AAARGH

| Accueil général | Accueil français | Accueil J.–M. Boisdefeu | Précédent  | Suivant |  


Annexe 8 - Estimation du nombre de morts à Auschwitz

F. Piper (directeur du Musée d'Etat d'Auschwitz) n'extrapole pas le nombre de morts trouvés dans les Sterbebücher mais fait les remarques suivantes :

  1. Grâce à la numérotation de 8.803 actes de décès conservés à Auschwitz, on sait qu'il y eut 83.000 morts en 1942 et 1943. [1]

  2. Dans d'autres documents (livre de morgue, état journalier des effectifs, registre mortuaire de l'infirmerie des prisonniers de guerre russes, fichier des prisonniers de guerre russes : tous documents qui, on le notera, sont des incongruités dans l'univers inhumain décrit par les historiens), on trouve quelque 61.000 noms de morts.
     En tout et après élimination des chevauchements, ces documents livrent les noms de 100.000 morts, chiffre que Piper ne retient pas, car, dit-il, ces séries statistiques comportent trop de lacunes.

Finalement, Piper préfère estimer le nombre de rescapés, donc de morts, par déduction :

déportés transférés d'Auschwitz 1940 à 1943 25.000
déportés transférés d'Auschwitz
(non compris 25.000 non immatriculés)
1944 à 1945 163.000
déportés transférés d'Auschwitz s/total 188.000
déportés libérés 1.500
déportés évadés 500
déportés restés à Auschwitz 8.000
déportés survivants total 198.000

Sur 400.000 immatriculés (385.000 civils et 15.000 militaires soviétiques), il y a donc eu, conclut-il, 202.000 morts à Auschwitz même (sans compter 880.000 détenus, presque tous juifs, gazés sans avoir été préalablement immatriculés). On peut toutefois faire remarquer que le chiffre de 188.000 transférés est contestable. Jadis, sur la base des documents trouvés à Auschwitz, on estimait les transferts à 25.000, chiffre ridiculement trop bas. En exploitant les sources documentaires trouvés dans les camps destinataires, L. Krysta est arrivé à 182.000, A. Strzelecki à 188.000 (chiffre retenu par Piper) et S. Iwaszko à 225.000 (ce qui donnerait 165.000 morts). On peut penser que ce chiffre de 225.000 (que Piper ne reprend pas parce qu'il n'a pas encore été vérifié) est encore trop bas : il ne peut d'ailleurs qu'être amélioré avec les recherches. De plus, s'y ajoutent tous ceux qui sont morts dans le cours de leur évacuation et dont la survie après Auschwitz n'a pas été enregistrée dans le camp qu'ils rejoignaient : nous avons déjà dit qu'ils durent être très nombreux. Bref, le chiffre des morts (immatriculés) à Auschwitz même retenu par Piper est nécessairement un maximum maximorum. [2]


Ci-contre la photo de l'acte de décès de Maurice F., juif belge mort de pleurésie à 28 ans le 3/12/42 à Auschwitz. Il était arrivé de Malines un mois plus tôt, le 3/11/42.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

Pressac (1994), lui, extrapole les 67.223 noms (c'est le chiffre qu'on retenait à l'époque) des Sterbebücher à 126.000 morts auxquels il ajoute 15.000 prisonniers de guerre soviétiques (ceux-ci ayant le plus souvent fait l'objet d'enregistrements à part) et 20.000 Divers (Tziganes et autres dont le décès aurait été enregistré par ailleurs dans des registres spécifiques, ce qui est erroné puisque les morts tziganes figurent bien dans les Sterbebücher).
Les Sterbebücher, dit-il, étaient au nombre de 59 (en fait, on sait aujourd'hui qu'il y en eut 60) ; il y avait 1.500 noms maximum par registre (un acte de décès par page), sauf dans ceux de fin d'année, qui pouvaient en compter moins. La période couverte par les 46 registres retrouvés s'étend du 4/8/41 au 31/12/43, mais avec des trous ; ces 46 registres contiennent 67.223 noms (soit, en moyenne, 1.461 par registre). [3]
Pressac estime le nombre total des morts comme suit (dans l'édition allemande de son dernier livre) :

  1. Tout d'abord, en ce qui concerne les 13 registres manquants, il fait 1.500 x 13 = 19.500, qu'il ajoute aux 67.223 noms trouvés dans les Sterbebücher.

