23 mars (NSIPS) -- Dans un mémoire adressé au Secétaire d'Etat Alexander Haig, l'"International Caucus of Labor Committees" en appelle au secrétariat d'Etat pour annuler le visa d'entrée du citoyen autrichien Simon Wiesenthal, au motif qu'il se pourrait qu'il ait aidé les autorités nazies à persécuter les juifs en Pologne, en Ukraine et en Autriche.
Bien que juif lui-même et s'étant taillé une réputation internationale de chasseur de nazis, Wiesenthal, par les propos qu'il tient dans son autobiographie-- qui n'a pas fait l'objet d'une grande publicité --décrit une amitié avec les chefs nazis SS, dont il a reçu un traitement spécial, ce qui suggère la collaboration, malgré l'analyse que Wiesenthal propose de ces faits.
Entre autres événements bizarres révélés par Wiesenthal, il y a le fait que le chef nazi de son camp de travail l'a autorisé à conserver deux revolvers dans son bureau. Plus tard, Wiesenthal, dans d'autres camps, a échappé à la mort et à la torture dans plusieurs circonstances où tous ses camarades juifs ont été tués. En 1965, Wiesenthal a invité le commandant d'un de ses anciens camps, Heinrich Guenhart, membre du parti nazi, au mariage d'une de ses filles!
Wiesenthal fait actuellement une tournée aux Etats-Unis où il tient, à propos d'une possible poussée d'antisémitisme dans ce pays, des discours enflammés que même des responsables juifs trouvent extrêmement exagérés. Le groupe "La génération d'après", fondé par Wiesenthal en 1978 et ayant son siège à New York, travaille activement avec les Yippies à l'organisation de confrontations violentes.
Wiesenthal compte désormais parmi ses proches collègues le prince Bernard des Pays-Bas, ancien officier SS hollandais. Dans un entretien récent avec un journal de Los Angeles, Jewish Heritage, Wiesenthal a déclaré que plus de 80% de ses fonds avaient des sources non-juives, principalement liées à la monarchie néerlandaise et le groupe Royal Dutch Shell Oil.
En 1970 puis en 1971, Wiesenthal a fait l'objet de critiques très sévères de la part du chancelier autrichien Bruno Kreitski qui s'est interrogé publiquement sur les véritables mobiles du "chasseur de nazis" auto-proclamé.
Wiesenthal explique son traitement particulier pendant la guerre par un comportement humain ou atypique de certains officiers nazis. Mais la majorité des preuves qu'il donne lui-même dans son autobiographie suggère autre chose. Il est tout à fait possible que Wiesenthal ait été obligé d'écrire cette autobiographie, publiée en Autriche en 1967 par Opera Mundi, parce que d'autres menaçaient de dire la vérité sur sa collaboration durant la guerre. Une traduction anglaise du livre a été publiée ensuite par McGraw Hill.
Voici le dossier de Wiesenthal, tel qu'on peut le reconstituer à partir de son autobiographie:
Peu après l'occupation de la ville de Dolina, polonaise à cette époque, par les armées nazies dans leur progression, Wiesenthal fut regroupé avec de nombreux autres habitants juifs et amené devant un peloton d'exécution. Mais grâce à l'intervention amicale d'un homme nommé Bodner, officier de la milice ukrainienne contrôlée par les SS, Wiesenthal fut soustrait au peloton quelques minutes avant l'exécution.
Quelques semaines après cet incident, Wiesenthal et sa famille furent amenés, non loin de là, au camp de concentration de Janowka, ce qui était le lot normal des habitants de Dolina. Mais pour une raison inconnue, il fut transféré aux travaux de chemins de fer de l'Ostbahn.
Pendant qu'il y était employé,Wiesenthal fut autorisé à sortir du camp et à se rendre dans les villages et les villes de la région. L'inspecteur en chef du camp, Adolf Kohrautz, l'autorisa à cacher deux revolvers dans son bureau. A la même époque, le commandant du camp, Heinrich Guenhart-- qui fut plus tard invité au mariage de la fille de Wiesenthal --le promut au poste de technicien.
