AAARGH
27 juillet 2001
Il y a quinze jours, alors que je visitais le nord de l'Espagne, je me suis trouvé dans l'antique capitale de la Navarre: Pampelune célébrait la foire de saint Firmin et des milliers d'aficionados se bousculaient dans les rues étroites qui mènent aux célèbres arènes. Il y avait aussi beaucoup d'étrangers studieux qui retraçaient les pas d'Hemingway. Le matin, de jeunes garçons couraient dans l'arène avec les jeunes taureaux et leur confrontation était empreinte de rapidité et de grâce. C'était un spectacle excitant, riche en adrénaline mais sans la moindre goutte de sang. Le soir, c'était différent: des hommes adultes se battaient contre des taureaux adultes, de féroces créatures d'un noir de corbeau, les cornes acérées, qui se déplaçaient à la vitesse d'un TGV, chacun pesant une demi-tonne dont chaque gramme était animé d'une détermination de bouledogue.
Les tribunes surplombant l'arène sont divisées en deux parties, chacune accueillant son propre public: dans la section "à l'ombre", c'est la bourgeoisie qui applaudit sombrement au spectacle: ce sont des gens importants et les matadores déploient tout leur art pour leur bénéfice. Dans la partie "au soleil", sous les rayons violents du soleil des Pyrénées, les gens simples ont du plaisir, partageant des barils de sangria et des provisions préparées à la maison avec de complets étrangers, tout cela accompagné du cantique de saint Firmin. Ils aiment eux aussi les corridas mais il ne se passe pas grand chose de leur côté de l'arène.
Le matador travaille la bête à la toucher et se contente de s'écarter d'un saut minuscule pour éviter la corne fatale. Si l'animal comprenait ce qui se passe, l'homme n'aurait aucune chance de sortir vivant d'une confrontation avec le taureau. Mais celui-ci est fasciné par la muleta que le matador déploie sous ses yeux: au lieu de foncer sur le matador, il s'en prend au chiffon rouge. Pour finir, épuiser de ses peines inutiles, frustré par les vains assauts qu'il ne cesse de porter à l'invincible muleta, il s'immobilise et baisse la tête dans l'attente de l'acier salutaire.
La corrida est une métaphore bien adaptée au combat sans résultat qui se mène pour les droits de l'homme en Palestine. Les colonies juives érigées au milieu de la population palestinienne sont la muleta. Les colonies nous ennuient parce qu'elles détruisent la beauté biblique des hautes plateaux./ Ils nous ennuient parce qu'ils sont d'une injustice criante, seuls les juifs y ayant accès: les non-juifs n'ont même pas le droit de pénétrer sur leur territoire. IIs nous ennuient parce qu'ils justifient l'existence des routes que seuls les juifs ont le droit d'emprunter. Ils nous ennuient, à cause du comportement provoquant des colonts qui font tout ce qu'ils peuvent pour humilier leurs voisins non-juifs. Ils nous ennuient parce qu'ils remplacent les oliviers par de hideuses maisons préfabriquées. Alors nous chargeons contre elles, tandis que le matador s'écarte et que les gens importants applaudissent dans la tribune à l'ombre.
Pour une fois, détournons la rage du taureau de la muleta qui nous distrait et nous ennuie. L'intérêt constant que l'on porte aux colonies n'est qu'une distraction: même dans les journaux juifs, l'israélien Haaretz ou le New York Times, on peut publier une critique des colonies illégales à condition de s'en tenir là. Mais il y a quelqu'un derrière la muleta, et il y a ceux qui l'ont chargé de combattre le taureau. Le matador est l'état d'Israël. Aucune colonie ne tiendrait plus d'une journée s'il n'y avait derrière le potentiel militaire israélien. Quand les habitants d'Hébron sont enfermés pendant des mois dans leur ville, le couvre-feu est imposé par l'armée israélienne et non par les quatre cents colons juifs. Mais il y a un homme, du bon côté de la tribune, qui commande au matador. Israël ne pourrait pas commettre ces atrocités sans un soutien extérieur.
