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B – CRITIQUE

DIFFUSION ET VENTILATION DU GAZ

Le gaz qui aurait été utilisé à Auschwitz est le gaz cyanhydrique (HCN). Ce gaz est très connu et très utilisé pour l'épouillage notamment, raison pour laquelle il était très largement utilisé dans les camps de concentration allemands. C'est tout naturellement par extension, disent les révisionnistes, qu'il a été retenu par les historiens comme agent de gazage des juifs ; ce choix est malencontreux pour ceux qui l'ont fait, que ce soient les SS ou les historiens, car :

Le professeur Faurisson avait depuis longtemps rappelé les inconvénients du gaz cyanhydrique :

  1. L'acide cyanhydrique (sa formule est HCN) se congèle à -13 °C et entre en ébullition à 25,7 °C. Entre ces deux points, les deux phases (liquide et gazeuse) coexistent et l'HCN peut se vaporiser, la quantité d'HCN vaporisée étant évidemment fonction de la température ambiante (il se comporte comme l'eau). L'HCN peut être d'une toxicité foudroyante. Toutefois, sous la forme utilisée à Auschwitz (HCN absorbé par de la farine fossile), il se diffuse difficilement. Par exemple, selon un document diffusé par le producteur et dont personne ne conteste la validité, le temps nécessaire pour faire effet sur la vermine est de 32 heures pour une température inférieure à +5 °C et 16 heures pour une température supérieure ; on peut, précise le même document, descendre à 6 heures par temps « chaud ». Ce sont là, bien entendu, des indications résumées à l'extrême, car il n'y a pas de discontinuité semblable dans la fonction évaporation/temps/durée. De son côté, Rudolf [1] précise que, entre 20 °C et 0 °C, le temps nécessaire à l'évaporation complète du Zyklon peut tripler. Pour tenir compte de ces deux caractéristiques (vaporisation contrariée par les basses températures et difficulté naturelle de sa diffusion), il est nécessaire - si on ne veut pas respecter les délais annoncés par le producteur- de chauffer la pièce dans laquelle le Zyklon-B est mis en oeuvre et d'utiliser un mécanisme de diffusion adéquat de l'HCN comme le système Degesch-Kreislaufanordnung prévu précisément pour la chambre à gaz d'épouillage standard de la Degesch, la Degesch-Kreislauf-Begasungskammer encore appelée Normalgaskammer (Schéma ci-contre).  A lire les historiens, il suffisait d'ouvrir une boîte de Zyklon-B et d'en jeter, vite fait bien fait, le contenu dans une pièce baptisée « chambre à gaz » et on avait aussitôt fait passer 3.000 personnes de vie à trépas ; certes, l'homme pourrait être beaucoup plus sensible à l'HCN que la vermine (c'est du moins ce qu'affirment Pressac et d'autres, mais Leuchter conteste la chose), néanmoins, la conception des choses qu'ont les historiens est religieuse et, pour les chimistes, la réalité est moins simpliste. Il faut encore rappeler qu'en l'occurrence, l'affaire se déroule dans un pays au climat continental (très chaud en été, certes, mais très froid en hiver) et dans des caves froides (c'étaient de véritables bunkers destinés à garder des cadavres au frais) et humides (Birkenau était bâti sur un marais), bref dans un milieu dans lequel la température était très basse en été (même en période de canicule) et glaciale en hiver, constamment très inférieure à 26 °C, température en dessous de laquelle il est a priori difficile de procéder à des gazages.

  2. Pourtant, une fois gazéifié et diffusé, le Zyklon-B est très dangereux et le reste. Il est tellement toxique qu'il rend le filtre des masques à gaz très vite inopérant, si le porteur du masque fournit des efforts. De toute façon, ce filtre doit être remplacé au bout de 10 minutes. L'acide est toxique par simple toucher.

