AAARGH
[54]
Après Wannsee donc, à partir d'avril-mai '42, commencèrent les déportations de masse: les Juifs furent déportés en URSS par centaines de mille et transitèrent par des camps et des ghettos comme Auschwitz-Birkenau, Belzec, Sobibor, Maïdanek et Treblinka.
Ainsi que nous l'avons déjà vu, la majorité des Juifs du Reich avaient émigré avant la guerre; les Juifs restés sur place comprenaient une forte proportion de gens âgés, préférant subir les désagréments et les humiliations d'une persécution stupide et odieuse plutôt que de quitter leur patrie. Partout, ce sera la même chose: une forte proportion de jeunes et d'adultes dans la force de l'âge émigreront, et cela, dès le début des années '30 (car, en Europe de l'Est, il y avait eu, avant Hitler, l'antisémitisme est-européen séculaire et la crise économique) et une forte proportion de vieux et d'adultes de faible constitution resteront. Ceci a contribué à accroître le pourcentage de morts parmi les Juifs déportés plus tard à l'Est ou même restés sur place. Ainsi, chez les Juifs allemands en liberté (il n'y en avait plus que 50.000 environ en 1943, soit environ 11 fois moins qu'en 1933), les naissances avaient été de 3.425 en 1933 et seulement 239 en 1942 (soit 14 fois moins); les décès, par contre, n'avaient guère diminué: 8.925 en 1933 et 7.857 en 1942. On notera, de plus, que ceci illustre bien l'une des erreurs systématiques auxquelles conduit la méthode d'évaluation des morts dite "démographique" (mais aussi la méthode "par camp d'extermination"): on tient pour exterminés des gens morts de mort naturelle (personnes fragiles mortes précocement de maladie ou personnes âgées [55] mortes de vieillesse), la perpétuation de la communauté se faisant ailleurs (USA, etc ... ). Ainsi, si la guerre avait duré 6 ou 7 ans de plus, il n'y aurait plus eu un seul Juif en Allemagne et les historiens n'auraient pas manqué d'ajouter ces 50.000 Juifs allemands aux 6 millions de morts imputés aux Allemands.
A ce reliquat de Juifs allemands étaient venus s'ajouter les Juifs de l'Ouest (majoritairement des réfugiés de l'Est et du Reich, dont Hitler croyait s'être débarrassé !) et surtout les Juifs orientaux, qui constituaient la grande masse du judaïsme mondial.
La question qui se pose est de savoir exactement combien de Juifs furent ainsi déportés et où ils furent déportés. Nous allons tenter de démontrer ci-après que:
A -- il n'a pas dû y avoir plus de trois millions de Juifs à être tombés dans les mains des Allemands, lesquels n'auraient donc pas pu en exterminer davantage;
B -- la majorité des déportés occidentaux, notamment des Belges, ont été déportés à l'est d'Auschwitz, lequel camp n'a donc pas été le camp d'extermination qu'on dit mais un camp de travail et de transit (38);
C -- qui plus est, la majorité des déportés, tant occidentaux que polonais, ont même dû être déportés en URSS, c'est-à-dire à l'est de Treblinka, Sobibor et Belzec, lesquels camps n'ont donc pas été davantage qu'Auschwitz les camps d'extermination qu'on dit.
Nous ne saurions trop recommander au lecteur de se référer avec constance à la carte de Pologne que nous publions par ailleurs: cela l'aidera à comprendre.
Dans un célèbre rapport daté d'avril '43 et dont personne ne conteste l'authenticité, Korherr, statisticien de la SS, indiquait qu'à la fin de 1942, c'est-à-dire au terme de la terrible année au cours de laquelle l'essentiel du drame est censé s'être joué, 2.400.000 Juifs avaient été "évacués", dont une grande partie dans l'"Est russe" c'est-à-dire [56] l'Ouest de l'URSS.(39) Si on y ajoutait l'émigration, l'excès des décès sur les naissances, les morts en Russie de l'Ouest (c'est-à-dire massacrés par les commandos SS?) et les évacuations "en masse" en Sibérie organisées par les Soviétiques, on pouvait estimer, concluait en gros Korherr, qu'en 10 ans de national-socialisme, la population juive européenne (un peu plus de 10 millions sur une population mondiale de 17 millions) avait presque baissé de moitié.
En fait, cette statistique dans laquelle les historiens trouvent -- par extrapolation -- une justification a posteriori du chiffre de 6.000.000 de morts juifs, manque singulièrement de rigueur. Les chiffres de ce rapport sont même des plus fantaisistes qui soient, ce qui entâche sa crédibilité. Ainsi, pour Korherr, la population juive européenne d'avant-guerre était de 10 à 11 millions d'individus; pour arriver à ce chiffre, il suffit, bien entendu, de dresser un tableau reprenant les chiffres de la population juive, pays par pays, et de les additionner, ce que Korherr fait consciencieusement:
| En milliers | Chiffres anciens | Derniers chiffres connus | ||
| Reich | (1933/35) | 974 | (1943) | 78 |
| Hongrie | (1930) | 445 | (1940) | 750 |
| Roumanie | (1930) | 984 | (1941) | 302 |
| Pays Baltes | ('23 et '35) | 249 | (1937) | 271 |
| Pologne | (1930) | 3.114 | (1937) | 3.300 |
| URSS | (1926) | 2.570 | (1939)* | 4.600 |
| Royaume-Uni | (193l/33) | 234 | (1937) | 349 |
| Reste de l'Europe | 703 | 853 | ||
| (Total) | (9.273) | (10.503) | ||
[57]
Il apparaît au premier coup d'oeil que, si Korherr tient
bien compte de l'émigration des Juifs du Reich et
des transferts de population à la suite de la modification
des frontières roumaines et hongroises, par contre, il
ne tient pas compte de la très importante émigration
des Juifs baltes et Polonais des années 30 (50.000 d'entre
eux s'étaient, par exemple, installés dans la petite
Belgique) et, qui plus est, il compte deux fois les Juifs polonais
de la zone russe; le comble, c'est qu'il le signale! Malgré
quoi, il additionne tous ces chiffres, gonflant ainsi le total
des Juifs est - européens et européens (10.503.000
qu'il arrondit en "plus de 10 millions") de 2
à 3 millions d'individus ! Et certains historiens d'enchaîner:
il y avait effectivement 10 à 11 millions de Juifs en Europe
au moment du déclenchement de la guerre, ce qui, bien entendu,
permet de gonfler fictivement le total des morts de 2 à
3 millions, quand, après la guerre, on constate qu'il n'y
a plus, par exemple, que 3 ou 4 millions de Juifs en Europe. En
fait, le nombre de Juifs européens était très
en dessous de 9 millions.
Les chiffres cités dans le rapport de la Conférence de Wannsee (qui contenait déjà l'erreur faite plus tard par Korherr au sujet des Juifs polonais, ce qui s'expliquerait par le fait que, selon Korherr, c'est Eichmann, auteur du "Protocole de Wannsee", qui lui aurait remis les chiffres de sa statistique) étaient tout aussi erronés: Hannah Arendt le reconnaît. D'une façon générale, d'ailleurs, les statistiques allemandes concernant les populations juives sont gonflées: on peut encore citer l'exemple -- extrême -- de Monaco, où des SS "spécialistes" en la matière voyaient 15.000 Juifs (vers 1942), alors qu'il n'y en avait pas le dixième. Ce gonflement systématique pourrait avoir deux origines:
- D'une part, il y a la personnalité d'Eichmann, qui était le grand "spécialiste" des questions juives de la SS. Ce carriériste sans convictions (il n'était probablement même pas antisémite) était quelqu'un de petite intelligence et de peu d'instruction encore que roué et malin comme un singe. Normalement, c'est lui qui aurait dû rédiger le rapport finalement confié à Korherr; justifiant ce choix, Reitlinger disait: "Il est facile d'en connaître les raisons (...) Eichmann était complètement dérouté devant des dates, des chiffres et même une simple addition(...)". A propos du chiffre fantaisiste de 2.500.000 morts d'Auschwitz que Höss disait avoir reçu d'Eichmann, Reitlinger ajoutait: "( ... ) [58] Eichmann mentait tout bonnement, comme d'habitude, pour impressionner ses chefs (... ) ". Malgré quoi, Korherr, semble-t-il, prit les chiffres qu'il dût bien aller chercher chez Eichmann sans guère les passer au crible, de sorte que son rapport est une monstruosité d'un point de vue statistique.
- D'autre part, Eichmann ne mentait pas seulement en raison de sa nature: il n'était qu'un menteur parmi d'autres, peut-être même pas le plus grand (qu'il faudrait probablement aller chercher dans les Einsatzgruppen). La guerre du Golfe nous a remis en mémoire les méthodes de calcul des militaires (et de certains civils, aussi): pour eux, la préservation d'un statut avantageux passe par une estimation exagérée de la puissance de l'ennemi. D'une part, cela leur permet de faire prendre davantage conscience au public et aux décideurs du danger représenté par cet ennemi, de la nécessité qu'il y a de l'abattre et de l'urgence qu'il y a à se doter de moyens adéquats. D'autre part, ils n'en tirent que plus de gloire quand ils l'ont abattu. Ainsi est-il de tradition dans toutes les armées du monde, de gonfler les effectifs de l'ennemi et les pertes qu'elles lui ont infligées. Dans le cas de la guerre du Golfe, certains estiment que le chiffre des pertes irakiennes (200.000 militaires morts) est un "mythe" fabriqué par la CIA, laquelle avait déjà fabriqué le "mythe" de la "4ème armée du monde".
Le rapport Korherr n'est donc utilisable que si on ne perd pas de vue que ses chiffres sont gonflés, voire tout à fait fantaisistes. A cette condition, son étude peut être très utile -- car il n'en constitue pas moins un document unique et même tout simplement extraordinaire -- et elle permet de se faire une idée assez vraisemblable du nombre maximum de Juifs dont les Allemands se sont saisis et qu'ils ont éventuellement exterminés. Ainsi prévenus, nous allons pouvoir examiner le tableau le plus important du rapport.
[59]
| Rapport
Korberr: Evacuation de Juifs entre octobre '39 et le 30 décembre '42. |
|
| 1. Juifs du Pays de Bade et du Palatinat évacués en France | 6.504 |
| 2. Evacuation
vers l'Est depuis le Reich y compris le Protectorat et le district de Bialystok |
170.642 |
| 3. Evacuation
du Reich et du Protectorat vers Theresienstadt |
87.193 |
|
4. Transfert des Juifs des Provinces
orientales - par les camps du Gouvernement Général: - par les camps du Warthegau : |
1.449.692 1.274.166 145.301 |
|
5. Evacuation des Juifs d'autres
pays: France (occupée Hollande Belgique Norvège Slovaquie Croatie |
41.911 38.571 16.886 532 56.691 4.927 |
| Evacuation
totale (y compris Theresienstadt et le traitement spécial) |
1.873.549 |
| sans Theresienstadt 1 | 1.786.356 |
| 6. En plus, il y
a les chiffres du RSHA sur l'évacuation des Juifs des territoires russes y compris les anciens pays baltes depuis le début de la campagne à l'Est |
633.300 |
| Les chiffres ci-dessus ne comprennent pas les Juifs se trouvant dans des ghettos et dans les camps de concentration. [Par la suite, Korherr signale 603.755 Juifs non évacués soit 381.047 Juifs enfermés dans des ghettos autres que Theresienstadt, 36.932 Juifs enfermés (ou morts) dans des camps ou en prison, 185.776 Juifs travaillant sur des grands chantiers de fortification ou autres.] | |
[60]
Les Allemands auraient donc "évacué" 1.786.356 + 633.300 = 2.419.656 Juifs à fin 1942. Si on y ajoute les 603.755 Juifs ghettoïsés, enfermés ou travaillant sur les grands chantiers, on arrive à 3.023.411 Juifs arrêtés. Si on y ajoute encore ceux dont les Allemands se saisirent en 1943 et 1944 (un peu plus de 500.000, avons-nous dit plus haut) et si, enfin, on y ajoute quelques centaines de milliers de victimes des "ratonnades" des Einsatzgruppen (s'ils ne sont pas déjà repris dans le coeur d'une statistique qui serait codée, ainsi que l'affirment les historiens), on arrive à la conclusion que les Allemands ont pu exterminer un maximum de 4 millions de Juifs, chiffre que nous affinerons à la baisse plus loin d'une autre façon mais dont on peut se convaincre, déjà maintenant, qu'il est artificiellement gonflé.(40)
Ainsi, cette statistique des "évacués" (c'est-à-dire des "exterminés" pour les historiens) reprend, par exemple,
- sous le poste 1: 6.054 Juifs allemands (Pays de Bade et Palatinat)
évacués en France en 1940 et internés dans
les camps des Pyrénées (sans qu'on puisse raisonnablement
prétendre que les Allemands les avaient déportés
pour les gazer, un certain nombre d'entre eux ayant d'ailleurs
même été libérés);
[61]
- sous le poste 5: 41.911 Juifs évacués de France
vers l'Est, mais, comme l'écrit Gilbert lui-même,
parmi eux "se trouvaient de nombreux Juifs allemands,
déportés vers les Pyrénées, deux années
plus tôt": ce sont nos Badois et Palatins qui sont
donc comptés deux fois! En fait, ils sont même comptés
une troisième fois, car les 41.911 Français du poste
5. se retrouvent tous une deuxième fois
* soit sous le poste 4. des 1.449.692 Juifs transférés en URSS par Belzec et autres camps du Bug,
* soit, plus loin, dans les 603.755 aptes restés dans les ghettos et camps de travail du Reich et de Pologne, comme les milliers de déportés descendus à Kozel (un peu avant Auschwitz) pour travailler dans l'Organisation Schmelt de Breslau.