Maxime Rodinson, marxiste français bien connu, biographe de Mahommet, a défini l'état israélien comme "une colonie". Mais toute colonie a sa métropole, source extérieure de pouvoir: l'Algérie française était dirigée et soutenue par la France; les Etats-Unis étaient une colonie dont la métropole était l'Angleterre. Quel est le pouvoir extérieur qui soutient Israël? Quelle est sa métropole? Ce ne sont pas les Etats-Unis, c'est la constallation de communautés juives de poids, et au premier rang, la communauté juive américaine.
Cette communauté envoie de l'argent, orchestre le soutien du grand public et exerce son influence sur la politique de l'état d'Israël. Elle est beaucoup plus carnassière que le parti Likoud, dirigé par Sharon. Feu le "rabbin" Kahane, que nous ne regrettons pas, était probablement l'homme le plus cher au coeur des partisans d'Israël aux Etats-Unis. Ce phénomène des juifs de l'étranger qui prétendent être "plus israéliens que les Israéliens", et qu'Ouri Avneri a bien exposé, a de multiples causes. Mais je me limiterai à l'analyse de l'une d'entre elles seulement: ils ne sont jamais blessés par leurs obus, ils sont assis dans l'ombre et envoient le matador au combat.
Les hommes qui ont envoyé les troupes israéliennes mener le siège d'Hébron et d'autres villes palestiniennes vivent tranquillement à New York ou à Los Angeles, regardent la télé et harcèlent leur député pour qu'il soutienne leur boucherie. Ces hommes qui incitent à commettre des crimes de guerre contre les Palestiniens n'ont pas le moindre souci. Peut-être serait-il temps de leur en donner quelques-uns.
Les guerres peuvent durer éternellement si leurs principaux instigateurs vivent à l'abri et en paix. Michael L. Calderon nous le rappelait cette semaine: "Les Français, les Américains et les Afrikaners n'ont pas cessé leurs exploits en Algérie, en Indochine, en Namibie et en Angola à cause d'un "changement de volonté" collectif. Ces victoires ont été gagnées sur deux fronts: celui de la guerre concrète, dont les peuples d'Algérie, du Vietnam, de l'Angola et de Cuba ont payé le prix, et celui de la pression internationale et de l'opposition intérieure.
Le second front de la guerre en Palestine doit s'ouvrir maintenant et nous n'aurons pas beaucoup de mal à trouver sur qui nous devons faire pression et à qui nous devons nous opposer. A mon avis, il faut s'adresser aux usurpateurs qui dirigent les communautés juives organisées, Bronfman, Foxman, Sulzberger et compagnie. Ce sont des hommes dangereux et puissants et je comprends fort bien que les amis de la Palestine préfèrent se trouver un adversaire moins formidable, les colons d'Hébron, par exemple. Malheureusement, c'est aussi inutile que de chercher une pièce de monnaie égarée sous les lampadaires, uniquement parce que c'est là qu'il y a de la lumière: il faut la chercher là où on l'a perdue, même si ce n'est pas facile.
Il est désormais d'une urgence absolue d'attaquer les individus qui dirigent la communauté juive américaine. Pourquoi ne l'a-t-on jamais fait? On se heurte toujours à la volonté de les exonérer de leur responsabilité dans la tragédie que vivent les Palestiniens en expliquant tout par "la politique impérialiste américaine". Même un grand ami de la Palestine, comme Noam Chomsky, que j'adule, disons-le mot, est de cet avis. Dans une intervention publique au MIT, il a déclaré récemment que la politique pro-israélienne des Etats-Unis n'était pas le produit du groupe de pression juif mais des intérêts des classes dirigeantes américaines. J'aime beaucoup Chomsky, mais j'aime encore mieux la vérité et je ne suis pas d'accord avec lui.
