incinération d'Auschwitz : incinérer au moindre coût énergétique des morts de mort naturelle.
Cette explication (bienveillante, dans la mesure où elle suppose que la note de Janisch est authentique
) paraît tout à fait vraisemblable, en tous cas plus vraisemblable que l'explication emberlificotée de Pressac. [16]

Cette mise au point ayant été faite, parlons des fosses. Bien entendu, les conditions idéales offertes par les fours crématoires n'existent pas dans le cas des fosses et des bûchers en plein air (c'est-à-dire bénéficiant de la seule pression atmosphérique). Il ne suffit donc pas, comme le croient naïvement les historiens, d'entasser par terre quelques branchages et d'y mettre le feu pour réussir à incinérer un corps humain. [17] Dans le cas des fosses, c'est encore plus simple : on ne peut, faute d'air, y entretenir une flamme !
On objectera peut-être l'exemple de la crémation hindoue en bûcher, mais d'une part, la quantité de bois utilisée est très importante (au moins un stère par corps) et d'autre part, la crémation est toujours imparfaite : ce sont des débris humains importants qui sont jetés dans le Gange.
Dans le cas de bombardements incendiaires aériens, il est arrivé très rarement (à Hamboug et à Dresde, notamment) que, dans un certain périmètre, tout soit totalement détruit à la suite d'un phénomène incontrôlé, que les Anglais ne sont pas arrivés à reproduire à volonté (ce n'est pas faute d'avoir essayé) et qu'on appelle « tempête de feu ». Mais dans la grande majorité des cas, les corps n'étaient pas réduits en cendre, malgré l'intensité de la chaleur dégagée. Il en est de même dans les incendies domestiques accidentels et dans les incendies de voitures automobiles : les corps charbonnent, mais restent entiers et ne sont pas réduits en cendres.
Citons quelques exemples :

  1. On a découvert en 1993 les restes du tsar Nicolas II et de sa famille, restes formellement identifiés trois quarts de siècle après leur mort ; le crâne du tsar, comme le montre une photo publiée par « Le Vif-L'Express », est intact ; or, leurs exécuteurs sont censés avoir brûlé leurs corps et même avoir tenté de dissoudre leurs restes dans l'acide. [Autre idée reçue et fausse que la possibilité de dissoudre un corps humain dans de l'acide : toutefois, cette affirmation mérite d'être nuancée à la suite d'une expérience réalisée à l'Université de Louvain dans l'Affaire Pandy en novembre 1998. (Le Soir, 28/11/98)]

  2. Le cas de Hitler lui-même peut être cité : il avait demandé par testament que son corps et celui d'Eva Braun soient « incinérés immédiatement ». On eut beau utiliser 2 bidons d'essence, voire davantage, son corps fut si peu détruit qu'il fut encore reconnu par un de ses proches près d'un mois plus tard. (voir Le Monde du 17/3/1993, « Le cadavre-sosie d'Adolf Hitler »)

  3. A Waco aux USA, début 1993, après l'incendie du « Ranch de l'Apocalypse », les corps des membres de la secte des Davidiens ne purent certes pas être identifiés mais ils n'étaient pas du tout réduits en cendres malgré l'intensité du foyer et on put les autopsier.

  4. En novembre 1993 se produisit sur l'A10 près de Mirambeau (Charente Maritime) un effroyable carambolage qui fit une quinzaine de morts : d'un tas de ferrailles carbonisées furent retirés des corps, certes difficilement identifiables, mais nullement réduits en cendres malgré l'intensité infernale de l'incendie.

