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VI. PREUVES MATERIELLES ET EXPERTISES

A - INSTALLATIONS ET PROCEDURES DE GAZAGE 

PLAN DU CAMP D'AUSCHWITZ-BIRKENAU

Le plan ci-dessous est celui de Birkenau, dit aussi Auschwitz II, celui dans lequel s'est déroulé, selon les historiens, l'essentiel de l'extermination. Ce plan donne la situation en fin 1944.

Entre le BI et le BII, la voie de chemin de fer entrée en service à la mi-1944. Auparavant, les déportés descendaient du train en dehors du camp, plus précisément à la gare des marchandises d'Auschwitz.
En BI à gauche : camp des femmes.
En BII au centre : camp des hommes, camp des familles, camp des Tziganes.
En BIII à droite : camp de transit (dit « Mexico ») qui, comme on le voit, est resté inachevé.
- Tout en haut à gauche, le Krema II (K II) et à sa droite le Krema III (K III).
- Juste en dessous de celui-ci, la plaine des sports, indiquée « SP » pour « Sportplatz » sur les plans (mention que les historiens effacent systématiquement : elle ne se trouve d'ailleurs pas sur ce plan.) et qui a servi aussi à des concerts en plein air ; de ce terrain de sport, joueurs et spectateurs avaient donc une vue directe sur le Krema III et plus particulièrement sur sa chambre à gaz.
- A la droite de cette plaine, le secteur hospitalier.
- Au-dessus de ce secteur, le « Canada » (magasins d'effets enlevés aux détenus) et (en forme d'enclume) le « Zentral Sauna » (bains et douches, désinfection).
- A la gauche du « Canada », des installations d'épuration (il y en a également à gauche du Krema II).
- A la droite du « Canada », les Kremas IV (K IV) et V (K V).
- Les Bunkers 1 et 2 dans lesquels auraient eu lieu les premiers gazages de masse, se seraient trouvés dans les bois et prés à droite et au-dessus des Kremas IV et V.
- Les « gigantesques fosses » de crémation n'ont pas été retrouvées (et pour cause, ainsi que le démontrent les vues aériennes de 1944, il n'y en a jamais eu).

Nous allons tout d'abord exposer comment, d'après les historiens, a été mise en place et a fonctionné l'installation industrielle de mise à mort d'Auschwitz. [1] Par la suite, nous examinerons cette version dans le détail.