Son opinion est reprise par beaucoup de gens de valeur qui sont tous des partisans sincères des Palestiniens: ils citent souvent The Fateful Triangle, ouvrage classique de Chomsky ou disent la même chose autrement, comme Gabor Mate qui m'a écrit: "S'il est certain que les Bronfman et leurs camarades ne sont pas les derniers à abuser le grand public, juif ou non, et à l'égarer, ils ne pèsent pas très lourd dans les intérêts que la politique américaine sert vraiment. L'Etat américain a intérêt à avoir au Proche Orient un pit bull à ses ordres, muni de l'arme atomique, suffisamment nerveux et agressif pour sauter instantanément à la gorge des Arabes au cas où cela deviendrait nécessaire mais aussi suffisamment dépendant pour que la laisse qui le retient soit courte. Comme le disait un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères américaines il y a quelques années, "Israël est un porte-avions insubmersible au Proche Orient."
Ces arguments ne résistent pas à l'analyse: Les avions américains n'atterrissent pas sur ce "porte-avions, même en cas de guerre car ils ont des bases ailleurs: en Arabie séoudite, en Turquie, etc. C'était Chypre qu'on appelait autrefois "le porte-avions insubmersible" avant qu'on le laisse tomber du jour au lendemain. L'obéissance du pit-bull, qui a fourni des armes à la Chine, se discute, et quant à traiter Israël d'allié solide, ça reste à prouver. Il y a en réalité des dirigeants israéliens qui prônent une alliance avec la Russie et sa communauté juive immensément riche et puissante, parce que les Etats-Unis tirent trop sur la laisse.
Certains croient expliquer la politique américaine par des "intérêts pétroliers". Mais en fait, il n'y a pas de pétrole en Palestine ni dans les pays voisins. Je n'imagine pas qu'Israël puisse faire la guerre à l'Arabie séoudite ou à l'Iran au nom des besoins américains en pétrole, sans que le Proche Orient explose.
L'idée qu'Israël serait un "représentant sur place" ou "un flic de proximité" ne tient pas non plus. Je ne vois pas quel intérêt économique américain pourrait tirer plus de bénéfice d'une alliance avec Israël plutôt qu'avec la Turquie, par exemple. Comme l'écrivait un analyste palestinien, "la Turquie aurait été un meilleur investissement, en tant que puissance régionale "normale" susceptible d'assister la politique américaine tout en coûtant deux fois moins cher. Et en tant que musulman, le pays pourrait prétendre plus légitimement à la "domination" des pays arabes plus faibles." On pourrait ajouter que la Turquie a été la puissance traditionnelle de la région jusqu'en 1917 et qu'elle dispose de l'armée la plus puissante et la plus nombreuse, en même temps totalement pro-américaine et pro-occidentale. Autrement dit, l'idée qu'Israël serait la dupe servile de l'impérialisme américain n'a aucun fondement.
Edward Herman, co-auteur avec Chomsky de Manufacturing Consent, est d'accord avec cette analyse: "Le groupe de pression juif est très important ivi [] j'ai écrit quelque chose à ce sujet et j'ai été critiqué par des gens de gauche qui affirmaient que son rôle était beaucoup moins important que les intérêts stratégiques américains au Proche Orient. J'ai toujours pensé que le groupe de pression juif était d'une importance au moins aussi grande; et heureusement pour lui, les deux groupes d'intérêts ont été au moins compatibles.
Pour combattre la domination juive illégitime, il faudrait recourir à des moyens directs, originaux et, certainement, non-violents. Les étudiants de Berkeley, porteurs de la tradition de 1968, ont fourni un exemple: ils ont construits deux portes d'entrée à l'université, l'une pour les juifs, l'autre pour le reste, pour que les Américains éprouvent personnellement ce que signifient les routes israéliennes "réservées aux juifs". On pourrait déverser des tombereaux de terre dans l'allée qui mène chez Bronfman ou chez Foxman. En tant que bons juifs, ils observent certainement la route de Hillel aîné et ne font pas aux autres ce qu'ils haïssent eux-mêmes. Comme le blocage des allées palestiniennes ne les gêne pas, on peut penser qu'ils aimeraient être traités de la même façon. De même, comme ils sont pour les colonies illégales, on pourrait installer des volontaires sur leurs terres.