Korherr et Eichmann manquaient donc singulièrement de méthode: chaque fois qu'un Juif passait au tourniquet, ils le faisaient entrer dans leur statistique et, de la sorte, ils le comptaient plusieurs fois: une première fois à sa déportation, une deuxième fois à sa mise au travail ou son expulsion en URSS, une troisième fois à la liquidation de son nouveau ghetto, etc... Certes, ils ne comptaient pas chaque Juif cinq ou six fois, ne fût-ce que parce que le nombre de ces malheureux allait s'amenuisant, mais, en moyenne, ils auraient bien pu le compter deux fois, doublant ainsi le nombre des Juifs pris en mains et, éventuellement, exterminés.
Ils étaient si peu scrupuleux qu'à l'occasion, ils comptaient même des non-Juifs (Hilberg: "Les 'évacuations" figurant respectivement pour 222.117 et 1.274.166 incluent de toute évidence quelques non-Juifs résidant momentanément dans les ghettos. ")
Or, dans leurs analyses statistiques, les historiens ne tiennent aucun compte de ces doublons, tout en nous donnant par ailleurs la preuve de leur réalité; lisons, par exemple, Christophe Browning ("Des hommes ordinaires", Les Belles Lettres, 1994): "Dans le même temps [ler semestre 19421 où les Juifs polonais prennent le chemin des camps d'extermination, des trains en provenance d'Allemagne et d'Autriche, du Protectorat et de l'Etat fantoche de Slovaquie, déchargent leurs cargaisons de Juifs dans le district de Lublin. Quelques-uns de ces transports (...) aboutissent aussi directement à Sobibor. Mais d'autres sont déchargés dans les divers ghettos, les Juifs étrangers prenant temporairement la place de ceux qui viennent d'être tués."
[62]
Dans son dernier livre, consacré principalement à la tuerie de Josefow en juillet 1942, Browning donne même un exemple précis: dans ce bourg polonais d'où les Allemands auraient déporté 300 Juifs et où ils auraient tué sur place les 1.500 autres Juifs du bourg (Belzec, pourtant tout proche, étant surchargé, dit Browning), il y avait des Juifs allemands de Cassel, de Brême et de Hambourg. Plus tard, les hommes du 101e bataillon de police, auteurs de ce triste exploit, rencontrèrent d'autres Juifs allemands -- toujours dans l'Est du Gouvernement Général -- à Lomazy, à Komarowka elt à Pulawy (bourgade où le chef du Conseil juif était un Munichois). Sans doute ont-ils également rencontré des Juifs occidentaux non allemands mais pour eux, bien entendu, c'étaient des Juifs sans particularité méritant d'être relevée.
Tous ces gens sont incontestablement comptés deux fois dans la statistique des évacués-exterminés de Korherr.
On notera encore en ce qui concerne Josefow, que Gilbert, de son côté, relate bien le massacre de juillet '42 (sans parler des 300 déportés), mais il relate encore:
Tous les Juifs de Josefow, qui n'était qu'un bourg, ayant été massacrés ou déportés en juillet 1942 (si ce n'est déjà en mai '42?), on en conclura que ou bien Gilbert radote ou bien la plupart de ces Juifs sont, selon toute vraisemblance, des Juifs occidentaux non retenus pour le travail à Auschwitz (et donc déjà présumés gazés) et en instance de réimplantation (ou sur le point d'être massacrés, il est vrai, pour un certain nombre d'entre eux).(41)
[63]
On peut encore citer Gilbert: "Dans les convois d'Opole [du printemps '42 vers Belzec] figurent beaucoup de Juifs originaires d'Autriche, déportés de Vienne vers la Pologne, deux ans auparavant." ou encore: "Les survivants de communautés autrefois florissantes de Bavière et de Bohême sont déportés [en avril '42] vers de prétendues zones de 'réinstallation'. Leur destination: deux camps de transit, Izbica et Piaski, d'où ils seront envoyés à Belzec, non loin de là et gazés." En attendant, les voilà bien repris deux fois dans la statistique des évacués/exterminés de Korherr.
Il y a aussi à dire sur les 633.300 Juifs évacués des territoires soviétiques occupés y compris les Pays Baltes (mais, probablement, non compris la Galicie orientale) (poste 6.). Après la guerre, dit Hilberg, Korherr qualifia ce chiffre de "'chiffre-maison, ce qui, dans le jargon des statisticiens allemands signifiait que malgré son exactitude apparente, on en ignorait la signification". Pour Reitlinger, ces 633.300 étaient le nombre de Juifs soviétiques (et, pour partie, polonais) massacrés à cette époque, nombre "probablement basé sur les rapports des Einsatzgruppen et des autres polices et, dès lors, objet d'exagérations". Ce chiffre est effectivement difficile à comprendre pour les exterminationnistes (sauf pour Reitlinger, qui s'en sort à moitié) puisqu'ils chiffrent les massacres des Einsatzgruppen (massacres centrés sur la fin 1941/début 1942) à plus de 1,3 million voire 2 millions de Juifs. Et puisque ce chiffre ne correspondait pas aux affirmations des historiens, le mieux était effectivement peut-être bien de faire dire par un Korherr terrorisé à l'idée d'être inculpé de complicité de crime contre l'Humanité que ce chiffre constituait un mystère.
On ne peut évidemment se satisfaire de ce tour de passe-passe. On notera d'abord que, plus loin, dans le bilan de la déjudaïsation en Europe, Korherr fixe le chiffre de la population juive soviétique à "environ 4 millions", chiffre qui correspond au résultat de la soustraction de nos 633.300 des 4.600.000 Juifs soviétiques qu'il comptait en 1939 (voir le premier tableau): ces 633.300 représentent donc probablement le nombre de Juifs soviétiques pris en mains par les Allemands, c'est-à-dire massacrés (ce qui signifie qu'Eichmann et/ou Korherr avaient singulièrement réduit les prétentions incroyables des Einsatzgruppen) mais aussi ghettoïsés ou mis au travail (car Korherr ne reprend aucun ghetto ou camp soviétique dans la liste détaillée qu'il donne par la suite). Korherr précise aussi que, s'il a pu tenir compte de l'excès de la mortalité dans [64] toutes les communautés juives européennes, il n'a pu, par contre, tenir compte de tous les morts dans les territoires soviétiques occupés (ni, bien entendu, des Juifs morts au front ou dans l'espace aux mains des Soviétiques). Et pourquoi donc? Probablement parce qu'on avait affaire à un pays en guerre, dévasté, sans administration et que le seul chiffre fiable dont Korherr disposait était celui des Juifs ghettoïsés ou mis au travail (puisqu'en dehors des maquis, il n'y avait pas beaucoup de Juifs soviétiques encore en liberté), le chiffre des morts ne pouvant qu'être estimé au travers des déclarations fantaisistes des Einsatzgruppen (déclarations qui, de plus, s'étaient taries depuis la mi- 1942).
On aurait donc peut-être bien ici l'indice que la population juive soviétique restée sur place à l'arrivée des Allemands était inférieure au million (y compris les Juifs est-galiciens "transférés" par les camps du Gouvernement Général). Nous en reparlerons plus tard.
On notera enfin que les Juifs du Reich déportés en URSS de 1939 à 1942 doivent faire partie de ces 633.300 personnes: ils sont donc eux aussi, repris deux fois dans la statistique des évacués de Korherr, tout comme les Juifs badois et palatins et beaucoup d'autres, ainsi que nous l'avons vu.
Notons encore que les historiens disent aussi que le rapport, en dehors des chiffres, contient des preuves sémantiques de la réalité de l'extermination; en effet, remarquent-ils, le document est codé lui aussi et par "réimplantation", il faut entendre "extermination". En fait, Korherr, dans une première mouture, utilisait les mots "Evakuierung" (Evacuation) et "Sonderbehandlung" (Traitement spécial), en réservant ce mot à l'évacuation des Juifs du Gouvernement Général; il reçut de Himmler instruction de bannir le mot de "Sonderbehandlung" et de le remplacer par "Transportierung" (transfert). Les historiens y voient la preuve que "Sonderbehandlung" est un mot de code pour "extermination": en effet, l'emploi de ce mot aurait constitué une "gaffe" de Korherr et il convenait de la réparer en remplaçant ce mot par un autre mot (dont ils nous disent, par ailleurs, qu'il était également codé); c'est là une nouvelle pétition de principe qui, de plus, frise le ridicule: en effet, pourquoi remplacer dans un rapport secret destiné à Hitler (auquel, il est vrai, on voulait peut-être bien cacher certaines choses) un mot de code par un autre mot de code, fût-il mieux "codé"? En fait, il est plus vraisemblable que, le mot "Sonderbehandlung" étant un ter[65]me de jargon SS, Himmler a estimé qu'il n'avait pas à figurer dans un rapport qu'il semblait décidé -- du moins à ce moment -- à transmettre à Hitler lui-même. En l'occurence, le "Sonderbehandlung" désigne cette grande opération affectant les Juifs enfermés dans les ghettos de transit de l'Est du Gouvernement Général entreprise au début de '42, les aptes étant mis au travail (quand ils n'y étaient déjà pas: dans le cas de Varsovie, par exemple, ils avaient été déportés avec leurs outils) et les inaptes étant expulsés en URSS avec la plus grande brutalité. En 1977, dans une lettre au "Spiegel", Korherr affirma que les chiffres et les textes du rapport lui avaient été remis par le RSHA (Eichmann) avec instruction de n'y rien changer(42); il demanda tout de même, dit-il, le sens du mot "traitement spécial" et il lui aurait été répondu que ce mot désignait l'opération de réimplantation des Juifs dans le District de Lublin (sur la frontière polono-ukrainienne mais en Pologne). Certes, ainsi que nous l'avons dit, ce projet de "réserve" juive avait été abandonné depuis 1940 mais peu de gens à Berlin devaient se préoccuper de l'endroit exact où les Juifs étaient réimplantés (ils avaient d'autres préoccupations) et Lublin (où, tout de même, de nombreux Juifs furent mis au travail) ou Nisko ou encore Kiev, c'était toujours "l'Est". Tout ceci s'inscrirait bien dans la thèse fonctionnaliste: plus les Juifs s'éloignaient de Berlin et moins Berlin s'en occupait.
En résumé, l'analyse -- même superficielle -- du seul document statistique existant sur la question, le rapport Korherr, permet d'affirmer que les Allemands n'ont pas mis la main sur plus de 3 millions de Juifs et n'auraient donc pas pu en exterminer davantage.
- soit à Auschwitz pour y être mis au travail ou exterminés là-même. C'est le cas de tous les Belges et de la plupart des Français et Hollandais. On peut en douter sérieusement ainsi qu'on va le voir, car on trou[66]ve des traces des Juifs de Belgique à l'Est d'Auschwitz, ce qui prouve deux choses:
Ainsi, d'une part, Poliakov rapporte qu'au procès de Jérusalem, on fit état du rapport (daté de 1948) de la Commission générale (polonaise) d'enquête sur les crimes allemands en Pologne, dans lequel rapport il est précisé: "(...) On amenait également à Treblinka les Juifs d'Europe occidentale: les juifs allemands, autrichiens, tchèques et belges (...)". D'autre part, dans le film documentaire "Shoah", Lanzmann fait dire à un cheminot polonais chargé d'acheminer les convois de Juifs à Sobibor que des Juifs de Belgique y furent également amenés. Or, les historiens belges n'en parlent pas; pour eux aussi, Auschwitz -- destination avérée de tous les convois partis de Belgique vers l'Est -- était le terme du voyage, mais il faut bien admettre que si les Polonais disent vrai, les Belges ont tort: des Juifs de Belgique ont donc été transférés d'Auschwitz dans d'autres camps plus à l'Est, à la frontière ukrainienne ou biélorusse: il pourrait s'agir, bien entendu, des femmes, des enfants et des inaptes non retenus pour le travail et censés avoir été gazés à l'arrivée à Auschwitz. Ces gens, répétons-le, figurent deux fois dans la statistique des évacués/exterminés (Auschwitz, puis Treblinka ou Sobibor sans parler des massacres commis par les Einsatzgruppen).