C'est en février 1940 qu'est prise la décision d'aménager à Auschwitz un camp de quarantaine pour 10.000 Polonais : c'est le KL (Konzentrationslager) Auschwitz dit aussi, par la suite, Auschwitz I ou encore Stammlager (camp principal). Un four crématoire bimoufle est commandé dès mars 1940, les premiers détenus (des Kapos) arrivant fin mai 1940. [2]
En juillet 1940, pour la première fois à Auschwitz, un bâtiment est désinfecté au Zyklon-B.
Un deuxième four bimoufle complémentaire pour ce crématoire (entré dans l'histoire sous le nom de Krema I) est commandé en novembre 1940.
Le 1/3/1941, Himmler porte l'effectif d'Auschwitz I à 30.000 détenus et ordonne la création, à quelques kilomètres de là, à Birkenau d'un camp pour 100.000 prisonniers de guerre : c'est le KGL (Kriegsgefangenenlager) Birkenau dit aussi Auschwitz II.
En juillet 1941, Bischoff (dont nous avons dit qu'il avait présidé toutes les constructions de chambres d'épouillage, de crématoires, etc. d'Auschwitz) est amené à s'intéresser aux chambres à gaz d'épouillage.
En septembre 1941, un troisième four bimoufle complémentaire est commandé pour Auschwitz I.
Vers la même époque, Himmler porte l'objectif de Birkenau à 125.000 prisonniers de guerre ; dès lors, un grand crématoire à cinq fours trimoufle (qui deviendra le Krema II) est projeté (initialement à Auschwitz I puis à Birkenau).
En décembre 1941, disent les historiens (à ce stade, nous ne faisons que répéter l'histoire officielle, sans encore la critiquer), a lieu, dans les caves du block 11 d'Auschwitz I, un premier gazage de malades et de communistes.
A la même époque est dessinée une installation de 19 autoclaves d'épouillage au Zyklon-B pour le bâtiment de réception d'Auschwitz I.
Vu les difficultés rencontrées dans les caves du block 11, la SS décide d'aménager la morgue du Krema I en chambre à gaz et jusqu'à fin novembre 1942, s'y déroulèrent quelques gazages d'incurables et de communistes, mais dans des conditions très aléatoires (il n'y avait pas de ventilation mécanique).
Entre-temps, l'épouillage des effets vestimentaires et de la literie par le Zyklon-B se développe à Auschwitz I.
En mai 1942, la SS aménage une fermette (à façade rouge) située dans le camp de Birkenau et qu'on appellera « Bunker 1 », pour en faire un site de gazage remplaçant la morgue du Krema I. Cette fermette était composée, dit Pressac, de « deux pièces d'une superficie totale supposée de 60 à 80 m2 sur laquelle 300 à 400 hommes pouvaient être compressés » (soit 4 à 7 personnes par m2). Chaque pièce avait une porte ; les fenêtres furent murées. « La ventilation se faisait naturellement par ouverture des portes et durait toute la nuit ». Les corps étaient enfouis dans des fosses. Entrée en service probable : fin mai 1942. Toutefois, poursuit Pressac, le Bunker 1 était « difficilement utilisable pour gazer en série parce que sans ventilation » ; aussi, la SS décida d'aménager une deuxième fermette (à façade blanche et qui fut appelée « Bunker 2 ») « d'une superficie de 105 m2 ; 500 personnes pouvaient s'y tenir » (soit 5 personnes par m2).
Höss, dans le même temps, était entré en pourparlers avec la Degesch pour la livraison de chambres à gaz d'épouillage en vue d'en équiper le futur bâtiment de réception des détenus d'Auschwitz I : ces chambres à gaz étaient pourvues d' « un chauffage par radiateur et une ventilation circulaire intérieure assurant d'abord le passage régulier du gaz cyanhydrique sur les effets à épouiller, puis, en fin de traitement, une désaération efficace ». La Degesch proposait également des chambres à gaz de 50 m3 de volume et 25 m2 de superficie (ce qui, on le notera soigneusement, correspondait très exactement au quart de la fermette blanche). La SS s'inspira, dit Pressac (sans aucune preuve), de ces installations sanitaires (« cellules en parallèle ») dans l'aménagement à des fins criminelles du Bunker 2, mais, curieusement, le système de chauffage et de ventilation ne fut pas retenu, parce que, affirme Pressac (toujours sans preuve), « soumis à un long délai de livraison ». Finalement, on construisit dans le Bunker 2 « quatre petites chambres d'environ 50 m3 de volume et 25 m2 de superficie (...) placées en parallèle (...) sans ventilation mécanique, mais orientées au mieux dans le sens du vent ». [3]
Début juin 1942, Himmler fait part à Höss de ce que Birkenau serait le site de l'extermination industrielle des juifs.
En Juillet 1942, Himmler décide de porter l'effectif de Birkenau à 200.000 prisonniers.
Le même mois, une première épidémie de typhus se déclare à Auschwitz et prend une ampleur catastrophique (près de 400 morts par jour en septembre 1942). On notera que, d'après Pressac, ce ne sont pas les juifs qui propagèrent l'épidémie (ils étaient épouillés) mais les travailleurs civils polonais.
Le 4 juillet 1942 commence dans le Bunker 1 le gazage industriel des juifs jugés inaptes au travail lors de la sélection à l'arrivée.
Le 15 août 1942, « dessin d'un plan de Birkenau pour 200.000 détenus. Pour faire face à la mortalité prévisible de cette population, la capacité incinératrice est doublée et passe à trente creusets incinérateurs » : au Krema II s'ajoute donc un crématoire identique, le Krema III.
Fin août, dit Pressac, il est décidé de compléter les Kremas II et III (destinés à ceux des 200.000 prisonniers qui devaient mourir de mort naturelle) par deux crématoires plus petits (les Kremas IV et V, destinés, eux, à incinérer les millions d'inaptes à gazer dans les Bunkers 1 et 2 dès leur arrivée). Mais, dans les faits, dit-il encore, les choses se déroulèrent de façon différente et c'est finalement dans les Kremas II et III que la très grande majorité des juifs furent gazés et incinérés.
La construction de ces 4 crématoires fut plus longue et leur fonctionnement moins satisfaisant que prévu. 