  3. Son emploi doit donc être impérativement suivi d'une ventilation soit naturelle soit forcée. Cette ventilation, précise le producteur de Zyklon-B, est « difficile et longue, vu la forte capacité d'adhérence de ce gaz aux surfaces ». Une fois libéré, le gaz s'insinue partout ; il pénètre notamment dans les murs en brique et s'y transforme en ferrocyanures d'une stabilité extraordinaire : ces ferrocyanures sont en quelque sorte sa signature et, comme nous allons le voir, les historiens, qui sont plutôt des conteurs que des scientifiques, l'ignoraient.
    La ventilation naturelle doit être d'au moins 24 heures et la ventilation forcée de plusieurs heures (sauf utilisation du système Degesch-Kreislauf).
    Quand on l'utilisait pour désinfecter un baraquement, on devait recourir à la ventilation naturelle et, se plaignent à juste titre les historiens, les détenus devaient parfois rester dehors toute la journée avant de reprendre possession de leur baraquement.
    Dans les chambres à gaz d'épouillage, le gaz s'accroche tellement aux fibres des tissus des vêtements et effets de couchage qui y sont traités que, pour l'éliminer, il est nécessaire en fin d'opération d'y envoyer une grande quantité d'air chaud pour vaporiser ces résidus puis battre soigneusement les tissus.
    En ce qui concerne les gazages humains (en général, une seule personne à la fois) pratiqués aux USA, Faurisson fait remarquer depuis longtemps que le gaz s'accroche à la peau, aux muqueuses et aux humeurs des condamnés, ce qui a obligé les ingénieurs américains à mettre en place des systèmes complexes d'élimination du gaz, dont Auschwitz était totalement dépourvu ; la complexité de ces systèmes est telle qu'elle conduit les Américains à abandonner ce mode d'exécution. On pourrait peut-être comparer le corps d'un gazé à l'HCN à celui d'un baigneur qui se serait noyé dans un étang fangeux et qu'on en retirerait les poumons remplis d'eau et le corps enduit de vase, mais cette comparaison est sans doute un peu faible.

Bref, l'emploi de l'acide cyanhydrique est tellement problématique qu'il a, après coup, paru invraisemblable à certains historiens, qui ont même été tentés d'accréditer la thèse de l'emploi d'un gaz plus commode et, surtout, ne laissant pas de traces. [2] Dès lors, on est en droit de se poser les questions suivantes :

  1. Comment introduisait-on le Zyklon-B dans la chambre à gaz ?

  2. Comment le diffusait-on ?

  3. De quels dispositifs de ventilation étaient équipées les chambres à gaz ?

  4. Quelle est la quantité de ferrocyanure retrouvée dans les murs desdites chambres ?

1. INTRODUCTION DU ZYKLON-B
Les granulés de Zyklon-B, nous disent les historiens, étaient introduits dans la chambre à gaz des Kremas II et III par 4 ouvertures percées dans la dalle en béton du toit. Nous en reparlerons plus longuement en annexe 7, mais disons déjà qu'il semble bien que ces orifices relèvent de l'imagination pure et simple. Ceci porterait déjà un coup fatal à la thèse officielle.
Si l'hypothèse de l'aménagement d'une chambre à gaz sanitaire dans le Krema II se vérifiait (mais, comme nous l'avons vu, le seul projet avéré est une chambre à air chaud), il faudrait admettre que les Allemands avaient prévu de disperser le contenu des boites de Zyklon-B sur des nattes posées sur le sol, comme cela se faisait pour la désinfection des blocs de détenus. On imagine facilement que ce procédé était inapplicable dans le cas d'une chambre à gaz homicide.

