AAARGH
D'une part, cette chambre à gaz hypothétique pouvait tout aussi bien être consacrée à l'épouillage; d'autre part, cet indice est, en bonne logique, sans valeur et renvoie au chapitre précédent sur les portes et fenêtres étanches au(x) gaz.
3. POMMES [DE DOUCHE]
L'inventaire établi lors de la réception des caves du Krema III mentionne "14 pommes [de douche]" ("Brausen") dans la morgue 1. Le même inventaire reprend 2 robinets et, dit Pressac, ils figurent sur un plan (le n* 2197) ainsi que les conduites d'eau qui les alimentent; par contre, le plan n'indique ni douche ni canalisation ad hoc et on n'en a pas trouvé de trace in situ (on notera qu'on avait fait dire à Höss que des canalisations et des robinets postiches avaient été installés). C'est donc, en conclut Pressac, que ces pommes de douche sont factices (il pense qu'elles étaient en bois peint -- ce que ne dit pas l'inventaire -- et étaient destinées à tromper les Juifs à gazer).
On peut répondre:
a) Les Allemands avaient démonté et récupéré tout ce qu'ils avaient pu avant de faire sauter les installations (conduits, etc... ). Ce fait ne facilite pas la recherche.
b) Le plan 2197 publié par Pressac est tout simplement illisible et on ne peut vérifier ce qu'il dit.
c) Au passage, on peut noter que la présencc de robinets dans une chambre à gaz pose un problème, l'HCN étant très soluble dans l'eau. Pressac affirme d'ailleurs, mais toujours sans donner de preuve, que ces robinets furent détruits lors des premiers gazages. Mais alors, se pose la question de savoir comment on nettoyait ces caves après le gazage des 3.000 victimes.
d) On pouvait, dit Faurisson, désigner l'ensemble par la partie et, effectivement, on le faisait parfois: le Krema aurait donc pu être désigné par sa morgue principale. De ce fait, les douches en question auraient très bien pu être celles qui se trouvaient au rez-de-chaussée.
e) On note que l'inventaire en question est un tableau à deux entrées: les salles sont indiquées en ordonnées en manuscrit, les objets répertoriés sont désignés en abscisses en préimprimé (c'est le cas des pommes) ou en manuscrit (c'est le cas des portes). Ce formulaire était un formulaire passe-partout et il prouve qu'il y avait des pommes de [159] douche habituellement dans ces locaux sanitaires et mortuaires (mais, par contre, il est vrai, pas de portes étanches au(x) gaz mais les rnorgues pour typhiques n'avaient sans doute pas fait l'objet d'une normalisation).
f) On ne trouve effectivement pas de pommes dans les autres lignes consacrées aux caves du Krema III. Par contre, aucune pomme de douche n'est mentionnée dans l'inventaire des caves du Krema II (et pas davantage de porte étanche au(x) gaz et pourtant il y en avait une). De même, l'inventaire ne mentionne rien de l'équipement des douches qui se trouvaient incontestablement au rez-de-chaussée.
On fourrait donc aussi supposer qu'au
moment de la réception, ces pommes étaient simplement
stockées dans la cave en question et que le SS chargé
de l'inventaire, qui donne, par ailleurs, des preuves de son peu
d'exactitude (il ignorait, bien entendu, qu'il écrivait
l'histoire !), ne les a. pas rapportées à la salle
à laquelle elles étaient destinées et qui
pouvait, par exemple, être la salle de douche qui se trouvait
au rez-dechaussée.
g) Ces pommes de douche (24, dit par ailleurs Pressac -- en contradiction avec l'inventaire qui en donne 14 pour le III et 0 pour le II- pour une pièce de 210 m2, soit 1 pomme pour 9 m2 ou encore 1 pomme pour 125 personnes, si on gazait 3.000 personnes à la fois !) auraient été à portée de main; un homme de 1,70 m pouvait facilement toucher le plafond et vérifier la nature exacte de ces pommes en bois peint pour le moins étranges. C'est quand même un peu gros.
L'historien Wellers, lui-même, déclarait en mai 1987 dans "Zéro" à Michel Folco: "Bon, et l'histoire des pommes de douche du bordereau, vous savez, ce n est pas la preuve de quoi que ce soit". Il devait avoir raison. Autrement plus important est le projet d'installation de 100 douches, probablement dans la morgue 2 du Krema III (et du Krema II ?), dont nous parlerons en annexe 7 et qui prouve indubitablement que ce(s) Krema(s) n'avai(en)t pas de destination criminelle.
4. DISPOSITIFS D'INTRODUCTION DU ZYKLON-B ?
Dans l'inventaire susdit pour la morgue 2 (le vestiaire) du Krema II, on trouve encore "4 Drahtnetzeinschiebvorrichtung ("4 dispositifs d'introduction en treillis de fil de fer "?); on ne trouve rien de sembla[160]ble dans l'inventaire du Krema III. Le rédacteur, dit Pressac, s'est trompé de ligne: il devait porter cette mention sur la ligne réservée à la morgue 1 (la chambre à gaz), car ces dispositifs étaient des colonnes grillagées reliées aux 4 ouvertures aménagées dans le plafond et dans lesquelles on déversait le Zyklon-B; ce système, dit encore Pressac, permettait une bonne diffusion du gaz. Pressac en donne un croquis qui enlève toute vraisemblance à son explication.
En fait, ce système aurait plutôt contribué à reconstituer la boîte de Zyklon-B dans la partie inférieure de la colonne; or, c'était l'inverse qu'il fallait faire. Dans les blocs à désinfecter, on étalait soigneusement les granulés de Zyklon-B sur des nattes dans toute la pièce; dans les chambres à gaz d'épouillage, les Allemands avaient installé des systèmes de diffusion du gaz (système Degesch-Kreislauf dont nous avons donné un plan plus haut), qui étaient tout à fait indiqués pour des chambres à gaz homicides. Il est incroyable qu'ils n'y aient pas pensé quand ils ont entrepris la conversion, dès avant leur construction, des morgues en chambres à gaz, A défaut d'utiliser une de ces deux méthodes, il aurait encore mieux valu lancer le contenu de la boîte de Zyklon-B à la volée par l'ouverture: ç'aurait encore été moins inefficace que l'emploi de ce "dispositif" en fil de fer.
De toute façon, Pressac ne nous donne aucune preuve de tout cela. Alors qu'est-ce que ce "dispositif'? Comme le suggère le verbe G4 einschieben" dérivé du mot "Schub", c'étaient probablement, dit Gauss, des dispositifs d'enfournement des corps dans les fours. (On notera accessoirement que le SS chargé de l'inventaire ne se serait donc pas nécessairement trompé de ligne comme Pressac doit l'affirmer pour appuyer sa démonstration.) C'est possible.
C'est l'occasion de parler de ces fameux
quatre orifices percés dans le toit en béton de
la morgue 1 du Krema II (et du III). Il est étonnant
que Pressac ne donne pas de cliché des ruines montrant
clairement ces orifices. C'est d'autant plus étonnant qu'il
publie par ailleurs des clichés qui montrent de façon
absolument nette des détails moins évidents comme
un trou circulaire de 25 cm de diamètre qui a servi au
passage d'une canalisation d'air dans le toit de la morgue 2 ou
encore comme les attaches des canalisations de la ventilation
dans la morgue 1.
[161]
Ces ouvertures, par ailleurs, ne figurent sur aucun plan, ce qui
est un autre sujet d'étonnement: même si elles avaient
eu une destination homicide, elles auraient pu figurer sur un
plan comme bouches d'aération.
Leur présence sur un plan était d'autant plus nécessaire que la dalle dans laquelle elles étaient à aménager était armée dans les deux sens, avait 20 cms d'épaisseur et était supportée par une poutre maîtresse longitudinale en béton de 40 cms de largeur, elle-même supportée par 7 piliers en béton de même largeur.
Il y a aussi à dire sur l'emplacement de ces orifices du fait de la présence de cette poutre maîtresse en béton et des 7 piliers qui la supportaient. Dans le cas du Krema III, les orifices, qui, bien entendu, ont dû être aménagés lors de la fabrication de la dalle, auraient été disposés de part et d'autre de cette poutre longitudinale; par contre dans le cas du II, ils auraient été disposés en ligne au centre de la dalle, apparemment sur la poutre et ceci est impossible.
En fait, l'examen de la dalle de béton du Krema II ne laisse apparaître que deux orifices. Commentant un cliché, dans lequel on peut voir le plus gros de ces deux "trous", Pressac dit: "(...) en haut, à gauche, le trou dans le plafond est supposé être l'une des ouvertures par lesquelles on introduisait le Zyklon-B, mais la position des 2 trous qui peuvent être vus aujourd'hui ne correspond pas à celle de la photo de l'US Air Force du 25/8/44. La raison de cette différence à ce jour inexpliquée pourrait bien simplement être le fait que le toit s'est déplacé considérablement quand on l'a dynamité". Plus loin, Pressac précise: "Selon la photo de l'aviation américaine du 24 août 44 [pour 25 août 44], les 4 points d'introduction étaient situés le long d'une ligne longitudinale sur la partie EST de la dalle. L'examen des ruines permet de vérifier la présence de deux trous à l'extrémité sud mais dans la moitié OUEST. Personne, à ce jour, ne semble s'être préoccupé de cette contradiction ni l'avoir expliquée."
Ce début d'explication n'est pas convaincant du tout, car les photos de Pressac lui-même permettent d'affirmer que le dynamitage n'a pas soufflé le toit, qui s'est désarticulé sans se déplacer de façon importante. En fait, les "trous" auxquels Pressac fait allusion sont postérieurs à [162] la guerre: Walendy, Leuchter, McCalden et d'autres en donnent des clichés qui montrent que l'armature métallique a été dénudée à ces endroits puis repoussée. Bien que le dynamitage des Kremas ait fort abîmé la dalle, il en reste encore des pans entiers sur toute la largeur de la chambre à gaz et les photos semblent indiquer que Faurisson a raison: il n'y a pas d'orifice là où il devrait y en avoir!
Il reste, direz-vous, que les photos aériennes de l'US Air Force, notamment celle du 25/8/1944 (voir annexe 1 et ci-après) montrent clairement ces 4 orifices sur les deux Kremas.
Pour certains, les taches apparaissant sur les photos, correspondaient effectivement aux cheminées de déversement du Zyklon-B et à leur ombre projetée, mais cette thèse est insoutenable, car la partie non recouverte de terre des cheminées, nous dit Pressac, n'avait que 10 à 15 cms de hauteur et elle était de plus partiellement cachée par les herbes poussant sur la butte. Pour d'autres, ces taches devaient correspondre à des arbustes, plantés sur la butte qui coiffait la morgue 1. Mais, cette thèse est également insoutenable: en 1988, lors du procès Zündel, un spécialiste de la photo aérienne, Kenneth R. Wilson, avait déjà fait remarquer que ces taches n'avaient pas de hauteur et pas de formes régulières (il avait aussi constaté qu'elles n'apparaissaient pas sur toutes les photos !). Depuis, John C. Ball, un géologue canadien, a confirmé que ces taches ne peuvent pas correspondre à des ombres; d'après Ball, la CIA, laquelle a été seule à avoir accès à ces photos jusqu'à leur diffusion en 1979, les a tout simplement maquillées -de façon grossière- pour faire croire à l'existence des 4 orifices. En fait, si le 25/8/1944, les deux Kremas sont dotés de ces taches et cela de façon très visible, par contre, seul le Krema III en est doté les 31/5/1944 et 13/9/1944 ! La photo aérienne de la Luftwaffe du 8/7/1944, elle, ne montre absolument aucune tache ni sur le II ni sur le III! Autre sujet d'étonnement: ces taches -tout le monde peut s'en convaincre facilement, sachant que la chambre à gaz avait, à l'extérieur, 30,50 m de long et 8 m de large- ont plusieurs mètres de long ! L'agrandissemen: de la photo est confondant.
[163]
AGRANDISSEMENT DE LA PHOTO DE L'US AIR FORCE DU
25/8/1944: CHAMBRE A GAZ DU KREMA II (contours renforcés)
Non reproduit ici.
[164]
AGRANDISSEMENT SCHEMATISE DU TOIT DE LACHAMBRE A GAZ DU KREMA
II (25/8/1944).
Outre les 4 taches figurant sur la photo, on y trouve les 2 trous
actuellement visibles (d'après Gauss), la poutre longitudinale
et les 7 piliers en béton.
[Schéma non reproduit ici]
Les 4 taches sur le Krema III ont 3 à 4 m de long; elles sont plus régulières que sur le II et pourraient donner l'impression d'être des ombres; malheureusement, non seulement ce ne peut être le cas pour les raisons développées par Ball et Pressac, mais l'orientation de ces ombres projetées éventuelles ne correspond pas à la position du soleil. Le faussaire de la CIA aurait décidément été des plus maladroits.
Le lecteur a ici une nouvelle occasion de vérifier le peu de sérieux de l'historiographie holocaustique. En effet, comme le remarque Pressac lui-même, les historiens ne semblent pas dérangés le moins du monde par cette absence flagrante des 4 ouvertures de déversement du Zyklon-B et ils continuent à nous en parler comme si elles existaient! Le seul à s'en préoccuper est Pressac, chercheur sans doute honnête et qui se veut probablement rationaliste mais qui est handicapé par son adhésion au dogme. Dès lors, sa démarche est irrationnelle:
-- Comme nous l'avons vu, il croit reconnaître sur la photo de l'US Air Force, 4 ouvertures dans la partie Est: comme le lecteur peut le vérifier, c'est déjà là une chose fort contestable, mais passons.
-- Examinant les ruines, non seulement il ne retrouve plus que 2 "trous" (sans se demander où ont bien pu passer les deux autres orifices; c'est pourtant une question qui vient toute seule à l'esprit), mais il les retrouve dans l'autre moitié de la dalle!
N'importe qui de conséquent en déduirait que ces orifices relèvent de l'imaginaire, mais pas lui: certes, il constate de visu que ces 4 orifices n'existent pas mais comme il a décrété -- sans preuve - que les 4 [165] mystérieux "dispositifs d'introduction en treillis de fil de fer" étaient des dispositifs s'adaptant à ces orifices, il en conclut humblement qu'il y a là comme un mystère ! Un mystère: voilà bien le mot qui convient pour décrire l'impasse où le conduit le dogme!
Il nous faut dire aussi un mot d'une autre photo célèbre, datant du début 1943, à l'époque de la construction du Krema II: cette photo prise au sol par le service photographique du camp figure dans l'album que la Bauleitung avait constitué. Prise à l'arrière du Krema II, elle montre clairement, un peu au-dessus du sol, le toit de la chambre à gaz avant qu'il ne soit recouvert d'une couche isolante de 50 cms de terre et plus précisément les cheminées par lesquelles le Zyklon devait être déversé. Cette photo, dont personne ne contestait l'authenticité, ne manque toutefois pas d'intriguer car elle montre 3 cheminées tout à fait terminées (on n'aperçoit plus aucune trace de coffrage autour des cheminées, ce qui ne permet pas d'affirmer qu'une quatrième cheminée était en cours de construction) alors que les historiens affirment qu'il y en avait 4 ! L'explication que nous donnons ci-après, nous semble la plus plausible:
a/ Il est curieux que les Allemands aient pu conserver une photo aussi compromettante. Ceci donne à penser qu'elle ne comportait aucun indice criminel.
b/ Le tas de terre à gauche de la cheminée de la locomotive est la cause d'une importante illusion d'optique: on a l'impression que la chambre à gaz (qui, rappelons-le, est perpendiculaire au bâtiment contenant les fours, c'est-à-dire au bâtiment qui constitue le fond de la photo) aboutit sous la troisième (double) fenêtre et ceci donne l'illusion que les 3 cheminées sont relativement bien centrées et leur donne de la vraisemblance (à ceci près qu'il n'y en a que 3 !). En fait, la chambre à gaz est axée, à quelques centimètres près, sur la deuxième (double) fenêtre et, ainsi que le montrent nos deux schématisations, cela change tout.
c/Il est difficile de situer les cheminées sur la dalle; on peut toutefois déterminer avec certitude -par rabattement- qu'elles se trouvent sur les diagonales en pointillés du croquis que nous publions par ailleurs. Même sans rabattement, il est déjà évident, du moins en examinant un agrandissement, que si ces cheminées sont alignées (ce qui est la moindre des choses) sur la grande médiane, c'est-à-dire sur la poutre maîtresse (ce qui constitue une absurdité, comme nous l'avons déjà dit), on constate que:
[166]
PHOTO DU KREMA II (début 43)
[167]
SCHEMATISATION ERRONEE DE LA PHOTO PRECEDENTE
(Chambre à gaz centrée sur la 3ème fenêtre)
ET SCHEMATISATION CORRECTE DE LA PHOTO PRECEDENTE
(Chambre à gaz centrée sur la 2ème fenêtre)
[168]
AGRANDISSEMENT (contours renforcés) et RABATTEMENT
SCHEMATISE DE LA CHAMBRE A GAZ DU KREMA II
Documents non reproduits ici
[169]
Les 3 cheminées sont regroupées sur une moitié de la dalle (à l'avant).