Comme on le voit, les grands Kremas II et III auraient servi à tuer l'essentiel des 800.000 voire 900.000 (à moins qu'il n'y en ait eu « que » 470.000) déportés gazés à Auschwitz. Il est donc licite de centrer l'analyse sur ces seuls grands Kremas, bien que les convois de déportés juifs aient commencé à affluer en mai 1942, soit un peu moins d'un an avant la mise en service du premier de ces quatre grands Kremas. [4]

Nous nous intéresserons donc surtout aux Kremas II et III, puisque l'essentiel du drame s'y serait déroulé. Ces deux Kremas étaient identiques (construction en miroir). On en possède de nombreux plans et les ruines confirment ces plans. On sait donc presque tout de ces deux Kremas. Nous allons examiner le plan du Krema II en décrivant -toujours sans les critiquer à ce stade- les procédures de gazage telles qu'elles apparaissent dans l'histoire officielle.

1. A la droite du plan ci-dessous, au rez-de-chaussée, se trouvait la salle des fours ; ces fours étaient au nombre de 5 et chacun possédait 3 moufles : on pouvait donc incinérer 5 x 3 = 15 corps en même temps, voire 45 corps, disent les historiens, car on plaçait 3 corps dans chaque moufle ; certains historiens ont même parlé de 12 corps par moufle.
Combien fallait-il de temps pour une incinération ? Les réponses varient : 15 à 25 minutes, disent certains témoins ; irréaliste, reconnaît Pressac, il fallait 45 à 60 minutes. De ce fait la capacité globale est diversement appréciée ; les historiens reprennent souvent le chiffre de 1.440 corps en 24 heures pour chacun des Kremas II et III (et 768 corps pour chacun des Kremas IV et V ; le petit Krema I avait été arrêté lors de la mise en route des grands Kremas II à V). Ces fours devaient être arrêtés pour entretien une fois par semaine. On dit par ailleurs qu'ils étaient souvent en panne et durent finalement être complétés par le recours à de grandes fosses de crémation en plein air, dont la capacité était illimitée grâce notamment à la récupération et à l'utilisation de la graisse humaine. [5]
Les historiens ont actuellement tendance, depuis qu'ils ont révisé à la baisse le nombre de victimes, à accorder aux Kremas une surcapacité globale en période normale : les fosses n'auraient surtout servi que dans les périodes d'affluence comme lors de l'arrivée des juifs hongrois à l'été 1944 : à cette époque, disent les historiens, il fut creusé 8 ou 9 fosses de 40 mètres de longueur, 2 mètres de profondeur et 8 mètres de largeur, ce qui correspond à 2.500/3.000 m2 de superficie ; comprenant bien que tout cela est farfelu, Pressac, en 1994, ne voit plus que 3 fosses de 3,50 mètres par 15 mètres à proximité du Krema V.
Comme nous l'avons vu, avant l'entrée en service des crématoires, les Allemands gazaient les juifs dans une ou deux fermettes (les Bunkers 1 et 2) et ils enterraient les corps. On pourrait donc retrouver leurs restes, direz-vous ? Non, car nous disent les historiens, les Allemands les déterrèrent et les brûlèrent sur des bûchers pour effacer toute trace de leur forfait : l'un des deux commandos affectés à cette tâche en déterra 107.000, avait dit Höss, mais, dit Pressac, ce chiffre est erroné et les Allemands en déterrèrent 50.000 du 21/9/1942 à fin novembre 1942. [6] On notera que Pressac, tout en accréditant la thèse du camouflage du crime, précise que ces corps menaçaient de polluer la nappe phréatique. 

2. En sous-sol, à gauche, on trouve essentiellement 2 grandes pièces disposées en équerre. Sur les plans, elles sont baptisées « Leichenkeller » (« Morgue 1 » et « Morgue 2 »).
La morgue 1, disent les historiens, servait de chambre à gaz. Elle avait 30 mètres de long et 7 mètres de large. Elle se terminait en cul-de-sac. Sa porte était peut-être bien à double battant et s'ouvrait vers l'extérieur, semble-t-il, mais on n'en est pas trop sûr ; il y avait, affirment les historiens, 4 petites ouvertures dans la dalle en béton qui lui servait de toit. Cette pièce était équipée d'une ventilation assez sommaire de l'air vicié par extraction par le bas.
Certains témoins disent que cette pièce fut divisée en deux en fin 1943 (certains disent dans la longueur, d'autres, dans la largeur) mais il n'en existe aucune preuve documentaire. Comme nous le verrons plus loin, ce cloisonnement trouverait une certaine logique dans l'installation d'une chambre à gaz d'épouillage dans la morgue 1.
La deuxième grande pièce était la morgue 2 ; elle servait, disent les historiens, de vestiaire pour les déportés qu'on devait gazer. Elle mesurait 50 mètres sur 8 mètres. A l'origine, elle devait se terminer en cul-de-sac, mais, finalement, on y avait construit un escalier d'accès au fond à droite.