2. DIFFUSION DU GAZ
C'est bien simple : il n'y avait pas de mécanisme permettant de chauffer la pièce et de diffuser le Zyklon-B à évaporer, alors que certaines, sinon toutes les chambres à gaz d'épouillage en étaient équipées depuis 1942 ; or, nous venons de le voir, ce mécanisme était d'autant plus nécessaire que les chambres à gaz des Kremas II et III étaient enterrées : c'était des dépositoires, des chambres froides qui permettaient de conserver les cadavres le temps nécessaire ; elles n'étaient pas seulement froides mais humides (Birkenau était bâti sur un marais et les travaux de drainage et d'étanchéité en pareil milieu, sont d'une efficacité limitée) ; or, l'acide cyanhydrique étant très soluble dans l'eau (ce sont des ennemis, disent les chimistes), il s'ensuit, comme le rappelle Rudolf que, dans pareil milieu,

Wellers avait essayé d'apporter une réponse partielle en avançant que la gazéification de l'acide pouvait se faire aisément grâce à la chaleur humaine, celle qui était dégagée par la masse des prisonniers, qui, à la limite, pouvait atteindre 37 °C, mais c'est là un argument bien faible et, de toute façon, un peu court. On peut même penser qu'il est impossible à 1.000 voire 3.000 personnes (chiffres déjà extravagants, comme nous le verrons) de faire monter la température des véritables glacières qu'étaient les morgues à 25,7 °C par la simple chaleur que leurs corps dégageaient ; elles seraient mortes bien avant de pouvoir y arriver soit par asphyxie soit tout simplement de froid vu l'inertie thermique de ce milieu bétonné. [3]
C'est là une chose qu'il serait facile de démontrer expérimentalement. Philippe Costa [4] fait déjà remarquer : « Tous les thermiciens du bâtiment connaissent le problème lié à la sensation de fraîcheur provoquée par des parois non préchauffées ; même avec une température interne de l'air de 20°C (...), il aurait fallu préchauffer l'air des morgues à au moins 40°C pour arriver à une température au sol [où se trouvaient les granulés de Zyklon-B] de 25,7°C. »
Plus convaincant (encore que reprenant en 1993 la thèse de la chaleur humaine pour les gazages dans les Bunkers 1 et 2), Pressac, de son côté, fait état d'un projet de la Bauleitung -projet qui n'eut pas de suite- de « préchauffage » de la morgue 1 par récupération des calories dégagées dans les installations de force motrice du Krema II : il apparaîtra à tous, dit Pressac, que, si cette morgue qu'on s'était efforcé de maintenir froide jusqu'à se donner le mal de la construire en sous-sol, avait encore un caractère sanitaire (conserver les corps au frais), il était absurde de vouloir la chauffer. On peut faire deux réponses :

La discussion (« bassement technique », nous le confessons) sur la gazéification et la diffusion du Zyklon-B débouche donc sur de nouveaux arguments pour le moins sérieux contre la réalité des chambres à gaz à Auschwitz. On pourrait -par bienveillance pour les historiens- admettre à la rigueur que les basses températures régnant dans les morgues et l'absence de système de diffusion n'ont pas constitué finalement un obstacle à la mise à mort des condamnés tant est grande la toxicité de l'HCN (il peut encore être mortel à -5°C), mais, comme on va le voir, le problème de la température devient un obstacle insurmontable pour la suite de l'opération. Ce qu'il faut, en effet, bien comprendre en la matière, c'est que gazer occasionnellement 3.000 personnes est relativement facile, mais que répéter l'opération deux heures plus tard dans le même local est problématique, car cela suppose qu'on récupère leurs cadavres, donc qu'on puisse pénétrer dans le local, donc qu'on le ventile préalablement.

3. VENTILATION DES CHAMBRES A GAZ.
Notons tout d'abord que les ouvriers du Sonderkommando ne portaient pas de masque quand ils déchargeaient la chambre à gaz : c'est évidemment impossible sans une ventilation préalable. [6]
En se basant sur les plans, sur les archives publiées par Pressac et sur ses affirmations (dans son ouvrage de 1993, Pressac n'a pu, pour des raisons financières probablement, ou voulu, par prudence, donner autant de photos de documents que dans son monumental ouvrage de 1989), on en arrive aux conclusions suivantes :

Les révisionnistes soulèvent donc au sujet de la ventilation des chambres à gaz des objections que les historiens ne peuvent surmonter ; ceux-ci ont donc décidé de faire taire leurs contradicteurs par voie légale ! Quel aveu !