Elles ne sont pas équidistantes (la distance projetée devrait diminuer de droite à gauche en raison de la perspective: c'est le contraire qu'on constate !) et ne sont peut-être pas de même hauteur.
Elles sont sans rapport avec les 4 taches apparaissant sur certaines photos de l'US Air Force (nous venons de voir qu'elles avaient été trafiquées) et pas davantage avec les 2 trous actuellement visibles (nous avons vu qu'ils dataient d'après-guerre).
En conclusion, tout cela est contraire aux affirmations des historiens, sent le bricolage, n'est pas conforme à la pratique des ingénieurs-architectes de la SS d'Auschwitz, est contraire aux lois de l'optique, bref, est tout à fait invraisemblable. L'explication la plus raisonnable est que cette photo-là, elle aussi, a été truquée: d'une part, le faussaire (sans doute polonais ou soviétique) aurait été un étourdi qui aurait pris un 4 pour un 3, d'autre part, il aurait été victime d'une illusion d'optique (à sa décharge, il faut bien dire qu'il n'aurait pas été le seul). (
60 ) Le bienfondé de cette thèse du trucage serait facile à vérifier puisque l'original de la photo se trouve dans l'Album de la Bauleitung en Pologne.
Il faut donc bien admettre que les chambres à gaz des grands Kremas II et III n'avaient pas d'ouvertures dans le toit et on peut dès lors se demander comment on y introduisait le Zyklon-B ! Si, comme le laisse supposer le document retrouvé par Mattogno et Graf, la morgue 1 était destinée à recevoir une chambre d'épouillage (fonctionnant nécessaire[170]ment au gaz, car, à cette époque, la SS d'Auschwitz ne pouvait raisonnablement retenir aucune autre solution), il se pose la question du mode d'introduction du Zyklon-B. Comme la porte n'était pas prévue pour être équipée du dispositif Degesch-Kreislauf, il faut bien admettre qu'il était prévu que les opérateurs feraient comme pour la désinfection des bâtiments des détenus, c'est-à-dire entreraient masqués dans la pièce, y ouvriraient les boîtes de Zyklon-B et en répandraient le contenu sur des nattes à même le sol.
5. SALLE DE DESHABILLAGE
Dans une lettre du 6/3/1943 de Bischoff à Topf, la morgue 2 (sans mention de Krema) est désignée par "Auskleideraum" ("salle de déshabillage"): c'était, disent les historiens, dans cette pièce baptisée "morgue" sur les plans, que les condamnés se déshabillaient. Mais cet argument n'est pas probant, car on pouvait tout aussi bien avoir pu spécialiser cette morgue en salle de récupération des effets des morts (de mort naturelle) amenés au Krema pour incinération. On notera d'ailleurs que cette pièce n'en restait pas moins une morgue.
Ceci suppose une spécialisation des morgues 1 et 2 et c'est le moment d'en dire un mot. Initialement (octobre 1941), il avait été prévu deux morgues:
-- l'une appelée "L[eichen]. Keller" ("cave à c[adavres]"). Cette cave ne devait être équipée que d'une installation de désaération. Plus tard, disent les historiens, elle deviendra la salle de déshabillage.
-- l'autre appelée "B[elüfteter]. Keller" ("cave a[érée]"). Cette cave, qui, un an plus tard et selon les historiens, aurait été transformée en chambre à gaz, devait être équipée non seulement d'une installation de "désaération" ("Entlüftung") comme la précédente mais, en plus, d'une installation d'"aération" ("Belüftung").
On voit bien ici, comme l'admettait Pressac
dès 1989, qu'on ne peut trouver la preuve de l'existence
des chambres à gaz dans l'analyse des systèmes de
ventilation, puisque un an avant qu'on ne décide de transformer
la B. Keller en chambre à gaz et même longtemps
avant que les Allemands ne se décident à exterminer
les Juifs, on avait déjà prévu de l'aérer
de façon plus poussée que la L. Keller. Mais
dans quel but, dira-t-on, puisque normalement on aurait dû
faire le contraire c'est-à-dire plutôt soigner la
ventilation de la morgue? La réponse est simple: il ne
[171]
faut pas prendre les appellations au pied de la lettre; en fait,
ces deux caves étaient toutes deux des morgues, qui (après
l'ajout en février 42, de la morg ue 3, initialement appelée
"S, Au.W-Raüme" pour "salle d'autopsie,
d'exposition et de lavage") devaient fonctionner comme
suit:
-- la 3 servait de "secrétariat funéraire" (réception des corps, enregistrement, autopsie, lavage et autres formalités)
-- la 2 (L. Keller ou cave à cadavres) devait accueillir les morts récents et ne sentant pas encore.
-- la 1 (B. Keller ou cave aérée
et qu'on aurait mieux fait d'appeler B. L. Keller ou
cave à cadavres aérée) était destinée
à recevoir les corps en instance d'incinération
et plus particulièrement ceux qui, étant déjà
dans un état de décomposition avancée, dégageaient
une odeur insupportable. Il faut se rappeler aussi que les fours
n'étaient pas destinés à fonctionner en continu
mais par intermittence (c'est du moins ma thèse): pour
économiser l'énergie, on ne les mettait en route
que quand la cave était pleine de corps; les Allemands
qui n'avaient jamais prévu d'exterminer qui que ce soit
par le gaz ou le travail et qui n'avaient pas pensé au
typhus, pouvaient supposer et même espérer que cette
cave ne serait pas trop vite pleine, d'où la nécessité
d'une aération poussée dans au moins une des deux
morgues. Ces deux caves étaient donc, toutes deux, des
morgues et très vite, on abandonna l'appellation B.
Keller pour L. Keller et on n'eut plus que des Leichenkeller
ou caves à cadavres numérotées de 1 à
3.
Par la suite se produisit un évènemeni imprévu de taille, lequel n'est pas l'arrivée des Juifs déportés et faisant l'objet du traitement spécial c'est-à-dire destinés soit à y travailler soit à y transiter mais l'apparition d'épidémies terribles (typhus, diphtérie, malaria, etc...). En effet, les Juifs ne faisaient que remplacer (momentanément) les 200.000 prisonniers soviétiques à qui on avait attribué le camp et c'était du pareil au même; par contre, le typhus, lui, était un imprévu de taille qui obligea à revoir, sans pour autant la bouleverser, l'organisation des Kremas et à prévoir des aménagements différents ou nouveaux:
-- La 3 continua à servir de "secrétariat funéraire".
-- La 2 servit à la récupération des effets des morts (d'où l'emploi de l'appellation de "cave de déshabillage") et ne servit pas de morgue: si on y monta l'installation de désaération prévue, on ne la mit jamais en service car on n'y monta jamais le moteur électrique prévu et même livré (tant pour le Krema II que pour le Krema III); cette morgue, il [172] faut aussi le préciser, pouvait être ventilée de façon naturelle, car elle n'était pas construite en cul-de-sac comme la morgue 1.-- La 1 fut la "vraie" morgue et un équipement spécial y était d'autant plus nécessaire que les cadavres qu'on devait y amener étaient porteurs des germes du typhus: la ventilation fut encore améliorée par la pose de portes étanches, etc... (d'où, sans doute, l'appellation de "cave spéciale" ("Sonderkeller"), utilisée par Wolter le 27/11/1942).
En somme, on pourrait dire, en simplifiant à l'extrême, que cette fameuse transformation des Kremas (preuve des desseins criminels allemands d'après les exterminationnistes) a porté sur la transformation d'une ventilation destinée à éliminer de mauvaises odeurs en ventilation destinée à empêcher la dispersion de redoutables microbes.
Du coup, s'expliquent un certain nombre d'incohérences de langage: les uns, bien au courant des nouvelles orientations, utilisaient de nouvelles appellations; d'autres, moins rapides ou n'ayant pas été mis au courant ou simplement distraits, continuaient à utiliser les anciennes.
A partir d'une certaine date, une chambre à gaz d'épouillage fut prévue pour le Krema II (et sans doute aussi pour les Kremas III, IV et V), très probablement dans la morgue 1. A partir de quand ? Mattogno et Graf n'ont pas encore livré le document essentiel qu'ils ont découvert à Moscou. Par contre, on connaît la date de la première "bavure" relevée par les historiens: c'est le 29/l/1943, date de la fameuse lettre de Bischoff parlant précisément d'une "Vergasungskeller" et que nous allons bientôt examiner. A partir de cette date (sans doute, plus tôt) et pour 3 ou 4 mois au plus (période au cours de laquelle Pressac trouve encore des "traces" de chambre à gaz non pas criminelle comme il le croit mais sanitaire), la morgue 1 fut destinée à fonctionner comme chambre à gaz d'épouillage; elle fut équipée en conséquence (cet équipement se limitant à vrai dire à bien peu de choses: le placement de portes dites un peu abusivement "étanches au gaz") mais ne fonctionna pas comme telle sauf peut-être au cours d'une brève période d'essais qui devaient se révéler non concluants; puis, elle fonctionna comme morgue: elle devint la seule et unique morgue effective. Quant à la morgue 2, elle aurait dû être destinée au cours de cette période à fonctionner comme morgue et finalement, après l'abandon du projet "chambre à gaz dans la morgue 1", elle a dû servir au déshabillage des morts. Entre ces deux destinations, elle a aussi probablement été destinée [173] à servir de salle de douche (nous en avons déjà dit un mot et nous en reparlerons plus loin) mais ce projet resta sans suite.
6. DETECTEURS DE GAZ
Le 26/2/1943, Auschwitz confirme télégraphiquement au constructeur des fours (Topf) une demande verbale de "10 détecteurs de gaz" ("10 Gasprüfer"), apparemment pour le Krema II (sans autre précision). C'était pour tester le système d'aération de la chambre à gaz, dit Pressac: les travaux de construction du Krema étaient pratiquement terminés et les Allemands voulaient vérifier que ce système d'aération (prévu pour une morgue) pouvait néanmoins convenir. Dans ce cas, se contentaient de répondre les révisionnistes, pourquoi l'avoir demandé à un fabricant de fours, qui, de toute évidence, ne pouvait pas satisfaire une demande de détecteurs d'HCN ? Il aurait fallu le demander au fournisseur de Zyklon-B lui-même, lequel, nous confirme Pressac, distribuait des détecteurs de gaz cyanhydrique. Auschwitz devait d'ailleurs probablement en avoir déjà en sa possession; les instructions du fabricant de Zyklon-B en font mention à 6 reprises et sans laisser le choix aux utilisateurs: on ne pouvait utiliser le Zyklon-B sans en être équipé. 61 Il paraissait donc probable que les 10 détecteurs en question étaient des détecteurs de CO (oxyde de carbone) et de C0 2 (anhydride carbonique) produits dans les fours eux-mêmes.
Toutefois, les téléspectateurs belges ont pu voir, en mai 1993, Pressac montrer triomphalement la réponse de Topf: il s'agit d'une lettre retrouvée dans les archives soviétiques et datée du 2/3/1943, dans la[174]quelle Topf dit que depuis 10 jours, il a interrogé 5 firmes susceptibles de fournir les "appareils détecteurs de résidu d'acide cyanhydrique" demandés ("Anzeigegeräte für Blausäure-Reste"), 3 firmes ayant répondu négativement et 2 n'ayant pas encore répondu.
Les révisionnistes opposent une argumentation à tiroirs:
a) Pour les uns, les choses sont donc claires, encore que l'incohérence et l'incoordination apparentes des gens de la Bauleitung, de Bischoff en particulier, soient étonnantes: les Allemands avaient, à cette époque, besoin de détecteurs de gaz cyanhydrique pour le Krema II, mais rien ne permet de préciser davantage, sauf que, si c'était pour la morgue 1, comme le prétend, sans preuve, Pressac, ce ne fut que pour une utilisation occasionnelle (ce qui pourrait expliquer à la rigueur la présence de traces de ferrocyanure) qui ne fut pas suivie d'une utilisation répétée (puisque ces quantités de ferrocyanure étaient infimes). Il est à noter que ces détecteurs ne purent en aucun cas être livrés avant la mise en service des Kremas: les SS, dit Pressac, utilisèrent une autre méthode, mais c'est là une (nouvelle) affirmation gratuite de sa part.
La première surprise passée, ces révisionnistes ajoutent que ces détecteurs étaient sans doute plutôt destinés à vérifier l'étanchéité des boîtes de Zyklon-B stockées dans le "cellier à gaz" dont nous avons déjà parlé et dont nous allons encore parler. Ceci n'exclut d'ailleurs pas que des opérations d'épouillage aient été réalisées dans la morgue 1, vu que les morts qui y étaient amenés à l'époque des grandes épidémies, étaient infestés de poux. Ces détecteurs étaient d'autant plus nécessaires que le Zyklon-B utilisé à Auschwitz contenait moins voire plus du tout de produit lacrymogène et sternutatoire avertissant de la présence d'HCN (gaz inodore). Dans une note de septembre 1993, Faurisson précise "Des 'détecteurs de gaz' et, en particulier, de gaz cyanhydrique sont indispensables en tout endroit ou se pratiquent des désinfections au Zyklon-B. Vu le nombre des cadavres de typhiques entreposés dans les crématoires, de telles désinfections des locaux étaient indispensables". Quant à l'apparente incohérence de la Bauleitung, Faurisson l'explique de façon plausible dans son livre de 1994: la Bauleitung "éprouvait au début de 1943 des difficultés à se procurer de tels appareils auprès du fournisseur attitré. A cette époque, le contingentement de tous les produits se faisait de plus en plus sévère. Il n'y a donc rien d'anormal à ce qu'on la voie se tourner vers la société Topf et fils. Même en temps de paix et de [175] prospérité, il arrive qu'une entreprise demande à des tiers un produit qu'elle ne peut se procurer à la source. " Et de citer d'autres commandes aussi incongrues (bitume et monte-charge).
b) Pour les autres, la réponse de Topf est un faux; la lettre pourrait être authentique à ceci près qu'on y aurait introduit les mots "Blausäure-Reste "("résidu de gaz cyanhydrique").
1. Auschwitz, font-ils remarquer, avait à cette époque utilisé des tonnes de gaz cyanhydrique et, bien entendu, le camp disposait de tout l'attirail du parfait gazeur (masques à gaz, "détecteurs" de gaz sous forme de papiers réactifs avec échelle colorimétrique, etc...). Il est incroyable que la Bauleitung qui s'occupait aussi bien des chambres à gaz d'épouillage que des crématoires, ait pu demander par télégramme l'envoi urgent de 10 (quantité qu'il faut justifier) "détecteurs" de gaz cyanhydrique, qui plus est, à un fabricant de four. Qu'Auschwitz soit tombé en rupture de stock de ces papiers indicateurs (auxquels il est d'ailleurs abusif de donner l'appellation de "Gasprüfer", terme qui devrait être réservé à un appareil élaboré), passe encore, mais qu'elle ait cherché à se réapprovisionner de cette façon, est incroyable.
2. Le besoin éprouvé par la Bauleitung de vérifier l'efficacité de la ventilation de la morgue 1 n'est guère vraisemblable; il était vraiment un peu tard pour vérifier que l'élément essentiel de la machinerie du meurtre de masse fonctionnait correctement malgré le fait qu'il était a priori inadapté à la fonction qu'on lui avait attribuée. Au point où on en était, il n'y avait plus qu'à faire un essai: introduire le Zyklon-B dans la pièce (par des ouvertures...qui n'existaient pas !), laisser le gaz se diffuser (en patientant quelques heures !), le ventiler puis y faire entrer un détenu et l'observer au travers du mouchard de la porte. Il n'y avait vraiment pas besoin de détecteurs pour cela et, surtout, pas de 10 détecteurs, puisque nous avons vu qu'ils n'étaient en fait constitués que de languettes de papier trempées dans un réactif. Bref, la thèse des exterminationnistes ne tient pas debout.
Pour ces révisionnistes, les "Gasprüfer" sont donc des détecteurs de CO ou CO2; d'ailleurs, le nombre demandé (10: nombre incongru pour des languettes de papier) correspond au nombre de conduits de cheminées des 4 crématoires de Birkenau (on retrouve encore ce chiffre 10 dans le nombre de fours des deux Kremas II et III ou encore dans le nombre de foyers de chacun des Kremas II et III).
Dès lors, la lettre de Topf serait
un faux. Topf, dont le siège se trou-
[176]
vait en RDA, ayant été mise sous séquestre
par les Soviétiques, ceux-ci avaient dû mettre la
main sur son papier à lettre, ses machines à écrire,
ses cachets commerciaux, etc... et, bien entendu, ç'aurait
dû être un jeu d'enfants pour le KGB de faire tous
les faux possibles et imaginables. Encore aurait-il maltraité
la langue allemande: un Allemand, paraît-il, n'écrirait
pas "Blausäure- Reste" mais "Blausäurereste".
