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LE MASSACRE d'ORADOUR

UN DEMI-SIECLE DE MISE EN SCENE

 

Partie 7

Quatrième section

Oradour-sur-Glane, village tranquille ?

III

ORADOUR : BASE ARRIÈRE DU MAQUIS

Découverte de cadavres de soldats allemands

L'entretien entre Diekmann et le maire d'Oradour

De nos jours, un épisode survenu le 10 juin 1944 à Oradour est, soit occulté, soit décrit comme un petit intermède sans importance : il s'agit de l'entretien qui eut lieu, vers 15 heures, entre Diekmann et le maire du village, le docteur Paul Desourteaux. (1)

Se fondant sur les déclarations du rescapé J. Darthout, les auteurs du livre intitulé : Oradour-sur-Glane prétendent que l'entretien dura quelques instants ». (2) En 1992, un autre rescapé, R. Hébras, écrivit :

Leur absence [celle de P. Desourteaux et de Diekmann] fut très courte, à peine le temps d'un aller-retour du Champ de Foire à la mairie. Monsieur le maire regagna les rangs et se plaça près de moi. (3)

Ces deux témoignages tentent manifestement d'établir que les deux hommes avaient peu de chose à se dire ; il fallait donc écourter leur absence et c'est pourquoi l'entretien Diekmann-Desourteauxfut présenté comme un fait mineur.

Pourtant, si nous consultons l'ouvrage d'A. Hyvernaud, nous lisons :

[Le maire] fut alors conduit par l'officier à la mairie, mais il revint seul au bout d'une dizaine de minutes et reprit sa place sans un mot. (4)

Quant à P. Zind, il écrit :

L'entretien en tête-à-tête de Diekmann avec le docteur Desourteaux dura de 10 à 20 minutes. (5)

Par conséquent, deux thèses, ici, s'affrontent : la première selon laquelle l'entretien aurait duré un laps de temps très court ; la seconde selon laquelle il aurait duré au moins dix minutes.

Deux éléments nous persuadent d'opter pour la seconde thèse :

-- Le contexte tout d'abord. Diekmann était venu rechercher un officier enlevé, officier qu'il pensait être retenu dans la localité. La veille, un lieutenant SS, lui aussi capturé, était passé par le village. En outre, des renseignements concordants faisaient état d'un PC du maquis au sein même du bourg. Par conséquent, le commandant SS exigea certainement des explications et le maire ne put les donner en quelques instants » ;

-- L'étude chronologique des faits ensuite. Face aux deux thèses contradictoires, nous avons tenté d'établir une chronologie des faits à partir des témoignages de J. Darthout et de R. Hébras ( le lecteur pourra se reporter à l'annexe p. 345 ).

Or, dans les deux cas, un blanc » inexplicable de 15 minutes environ a pu être mis en évidence. Voilà pourquoi l'entretien Diekmann-Desourteaux nous paraît avoir duré plus longtemps que ne le prétendent les deux rescapés.

Quels furent les propos échangés au cours de ce long tête-à-tête ? Selon P. Zind :

Probablement le maire dut alors révéler à son interlocuteur que Kämpfe ne pouvait plus être rendu parce qu'il avait disparu et qu'il ne savait pas, ni où il pourrait se trouver, ni même s'il était encore en vie. (6)

Qu'on nous permette d'aller plus loin. Selon nous, Diekmann ne se contenta pas de parler avec le maire, car on peut se demander pourquoi le SS, s'il avait voulu s'entretenir avec P. Desourteaux uniquement, aurait pris la peine de l'emmener à la mairie (c'est-à-dire loin du Champ de Foire) alors qu'il suffisait de le faire sortir des rangs pour lui parler seul à seul. En vérité, l'officier dut l'emmener ailleurs afin de lui montrer les découvertes (dont certaines très macabres) que les SS venaient de faire à leur arrivée à Oradour.