je pense que ces occupations seraient amusantes et attireraient beaucoup de bons Américains d'origine juive. Après tout, leurs pères ont lutté contre la domination blanche dans le Sud, et maintenant les fils peuvent lutter contre la domination juive en Palestine, sans abandonner leurs traditions. Au lieu d'aller manifester devant une administration quelconque, au lieu de risquer des rencontres dangereuses avec les soldats israéliens sur les collines d'al-Khadr, les associations israéliennes de gauche pourraient porter le combat contre le véritable adversaire, aux Etats-Unis; ils pourraient s'y joindre aux autres militants américains, y compris les Palestiniens exilés.
Cette expérience répondrait à l'interrogation sur l'influence du lobby juif aux Etats-Unis et sur les événements de palestine. Je crois qu'elle aurait beaucoup d'effet si on exerçait une véritable pression sur Bronfman et ses richissimes amis de la tribune à l'ombre pour qu'ils mettent fin à leur belligérance antipalestinienne. Ils feraient peut-être signe au matador de renvoyer le taureau aux vaches au lieu de se précipiter vers l'abattoir.
Cette lutte pourrait aussi
aider les juifs américains ordinaires à se battre
contre leurs chefs usurpateurs. Pourquoi devraient-ils accepter
ces "dirigeants"? Eh bien, d'abord, parce Bronfman et
ses copains ont volé des milliards de dollars dans les
banques suisses, au lieu de distribuer l'argent aux rescapés
de l'holocauste. Mais ce sera le sujet de mon prochain article.
A couple of weeks ago, while travelling in Northern Spain, I came
upon the old capital of Navarre. Pamplona celebrated the feria
of St Fermin, and thousands of aficionados crowded the narrow
streets leading to the famed bullring. There were also a lot of
foreigners earnestly following Hemingway's steps. In the morning,
young boys run the arena with the young bulls, competing in speed
and grace. It was an exciting show, awash with adrenaline, but
it draws no blood. It was different in the evening hours, when
grown men fought mature bulls, ferocious coal-black creatures
with sharp horns, moving at the speed of a TGV train, weighing
over half a ton each, every ounce loaded with the resolve of a
bullterrier.
The tribunes above the arena are divided into two sections with
different population. In the Sombra section, the upper class sombrely
applauds the show. They are the important people, and a matador
tries his best to show them his art. In the Sol, under the direct
rays of a Pyrenean sun, the simple folk made merry by splashing
buckets of Sangria, sharing home cooked food with strangers and
singing the chant of St Fermin. They love bullfight too, but there
is not much action on their side of the ring.
The matador works unbelievably close to the beast, just slightly
shifting the weight to avoid the deadly horn. If not for the animal's
lack of understanding, a man would have a slim chance of surviving
a confrontation with the bull. But the bull is fascinated with
the red cloth, the muleta, that the matador unveils in front of
him. Instead of going for the matador, he flies at the cloth.
In the end, tired of his labours lost, frustrated by vain assaults
on the unvanquished red cloth, the bull stood still, lowered his
neck and waited for the merciful steel.
The bullfight is an apt metaphor for the fruitless fight for civil
rights in Palestine. The Jewish settlements in the midst of Palestinian
population are like the red cloth. The settlements annoy us, as
they ruin the Biblical beauty of the Highlands. They annoy us
by their visible injustice, as they are open only to Jews, while
a goy can not even enter their limits. They annoy us, because
they are the reason for separate for-Jews-only roads. They annoy
us, because of the provocative demeanour of the settlers, who
do their worst to humiliate their non-Jewish neighbours. They
annoy us because they supplant olives with ugly prefabs. So we
charge at them, while the matador moves away, and the important
people above applaud.