Les plans initiaux mentionnent également une troisième morgue (la 3) qui se trouvait sous le bâtiment des fours et qui fut par la suite compartimentée en petits locaux à usages divers.
Au point de jonction des trois pièces se trouvait un plan incliné par lequel les cadavres étaient introduits dans la morgue ; un petit escalier pour les porteurs était aménagé de chaque côté de cette glissière. Au même endroit, on trouve un petit monte-charge de 2,10 x 1,35 mètres, équipé provisoirement d'un moteur de 10 HP pour remonter les cadavres à incinérer, après l'exposition, la cérémonie et éventuellement l'autopsie (dans une hypothèse exterminationniste, après la récupération des effets personnels, des cheveux des femmes, des alliances et des dents en or) ; ce monte-charge était donc prévu pour un seul chariot à la fois, donc un seul corps, du moins dans des conditions d'utilisation normale (3 à 4 corps à la fois, puis 10 à 15 corps avec l'ascenseur définitif en phase exterminationniste, dit Pressac). Il est important de se rendre compte que, en ce point de jonction qui servait également de salle de travail, il n'y avait que très peu de dégagement.

La version officielle est donc que, plusieurs fois par jour, jusqu'à 3.000 personnes à la fois (2.000, dit Pressac en 1989, lequel, le lecteur l'aura déjà remarqué, révise l'histoire officielle systématiquement à la baisse, au point qu'en 1993, il ne parle plus que d'un seul gazage journalier de 1.000 personnes) étaient introduites dans la salle de déshabillage (en bloc ou par petits groupes, on ne sait) ; elles s'y déshabillaient pour, leur disait-on et nous dit-on, prendre une douche dans la pièce d'à côté, elle-même camouflée en salle de douche.
Puis on fermait la porte. Ce n'était pas toujours facile, nous assure-t-on, car les juifs commençaient parfois à avoir des doutes et montraient des signes d'énervement.
Les SS versaient des granulés de Zyklon-B (insecticide utilisé universellement à l'époque) par les 4 ouvertures du plafond de la chambre à gaz : il s'en dégageait du gaz cyanhydrique qui tuait les prisonniers en moins d'une demi-heure.
Puis, on ouvrait la porte ; on mettait l'appareil d'aération en marche. On commençait immédiatement à sortir les corps. On extrayait les dents en or ; on récupérait les alliances et les bijoux ; on coupait les cheveux des femmes ; on fouillait même les parties intimes pour rechercher d'éventuels diamants qui auraient pu y être cachés. On montait les corps par le monte-charge.
Cette installation, nous disait-on (vu la rapidité des révisions de l'histoire, on hésite parfois sur le mode de temps à employer : présent de l'indicatif, imparfait ou passé simple) a été prévue dès sa conception à cette fin d'extermination ; ce n'était donc pas une installation sanitaire classique qui aurait été « bricolée » mais une installation industrielle conçue pour une production de masse rationnelle, en l'occurrence le meurtre de masse. Toutefois, Pressac a admis que ce n'était pas le cas et que ces installations étaient initialement à vocation sanitaire mais qu'elles avaient été transformées en cours de construction en installations de meurtre de masse.


NOTES

[1]

Les citations de ce chapitre sont tirées de Jean-Claude Pressac. 

[2]

Le « crématoire » (Krema) est un bâtiment dans lequel ont été installés des « fours [crématoires] », lesquels sont constitués, en gros, d'un « foyer » fonctionnant au coke ou au gaz et d'une chambre appelée « moufle » (ou « creuset » ou encore « bouche »), dans lequel moufle est introduit le corps (nu ou en cercueil) à incinérer. Les fours d'Auschwitz avaient 2, 3 ou 8 moufles. 

[3]

On n'a malheureusement pas de trace documentaire certaine de ces 2 Bunkers et on peut même légitimement douter de leur existence. 