Des effets allemands découverts à Oradour

Dans les jours qui suivirent le drame, les autorités françaises déclarèrent avoir retrouvé, dans le bourg d'Oradour et dans ses environs, plusieurs objets allemands. En 1945, P. Poitevin parla de :

certaines pièces à conviction telles que des cartouches de soufre [...], des cartes routières, des bidons, des poignards et des équipements allemands trouvés dans le village. (7)

Huit ans plus tard, un séminariste qui avait participé aux travaux de déblaiement du village affirma que, parmi les objets retrouvés, on comptait une baïonnette » et un calot allemand ». (8)

G. Pauchou et P. Masfrand consacrent une partie entière de leur ouvrage à ces trouvailles (partie intitulée : Les assassins »). Les allégations de P. Poitevin et du séminariste y sont confirmées. Les auteurs mettent l'accent principalement sur trois objets :

-- une carte Michelin et une carte postale découvertes, nous dit-on, le 16 juin 1944 par Jean Villoutreix ;

-- une enveloppe postée d'Allemagne et qui aurait été découverte le 15 juin dans le chemin du village des Bordes, auprès de deux cadavres d'hommes ». (9)

Pendant plusieurs pages, MM. Pauchou et Masfrand tentent de démontrer que ces documents ont été perdus le 10 juin par les assassins ».

Plusieurs remarques doivent cependant être formulées.

Tout d'abord, il convient de lire attentivement la déclaration rédigée par J. Villoutreix lorsqu'il apporta aux autorités françaises les objets qu'il avait découverts. Cette déclaration s'énonce comme suit :

Je certifie avoir découvert, le 16 juin 1944, dans le champ de blé de M. Bélivier, demeurant aux Brégères, d'Oradour-sur-Glane, une sacoche ayant appartenu à un soldat allemand qui a dû l'oublier ou la perdre le jour du drame d'Oradour-sur-Glane.

Je déclare sur l'honneur que cette sacoche en toile verte contenait :

1 -- Une toile imperméabilisée verte ;

2 -- Une carte routière Michelin sur laquelle étaient tracés au crayon divers itinéraires avec tous les noms des grandes villes et des mentions de date ;

3 -- Des cartes postales, au nombre de huit, dont une écrite à la main et destinée à être expédiée en Allemagne et dont une autre portait une date ;

4 -- Diverses lettres que j'ai brûlées [Ibid., p. 122].

La dernière phrase doit tout particulièrement retenir notre attention : pourquoi M. Villoutreix a-t-il brûlé les lettres que contenait la sacoche? Cet acte est non seulement illégal (la loi interdit en effet de détruire un objet que l'on trouve) mais incompréhensible; ces lettres pouvaient contenir des indices (noms, adresses) capitaux pour l'enquête. De plus, M. Villoutreix affirme que cette sacoche avait appartenu à un soldat allemand ». On en déduit que les lettres étaient rédigées dans la langue de ce militaire. C'est d'autant plus plausible que, nous le verrons ci-dessous, la carte postale destinée à être expédiée en Allemagne » était écrite en allemand. Or, M. Villoutreix ne connaissait probablement pas cette langue. Dès lors, pourquoi avoir brûlé des documents dont il ignorait la teneur ?

Venons-en à la carte Michelin. G. Pauchou et P. Masfrand la reproduisent dans leur ouvrage (voy. la planche entre les pages 122 et 123). On y découvre que deux itinéraires y sont tracés avec précision. Certaines villes portent même des indications de date. De façon évidente, il s'agit d'une carte sur laquelle a été porté l'itinéraire d'un convoi militaire. Dès lors, une première conclusion s'impose : la sacoche qui la contenait avait dû appartenir à un chauffeur ou à un gradé, mais certainement pas à un simple soldat. Analysons maintenant les itinéraires. On découvre, sur l'un d'entre eux, des villes telles que Caussade, Brive, Pierre-Buffière, Limoges (Ibid., p. 125). Or, ces villes étaient situées sur l'axe de marche d'une partie de la division Das Reich, partie composée notamment du 3 e bataillon et des sections de canons d'assaut. (10) Ce fait est extrêmement important, car Kämpfe commandait le 3 e bataillon et Gerlach la 2 e section des canons d'assaut. Quand, en outre, on sait que Gerlach a été kidnappé avec son chauffeur et que, d'après J. Canou, la voiture de Kämpfe contenait des lots importants de cartes d'état-major », on peut se demander si la sacoche découverte » par M. Villoutreix n'avait pas été saisie dans le véhicule d'un de ces deux officiers SS.