For once, let us direct the rage of the bull away from the distracting
and annoying muleta. The constant focus on the settlements is
a distraction. On any given day, even in Jewish newspapers, in
Haaretz or the New York Times, you can publish a critique of the
illegal settlements provided you stop there. But there is a man
behind the red cloth. And there are those who sent him to fight
the bull. The matador is the state of Israel. No settlement would
exist even a day, without the Israeli war machine behind it. When
the native inhabitants of Hebron are locked for months in their
homes, the curfew is imposed by the Israeli army, not by the four
hundred Jewish settlers. But there is a man in the Sombra who
commands the matador. Israel would not be able to commit its atrocities
without support from abroad.
Maxim Rodinson, a noted French Marxist and biographer of the Prophet,
defined Israel as `a settler state', a colony. But every settler
state has its mother country, the source of external power. French
Algeria was manned and supported by France. The US was a settler
state, whose mother country was England. What is the external
power supporting Israel? What is its mother country? It is not
the US, it is the constellation of important Jewish communities
and first and foremost, the American Jewish community.
They send money and they organize public support and they influence
the policies of the state of Israel. They are visibly more hawkish
even than Sharon's Likud. The late unlamented `Rabbi' Kahane was
probably nearest to the hearts of Israel's supporters in America.
This phenomenon of overseas Jews posing 'as more Israeli than
Israelis', well described by Uri Avneri, has a variety of reasons.
But I will limit myself to addressing just one of the causes.
They get no flak from their operations. They sit in shadow and
send the matador to fight.
The men who send the Israeli troops to enforce the siege of Hebron
and other Palestinian communities, live at ease in New York or
Los Angeles, watch TV and put pressure on their congressmen to
support the slaughter. These folks, inciting to war crimes against
the Palestinians, have no worries at all. Perhaps it is time to
direct some heat their way.
Wars can never end, so long as their chief perpetrators sit in
peace. Michael L. Calderon reminded us this week: `The French,
Americans, and Afrikaner South Africans did not abandon their
exploits in Algeria, Indochina, Namibia and Angola because of
a collective «change of heart". Indeed these victories
were won on two fronts. One was the front of actual warfare, and
peoples of Algeria, Vietnam, Angola and Cuba bore the brunt of
it. The second front was the international pressure and domestic
protests.
The second front of the war for Palestine should be opened now,
and we should know whom to apply pressure to and against whom
to protest. In my opinion, the buck stops at the door of self-appointed
heads of the organized Jewish communities, Bronfman, Foxman, Sulzberger
et al. They are nasty and powerful men, and I understand the desire
of the friends of Palestine to look for a less formidable adversary,
like Hebron settlers. Alas, it is as unprofitable as looking for
a lost coin under the lamp post, just because it is where the
light shines. One must look for the coin where one dropped it,
even if it is inconvenient.
Confronting the individual leaders of the American Jewish community
has become an urgent necessity. Why it was not done until now?
There is still the irresistible tendency to exonerate them from
the blame for the tragedy of the Palestinians, while explaining
all by `American imperialist policies'. Even a great friend of
Palestine, Noam Chomsky, whom I admire this side of idol worship,
subscribes to this view. In a recent public appearance in MIT,
he said that the pro-Israeli policies of the US are not caused
by the influence of the Jewish lobby, but by the interest of American
elites. Amicus Plato, magis amica veritas. I have to disagree.
His opinion was repeated by many good people, all of them sincere
supporters of the Palestinians. Usually they quote the Fateful
Triangle, a classic work by Noam Chomsky, or express it in a similar
way, as did good Dr Gabor Mate. He wrote to me: "While they,
Bronfmans and their colleagues certainly do their share to mislead
and confuse the public - Jewish and non-Jewish - even they are
small beer (metaphor intended) compared with the real interests
U.S. policy serves. It's a question of the strategic interest
of the U.S. corporate-state in having an obedient pit bull in
the Middle East, with a nuclear capability, sufficiently nervous
and aggressive to jump at Arab throats on demand, should the need
arise - but also sufficiently dependent so that the leash can
be pulled short whenever necessary. As one U.S. State Department
official said some years ago, "in Israel we have an unsinkable
aircraft carrier in the Middle East."