  2. En ce qui concerne la période antérieure au 4/8/41, il retient 2.000 morts de mai 40 à fin 40 et 4.000 de janvier 41 à juillet 41.

  3. En ce qui concerne 1944, il retient « 100 décès/jour pour un effectif moyen en 1944 identique à celui du second semestre 1943 » tout en faisant remarquer que la situation sanitaire s'est grandement améliorée en 1944 (notamment, dit-il, par la mise en service d'une installation d'épouillage à ondes ultracourtes mise au point par Siemens, dont le Dr Klein de Strasbourg, relève Faurisson, avait déjà parlé et dont Pressac a retrouvé la documentation à Moscou). Ceci donne 36.000 morts pour 1944, mais, finalement, Pressac préfère retenir 30.000 morts, chiffre calculé, dit-il, par le Musée d'Auschwitz sur la base de documents en sa possession. (Il serait intéressant de savoir lesquels, Piper affirmant ne posséder aucun acte de décès postérieur au 31/12/43.) [4]

  4. En ce qui concerne 1945, Pressac retient 1.500 morts.

Tout cela donne : 

De mai 1940 à juillet 1941 6.000
Sterbebücher (reconstitués) 5.988   en 5 mois 1941 à raison de 1.200/mois
45.618   en 1942 à raison de 3.700/mois
36.991   en 1943 à raison de 3.000/mois
1944 et 1945 (2 semaines) 31.500   à raison de 100/jour
Total arrondi des morts 126.000

Ceci ferait 274.000 survivants (à Auschwitz mais souvent morts par la suite) sur les 400.000 immatriculés. Mais Pressac ajoute à ces 126.000 morts 15.000 prisonniers de guerre russes et 20.000 autres ; de la sorte, son bilan est de 161.000 morts mais sur une population de 435.000 immatriculés minimum.

Notre extrapolation sera : 

Tout ceci donnerait un total de 113.000 à 121.000 morts. Retenons 120.000 pour tenir compte de tous les décès des prisonniers de guerre. Par contre, il faudrait logiquement en déduire les milliers de résistants polonais condamnés à mort et envoyés à Auschwitz pour y subir leur peine sans être préalablement immatriculés car les actes de leur décès se trouvent dans les Sterbebücher
On notera encore que, du côté révisionniste, Mattogno, après avoir retenu – provisoirement – un chiffre beaucoup plus élevé (entre 150.000 et 180.000 morts, en aucun cas plus de 185.000), est finalement arrivé à la conclusion qu’il était de 135.500 soit 19.500 en 40/41, 48.500 en 42, 37.000 en 43, 30.000 en 44/45 et 500 après la libération du camp. [6]  

Après avoir effectué le calcul du nombre des morts, Piper donne un bilan complet de la déportation à Auschwitz (en milliers) :

Juifs Autres Total
Déportés Enregistrés 205 195 400
Non-enregistrés 890 15 905
S/total 1.095 210 1.305
Transférés Enregistrés (103) (85) 188
Non-enregistrés (25) (-) 25
S/total (128) (85) 213
Evadés et libérés Enregistrés (pm) (2) 2
Restés à Auschwitz Enregistrés (7) (1) 8
Morts à Auschwitz Enregistrés 95 107 202
Non-enregistrés 865 15 880
Total 960 122 1.082