Dès lors, l'incinération de centaines de milliers de corps dans des fosses ou sur des bûchers n'a pu que laisser des restes considérables de corps incinérés très imparfaitement voire pas du tout, et Auschwitz devrait encore être, cinquante ans après les faits, un immense ossuaire se prêtant bien à l'investigation judiciaire.
Au risque d'être accusé de faire des calculs « bassement techniques » et « macabres » (c'est le lot des médecins légistes, des policiers et des juges, qui, tous, exercent une profession honorable, utile et même indispensable), on peut en conclure que, si on a incinéré à Birkenau disons 800.000 corps dans des fosses et sur des bûchers (en sus des disons 100.000 corps réduits en cendres dans les fours), il doit encore y avoir à l'heure actuelle 800.000 crânes et autres ossements enterrés pour l'essentiel à proximité immédiate des Kremas II et III : un tel ossuaire, sur 2 m de largeur et 2 m de profondeur pourrait avoir 2 kms de longueur ! Or, il y avait très peu de place libre autour des Kremas. Comment pourrait-on ne pas les retrouver si on se mettait à les rechercher ? Pressac a bien procédé à des fouilles mais il n'a rien retrouvé, si ce n'est quelques petites fosses sans signification historique. Ces « gigantesques fosses » relèvent donc bien du fantasme et si on a exterminé les juifs, ce ne peut être à Auschwitz.
Tout ce qu'on pourrait ajouter est superfétatoire ; néanmoins, poursuivons l'examen de cette thèse de l'incinération des corps des gazés d'Auschwitz dans des fosses. Comme nous venons de le voir et comme chacun peut le vérifier dans son jardin, il est impossible d'entretenir une combustion dans une fosse profonde à moins d'y apporter de l'oxygène d'une façon ou d'une autre, mais les témoins et les historiens ne parlent pas de semblable dispositif (seul détail, au demeurant invraisemblable et, de plus, semble-t-il, concernant des bûchers, donné par Höss : « [les prisonniers] fouillaient dans les montagnes de cadavres en feu pour faciliter l'arrivée de l'air »). 
Quant à la récupération de la graisse humaine et à son réemploi pour activer la combustion dans ces fosses, on se demande comment pareil élément peut être donné avec tant d'entêtement par les plus grands historiens :

Les photos aériennes prises par l'US Air Force et la Luftwaffe en 1944 et 1945 -nous l'avons déjà dit- avaient démontré tout cela.
Enfin, rappelons que Birkenau était bâti sur un marais et à l'endroit où sont censées s'être trouvées ces grandes fosses de 6 mètres de profondeur, la nappe phréatique, d'après Leuchter, est à 50 centimètres. Certes, elle aurait pu être un peu plus basse en 1940/1945 du fait des travaux de drainage effectués par les Allemands (encore qu'un document allemand du 10/3/1944 la fixe à un niveau compris entre 0,30 et 1,20 m dans la zone du Krema II), mais elle ne devait pas l'être au point de permettre d'opérer au sec à des profondeurs pareilles. Ce n'est pas sans raison que les Allemands n'avaient pu enterrer les morgues qu'à moitié.

Généralement, à la base de toute légende, il y a une réalité qui a été déformée et extrapolée par des esprits religieux ; ce n'est pas tout de dénoncer cette déformation : encore faut-il retrouver l'élément matériel à partir duquel a été forgée la légende. 
D'une part, il est certain qu'il y a eu en fin 1942 une opération d'incinération de plusieurs dizaines de milliers de corps que les Allemands avaient dû enterrer (non seulement en 1942 au plus fort de l'épidémie de typhus mais déjà en 1941, disent Mattogno et Deana) et cela, faute de disposer de fours crématoires (ils ne disposaient alors que du petit Krema I) ; ces corps en décomposition polluaient la nappe phréatique. Curieusement, témoins et historiens ne s'étendent pas voire ignorent purement et simplement cette opération d'envergure encore que limitée dans le temps, opération qui a incontestablement eu lieu et qui aurait normalement dû constituer un chapitre important de l'histoire d'Auschwitz. La raison pourrait tout simplement en être que c'est précisément cette opération qui, extrapolée par leurs soins, a donné naissance à cette légende de l'incinération de centaines, voire de millions de corps sur la durée de vie du camp. En la racontant en long et en large, les historiens couraient le risque de vendre la mèche, d'où leur silence.
[19]
D'autre part, on peut aussi trouver un complément d'explication dans la lecture de Filip Müller lui-même, lequel précise que les Allemands avaient creusé à proximité du Krema IV et du Bunker V (ancien Bunker 2) des « bassins de réserve d'eau contre l'incendie ». Les travaux de terrassement (constatés par l'US Air Force) de pose de drains (pour récupérer l'eau de la nappe phréatique) et de creusement de réservoirs (fosses) auraient pu avoir été assimilés par Müller lui-même et les historiens aux travaux de creusement des mythiques « gigantesques fosses » avec récupérateurs, non moins mythiques, de graisse humaine. On notera aussi que le rapport de la fameuse Commission soviétique d'enquête du 6/5/1945
[20] ne parle pas de récupérateur de graisse humaine mais précise que les fosses étaient « alimentées en air par des galeries » (ou encore, comme il est dit dans le « Livre Noir », « Des rigoles creusées au fonds des fosses assuraient le tirage ») : ce ne serait qu'une autre interprétation, tout aussi fantaisiste, du système formé par les citernes d'eau et les drains qui l'alimentaient.