  • Toutefois, à l'appui de leurs dires, les historiens ont récemment cité des documents dans lesquels il est question de « maison » :

    • Dans un document du 9/4/43 (ou du 12/4/43 ?), on trouve l’annonce que « 1 sauna provisoire [sera] installé dans une maison existante sur le terrain du BA III » (« 1 Prov. Sauna in ein bestehendes Haus im Gelände des BA III eingebaut  [wird] ». (Document signalé aussi par Michael Gärtner et Werner Rademacher dans « Grundwasser im Gelände des KGL Birkenau (Auschwitz ) », VffG, März 1998, p 3) 

    • Dans un document du 30/9/43 intitué « Rahmenbauantrag », on trouve dans les projets de construction des Ba II et Ba III : « Démontage d’une maison existante pour les mesures spéciales (Plan non existant) » (« Ausbau eines vorhandenen Hauses für Sondermassnahmen. (Zeichnung nicht vorhanden) » Ensuite sans lien apparent : « 3 baraques pour les mesures spéciales (type 260/9) (Plan n° 5) Pièce transformée : voir BW 3b/BA.I [...] » (« 3 Stck. Baracken für Sondermassnahmen (Typ 260/9) (Zeichnung Nr. 5) Umbauter Raum : siehe BW 3b/BA.I [...] »).

Ceci ne correspond guère aux descriptions faites des Bunkers 1 et 2 [terme déjà ridicule pour désigné deux maisonnettes], ne fût-ce que parce que ces maisons se trouvaient dans le camp proprement dit et non à l'extérieur. Ces maisons, dit Mattogno, font partie de ces maisons préexistantes à la création du camp ; elles sont reprises sur le plan n° 1733 du 5/10/42 sous les n° 903 à 914. 

  • Rademacher et Gärtner font état aussi de l’interrogatoire du Dr SS Horst Fischer le 19/10/65 à Berlin-Est. Fischer, ancien médecin à Auschwitz, y raconte un peu n’importe quoi (même au regard de l’histoire officielle !), désireux qu’il devait être de sauver sa peau (Il fut néanmoins exécuté.) ; mais il est néanmoins intéressant de prendre connaissance de ce qu’il a dit, notamment : « J’ai été quelque 12 fois à la ferme de Birkenau, à la chambre à gaz camouflée en sauna. » (Werner Rademacher et Michael Gärtner, « Berichte zum KL Auschwitz », VffG, Heft 3 und 4, Dezember 2000, p. 330)

  • De son côté, Mattogno pense qu'il n'est pas impossible que le mot « Bunker » ait fait partie du jargon des SS d'Auschwitz mais pour désigner le sous-sol du sinistre Block 11 d'Auschwitz I, dans lequel sous-sol avaient été aménagés les cachots du camp et où aurait eu lieu le premier gazage expérimental ; il cite par exemple une lettre du 27/5/1943 de Bischoff dont l’objet est « Libération de détenus enfermés dans le Bunker » (« Freigabe eingebunkerten Häftlinge »). (Carlo Mattogno, « ‘Sonderbehandlung’ ad Auschwitz. Genesi et significato», Edizioni di Ar, Padova, 2001, p. 114) Le plus souvent, semble-t-il, les prisonniers n'en sortaient que pour être exécutés dans la cour du Block 11 ; on ne peut exclure que des esprits religieux aient brodé toute cette histoire de gazage dans les Bunker 1 et à partir de tous ces faits. 
    Mattogno donne deux autres cas d'utilisation du mot « Bunker » :

    • Télex du 25/5/44 de Kammler à la ZBL : « Pour l’action spéciale Hongrie, il est nécessaire d’installer immédiatement 3 baraquements d’écurie près de l’Ausweichbunkern. » (« Für Sonderaktion Ungarn/Programm sind Umgehend 3 Pfederstallbaracken bei den Ausweichbunkern aufzustellen. ») Ces « Ausweichbunkern » (Le mot est au pluriel.) étaient probablement des abris antiaériens. (Voir le Standortbefehl n° 12/44 du 12/4/44)

    • Mattogno cite un autre document indiquant qu’il y avait à Auschwitz I, 22 « Splitterschutzbunker » pour les sentinelles SS  (abris antiaériens personnels)

  • De leur côté, Hans-Jürgen Nowak et Werner Rademacher sont d'avis qu'il y a des indices qui donnent à penser que les Bunkers 1 et 2 ont été des centres de désinfection (épouillage des vêtements et bains pour les détenus). (« 'Gasdichte' Türen in Auschwitz », Vffg, Heft 4. Dezember 1998, p. 248) 

[4]