Piper n'ayant pas ventilé certains chiffres, nous avons tenté de le faire : ces chiffres sont entre parenthèses.
Piper ventile les morts non juifs comme suit : environ 75.000 Polonais, 21.000 Tziganes, 15.000 militaires soviétiques, 5.000 autres. En ce qui concerne les sexes, nous n'avons trouvé qu'une seule ventilation, celle de 402.222 immatriculés en 269.373 hommes et 132.849 femmes (Musée d'Etat, 1957, cité par Reitlinger).
Piper arrondit le chiffre des morts à Auschwitz à 1.100.000/1.500.000, mais sans justifier ce dernier arrondi de façon convaincante (ne fût-ce déjà que s'il y a eu 1.305.000 personnes à passer par Auschwitz, il n'a pas pu y avoir 1.500.000 morts.). En fait, il faut le comprendre : en 1986, du temps où les amis du camarade Gayssot et de très nombreux autres historiens dirigeaient la Pologne, Piper publiait encore le chiffre de « plus de 4.000.000 ». Moins de trois ans plus tard, le communisme ayant été balayé, il peut enfin refaire ses calculs plus sérieusement et il en trouve quatre fois moins. On devine sa gêne et on peut comprendre qu'il essaie de tirer ses chiffres vers le haut. [7]

Pressac, en 1993, dit que « le travail très consciencieux » de Piper nécessite néanmoins quelques corrections :

a) Pour les décès d'immatriculés (notion assez floue chez Pressac), nous venons d'en parler : le chercheur français réduit le chiffre de Piper de 202.000 à 161.000.
b) Pressac réduit également à la baisse le nombre de juifs déportés à Auschwitz et par conséquent celui des juifs gazés à l'arrivée :

Le bilan de la déportation à Auschwitz pour Pressac est donc (à l'arrondi près et en milliers) :

Juifs Autres Total
Déportés Enregistrés 200 200 400
Non-enregistrés 470/550 (35) (505/585)
Total 670/750 (235) (905/985)
Morts Enregistrés (63) (63) 126
Non-enregistrés
470/550
35 505/585
Total (533/613) (98) 631/711

Pressac arrondit ce dernier chiffre à 630/710.000 (les chiffres entre parenthèses sont de nous et non de Pressac).
Pressac, comme on l'a vu et contrairement à ce que fait Piper, exclut des 400.000 immatriculés et des Sterbebücher, les prisonniers de guerre soviétiques, les Tziganes et quelques autres : il doit avoir en partie tort. [8]

De son côté, Mattogno a étudié dans le détail les chiffres de Piper et il réduit à 914.600 le nombre de juifs passés par Auschwitz, soit 180.600 de moins que Piper (dont 112.300 de moins pour la Pologne et 39.600 de moins pour la Hongrie) ; il y ajoute 196.500 non-juifs et arrive ainsi à un total de 1.111.100 déportés à Auschwitz. Il trouve 401.500 immatriculés dont 205.000 juifs. Il estime à 364.600 le nombre de détenus élargis, évadés, mutés ou libérés par les Russes en 45. Cela donne 611.000 inaptes gazés (dans une optique exterminationniste que, bien entendu, Mattogno refuse) et 500.100 admis dans le camp. [9]

 

Notre bilan de la déportation à Auschwitz serait plutôt le suivant (en milliers) :

Juifs Autres Total
Déportés Enregistrés 205 195 400
Non-enregistrés mais admis dans le camp (« Durchganslager ») 100 15 115
Non-enregistrés * 160 - * 160
Total 465 210 675
Morts Enregistrés 68 57 125
Non-enregistrés mais admis dans le camp (« Durchganslager »)

(avec Enregistrés.)

10 10
Non-enregistrés - - -
Total 68 67 135

* Ne sont donc pas repris 450.000 inaptes qui n’ayant fait que transiter par la gare des marchandises d’Auschwitz (en 1942, 1943 et au début de 1944), ne doivent pas en bonne logique être considérés comme ayant été déportés à Auschwitz, pas plus d’ailleurs que les aptes descendus à Kozel (sauf bien entendu quand, le camp de travail dans lequel ils avaient été internés ayant été liquidé, ils ont été envoyés à Auschwitz). Les 160.000 non-enregistrés retenus, dira-t-on, ne sont entrés dans le camp que pour y prendre une douche avant de reprendre la route ; alors, pourquoi les reprendre ? Cela est exact mais, pour les statisticiens, ils sont entrés dans le camp et de ce fait, ils répondent à la définition du « déporté à … ».