If you look carefully at these arguments, they collapse like a
house of cards. American planes do not land on this `aircraft
carrier' even in case of war they have bases elsewhere, in Saudi
Arabia, Turkey etc. Cyprus was called once `the unsinkable aircraft
carrier', but it was dropped with great ease. The obedience of
this pit bull is not much to speak about, as supply of weapons
to China proved, and as for Israel being a dependable ally, there
are strong doubts. Actually, there are Israeli leaders speaking
of a different alliance, namely with Russia and its immensely
rich and powerful Russian Jewish community, as America pulls the
leash too much, in their opinion.
Some people explain the US policies by `oil interests'. As it
happens, there is no oil in Palestine, not much in the neighbouring
lands. I can not envisage Israeli intervention in Saudi Arabia
or Iran for the same of American oil supplies it would explode
the entire Middle East.
The idea of Israel as a `local proxy', or a `local cop on the
beat' also holds no water. I do not know of a single American
corporate interest that would not be better off by allying with
Turkey instead of Israel, for instance. As a Palestinian analyst
wrote, `Turkey would have been a better investment, for example,
as a "normal" regional power that can help US policy,
without costing half as much. Being Muslim may help as well in
having a legitimate claim to "ruling over" the weak
Arab countries'. One can add that Turkey was the traditional ruler
of the area up to 1917, and it has biggest and strongest army,
totally pro-American and pro-Western. In other words, the concept
of Israel as a servile dupe of American imperialism is a non-starter.
Edward Herman, who co-authored 'Manufacturing Consent' with Chomsky,
agrees with this assessment. "The Jewish lobby here is extremely
important,.. I did have a piece on them directly, and it drew
some criticism from several people on the left who argued that
the lobby was much less important than US strategic interests
in the Middle East. I've always felt that the lobby was at least
of equal importance; fortunately for the lobby, the two have been
at least reconcilable'.
The means of confronting the self-proclaimed Jewish leadership
could be direct, creative and certainly non-violent. A good example
was set by Berkeley students, the bearers of the tradition of
1968. They built two gates to the campus, one for Jews, another
one for non-Jews, in order to give Americans a taste of Israeli
`roads for Jews only'. I can envisage heaps of earth on the driveway
of Mr Bronfman or Mr Foxman. As good Jews, they certainly observe
the rule of Hillel the Elder and do not do unto others whatever
they hate themselves. As they support blocking Palestinian driveways,
they would probably enjoy the same treatment. By the same rule,
as they support illegal settlements, they no doubt would be pleased
if some good people would squat on their private estates.
I think such sit-ins would be fun, and they will attract many
good Americans of Jewish ancestry. After all, their fathers protested
White supremacy in the South, now the sons can protest Jewish
supremacy in Palestine, without having to travel out of town.
Instead of boring demonstration in front of a boring Federal office
building, instead of dangerous show off with Israeli soldiers
on the hills of al-Khadr, the Not In My Name people, Rabbis for
Human Rights etc can lead the struggle against the real adversary,
back in the good old United States of America. They should do
it together with other American activists, including Palestinian
exiles.
This experiment will answer the question of the Jewish lobby's
influence in the US and on the events in Palestine. I believe
that it will have a great effect, if there would be real pressure
on Mr Bronfman and his super-rich friends in the Sombra to end
their anti-Palestinian belligerence. Maybe they will signal the
matador to send the bull back to his cows, instead of carver's
desk.
This confrontation would also help ordinary Americans of Jewish
origin to fight their self-proclaimed leadership. Why should they
take on these 'leaders' ? Well, for one reason, because Bronfman
and his cronies pocketed billions of dollars squeezed from Swiss
banks, instead of giving the money to the holocaust survivors.
But that will be the subject of my next article.
Israel Shamir is an Israeli journalist, living in Jaffa. His email:
<mailto:shamiri_@netvision.net.il>shamiri_@netvision.net.il,
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