On aurait peut-être pu recourir à des bûchers en plein air et peut-être est-ce le procédé auquel les Allemands ont recouru à l'automne 1942 quand il a fallu déterrer les cadavres qui menaçaient de polluer la nappe phréatique (les fosses que montrerait les photos de l'aviation américaine ayant servi à l'ensevelissement des corps en 1941 et 1942 ?), mais les historiens ne nous en parlent pas trop, encore qu'on soit en droit de se demander s'il ne confondent pas fosses et bûchers. Alors, examinons cette alternative.
Puisque les fours n'ont pu incinérer qu'une faible partie de toute cette masse de morts, il aurait fallu, à raison de 300 kgs (un demi-stère) de bois de chauffage par corps : 800.000 corps x 300/600 = 400.000 stères. [21]
Cette consommation globale correspond (sur 20 mois de 25 jours) à environ 800 stères par jour ou encore à 18 grandes semi-remorques routières par jour (chacun connaît bien, pour les croiser régulièrement sur les routes, ces ensembles routiers composés d'un tracteur et d'une grande semi-remorque chargée de quelque 45 stères de bois en 1 ou 2 mètres). Mais ce sont là des moyennes : à l'été 1944, quand il fallait incinérer jusqu'à 24.000 corps par jour [22], il aurait fallu, puisqu'il n'y avait pas de stock de bois de chauffage (les photos aériennes confirment qu'il n'y avait de stock ni de coke ni de bois) multiplier ce chiffre par 15, ce qui aurait fait 22 grandes semi-remorques par heure (pour une journée de 12 heures) ou encore une semi-remorque toutes les 3 minutes. Cela représente plusieurs fois la consommation de grandes papeteries comme Harnoncourt, Gentbrugge, Tarascon, Alizay, Strasbourg ou Saint-Gaudens. Et comme ces grandes semi-remorques de 45 stères n'existaient pas à l'époque et que le transport du bois de chauffage s'effectuait à l'aide de petits chariots hippomobiles, on a une idée de l'intensité insensée du trafic qu'il aurait dû y avoir dans le camp d'Auschwitz-Birkenau et à proximité.
Bien entendu, cette comptabilité, qu'on peut contester et retravailler tant qu'on voudra en modulant les termes du calcul (c'est sans effet sur les conclusions), n'est pas immédiatement transposable à un autre combustible que le bois, en raison des différences de pouvoir calorifique (le bois est le combustible le plus volumineux de ceux qu'on aurait pu utiliser). Toutefois, on pourrait faire des calculs identiques, mais encore faudrait-il nous dire sur quel combustible, car on devait bien utiliser quelque chose, en dehors de l'hypothétique graisse humaine ramassée avec les seaux de Hilberg. [23]
En attendant on doit constater (et au-delà des chiffres, c'est la conclusion à tirer de ce calcul) qu'aucun témoin n'a parlé d'un trafic aussi gigantesque ou même réduit de combustible. Or, il est impossible que les témoins n'aient pas été intrigués et frappés par pareil trafic et il est impensable qu'ils n'en aient pas fait état. S'ils n'en ont pas parlé, ne serait-ce pas tout simplement parce que ce trafic n'a pas existé ? [24]