Nous terminerons cette annexe par quelques considérations sur le calcul de l'évolution de la mortalité à Auschwitz.
Officiellement, avons-nous vu, les morts repris dans les Sterbebücher font partie d'un ensemble de 388.000 immatriculés, soit, selon Piper :

Juifs
Polonais
Tziganes
Autres
205.000
137.000
21.000
25.000
Total 388.000

Les prisonniers de guerre russes (12.000 immatriculés auxquels il faudrait, dit Piper, ajouter 3.000 non-immatriculés, peut-être des commissaires politiques ?), avaient leur propre registre mortuaire (le « Tötenbuch »), du moins, selon Czech, jusqu'à fin février 42 (8.320 noms). On nous dit qu'ils moururent pratiquement tous mais on ne nous dit pas dans quel registre étaient notés leurs décès après cette date. Toutefois, il y a un doute ; en effet, la mention « überstellt » qui figure parfois en regard du nom des prisonniers de guerre et qui signifie « transféré » a été assimilée par les historiens à « décédé » voire « mis à mort », ce qui est dogmatique et peut-être erroné.
En plus de ceux que nous avons comptés dans les 388.000, il y eut, dit Piper, 10.000 Polonais (probablement des résistants condamnés à mort) et 2.000 Tziganes à entrer au camp sans être immatriculés : leur décès éventuel a donc dû être enregistré également dans les Sterbebücher (c'est le cas pour les résistants, selon Grotum et Parcer).
Il y eut enfin les juifs non immatriculés :

De la sorte, les registres -connus et inconnus- des morts d'Auschwitz reprennent les décès survenus dans une population de 500.000 détenus. 

Cette mise au point faite, disons qu'il est difficile de reconstituer les éléments du calcul du taux mensuel de mortalité :

Ceci signifie que les taux que nous avons calculés sont approximatifs, puisque nous avons dû retenir les seuls Sterbebücher pour fixer le chiffre des décès et puisque ce chiffre des décès reprend des détenus qui ne font pas partie des populations enregistrées. Toutefois, on peut essayer de faire ce calcul de façon crédible pour la période 42 à 44, laquelle englobe la période au cours de laquelle les juifs furent internés à Auschwitz. On constate qu'en 1942, ce taux de mortalité mensuel [10] a été de 7,35% en janvier ; ce chiffre, déjà effrayant, allait monter à 31,23% en septembre 42 au moment où la première grande épidémie de typhus avait atteint son paroxysme. On comprend les raisons de l'horreur qui frappait le professeur Kremer, qui venait tout juste d'arriver à Auschwitz et qui, selon Grotum et Parcer, signa à lui tout seul et en deux mois et demi 10.250 actes de décès : près d'un tiers des détenus présents au 1er septembre 42 sont morts dans le mois et il n'est pas besoin de chambres à gaz pour expliquer l'horreur qu'il a ressentie et qu'il a notée dans son journal (voir tome 1). Le chiffre baissa ensuite très rapidement avec, tout de même, une nouvelle poussée en mars 43 (nouvelle épidémie très vite jugulée) ; à la mi-43, le taux était retombé à 3 ou 4% et à la fin de l'année 43, il était de l'ordre de 2%. [11] Pour 1944, nous avons donc retenu 71 morts par jour pour 100.000 détenus, soit 2,17 % par mois, ce qui correspond à la dent supérieure de la fourchette de ci-dessus.