Il faut effectivement bien admettre que la démonstration de Pressac est peu convaincante.
Le document découvert par Graf
et Mattogno à propos de la "chambre d'épouillage
pour le Krema II" modifiera-t-il ces analyses? Il se
pourrait que non, bien que le lien éventuel entre cette
chambre et ces "Gasprüfer" ne soit plus
dérangeant pour les révisionnistes. La thèse
révisionniste ne changera probablement pas : le document
trouvé à Moscou par Pressac (qui, si j'ai bien compris,
n'était même pas un original mais une photocopie)
est vraisemblablement un faux.
7. CAVE DE GAZAGE
Dans une lettre célèbre adressée le 29/l/1943 à Berlin ( 62 ) par Bischoff, le mot "Vergasungskeller" ("cave de gazage [génocidaire]") est employé pour désigner, disent les historiens, la morgue 1 du Krema II.
Ce 29 janvier, explique Pressac, eut lieu une inspection du Krema II par Bischoff, un de ses adjoints du nom de Kirschneck et Prüfer, l'ingénieur de Topf. Kirschneck fit un compte rendu de son côté et Prüfer un rapport d'inspection du sien: c'est ce rapport qui est en annexe de la lettre de Bischoff, mais il est moins précis (ou, si l'on préfère, plus condensé) que le compte rendu de Kirschnek et c'est à ce dernier qu'il est préférable de se référer pour essayer de comprendre la lettre de Bischoff.
Ce compte rendu dit que:
en ce qui concerne le gros oeuvre du Krema II,
-- la partie du bâtiment comprenant la salle des fours et ses annexes est entièrement terminée,
-- il en est de même pour la "morgue 1", [177]-- par contre, le plafond de la "morgue 2" n'a pas pu être encore décoffré à cause du gel.
en ce qui concerne l'équipement,
-- les fours sont pratiquement prêts (on les a allumés pour les sécher et on connecte les moteurs de la soufflante des foyers et des extracteurs de la cheminée),
-- l'ascenseur provisoire est en cours de montage,
-- par contre, le matériel de la ventilation et de l'extraction d'air des "morgues" n'est même pas livré: on s'attend à le recevoir d'un jour à l'autre et il faudra 10 jours pour le monter. Rappelons une fois encore que cette ventilation était une ventilation typique de morgue c'est-à-dire d'une part, avec admission d'air frais par le haut et extraction d'air fétide par le bas, d'autre part, d'une puissance très inférieure à celle des chambres à gaz sanitaires (seulement 10 renouvellements de l'air par heure). Il n'est pas question dans cette lettre de cette anomalie (d'un point de vue exterminationniste).
Voilà pour l'annexe. La lettre proprement dite, elle, est de Bischoff, lequel résume la situation en disant:
-- le Krema II est terminé "à des détails mineurs près",
-- les fours sont prêts,
-- à cause du gel, il n'a pas encore été possible de décoffrer le plafond de la "morgue" mais "ceci est toutefois sans conséquence, car la cave de gazage peut être utilisée à cette fin",
-- l'installation de ventilation et d'aération n'est pas encore livrée mais il espère qu'elle sera installée pour le 20 février.
En fait, Bischoff se faisait des illusions
à moins qu'il ne trompât sciemment son supérieur
hiérarchique, car rien n'était prêt, même
pas les fours, et ce n'est que dans la première moitié
de mars que les fours, puis la morgue 1, puis enfin la morgue
2 purent être mis en service, mais cela est sans importance
dans notre raisonnement.
Pour les historiens, les choses sont claires (du moins, ils le disent): Bischoff a voulu dire que, la morgue 2 (c'est-à-dire la salle de déshabillage [des vivants]) n'étant pas encore utilisable, on ne pourrait, certes, pas récupérer les vêtements des condamnés mais que ce n'était pas grave, car on allait quand même pouvoir commencer à gazer les Juifs, car la chambre à gaz (c'est-à-dire la morgue 1), elle, était prête.
Toutefois, cette version n'est pas du tout satisfaisante, car la cham[178]bre à gaz n'était pas prête du tout puisqu'il y manquait l'installation -- indispensable et pourtant classée dans les "détails mineurs" par Bischoff- d'aération et de désaération, laquelle, loin d'être montée, n'était même pas livrée ! L'ascenseur -tout aussi indispensable- était loin d'être installé également (Bischoff le commandait le jour même et en fait, livrable dans les 7 mois et seulement livré en 1944, il ne fut même jamais monté !); certes, on était occupé à monter un plateau provisoire mais il était incapable de répondre à la tâche assignée à l'ascenseur dans une hypothèse exterminationniste.
Enfin, les mots "à cette
fin" ("hierfür") s'opposent
à cette version:
Bischoff dit, en fait, que la "Vergasungskeller" va provisoirement remplir les fonctions de la morgue 2, laquelle est censée être la salle de déshabillage, mais, alors, où gazait-on?
Mais, dit Pressac, c'est là une mauvaise lecture: la " Vergasungskeller" devait remplacer la morgue 2 comme morgue et non comme vestiaire, mais c'est là une fonction qui n'existait plus dans une hypothèse exterminationniste: en effet, il n'y avait plus que le vestiaire (la morgue 2) et la chambre à gaz (la morgue 1).
Bref, cette lettre est incompréhensible d'un point de vue exterminationniste. On ne pourrait accepter l'assimilation de la " Vergasungskeller" à la morgue 1 qu'en admettant que cette "Vergasungskeller" n'a pas de caractère criminel et n'a pas de place dans la séquence des opérations (sanitaires) assignées normalement au Krema, bref lui est parallèle. La morgue 1 aurait-elle pu être une chambre à gaz d'épouillage dont on aurait pu se servir provisoirement pour y déposer les morts (de mort naturelle) que la morgue (la morgue 2) ne pouvait accueillir? C'est difficile à admettre pour des raisons techniques que nous avons déjà développées. Mais, on sait maintenant, grâce à Mattogno et Graf, que les Allemands conçurent effectivement ce projet de chambre-ersatz. On pourrait aussi objecter que nous avons prétendu au point 5 ci-dessus que la morgue 2 ne devait pas servir de morgue de longue durée (pas plus pour les révisionnistes que pour les historiens). On peut répondre que, comme le remarque aussi Pressac, les Allemands changèrent continuellement leurs plans: calendrier, priorité des travaux, destinations des installations, équipements à prévoir, etc... Dès lors, ce qui était vrai en 1941 ne l'était plus nécessairement en 1942 et encore moins en 1943 (à moins qu'il ne soit redevenu vrai).
[179]
Les révisionnistes, eux, font d'abord remarquer que le
mot allemand "Vergasungskeller" serait impropre
pour désigner une salle dans laquelle on gazerait des personnes
ou des poux, ou même pour désigner une salle d'entraînement
aux gaz de combat; l'Allemand utiliserait le mot "Gaskammer".
Ce mot fut effectivement utilisé à Auschwitz
pour désigner des chambres à gaz d'épouillage
(voir point 1 ci-dessus, par exemple).
Butz avait imaginé qu'il s'agissait d'une chambre de gazéification pour les fours, mais cela ne peut être le cas, car il n'y en avait pas, vu le mode de fonctionnement des fours. Faurisson, lui, pense à un "cellier à gaz", pièce dans laquelle on aurait stocké le Zyklon-B (d'où la "clé pour chambre à gaz" du point 1 de ce chapitre?). Bischoff, pense Faurisson, ne pouvait faire allusion qu'à la cave 3, qui, elle, faisait partie du bâtiment des fours et était construite depuis longtemps: elle n'était pas encore compartimentée et on aurait très bien pu s'en servir comme morgue provisoire. Le Zyklon-B, rappelle Faurisson, devait être stocké dans une pièce "froide et sombre" et il n'y avait pas à Birkenau d'autres endroits possibles. Ce Zyklon-B, bien entendu, ne servait qu'à l'épouillage. Ceci expliquerait également la présence parfois signalée par les témoins d'une voiture frappée de l'emblème de la Croix-Rouge dans les installations des Kremas: elle venait non pas y livrer du Zyklon-B homicide comme le suggèrent malignement les historiens mais y chercher du Zyklon-B sanitaire. On notera que Pressac cite un témoin qui affirme qu'on stockait du Zyklon-B dans les caves des Kremas.
Dans notre première édition
de 1994, nous concluions que l'explication donnée par Faurisson
était la plus vraisemblable, encore que nous admettions
aussitôt qu'elle n'était pes entièrement satisfaisante.
En effet, si la morgue 2 était "la" morgue,
alors à quoi pouvait donc bien servir la morgue 1? De morgue
de longue durée? Il faudrait admettre que Bischoff s'était
bien mal exprimé. Par contre, on pouvait comprendre pourquoi
la morgue 1 ne pouvait remplacer la morgue 2 comme morgue: à
la rigueur, on pouvait prétendre qu'elle ne se prêtait
à aucune utilisation puisqu'on devait encore y travailler
(installation de la ventilation). Mais, depuis, le documcnt ramené
par Graf et Mattogno a apporté une réponse tout
à fait satisfaisante. A cette époque (fin janvier
43), il était prévu que:
[180]
-- la morgue 2 servirait de morgue unique; elle était donc
"la" morgue dont parle Bischoff.
-- la morgue 1 servirait de chambre à gaz d'épouillage d'où l'appellation de "Vergasungskeller" employée par Bischoff. Il reste, bien entendu, à affirmer que, contrairement à ce que nous supposions ci-dessus, le fait qu'on devait encore y travailler n'était pas de nature à empêcher son emploi comme morgue provisoire: elle était très vaste et, pour l'essentiel, les travaux à effectuer se situaient à l'entrée voire en dehors de la morgue.
CONCLUSIONS
Les autres "traces" relevées
par Pressac, que nous ne pouvons examiner faute de place, datent
toutes de la même époque (construction des Kremas);
elles sont d'ailleurs si nombreuses qu'on ne peut guère
parler de "gaffes"; Pressac a sans doute raison
sur un point: des modifications dans l'aménagement
des Kremas sont intervenues en cours de construction. Mais
cela veut-il dire que des "caves de gazage" homicides
ou sanitaires ont été prévues et aménagées
dans les Kremas II et III (et des pièces
semblables aussi dans les Kremas IV et V) ? Rien
ne le prouve, disais-je en 1994. Au contraire, ajoutais-je. Il
me paraissait même invraisemblable que les techniciens de
la SS aient pu penser utiliser ces morgues comme "caves
de gazage". Il aurait fallu, me seinblait-il, qu'ils
aient été fort incompétents, ce qu'ils ne
pouvaient être car ils avaient une excellente connaissance
du gaz cyanhydrique et devaient savoir que ce gaz était
difficile à utiliser dans les caves des Kremas.
( 63 ) Alors, concluais-je, quelle était la raison de ces
modifications relevées par Pressac ? Je répondais
que c'était tout simplement les nécessités
prophylactiques créées par la terrible épidémie
de typhus, qui s'était déclenchée à
la mi-1942 et qui avait obligé les responsables SS
à adapter les morgues des Kremas (morgues à
construire [181] ou en cours de construction) en les spécialisant
comme dit plus haut
(point 5).
Apparemment, j'avais donc tort ainsi que le démontreront sans doute avec brio Carlo Mattogno et Jürgen Graf dans leur prochain livre. Mon grand tort a été de sous-estimer l'état de nécessité et d'urgence dans lequel s'est trouvée la SS d'Auschwitz du fait de l'épouvantable catastrophe sanitaire à laquelle elle a eu à faire face. Dénuée de beaucoup de choses, elle a dû faire preuve d'ingéniosité et recourir à des solutions peu orthodoxes qu'aujourd'hui, nous qualifions de "système D", solutions qu'on aurait tort de qualifier d'incongrues un demi-siècle plus tard sous le prétexte qu'elles étaient a priori inadaptées.
On notera encore que, comme le fait remarquer Faurisson, des réponses satisfaisantes avaient déjà dû être données par les ingénieurs-architectes SS Dejaco (qui était, rappelons-le, chef du Bureau des Plans de la Bauleitung d'Auschwitz) et Ertl, lors de leur procès à Vienne en 1972, car une bonne partie des documents cités par Pressac, notamment la lettre de Bischoff, leur avaient été mis sous le nez à cette occasion: ce ne serait pas pour rien que les révisionnistes ne peuvent avoir accès aux minutes du procès.
[182]
Ces mots sont, on le sait, interprétés différemment:
pour les historiens, c'est clair ou plutôt ce l'était
jusqu'à ce que Pressac vienne remettre pas mal de choses
en question, tous ces mots sont "codés"
et recouvrent l'extermination.
pour les révisionnistes, les mots "transfert"
et "réimplantation" ne sont pas codés
(d'ailleurs, pour eux, le codage est une invention des historiens
et Pressac est pour le moins d'avis qu'ils en ont abusé)
et ils désignent bien cette opération d'installation
des Juifs à l'Est via des camps de transit (et de travail
pour les plus aptes, le temps que durerait la guerre). Les mots
"traitement spécial" et "action
spéciale" sont très vagues et peuvent recouvrir
des choses très diverses: ils qualifient toute action sortant
de la routine, demandant un effort particulier et généralement
limitée dans le temps.
Examinons, dans l'ordre chronologique, quelques cas d'emploi de ces différents mots.
1. Dans un devis global du 15/7/1942 transmis à Berlin le 3/8/1942, il est question de "4 baraques pour le traitement spécial des détenus à Birkenau" ("4 Stück Baracken für Sonderbehandlung der Häftlinge in Birkenau"). C'est, dit Pressac, la toute première fois que le mot "traitement spécial" apparaissait et ces 4 baraques étaient destinées au déshabillage des détenus à gazer dans les Bunkers 1 et 2 (les fermettes transformées en chambres à gaz)
Pressac ne donne aucune preuve de cette
destination criminelle et c'est une nième pétition
de principe de sa part. Ces baraques pouvaient servir à
tout ce qu'on voulait et cela, dans toute partie du camp. D'ailleurs,
le plan 1991 du 17/2/1943 que publie Pressac, mentionne la présence
de nombreuses "Baracken" dans les "Entwesungsanlage"
("installations d'épouillage" dont personne
n'a jamais dit qu'elles avaient une destination criminelle). De
même, le plan n* 2216 du 20/3/ 1943 mentionne la présence
d' "Entlausungsbaracken" ("baraques
[183]
d'épouillage" dans lesquelles on gazait les poux),
et de nombreuses autres "Baracken" comme des
"Abortbaracken" ("toilettes"), "Revier-baracken"
("dispensaires"), "Waschbaracken" ("lavabos"),
"Waschereibaracken" ("buanderies"), etc...
2. En juillet 1942, la construction du Krema II est entreprise. Le 13/ 10/1942, Bischoff écrivait à Berlin (qui aurait sans doute pu s'étonner de ce que cette construction ait fait l'objet d'un marché de gré à gré et non d'une adjudication sur appel d'offres) qu'il avait été nécessaire de commencer ces travaux dès juillet "en raison de la situation créée par les actions spéciales" ("wegen der durch die Sonderaktionen geschaffenen Lage"). "Cette indication, dit Pressac, confirme formellement le rôle essentiel que joua le nouveau crématoire [le II] dans le choix d'Auschwitz comme site d'anéantissement massif des Juifs". Les révisionnistes ne partagent pas cette interprétation: selon eux, les "actions spéciales" consistaient dans le transit des Juifs (et dans la mise au travail provisoire d'un certain nombre d'entre eux); le typhus s'était déclaré à l'occasion de ces actions et faisait mourir de nombreux déportés; on pouvait craindre qu'il ne devienne endémique et en conséquence de cette situation imprévue (c'est-à-dire le typhus et non la décision qui lui était antérieure de déporter les Juifs), il avait fallu d'urgence et au mépris des règles administratives, construire l'outil permettant de se débarrasser des cadavres de ces typhiques dans des conditions satisfaisantes du point de vue de l'hygiène. Le mot "actions spéciales" ne peut avoir le sens génocidaire que lui donnent les historiens: il n'y a pas de lien direct entre ces "actions spéciales" et l'urgence dans la construction des crématoires (lesquels avaient été initialement prévus pour les prisonniers russes), mais bien entre les conséquences sanitaires imprévues de ces "actions spéciales" et l'urgence de la construction des Kremas, ce qui n'est pas la même chose. On aurait même plutôt là la preuve que la déportation n'aboutissait pas à l'extermination, puisqu'on avait commencé cette déportation sans attendre la construction des indispensables crématoires. Il est évident que si on avait déporté les Juifs en Pologne pour les exterminer à l'aise et "proprement", on aurait d'abord construit les crématoires !