De son côté, Gilbert, confirme non seulement la présence de Belges à Treblinka mais aussi la présence de Hollandais: or, durant la période d'activité de Treblinka, tous les convois partis de Hollande allèrent aussi à Auschwitz (et peut-être à Sobibor mais pas à Treblinka) ("Treblinka (...) not only for Polish Jews, but also for Jews from Holland,
Belgium and elsewhere." dans "Auschwitz and the Allies", Arrow, London,1981).
Dans le "Livre Noir", Vassili Grossman voit des Juifs français à Treblinka: "(...) en provenance des pays d'Europe occidentale -- France, Bulgarie, Autriche, etc.-, l'acheminement à Treblinka (...)"; or, officiellement, aucun convoi parti de France n'a été à Treblinka. Le même ouvrage reprend le témoignage de P. Antokolski et V. Kaverine selon lesquels "les premiers contingents de prisonniers sont arrivés [à Sobi[67]bor, mis service le 15/5/'42, ce qui pose un problème de date] de France et de Pologne occidentale"; or, les convois arrivés directement à Sobibor de France et de Hollande datent de 1943: ces Français et Hollandais de 1942 auraient donc pu être des inaptes passés par Auschwitz.
Un autre auteur juif, Reuben Ainsztein, ("Jewish resistance in Nazi-occupied Eastern Europe", Elek Books, London, 1974) signale lui la présence de Juifs belges (et hollandais) dans le camp de Janow près de Lvow à proximité de l'Ukraine, c'est-à-dire à l'Est du présumé camp d'extermination de Belzec. Il signale aussi la présence de Juifs belges (et hollandais et français) dans le ghetto de Kowno (Kaunas).
Citant Fleming, G. Miedzianagora et G. Jofer donnent aussi Riga comme lieu de déportation des Juifs occidentaux: "On amena également, en d'autres périodes, dans les environs de Riga, dans le camp de Salaspils, pour les y exterminer, des Juifs de France, de Belgique, de Hollande, de Tchécoslovaquie et d'autres pays occupés.".
De son côté, le révisionniste espagnol Enrique Aynat donne des éléments confirmant que des déportés belges, français et hollandais arrivèrent bien à l'est d'Auschwitz sans qu'on puisse prétendre que ce fut directement dans les prétendus centres d'extermination de la frontière polono-ukrainienne, donc sans qu'on puisse, d'une part affirmer qu'ils avaient été gazés à Auschwitz et d'autre part, nier qu'ils figurent deux fois dans la statistique de Korherr:
1. Comme nous l'avons vu plus haut, les autorités françaises avaient, à l'été 1942, honteusement séparé de leurs mères plus de 4.000 enfants et les Allemands avaient finalement accepté de recevoir ces malheureux (lesquels, vu la mortalité qui régnait à Auschwitz alors en pleine épidémie de typhus, étaient probablement le plus souvent des orphelins, ce que les autorités françaises ignoraient probablement). A l'examen de 3 documents incontestables, Aynat démontre que:
- Initialement, Eichmann avait prévu de les déporter non pas à Auschwitz mais à l'est d'Auschwitz dans le Gouvernement Général.
- Si, finalement, ces enfants furent déportés (par petits groupes) à Auschwitz, ce fut en vue de leur redéportation ultérieure probablement dans le Gouvernement Général, en tous cas plus à l'Est. Ce ne pouvait être, bien entendu, pour les y exterminer, sinon il faudrait admettre [68] qu'Auschwitz n'était pas le camp d'extermination industrielle qu'on dit. Ce n'est pas la preuve qu'ils ne furent pas exterminés, c'est vrai, mais ce qui nous intéresse à ce stade c'est de vérifier d'une part, les doubles emplois de la statistique de Korherr (ces enfants y figurent eux aussi deux fois), d'autre part, le fait qu'Auschwitz n'était pas le terme du voyage pour les inaptes.
2. On trouve même la preuve de la réimplantation provisoire à l'est d'Auschwitz des Juifs occidentaux dans les rapports officiels du Gouvernement polonais en exil (GPE): "Après que les Allemands aient eu terminé leurs préparatifs -- enfermer les Juifs polonais dans des ghettos où ils furent rejoints par de nombreux convois de Juifs occidentaux -- commença le premier acte de la tragédie. " (24/4/'43). En même temps, le Gouvernement polonais communiquait aux gouvernements alliés des "informations authentiques sur le massacre en masse non seulement des Juifs de Pologne mais aussi des centaines de milliers de Juifs qui y ont été transplantés d'autres pays et enfermés dans les ghettos de notre pays."
3. D'autres documents officiels polonais révèlent la présence de Juifs occidentaux dans le ghetto de Varsovie; par exemple, un document confidentiel du 23/12/'42 fixant la population du ghetto à "un ensemble de 60.000 Juifs indigènes et provinciaux, y compris des Juifs en provenance de pays occidentaux occupés par l'armée allemande [c.-à-d. Belgique et/ou France et/ou Pays-Bas]." Plus précisément, dans un document consacré au "problème juif' et portant sur la période du 15/10 au 15/11/'42, la "Delegatur" du Gouvernement polonais écrivait: "Des personnes en contact étroit avec le ghetto de Varsovie déclarent que de nombreux transports de Juifs viennent d'arriver à Varsovie en provenance de France, Belgique et Hollande (...) On ne connaît pas pour le moment la destination de ces Juifs; sans doute ne s'agit-il que d'une halte provisoire précédant leur transfert à l'est pour y être exterminés."
4. Une activiste sioniste slovaque bien connue, Gisi Fleischmann, dans une lettre du 24/3/'43, signalait la présence de Juifs belges dans la région de Lublin et dans l'est de la Pologne: "Nous avons reçu quelque 200 lettres de Deblin-Irena et Konskawola dans le district de Lublin, où, en plus de nos Juifs [slovaques] se trouvent aussi des Belges."
5. Un "témoin oculaire", I.Hertz, témoignant devant le Comité Antifasciste juif d'URSS, signalait la présence de Juifs belges, hollandais et français dans l'est du Gouvernement Général en 1942: "Des convois de Juifs arrivèrent à la gare de Lvov depuis Tarnopol, Sambor et Brzeliny et furent envoyés à Belzec. En outre, passaient à Lvov [c'est-à-dire à l'Est des supposés camps de la mort comme Belzec] des trains transportant des Juifs de Bruxelles, Amsterdam et Paris; ils furent envoyés au même centre d'extermination." ("The Black Book", 1946).
Toutefois, on notera que la toute récente édition française du "Livre Noir"(42bis) donne une version de ce témoignage un peu différente:
"Tous les trains transportant des Juifs de Bruxelles, de Paris et d'Amsterdam passaient par Rava-Ruskaïa. Ils étaient rejoints par des convois de Tarnopol, Kolomi, Sambor, Brzezany et d'autres villes d'Ukraine occidentale.
[A quinze kilomètres de Rava-Ruskaïa et de Belzec, ils faisaient sortir des wagons les Juifs qu'ils transportaient en qualité d' 'évacués'.] Belzec est un lieu terrifiant où !es Juifs sont exterminés."(42ter)
Suit la description de Belzec: on électrocutait les Juifs par groupes de 1.000 et, bien entendu, on faisait du savon avec "les plus dodus".
Nous avons porté sur une carte les endroits cités dans ce témoignage ainsi que les lignes de chemin de fer les reliant à l'époque. En s'y référant, le lecteur notera que:
- La distance entre Belzec et Rava-Ruskaïa (où il y avait aussi un camp de prisonniers de guerre) est d'une trentaine de kilomètres.
- A l'époque, semble-t-il, la ligne ferroviaire principale entre Cracovie (Auschwitz) et Lvov passait par le Sud (Przemysl) et non par le Nord (Rava-Ruskaïa).
[70]
- "La ville galicienne de Rawa-Ruska, à une trentaine de kilomètres de Belzec, était un noeud ferroviaire par où transitaient les trains de déportés." (Hilberg) En d'autres termes, s'il fallait passer par Rava-Ruskaïa pour se rendre à Belzec, on pouvait également passer par ce noeud pour se rendre plus à l'Est, notamment dans les Marais de Pinsk (destination finale, disent les révisionnistes, de nombreux déportés ayant transité par Belzec).
- Les communautés juives de Galicie orientale (Lvov) furent déportées sur le second semestre '42 (surtout août '42). A la même époque, les occupants de nombreux ghettos proches d'Auschwitz furent envoyés vers l'Est, plus précisément (pour les historiens) à Belzec où ils furent gazés. Mais, dans une hypothèse exterminationniste, on aurait dû les envoyer à Auschwitz tout proche et non pas à Belzec à 300 kilomètres de là. Ces Juifs seraient peut-être bien les inaptes belges, français et hollandais de cette époque, qui avaient été relogés provisoirement dans ces ghettos de la région d'Auschwitz.
Dans le "Livre Noir", on relève aussi le témoignage d'un certain Bo[71]ris Chandros: " (...) on les avait amenés à Belzec, à l''usine de la mort'. On y exterminait les Juifs de Lvov, de Pologne et de France. (...) "
Voilà, nous semble-t-il, quelques éléments qui donnent légitimement à penser d'une part, que Korherr a considérablement gonflé le nombre de déportés juifs à fin '42 et d'autre part, que les Juifs non retenus pour le travail à Auschwitz n'entraient même pas dans le camp (sauf en 1944) et étaient transportés à l'est d'Auschwitz. Oui, direz vous peut-être, mais si c'était pour être gazés dans les camps du Bug (Belzec, Sobibor, Treblinka) ... D'une part, ceci constituerait de toute façon une révision importante de l'histoire officielle et il faut d'abord acter cette révision; d'autre part, comme nous allons le voir, il y a des preuves multiples que les déportés juifs n'étaient pas plus exterminés dans les camps du Bug qu'à Auschwitz et étaient réimplantés (et, certes, souvent massacrés) au-delà du Bug c'est-à-dire soit dans l'Ostland (Pays Baltes et Biélorussie) soit en Ukraine voire en Russie.
1. Les Juifs officiellement rapatriés
en Belgique ont été de
| convoi n· | date | hommes | femmes | enfants | total |
| 1 à 5 | Août '42 | 1,4% | 0,2% | 0,3% | 0,8% du convoi |
| 6 à 11 | Sept | 6,3 | 0,2 | 0,5 | 2,3 |
| 12 à 15 | Oct | 7,8 | 0,1 | 0,4 | 3,0 |
| 16 et 17 | Nov | 6,4 | 0,0 | 0,7 | 5,0 |
| 18 et 19 | Janv '43 | 1,7 | 0,2 | 0,4 | 0,7 |
| 20 | Avril | 15,8 | 9,8 | 3,1 | 10,7 |
| 21 | Août | 3,0 | 2,8 | 0,5 | 2,5 |
| 22a et b | Sept | 7,3 | 1,0 | 0,3 | 3,6 |
| 23 | Janv '44 | 10,0 | 22,0 | 3,2 | 14,6 |
| 24 | Avril | 19,5 | 31,6 | 5,6 | 23,5 |
| 25 | Mai | 22,8 | 31,2 | 19,0 | 26,0 |
| 26 | Août | 23,6 | 46,3 | 21,3 | 33,0 |
| Total | 7,0 | 4,4 | 1,1 | 4,8 (1) | |
| (1) Pour les 5.034 Juifs de Belgique déportés par la France, les pourcentages sont de: hommes: 7,8%; femmes: 2,2%; enfants: 3,2%; total: 6,3% contre 3,5% pour l'ensemble des Juifs de France. | |||||
[72]
On notera tout d'abord (nous en avons déjà parlé
dans le tome 1) que des enfants sont officiellement rentrés
en Belgique, ce qui anéantit, si besoin en était
encore, la thèse du gazage des inaptes à l'arrivée:
alors que 80% des hommes du dernier convoi étaient immatriculés
c'est-à-dire, selon les historiens, épargnés,
les autres étant aussitôt gazés, la proportion
des hommes revenus n'est pas significativement plus grande que
pour les enfants, lesquels étaient tous gazés à
l'arrivée (23,6% des hommes contre 21,3 % des enfants)!
C'est insoutenable mais ce qui nous intéresse à
ce stade, c'est de vérifier dans la statistique officielle
la réalité de la réimplantation à
l'Est (Ukraine, etc.): on constate que très peu d'enfants
(et très peu de leurs mères) sont revenus des premiers
convois et on pourrait peut-être l'expliquer par le fait
qu'à l'époque, les possibilités de réimplantation
à l'Est étaient totales; par contre, quand les Allemands,
début 1944, durent abandonner ces régions, ces possibilités
tombèrent à zéro et, effectivement, il en
est rentré davantage (même chose pour leurs mères).