Une dernière remarque à faire au sujet de ces « gigantesques fosses » et de ces bûchers : on aurait dû pour des raisons de sécurité évidentes (les flammes se voyaient, disent les témoins, à 30 kms à la ronde) les aménager assez loin des Kremas (ce qui aurait été d'autant plus nécessaire qu'il n'y avait pas de place pour incinérer tant de cadavres à proximité des Kremas). Dès lors, une question toute simple se pose : comment y portait-on les corps ? Pour les fours, il « suffisait » de sortir les corps un à un de la chambre à gaz en les traînant, puis, après les avoir dépouillés, tondus, etc., (On ne sait pas trop où, d'ailleurs.) les entasser dans le monte-charge, d'où on les déchargeait sur des wagonnets, qui étaient poussés jusqu'aux fours (Du moins, on le croyait, mais Pressac dit que les rails furent enlevés dès le début.) : on peut discuter et disputer sur tout cela, car, au moins, on nous donne quelques détails, mais pour les fosses et les bûchers, par contre, on ne nous donne aucun élément permettant de répondre à des questions élémentaires. Alors, comment sortait-on les corps du Krema ? En tous cas, pas par la glissière à cadavres (selon Pressac, on l'avait bloquée par une palissade en bois pour que les prisonniers ne la voient pas en entrant dans la chambre à gaz). Il fallait donc passer par l'escalier situé à l'extrémité de la salle de déshabillage : cela ne devait pas être facile, car l'escalier était raide et comportait 10 marches. Et après ? Portait-on les corps à bras d'homme (le seul détail est de Höss qui dit qu'on les « traînait ») ou en camion ? On n'en sait rien. Ce qui est sûr, c'est que toutes ces manipulations se seraient faites à découvert, de jour, du moins en 1944 (il y a avait occultation la nuit), sur des routes empruntées par d'autres détenus, des ouvriers libres d'entreprises extérieures travaillant dans le camp et des paysans polonais qui travaillaient leurs champs jusqu'aux barbelés à 100 mètres des grands Kremas II et III, bref au vu et au su de tout le monde. Les chambres à gaz... secret d'Etat ? Si personne ne nous a donné de détails, ne serait-ce pas comme pour le combustible, parce que ces gigantesques fosses ne sont qu'un mythe né dans l'esprit délirant de quelques témoins, mythe accueilli sans discernement et même avec complaisance par des historiens qui avaient à expliquer de façon crédible le dogme des 4.000.000 de morts ? En effet, pour incinérer ces 4.000.000 de morts, les crématoires ne pouvaient évidemment pas suffire ; même en extrapolant indûment le chiffre de 4.756 corps par jour de Janisch, on n'arrivait qu'à 4.756 x 30 à 31 jours par mois x 20 mois maximum = 2.900.000 corps maximum incinérés dans les fours. Il restait encore 1.100.000 corps minimum à incinérer : d'où les fosses ! Mais maintenant que le chiffre des morts a été ramené à 630.000/710.000, Pressac peut affirmer -erronément d'ailleurs- que les fours avaient une capacité excédentaire et qu'on pouvait en période normale y brûler toute la production des chambres à gaz (ce qui ne l'empêche toutefois pas d'affirmer par ailleurs qu'on utilisait de grandes fosses !). Encore quelques révisions comme celle-là et bientôt, les historiens pourront reboucher définitivement leurs « gigantesques fosses ». 