Le 20 avril 1943, Wiesenthal et quarante-trois autres juifs furent conduits devant un peloton d'exécution au camp de concentration de Lwow, toujours dans la même région; ils devaient être fusillés en l'honneur de l'anniversaire d'Hitler. Mais à la suite de l'intervention de l'officier SS Koller, agissant sous l'autorité de Kohrautz, le commandant du camp de Lwow intercéda en sa faveur. Les quarante-trois autres juifs furent exécutés. Wiesenthal eut la vie sauve.
Le 2 octobre 1943, Wiesenthal quitta le camp de travail de l'Ostbahn, emportant ses deux pistolets; il vécut dans la clandestinité jusqu'en juin 1944. Quand il fut pris par les SS en juin, Wiesenthal fut conduit à la prison de la Gestapo où il fut traduit devant l'Oberschaerfuehrer Oskar Waltke, chef de la section des affaires juives de la Gestapo à Lwow.
Traitement médical de faveur
Wiesenthal raconte que Waltke, plutôt que d'ordonner qu'on le tue ou qu'on le torture, comme c'était la règle lors de la reprise d'évadés, lui accorda un traitement médical de faveur. Transféré ensuite au camp de concentration de Lwow, Wiesenthal fut conduit devant le Hauptsturmfuehrer SS Friedrich Warzok. Tandis que tous les Juifs de sa section étaient fusillés, lui-même bénéficia de doubles rations alimentaires
Au début de l'automne 1944, l'armée soviétique marchait sur Lwow. Les nazis, préparant leur retraite, tuèrent presque tous les prisonniers du camp. Mais un groupe de vingt-quatre, protégé directement par le Brigadenfuehrer SS Katzman, accompagna l'armée nazie dans sa retraite vers l'Ouest. Wiesenthal faisait partie de ce groupe de vingt-quatre.
Le 15 octobre 1944, Wiesenthal arriva au camp de concentration de Plazsow. La plupart des prisonniers juifs furent fusillés; pas lui.
Ensuite, alors qu'il fuyait le territoire nazi en compagnie du prince polonais Radziwill, les deux hommes échappèrent à l'exécution et furent laissés pour morts dans la neige. Mais au moment de les enterrer, les nazis découvrient qu'ils étaient vivants et Wiesenthal fut amené au bloc VI, le bloc de la mort du camp de concentration autrichien de Mauthausen. Wiesenthal raconte qu'il survécut grâce aux rations supplémentaires et au traitement de faveur que lui octroya un employé du camp, un de ses anciens amis de Poznan.
Il libère des amis nazis.
Le 5 mai 1945, Mauthausen fut libéré et Wiesenthal commença à travailler avec les sections "crimes de guerre" de l'armée américaine et avec le Tribunal de Nuremberg.
En 1947, à Linz (Autriche), Wiesenthal avait créé une institution préfigurant le Centre de documentation juive de Vienne qu'il dirige actuellement. Grâce à sa réputation, savamment élaborée, de zélé chasseur de nazis, Wiesenthal put se permettre de faire libérer l'obersturmfuehrer nazi Beck, en 1947, et, ensuite, l'officier SS Werner Schmidt, un officiel SS qu'il avait connu quand il travaillait sur les chantiers de l'Ostbahn. A la même époque, Wiesenthal était ouvertement en contact avec Rudolf Kastner, un juif que la cour suprême israélienne devait ensuite condamner pour collaboration en temps de guerre avec les SS nazis.
Motifs pour le refus de visa
Le voyage envisagé de Wiesenthal aux Etats-Unis peut être annulé.
Il existe des motifs légaux pour lui dénier l'entrée aux Etats-Unis, à savoir la section 212 (A33) de la loi sur l'immigration et la nationalité. D'après cette loi, l'entrée ou l'immigration aux Etats-Unis doivent être refusées à tout individu qui "a ordonné, incité, aidé ou pris part, de quelque façon que ce soit, à la persécution de qui que ce soit en raison de sa race, de sa religion, de son origine nationale ou de ses opinions politiques, dans un pays allié des nazis ou occupé par eux".
En se fondant sur les déclarations de Wiesenthal lui-même, il y a de fortes présomptions que Wiesenthal soit aussi coupable que le fameux Rudolf Kastner de collaboration avec les nazis dans la persécution de son propre peuple.
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