Ce n'est pas impossible; toutefois, l'analyse plus fine à laquelle nous nous livrerons en annexe 9 donne à penser que l'écart du % de rescapés entre les premiers et les derniers convois pourrait peut-être bien être aussi lié à l'évolution de la mortalité, notamment à Auschwitz (et, d'une façon générale, dans l'Est), laquelle mortalité a atteint en 1942 un taux effrayant du fait des épidémies.
2. On possède, dès le départ, des éléments en faveur de la thèse de la réimplantation: on peut, par exemple, citer Frank lui-même (gouverneur général de Pologne où se trouvait la majorité des Juifs à réimplanter). Parlant des Juifs, il déclarait en décembre 1941 aux membres de son cabinet (d'après un document produit au Procès de Nuremberg): "(...)Ils doivent partir. Je suis en pourparlers pour leur déportation vers l'Est. Une grande discussion à ce sujet aura lieu en janvier à Berlin. [il s'agit de la Conférence de Wannsee] (...) Ce sera certainement le début d'une grande migration juive.
Mais que faire des Juifs? Croyez-vous qu'il faille les réimplanter réellement dans des villages de l'Ostland [la Biélorussie et les Pays Baltes]? A Berlin, on nous dit: 'Pourquoi vous donnez-vous tout ce mal? Nous ne pouvons rien faire d'eux dans l'Ostland ou dans le Reichkommissariat [d'Ukraine]; alors, liquidez-les!' ( ... ) Nous ne pouvons tout de même pas fusiller ces 3,5 millions de Juifs [estimation [73] fantaisiste, bien dans le style de Frank]; nous ne pouvons pas les empoisonner(...)".(43)
Hitler avait donc bien ordonné la
réimplantation des Juifs dans l'Ostland et en Ukraine.
3. Lors du procès Eichmann, des Juifs allemands rappelèrent avoir été déportés en 1941 à Riga, Kaunas et Minsk (où, dirent-ils, les Einsatzgruppen assassinèrent leurs compagnons soit aussitôt soit quelques mois plus tard). Ces déportations en URSS de 1941 ne sont pas contestées par les historiens: à cette époque, disent-ils, les camps d'extermination n'étaient pas en activité et les Juifs étaient massacrés par fusillade par les Einsatzgruppen (on peut d'ailleurs se demander pourquoi il fallait les transporter si loin pour le faire); par la suite, les Juifs passèrent tous par les camps et y furent gazés.
Il n'est pas douteux, hélas, que des Juifs berlinois aient été massacrés à leur arrivée dans l'Est à partir d'octobre '41(44). David Irving a retrouvé une note manuscrite de Himmler faisant état d'un entretien avec Hitler le 30/11/'41; ils avaient dû évoquer ce(s) massacre(s) et Himmler avait aussitôt averti Heydrich de ce que le Führer interdisait [74] qu'on tue les Juifs qu'il faisait déporter à l'Est ("Judentransporte aus Berlin. Keine Vernichtung"). Certes, pour Hilberg, finalement, "les Juifs déportés vers l'Ostland furent fusillés à Kaunas, Riga et Minsk", mais il doit bien consentir que l'intervention de Hitler "arrêta les massacres dans l'immédiat". Une question se pose donc, question allant de soi mais à laquelle le plus grand historien de la Shoah se garde bien de répondre (en fait, il ne se la pose même pas): comment expliquer cette intervention de Hitler en faveur des Juifs déportés, s'il avait décidé et ordonné de les faire disparaître de la Terre?(45) Ce qui est sûr en l'occurence, c'est qu'Himmler, en sortant de cette réunion, a noté soigneusement dans son calepin: "Pas d'extermination"; il l'a répété par téléphone à Heydrich; celui-ci, à son tour, a dû en informer ses adjoints et ainsi de suite. Au bout de cette chaîne, ces instructions devaient arriver déformées et interprétées différemment selon l'intelligence de chacun, son engagement politique, son antisémitisme et l'émotion du moment. Alors, un jour, on devait réimplanter effectivement les Juifs et un autre jour, on devait en fusiller un certain nombre préventivement ou en représailles (par exemple, au bombardement, la veille, de telle ville allemande, etc ... ), tout en affirmant que c'était un ordre du Führer ou encore que le Führer était d'accord. Les discours antisémites d'Hitler, qui n'était pas avare de menaces ambigües, pou[75]vaient aussi être interprétés -- avec un peu de sollicitation -- si pas comme un appel au meurtre systématique, du moins comme l'autorisation de se comporter avec sauvagerie vis-à-vis des malheureux Juifs. Voilà comme les choses auraient pu se passer. Ces massacres s'inscriraient dans le cadre de la thèse fonctionnaliste du génocide dont nous avons parlé en début de ce tome 2: les Juifs étaient donc bien envoyés en Russie et, s'il y étaient assassinés, c'était contre la volonté de Berlin.
4. On trouve chez Lichtenstein et d'autres, les coordonnées de divers trains qui court-circuitèrent les prétendus camps d'extermination et allèrent directement en URSS, non plus en '41 mais à une époque où, selon les historiens, les gazages étaient déjà pratiqués dans les camps d'extermination de Belzec, Sobibor et Treblinka. Ainsi, relève-t-on entre le 8/5/'42 et le 8/10/'42:
De son côté, Reitlinger parle d'autres trains (2.000 Juifs berlinois envoyés en Esthonie; 17.004 Juifs de Theresienstadt envoyés à ou via Minsk de juillet à septembre '42 et dont on ne retrouve qu'une partie ci-dessus).
Tous ces trains étaient composés de voitures de 3ème classe; ceux qui étaient destinés à Minsk arrivaient à Wolkowysk, où, selon les plans de transport, les "réimplantés" ("Umsiedler") devaient être transbordés dans des wagons de marchandises. Wolkowysk, dit Lichtenstein, était une gare de triage des camps et ghettos de Kaunas, Riga, Reval (ex-Tallin) et Minsk. Comme on le verra un peu plus loin, en juin '42, il arrivait en Biélorussie un train de déportés par semaine.
[76]
Le 16/1/1943, la Deutsche Reichsbahn, envoyait une lettre-télégramme à divers services, dont la RVD-Minsk, à propos de trains de "Umsiedler" prévus pour la période du 20/1/'43 au 28/2/'43, ce qui donne à penser qu'il y eut peut-être encore d'autres trains vers la Biélorussie à cette époque.
Même en '44, il y eut des trains qui court-circuitèrent Auschwitz (les camps du Bug, eux, avaient été fermés). Ainsi, "Le Monde" du 19/5/'93 rapporte qu'une délégation de descendants de Juifs de France déportés par le 73ème convoi allaient se rendre sur le "lieu de leur extermination" à Tallin (Estonie) et Kaunas (Lituanie). Effectivement, ce 73ème convoi, parti de France en mai '44 et dans lequel il y avait, dit "Le Monde", deux des enfants d'lzieu, n'est pas allé à Auschwitz. Pourquoi n'a-t-on pas dirigé ce convoi sur ce camp puisqu'il était équipé, paraît-il, d'installations de gazage ultra-modernes et surdimensionnées (on pouvait y gazer un train de Juifs à l'heure)? Regardons la carte et demandons-nous pourquoi les Allemands, qui manquaient de matériel ferroviaire et de charbon, se sont donné la peine de conduire ces Juifs encore plus loin (une moitié à Kaunas et l'autre moitié juste en face d'Helsinki)? Sûrement pas pour les y exterminer. D'ailleurs, disent les historiens, les massacres de 1941 avaient fait craquer nerveusement les membres des Einsatzkommandos et c'est pour cette raison qu'on avait imaginé les chambres à gaz, forme douce (pour l'exécuteur et l'exécuté) et anonyme de l'extermination. Alors, peut-on affirmer dans ce cas précis qu'on a envoyé ces Juifs sur les rives du golfe de Finlande pour les y exterminer?(46)
5. Nous avons vu, plus haut, qu'Aynat donne des éléments permettant de penser que les Juifs occidentaux, loin d'être gazés à Auschwitz, furent envoyés plus à l'est dans le Gouvernement Général; il en donne aussi -- dont une preuve documentaire inattaquable -- qui prouvent qu'ils furent même vraisemblablement envoyés encore plus à l'Est en URSS.
- Le démographe judéo-américain Eugène M. Kulischer faisait remarquer en 1943 dans "The displacement of population in Europe" qu'"on sait que de nombreux juifs d'Europe occidentale ont été envoyés [77] dans les mines de Silésie [ceux qui descendirent à Kozel et Auschwitz]. La grande majorité a été envoyée dans le Gouvernement Général [c'est-à-dire à l'est d'Auschwitz] et, en nombre toujours croissant, dans les territoires de l'Est c'est-à-dire les territoires qui étaient tombés sous la coupe des Soviétiques en septembre '39 et d'autres territoires occupés de l'Union Soviétique." Les ghettos et camps de travail du Gouvernement Général, disait encore Kulischer, étaient la "destination habituelle" des Juifs déportés d'Europe occidentale. Plus précisément, le démographe américain savait déjà que les Juifs de Varsovie, déportés en masse à partir de juillet '42, avaient été envoyés très souvent "dans les camps de travail sur le front russe et que d'autres avaient été mis au travail dans le marais de Pinsk ou dans les ghettos baltes, biélorusses et ukrainiens."(47)
- Aynat cite aussi un document officiel allemand relatant une conférence sur les "questions juives" qui s'est tenue à Berlin fin août '42 et qui réunissait les responsables de la déportation. Un des points de ce document (rédigé le 1/9/'42 par le SS parisien Ahnert) est intitulé "Achat de baraquements" ("Barackenankauf") et il y est dit qu'Eichmann demande l'achat immédiat ("sofort") des baraquements préfabriqués réclamés par le chef du SD de La Haye pour un camp à installer en Russie pour les déportés juifs ("Das Lager soll in Russland errichtet werden"); chaque train de déportés, prévoyait Eichmann, devrait emporter les éléments de 3 à 5 baraquements.
Il va sans dire que ce point, particulièrement dérangeant puisqu'il réduit à néant la thèse intentionnaliste du génocide, n'est jamais cité par les historiens.(48) Lors du procès pédagogique et médiatique de Jérusalem, on s'est d'ailleurs bien gardé d'en parler à Eichmann.
[78] [fac-similé non reproduit ici]
[81]
6. Les grands camps de transit (ou d'extermination pour les historiens
sont, comme nous l'avons vu Belzec, Sobibor et Treblinka,
camps ouverts, disent les historiens, respectivement les
17/3/'42, 17/5/'42 et 23/7/'42(49) . Ces camps -- ceci est important
à noter -- étaient tous collés à la
frontière, telle qu'elle était au moment
de leur création, entre la Pologne et l'Ukraine ou la Biélorussie!
Et comment donc expliquer ce choix géographique?
Le fait que les Allemands contrôlaient toute cette zone
ne signifiait absolument pas que les frontières n'existaient
pas: les satrapes qui les contrôlaient veillaient jalousement
sur leur autonomie, qui était très grande. Du point
de vue de la logistique, il est aussi important de noter, signale
Werner, que Treblinka, Sobibor et Belzec constituaient des gares-relais
entre deux réseaux de chemins de fer: la GEDOB dans le
Gouvernement Général et la GVD-Osten dans les territoires
occupés. Certes, ces deux réseaux étaient
compatibles (écartement des voies, par exemple) et couplés,
mais ils étaient autonomes et il fallait parfois un mois
pour obtenir un plan de transport de sorte que ces gares constituaient
des points d'interruption du trafic et de tri tout indiqués.
Je ne sais pas si cela est entièrement vrai, mais il est
remarquable que les historiens n'arrivent pas à justifier
le choix de ces localités à cheval sur la frontière
avec l'URSS.(50) La réimplantation était donc bien
une réalité.
7. On trouve dans le dernier ouvrage de Marais (51) le texte du télégramme suivant:
L'armée allemande utilisait
divers "S-Wagen", notamment pour l'épouillage
des effets de la troupe et, bien entendu, les historiens ont cru
ou feint de croire que c'étaient des camions à gaz
homicides. Il faut plutôt y voir la preuve qu'à la
mi-'42, alors que les prétendus camps de la mort de Belzec,
Treblinka et Sobibor étaient mis en service, des Juifs
étaient envoyés en Biélorussie pour y être
réimplantés. Ils y subissaient le traitement spécial
c'est-à-dire y étaient dépouillés
(quand ils ne l'étaient déjà pas), épouillés
(du moins leurs vêtements l'étaient dans les S-Wagen)
puis envoyés dans des camps de travail ou des
zones de résidence surveillée dans la zone militaire
(d'où -- c'est à craindre -- on devait les extraire
régulièrement pour des travaux de génie militaire:
tranchées, etc ... ).
8. Le 31/7/'42 c'est-à-dire au coeur de l'évacuation massive des Juifs polonais et des Juifs occidentaux déportés en Pologne (et non retenus pour le travail à Auschwitz), Kube, Commissaire Général pour la Ruthénie Blanche (Biélorussie) envoie à son supérieur, Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland, une lettre traitant du problème juif dans sa région (voir annexe 3).