Dernier point en cette matière : les cendres ; il aurait dû y en avoir des milliers de tonnes. Elles ont été, disent les historiens, dispersées dans une rivière, dans des étangs (pour nourrir des poissons !) ou dans la campagne (comme engrais !). Ceci entraîne deux remarques :


NOTES

[1]

Voyez notamment Célestin Loos dans RHR, n° 5.

[2]

Carlo Mattogno et Franco Deana, « De Crematoria-ovens van Auschwitz en Birkenau », VHO, 1995

[3]

En fait, il existait un projet de four monomoufle dû à Martin Klettner qui permettait de descendre très en dessous de l'heure mais le premier four de ce type ne fut installé qu'après la guerre à Wiesbaden. Ce four devait bien avoir quelque défaut majeur puisque, apparemment, il fut si peu diffusé qu'un spécialiste comme Jones ne connaissait pas son existence.

[4]

On nous dit habituellement 10 à 35 corps, mais, dit Pressac, c'est une double erreur de copie.

[5]

Autre source possible pour ce « 800 corps/jour » : Dans « Enquête sur les chambres à gaz » publié dans Les Collections de l'Histoire, n° 3 d'octobre 98, Pressac cite un document inédit qu'il a trouvé dans les archives de Topf et qu'il promet de produire dans son prochain livre (consacré à Topf) : il s'agit d'une note interne datée du 8/9/42 de Prüfer à son supérieur ; cette note résumait un entretien téléphonique qu'il venait d'avoir avec un lieutenant SS du nom de Krone, lequel revenait d'une inspection à Auschwitz et lui faisait part de son inquiétude devant les carences et les retards du programme incinérateur. Prüfer ajoutait qu'il l'avait rassuré en faisant valoir qu'Auschwitz disposait déjà du Krema I (capacité de 250 corps/jour) ; qu'ensuite le Krema II était en construction (capacité de 800 corps/jour sur la base de l'expérience acquise à Buchenwald avec le trimoufle) ; que, de plus, les octomoufles destinés à Moghilev avaient été réaffectés aux Krema IV et V (chacun 400 corps/jour). Krone continuant à trouver que c'était insuffisant, Prüfer lui avait encore cité le projet du Krema III (800 corps/jour). Au total, Auschwitz allait donc disposer d'une capacité de crémation de 2.650 corps (capacité, admet Pressac, qui ne fut jamais atteinte mais qui atteste le caractère criminel du programme incinérateur). Prüfer demandait en conclusion l'autorisation de se rendre à Berlin pour en discuter avec la direction centrale de la SS et la rassurer. On ne peut toutefois tenir compte de ce document tant qu'il n'aura pas été publié.

[6]

Prüfer, l'ingénieur de Topf, était payé à la commission sur vente : comme le démontre Pressac, il en rajoutait et il roula la SS d'Auschwitz dans la farine.

[7]

Nous en reparlerons plus longuement dans le tome 2, mais il nous faut déjà en dire un mot : en 1991, les Russes ont restitué un certain nombre de registres mortuaires (les « Sterbebücher ») reprenant l'identité des détenus morts à Auschwitz, étant entendu, disent les exterminationnistes (déjà bien ennuyés par l'exhumation d'archives aussi dérangeantes), que les gazages à l'arrivée n'ont pas été enregistrés par l'Etat Civil du camp.

[8]

A quel rythme le stock de coke des 5 Kremas était-il réapprovisionné ? Du 16/2/1942 au 31/10/1943, dit Pressac, il a été établi quelque 240 bordereaux de livraison pour un total de 1.037 T, ce qui fait 4,3 T/bordereau ou encore une livraison tous les 2,6 jours. Comme ce sont des moyennes, on ne peut pas en tirer beaucoup d'enseignements.

[9]

La « Bauleitung » était une des sections de la « Zentralbauleitung » ou « Direction centrale des constructions » de Bischoff. Pour ce qui est de l'organisation de cette Zentralbauleitung, voyez Carlo Mattogno, « La 'Zentralbauleitung der Waffen-SS und Polizei Auschwitz' », Ed. di Ar, Salerno, 1998, 221 pp.)

[10]

Autre document cité par Mattogno et dans lequel est employé le mot « Sonderbehandlung » : une lettre du 14/5/43 de Bischoff au SS-WVHA (centrale de la SS à Berlin). Objet de la lettre :  « Exécution du traitement spécial - Fourniture de matériaux » (« Durchführung der Sonderaktion - Materialbeschaffung ») ; Bischoff y demande « en vue de l'exécution de l'action spéciale qui a été ordonnée » (« zwecks Durchführung der befohlenen Sonderaktion ») 18.216,87 mètres de tuyaux de différents types pour l'épuration de l'eau et pour une installation d'exploitation de gaz d'égoût (« Faulgas »). Ce document a été classé sous la rubrique « Sonderaktion KGL » (« Action spéciale CPG [Camp de Prisonniers de Guerre] »). (Carlo Mattogno, « Olocausto : Dilettanti allo sbaraglio », Edizioni di Ar, Salerno, 1996, 322 p.) Il se trouvera bien un historien pour affirmer un jour que les Allemands avaient formé le projet de gazer les juifs avec du biogaz.

