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Annexe 12 - Le principe du libre examen

Parmi les adversaires les plus religieux des révisionnistes, on trouve des gens qui sont soit administrateurs soit enseignants dans des universités dites libres, établissements dont l'enseignement est censé être basé sur le principe du libre examen, c'est-à-dire sur le rejet de l'argument d'autorité et sur la liberté de jugement. Si ces gens combattaient leurs adversaires avec loyauté, c'est-à-dire selon les principes du libre examen qu'ils sont précisément chargés de défendre, il n'y aurait rien de répréhensible dans leur démarche ; au contraire. Malheureusement, ils foulent aux pieds ces principes, salissant ainsi l'honneur de l'université et se souillant eux-mêmes : il nous a semblé qu'il était nécessaire de les rappeler à leurs devoirs en leur demandant de bien vouloir lire l'exposé ci-après que nous avons trouvé dans l'Annuaire des anciens étudiants de l'ULB - Université Libre de Bruxelles ASBL. Cet exposé, intitulé « Le principe du libre examen », est composé d'extraits d'une leçon donnée à l'université par Lucia de Brouckere le 2/10/1979.

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L'engagement de l'Université n'implique pas celui des étudiants

En vertu de l'article 1er des statuts de l'U.L.B., tout membre de son corps s'engage à fonder son enseignement et sa recherche sur le principe du libre examen. Ce principe, nous allons tenter d'en dégager la signification profonde en insistant dès l'abord sur le fait qu'il postule, disent les statuts, le rejet de l'argument d'autorité et l'indépendance de jugement.
Notre institution, comme telle, n'est donc pas neutre, elle est engagée et chacun doit le savoir. Mais notre Maison accueille en tant qu'étudiants à part entière ceux qui ne partagent pas son idéal. Elle ne veut en aucun cas se transformer en ghetto dont une partie des étudiants serait écartée pour délit d'opinion.
Toutefois, ceux qui choisissent délibérément de venir chez nous, qui avons annoncé la couleur, ceux-là ont le devoir d'acquérir une connaissance personnelle de nos principes, de ne pas nous juger par personnes interposées. La vie en communauté, à laquelle tous les étudiants, sans exception, se doivent de participer, cette vie communautaire implique la compréhension et la tolérance mutuelle. Mais comme l'a fort bien dit Charles Graux qui fut bourgmestre de Bruxelles et administrateur de l'U.L.B. :

« La tolérance n'est ni l'hésitation ni la transaction sur les principes, ni la pusillanimité ou l'équivoque dans leur expression ; à ce compte elle consisterait à n'avoir point de principes ou à ne pas oser les dire. La tolérance n'impose pas à proprement parler le respect des opinions d'autrui. Comment respecter ce qui est jugé faux, ce que l'on condamne, ce que l'on s'efforce de détruire.
La tolérance est le respect de la personne et de la liberté d'autrui. Elle consiste à affirmer ce que l'on tient pour vrai en même temps qu'on reconnaît à autrui le droit d'affirmer ce que l'on considère comme des erreurs, en même temps qu'en les condamnant, on se refuse à recourir pour les vaincre à l'injure, à la violence ou à la proscription. »

Le principe du libre examen est immuable dans ses fondements, mais évolue dans sa forme

Le principe du libre examen implique, nous l'avons dit, le non-conformisme et la critique des valeurs reçues même si elles émanent de l'Université. Mais la mise en question des valeurs ne s'identifie pas à leur rejet automatique. Les libres exaministes recherchent précisément les valeurs fondamentales qui résistent à la critique et sortent renforcées de la critique dont elles sont l'objet.
Dans son contenu, le principe du libre examen est éternel, mais dans son application, le pensée et l'action libre exaministe ont fortement évolué au cours des siècles. Ces modifications résultent d'efforts individuels cumulés. Elles viennent de la base. Elles n'ont été imposées par aucune hiérarchie siégeant en conclave ou en concile. C'est en cela que notre évolution se distingue de celle d'une église ou d'une religion.

L'engagement libre exaministe

Le libre examen est un principe auquel on souscrit par un engagement et non, comme on le disait jadis, une méthode intellectuelle d'approche des problèmes. Le libre examen ne se confond pas avec la méthode scientifique. Le libre examen doit imprégner tous les actes de notre vie. Le libre exaministe s'engage à mettre ses paroles et ses actes en accord avec ce qu'il tient pour vrai. Il s'engage donc à parler et à agir. Il ne peut se contenter, comme certains le voudraient, de rechercher sa vérité. Il doit avoir le courage de la dire, de la défendre. Il doit être dans la mêlée et non au-dessus d'elle.

Le libre exaministe accepte un devoir.

Les libres exaministes ne revendiquent pas seulement des droits pour eux-mêmes et pour les autres. Ils acceptent un devoir, celui de défendre leurs libertés, non pas tellement contre les autres, mais contre leur propre paresse. Il est tellement plus aisé de marcher en rangs serrés derrière un drapeau en répétant machinalement des slogans que de prendre des décisions après un examen personnel et aussi objectif que possible des situations. Le libre exaministe a le devoir de travailler à l'élaboration d'une société qui garantisse à tous le droit et la possibilité d'exercer les libertés fondamentales, à savoir, les libertés de :

Les libres exaministes s'engagent à collaborer à l'édification d'une société laïque, la laïcité étant le prolongement dans le domaine de l'action du principe philosophique qu'est le libre examen.

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On y ajoutera ce texte de Robert Joly, également professeur à l’Université de Bruxelles, qui, dans un de ses ouvrages sur l’incroyance, écrit :

 « La tolérance, c’est le respect des personnes en tant que porteuses de croyances, de convictions. (…) Mais la tolérance ne peut exiger, en plus du respect des personnes, le respect des idées des personnes . (…) Les idées ne sont pas faites pour être respectées, l’irrespect ne fait pas de mal à une idée ! Elles sont faites pour être analysées, améliorées ou abandonnées. (…) Pour l’incroyant, la foi n’est qu’une croyance comme une autre. En exiger le respect de la part de l’incroyant, c’est vouloir interdire le débat d’idées. C’est intolérable ! » (Selon Fernand Glibert dans le courrier des lecteurs du Soir du 17/01/01. [Ce journal s'améliore, dirait-on.])


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