(1)  (2) (3) (4)
1/1942
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
1/1943
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
1/1944
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
 7,35
  8,12
 18,03
  15,79
  17,04
  19,17
  20,86
  23,59
  31,23
  16,87
  14,19
  10,70
  9,54
  8,20
16,39
  4,88
  3,80
  4,27
  2,57
  2,07
  2,58
  2,05
  1,69
  5,78
  2,17
  2,17
  2,17
 2,17
 2,17
  2,17
  2,17
  2,17
  2,17
  2,17
  2,17
  2,17
92,65
91,88
81,97
84,21
82,96
80,87
79,14
76,41
68,77
83,13
85,81
89,30
90,46
91,80
83,61
95,12
96,20
95,73
97,43
97,93
97,42
97,95
98,31
94,22
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
97,83
  4,12
  4,44
  4,84
5,90
7,01
  8,44
  10,44
  13,19
17,27
  25,11
  30,21
35,20
39,42
43,58
  47,47
56,77
59,68
  62,05
  64,82
  66,53
  67,93
69,73
71,19
72,41
  76,85
  78,55
  80,30
  82,08
83,90
  85,76
  87,67
  89,61
  91,60
  93,63
95,71
  97,83

(1) : mois d'arrivée à Auschwitz.
(2) : taux de mortalité mensuel. Nous avons étalé la régularisation des Sterbebücher de décembre 43 sur juillet à décembre 43.
(3) : rescapés en % à la fin du mois de l'effectif du convoi au début du mois.
(4) : rescapés en % des convois à fin décembre 44.


Le tableau ci-dessus se lit comme suit : par exemple, d'un convoi arrivé à Auschwitz au 1er février 43 (1), 8,20% des immatriculés sont morts dans le mois (2) : il en restait donc 91,80 % (3) ; de ces 91,80 %, 16,39 % sont morts en mars 43 (2) et ainsi de suite... ; de la sorte, à fin 44, à la sortie d'Auschwitz, il n'aurait dû y avoir que 43,45 % des déportés de ce convoi encore en vie (4). Ce dernier chiffre, nous en sommes bien conscient, est très théorique, car on peut considérer que les détenus qui avaient résisté aux épidémies lors de leur arrivée, étaient les plus résistants de leur groupe et donc, que leurs chances de survie étaient bien supérieures à celles qu'indique notre tableau.
Ci-dessus, un graphique reprenant les chiffres de la colonne (2).


NOTES

[1]

Sans doute, le Musée d'Auschwitz n'avait-il pas encore, à l'époque de ce calcul, reçu copie des Sterbebücher emportés par les Russes. Ces 8.803 actes en possession du Musée avant cette restitution seraient donc des copies des actes qui avaient été reliés en un certain nombre de volumes retrouvés à Moscou et ailleurs ; ces copies seraient donc toutes datées de 42 et 43 et aucune ne serait datée de l'année 44. Comment se fait-il donc qu'on n'ait pas conservé une seule des copies d'un seul acte de décès postérieur au 31/12/43 ? C'est étrange et nous en reparlerons ultérieurement.

[2]

Cette analyse de Piper date de 1992 ; en 1993, il l’a légèrement révisée et il arriverait à 200.500 morts soit 21.000 en 40/41, 69.000 en 42, 80.500 en 43, 30.000 en 44/45.

[3]

Thomas Grotum et Jan Parcer, qui ont commenté le travail mécanographique effectué sur les Sterbebücher dans « Death Books from Auschwitz », précisent que :

1. Les Tziganes sont repris dans les Sterbebücher mais pas les prisonniers de guerre russes. Les résistants polonais condamnés à mort par les tribunaux de Kattowitz et transférés à Auschwitz pour l'exécution de leur peine sont également enregistrés dans les Sterbebücher.
2. Avant août 1941, l'enregistrement des décès se faisait à l'Etat Civil de la Ville d'Auschwitz.
3. L'original des actes de décès établis par le camp à partir d'août 1941 (le « Erstbuch ») était conservé à Bielitz, juridiction dont dépendait Auschwitz. En tout, pour 1941, 1942 et 1943, il y eut 60 registres (4 en 1941, 31 en 1942 et 25 en 1943). Un seul de ces originaux a été conservé : celui qui se trouve actuellement à Amsterdam.