[11]

« Die Belegstärke ist mit ca. 30.000 Häftlingen vorgesehen. »

[12]

«Die Anlage ist mit  5 Stück Dreimuffel-Verbrennungsöfen ausgerüstet. Nach Angabe der Firma Topf & Söhne Erfurt dauert eine Verbrennung ca. ½ Stunde. » 

[13]

Werner Rademacher et Michael Gärtner, « Berichte zum KL Auschwitz », VffG, Heft 3 und 4, Dezember 2000, p. 343.

[14]

Il existe plusieurs versions de cette lettre de Janisch. Pour plus de détails, voyez notamment Dipl.-Ing Manfred Gerner, « 'Schlüsseldokument' ist Fälschung » dans VffG, Sept. 1998 et, en réponse, Carlo Mattogno, « “Schlüsseldokument” - eine alternative Interpretation » dans  VffG, Juni 2000, p. 50 sqq. Mattogno ne croit pas comme Gerner que le document est un faux, encore admet-il que c'est un document pour le moins bizarre. On en retiendra (en supplément à ce que nous en avons déjà dit) que, pour Mattogno, :

  • Le document n’est jamais qu’une extrapolation arithmétique des plus simplistes : par exemple, il donne la même capacité par moufle aux Kremas II/III qu’aux Kremas IV/V, bien qu’ils soient techniquement très différents ! 

  • Le rédacteur de la lettre n’était familier ni avec la technique de la crémation ni avec les règles administratives en usage dans la SS.

  • Les raisons qui ont motivé la rédaction de cette lettre restent mystérieuses.

  • On peut enfin se poser la question de savoir si cette lettre a bien été envoyée à Kammler. En effet, on ne possède pas de réponse ; or, il est difficile de penser que ses ingénieurs n’auraient pas réagi vivement à une lettre aussi inepte. Le fait qu’elle n’est pas signée par Bischoff (qui signait ou pour le moins paraphait toutes les copies de ses lettres) pourrait indiquer qu’il l’a refusée et renvoyée à son auteur avec des corrections comme il l’a fait pour la lettre de Jährling. Comme on n’en trouve pas la trace non plus, on peut se demander, faute de mieux, si les Soviets n’ont pas nettoyé les archives et laissé ce projet de lettre orphelin. 

  • Une dernière remarque de poids de Mattogno : ainsi que nous l'avons vu plus haut, la Bauleitung du KL Stutthof envoyait le 15/6/42 à Bischoff (Zentralbauleitung d’Auschwitz) une demande d’information sur la construction d’un Krema ; le 10/7/42, Bischoff répondait et envoyait « les plans d’un crématoire pour 30.000 détenus [...] équipé de 5 fours à 3 mouffles chacun », c’est-à-dire les plans du Krema II à construire à Auschwitz : il est dès lors étonnant qu’il ait signé par la suite une lettre donnant un tel rendement (1440 corps/jour pour le même Krema II c’est-à-dire de quoi incinérer l’effectif du camp en 3 semaines !). Bischoff n’a donc pas pu laisser partir cette lettre.

[15]

On peut imaginer combien était pénible la tâche des membres des « Sonderkommandos » chargés de la crémation : réceptionner tous ces cadavres, récupérer leurs effets, les entasser dans la morgue, les reprendre plusieurs jours plus tard, récupérer les dents en or, les entasser dans le monte-charge, etc.. Quel spectacle dantesque que ces cadavres empilés sur plusieurs couches (à raison de peut-être bien 150 cadavres par couche ?), quelle puanteur épouvantable (on mettait bien la ventilation en marche quelques temps avant d'entrer dans la morgue, mais ce devait être très insuffisant), quel travail abominable ! Tout cela, l'alcool et la religion en sus, était bien de nature à engendrer des exagérations et des légendes.

[16]

Cette thèse expliquerait un certain nombre de choses, par exemple celle-ci : Topf avait renforcé les tirages forcés des Kremas II et III (tirages qu'il fallut enlever par la suite pour des raisons techniques mais c'est là une autre histoire) afin, dit Pressac, d'économiser l'énergie « lors de l'incinération des cadavres 'glacés' » . Si les cadavres pouvaient être « glacés », c'est qu'ils étaient susceptibles d'être stockés pendant un laps de temps assez long dans des endroits glacés (au moins en hiver), en l'occurrence les morgues des Kremas II et III. Elle expliquerait encore -et nous le rappellerons en annexe 1- le fait qu'on ne possède aucune photo (au sol ou aérienne et d'origine américaine ou allemande) montrant la moindre fumée sortant des Kremas.