3. Pressac dit que, dans un compte rendu
de l'importante réunion des 19 et 20/8/1942 entre Prüfer
de Topf et des adjoints de Bischoff,
[184]
réunion au cours de laquelle furent commandés les
Kremas III, IV et V, le SS Ertl appela les
Bunkers 1 et 2 "installations de bain pour
actions spéciales" ("Badenanstalten für
Sonderaktionen"), ce qui indique clairement que ces Bunkers
étaient des installations de gazage. Encore une pétition
de principe. En fait, Ertl, qui, plus tard, fut jugé avec
Dejaco sur ces faits à Vienne, expliquait que Prüfer
proposait la construction dans le camp de prisonniers de guerre
(Birkenau) de 2 Kremas simplifiés (qui ne seront
finalement pas construits) à proximité des "installations
de bain pour les actions spéciales" (les guillemets
sont de Ertl: ils doivent s'expliquer par le fait que ces installations
n'étaient alors qu'à l'état de projet) mais
il ne donne aucune indication de leur emplacement: pas plus que
pour les 4 baraques du point 1 ci-dessus, il n'a été
dit qu'il s'agissait des Bunkers 1 et 2; ce n'est
qu'une déduction de Pressac, lequel, du fait qu'il mélange
constamment documentation et déduction, donne l'impression
fausse à son lecteur que tout ce qu'il écrit s'appuie
sur des documents.
Ces installations sont en fait
-- soit les vastes installations baptisées "Zentral Sauna" (placées en haut sur la carte en page 50 et, à l'époque, en cours de gestation), dans lesquelles les déportés devaient être soumis à un traitement sanitaire à leur arrivée dans le camp: bain et éventuellement épouillage. C'est d'ailleurs à proximité de ce Sauna que furent mis en chantier, peu de temps après, les Kremas IV et V qui prirent la suite des deux Kremas simplifiés.
-- soit, éventuellement, les Bunkers 1 et 2, dont parle Pressac, si on admet qu'ils aient jamais existé. Les révisionnistes font remarquer qu'il n'y a aucune preuve documentaire de ce que ces fermettes furent utilisées à quoi que ce soit. Toutefois, leur utilisation dans le cadre des "actions spéciales" visant les Juifs ne devrait pas les déranger, car ce qu'en dit Pressac (ou plutôt ce qu'il a imaginé à leur sujet) donne plutôt à penser que ces Bunkers avaient un rôle sanitaire.
Il ne faudrait d'ailleurs pas voir de lien direct entre ces nouveaux crématoires et ces installations de bain, toutes les installations annexes du camp étant regroupées dans un même secteur (crématoires, bains, hôpitaux, terrain de sport, station d'épuration des eaux, etc... ). On au[185]rait tout aussi bien pu trouver la précision "à côté du terrain de football' sans pouvoir rien en déduire. Dans ce cas non plus, le mot "action spéciale" ne peut avoir de sens génocidaire: au contraire, il renforce la vraisemblance de la thèse des réimplantations.
C'est le moment de tenter une hypothèse d'ensemble -- encore qu'imparfaite, faute d'avoir accès aux archives -- sur ces Sauna, Kremas, Bunkers et chambres d'épouillage de Birkenau, étant entendu que toutes ccs installations servaient à épouiller les déportés et leurs effets (comme le dit justement Pressac, "A l'épouillage des effets s'associait le lavage obligatoire des détenus") et à incinérer les morts de mort naturelle, notamment du redoutable typhus.
Au début, les Allemands purent imaginer d'épouiller les effets dans les 2 pièces du Bunker 1. Où les déportés prenaient-ils leur douche? Comme tout cela était embryonnaire et rudimentaire, il est possible qu'ils n'en prenaient pas et qu'ils restaient nus en plein air en attendant la fin de l'épouillage (fort heureusement, c'était l'été).
Les Allemands auraient pu être tentés d'améliorer le système en construi- sant dans le Bunker 2 une batterie plus efficiente de 4 chambres à gaz d'épouillage, les détenus se déshabillant, se faisant couper les cheveux et attendant dans les 4 baraques dont il a été question ci-dessus (peut-être y prenaient-ils enfin une douche mais d'où venait l'eau chaude?)
Les morts (de mort naturelle) devaient être enterrés dans la même partie du camp, y compris, sans doute, ceux du Stammlager, puisque le Krema I a été en panne plusieurs mois à cette époque. Comme ces cadavres risquaient de polluer la nappe phréatique, ils furent déterrés plus tard et incinérés sur des bûchers, ce qui put se faire assez facilement car il n'y en avait évidemment pas 107.000, comme l'a dit Höss, ni même 50.000, comme le dit Pressac.
Dans le même temps, les Allemands bâtissaient d'urgence
-- les Kremas II et III destinés à l'incinération des morts. Ils durent, par la suite (en 43), penser y transférer les opérations d'épouillage (le document découvert depuis par Mattogno et Graf vient de confirmer cette thèse) et de douche (le projet de 100 douches), mais, en définitive, y renoncèrent.
-- les Kremas IV et V, où ils purent peut-être projeter:
d'épouiller les effets dans des
pièces relativement petites sans rap[186]port avec les
immenses morgues des Kremas II et III. Ceci en
remplacement des Bunkers, où les opérations
de gazage des effets -- déjà aléatoires
en temps normal- devenaient fort difficiles, voire impossibles,
par temps froid.de faire prendre une douche aux déportés;
d'incinérer concurremment aux Kremas II et III.
-- le Zentral Sauna, bâtiment
spécialisé où seraient regroupées
les opérations d'épouillage et de bain (toutes
les solutions précédentes n'étant que des
solutions provisoires), l'énergie étant fournie
par une installation de chauffage à distance (mise en
chantier et même sortie de terre mais jamais terminée).
Sous la pression des évènements (retard dans les travaux, arrêt de l'épidémie, reprise de l'épidémie, etc...), les Allemands changèrent continuellement leurs plans et il est difficile de les suivre au travers des interprétations doctrinales des exterminationnistes.
4. Le 22/7/1942, Auschwitz envoie un télex à propos d'"un camion de cinq tonnes afin d'aller prendre livraison du gaz destiné au gazage du camp pour combattre l'épidémie, qui s'est déclarée". Naguère, pour les historiens, ce message était codé: l'épidémie n'était qu'un prétexte à la livraison de gaz à des fins criminelles. Mais depuis, Pressac est arrivé et, sans être contredit par les historiens, a tout bouleversé, ainsi que nous l'avons vu: il affirme que ce gaz était bien destiné, au moins à concurrence de 97%, à combattre les épidémies. Il a calculé que 5 tonnes de gaz auraient pu servir à gazer 1.250.000 personnes, soit plus qu'il n'en est jamais passé par Auschwitz et dès lors, il conteste qu'on ait pu envoyer un ou plusieurs camions de 5 tonnes chercher de quoi procéder à l'extermination des Juifs. Tous ces camions, car il y en a eu d'autres, servaient effectivement, ajoute Pressac, à des fins sanitaires. ( 64 )
Les autres traces de livraisons semblables de Zyklon-B depuis Dessau (Tchécoslovaquie), traces jugées naguère encore criminelles, sont les suivantes:
[187]
Une semaine plus tard, le 29/7/1942: autorisation est donnée à l'envoi d'un nouveau camion pour charger "du gaz dont on a un urgent besoin pour la désinfection".
Le 26/8/1942, télex à propos d'"une autorisation de transport pour un camion allant chercher à Dessau des produits pour trait.[ement] spécial" ("Material für Sonderbeh[andlung]").
Le 2/10/1942, nouveau télex au sujet de "produits nécessaires à la réimplantation des Juifs" ("Materialien für die Judenumsiedlung").
Le 7/l/1943, un autre camion est autorisé à aller à Dessau charger du "matériel de désinfection".
Le 30/7/1943, nouveau camion (il y en
eut probablement d'autres) pour aller chercher du "Zyklon"
à Dessau. ( 65 )
Si l'on étend le raisonnement de Pressac, en l'occurence, les termes "désinfection", "traitement spécial", "réimplantation des Juifs", "Zyklon" et "gazage du camp" sont équivalents et n'ont aucun sens génocidaire. On pourrait même y trouver des preuves de la réalité de la réimplantation des Juifs en URSS.
Mais Pressac, prévoyant les conséquences désastreuses qu'aurait sa révision pour le Dogme essaye aussitôt de chasser les mauvaises pensées que pourrait avoir son lecteur: " Vers le 20 Août [1942], les stocks de Zyklon-B étaient presque épuisés et l'épidémie toujours vivace. Une nou- velle demande de produit aurait conduit les SS d'Auschwitz à avouer qu'ils ne contrôlaient toujours pas la situation. Une astuce fut trouvée. Mettre sur le dos des Juifs les effarantes quantités de gaz employées. L'autorisation de transport accordée le 26 août le fut pour 'traitement spécial'. Bien que les responsables du SS-WVHA de Berlin sussent la finalité du 'traitement', ils en ignoraient les modalités, c'est-à-dire les quantités de toxique utilisées. Ce qui permit de leur faire croire que la majorité du Zyklon-B livré servait aux gazages homicides dans les Bunker 1 et 2, alors que 2 à 3 % suffisait. Ainsi, 97 à 98 % du gaz pouvait être consacré à l'épouillage". Pressac a, bien entendu, tiré tout cela de son pouce et si la matière de ce livre n'était aussi tragique, on en rirait de bon coeur.
[188]
C'est le moment de dénoncer une des techniques chères
aux historiens et dans lesquelles ils excellent: charger leurs
ennemis de ce qui, en fait, les décharge. Si les Allemands
avaient voulu exterminer les juifs, ils les auraient laissés
en compagnie de leurs poux; comme ils n'étaient pas dépourvus
d'humanité (bien qu'ayant de grands torts vis-à-vis
de tous ces malheureux déportés, c'est entendu),
ils tentaient de réduire ces épidémies grâce
à l'épouillage, à la désinfection,
etc... par le Zyklon-B; c'était d'ailleurs leur intérêt.
Cela n'absout évidemment pas les SS, mais cela les décharge
quelque peu et il est inique que les historiens en aient fait
un élément à charge. C'est un peu comme si
portant secours à un accidenté de la route (à
la suite d'un accident que vous auriez provoqué), vous
étiez accusé de vouloir le dépouiller.
5. Le 14/9/1942, une lettre parle de "transport immédiat des [cinq ?] camions alloués vers le camp de concentration d'Auschwitz, ces véhicules devant être immédiatement utilisés pour des actions spéciales". M. Steinberg y voit une allusion au transport de gaz et D. Czech, plus généralement, un rapport avec l'extermination des Juifs; ces camions, dit Pressac, devaient servir au transfert des inaptes depuis la rampe de la gare de marchandises d'Auschwitz aux Bunkers 1 et 2. Sur la base de cet extrait et du point 3 ci-dessus, on pourrait tout aussi bien affirmer que ces camions pouvaient servir à toutes sortes de transport qui n'avaient rien de génocidaire (transfert de détenus immatriculés vers des sous-camps de travail, transport de bagages, opération de réimplantation effective c'est-à-dire de transport vers les lieux de la réimplantation -ou du moins vers un ghetto de transit-, etc ... ) . ( 66 )
6. Du 2/9/1942 au 8/11/1942, le professeur Kremer participe à une quinzaine d'"actions spéciales" soit à l'occasion de l'arrivée de convois de déportés juifs, soit à l'occasion d'opérations concernant des Juifs déjà internés. Nous avons déjà dit plus haut ce qu'il fallait en penser.
7. A partir de l'automne 1942 (voir la discussion sur la capacité des Kremas), le mot "traitement spécial" apparaît plus d'une centaine de [189] fois dans l'intitulé de documents traitant de la construction du camp de prisonniers de guerre de Birkenau (dont, mais ce n'est qu'une partie des travaux à réaliser, les 4 Kremas II à V), qui doit être (provisoirement selon nous) affecté aux Juifs le temps de réaliser l'"action spéciale" qui les visent. Comme, de l'aveu même de Pressac, c'est l'extension du camp (200.000 prisonniers de guerre russes) et l'épidémie de typhus qui sont à l'origine de cette extension du programme incinérateur, on ne peut guère prétendre que "traitement spécial" est synonyme de mise à mort industrielle.
8. Le 18/12/1942, Bischoff informe Berlin par télégramme secret ( 67 ) que les travaux du Krema II ont dû être interrompus "pour des raisons de sécurité" à cause d'une "action spéciale" de la Gestapo ("Sonderaktion aus Sicherheitsgründen "), action qui a démarré le 16/12/ 1942 et qui vise le personnel civil des entreprises chargées de la construction des Kremas en compagnie de détenus; tout le camp était consigné en raison des épidémies; finalement, la Gestapo laissera ces travailleurs civils partir en congé du 23/12/1942 au 4/l/1943.
Qu'était-ce que cette "action
spéciale" ? Ce n'était en tout cas
pas une opération d'extermination. Pressac dit que, bloqués
depuis 5 mois à cause de la mise en quarantaine du camp
et privés de congé de Noël et Nouvel-An, ces
employés s'étaient mis en grève et que l'"action
spéciale" consistait en une enquête de la
Gestapo.
9. Dans le Kalendarium, on lit:
-- 28/1/1943: le Kommando Zeppelin de Breslau (à 250 kms d'Auschwitz) informe Auschwitz de ce que conformément au décret du RSHA du 1/12/1942, deux prisonniers, tuberculeux au 3ème degré et incurables, doivent être transférés à Auschwitz pour le traitement spécial ("Sonderbehandlung ").
--
29/1/1943: nouvelle communication de Breslau à Auschwitz
demandant:
a) l'application du traitement spécial aux deux prisonniers
cités la
veille,
[190]
b) l'envoi d'un avis d'exécution de la demande.
-- 6/2/1943: Auschwitz confirme à Breslau que les
deux prisonniers ont été "mis à l'écart
" ("gesondert untergebracht").
Ce ne serait pas tomber dans la pratique du dénigrement systématique chère aux historiens de supposer qu'en l'occurence, ces deux malheureux aient été assassinés et que, dans ce cas, "traitement spécial" signifie "mise à mort" ou "euthanasie non sollicitée", encore que cela soit une déduction gratuite, mais on en conclura surtout que tant de formalisme de la part de la SS de Breslau et d'Auschwitz ne correspond absolument pas à ce que nous racontent les historiens. Cet échange de correspondance pour deux "malheureux" tuberculeux devenus sans intérêt d'un point de vue productiviste et leur transfert à 250 kms de leur lieu de détention tendraient à prouver que la SS ne se livrait pas dans le même temps aux massacres systématiques que décrit la littérature holocaustique. Dès lors, quand on lit plus loin:
-- 20/2/1943: le Dpt de l'emploi d'Auschwitz signale que sur les 5.022 Juifs arrivés en janvier de Theresienstadt, 4.092 n'ont pas été retenus pour le travail (on n'avait retenu que les hommes de 18 à 40 ans et les femmes de 18 à 35 ans) et ont été l'objet d'une "mise à l'écart" ("gesonderten Unterbringung"), de quel droit, les historiens en déduisent-ils que ces malheureux ont été exterminés ?
D'autant plus que, comme nous l'avons vu dans la discussion sur la capacité des crématoires, Auschwitz ne disposait à cette époque que des Bunkers 1 et 2 dont la capacité journalière, d'après ce que dit Pressac, était inférieure à 500 personnes par jour. ( 68 )
[191]
10. Czech dit dans le Kalendarium en date du 26/2/1943
que la rubrique "divers" du "Registre Principal"
des Tziganes ("Hauptbuch") a parfois été
utilisée comme suit:
-- inscription d'une date de transfert
dans un autre camp
-- inscription de la date de la mort
-- inscription d'une date accompagnée d'une croix
-- inscription d'une date
accompagnée de la mention "SB"
Czech en conclut -non sans hardiesse- que "SB" (pour "Sonderbehandlung" ?) signifie "exécution". On peut tout aussi bien prétendre que cela veut dire "réimplanté en Biélorussie".
11 . En mars 1943, Korherr, statisticien de la SS, remit à Himmler un rapport célèbre dans lequel il parle, en donnant à ces mots la même signification, de "transfert" et de "traitement spécial". Nous en parlerons plus en détail dans le tome 2.
12. Le 15/5/1943, dans une lettre se
référant à un télex à Topf,
Auschwitz parle de la production d'eau chaude pour environ
100 douches à partir de l'incinérateur
à ordures du Krema III (ou à partir des fours).
La seule indication de classement de la copie est "Dossier
Mes[ures] Spéciales, CPG [camp de prisonniers
de guerre], Krema III". C'est le seul document qu'on
connaisse à porter pareille mention de classement.
Bien que cette demande n'ait rien de criminel, dit Pressac
(qui précise, en 1993, que ces mots n'ont "pas
de connotation criminelle comme on a pu le croire"),
elle s'inscrivait dans un cadre criminel (le K III destiné
à l'extermination) et dès lors, la copie fut classée
dans un dossier dont le libellé ne laisse aucun doute sur
la nature criminelle de ce cadre.
