AAARGH

| Accueil général | Accueil français | Accueil J.–M. Boisdefeu | Précédent  |  Suivant  |


V. LES GRANDES DEPORTATIONS DE 1942

Après Wannsee donc, à partir d'avril-mai 42, commencèrent les déportations de masse : les juifs furent déportés en URSS par centaines de mille et transitèrent par des camps et des ghettos comme Auschwitz-Birkenau, Belzec, Sobibor, Maïdanek et Treblinka.
Ainsi que nous l'avons déjà vu, la majorité des juifs du Reich avaient émigré avant la guerre ; les juifs restés sur place comprenaient une forte proportion de gens âgés, préférant subir les désagréments et les humiliations de la persécution plutôt que de quitter leur patrie. Partout, ce sera la même chose : une forte proportion de jeunes et d'adultes dans la force de l'âge émigreront, et cela, dès le début des années 30 (car, en Europe de l'Est, il y avait eu, avant Hitler, l'antisémitisme est-européen séculaire et la crise économique) et une forte proportion de vieux et d'adultes de faible constitution resteront. Ceci a contribué à accroître le pourcentage de morts parmi les juifs déportés plus tard à l'Est ou même restés sur place. Ainsi, chez les juifs allemands en liberté (il n'y en avait plus que 50.000 environ en 1943, soit environ 11 fois moins qu'en 1933), les naissances avaient été de 3.425 en 1933 et seulement 239 en 1942 (soit 14 fois moins) ; les décès, par contre, n'avaient guère diminué : 8.925 en 1933 et 7.857 en 1942. On notera, de plus, que ceci illustre bien l'une des erreurs systématiques auxquelles conduit la méthode d'évaluation des morts dite « démographique » (mais aussi la méthode « par camp d'extermination ») : on tient pour exterminés des gens morts de mort naturelle (personnes fragiles mortes précocement de maladie ou personnes âgées mortes de vieillesse), la perpétuation de la communauté se faisant ailleurs (USA, etc.). Ainsi, si la guerre avait duré 6 ou 7 ans de plus, il n'y aurait plus eu un seul juif en Allemagne et les historiens n'auraient pas manqué d'ajouter ces 50.000 juifs allemands aux 6 millions de morts imputés aux Allemands. [1]  
A ce reliquat de juifs allemands étaient venus s'ajouter les juifs de l'Ouest (majoritairement des réfugiés de l'Est et du Reich, dont Hitler croyait s'être débarrassé !) et surtout les juifs orientaux, qui constituaient la grande masse du judaïsme mondial.
La question qui se pose est de savoir exactement combien de juifs furent ainsi déportés et où ils furent déportés. Nous allons tenter de démontrer ci-après que :

A- il n'a pas dû y avoir plus de trois millions de juifs à être tombés dans les mains des Allemands, lesquels n'auraient donc pas pu en exterminer davantage (Chapitre A : Le Rapport Korherr) ;
B- la majorité des déportés occidentaux ont été déportés à l'est d'Auschwitz, lequel camp n'a donc pas été le camp d'extermination qu'on dit mais un camp de travail et de transit [2] (Chapitre B : Auschwitz, terme du voyage ?) ;
C- qui plus est, la majorité des déportés, tant occidentaux que polonais, ont même dû être déportés en URSS, c'est-à-dire à l'est de Treblinka, Sobibor et Belzec, lesquels camps n'ont donc pas été davantage qu'Auschwitz les camps d'extermination qu'on dit (Chapitre C : Preuves de la réimplantation à l'est). 

Nous ne saurions trop recommander au lecteur de se référer avec constance à la carte de Pologne que nous publions par ailleurs : cela l'aidera à comprendre.


NOTES

[1]

Un autre exemple extrait du témoignage d’Isabelle Choko qui fut enfermée dans le ghetto de Lodz durant toute la guerre : A l’arrivée des Allemands en 39, dit-elle, le bruit a couru qu’ils allaient mettre les juifs au travail forcé ; « (…) alors tous les hommes jeunes, souvent accompagnés par leur famille, se sont lancés sur les routes et pour beaucoup sont arrivés en Russie. Tous les juifs qui sont restés à Lodz, essentiellement femmes, enfants, personnes âgées ou souffrantes et bien entendu une partie des hommes jeunes ont été obligés de déménager au ghetto (…). »  (Après Auschwitz, n° 287, juillet 2003, p 11

[2]

On notera déjà qu'Auschwitz était situé au milieu d'une importante zone d'habitat et d'industrie et sur la nouvelle frontière entre le Reich et la Pologne mais sur le territoire du Reich. Cet endroit était vraiment peu indiqué pour une opération secrète d'extermination massive.


| Accueil général | Accueil français | Accueil J.–M. Boisdefeu | Précédent  |  Suivant  |


L'adresse électronique de ce document est

<http://aaargh-international.org/fran/bsdf/bdf2/grandes_deportations.html>


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


<aaarghinternational@hotmail.com>