Kube y explique que les Juifs sont le principal support des partisans et qu'en conséquence, il a dû prendre des mesures radicales: avec l'aide du SD, il en a "liquidé" (c'est-à-dire "tué", le doute n'est pas permis, hélas !) 55.000 au cours des 2 mois précédents; il a "allégé" [83]certaines régions de leurs Juifs (l'examen des chiffres qu'il donne pêle-mêle et d'autres considérations prouvent, par contre, que ces "allégements" ne sont pas des massacres mais des évacuations, probablement vers la zone militaire, comme le pense Werner, c'est-à-dire, aux confins de la Biélorussie et de l'Ukraine); et ce n'est pas fini, ajoute-t-il: il n'aura de cesse tant qu'il n'aura pas réduit à presque rien la population juive de son district de Ruthénie Blanche (soit à une quinzaine de milliers de Juifs, chiffre qu'il confirma dans une lettre du 23/11/'42). Il demande donc qu'on arrête d'envoyer de nouveaux convois, du moins tant que la guérilla n'aura pas été vaincue. Or, s'indigne-t-il, on lui apprend à l'instant qu'un nouveau convoi (de 1.000 Juifs de Varsovie) vient d'arriver sans même qu'on l'en ait prévenu. Bref, tandis que lui, Kube, se donnait un mal fou pour pacifier le pays, on lui expédiait des trains complets de fauteurs de troubles! Parlant probablement sous l'effet d'une "sainte" colère, Kube propose donc qu'à J'avenir, tous les Juifs qu'on lui expédierait encore sans son autorisation soient liquidés.
Il y a de bonnes raisons -- même pour de simples particuliers comme vous et moi -- de penser que cette lettre (qui fut produite à Nuremberg) aurait pu être "améliorée" par les historiens soviétiques ou polonais, tant est grande son incohérence. On peut, en outre, estimer, à la lecture d'autres lettres de ces hauts responsables qu'étaient Lohse et Kube qu'il est invraisemblable qu'ils aient jamais organisé de tels massacres, mais, au contraire, qu'ils les déploraient (car il y en eut, personne ne le nie) au point de les dénoncer avec indignation auprès de Berlin: il est par exemple question dans ces lettres (reproduites aussi en annexe) de Juifs condamnés à mort et auxquels on a fait arracher (par des dentistes) leurs dents en or juste avant leur exécution. Le procédé était, certes, barbare; néanmoins, l'indignation de ces hauts dignitaires nazis est étonnante et même invraisemblable dans une hypothèse exterminationniste, c'est-à-dire dans l'hypothèse de massacres qu'ils auraient organisés eux-mêmes à l'insu de Berlin.(52) Mais admettons que cette lettre [84] de juillet '42 de Kube soit entièrement authentique; dès lors, on en retiendrait que:
a) Des convois de Juifs étaient donc bien envoyés en Biélorussie en provenance d'Allemagne et de Pologne, alors qu'il existait déjà, disent les historiens, des centres de mise à mort dans l'Est du Gouvernement Général. On relèvera notamment ce convoi de 1.000 Juifs du ghetto de Varsovie, dont l'évacuation massive avait commencé une semaine plus tôt en direction des chambres à gaz de Treblinka, mais, plus généralement, on relèvera que M. Gilbert relate dans le détail l'extermination ultérieure en Biélorussie civile de plus de 220.000 Juifs, ce qui excède de près de 200.000 unités le nombre de Juifs que Kube disait encore avoir (sans compter qu'il a pu y en avoir d'autres qui n'auraient pas été massacrés). Reitlinger en convient: "En novembre '42, il n'y avait pour ainsi dire plus de problème juif en Russie Blanche." Mais alors, d'où venaient donc ces 200.000 Juifs? Il faut bien admettre qu'ils venaient de Pologne via Treblinka et Sobibor, où ils n'avaient pas plus été gazés qu'à Auschwitz (pour ceux qui venaient de chez nous).
b) D'affreux massacres d'innocents civils juifs y étaient
perpétrés.
c) Ces massacres pouvaient même être organisés par les responsables locaux de la lutte antiguérilla et n'étaient pas de simples bavures de cette lutte. Néanmoins, ils étaient liés à cette lutte et n'étaient pas perpétrés dans le cadre d'une politique d'extermination systématique à caractère racial décidée à Berlin. On aurait là une des preuves du bienfondé de la thèse fonctionnaliste du génocide des Juifs par les Allemands.
d) Parallèlement à ces massacres, ces responsables locaux refoulaient les Juifs encore plus à l'Est jusqu'à la ligne du front, dans la zone militaire (Kube, bien entendu, ne parlait que de la partie "civile" de Biélorussie).
Il est évidemment bien regrettable que la correspondance
ultérieure de Lohse et Kube ne nous soit pas communiquée,
car on n'en était encore à cette époque (juillet
'42) qu'au début de la grande déportation des Juifs
rassemblés en Pologne. On comprend aussi pourquoi un document
aussi important n'est pas repris par les historiens (notamment
par Hilberg, qui ne fait que le citer): bien qu'il constitue une
preuve de ce que les Allemands purent, à l'occasion, avoir
un comportement criminel et commettre un génocide de fait,
il est aussi la preuve, d'une [85] part, que la thèse du
génocide organisé par Berlin est insoutenable et
d'autre part, que la réimplantation à l'est des
prétendus camps d'extermination de Treblinka et Sobibor
est une réalité qu'il est vain de nier.
Le lecteur notera en outre qu'il y a des éléments permettant de relativiser tous ces massacres de masse en Biélorussie. Ainsi, comme le rappelle Germar Rudolf, à Nuremberg, le procureur soviétique R.A. Rudenko déclara que les Allemands avaient "systématiquement installé, immédiatement derrière la ligne de front, dans leur première zone de défense, des camps de concentration dans lesquels s'étaient retrouvés des dizaines de milliers d'enfants, de femmes et de vieillards inaptes". Son substitut, A.A. Smirnov, "déposa" un document (le document URSS-4) dont il a notamment extrait le passage suivant: "Le 19 mars 1944, les troupes soviétiques, de retour en Polésie (Biélorussie), ont découvert trois camps de concentration dans la petite ville d'Ozaritschi [entre Minsk et Kiev] à l'intérieur du dispositif de défense allemand; dans ces camps se trouvaient plus de 33.000 enfants, femmes et vieillards inaptes." Plus loin, Smirnov détaillait ce chiffre de 33.000 en 15.960 enfants, 13.072 femmes et 4.448 vieillards.
9. La thèse du révisionniste allemand Steffen Werner est que les Juifs furent transférés en masse dans la zone militaire, c'est-à-dire dans l'Est de la Biélorussie (et de l'Ukraine) aux confins de la Russie. Cette thèse, exposée par Kulitscher en 1943, était déjà celle des associations juives américaines en 1942; dans le memorandum remis le 8/12/'42 à la Maison Blanche par Wise au nom de l'American Jewish Committee, de l'American Jewish Congress, du B'nai B'rith et d'autres associations, il était affirmé: "A l'été de 1942 [époque des grandes déportations de Pologne], quelque 200.000 Juifs arrachés à leur foyer ont péri avant d'arriver à destination. Depuis lors, des masses de Juifs ont de nouveau été extraits des ghettos polonais et conduits dans les terres dévastées et brûlées le long de la ligne du front russo-allemand". Certes, ces associations voyaient par ailleurs des trains entiers de Juifs gazés ou brûlés vifs çà et là le long de la frontière russo-polonaise mais elles n'en apportaient aucune preuve: la vraisemblance est que ces Juifs et ceux qu'elles retrouvaient sur le front russe étaient les mêmes déportés.
[87]
10. Dans le tome 1, nous avons vu qu'Auschwitz se faisait livrer
du Zyklon-B dans le cadre de la "réimplantation
des Juifs" et nous en avions conclu qu'affirmer
qu'en l'occurence, "réimplantation" était
synonyme d'"extermination" était impossible.
Cette "réimplantation" était donc bien
effective.
11. En avril '44, Radio Moscou donna la parole à un Juif "parisien" qui expliqua qu'il avait été libéré avec 8.000 autres Juifs "parisiens" qui se trouvaient en Ukraine au moment de la dernière offensive soviétique. Cette information est reprise par un journal communiste judéofrançais "Notre Voix" no 71 d'avril '44, sous le titre "L'Armée Rouge poursuit les nazis en fuite en Roumanie. Dans son irrésistible marche en avant, elle porte la liberté à tous les peuples opprimés! 8 mille juifs de Paris déportés à l'Est sont sauvés par les soldats de l'Armée Rouge !".
Ce texte nous vaut en 1992 le commentaire suivant d'Annette Wieviorka: "En avril '44, les responsables de la presse communiste juive semblent encore ignorer qu'Auschwitz-Birkenau fut la destination principale des déportés de France" (comprenez qu'Auschwitz et ses chambres à gaz étaient le terme du voyage). Nous avons ici une preuve de la bonne foi de certains historiens (sinon ils camoufleraient pareille information) et, en même temps, du désordre qui règne dans leur intellect du fait de leur dogmatisme (teinté de sympathie pour le marxisme chez beaucoup d'entre eux): cette information ne correspondant pas à ce à quoi ils croient, ils l'assimilent à de l'ignorance! Pour tout homme de bon sens, bien entendu, l'ignorance n'a rien à voir là-dedans: ou bien Radio Moscou disait la vérité ou elle ne la disait pas, et on ne voit pas pourquoi elle aurait menti (du moins pour l'essentiel) dans une affaire qui, à l'époque, ne pouvait avoir grand intérêt pour l'URSS (ce qui ne fut plus vrai par la suite, quand Beria, sur instructions de Staline, participa activement à la mise en place du mythe des chambres à gaz).
Il semble que, raisonnablement, on puisse en tirer deux conclusions:
- Auschwitz et les autres camps (Treblinka, etc.) ont donc bien été des camps de transit pour certains Juifs qui étaient réimplantés en URSS.
- Le bilan officiel de la déportation des Juifs de France
est le suivant:
76.000 déportés,
2.500 revenus en France, donc rescapés,
donc, 73.500 morts (de la main des Allemands).
[88]
Et nos 8.000 Parisiens d'Ukraine? Si ces 8.000 Juifs ne sont pas
revenus en France (du moins officiellement), ce n'est pas parce
qu'ils ont été exterminés par les Allemands,
comme on nous le dit, mais plus probablement parce qu'eux aussi
ont choisi, quand ils ont survécu, d'aller vivre ailleurs
ou parce qu'ils ont été retenus en URSS, peut-être
même déportés en Sibérie.
Antérieurement, signale Guionnet, d'autres journaux clandestins français comme "Le Populaire" du 15/10/'42, dans un article bien documenté intitulé "Le Martyre des Juifs", donnaient des détails semblables:
- "De Bukovine [entre la Roumanie et l'Ukraine], on a reçu une lettre d'un paysan disant qu'il a vu passer un transport de Juifs venant de France et se dirigeant vers la Podolie (Ukraine); on a tenté d'organiser des secours, mais l'accès de la gare a été interdit. ".
- "De Riga, on signale aussi la présence dans la région de Juifs venant de France. De Lodz, un jeune homme a pu réussir à faire parvenir sa photo."; or, à cette date, tous les convois partis de France avaient abouti à Auschwitz.
Nous venons de parler de Sibérie et, bien entendu, il nous faut en dire un peu plus. Quelle preuve a-t-on d'une éventuelle déportation en Sibérie par les Soviétiques des Juifs réimplantés par les Allemands? Aucune, mais il faut bien chercher où sont passés nos 8.000 Parisiens. D'une part, ils ne seraient pas revenus en France et il est improbable qu'ils aient émigré massivement; d'autre part, s'ils étaient restés en Ukraine, on aurait bien fini par le savoir. Par contre, la Sibérie semble apte à garder bien des secrets. Encore faudrait-il, à défaut de preuves indiscutables, au moins quelques indices. Edward Crankshaw, qui a commenté les "Souvenirs" de Krouchtchev parus en France en 1971, écrit: Krouchtchev "a dû prêter la main à la déportation des Juifs d'Ukraine au fin fond de la Sibérie pratiquée par Staline après la guerre" et aussi "En faisant état des activités antisémites de Melnikov, Krouchtchev passe sous silence les déportations en masse de Juifs d'Ukraine, peu après la guerre, alors que lui-même se trouvait à la tête de cette république".(53)
[89]
Précédemment, dans une biographie de Krouchtchev publiée en 1966, Crankshaw disait déjà: "Il va sans dire qu'il [Krouchtchev] n'avait rien à dire [dans le "Rapport secret"] sur ses propres déportations d'innombrables Polonais de la Pologne ukrainienne ou de la déportation en 1940 de centaines de mille de Lettons, Esthoniens, Lituaniens, également par Serov (à cette époque, travaillant sous Jdanov), quand la Russie occupa les Etats baltes. Plus tard encore, évidemment, ce fut le tour des Juifs -- pour autant qu'ils aient survécu à l'occupation allemande et soient rentrés au pays; curieusement, un grand nombre de Juifs de Pologne orientale et des Etats baltes durent leur survie à Krouchtchev, Jdanov et Serov, qui les envoyèrent en Sibérie (où, également, beaucoup moururent) avant que les Allemands ne puissent s'en saisir et les assassiner. " (54) Nous reparlerons de ces déportations de Juifs polonais de 1940, mais ce qu'on retiendra à ce stade, c'est qu'il y eut aussi d'après Crankshaw, tout de suite après la guerre voire tout de suite après le départ des Allemands, déportation massive en Sibérie de Juifs établis en Ukraine, les restrictions que fait Crankshaw ("pour autant que...") semblant indiquer qu'à la lumière du dogme de l'extermination des Juifs dans les chambres à gaz d'Auschwitz et ailleurs, il ne s'expliquait lui-même guère qu'il y ait eu encore ou déjà en Ukraine des Juifs à déporter.