L'Etat Civil du camp établissait 2 copies (les « Zweitbücher ») dont l'une était destinée à l'administration centrale de la SS à Berlin et l'autre était classée à Auschwitz même : on en a retrouvé 46 volumes à Moscou dont 2 très fragmentaires (en tout, 67.053 noms) ; on a retrouvé aussi des fragments de 2 volumes au camp de Gross Rosen et un volume à un endroit non précisé (il s'agit du n° 14 de 1943 qui est conservé par la Croix-Rouge à Arolsen).
Après quelques corrections, cet ensemble a donné 68.864 noms, soit 53.370 hommes, 15.454 femmes et 40 de sexe indéterminé : curieusement, ce déséquilibre n'est pas relevé et commenté par Grotum et Parcer.
Enfin, on compte 29.125 juifs, 31.814 Catholiques et 7.925 autres (Orthodoxes, etc.) ; on notera que le nombre de morts juifs enregistrés tombe radicalement à partir de mars 1943 bien qu'ils aient constitué la majorité des détenus (du moins au cours de cette année 1943).
On notera encore que les actes de décès ne reprennent pas le numéro d'immatriculation des défunts. Que de bêtises n'a-t-on pas écrites à propos de la supposée substitution du numéro d'immatriculation au nom des détenus !
Tout ceci concerne les registres de 1941, 1942 et 1943 et une question vient tout naturellement à l'esprit : où sont les registres de 1944 ? Elle ne vient pourtant pas à l'esprit de Grotum et Parcer ! Nous avons tenté d'y répondre en annexe 8. (« Où sont passés les registres mortuaires d'Auschwitz de l'année 1944 et pourquoi ont-ils disparu ? »)

[4]

On a vu dans le tome 1 que David Irving a publié la consommation de coke des crématoires en 1944, soit 923 tonnes du 1/1/44 au 27/11/44.  Sur la base retenue dans notre tome 1, soit 29,01 kg/corps, on obtient pour 11 mois 44, 31.800 crémations, chiffre proche de celui retenu par Pressac.

[5]

C'est Josef Kramer, commandant de Birkenau de mi-mai 44 à fin novembre 44, qui est à l'origine de ce chiffre (1ère déposition au procès de Bergen-Belsen rappelée par Guionnet dans Revision, mai-juillet 94) ; les malades des autres camps du complexe d'Auschwitz étant systématiquement envoyés à Birkenau, on peut donc, en pratique, admettre que la mortalité de Birkenau représente celle de l'ensemble d'Auschwitz. Pour être tout à fait précis, il faudrait tout de même peut-être ajouter au chiffre de Kramer le chiffre des décès de ceux des détenus qui n'ont pas été transférés à l'infirmerie de Birkenau ; par exemple, dans le sous-camp de Blechhammer, il y eut, d'avril 44 à janvier 45 et d'après le Nummernbuch du camp, 248 morts pour une population de 3.600 détenus, soit 0,6%/mois mais il semble bien qu'un certain nombre de ces 248 malheureux soient morts dans des bombardements de l'aviation alliée.
Pour le tout début d'Auschwitz (1940), Kramer avait indiqué « 30 décès/semaine pour 3 à 4.000 personnes », ce qui fait 2,4 à 4,5 %/mois et correspond à ce qu'on sait par ailleurs.
Pourquoi préférer le (1er) témoignage de Kramer aux prétentions des historiens ? Parce que Kramer, bien qu'ayant parlé la corde au cou, est plus crédible que Piper (qui a avalisé naguère le chiffre ridicule de 4 millions de morts) ou Pressac (qui, comme nous l'avons vu dans le tome 1, tient des propos incohérents à longueur d'ouvrage).
Signalons que, dans cette première déposition, Kramer nia catégoriquement les gazages et autres atrocités : « Tout ce que je peux répondre à ça, c'est que c'est faux du début à la fin. »

[6]

Mattogno a développé son argumentation dans Revision, n° 60, fév 95 puis dans VffG, Heft 1, April 2003, p 15 sqq. : « Die Viermillionenzahl von Auschwitz : Enstehung, Revisionen und Konsequenzen ».