Vu ce calendrier, le quasi-monopole attribué aux Kremas II et III dans ce meurtre de masse est étonnant. Il y a là une anomalie sur laquelle il nous faut dire un mot. En fait, l'histoire d'Auschwitz était, naguère, cohérente et dans ses grandes lignes et dans ses détails (tout en étant invraisemblable) ; depuis, les grandes lignes ont été révisées (on est passé de 4 millions à 1 million de morts sans compter qu'en 1994, Pressac a réduit le nombre de morts à 630/710.000 dont 470/550.000 exterminés à leur arrivée) mais, par contre, les détails n'ont pas toujours été révisés ; de la sorte, l'histoire d'aujourd'hui est bancale : les historiens nous disent qu'il y eut 1.000.000 morts voire moins, mais ils nous donnent des détails qui se rapportent à l'extermination de 4.000.000 de morts (sauf Pressac, qui essaye d'adapter le dogme). Face à ce désordre, la critique est parfois malaisée et nous demandons au lecteur de le comprendre. 

[5] Ceux qui nous accuseraient de mettre en évidence un témoignage marginal et manifestement fantaisiste dans le but de ridiculiser l'histoire officielle, se tromperaient lourdement : ces informations sur la récupération de la graisse des corps incinérés, données par Höss tout de suite après la guerre, ont été constamment reprises par la suite. On peut citer (mais ce ne sont que quelques exemples) :
  • Le célèbre Filip Müller, ainsi que nous l'avons dit plus haut (son livre date de 1980).

  • Le Dr Bendel (témoignage datant de 1945, certes, mais encore repris par Kogon, Langbein et Rückerl en 1987 (« La puissance de ces fosses fut formidable : mille personnes en une heure. Elle fut encore augmentée par le percement d'un conduit amenant la graisse humaine dans un réservoir de récupération »).

  • Le cordonnier Henryk Tauber au procès de Höss ; Pressac n'hésite pas en 1989 à reproduire son témoignage in extenso (tout en le commentant, mais il ne commente pas ce passage) : « A cette époque [été 1944], les corps étaient incinérés dans des fosses en plein air, d'où la graisse coulait dans un réservoir creusé dans le sol. Cette graisse était versée sur les corps pour accélérer la combustion. ».

  • Dans l'« Album d'Auschwitz » publié en 1983 en français par Klarsfeld, il est précisé (par Pressac) que « Moll conçut une série de canaux au fond des tranchées, pour recueillir la graisse qui tombait. Ces canaux s'écoulaient ensuite vers chaque extrémité de la fosse, où la graisse recueillie était versée par-dessus les cadavres comme carburant additionnel. ».

  • Le Musée d'Etat d'Auschwitz lui-même (notamment dans « Auschwitz », 1986) : « On entretenait le feu en versant sur les corps (...) de la graisse fondue des corps humains ».

  • Le plus illustre et le plus respecté des historiens de la Shoah, Hilberg, indique lui-même en 1988 : « Au fond de ces fosses, on recueillait avec des seaux la graisse humaine pour la reverser sur le feu afin de hâter l'incinération. » On ne peut qu’être atterré de lire des âneries pareilles sous la plume d’un professeur d’université mais il nous faudra bien prendre en compte ce fait reconnu par l’histoire officielle et nous abaisser à en discuter : les Allemands recueillaient la graisse des juifs –avec des seaux- afin d’économiser du combustible et accélérer l’incinération. 

  • En 1998 encore, à la veille du 3ème millénaire, le célèbre hebdomadaire allemand Spiegel (1998, n° 40) publiait une interview du Dr Hans Münch, ancien médecin SS à Auschwitz et célèbre témoin de l'accusation dans de nombreux procès ; Münch y « décrit comment les détenus creusaient des tranchées autour des bûchers. La graisse coulait dedans et on arrosait les cadavres à l’aide de louches. Ils arrivaient à brûler plus facilement. Lorsqu’un détenu n’obéissait pas au quart de tour, il pouvait arriver qu’un SS le pousse dans cette soupe bouillante. » [Selon la revue de l’amicale des juifs déportés de France (Après Auschwitz, n° 270, mars 1999, p. 8-9) qui a repris ce texte sans faire de commentaires ce qui donne légitimement à penser que ses responsables, Henri Bulawko et Raphael Esrail, y croyaient encore en 1999 ! ]

[6] A raison de 5 couches de corps, cela fait une pile de 4,5 kms.

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