[17]

Même réalisée dans un four, la crémation ne peut qu'être imparfaite, si certaines conditions ne sont pas réunies, notamment en matière énergétique ; par exemple, un témoin français, Loustaunau-Lacau, rapporte que lors de l'écroulement du Reich, probablement à Mauthausen, « entre le four crématoire et le mur d'enceinte s'élève une pyramide faite de centaines de crânes et de tibias roussis ».

[18]

La température d'inflammabilité de la graisse animale est 184°C ; la température de gazéification des substances combustibles d'un corps est de 400-500°C ; les gaz moins inflammables qui se forment à partir des hydrocarbures lourds ont une température d'allumage à 650-700°C.  (Carlo Mattogno, « L'"irritante questione" delle camere à gas ovvero Da Cappuccetto Rosso ad ... Auschwitz. Riposta a Valentina Pisanty », Graphos, Genova, 1998, p. 148)

[19]

Mattogno et Deana donnent à ce sujet des éléments fort intéressants. Selon eux, la méthode utilisée pour incinérer ces dizaines de milliers de cadavres aurait été copiée sur celle qui a été utilisée par le fameux SS Paul Blobel dans une installation qu'il avait construite à Lodz. En témoigne le « rapport de déplacement » qu'établit Dejaco à la suite d'une visite faite le 17/9/1942 avec Höss et Hössler ; Dejaco signalait que le but de leur déplacement avait été « une visite de l'installation spéciale [« Sonderanlage »] et une conversation avec le SS-Standartenführer Blobel sur la construction d'une installation semblable ». Ce devait être, pensent Mattogno et Deana, une installation assez sophistiquée puisque Dejaco signale encore que des matériaux de construction commandés « sur ordre spécial du Staf. Blobel » aux Ostdeutschen Baustoffwerken de Posen devaient être livrés immédiatement à Auschwitz. En outre, un « broyeur à boulets pour matières solides » (probablement pour broyer les os imparfaitement incinérés) avait été commandée à Schriever & Co à Hannovre. D'après Czech, l'opération commença le 21/9/1942 et se termina en novembre 1942. Mattogno et Deana pensent que le site de l'opération se trouvait à proximité de futur « Mexico » (BIII), là où les photos aériennes du 31/5/1944 laissent voir comme les traces de 4 grandes fosses parallèles. Ces fosses devaient probablement être les fosses dans lesquelles avaient été ensevelis tous ces détenus que les Allemands n'avaient pu incinérer directement après leur décès. Mais que le lecteur ne s'y trompe pas : cette opération limitée dans le temps (l'automne 42) et en volume (quelques dizaines de milliers de corps) est sans rapport avec l'opération gigantesque et permanente d'extermination décrite par les historiens ; de plus, elle se serait même déroulée en un endroit non retenu par les historiens comme site de l'extermination (probablement parce qu'il ne se trouvait pas « à l'écart »).

[20]

Publié par A. Guionnet dans Revision, n° 57-58/1994.

[21]

L'équivalent énergétique des 29 kgs de coke/corps (consommation que nous avons calculée plus haut et retenue) est de 32,1 à 43,4 kgs de bois, consommation qui ne peut plus être retenue pour une incinération en plein air, vu les importantes déperditions calorifiques inhérentes à ce mode. Retenons donc 1/2 stère par corps, ce qui ne paraît pas du tout exagéré.
Rappelons au passage quelques équivalences. Pouvoir calorifique de la houille de qualité moyenne : 6.110 Kcal/kg ; du coke : 6.110 à 6.660 ; du bois : 4.440 à 5.550 ; du fuel léger : 8.850 à 9.860/litre ou 9.300 à 10.380/kg ; du gaz de ville : 8.700 à 11.000.