Cette conclusion est tout à fait dogmatique, car, logiquement, c'est la conclusion inverse qui doit être tirée: puisqu'on prévoyait d'installer 100 douches (véritables, celles-là: personne ne le conteste) dans le Krema III, c'est donc qu'on ne prévoyait pas à cette date, c'est-à-dire à la veille de sa mise en route, de l'utiliser à des fins génocidaires ! Car, c'était l'un ou l'autre: autant de douches ne pouvaient être installées que dans les morgues (probablement la morgue 2, la supposée salle de déshabillage des suppliciés); il n'y avait aucun autre endroit où on au[192]rait pu les installer. Dès lors, tous les "indices criminels" qu'a trouvés Pressac, n'ont vraisemblablement rien de criminel. D'après un document ultérieur datant de l'été 1943, Auschwitz informait Berlin que ce projet avait été abandonné. D'après ce qu'en dit Pressac (mais sans citer mot à mot le document allemand), ce projet concernait aussi d'autres crématoires; si cela est vrai, on pourrait donc étendre notre raisonnement à l'ensemble des crématoires.
Le mois précédent, relate par ailleurs Pressac, le médecin-chef d'Auschwitz, le Dr Wirths dénonçait le manque de moyens mis en oeuvre pour lutter contre le typhus qui frappait détenus et personnel allemand; en conséquence, il réclamait des "mesures spéciales" ("Sondermassnahmen"). Ne peut-on faire le rapprochement?
13. En juin 1943, Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland, envoie une lettre concernant les condamnés juifs auxquels on a arraché leurs dents en or avant leur exécution. Il y parle de "Sonderbehandlung" et nous verrons dans le tome 2 qu'il est clair que ce terme ne peut être synomyme d'"extermination" mais plutôt de "surveillance active après réimplantation" et cela, même si, dans le même temps, se perpétraient d'affreux massacres de Juifs.
14. Il est question dans Poliakov, qui se réfère à la déposition au procès de Jérusalem d'une détenue employée à l'Etat civil du camp, que la mention "SB" (pour "Sonderbekandlung" = "traitement spécial" ?) était portée sur la fiche des détenus immatriculés, qui venaient à être gazés après une sélection interne, Mais le même témoin a indiqué, au cours de la même déposition, qu'on indiquait toujours, à la rubrique "cause du décès" des registres mortuaires une cause naturelle, laquelle, dans les cas d'exécution, était une maladie imaginaire (par exemple "crise cardiaque"): comme nous le verrons dans le tome 2, l'examen des Sterbebücher (registres mortuaires) confirme cette pratique: on pourrait en déduire que la mention "SB" ne se référait donc pas à des décès mais bien à des sorties du camp pour cause de réimplantation.
15. Dans le film "Shoah", le premier grand témoin de l'extermination des Juifs, Rudolf Vrba, dit que les Juifs de Theresienstadt arrivés à Auschwitz en fin 1943 et au début 1944, furent immatriculés en bloc [193] sous la rubrique "Traitement spécial après quarantaine de 6 mois" avant d'être gazés au bout de quelques mois (nous en reparlerons en annexe 8): il apparaîtra à tous qu'il est insensé d'affirmer qu'en l'occurence, "traitement spécial" puisse signifier autre chose que "réimplantation ".
17. Un documentaire de la RTBF rediffusé en 1992 ("Auschwitz ou la mémoire qui revient") montre un document donnant l'état des effectifs (Stärkemeldung) du camp des femmes de Birkenau en date du 7/10/1944. Le Kalendarium, pour cette époque, se réfère avec constance à ces Stärkemeldungen. Les sorties de ce 7/10/1944 sont ainsi libellées:
-- mortes de mort naturelles ..............7
-- SB..............................................1.229
- - libérations [non-Juives]...............8
-- transferts ...................................1.150
"S.B." disent historiens et journalistes aux ordres, signifie "Sonderbehandlung" ("traitement spécial"), mot de code pour "gazage": pour eux, les 1.229 détenues "S.B." étaient des détenues immatriculées devenues improductives et gazées. C'est vite dit: en effet, depuis le 1/10/ 1944, la statistique du camp des femmes de Birkenau reprenait toutes les femmes, c'est-à-dire les "immatriculées" et les détenues "en transit" ou "en dépôt", pour l'essentiel des Juives hongroises, arrivées en tel nombre à l'été 1944 que la SS n'avait pas pu les soumettre toutes à l'opération de sélection et les avait mises provisoirement "en dépôt" (on notera au passage que la vraisemblance est que les historiens les considèrent déjà comme ayant été gazées à l'arrivée); par la suite, elles firent l'objet de cette opération de sélection et très probablement, cela se traduisit dans la statistique par l'apparition de la rubrique "S.B." (ce qui donne l'occasion aux historiens de les gazer une deuxième fois). Comme on ne possède ces Stärkemeldungen que pour les femmes de Birkenau et pour octobre à décembre 1944 (avec utilisation de la mention "S.B." décroissant dans le temps et disparaissant même fin novembre avec, sans doute, la fin de cette opération de sélection tardive), on ne peut rien affirmer mais cette interprétation semble vraisemblable.
D'une part, il est étonnant, dans l'hypothèse exterminationniste, que les SS aient comptabilisé dans l'effectif du camp des femmes qui n'avaient pas encore été soumises à la sélection et parmi lesquelles il [194] devait y avoir un grand nombre d'inaptes (les 2/3 en règle générale, disent les historiens), inaptes qu'il aurait donc fallu gazer par la suite et sortir de la statistique de façon crédible. La façon la plus simple de maquiller le crime était de ne pas comptabiliser ces femmes avant la sélection, puis, après la sélection, d'immatriculer seulement les femmes retenues pour le travail; les femmes gazées seraient restées en dehors des effectifs, comme cela avait toujours été fait. "Pas vu, pas pris". Et si, au moment de l'immatriculation de toutes ces femmes non soumises à l'opération de la sélection, leur intention n'était pas d'exterminer celles qui se révéleraient inaptes, ils auraient encore pu, leur forfait accompli à la suite d'un changement de politique, les sortir sous la rubrique "mortes de mort naturelle"; de préférence, sur plusieurs jours (les Allemands n'avaient d'ailleurs pas les moyens d'èliminer autant de corps en un seul jour, ce qui exclut que ces 1.229 femmes aient pu être assassinées le même jour). Les Allemands auraient été des criminels bien stupides: ils tentaient: de camoufler leurs crimes de 36 façons puis les étalaient presque crûment dans leurs statistiques ! Il y a une alternative plus vraisemblable: ce sont les historiens qui sont stupides (ou de mauvaise foi ?).
D'autre part, en admettant que ces Juives "S.B." c'est-à-dire gazées aient été des femmes immatriculées dès leur arrivée puis tombées malades et devenues improductives, une extrapolation sur 20 mois pourrait amener à penser que 100.000 femmes immatriculées subirent ce sort et c'est, d'un point de vue statistique, insoutenable (en effet, il n'y eut pas 200.000 femmes immatriculées -- dont peut-être bien une moitié de Juives- et les 3/4 ont survécu à Auschwitz). On trouverait là la confirmation de ce que ces détenues "S.B." étaient toutes des Juives non immatriculées à leur arrivée, qui venaient de subir l'opération de sélection, hypothèse que nous avons retenue ci-dessus.
Rappelons enfin -- nous en parlons ailleurs -- que dans le même temps, la statistique indique que le camp des femmes abritait une population importante de fillettes et de femmes âgées et infirmes: si on avait dû gazer des détenues inaptes, on aurait, bien entendu, commencé par elles. D'ailleurs, comme nous l'avons déjà vu et comme nous le reverrons, la statistique belge indique clairement que le gazage des enfants (et des autres) est une fable.
Mais à quoi pouvait donc bien correspondre la "réimplantation" à une époque où on commençait à évacuer le camp devant l'avancée des [195] Soviétiques? Apparemment, la politique de réimplantation était devenue une fiction, fiction néanmoins maintenue envers et contre tout, ainsi que le montre une lettre de Himmler écrite fin juillet 1944 à propos des centaines de milliers de Juifs hongrois non déportés (à la suite des pressions internationales): 450.000 juifs hongrois avaient été "déportés" ("deportiert"), disait Himmler qui ajoutait sérieusement, que le reste (qui était concentré à Budapest) allait maintenant être "réimplanté" ("umgesiedelt", autre mot de code pour "exterminé" selon les historiens). Et où donc ailleurs que chez eux, en Hongrie? Et sans que que les historiens prétendent que les Allemands pensèrent effectivement les y exterminer. En ce qui concerne les internées "S.B." dont nous venons de parler, il est possible que les SS les relâchèrent au premier carrefour à la sortie du camp ou les envoyèrent dans des ghettos; peut-être même que ce "S.B." était finalement devenu une opération fictive, purement statistique, ces déportés non retenus pour le travail sortant des effectifs du camp mais, en fait, restant dans le camp.
En conclusion de l'examen de tous ces exemples, on peut affirmer que Pressac a au moins raison sur un point: les historiens ont abusé de la notion de codage.
[196]
La version officielle -- telle qu'elle est répandue dans le public -- est qu'il y avait deux sortes de sélections, débouchant toutes deux sur la mort: tout d'abord, la sélection à l'arrivée, après laquelle on laissait en vie les "aptes au travail" et gazait tous les autres (enfants, vieux, femmes enceintes ou accompagnées d'enfants, invalides, malades); ensuite, les sélections intérieures, après lesquelles on gazait à leur tour les immatriculés quand, au terme d'un processus délibéré d'élimination par les mauvais traitements, leur rendement était devenu trop bas.
C'est là une déformation grossière de la réalité, encore qu'on ne puisse pas toujours faire la part des choses, d'une part parce que les archives conservées à Auschwitz auraient bien pu être exploitées de façon tendancieuse (elles ont tout de même été aux mains des communistes polonais pendant un demi-siècle et il y a déjà là de quoi éprouver de sérieuses inquiétudes), d'autre part, parce que le gros des archives est ou était encore il y a peu entre les mains des communistes soviétiques (et il y a là encore davantage de raisons de s'inquiéter). Enfin, il est probable que, les choses évoluant, certains mots désignent des notions dont la signification a notablement évolué dans le temps. Nous allons, à la lecture du fameux Kalendarium de Danuta Czech, essayer d'y voir plus clair. Le Kalendarium, rappelons-le, est le récit, jour après jour, des évènements qui se seraient déroulés à Auschwitz.
1. Tout d'abord, la sélection pour le travail ne se faisait pas toujours à Auschwitz. En 1942, par exemple, pour certains convois belges, hollandais, français et peut-être autres, une première sélection avait lieu en gare de Kozel, à une centaine de kilomètres avant Auschwitz: les hommes adultes recevaient l'ordre de descendre. Ils étaient envoyés dans les usines et mines de la région. Ces sélectionnés de Kozel n'étaient donc pas immatriculés à Auschwitz, camp dont ils ne faisaient pas partie (mais auquel ils furent souvent rattachés par la suite). Les autres continuaient jusqu'à Auschwitz où, disait la presse clandestine juive de l'époque, ils étaient "gazés dans des wagons" voire "brûlés vifs": c'était un bruit qui s'était répandu dans les milieux juifs [197] et jetait dans une angoisse qu'il n'est pas nécessaire de décrire tous ceux qui ne descendaient pas à Kozel; ceci pourrait expliquer certaines scènes épouvantables relatées par Kremer (femmes suppliant à l'arrivée du train qu'on leur laisse la vie sauve, ce qui était bien l'intention des Allemands) mais c'est là une simple supposition.
2. A Auschwitz, comme le confirme le Kalendarium, la procédure n'a pas toujours été la même en ce qui concerne la sélection des arrivants:
A. Au début, il n'y avait pas
de sélection du tout et tous les déportés
étaient immatriculés sans exception. Reitlinger
l'avait déjà relevé: par exemple, tous les
Hollandais arrivés avant le 8/8/1942 avaient été
immatriculés, y compris les enfants et les vieux. Certes,
la légende historienne est que, tout de même, les
Allemands gazaient certains convois en entier, mais ce n'est pas
vraisemblable du tout. Il suffit de lire la
littérature holocaustique, de la lire, bien entendu, intelligemment
c'est-à-dire en doutant a priori de ce qu'on va lire (ce
conseil vaut également pour la lecture de ce livre: ce
ne serait pas la peine de sortir d'une église pour entrer
aussitôt dans une autre). Ainsi lit-on dans le Kalendarium
pour le mois de Juin 1942 (les citations de cette annexe sont
résumées):
2/6/1942: arrivée d'un convoi de Juifs polonais de Ilkenau: tous sont immédiatement gazés (source testimoniale)
6/6/1942: arrivée d'un convoi de 731 détenus de Radom (Pologne): tous sont immatriculés (il s'agit vraisemblablement de non-Juifs) (source documentaire)
7/6/1942: arrivée du 2ème convoi de Juifs de France (1. 000 personnes dont 571 Polonais): tous sont immatriculés (source documentaire)
17/6/1942: arrivée d'un convoi de Juifs polonais de Sosnowitz (2.000 personnes): tous sont immédiatement gazés (source testimoniale)
20/6/1942: arrivée d'un convoi de Juifs polonais de Sosnowitz (2.000 personnes): tous sont immédiatement gazés (source testimoniale)
23/6/1942: arrivée d'un convoi de Juifs polonais de Cracovie (566 personnes): tous sont immédiatement gazés (source testimoniale)
[198]
24/6/1942: arrivée du 3ème convoi de Juifs de France (999 personnes): tous sont immatriculés (source documentaire)
27/6/1942: arrivée du 4ème convoi de Juifs de France (1.000 personnes dont 937 Polonais): tous sont immatriculés (source documentaire)
30/6/1942: arrivée du 5ème convoi de Juifs de France (1.004 personnes dont 752 Polonais): tous sont immatriculés (source documentaire)
En résumé, s'il faut en croire les historiens, on immatriculait les Juifs polonais fraîchement émigrés en France et on gazait les Juifs polonais restés en Pologne. On nous permettra d'en douter.
B. Toutefois, très vite (à partir du 4/7/1942 mais Reitlinger parle du 8/8/1942), avec l'afflux des convois, qui, de surcroît, étaient composés de "tout-venant", les responsables d'Auschwitz durent sélectionner: cette opération de sélection consistait en principe à répérer ceux qui étaient aptes au travail; ils étaient immatriculés et les autres étaient immédiatement gazés (ou réimplantés, selon la thèse qu'on défend).
En fait, on découvre qu'un certain nombre de déportés non aptes au travail ont été immatriculés aussi, notamment des vieux et des enfants, pas seulement au début, comme nous venons de le voir, mais aussi plus tard. Ainsi dans la statistique mensuelle des effectifs du camp, on avait prévu et on utilisait effectivement les rubriques "en dessous de 20 ans" et "de plus de 80 ans". Ceci est partiellement confirmé par l'examen des Sterbebücher, registres mortuaires dans lesquels on trouve des personnes âgées mais, il est vrai, aucun enfant juif belge (les enfants qu'on y trouve -belges ou non- sont des Tziganes). Enfin, la statistique belge a enregistré le retour d'enfants, déportés en 1942, 1943 et 1944.
C. A l'époque de l'arrivée des Juifs hongrois, en 1944, il semble que la sélection à l'arrivée devienne totalement incohérente: d'une part, l'industrie allemande avait des besoins en main-d'oeuvre grandissants; d'autre part, les arrivées massives de Hongrois, qui n'étaient pas nécessairement qualifiés à travailler dans l'industrie, engorgèrent le camp sans permettre de répondre aux besoins des usines (à l'époque, il y aurait eu entre 150.000 ct 200.000 détenus; certains logeaient même sous la tente). Il faut ajouter, si on croit à la réalité des réimplantations, que les Russes avaient repris l'Ukraine. Bref, la situation à Birkenau devint intenable. A défaut de documents, que Czech n'a probablement
[199]
jamais pu consulter, on en est donc réduit à constater
des faits difficiles à inscrire dans une politique cohérente:
Tout d'abord, ainsi que nous le verrons plus en détail dans le tome 2, une grande partie des Juifs hongrois n'entrèrent à Auschwitz que pour y être transbordés dans des trains qui les amenèrent dans les usines du Reich; certains n'y entrèrent même pas et allèrent directement dans d'autres camps: un historien comme Pressac ne les compte même plus dans la statistique des Juifs déportés à Auschwitz et il a tout à fait raison. Il est impossible de continuer à prétendre qu'ils ont été gazés à Auschwitz.