Les Juifs ukrainiens ayant été exterminés d'après les uns, évacués d'après les autres, on peut se demander si cette "masse" n'était pas constituée de Juifs réimplantés. D'un autre côté, on ne trouve rien sur ce sujet ni dans l'histoire des Juifs d'Ukraine, ce qui pourrait indiquer que ces Juifs ne faisaient pas partie de cette communauté, ni ailleurs.(55) Il serait toutefois étonnant qu'un soviétologue comme Crankshaw [90] avance sans preuve des faits aussi graves et importants (sans préciser, il est vrai, que ces Juifs pouvaient être des réimplantés); il est d'ailleurs curieux que les historiens ne nous en parlent pas, mais, comme pour eux, les crématoires d'Auschwitz étaient le terme du voyage de tous ces malheureux, ce fait doit probablement les déranger et, dès lors, ils préfèrent ne pas en parler. Ils parlent bien de la dissolution du Comité Antifasciste Juif, de la persécution antisémite larvée, de l'affaire dite des Blouses blanches (ou des médecins du Kremlin), puis, enfin, du projet stalinien de déportation de tous les Juifs soviétiques, lequel est bien postérieur, mais pas un, à ma connaissance et à part Crankshaw, ne parle de cette déportation en "masse" du lendemain de la guerre. Cette déportation est tout à fait vraisemblable et elle pourrait s'inscrire dans cette politique de déportation de tous ceux qui avaient eu un contact avec le monde occidental et qui, constituant un "foyer d'infection", furent ainsi victimes d'une des phobies les mieux connues de Staline. J'ai déjà cité les Polonais (dont un grand nombre de Juifs) déportés en 1940, les Ukrainiens déportés dans les camps de travail en Allemagne, les prisonniers de guerre soviétiques et tous les peuples d'URSS qui furent occupés par les Allemands. On peut encore citer les anciens des Brigades Internationales d'Espagne, les communistes grecs de Markos, les leaders communistes étrangers (qui, eux, furent le plus souvent exécutés) et les Arméniens de France (convaincus par la propagande communiste de rentrer en Arménie, ils en furent déportés en masse en 1949).(56)
[91]
On peut encore citer Soljenitsyne, parlant du goulag:
"En 1943, lorsque la guerre tourna à notre avantage,
surgit [au goulag] -- pour grossir d'année en année
jusqu'en 1946 -- un flot de plusieurs millions d'hommes en provenance
des territoires occupés et d'Europe. Il était constitué
par deux courants principaux de civils qui s'étaient trouvés
dans les régions occupées par les Allemands ou qui
avaient été emmenés en Allemagne (...)
- des prisonniers de guerre (...)"
Et encore: "On jugea avec plus d'âpreté et de rigueur ceux qui avaient séjourné en Europe, fût-ce à titre d'esclaves, comme Ostarbeiter, car ils avaient entr'aperçu un petit bout de la vie européenne et pouvaient en parler ( ... ) C'est pour cette raison-là, et nullement pour le simple fait qu'ils s'étaient rendus, que l'on jugea la plupart des prisonniers de guerre et, en particulier, ceux d'entre eux qui avaient vu en occident un peu plus qu'un camp de la mort allemand."
Si certains dans la région pouvaient témoigner valablement sur cet Occident, c'étaient bien, avec les Arméniens de France, les Juifs est-européens qui y avaient émigré dans les années '30 puis en avaient été déportés par les Allemands, bref, les Juifs de Belgique, de France (dont nos 8.000 "Parisiens" d'Ukraine), de Hollande et d'ailleurs non sélectionnés pour le travail à Auschwitz et réimplantés en Ukraine et en Biélorussie. Ils ont pu être eux aussi emportés par ce courant dont parle Soljenitsyne et cela, dans un relatif anonymat, raison pour laquelle on n'en trouverait pas trace (en dehors de nos 8.000 "Parisiens" dont nous avons eu connaissance par hasard), notamment dans les statistiques des camps ou des zones spéciales soviétiques. A moins encore qu'ils n'aient été soigneusement mis à l'écart par la suite puisque le simple fait qu'ils étaient bien vivants ruinait le mythe des chambres à gaz d'Auschwitz que Beria était en train d'organiser.
Autre explication à cette déportation, laquelle
explication n'exclurait pas nécessairement les deux précédentes:
les Juifs auraient été souvent réimplantés
dans des kolkhozes (ce fut vrai, par exemple, en Ukraine du Sud
dans la zone roumaine) et ils auraient été déportés
plus loin simplement parce que les autorités soviétiques
voulaient récupérer au plus vite l'outil vital que
constituaient les kolkhozes (en 1946, l'Ukraine connut la plus
grave disette depuis 1890).
[92]
Mais, dira-t-on, est-il vraisemblable qu'il n'y en ait pas eu l'un ou l'autre à revenir et à témoigner? D'une part, beaucoup de réimplantés - tous des "inaptes"- avaient déjà dû périr de misère, de maladie, de faits de guerre et, bien entendu, des bavures de la lutte antiguérilla voire de massacres organisés. Ils ne devaient probablement pas être nombreux à avoir survécu à toutes ces épreuves. La félonie de leurs "libérateurs" communistes a dû les plonger dans le désespoir et les achever. D'autre part, comme les historiens professionnels ont organisé l'occultation de tout ce qui était contraire à la thèse des chambres à gaz, les éventuels rescapés n'auraient pas eu la possibilité de parler; j'ajoute qu'en France du moins, les survivants éventuels ne pourraient témoigner de ce qu'ils sont bien vivants sans courir le risque de se retrouver en prison en vertu de la loi antirévisionniste du camarade Gayssot.
Mais direz-vous encore, comment ces 8-000 Juifs "parisiens"
auraient-ils pu ne pas être repérés par les
officiels français? Il y a deux thèses, qui ne s'excluent
d'ailleurs pas tout à fait. La première est que
les autorités françaises, faisant preuve de "réalisme",
ne se préoccupèrent pas beaucoup de leurs ressortissants
retenus en URSS (cf le documentaire "Les Français
du Goulag" diffusé par FR3 fin '94). La deuxième
est que la France n'en sut rien. D'une part, ces 8.000 Juifs (même
s'il y en eut d'autres ailleurs) étaient très minoritaires
dans une masse de 1,5 million de ressortissants français
(ce que n'étaient pas la plupart des Juifs déportés)
qui se trouvaient dans la "zone" russe (PG, STO, ...
). D'autre part, les autorités soviétiques montrèrent
beaucoup de mauvaise volonté (elle n'était pas comprise
par les intervenants français et ne pouvait l'être,
vu le prestige de l'URSS) et contrarièrent systématiquement
les efforts des délégués français
chargés de localiser leurs ressortissants. Finalement,
le rapatriement des ressortissants français fut anarchique
et emprunta des voies incompréhensibles , Annette Wieviorka
cite le général Catroux, ambassadeur à Moscou,
qui évoque "( ... ) l'étrange odyssée
de ces Français, qui, libérés en avril de
Prusse orientale, avaient nomadisé sur les voiesferrées
de VURSSpour aboutir, par un mystère impénétrable,
en septembre sous le cercle polaire. Au reste, la divagation des
camps sur l'éterdue de la plaine russe fut un desphénomènes
curieux de cette époque. Des trains les emportaient pendant
des semaines dans des directions incertaines, s'arrêtant
pendant des journées puis se remettant en marche avec leur
chargement de prisonniers [93]( ...)". D'après
le document diffusé par FR3, ils furent nombreux à
ne pas redescendre du cercle polaire: des dizaines de milliers
de Francais ! On admettra, dans ces conditions, que distraire
quelques dizaines de milliers de Juifs occidentaux, apatrides
pour la plupart qui plus est, réimplantés
dans l'URSS profonde et qu'on croyait déjà assassinés,
aurait été facile pour les Soviétiques."
On notera que l'explication donnée ci-dessus de l'attitude bienveillante des autorités françaises et de la faiblesse de leur réaction n'est pas entièrement satisfaisante; ainsi, selon le capitaine C. Van der Borght, chef de la Mission belge de rapatriement en Pologne, son collègue français, le capitaine Massonnet, a rapporté l'incident suivant: "(..) en septembre 1945, il y avait dans une gare de Varsovie un train avec, à bord,plus de mille prisonniers français libérés des camps nazis, mais aussi des Belges, des Hollandais et d'autres étrangers. Le train devait partir pour Berlin, première étape sur le chemin de leur rapatriement. On organisa une cérémonie avec des fleurs, des discours et de la musique. Même la présence des autorités françaises était assurée. Tout fut filmé et enregistré. Soudain, et alors que personne ne s'y attendait, on annonça que la voie ferrée Varsovie-Berlin avait été rendue impraticable à la suite d'une obstruction ... et il fut décidé d'envoyer le train à Moscou. Aucun des passagers ne retourna dans son pays. Le film tourné à cette occasion fut projeté à Nancy en 1947. Il donna lieu à des crises d'hystérie, car, dans la salle, de nombreuses personnes avaient reconnu l'un ou l'autre membre de leur famille parmi les passagers du train. Par la suite, le film disparut sans laisser de traces.. ". (Extrait de "Nos prisonniers du Goulag" de Willy Fautré et Guido De Latte, Association Chrétienne pour l'Eglise du Silence, 1980).
Cette rétention d'un certain nombre d'Occidentaux aurait donc été connue de nos autorités, lesquelles l'auraient occultée grâce au fait que, tout de même, la plupart des prisonniers revinrent dans le cadre des accords de rapatriement conclus avec l'URSS. Ouvrons une parenthèse pour nos jeunes lecteurs, car tout cela ne figure pas dans leurs livres d'histoire: ils doivent savoir qu'à la suite des accords de Yalta, [94] les Occidentaux livrèrent 2.000.000 de personnes à l'URSS (dont des Russes émigrés à l'époque de la Révolution de 1917!); on vit même les Américains remettre aux Soviétiques des prisonniers de guerre belges qui venaient de se sauver de la zone soviétique et qu'ils avaient probablement pris pour des Soviétiques; encore plus étonnant: ainsi que l'atteste une circulaire du ministre belge chargé du rapatriement, Marcel Grégoire, la mission de rapatriement soviétique Dragoun rafla elle-même des citoyens soviétiques (du moins supposés tels) dans les rues de Bruxelles (et Paris). En reconnaissance de nos turpitudes, les Soviétiques ne pouvaient donc pas ne pas rendre --à regret, car ils avaient besoin d'esclaves-- la plupart de nos concitoyens.