[7]

Selon une autre version, le chiffre de 1.500.000 résulte d'une décision de la présidence de la république polonaise à laquelle Piper aurait bien dû se soumettre mais de façon peu convaincante.

[8]

Comme nous l'avons déjà signalé, en 2002, Fritjof Meyer, un des rédacteurs en chef (Leitender Redakteur) du célèbre hebdomadaire allemand Der Spiegel, a publié dans la respectable revue Osteuropa. Zeitschrift für Gegenwartsfragen des Ostens (n° 5, mai 2002, p. 631-641) un article intitulé « Die Zahl der Opfer von Auschwitz. Neue Erkenntnisse durch neue Archivfunde » (« Le nombre des victimes d'Auschwitz. Nouvelles données à partir de nouvelles découvertes d'archives »). Dans la conclusion de son article, il évalue le nombre des morts d'Auschwitz à « probablement 510.000 morts, dont vraisemblablement 356.000 gazés », la plupart dans les Bunker 1 et 2 ! (Conseils de Révision, septembre 2002) Comme quoi, on peut être rédacteur en chef d'un grand hebdomadaire et proférer des énormités.

[9]

Pour ce qui est de la réduction du nombre de déportés venant de Pologne, Mattogno a notamment publié dans Vffg, Heft 1, April 2003, p. 30, une étude remarquable sur la liquidation du ghetto de Lodz ( « Das Ghetto von Lodz in der Holocaust-Propaganda. Die Evakuirung des Lodzer Ghettos und die Deportationen nach Auschwitz (August 1944) ») ; on sait que les historiens racontent qu’à l’été 44, de 55.000 (selon Czech) à 70.000 (selon Piper) juifs de ce ghetto ont été déportés à Auschwitz et y ont été massivement gazés ; Mattogno démontre avec brio qu’il n’y a pas eu plus de 65.000 juifs de Lodz à être déportés mais que 42.500 ont été directement envoyés dans les camps d’Allemagne (Alt Reich) et seulement 22.500 à Auschwitz ; qui plus est, de ces 22.500, la moitié (11.500) sont aussitôt repartis pour le camp de Stutthof-Danzig (parmi eux, de nombreux enfants), 3.100 ont été immatriculés et mis au travail à Auschwitz et ses sous-camps, 7.900 ont été envoyés dans les camps de l’ouest (Voyez, par exemple, les deux cas signalés dans la note 29 de notre chapitre « Preuves de la réimplantation à l’est »).

[10]

C'est-à-dire le rapport des morts du mois à l'effectif au début du mois.

[11]

Pendant la même période, selon une note de Pohl à Himmler citée par Butz, la mortalité (calculée de la même façon) dans l'ensemble des camps civils allemands a évolué comme suit :

- pour 1942 : de 8,50% (juillet) à 10,0% (décembre) avec une pointe de 10,62% en août ;
- pour 1943 : de 8,00% (janvier) à 2,09% (août) avec une pointe de 8,14% en février.

L'évolution est la même, mais la mortalité a été, au cours de cette période, beaucoup plus importante à Auschwitz et surtout, semble-t-il, à Maïdanek : c'est l'effet des épidémies diverses qui ont frappé les camps de Pologne à cette époque (à la fin de la guerre, alors que les camps de l'est sont libérés, elles frapperont les camps de l'ouest). Il est à noter que la seule ventilation par camp que donne Pohl porte sur août 43 et qu'elle donne pour Auschwitz un taux un peu plus élevé que celui que nous trouvons (2.380 décès soit 3,22% contre 1.534 décès soit 2,07%) ; le fait qu'il manque 2 jours dans le Sterbebuch d'août 43 ne peut expliquer l'écart.


| Accueil général | Accueil français | Accueil J.–M. Boisdefeu | Précédent  | Suivant |


L'adresse électronique de ce document est
<http://aaargh-international.org/fran/bsdf/bdf2/annexe_08.html>


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


<aaarghinternational@hotmail.com>