[22]

10.000 par jour pour les juifs hongrois avec des pointes de 20.000 par jour, dit Hilberg, qui précise que ces records furent probablement battus lors de la liquidation du ghetto de Lodz ; chiffres extravagants pour Pressac, qui parle de 4 à 5.000 maximum, ce qui reste extravagant et ne modifie de toute façon pas les conclusions à tirer de notre raisonnement.

[23]

Dans le Kalendarium, Danuta Czech précise tout de même qu'au début, les corps étaient incinérés sur des bûchers (2.000 corps à la fois) et que plus tard on les incinéra directement dans les fosses. « Pour accélérer la combustion », dit-elle encore, avec naïveté puisque cette précision laisse entendre que les corps brûlaient tous seuls, on a utilisé dans un premier temps des déchets pétroliers, plus tard du méthanol (ces détails avaient été donnés par Höss). On notera en outre que le méthanol, par ses propriétés spécifiques, est assez impropre à enflammer quelque objet que ce soit, surtout un corps humain, lequel, on le sait, est surtout composé d'eau.
On citera encore le célèbre juge SS Morgen, qui, devant le Tribunal de Nuremberg, a attesté que Wirth avait mis au point à Belzec un procédé révolutionnaire permettant d'incinérer les corps de ses victimes « en plein air, sans emploi de combustible » ! En d'autres temps, Morgen aurait été condamné pour outrage à magistrat.
A citer aussi (puis on refermera ce bêtisier) un faux particulièrement grossier -le rapport Franke-Gricksch de mai 1943- qui donne une consommation de 6 à 17 grammes de coke par corps, soit une bûche de bois de 50 cms de longueur et de 3 à 5 cms de diamètre ! Ce faux est encore repris en 1993 dans une « plaquette pédagogique » [sic] du Ministère [wallon] de l'Education, de la Recherche et de la Formation (avec, en plus, une confusion entre quintal et demi-quintal : non seulement le document est un faux, mais il est mal traduit !)

[24]

L'étude de l'incinération des animaux peut également nous aider à y voir plus clair ; d'une part, le problème n'est guère différent et d'autre part, les journaux nous donnent des informations non censurées.
Incinération dans des fours : Selon C. Mattogno, le Modèle 250 de Fa. H. Kori (un concurrent allemand de Topf) pouvait incinérer 900 kg de matières organiques provenant d’animaux. L'incinération complète du kg de matière organique prenait entre 43 et 54 secondes et coûtait entre 0,328 et 0,268 kg d’énergie fossile (coke/charbon, huile minérale, gaz naturel). Ce qui donne pour un corps humain de 62,5 kg, une moyenne de 50 minutes et 18,6 kg d'énergie. [VffG, Heft 1, Juni 2000, p 56, nbp 9]
Incinération en plein air :
Dans Le Soir du 5/3/01, Benjamin Quénelle relate la crémation de 558 moutons dans une ferme du Northampton (moutons abattus lors de l'épidémie de fièvre aphteuse de 2001). Les crémateurs ont incinéré les moutons à même le sol sur une aire de 60 mètres de long et 16 mètres de large. L’opération a duré 3 jours. Il a été utilisé 38 tonnes de charbon, ce qui correspond à 36,7 tonnes de coke ou encore à 65,8 kg/mouton. Si l’on considère qu’un mouton pèse en moyenne 40 kg, on obtient une consommation de 1,64 kg de coke par kg de mouton ; transposé à un homme de 62,5 kg, cela ferait une consommation de 102,7 kg de coke par corps. [Sans compter les tonnes de paille ou de foin utilisées sans doute, ne fût-ce que pour amorcer le feu ; sans compter la laine (1 à 2 kg) et la graisse plus abondante chez le mouton (3 kg).]
De son côté, Mattogno a procédé à des essais et a trouvé qu’il fallait compter sur 3 kg de bois par kg de chair animale à l’air libre. (Carlo Mattogno, « L’opération ‘Erntefest’ », Akribeia, n° 4, mars 1999, p. 175 ; voyez aussi Carlo Mattogno,  « Verbrennungsexperimente mit Tierfleisch und Tierfett », VffG, Heft 2, Juli 2003) Ceci donnerait 147 kg de coke pour un corps humain de 62,5 kg
.


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