4. ANALYSE QUANTITATIVE DES FERROCYANURES
Ce sont Robert Faurisson et un révisionniste germano-canadien Ernst Zündel, qui furent à l'origine d'une expertise capitale effectuée en 1988 par  l'ingénieur américain Fred Leuchter, spécialiste d'installations d'exécution capitale, dont les chambres à gaz utilisées dans certains états américains.
Comme nous l'avons dit plus haut, le gaz cyanhydrique, une fois diffusé, ce qui, nous l'avons vu aussi, n'est pas automatique, s'insinue dans les mortiers, plâtres et briques des murs des pièces dans lesquelles il est mis en oeuvre (à raison de 12 g/m3 pour les humains et 5 g/m3 pour les poux, dit Pressac mais sans citer sa source et pour cause) et, réagissant avec le fer contenu dans ces matériaux, il y forme des ferrocyanures étonnamment stables.
Leuchter procéda donc à des prélèvements de matériaux divers dans certaines installations d'Auschwitz, à savoir :

Les analyses montrèrent que les échantillons de la chambre à gaz de désinfection contenaient des quantités importantes de ferrocyanure, ce qui indique qu'on y avait abondamment utilisé du Zyklon-B. Par contre, les échantillons des 5 locaux considérés comme chambres à gaz homicides ne contenaient pas du tout ou très peu de ferrocyanure, ce qui indique tout aussi clairement qu'on n'y avait jamais introduit de Zyklon-B, sauf, peut-être à l'occasion de l'une ou l'autre opération de désinsectisation, encore que certains pensent que l'usage du Zyklon-B a été tel qu'on doit trouver des traces infimes de ferrocyanure à peu près partout dans les camps allemands, y compris dans des pièces où il n'a jamais été employé. Il se pourrait même, selon Rudolf, que la présence de cyanure en quantités minimes résulte d'un phénomène naturel et donc qu'on en trouve de semblables quantités partout.
Certes, les résultats pour les Kremas IV et V sont moins probants du fait qu'ils ont été rasés depuis la guerre, mais les résultats pour les trois autres Kremas, dont les II et III, dans lesquels auraient été gazés la très grande majorité des juifs, sont inattaquables.
Les critiques formulées contre l'expertise de Leuchter sont inconsistantes (on trouvera en annexe 6 l'exposé et la réfutation de celles de Nolte, Pressac et Stengers). 
La principale -celle qui vient directement à l'esprit et paraît de bon sens- est que les intempéries, notamment les pluies, ont lessivé les traces de cyanure. Cet argument ne résiste pas à l'analyse :

Au terme de cette expertise, il est donc clair qu'on n'a jamais gazé personne dans les cinq Kremas d'Auschwitz. Si on l'a fait, on l'a fait ailleurs, mais c'est là une autre histoire (d'ailleurs improbable).
Une contre-expertise réalisée ultérieurement par la Section de Toxicologie de l'Institut d'Expertises Médico-légales de Cracovie à la demande du Musée d'Etat d'Auschwitz a abouti à des conclusions semblables.
Enfin, en 1992, ont été publiés les résultats de l'expertise de Germar Rudolf, lequel s'est notamment attaché à l'étude des résidus ferrocyanurés d'Auschwitz. Rudolf a confirmé, tout en les précisant et, parfois, en les rectifiant sur des points de détail, les résultats de Leuchter et des Polonais. A ce jour, cette expertise n'a pu être valablement mise en doute par qui que ce soit. [11]


NOTES

[1]

Germar Rudolf, chimiste allemand travaillant, à l'époque, au prestigieux Max-Planck-Institut de Stuttgart. On notera que son travail a été effectué sous le contrôle de l'Institut et publié avec son accord.