Maintenant que le communisme est-européen --compère du sionisme, au moins en la matière-- a été balayé, la vérité va sans doute faire surface; c'est actuellement le cas en Hongrie: on y reparle, enfin, de choses qui étaient connues au lendemain de la guerre mais que les communistes, les sionistes et leurs complices historiens avaient occultées. Ainsi, Franz A. Vajda, historien hungaro-belge, rapporte qu'en 1995, un chercheur de l'Institut d'Histoire de l'Académie des Sciences de Budapest, Tamàs Stark, a publié un livre traitant du cas de 30.000 Juifs hongrois déportés par les Soviétiques. On sait que les Soviétiques ont fait prisonniers un grand nombre de Juifs membres des "bataillons du travail" de l'armée hongroise, notamment début 1943 lors de l'effondrement de la 2e armée hongroise sur le Don et, bien entendu, ils ne les ont pas rendus, ne fût-ce, sans doute, que pour la raison que la plupart n'étaient déjà plus en vie à la fin de la guerre. Mais, en l'occurence, il s'agit de civils juifs, à savoir:
a) de Juifs, qui n'avaient pas été déportés par les Allemands et étaient restés en Hongrie. En 1944/début 1945, les Soviétiques raflèrent quelque 600.000/700.000 Hongrois en principe non juifs (dont quelque 250.000 réfugiés en Autriche et en Allemagne) et les envoyèrent au goulag pour aider à reconstruire la "Patrie du Socialisme" qu'ils étaient accusés d'avoir contribué à détruire. Parmi eux, 65.000 (dont 5.000 enfants et vieillards) étaient censés appartenir à la minorité allemande de Hongrie; en fait, les Soviétiques (qui avaient obtenu l'accord des Occidentaux à Yalta sur cette nouvelle déportation "raciale") auraient déporté ceux qui portaient un nom allemand sans appartenir pour [95] autant à cette ommunauté: parmi eux, quelques Juifs hongrois, bien que l'accord soviéto-hongrois les excluait de cette déportation. On estime que 400.000 de ces déportés civils seraient revenus entre 1945 et 1956, les autres ayant péri au goulag, mais, globalement, le sort des Hongroiss allemands fut encore moins enviable. Les rares survivants viennent de se voir allouer par le gouvernement hongrois une indemnité de 10 $ par mois de captivité.
b) de Juifs qui avaient été déportés à Auschwitz par les Allemands, en 1944. Tamàs Stark cite le témoignage de Zoltan B., Juif de Budapest déporté à Auschwitz depuis Csörgö le 15/5/'44. Evacué à pied le 18/1/'45 vers Gleiwitz puis par train vers l'intérieur du Reich, Zoltan B. fut capturé en cours de route par les Soviétiques avec 40 de ses compagnons. Ils furent transférés à Kattowitz (près de Cracovie) où ils demeurèrent du 2/2/'45 au 22/3/'45 puis à Czestochowa dans un grand camp où étaient concentrés d'autres détenus "libérés". Le 26/5/'45, alors que la guerre était finie depuis 2 semaines, Zoltan B. et 850 autres Juifs hongrois furent envoyés à Slutsk (Biélorussie) au goulag n' 194. Stark cite beaucoup d'autres cas individuels de Juifs hongrois envoyés également au goulag, par exemple ceux de Juives détenues au camp allemand de Stutthof (Danzig), capturés en Pologne par les Russes et déportées sur les bords de la Volga ou encore celui de Géza F. qui, libérée à Mauthausen (Autriche) fut répérée en mai '46 à Vorkuta dans le Grand Nord russe. On notera encore une fois que tout cela était bien connu: ainsi, les journaux hongrois du lendemain de la guerre, relate encore Stark, diffusaient souvent des avis de recherche de la part des familles des malheureux déportés juifs (on comprendra que nous nous limitions à leur seul cas) comme: "Qui a des nouvelles d'Istvàn F. qui a été arrêté par les Russes à Mauthausen?" ou encore "Qui peut nous renseigner sur Arpàd T qui a été capturé par les Russes en mai 1945 à Gunskirchen [Mauthausen] et envoyé en Russie? "
On parle de 30.000 Juifs hongrois mais des statistiques partielles suggèrent qu'il aurait bien pu y en avoir davantage: ainsi, le Mazot (coin ité d'entraide juif) de Budapest estimait début 1946 que 8.617 Juifs de Budapest avaient été déportés en URSS et à Erdély (actuellement en Roumanie), on estimait que 8.000 Juifs de la ville avaient connu le même sort.
En fait, Stark n'est pas un auteur isolé et d'autres auteurs hongrois [96] (probablement juifs) relatent des faits semblables (par exemple George Bàràny, Judit Molnàr et Teréz Mozes); cette dernière s'est plus particulièrement intéressée aux Juifs de Nagyvàrad (aujourd'hui Oradea Mare en Roumanie); elle relate qu'en mars 1945, de nombreux Juifs de cette localité, déportés à Auschwitz, furent libérés à Lublin et rapatriés par fer via Lvov mais à Tchernovitz (actuellement Cernauti en Bucovine du Nord), leur tram fit demi-tour et les emmena au goulag de Slutsk cité ci-dessus. D'autres Juives hongroises libérées à Guttawa furent déportées à Kuybishev sur la Volga (sont-ce les mêmes que ci-dessus?). La plupart de ces Juifs et Juives seraient morts au goulag; quelques-uns de ces malheureux revinrent après 1950. On notera aussi au passage que d'après ce qu'ont dit ces rescapés, les camps allemands --en dehors de la période chaotique de la fin de la guerre-- leur ont paru enviables.
On comprend mieux les raisons qui poussent les communistes survivants (comme Gayssot) et les sionistes à faire alliance pour baillonner les révisionnistes par voie légale !
Certes, Staline n'aimait guère les Hongrois et pas davantage les Juifs on en déduira qu'il devait détester tout particulirement les Juifs hongrois. En fait, il faudrait une page entière pour énumérer tous les peuples qui étaient dans cette situation et on peut supposer que d'autres Juifs (dont des Belges, des Français et des Hollandais?) connurent un sort semblable. On admettra enfin que la thèse de la déportation massive en Sibérie de Juifs inaptes réimplantés en URSS (dont nos 8.000 Parisiens) est tout à fait plausible.
Certes, il faut constater que tous ces témoignages et documents
sur ces fameuses zones de réimplantation sont rares et
parfois de valeur discutable, mais tout de même... Les archives
soviétiques, si elles sont exploitées de façon
honnête, devraient normalement nous en apprendre davantage.
Il y a notamment une lacune dans l'argumentation des révisionnistes la rareté voire l'absence de témoignages, de documents et de photos [96] sur la sortie des camps de transit et de tri des Juifs qui n'y avaient pas retenus pour le travail. En ce qui concerne Auschwitz, comme nous vu, quelques très rares photos semblent indiquer qu'en 1944 lu juifs hongrois inaptes n'étaient pas chargés dans des camions mais traversaient le camp de Birkenau à pied; ils n'entraient pas dans les crématoires mais passaient outre; et après? Les témoignages indiquent qu'antérieurement, avant mai 1944, lorsque la sélection se faisait en dehors du camp à la "rampe aux Juifs" (du côté de la gare d'Auschwitz entre Auschwitz I et Auschwitz II), les inaptes étaient aussitôt chargés (sans avoir été épouillés au préalable) dans des camions, qui n'allaient pas davantage vers les crématoires car les déportés sélectionnés les y auraient aperçus puisqu'ils empruntaient la même route. En fait, ces camions n'entraient même pas dans le camp. Ils devaient conduire les inaptes dans des ghettos de transit d'où ils étaient extraits par la suite pour être chargés dans des trains spéciaux à destination des camps de transit de l'est du Gouvernement Général (Treblinka, Belzec ou Sobibor) voire directement à destination de la Biélorussie ou de l'Ukraine." D'ailleurs, quand les détenus arrivaient à Birkenau en camion (cas des Belges venant des camps et ghettos polo[98]nais), la sélection se faisait à l'entrée du camp et non pas à l'intérieur, or, si, à une certaine époque, les trains ne pouvaient entrer dans le camp, par contre, les camions, eux, le pouvaient et, logiquement, dans une hypothèse exterminationniste, la sélection aurait dû se faire à proximité des supposées chambres à gaz, c'est-à-dire très à l'intérieur du camp.
A cette apparente pénurie documentaire, on peut opposer le fait que l'accès aux archives est souvent réservé aux seuls historiens: il n'est pas excessif ni malveillant de prétendre a pri ori qu'ils procèdent, fût-ce inconsciemment, à un choix dans les documents, exhumant ceux qui leur semblent conforter la thèse qu'ils sont chargés ou se sont chargés de défendre et laissant dans l'ombre tout ce qui pourrait conforter la thèse révisionniste (par exemple, le rapport de septembre '42 au sujet des baraquements destinés à un camp en Russie). On ne le répètera jamais assez: si on laissait les révisionnistes chercher, si on ne les persécutait pas d'une façon non seulement abjecte mais surtout suspecte, peut-être auraient-ils déjà comblé cette lacune.
(38) On notera déjà qu'Auschwitz était situé
au milieu d'une importante zone d'habitat et d'industrie et sur
la nouvelle frontière entre le Reich et la Pologne
mais sur le territoire du Reich. Cet endroit était
vraiment peu indiqué pour une opération secrète
d'extermination massive.
(39) Le Chef de la Chancellerie du Reich, Lammers, recevait, à l'époque, des lettres affirmant que la SS exterminait les Juifs; il déclara, à Nuremberg, qu'il avait interrogé Himmler à ce sujet. Celui-ci avait nié: "J'ai évacué les Juifs et dans de telles opérations, il est inévitable qu'il y ait des morts; à part ceux-là, les déportés sont logés dans des camps à l'Est." (selon Irving au procès Zündel). Il se pourrait que le rapport Korherr ait eu pour but de permettre à Himmler de se justifier aux yeux d'Hitler. Irving pense, toutefois, qu'il n'est pas sûr qu'il ait finalement été transmis à la Chancellerie.
(40) On connaît deux analyses exhaustives du rapport Korherr: celle de Georges Wellers, qui en tire la preuve que les Allemands ont bien exterminé 6 millions de Juifs (mais il n'est pas convaincant) et celle de Stephen Challen, un révisionniste anglophone, qui, lui, trouve 1.200.000 morts. Challen développe une idée intéressante: Korherr, dit-il, était un statisticien professionnel compétent qui n'a pas pu commettre d'erreurs grossières; en fait, il aurait, sur instruction de Himmler, sous-estimé l'émigration juive de un million d'unités et aurait gonflé d'autant les évacuations. Et pourquoi donc? Entre l'invasion de la Pologne (septembre 1939) et celle de l'URSS juin 1941), Himmler et la SS avaient laissé les Juifs polonais (du moins ceux qui faisaient partie de la zone allemande et qui ne s'étaient pas enfuis: nous en reparlerons abondamment) s'en aller par centaines de mille, soit légalement (par exemple en Palestine) soit illégalement (surtout en URSS); sans parler des expulsions vers l'URSS pratiquées par la SS elle-même. Tous ces Juifs, ivres de vengeance et motivés plus que tous autres, avaient constitué un apport précieux aux armées alliées et même constitué, disent certains, un des fers de lance des armées soviétiques. C'était là une chose qu'Himmler ne pouvait laisser mettre en évidence à un moment où la Wehrmacht perdait l'initiative tant en Afrique du Nord qu'en URSS (Stalingrad était même tombée le 2/2/1943, ce qui avait traumatisé toute l'Allemagne). Pour éviter une éventuelle accusation de laxisme de la part de tous ceux qui cherchaient un bouc émissaire et ne pas porter un chapeau qui ne lui allait que trop bien, Himmler aurait recouru à cette fraude statistique. Ainsi s'expliquerait la mystérieuse remarque qu'avait faite Himmler à son adjoint Kaltenbrunner: "A mon avis, ce rapport est un matériau que nous pourrions peut-être utiliser à l'avenir et il est bien adapté à une opération de camouflage." En attendant, ajoutait Himmler, il n'y avait pas lieu de diffuser ledit rapport; par contre, il convenait de continuer à déporter vers l'Est le plus de Juifs qu'il était humainement possible de déporter.
(41) Il y a parfois des coïncidences curieuses: ainsi le journaliste israélien Amnon Kapeliouk rapporte dans "Le Monde diplomatique" de novembre '94 que, le 14/10/'53 (soit 11 ans après Josefow), aux fins de venger la mort d'une Israélienne et de ses deux enfants, l' "unité 101" de Tsahal, sous le commandement d'Ariel Sharon, mena une opération de représailles contre le village cisjordanien de Qibya, y tuant 169 hommes, femmes et enfants et en blessant beaucoup d'autres. "Les soldats, précise Kapeliouk, avaient reçu l'ordre de faire beaucoup de victimes." Le parallèle s'arrête là: les chefs du 10lème bataillon allemand auteur du massacre de Josefow, furent justement punis et leur crime vient de faire l'objet d'un livre de Browning célébré à grands cris par les médias; par contre, le chef de l'unité israélienne 101 responsable du massacre de Qibya devint par la suite ministre des Forces armées israéliennes et son crime ne fera jamais l'objet d'un livre de Browning célébré par les médias.
Qui donc oserait prétendre que les médias ne nous manipulent pas systématiquement?
(42) On peut évidemment supposer que Korherr, interrogé à tout bout de champ par la Justice et par les historiens (dont Reitlinger) et terrorisé à l'idée d'être inculpé, ait cherché à nier toute connaissance du génocide des Juifs.
(42bis) Le "Livre Noir" est un recueil de témoignages et récits sur l'extermination des juifs soviétiques par les célèbres écrivains juifs soviétiques llya Ehrenbourg et Vassili Grossmann.
(42ter) Le passage entre crochets avait été supprimé par Ehrenbourg du projet de version russe de 1947. Probablement parce qu'il ne correspondait pas à sa vision des choses: pour lui, tout le monde était massacré à Belzec et il ne pouvait qu'être incongru d'affirmer que les Juifs descendaient du train à 15 kilomètres de là. Gageons que s'il avait été mieux "informé", Ehrenbourg aurait aussi supprimé l'alinéa précédent.