On sélectionnait et immatriculait parfois un nombre rond de déportés (par exemple, 2.000 très exactement dans un convoi hongrois arrivé le 22/5/1944, les autres, disent les historiens, étant gazés) et on les affectait au travail à Auschwitz ou dans ses sous-camps. Pourquoi un nombre rond? Pour répondre à une demande de quota émanant d'une organisation du travail, bien entendu, mais encore ? Il y avait à Auschwitz (et bien entendu à Berlin) un bureau de la main-d'oeuvre très développé et dont les historiens, les yeux braqués sur des chambres à gaz hypothétiques, ne nous parlent jamais, ce qui est regrettable car on y trouverait la réponse à beaucoup de questions. On relèvera, une fois de plus, l'absurdité des thèses officielles: si on sélectionnait un nombre rond, on pouvait donc mettre au rebut des gens aptes au travail, qu'il aurait été absurde de gazer.
On relève également des sélections de nombres ronds dans des convois non hongrois: ainsi dans le convoi XXV de Belgique, on sélectionna 300 hommes et 100 femmes (en fait, 99, mais c'est probablement là le fait d'une erreur -classique- du préposé au comptage ou à la statistique) . ( 69 ) Le même jour, dans un convoi de Juifs hollandais, 250 hommes et 100 femmes sont sélectionnés
Czech précise que, le plus souvent à cette époque (mi-1944, époque caractérisée par l'arrivée en masse des Hongrois), on envoyait sans les [200] immatriculer les "jeunes" et les "bien-portants" dans un "camp de dépôt" ("Depotlager" appelé aussi "camp de transit" ou "Durchgangslager"), les "autres étaient aussitôt gazés" mais elle ne donne aucune preuve de tout cela et on peut tout aussi bien prétendre qu'on envoyait tout le convoi au camp de transit. Les SS procédaient à la sélection plus tard c'est-à-dire quand ils en avaient les moyens (par exemple, il fallait épouiller les déportés et cette opération ne se faisait pas au pied levé) et on envoyait ces "Juifs de transit" soit vers les usines du Reich soit sur les lieux de la réimplantation (mais où?). Pourquoi n'avoir pas plutôt laissé ces Juifs en Hongrie et les avoir déportés au fur et à mesure où Auschwitz pouvait les recevoir? Peut-être, parce que les prétendues nécessités de la sécurité militaire (pour certains) et l'hystérie antisémite (pour d'autres) ne s'accommodaient pas de ces demi-mesures. En fait, la plupart des convois hongrois, du moins de ceux qui arrivèrent à Auschwitz, furent probablement traités de cette façon.
Exemple tiré du Kalendarium:
6/6/1944: Arrivée d'un convoi de Juifs hongrois, dont
Départ du Depotlager pour Mauthausen d'un convoi de 2.000 Juifs hongrois.
Des convois non hongrois furent également traités de cette façon: par exemple, un convoi venant de Theresienstadt le 3/10/1944.
Il pouvait bien entendu arriver qu'une partie de ces Juifs de transit soient finalement sélectionnés pour le travail à Auschwitz même et, dès lors, ils étaient immatriculés. A l'occasion de ces sélections, ceux qui n'étaient pas retenus pour le travail étaient gazés, nous disent les historiens. En fait -et cette remarque vaut également pour les sélections à destination d'autres camps de travail- ces Juifs pouvaient très bien avoir été déjà gazés par les historiens à leur arrivée à Auschwitz, certains étant gazés une deuxième fois à l'occasion de ces sélections.
3. Il y avait également les sélections internes parmi les Juifs immatriculés et mis au travail à Auschwitz même. Ces sélections, disent les
[201]
historiens, consistaient à répérer les malades
devenus improductifs ou
simplement contagieux (la plupart des femmes de Birkenau n'avaient
pas de travail) et à les gazer.
On peut répondre que l'hystérie des historiens a
donné à ce mot un contenu qu'il n'a pas:
-- D'une part, la sélection pouvait
consister à repérer les plus valides ou plus simplement
les plus qualifiés à effectuer certaines tâches
spécifiées, éventuellement dans un autre
camp de travail: la sélection pouvait consister à
repérer, par exemple, les médecins et, bien entendu,
ce n'était pas pour les gazer.
-- D'autre part, il est exact que des sélections de malades
ont eu lieu et que dans certains cas au moins, elles furent suivies
de leur transfert au camp-hôpital de Bergen-Belsen ou dans
d'autres camps. D'après les témoins cités
par Wieviorka, ces transferts vers Bergen-Belsen auraient commencé
en mars 1944; elle cite notamment le Dr FréjaIon: "Tour
à tour, les Reviers [infirmeries] d'Auschwitz, de Buchenwald,
de Mauthausen, de tous les grands camps de travaux vidaient leur
pitoyable clientèle sur le camp de convalescence. "
-- 27/05/1943: Berlin donne instruction à Auschwitz de
transférer à Lublin (Maïdanek) les 844 détenus
malades de malaria du camp (542 hommes et 302 femmes).
-- 25/11/1943: Ordre est donné de faire le relevé
de tous les malades de malaria aux fins de les transférer
à Maïdanek.
-- 11/08/1944: 212 détenus malades de malaria sont
transférés d'Auschwitz à Flossenburg."
(Entre-temps, Maïdanek, qui est aussi considéré
comme un camp d'extermination, avait été évacué
devant l'avance des Soviétiques).
Pourquoi ces transferts, dont le demier au moment où s'achevait
notamment le gazage de 400.000 Juifs hongrois ? Dans une hypothèse
exterminationniste, la chambre à gaz eut été
tout à fait indiquée!
Le Kalendarium mentionne à
toutes les pages des gazages de détenus immatriculés
et c'est l'occasion d'examiner de plus près comment a été
écrite l'histoire d'Auschwitz. Prenons par exemple les
mouvements de la statistique du "camp des femmes"
d'Auschwitz II (Birkenau BIa, BIb, BIIb, BIIc) tels que le
Kalendarium nous les donne pour le début d'octobre
1944, période pour laquelle on dispose de séries
statistiques continues et inattaquables:
[202]
1/10 ... 26.230 ... nombre de détenues enregistrées
( 70 )
3/10... +17.202... liquidation du "camp de transit"
("Mexico") et incorporation de ces détenues dans
le "camp des femmes " au BIIc ( 71 )
..........43.462... nouvel effectif du "camp des femmes "
(immatriculées et non immatriculées)
..........+488... entrée de Juives "en transit"
venant notamment de Theresienstadt
.......... - 989 *.... gazées (S.B.)
............42.973... nouvel effectif
4/10... -1.050...transfert vers d'autres camps
..............+ ?........écriture d'entrée manquante?
5/10... 42.990... nouvel effectif
6/10... -2.558... transfert vers d'autres camps
............- 1.888*... gazées ["vraisemblablement",
dit Czech, d'après une source documentaire et sans
parler de S.B.: nous l'assimilerons néanmoins au
S.B.]
.............38.544... nouvel effectif
...............+ 271... entrées en provenance de Theresienstadt
...........- 1.000**... gazées [soit 50% de 2.000 gazés
sans précision de sexe]
7/10.... -1.150... transfert vers Flossenburg
..........- 1.229*... gazées (S.B.)
8/10...- 401... tranfert vers Buchenwald
9/10...+ 191...entrées en provenance de Theresienstadt
...........- 2.000**... gazées (juives non enregistrées
du BIIc)
10/10... -2.219... transfert de juives enregistrées vers
divers camps
..........+ 85.... somme de divers petits mouvements du 1 au 10/10,
dont 30* gazées (S.B.)
............34.024...nouvel effectif
Or, l'addition de tous ces mouvements donne en réalité non pas 34.024 mais 29.983: l'écart est de 4.041. Il y a donc dans ces divers [203] mouvements, 4.041 sorties du camp qui sont fictives ! Comment l'expliquer ? L'explication la plus évidente est que certains des 7.137 gazages comptabilisés sont tout simplement fictifs (en réalité, ils le sont tous). En fait, il est évident que le Kalendarium, comme toute l'histoire d'Auschwitz, est faussé par ce recours constant et irréfléchi aux témoignages les plus extravagants. Plus précisément les gazages marqués d'un * sont de source documentaire et ceux qui sont marqués d'un ** sont de source testimoniale.
-- Les chiffres des gazages documentaires
* sont extraits d'une statistique journalière appelée
"Stärkemeldung", dont Czech a disposé
de façon continue pour cette période. Cette statistique
précise que les sorties du camp des femmes pour cette
période ont été de 4.137 "S.B."
(dont les 1.888 du 6/10). "S.B." signifie
sans doute "Sonderbehandlung" c'est-à-dire
"traitement spécial" et, disent les historiens,
c'était un mot de code pour "mise à mort".
Comme on l'a vu en annexe 7, cette interprétation
est dogmatique; le mot peut tout aussi bien désigner l'opération
de réimplantation à l'Est et il est vraisemblable
que c'est le cas.
Il reste que ces mouvements marqués d'un * sont bien réels:
4.137 femmes sont bien sorties cette décade-là
soit qu'elles aient été gazées soit qu'elles
aient été réimplantées.
-- Le nombre des gazages restants (marqués de **) est
donc de 3.000 et, bien qu'il manque probablement et de façon
inexplicable quelques écritures dans cette séquence
du 1 au 10/10, il semble permis de faire le rapprochement entre
ce chiffre et le chiffre des sorties fictives que nous avons
constatées (4.041: le millier inexpliqué doit correspondre
à une entrée oubliée en date du 4/10); cette
corrélation paraît évidente entre les 2.000
gazages du 9/10 (source testimoniale) et les 2.219 transferts
du 10/10 (source documentaire): ces transferts ont été,
bien entendu, précédés d'une sélection,
laquelle a été mal interprétée par
des témoins qui ont cru ou feint de croire qu'elle élait
une sélection "pour le gaz". Si ces chiffres
ne font pas double emploi, comment expliquer ces écarts?
On peut conclure de tout ceci que le gazage de détenus immatriculés devenus improductifs est une sinistre légende. Bien entendu, il reste qu'il est possible que des opérations d'euthanasie mais d'une ampleur sans rapport avec l'ampleur de la supposée extermination décrite par [204] les historiens, ont bien eu lieu (mais à d'autres époques que celle que nous venons d'examiner).
4. Enfin, il y avait des immatriculations de nouveau-nés, d'enfants nés à Auschwitz même. ( 72 ) Ceci est fondamentalement contraire à la thèse officielle, d'après laquelle on gazait les femmes enceintes puisqu'elles étaient pour longtemps inaptes au travail. Non seulement l'immatriculation de ces nouveau-nés, mais déjà leur naissance, leur gestation et même, dans un ccrtain nombre de cas, leur conception ne sont pas conformes à l'imagerie officielle. On notera quand même que l'absurdité se poursuivait lorsque ces enfants mouraient: ainsi Danuta Czech, cinquante ans après les faits, rapporte sur la base des archives du camp, que, par exemple, le 15/5/1943 est né dans le camp des Tziganes le petit Gehrard B., que cet enfant a été immatriculé sous le n* Z-8189 et qu'il est mort le 24/5/43. Ainsi, même la mort d'un enfant, être totalement inutile dans un univers prétendument concentrationnaire, axé sur le travail forcé et l'extermination, était enregistrée par l'Etat Civil du camp, car il y avait un Etat Civil à Auschwitz (on notera que tous les détenus étaient censés y demeurer Kasernenstrasse).
Rien que pour le mois de janvier 1944 (je n'ai pas fait les comptes pour les autres mois), il y eut au moins 22 naissances à Auschwitz (en très grande majorité, des filles, ce qui donne à penser que ce relevé est incomplet du fait de ce déséquilibre des sexes). De fait, une ancienne détenue, Stanislava Leszczynska, qui exerça la fonction de sage-femme à l'hôpital des femmes de Birkenau, a témoigné y avoir aidé à quelque 3.000 accouchements. Ce chiffre ne paraît pas invraisemblable.
Ces enfants jouant joyeusement à la balle dans le camp de l'Horreur absolue qu'était Auschwitz dérangent les historiens: dès lors, ils n'en [205] parlent pas ou s'ils en parlent, c'est avec beaucoup d'invraisemblance. Par exemple, on peut citer l'entrée suivante du Kalendarium:
4/10/1943: 11 garçonnets juifs nés les mois précédents à Birkenau sont immatriculés. Parmi eux le petit Josef G., né le 18/4/1943 et que sa mère avait caché. Celle-ci déclara après la guerre que, lorsque l'enfant avait été découvert, elle avait imploré le chef du camp de lui laisser la vie, ce qui lui fut accordé. Cette faveur, dit Czech, est "probablement" à relier d'une part à une autorisation donnée par Berlin de limiter l' "euthanasie" des enfants [cette autorisation est un non-sens dans une hypothèse exterminationniste; Czech ne donne d'ailleurs aucune preuve de sa réalité] et d'autre part au fait que les Tziganes et certains Juifs venant de Theresienstadt vivaient en famille précisément dans le "camp des familles ".
On ajoutera pour apprécier tout
à fait cette histoire que:
en fait, on avait immatriculé une première nouveau-née
juive le 18/ 9/1943 (peut-être même avant) et depuis
les immatriculations étaient devenues régulières
(une encore les 21/9 et 26/9; six le 29/9) et ne cessèrent
plus jusqu'à la fin de la geurre.
la mère était arrivée le 30/l/1943 dans
un convoi de 2.612 Juifs, venant non pas de Theresienstadt comme
le suggère Czech mais de Bialystok (Nord-Est de la Pologne)
et dont 2.010 furent gazés. On peut se demander pourquoi
une femme enceinte de près de 7 mois (du moins, si l'enfant
est né à terme) fut épargnée ou,
si sa grossesse n'était pas apparente, comment elle lit
pour la cacher par la suite, pour accoucher clandestinement dans
pareil milieu, pour allaiter, etc...
L'explication inexacte, embrouillée et invraisemblable de Czech est révélatrice du dogmatisme qui aveugle les historiens; l'explication la plus raisonnable est que le petit Josef G. ne risquait pas plus la mort que les 10 autres garçonnets immatriculés en même temps que lui et dont la situation juridique était ainsi régularisée (ce qui est heureux pour ces enfants, qui n'avaient pas d'existence légale !). Si on peut comprendre l'attitude de la mère (les ragots les plus alarmistes circulaient et étaient bien de nature à alarmer une mère), on ne peut que déplorer le dogmatisme dont font preuve les historiens et qui leur fait perdre tout bon sens.
[206]
Comment concilier la théorie du gazage des inaptes (enfants
et vieillards) avec la statistique -inattaquable- des effectifs
par tranche d'âge des femmes de Birkenau:
-- 1/10/1944: le camp des
femmes de Birkenau compte notamment:
166 fillettes juives et 370 fillettes polonaises de 0 à
14 ans (les Polonaises étaient venues avec leurs parents
arrêtés après l'échec de la révolte
de Varsovie), ( 73 )
42 femmes invalides de plus de 60 ans.
-- 22/10/1944: le camp des femmes de Birkenau compte notamment:
156 fillettes juives et 23 fillettes polonaises,
36 femmes invalides de plus de 60 ans.
-- Entre ces deux dates, quelque 45.000 détenus
(hommes, femmes et enfants) inaptes au travail ont été
gazés [et un certain nombre officiellement évacués
dans d'autres camps, ce qui peut expliquer -- concurremment aux
décès, il est vrai -- la baisse de ces effectifs
d'enfants et d'invalides âgés].
Certes, la place de ces enfants n'était pas dans un camp de concentration, ( 74 ) mais le fait qu'ils y étaient bien en vie (de même que des invalides âgés) est une anomalie dans un camp d'extermination et ruine -s'il restait quelque chose de la construction holocaustique- toutes ces histoires de gazage d'inaptes. Il reste que, dans la théorie révisionniste, les Allemands auraient dû les réimplanter. Les enfants, on l'a vu, suivaient leurs parents, du moins leur mère, mais les invalides âgés ? Il faut bien admettre provisoirement, en attendant que l'étude de l'histoire soit confiée à de nouvelles générations d'historiens plus sé[207]rieuses que la génération de la deuxième partie du XXème siècle, que les Allemands -- en dehors de la période de réimplantation des Juifs de Pologne en 42 -- ne faisaient pas montre d'inhumanité au point de réimplanter de vieilles impotentes dans des conditions qui devaient être très difficiles, a priori plus difficiles que les conditions régnant dans un camp de concentration et les laissaient entrer dans le camp avec l'un de leurs grands enfants.
Comment, par exemple, peut-on croire aux gazages quand on lit ce qui suit dans ce Kalendarium:
-- 21/10/1942:
-- 24/10/1942:
- 25/10/1942:
Ainsi donc, d'une part, les Allemands procédaient à des gazages de masse; d'autre part, dans le même temps, ils exécutaient certains déportés, parfois injustement mais régulièrement condamnés après une certaine procédure judiciaire, ces exécutions n'ayant aucun caractère exemplaire, puisqu'elles n'étaient pas publiques. Pourquoi ce formalisme? Pourquoi ne pas avoir joint ces condamnés à tous ces malheureux qu'on gazait vite fait, bien fait? C'aurait été bien plus simple ! L'explication ne serait-elle pas que, tout simplement, on n'y gazait personne et qu'en l'absence de chambres à gaz, on exécutait les condamnés à mort par des moyens traditionnels ?