[2]
[3]

Températures moyennes dans la région d'Auschwitz et à Bruxelles :
Oct. Nov. Déc. Janv. Fév. Mars
Cracovie
Bruxelles
8,2
10,5
3,2
6,1
0,6
3,3
-2,6
2,6
-2,8
3,5
1,3
5,5

Ces moyennes ne rendent pas compte du climat extrême à l'époque de la guerre (les hivers y furent plus rigoureux et les étés plus torrides que d'habitude). Il reste qu'en janvier/février, il fait encore 5 à 6 °C de moins à Auschwitz qu'à Bruxelles.

[4]

Ingénieur physicien et président de l'ANIV (Association Nationale pour les Internés et Victimes de la Loi Gayssot).

[5]

En 1993, Pressac donne des informations complémentaires, qui fragilisent sa thèse criminelle :

  • D'une part, dit-il, c'est Prüfer, le spécialiste des fours de la Topf, qui eut l'idée de cette installation : il avait constaté que la température des pièces où étaient installés les tirages forcés des fours, montait dangereusement et il cherchait une solution à son problème ; il lui fallait éliminer cet excès de calories et il put lui sembler qu'elles pouvaient servir à chauffer la morgue. [Ce chauffage n'était donc sans doute pas impératif mais c'était là une solution élégante à ce problème imprévu.] 

  • D'autre part, la soufflante de l'installation projetée (9 à 10.000 m3/h avec moteur de 10 CV) devait envoyer l'air chaud dans la morgue en lui faisant remonter la canalisation d'extraction de l'air usé de cette morgue. 
    [Pourquoi cette canalisation ? Sans doute, tout simplement, parce qu'elle était la plus proche des fours. Cette canalisation ne pouvant, bien entendu, servir en même temps dans les deux sens, il avait été prévu un registre à tiroir. Cette installation, semble-t-il, était inadaptée à une chambre à gaz : D'abord parce qu'elle aurait été des plus dangereuses : tout ingénieur aurait prévu qu'immanquablement, un jour ou l'autre, on oublierait de manœuvrer le registre et que l'air chargé d'HCN de la chambre à gaz se déverserait dans les locaux des fours, y provoquant une catastrophe majeure. Enfin, dans une hypothèse exterminationniste, on peut supposer que cette installation ne devait pas servir qu'au préchauffage de la chambre à gaz de façon à faciliter l'évaporation et la diffusion du gaz, mais aussi à faciliter sa ventilation en fin d'opération ; en effet, dans une chambre à gaz à l'HCN, ainsi que nous l'avons vu, c'est surtout lors de la ventilation finale qu'on a besoin d'air chaud et il aurait donc fallu l'envoyer par la conduite qui y envoyait l'air et non pas par celle qui l'extrayait, puisque, à ce moment, cette dernière servait effectivement à l'extraction de l'air chargé d'HCN.] 

  • Si, finalement, le projet fut abandonné (on démonta l'installation du Krema II et on ne la monta même pas dans son jumeau), c'est que, à la suite d'incidents dans le fonctionnement des fours, il fallut supprimer les tirages forcés. [Le gazage éventuel d'êtres humains n'a donc rien à voir là-dedans et l'explication la plus vraisemblable est que ce projet n'était qu'un complément au projet d'installation d'une chambre d'épouillage par air chaud dans la morgue 1.]  

[6]

Ainsi qu'en témoigne une circulaire de Höss du 12/8/1942, publiée par Pressac, les participants aux gazages (« Vergasungen ») de désinfection avaient reçu instruction de se tenir, au moins pendant 5 heures, à 15 mètres du local où le gaz avait été employé ; il leur était même demandé de faire attention à la direction du vent. Comment aurait-on pu, dès lors, s'introduire dans les chambres à gaz homicides immédiatement après l'ouverture des portes ou même plusieurs heures après ? C'est évidemment impossible ainsi qu'en témoigne plus précisément l'incident relaté dans une note de décembre 43 (Archives Osobyi 502-1-8) :