(43) Frank ajoutait: "Nous pouvons toutefois faire en sorte qu'ils s'éteignent ["Vernichtungserfolg"] et ceci en coordination avec les mesures décidées dans le Reich". Werner met ce passage en parallèle avec:
- d'une part, une idée que Hitler aurait émise devant Rauschning: éteindre la "race" juive en séparant "les hommes des femmes pendant des années";
- d'autre part, un passage du "Protocole de Wannsee" spécifiant que les Juifs seraient déportés "sexes séparés".
Il existe plusieurs versions de ces propos de Frank (lequel parlait beaucoup et surtout à tort et à travers); par exemple: "Il est certain que la grande migration va commencer. Mais que vont devenir ces gens? Pensez-vous qu'ils se fixeront dans les villages de l'Est? On nous a dit à Berlin: 'Pourquoi faire tant d'histoires? Nous n'en voulons pas davantage dans l'Ostland. Laissez les morts enterrer leurs morts. '"
(44) Nous avons dit plus haut que le 6/10/'41, parlant de la résistance tchèque, Hitler avait préconisé de déporter les Juifs "loin vers l'Orient". Dans le même temps, Albert Speer (chargé d'aménager la capitale du Reich, il voulait accaparer 24.000 maisons appartenant à des Juifs) et Goebbels (Gauleiter de Berlin, lui aussi passé du philosémitisme à l'antisémitisme le plus noir) avaient obtenu de Hitler que les Juifs berlinois soient expulsés et réimplantés dans les ghettos des Pays baltes, ghettos dont les habitants avaient été soit évacués par les Soviétiques soit expulsés par les activistes locaux (comme nous l'avons déjà dit, ceux-ci se vengeaient avec sauvagerie sur les "Judéo-communistes" des souffrances que les Soviétiques leur avaient fait subir au cours de l'année précédente). Le premier train de Juifs berlinois partit le 18/10/1941. Celui du 27/11/1941 fut intercepté à Skiatowa (Riga) par les activistes locaux, qui fusillèrent les 1.030 personnes du train en même temps que des Juifs indigènes.
(45) En ce qui concerne l'attitude de Hitler face à ces massacres réels et imaginaires, on peut encore relever ce qu'a dit Irving au procès Zündel:
Hitler, peut-être après avoir été informé de faits semblables dont auraient pu être victimes des Tziganes, fit la même interdiction (note manuscrite de Himmler à la mi-'42).
Le juge SS Morgen témoigna à Nuremberg (avec un maximum d'invraisemblance) qu'en fin '43, il avait été informé (sans plus) de massacres systématiques à Maïdanek et Auschwitz. Kaltenbrunner s'y référa pour témoigner de ce qu'il s'en plaignit (mais en octobre '44!) au Führer, lequel, apparemment mécontent, fit immédiatement convoquer Himmler et Pohl, tout en donnant sa parole à Kaltenbrunner qu'il allait faire cesser ces massacres à supposer qu'ils fussent bien réels.
Quand les Soviétiques prirent Maïdanek, ils répandirent la nouvelle que les Allemands y avaient exterminé 1.500.000 détenus. D'après Heinz Lorenz, attaché de presse de Hitler, celui-ci déclara que c'était pure propagande (c'était le cas) comme celle de 14-18 qui imputait aux Allemands de couper les mains aux enfants belges. Ribbentrop prétendit à Nuremberg qu'il avait incité Hitler à protester contre ce mensonge, mais que le Führer lui avait répondu que ce n'était pas son affaire mais celle d'Himmler.
Quand Guderian lui annonça en janvier '45 qu'Auschwitz était tombé à son tour, Hitler, d'après un compte rendu sténotypé, fit "Ah oui!" et ils passèrent à autre chose.
On a vu, dans la discussion sur le rapport Korherr, que le Chef de la Chancellerie d'Hitler prétendit avoir interrogé Himmler sur la réalité des massacres systématiques des Juifs en Pologne.
(46) Klarsfeld dit que ce convoi était composé d'hommes destinés à être mis au travail, ce qui pourrait expliquer qu'il court-circuita Auschwitz; une sélection aurait en quelque sorte été opérée au départ, mais, dans ce cas, que faisaient dans le convoi ces 12 enfants de 12 à 17 ans dont il signale la présence?
(47) Il a été dit aussi que fin '41/début '42, de nombreux Juifs du ghetto de Lodz furent envoyés dans les camps d'assèchement des marais du Pripet (région de Pinsk) et dans les colonies agricoles juives de Krivoï Rog dans l'est de l'Ukraine. Reitlinger n'y croit pas: "En fait, les allusions aux colonies juives de Krivoï Rog et aux camps d'assèchement des marais de Pinsk peuvent provenir de cartes postales envoyées au cours d'une opération de maquillage." Evidemment bien sûr! Nous l'avons déjà vu dans le Tome 1: quand les Allemands envoyaient un
camion chargé de Juifs dans la direction des crématoires, c'était pour les gazer et quand ils l'envoyaient dans la direction de la gare, c'était encore pour les gazer après leur avoir fait croire qu'ils allaient prendre le train. De même, quand les déportés ne donnaient pas signe de vie, c'est qu'on les avait gazés et quand ils envoyaient du courrier, c'est qu'ils avaient également été gazés. Les gens de bon sens auront du mal à croire que les Allemands poussaient le souci du camouflage jusqu'à faire envoyer des cartes postales depuis des camps imaginaires.
(48) Par exemple, Klarsfeld résume bien le rapport de Ahnert
mais pas ce passage-là.
(49) En ce qui concerne Treblinka, on relèvera que le 11/7/'42,
alors qu'aucun déporté n'y avait encore mis les
pieds, le ministre de l'intérieur du gouvernement polonais
en exil, S. Mikolajczyk, parlait déjà des gazages
de masse qui s'y pratiquaient: "(...) En tout,
2.500 Juifs ont été tués et les 25.000 Juifs
restants ont été envoyés à Belzec
et Tremblinka. A Izbica Kujawska, 8.000 Juifs ont été
envoyés dans une direction inconnue. A Belzec et Treblinka,
les Juifs ont été gazés (...)" !
(50) Il est vrai qu'ils fonctionnèrent aussi dans l'autre sens (mais dans une moindre mesure) pour les Juifs de Bialystok (Treblinka), de Biélorussie (Sobibor) et de Galicie orientale (Belzec), ce qui peut s'expliquer par le fait que ces camps étaient des centres de tri. On notera aussi que, dès 1940, les Allemands avaient créé des camps de travail le long de la frontière avec l'URSS (avant juin '41, le district de Lvov appartenait à l'Ukraine) et y avaient déjà envoyé de nombreux Juifs pour assécher des marais et construire des fortifications de la "Ligne Otto": Belzec était l'un des principaux de ces camps.
(51) Pierre Marais, "Les camions à gaz en question",
Polémiques, 1994
(52) Kube, accusé de complaisance pour les Juifs, était
en conflit ouvert avec les Einsatzgruppen, (et tout particulièrement
avec leur représentant local, le Dr Strauch, dont il dit
le plus grand bien dans sa lettre !) de sorte que la sauvagerie
qu'il décrit dans sa lettre étonna les juges de
Nuremberg eux-mêmes. D'après Reitlinger, Strauch
affirma que Kube (qui, manifestement, essaya de protéger
au moins les Juifs du Reich) ne l'avait écrite que
pour dissiper chez Himmler les accusations de mollesse dont lui-même
et sa police étaient victimes. Comme on va le voir, les
conclusions à en tirer ne changent pas avec l'explication
donnée à sa lettre.
(53) Melnikov remplaça (une première fois) Krouchtchev,
rétrogradé au poste de premier mi
nistre, à la tête du PC ukrainien en 1946. En fait, il est probable que ces déportations furent ordonnées par Staline et exécutées, comme toutes les autres, par Beria, Koboulov et Serov.
(54) Dans le "Rapport secret" au XXe Congrès du PCUS de 1956, Krouchtchev parle de la déportation des Karatchaï, des Kalmouks, des Tchètchènes (dont Doudaev et Raspoulatov, an
cien président du Parlement russe et rival de Eltsine),
des Ingouches et des Balkars. Il a "oublié"
les Allemands, les Bulgares, les Grecs, les Juifs, les Tatars
et d'autres.
En oc qui concerne les Ukrainiens, Krouchtchev a précisé, sous les rires du Congrès, qu'ils " n'évitèrent ce sort que parce qu'ils étaient trop nombreux et qu'il n'y avait pas d'endroit où les déporter. Autrement, il [Staline] les aurait déportés aussi."
(55) Amy Knight, dans son "Beria"
de 1994, dit bien que Krouchtchev "dut prêter son
concours à la déportation des juifs d'Ukraine
à la fin des années quarante", mais
elle a dû s'inspirer de Crankshaw; en tous cas, elle
ne mentionne pas ces déportations dans la liste des méfaits
attribués à Beria ou à ses successeurs à
la tête du NKVD (après 1945).
(56) France 3 a diffusé en septembre "95 un documentaire sur le sujet ("Zek, l'Internationale du Goulag" de Thibaut d'Oiron et Peter Hercombe). Il expose notamment le cas d'un Juif ukrainien déporté par les Allemands puis -- pour cette raison -- déporté en Sibérie par les Russes à sa libération.
Plus récemment (le 20/1/'96), dans un fort intéressant
documentaire de la Hessischer Rundfunk
diffusé par FR3 ("Les amoureux de Minsk - L'histoire
de lise Stein"), il est question d'une jeune
Juive allemande déportée à Minsk, évadée
et réfugiée en URSS et finalement envoyée
en 1945 au
Birobidjan d'où elle ne revint qu'après la mort
de Staline. On y relève l'affirmation suivante du
commentateur: "(...) les survivants des ghettos
et des camps de concentration sont transportés à
l'Est vers leur 'Terre promise' comme l'annonce la propagande
soviétique ( ... )"
On notera aussi que ce documentaire donne une relation de la persécution antisémite en Biélorussie assez différente de la version officiclle.
Rappelons que le Birobidjan est une région autonome de Sibérie créée en 1934 par Staline pour tenter de se débarrasser des Juifs de façon élégante. Ceux-ci boudèrent cette nouvelle "Terre promise"; les documentaires sur le Birobidjan ne parlent pas de ces déportations d'après-guerre.
(57) On notera que les Allemands ne cherchaient pas à séparer les déporté~ de même origine bien au contraire.
(58) Curieusement, les témoins ne donnentjamais de précisions sur la direction prise par lesdits camions: ils ont vu les inaptes (souvent leurs parents, leur femme ou leurs enfants) monter dans des camions et on leur a dit, par la suite, qu'ilsavaient été gazés.
Aynat relève tout de même deux exceptions:
- celle d'un Juif hollandais arrivé le 9/10/'42 (il s'agit de la lOème "Sonderaktion " du Professeur Kremer): "Le groupe desfemmes, des enfants et des vieillardsfut chargé dans 3 grands camions avec remorques etfut envoyé en direction dAuschnitz L"
- celle d'un Juif norvégien (Kai F.) arrivé le 1/12/'42: "Le groupe desfemmes, enfants et impotents fut chargé dans des camions et conduit dans lez bâtiment ressemblant à une usine et que nous pouvions apercevoir depuis la gare."
Aynat relève tout de même aussi la preuve documentaire (le "Livre du Chef de la garde du camp") de ce qu'un convoi entra au complet dans le camp à cette époque, celui de 1.7 10 Juifs hollandais arrivé le 17/10/'42 et soumis à l'opération de la sélection le lendemain en présence du Professeur Kremer. La lecture du journal de ce médecin SS donne à penser qu'en une autre occasion (le 7/10/'42), la sélection aurait pu également se faire à l'intérieur du camp et non pas à l'extérieur ("Draussen") ainsi qu'il l'indique explicitement à 3 reprises.
En ce qui concerne la destination des inaptes occidentaux de 1942
et 1943, on notera qu'une partie aurait aussi pu être "réimplantée"
dans le ghetto de Lodz (qui fut finalement liquidé à
la mi-1944, ses détenus étant envoyés à
Auschwitz); ainsi le journal clandestin "Notre Voix"
d'avril 1944 parlant de la situation du ghetto (vraisemblablement
en fin 1943) précisait: "C'étaient pour
la plupart des Juifs polonais, mais avec un nombre important de
Juifs déportés de l'Europe occidentale et, en particulier,
de France et des Pays-Bas.". Ceci signifie donc que ces
derniers seraient comptés deux fois dans la comptabilité
d'Auschwitz.
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LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION
DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS, Notes
de lecture de Jean-Marie Boisdefeu, 2ème édition,
1996, Vrij Historisch Onderzoek , Tome 1: Réalités
de la solution finale,, ISBN: 90 73111 19 6, Wettelijk Depot:
D/5727/1996/2, NUGI 648, V.H.0., Postbus 60, B-2600 Berchem. 2,
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Herbert Verbeke
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