Quelle vraisemblance peut bien avoir
la thèse de l'extermination
[208]
quand on lit encore dans cette bible qu'est le Kalendarium:
-- Les 1.802 détenus primitivement retenus, arrivent à Auschwitz, y sont immatriculés et mis au travail.
-- Les détenus refusés arrivent à leur tour à Auschwitz et y font l'objet d'une sélection [laquelle a dû être particulièrement pointilleuse aux fins de démontrer la justesse du point de vue des deux sélectionneurs]:
[De fait,] Auschwitz annonce à Berlin que sur les 1.500 détenus d'un premier convoi (750 hommes et 750 femmes):
[209]
Cette querelle entre deux camps réputés d'extermination (le premier cherchant apparemment à se débarrasser de ses malades ou du moins des moins aptes de ses détenus à l'occasion d'un transfert de main d'oeuvre) montre, certes, que certains détenus étaient dans un état sanitaire pitoyable, chose que personne ne conteste et que tout le monde déplore. Mais elle démontre aussi que pas plus à Maïdanek qu'à Auschwitz, les SS ne gazaient les Juifs qui avaient été incorporés dans le circuit du travail forcé, lorsque ces malheureux venaient à tomber malades ou à devenir inaptes au travail, mais, au contraire, les soignaient (probablement avec des moyens insuffisants), parfois même sans espoir de les remettre au travail.
Comment croire aux descriptions d'horreur absolue quand on lit:
-- 30/6/1943: un bordel a été
ouvert dans le bloc 24 d'Auschwitz I; un autre bordel
sera ouvert fin 1943 au camp de Auschwitz III. [Czech dit
qu'il était interdit aux Juifs et aux PG Russes, mais
il semble bien que cela n'est pas exact.]
-- 22/12/1943: rappel est fait aux SS de l'interdiction
de fréquenter ce bordel, réservé aux seuls
prisonniers.
Suit une tentative embarrassée de D. Czech pour expliquer cette mesure, certes dérisoire, peut-être même méprisable, mais incompatible avec les descriptions d'horreur absolue des historiens. On notera, au passage, que les pensionnaires de ces bordels étaient des volontaires rémunérées (elles encaissaient 0,45 RM par client, 0,05 RM allant à la tenancière -- une Kapo -- et le solde -- 1,50 RM -- étant destiné à une certaine "caisse du camp"). Les Kapos, dit Christophersen, distribuaient aussi des billets de faveur aux détenus; ceux-ci les leur lançaient parfois à la tête en signe de mépris.
ou bien,
[210]
On notera donc en plus qu'il y avait des cantines à Auschwitz.
Czech confirme par ailleurs l'existence de ces primes en publiant
la photo d'un document du 5/6/1944 donnant le détail des
primes accordées aux détenus en fonction à
l'hôpital de Birkenau (entre 0,5 et 3,0 RM sans autre précision).
Comment douter, à la lecture de la relation, manifestement déformée, des faits de deux journées consécutives, de ce que l'histoire officielle n'est qu'un tissu d'incohérences:
-- 16/4/1944: -- arrivée de Maïdanek d'un convoi composé de 299 Juives et 2 nourrissons: ils sont immatriculés et admis au bloc 2 du camp de quarantaine BIIa.
-- il y a beaucoup de malades parmi les détenus arrivés à Auschwitz en provenance de Maïdanek, camp menacé par l'avance soviétique et évacué: un "hôpital de transit" a dû être aménagé dans le camp de quarantaine BIIa de Birkenau (les blocs 3, 4, 5 et 6 sont réservés aux femmes; les blocs 9 et 10 aux hommes souffrant de dysenterie; le bloc 11 aux convalescents et aux hommes affaiblis; les blocs 12, 13 et 14 aux tuberculeux; le bloc 15 est réservé aux interventions chirurgicales et le bloc 16 aux malades contagieux).
-- arrivée du 71ème
convoi de Juifs de France (1.500 personnes): les 3/4 sont aussitôt
gazés.
-- immatriculation de 52 Tziganes.
-- 17/4/1944: -- arrivée d'un
convoi de 15 détenus qui sont tous immatriculés.
-- le soir, des SS accompagnés de chiens conduisent à
la chambre à gaz les 299 femmes et les 2 nourrissons immatriculés
la veille.
Comment peut-on croire à l'extermination des Tziganes, à la lecture du célèbre récit de la liquidation de leur camp?
-- 2/8/1944: -- Effectif des Tziganes
au BIIe de Birkenau, après l'arrivée des quelque
1.500 Tziganes d'Auschwitz I: 4.306 personnes dont 7 à
l'hôpital (BIIf).
-- L'après-midi, 1.408 Tziganes "destinés
à rester en vie" sont transférés par
train à Buchenwald.
[211]
Parmi eux, 918 hommes (dont 105 de 9 à 14 ans, 23 de 55 à 64 ans et 2 de plus de 65 ans) et 490 femmes. ( 75 )
-- Le soir, les 2.897 Tziganes restants sont transportés par camion aux chambres à gaz. Leurs corps sont incinérés dans les fosses, les fours des crématoires n'étant pas en activité à cette époque.
Ce récit n'est guère
vraisemblable:
1. Pourquoi gazer les uns et épargner les autres (dont des enfants et des personnes âgées improductives) ?
2. On notera que le même jour, un certain nombre de Juifs auraient également été gazés: les uns arrivés dans un convoi venant de Kielce (1.100 gazés possible selon la théorie du 1/3 -2/3) et les autres arrivés dans le 26ème convoi venant de Malines (202 gazés): cela fait au moins 4.200 corps incinérés
a) le même jour,
b) dans des fosses (les fours étant apparemment tous hors d'usage !
Ceci ne confirmerait-il pas plutôt que, comme nous l'avons dit plus haut, on ne les allumait qu'épisodiquement pour incinérer les détenus morts de mort naturelle ?),
c) la plupart de nuit (or, en vertu
de mesures d'occultation -vis-à-vis de l'aviation américaine-
on n'incinérait plus la nuit à cette époque,
nous dit-on par ailleurs).
Tout cela est même invraisemblable: les Tsiganes non transférés auraient pu être réimplantés mais il est même possible qu'ils soient restés dans le camp ! En effet, comme nous venons de le dire, le même jour où les Tsiganes auraient été exterminés, arrivait le 26ème convoi belge: parmi ces déportés, Bela S. (dont nous avons déjà parlé et dont nous savons que, tout en étant officiellement rescapée, elle était censée avoir été gazée le même jour que tous ces Tsiganes!). Or, Bela S. indique dans le Bulletin de la Fondation Auschwitz et sans que ses interviewers, Thanassekos et Chaumont, réagissent, que, par la suite, elle est passée un jour, à proximité du camp des Tsiganes et elle en donne des détails [212] précis et probants: des femmes aux cheveux longs (les autres femmes étaient tondues régulièrement par mesure d'hygiène et c'était bien là un détail propre à frapper une jeune fille) avec des enfants, dans des chalets,...
La vérité pourrait être qu'une partie des Tsiganes a effectivement été transférée à Buchenwald pour y être mise au travail et que ceux qui sont restés ont dû céder la place (peut-être parce que leur bloc était dorénavant trop grand pour eux) à des arrivants juifs et s'installer dans une autre partie du camp. (Encore qu'on peut penser qu'ils sont peut-être tout simplement restés sur place dans le BIIe. Et comme ils faisaient l'objet d'une statistique à part, nous n'en trouvons pas la trace dans la comptabilité du camp).
Les 1.000 pages du Kalendarium sont de la même encre et la conclusion qu'on peut en tirer est que rien ne prouve -- on a plutôt des preuves du contraire -- que:
a) "sélection" était synonyme de "mise à mort"; ce mot était plutôt synonyme de "affectation à un poste de travail" ou encore "affectation à un hôpital" ou, enfin, "affectation à une zone de réimplantation".
b) "immatriculation" était synonyme de "maintien provisoire en vie"; ce mot n'était même pas synonyme de "affectation à un poste de travail à Auschwitz", mais tout simplement "admission au camp dAuschwitz" ou plus banalement, comme en témoignent les immatriculations de nouveau-nés, synonyme de "inscription à l'Etat Civil d'Auschwitz".
Il reste cette question lancinante sur le sort réservé à ces centaines de milliers de personnes jugées inaptes au travail et donc non immatriculées: il est évident qu'on ne les a pas gazées mais réimplantées. Mais où et comment? On ne trouve formellement aucune information à ce sujet dans le Kalendarium (sauf la mention "S.B." en face de certaines sorties du camp des femmes ainsi que nous l'avons vu plus haut, mention qui ne peut pas être synonyme de "mise à mort"), bien que Danuta Czech donne l'impression d'avoir fait un travail honnête; autrement, elle n'aurait pas rapporté le genre d'informations dont nous venons de donner des extraits et qui ne sont pas en faveur de la thèse des gazages qu'elle défend.
[213]
Toutefois, il est à craindre qu'un certain nombre d'informations
qui pourraient, objectivement, conforter la thèse des réimplantations,
soient dénaturées ou laissées dans l'ombre
-peut-être inconsciemment du fait du dogmatisme des historiens.
Voyons par exemple la liquidation, si souvent racontée
et dont nous avons déjà parlé en annexe 7,
des Juifs venus de Theresienstadt:
En mars 44, les Allemands décidèrent,
dit D. Czech sur la base, bien
entendu, de témoignages, de tuer les Juifs de Theresienstadt
qui vivaient en famille au camp BIIb et qui étaient arrivés
en septembre 43. Ils les transférèrent au camp de
quarantaine BIIa pour accréditer la thèse d'un transfert
prochain dans le camp de travail de Heydenbrech. Ces Juifs y reçurent
la visite des médecins du camp qui leur distribuèrent
des médicaments à emporter, mais ce n'était
là qu'une manoeuvre pour les rassurer. Diaboliques, les
Allemands les autorisèrent à envoyer des cartes
postales à leurs amis restés à Theresienstadt
mais ne les postèrent que 3 semaines plus tard. Dans la
nuit du 8/3/44, ils firent monter ces Juifs dans des camions,
qui les conduisirent au crématoire (les femmes au Krema
III, les hommes au Krema II). Les 3.791 Juifs victimes de cette
opération y moururent en chantant l'hymne national tchèque,
l'Internationale, la Hatikwa et le Chant des Partisans.
On passera sur l'impossibilité d'éliminer tous
ces corps au cours de
la nuit qui suivit, sur ce subterfuge du transfert au camp de
quarantaine (d'après Vrba, comme nous l'avons vu en annexe
8, ils étaient déjà en quarantaine: plus
exactement, ils avaient été enregistrés à
leur arrivée sous la rubrique "Traitement spécial
après quarantaine de 6 mois"), et sur d'autres
invraisemblances, pour ne retenir qu'un détail: les camions,
en sortant du BIIa, ne tournèrent pas à gauche,
c'est-à-dire vers les crématoires, mais à
droite, c'est-à-dire vers la gare! C'est là le gen-
re de détail qui n'arrête pas les historiens: les
Allemands, expliquent- ils, ont décidé de
faire un détour pour "donner l'impression de se
diri- ger vers la gare" et ainsi tromper les Juifs
! Décidément, quand on croit à une chose,
et plus encore quand on veut y croire, tout, y compris les faits
contraires, alimente cette croyance.
[214]
Le CIA (Comité International Auschwitz) est une association présidée par le Pr Maurice Goldstein, ancien détenu lui-même et dont l'un des buts avoués est de combattre les révisionnistes. ( 76 ) Il est intéressant d'analyser ses déclarations de 1985 à nos jours sur le nombre de morts d'Auschwitz et, parallèlement, sur la nécessité de législations d'exception limitant le droit à la liberté d'expression des révisionnistes et, de ce fait, le droit à la liberté d'information de dix millions de Belges.
En mars 1985, à Auschwitz, M. Goldstein fustigeait les "nostalgiques du fascisme allemand [qui] tentent de minimiser et de nier l'importance des crimes nazis".
En décembre 1985, à l'inauguration d'une exposition au siège de l'ONU, M. Goldstein dénonçait les "pseudo-historiens" qui "tentent de minimiser surtout le nombre de victimes juives et de nier même l'existence des chambres à gaz d'Auschwitz". Et M.Goldstein de réaffirmer le dogme: "En quatre ans de temps, 400.000 prisonniers ont été immatriculés et tatoués à l'avant-bras. On ne connaîtra jamais le nombre exact de victimes exterminées par les nazis à Auschwitz, car 60 à 80% des Juifs et des Tziganes étaient gazés le jour même de leur arrivée, sans immatriculation, donc sans trace administrative. D'après diverses sources, on peut estimer leur nombre à près de 4.000.000."
Cet extrait montre en outre, si besoin en était, de quels à-peu-près se contentent les historiens, car un calcul élémentaire indique que si les 400.000 immatriculés représentent 20 à 40% des déportés (puisque les non-immatriculés, qui étaient gazés, représentaient 60 à 80% des arrivants), c'est qu'Auschwitz a accueilli 1.000-000 à 2.000.000 de déportés et donc n'a pas pu en exterminer davantage et notamment pas 4.000.000 ! (On notera qu'Elie Wiesel, prenant la parole après M. Goldstein, parla lui de "plus de 2.000.000"!)
[215]
En mai 1988, le CIA fustige à nouveau ces "falsificateurs
de l'histoire qui (...) tentent de minimiser le nombre de victimes
des génocides juif, tzigane et slave (...) ".
En décembre 1988, devenu plus prudent, M. Goldstein ne parlait plus des fameux 4.000.000 et se limitait à parler de "millions" de morts: par contre, il continuait à réclamer la poursuite légale des gens qui ne partageaient pas ses croyances.
En avril 1990, les pèlerins belges découvraient avec stupeur que les Polonais avaient enlevé du monument aux morts d'Auschwitz les plaques portant mention de l'extermination de "4.000.000" de personnes (nous en reparlerons abondamment dans le tome 2). M. Goldstein devait probablement être au courant de ce qui se tramait, car, en février 1990, il déclarait "( ... ) Mais les chiffres que des historiens discutent, nous, les rescapés d'Auschwitz, nous ne voulons pas y participer. On va se planter et cela ne change rien. Nous savons que les chiffres sur lesquels les historiens travaillent varient entre 1.656.000 et les fameux 4.000.000. Jamais on ne connaîtra le nombre exact."
Ainsi que nous le verrons, le CIA donnait son accord début 1993 à l'inscription de la mention "quelque 1.500.000 (...) majoritairement juifs" sur le monument. Ce chiffre, rappelons-le, est contesté par de nombreux historiens, dont Hilberg, qui en est à 1.200.000, Pressac, qui en est à 630.000/710.000 et, bien entendu, les révisionnistes, qui en sont à un peu plus de 100.000.
Fin 1993, dans un document à but pédagogique publié par le Ministère de l'Education de la Communauté Française de Belgique en collaboration avec la Fondation Auschwitz, l'extrait du discours à l'ONU de M. Goldstein en 1985 est repris -sans référence explicite- mais révisé comme suit:
"On ne connaîtra jamais le nombre exact des victimes directement assassinées à Auschwitz-Birkenau, car entre 60 et 80 % (et parfois jusqu'à 100 %) des Juifs étaient gazés dès leur arrivée. Les historiens estiment à plus de un million le nombre de Juifs exterminés sans avoir été immatriculés".
[216]
Enfin, en 1995, dans un article de 4 pages paru dans "Télémoustique",
le baron Goldstein ne citait plus aucun chiffre du tout !
Il ne réclamait même plus l'emprisonnement de ses
contradicteurs: il est vrai qu'il avait obtenu que soit
enfin adoptée la loi antirévisionniste qu'il réclamait!
Cette révision qu'a dû entériner le CIA en quelques années en passant de "4.000.000" à "plus de 1.000.000" de morts, ne l'incite pas à plus de tolérance et il continue à réclamer une législation d'exception limitant la liberté d'expression de ceux qui ne sont pas entièrement de son avis et la liberté d'information de tout un peuple. Mais ne tombe-t-il pas lui-même sous le coup de cette législation liberticide, puisqu'il conteste, lui aussi, des chiffres certifiés jadis par le Tribunal de Nuremberg?