Le 10/12/43, le Dr Wirths (SS-Standortarzt Auschwitz) écrit à Bischoff (Leiter der Bauinspektion des Waffen-SS und Polizei “Schlesien”). Objet : « Entwesung von Baracken » (« Désinfection des baraquements »). Wirths explique que le SS-Oscha. Klehr (désigné comme étant le « Desinfektor » agréé par Wirths) [En fait, il s’agit du célèbre infirmier ; il était donc seul habilité à procéder à des désinfection de baraquements.] lui a rapporté qu’un travailleur civil avait enfreint les ordres et s’était introduit grâce à un passe-partout dans un baraquement qui venait tout juste d’être désinfecté au Zyklon-B ; s’apercevant de sa bévue, il avait pu en ressortir à temps et avait pu ainsi échapper à une mort certaine (« sicheren Tod ») ; Wirths rappelait en conséquence que l’accès aux bâtiments traités au Zyklon-B était interdit jusqu’à leur réouverture (« Freigabe ») par le « Desinfektor » en personne et qu’en attendant cette réouverture, une garde (« Poste ») devait être assurée devant lesdits bâtiments.
Le 18/12/43, Bischoff diffusait la copie de cette note dans ses différents services.

[7]

On ne peut même pas prétendre qu'elle était destinée aux morgues/chambres à gaz : il est possible qu'elle était destinée à la salle des fours. Elle était, certes, prévue dans le devis, mais il semblerait à l'examen des rares documents produits par Pressac, que les SS en avaient fait l'économie.

[8]

C. Mattogno, « Die 'Gasprüfer' von Auschwitz », VffG, 2. Jahrgang, Heft 1, März 1998, pp 13 à 22.

[9]