[217]
Chaque fois qu'Israël veut s'assurer notre silence sur ses turpitudes, il réactive la "machine à culpabiliser": aux ordres, notre télévision nous reparle donc de l'extermination des Juifs et nous remontre le plus souvent les célèbres et tragiques images prises à Bergen-Belsen, notamment celles de cadavres poussés dans des fosses par un bulldozer. Bien entendu, elle nous montre aussi le plus illustre révisionniste, le professeur Faurisson, entre deux images de cadavres décharnés de façon à le rendre tout à fait odieux lui, ses amis "néo-nazis" et leurs "négations abjectes". C'est adroit (cela marche à chaque fois!) mais malhonnête: en fait, ces images étaient initialement destinées à décharger les Britanniques de leurs propres turpitudes et elles ont été récupérées par les exterminationnistes.
1. En effet, ces images sont sans rapport avec le génocide des Juifs, vu que Bergen-Belsen n'était pas un camp spécifiquement juif et, de l'avis même des historiens, n'était pas un camp d'extermination (mais y en a-t-il eu?). Certes, il y avait une section juive (diamantaires hollandais) et de nombreux Juifs y furent évacués, non seulement lors de l'évacuation finale d'Auschwitz, dont les internés furent dispersés dans toute l'Allemagne, mais aussi pendant la guerre: Bergen-Belsen était, en effet, un camp pour privilégiés (Juifs destinés à être échangés) puis, finalement, il devint un camp-hôpital où la détention était moins dure qu'ailleurs et vers lequel les Allemands ont dirigé un certain nombre de malades d'Auschwitz.
2. Bergen-Belsen fut submergé par les déportés évacués des camps de l'Est et cela au moment où ce camp connaissait des difficultés gran- dissantes du fait de la détérioration de la logistique allemande: les avions alliés s'attaquaient à tout ce qui bougeait (même aux civils et aux secouristes de la Croix-Rouge, ainsi que les chasseurs américaim le firent à Dresde au lendemain du bombardement anglo-américain, qui fit, dit-on, entre 135.000 et 250.000 morts en une seule journée); prévu pour 3.000 personnes, Bergen-Belsen reçut en fin 1944/début 1945, quelque 50.000 personnes (dont, semble-t-il, une moitié de Juifs). Dc la sorte, l'approvisionnement du camp, déjà problématique en période normale, était devenu déficitaire, notamment en produits de désinfec[218]tion (le fameux Zyklon-B) et en eau (la canalisation avait été coupée par les bombardements, lesquels, d'une façon générale, avaient désintégré la logistique allemande, à l'exception, malheureusement, de la garde des camps). S'y ajouta la bêtise du commandant du camp, Josef Kramer. En avril 1945, le Reich s'effondra et le chaos s'installa dans un pays entièrement détruit (les civils allemands -- qui étaient, bien entendu, dans une situation enviable par rapport aux internés -- souffraient également: par exemple, en août 1945, à Berlin, 4.000 personnes mouraient chaque jour); il devint impossible d'assurer la survie des internés: c'est là que les SS manquèrent d'esprit d'initiative et même de simple humanité en n'ouvrant pas les camps, quels que fussent les risques de propagation de l'épidémie; comme nous allons le voir, les Anglais firent de même à Bergen-Belsen.
Ce qui devait arriver, arriva: le typhus se déclara au milieu d'internés en surnombre et affamés et ce fut la catastrophe.
On notera que Sidney Bernstein, qui était chef des services cinématographiques de la section alliée de la guerre psychologique, essaya de réunir d'autres images aussi choquantes dans d'autres camps, mais il n'en découvrit qu'à Dachau et encore plus rares et moins dantesques que celles de Bergen-Belsen. 77 Ailleurs, Bernstein ne découvrit rien de semblable, surtout pas à Auschwitz (libéré 3 mois plus tôt).
Les images de ce cas à part et paradoxal que fut le camp-hôpital de Bergen-Belsen sont certes horribles, mais il est malhonnête de s'en servir pour nous faire croire que ces horreurs étaient délibérées.
3. Il y a plus grave encore: dans cette catastrophe, la responsabilité des Anglais fut écrasante et ce ne sont pas les révisionnistes qui le disent. Par exemple, Annette Wieviorka commente sans ménagement le [219] comportement des Anglais et de la sorte, décharge quelque peu les AIlemands. ( 78 )
En effet, les Anglais (du moins l'avant-garde)
prirent le camp le 15/4/1945 et, bien qu'ils disposassent de vivres
en abondance, ce qui n'était pas le cas des Allemands,
la situation alimentaire ne s'améliora pas aussitôt
et la situation sanitaire pas davantage: pire, elle s'aggrava
même et c'est plus de 15 jours après la libération
du camp que l'épidémie de typhus prit l'ampleur
qu'on sait pour atteindre son apogée le 15 mai, c'est-à-dire
un mois après l'arrivée des premiers Anglais: or,
la période d'incubation du typhus est de 10 à 14
jours! A ce moment (début mai), les Anglais, prolongeant
l'erreur et la faute des Allemands, confinèrent le camp
dans une "rigoureuse quarantaine dont les effets sur les
détenus sont ravageurs" et mélangèrent
bien-portants et typhiques (comme Höss l'avait déjà
fait à Auschwitz à l'été '42 avec
les résultats catastrophiques qu'on sait). Ce n'est qu'à
la mi-mai que les Anglais acceptèrent de laisser partir
les bien-portants après une opéra-tion de "sélection"
qui a dû rappeler Auschwitz à ceux qui y avaient
été internés. La conclusion de A.
Wieviorka est claire: "Compte tenu de la date de libération
du camp, [le rapatriement] fut celui qui prit le plus de
temps et ce délai eut des conséquences tragiques
pour des détenus qui moururent massivement".
Les Anglais portent une lourde responsabilité, que,
bien entendu, ils reportèrent entièrement sur les
Allemands.
Pensons-y quand la télévision nous remontrera ces images effroyables.
+++++++++++++++++++++
NOTES
60/ Du fait de cette illusion d'optique, les caractéristiques des 3 cheminées --si on les place sur la grande médiane -- seraient à peu près celles-ci (longueur x largeur + distance du centre de la cheminée au petit côté de la chambre à gaz);
n* 1 (la plus proche): 0,60 m x 0,55
+ 6,55
.....2..........................0,55.......0,45....10,40
.....3..........................0,40.......0,40....14,50
En centrant la chambre à gaz sur la troisième fenêtre, on obtient des cheminées de dimensions plus identiques, mais il reste que l'écart entre la première et la deuxième est moins grand qu'entre la deuxième et la troisième, ce qui est contraire aux lois de l'optique.
On notera que le "rapport Franke-Gricksch"
de mai 1943, qui est un faux des plus grossiers, mentionne
également 3 cheminées: "Dans cette
pièce se trouvent trois grandes colonnes par lesquelles
on peut, de l'extérieur de la cave, faire descendre certaines
substances." Signalons aussi que le célèbre
témoin SS Pery Broad, lui, en avait vu 6! Il y avait
effectivement 5 ouvertures semblables mais dans la salle des fours!
61/ Qu'est-ce qu'un "détecteur" de gaz? Des instructions
d'emploi du fabricant et de ce qu'en dit et montre Pressac (notamment
la photo d'un officier soviétique en possession d'une "boite"),
on doit tirer la conclusion que le "détecteur"
d'HCN n'était pas un appareil à proprement parler
mais un équipement (un "set", dirait-on aujourd'hui)
composé de languettes de papiers avec échelle colorimétrique
de référence (comme ces languettes en papier utilisées
universellement pour mesurer le pH de l'urine et vendues dans
toutes les pharmacies par boîte de 100) et (éventuellement,
si le papier n'était pas prétraité) de fioles
de réactif chimique; le "Gasrestnachweisgerät"
("appareil de contrôle de résidu de gaz")
dont il est question dans les instructions du fabricant de Zyklon-B
ne serait guère plus qu'un support pour les "Papierstreifen"
("bandes de papier"). Par contre, les "détecteurs"
de CO ou CO2 sont de véritables appareils de mesure automatiques.
Les chercheurs qui ont compilé la littérature technique
confirment tout cela.
62/ Ceci signifie déjà qu'on ne pourrait prétendre
que l'extermination des Juifs à Auschwitz aurait pu être
le résultat d'une initiative locale ignorée de Berlin.
63/ Extrait d'une notice de Pressac sur Teichmann, employé
civil de la Bauleitung: "s'occupe fin 1942 du bâtiment
de réception des détenus (BW 160) du Stammlager
et de ses 19 cellules d'épouillage au Zyklon-B prévues.
En raison de l'expérience acquise à ce titre (...)
est chargé de l'aménagement des chambres à
gaz [homicides] des crématoires de Birkenau".
Le document trouvé par Mattogno et Graf permet d'affirmer
que ces chambres à gaz n'étaient pas homicides et
explique cette mutation de Teichmann.
64/ On notera qu'après la révision à laquelle
se livre ici Pressac, une relecture de l'histoire de Gerstein
s'impose: elle renforce la thèse de la mythomanie de ce
spécialiste de l'épouillage qui jonglait avec des
tonnes de Zyklon-B qu'il prétendait destinées à
l'extermination et qu'il aurait, dès lors, essayé
de détruire ou de détourner.
65/ Auschwitz commanda aussi à Francfort (Degesch et Testa)
7,5 T en '42 et 2 T en '44, En tout, la Degesch aurait livré
en '43-'44, 160 T à la Wehrmacht (laquelle n'a jamais
été accusée de gazer qui que ce soit) et
125 T aux services sanitaires de la SS.
66/ Un exemple parmi cent tiré du Kalendarium: "1/12/1942:
Plusieurs camions sont envoyés au commando extérieur
de Chelmek qui vient d'être dissout, pour en rapatrier les
détenus à Auschwitz."
67/ La mention "Secret" figure rarement sur les
documents relatifs aux Kremas, même sur les plus
"compromettants" comme la célèbre
lettre de Bischoff parlant de la "Vergasungskeller".
68/ Dans le Tome 2, nous parlerons plus en détail de
la "Sterbeverzeichnisse 16", liste reprenant
les noms de quelque 1.000 femmes, toutes juives et toutes décédées
les 6, 7 et 8/12/1943 (il y eut une recrudescence de l'épidémie
de typhus fin novembre 1943) ainsi que les noms de quelque 500
hommes tous décédés entre le 1 et le 7/l/1944.
Ces dates sont-elles réellement celles du décès
de ces gens ou tout simplement les dates d'enregistrement de leur
décès par un Etat Civil débordé par
l'accroissement subit de la mortalité ? Ne sont-ce pas
des régularisations de décès dans des sous-camps
? On n'en sait rien mais on ne peut écarter a priori l'hypothèse
que, confrontés à une situation sanitaire catastrophique
(ce fut surtout le cas au cours du second semestre 1942), les
Allemands aient euthanasié des masses de typhiques agonisants.
On peut même penser que le contraire serait étonnant.
Bien entendu, les Allemands sont responsables de toutes ces morts
(non seulement ils avaient arraché des innocents à
leur foyer mais, en plus, ils les avaient entassés dans
un milieu impropre à leur survie) mais on nous permettra
de penser que cela est sans rapport avec une éventuelle
politique d'extermination.
69/ Nous verrons dans le Tome 2 que deux autres femmes de ce convoi
(la plus jeune rescapée des Juifs de Belgique et sa mère)
ne figurent pas dans ces 99 femmes immatriculées et ne
furent pas pour autant gazées (ainsi que l'affirment les
historiens) mais furent envoyées au "Camp des Familles"
puis immatriculées ultérieurement comme Tchèque
et Hongroise.
70/ Soit 11.506 occupant un poste de travail
................7.150 malades ou inaptes
................7.574 sans travail dont 1.020 attendant un transfert
dans un autre camp.
71/ Toutes sans travail puisque en attente d'affectation.
72/ Chez les Tziganes notamment, car ils y vivaient en famille:
ce traitement de faveur leur avait été octroyé
du fait qu'ils n'étaient que des suspects, contrairement
aux Juifs, qui étaient considérés comme des
ennemis. Certains Juifs vivaient également en famille,
mais ils étaient l'exception.
L'internement des Tziganes n'avait rien de génocidaire,
comme veulent nous le faire croire les historiens: c'était
avant tout une mesure de sécurité militaire (cette
mise au point ne signifie pas, bien entendu, que nous l'approuvions).
Comme nous le verrons dans le Tome 2, ce sont les Français
qui, les premiers, internèrent les Tziganes: leurs
motivations étaient les mêmes que celles des Allemands.
73/ En ce qui concerne les garçons, le camp des hommes
de Birkenau en comptait au 7/9/1944, 566 dont 189 (les plus jeunes)
vivaient avec leurs mères au camp des femmes, tout en figurant
dans la statistique du camp des hommes (ceci doit être mis
à la décharge des SS: ils ne séparaient pas
les enfants en bas âge de leurs mères). Au total,
quelque 1.000 enfants vivaient à Birkenau à cette
époque.
74/ Témoignage de l'agronome SS Thies Christophersen:
"[Birkenau] était surpeuplé et tout y était
négligé et sale. J'y vis des familles avec leurs
enfants. Ce spectacle me fit mal. Mais on me dit qu'on ne voulait
pas séparer les enfants de leurs parents lorsque ceux-ci
faisaient l'objet de mesures d'internement. Quelques enfants jouaient
joyeusement au ballon. Je pense néanmoins que leur place
n'est pas dans un camp d'internement et je considère comme
une mauvaise excuse le fait que les Anglais en aient fait autant
pendant la guerre des Boers. Je le dis à mon supérieur
qui me répondit: 'Je suis de votre avis, mais je n'y peux
rien !'. "
75/ On notera que 800 d'entre eux seraient revenus à
Auschwitz le 10/10/1944 et y auraient aussitôt été
gazés. Et si ce sont ceux-là qu'a observés
Bela S., l'histoire officielle n'en est pas moins en défaut
(nous allons en reparler).
76/ Le Pr. Goldstein a été fait baron par le roi
des Belges en 1993 en reconnaissance de son activité à
la tête du CIA.
77/ Pour Dachau, où le typhus s'est déclaré
aussi en fin 1944, on possède des renseignements très
précis sur l'évolution de la mortalité. Faurisson
a donné (d'après des sources officielles françaises
confirmées par des sources américaines) les chiffres
suivants:
du 11/5/1941 au 1/11/1944, en près de 3 ans et demi, il y a eu 4.139 morts (3 à 4 morts/jour)
du 1/11/1944 au 1/5/1945 (le camp a été libéré le 29/4/1945, soit 2 jours plus tôt), sur 7 mois, il y a eu 15.361 morts (72 morts/jour)
du 1/5/1945 au 31/7/1945, sur 3 mois d'administration américaine, il y a eu environ 1.900 morts (21 morts/jour)
Au total, 25.613 internés sont morts à Dachau, la majorité au cours de l'épidémie de typhus provoquée par l'effondrement du Reich.
78/ Cette attitude inattendue
-du moins pour ceux qui ont perdu confiance dans les historiens-
pourrait avoir deux raisons:
a) Les témoins, dont Simone Veil, qui y perdit sa mère,
sont formels et le disent: les Anglais amplifièrent
la catastrophe.
b) Les images de Bergen-Belsen pourraient banaliser l'horreur,
qui doit rester le monopole d'Auschwitz.
Habituellement, les historiens non seulement chargent les Allemands
tant qu'ils le peuvent, mais sont réticents à les
décharger quand la vérité l'exige. On sait
par exemple que les Soviétiques liquidèrent quelque
5.000 militaires polonais à Katyn (et d'autres ailleurs)
et ce lieu est devenu symbolique pour les Polonais. Ce crime fut
longtemps imputé aux Allemands et ce n'est que sous Gorbatchev
que les Soviétiques admirent qu'ils en étaient les
auteurs. En 1990, est constitué un comité d'honneur
"Katyn 1940-1990". Paul Halter, président
de la Fondation Auschwitz (lui aussi, récemment anobli
par le roi des Belges), a cru bon d'avertir les personnalités
sollicitées pour faire partie de ce comité des "conséquences
possibles d'une telle initiative en ce sens qu'elle risque d'alimenter
certaines tendances actuelles fort dangereuses qui oeuvrent pour
une certaine banalisation des crimes et génocides nazis.";
en conséquence, P. Halter les invitait à la "plus
grande prudence". Bref, à ne plus croire à
Katyn, on finirait par douter d'Auschwitz, de sorte que la vérité
n'est pas bonne à dire quand elle permet de décharger
les Allemands. On ne saurait d'ailleurs mieux faire qu'en citant
à nouveau P. Halter, qui disait, en d'autres circonstances
mais à la même époque: "Il y a des
vérités qu'il est inopportun de dire à certains
moments, c'est tout à fait évident."
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Voir, pour la suite, le volume II, Réalités de la "Solution finale".
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LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION
DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS, Notes
de lecture de Jean-Marie Boisdefeu, 2ème édition,
1996, Vrij Historisch Onderzoek , Tome 1: L'examen des preuves,
ISBN: 90 73111 19 6, Wettelijk Depot: D/5727/1996/2, NUGI 648,
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