S'ils avaient voulu gazer les juifs, les Allemands auraient pu également utiliser un autre système aussi efficace que les cellules Degesch-Kreislauf ainsi que le prouve Pressac dans un article paru dans le n° 3 d'octobre 98 des Collections de l'Histoire [pp 34 à 41] et intitulé « Enquête sur les chambres à gaz [d'Auschwitz] ». Pressac y fait part du résultat de ses dernières recherches dans les archives de Topf, société qui fut, comme on le verra par la suite, le constructeur des fours crématoires d'Auschwitz et qui, dans le même temps, fut chargée de transformer les morgues desdits crématoires en chambres à gaz homicides. Topf, dit Pressac, avait une « Division A » qui s'occupait de « gazage » de silos de céréales (les sacs de céréales infestées pouvaient être gazés dans des chambres séparées). Topf utilisait l'insecticide de marque Areginal (formiate de méthyl, liquide qui se gazéifie à 31°C) mais, comme ce produit était hygroscopique, elle a développé le Cartox (gaz en bouteille plus coûteux) à partir de 1938. Toutefois, en 1940, la Wehrmacht lui a demandé pour des raisons budgétaires de reprendre l'Areginal et Topf a mis au point un vaporisateur mixte valable pour les deux produits. Bien que Topf ne puisse passer pour un spécialiste de l'acide cyanhydrique (HCN), on peut toutefois faire remarquer que son vaporisateur pouvait convenir également pour la vaporisation de cet acide sous sa forme liquide. A ce point de notre résumé, on notera que, parallèlement, Alain Guionnet rapporte dans Revision, n° 88, novembre 98, que, de l'avis des chimistes Bertrand Clair -un exterminationniste- et Germar Rudolf -un révisionniste-, l'HCN liquide aurait été une solution tout à fait indiquée pour une opération industrielle de gazage des juifs, beaucoup mieux indiquée en tout cas que la solution de l'HCN solide (sous forme de granulés de marque Zyklon-B), ne fût-ce déjà que parce que l'usine d'IG Farben à Auschwitz III pouvait produire de l'HCN liquide.
Récapitulons. Chargée par Berlin d'exterminer des millions de juifs, la SS d'Auschwitz bénéficiait d'une conjonction d'éléments favorables : elle disposait de spécialistes expérimentés du gazage et de la crémation (Topf), un produit bon marché et abondant (l'HCN liquide) et un outil adéquat (le vaporisateur Topf et les fours crématoires de la même Topf). Dès lors, une question vient toute seule à l'esprit : mais pourquoi, diable, la SS a-t-elle préféré une autre formule, celle de l'HCN solide (le Zyklon-B) ?
D'une part, les historiens prétendent que c'est un SS subalterne d'Auschwitz qui aurait expérimenté le Zyklon-B à des fins criminelles ; il l'aurait fait un peu par hasard, parce qu'il avait du Zyklon-B sous la main. Puis, l'essai ayant été concluant, le commandant d'Auschwitz, Höss, aurait adopté cette solution. Cette version est difficile à admettre : en effet, dans un univers structuré et administratif comme la SS, la hiérarchie berlinoise s'occupait de tout et il est impensable que ses spécialistes (ceux de l'Institut d'Hygiène de la SS dirigé par Mrugowsky) aient pu entériné ce choix pour une opération industrielle de gazage aussi gigantesque.
D'autre part, comment concevoir que Topf, qui, rappelons-le, avait été chargée de transformer les morgues des crématoires en chambres à gaz homicides, n'ait pas cherché et réussi à imposer l'HCN liquide ne fût-ce que pour placer ses propres vaporisateurs ? On notera d'ailleurs que, à supposer qu'elle ait eu un bon motif de refuser l'HCN liquide au profit du Zyklon-B (p. ex. sa grande dangerosité, laquelle avait permis au Zyklon-B de le supplanter dans l'épouillage), la SS aurait dû utiliser la cellule de vaporisation/ventilation mise au point par Degesch, cellule qu'elle utilisa pour l'épouillage. Il est donc impensable que la SS soit sortie du dilemme suivant : ou bien utiliser le couple HCN liquide + vaporisateur Topf ou bien utiliser le couple Zyklon-B + cellule Degesch.
Non seulement le choix du Zyklon-B était peu judicieux mais la méthode d'introduction finalement retenue relevait du bricolage et nous ne parlons pas de la vaporisation et de l'extraction de son HCN après gazage, opérations qui ne pouvaient qu'être aléatoires sans appareillage ad hoc. Par exemple, dans le cas des Kremas IV et V, il fallait qu'un SS, portant un masque à gaz, monte sur une échelle en s'aidant d'une seule main car son autre main tenait une boîte de Zyklon-B, puis ouvre un fenestreau (en lâchant l'échelle mais sans lâcher la boîte), puis ouvre la boîte (sans en renverser le contenu et sans tomber lui-même) et en déverse le contenu par le fenestreau (pour autant qu'il ne se soit pas refermé entre-temps). Comme nous le relèverons encore par la suite, pour Pressac la « prestation tenait du numéro de cirque. » Alors qu'il était si simple d'installer des vaporisateurs !
Mais il avait encore mieux que tout cela, dit Werner Rademacher, car les Allemands avaient les moyens d’exterminer les juifs en masse dans l’installation-tunnel dont ils disposaient à Budapest  pour désinfecter les wagons de chemin de fer ; cette désinfection se faisait par usage du gaz produit par un générateur de gaz à bois (le célèbre gazogène) ; ce gaz est mortel. (Werner Rademacher, « Mal nachgedacht », VffG, Heft 3, September 2001, p. 323)

[10]

Bien que cela n'affecte pas le raisonnement, il est à noter que, si la morgue 2 des Kremas II et III fut bien  équipée de l'installation de désaération prévue, celle-ci ne fut jamais mise en service car on ne monta pas le moteur électrique prévu et même livré de cette installation.

[11] On trouvera un résumé du rapport Rudolf par Célestin Loos dans RHR, n° 6, mai 1992 ; enfin, VHO a publié une traduction française du rapport.

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