Même à supposer que cette dernière conclusion soit erronée, nous maintenons que la sacoche ne pouvait appartenir à un simple soldat. Par conséquent, sa présence dans un champ non loin d'Oradour reste à expliquer...

Terminons avec la carte postale écrite mais non expédiée (figure 35) et avec l'enveloppe postée d'Allemagne. G. Pauchou et P. Masfrand ont reproduit la première et la seconde respectivement aux pages 130 et 127 de leur ouvrage. Vingt-trois lignes sont consacrées à la carte postale qui, rappelons-le, aurait été perdue le jour du drame par un soldat allemand. Or, les auteurs passent sous silence un indice extrêmement important, savoir : la date figurant sur cette carte. En effet, on peut lire :

O.U. am 2.6.44 » , qui peut se traduire par : E[n] C[ampagne], le 2 juin 1944 ». Si cette carte avait été effectivement perdue le 10 juin, il faudrait admettre que son auteur attendait depuis huit jours l'instant de la donner au vaguemestre. Face à cette invraisemblance, nous restons incrédules. (11)

Bien sûr, il serait vain, cinquante ans après, alors que la plupart des protagonistes ont disparu, de prétendre retrouver l'origine réelle de cette carte postale. Toutefois, on ne peut valablement la présenter comme une pièce à conviction ; car elle fait naître plus de questions que de réponses.

Un fait, d'ailleurs, vient confirmer notre conclusion : MM. Pauchou et Masfrand prétendaient que la carte postale et l'enveloppe permettaient de préciser les noms de certains des assassins » (Ibid., p. 118). Sur la première, on pouvait lire en guise de signature : SS Pz. Gr. Lzipke » (ou Lzupke ») et sur la deuxième : SS gre. Siegfried Kuschke » (Ibid., pp. 128 et 129). Par conséquent, deux des assassins » étaient désormais connus des services français. Or, à partir de 1945, et bien qu'aucune preuve de leur mort n'ait été apportée, ces deux noms disparurent. On les cherchera en vain parmi les soixante-cinq noms inscrits dans l'acte d'accusation du procès de Bordeaux. Bien plus, lorsqu'on étudie les pièces de l'instruction, on découvre que jamais les enquêteurs n'ont demandé aux inculpés s'ils connaissaient ces deux SS. Au procès de 1953, enfin, ni la carte postale ni l'enveloppe ne furent, à notre connaissance, produites et nulle part ces deux SS ne furent mentionnés. Il en fut de même pour la carte Michelin.

Il semble donc qu'en exhibant ces trois documents les autorités françaises aient agi avec précipitation. Plus tard, il apparut que leur présence à Oradour dans des chemins et dans des champs susciterait d'inévitables questions, très gênantes. Aussi furent-ils tout simplement écartés de la procédure judiciaire et recouverts du voile de l'oubli.

Quoi qu'il en soit, l'affaire des objets perdus » à Oradour reste très intéressante, car si l'on recense les différents documents que les Français auraient découverts après le drame, on trouve : une carte routière, des cartes postales, des lettres, une enveloppe, des bidons, des poignards, un calot, une baïonnette. Or, on nous affirme que les SS avaient choisi Oradour pour opérer en toute tranquillité, loin des maquisards. Dès lors, comment expliquer qu'au cours d'une mission tranquille les SS, dont on connaît l'ordre et la discipline, aient pu perdre, dans les champs, dans les rues et dans les chemins, leurs cartes routières, leur courrier ainsi que de multiples autres équipements ?

En réalité, ces objets n'ont pas la provenance qu'on leur attribue officiellement. On peut penser qu'ils appartenaient à des militaires allemands assassinés à Oradour ou dans la région, bien avant le 10 juin. A l'indignation des derniers défenseurs de la version orthodoxe, nous rappellerons que, dans son journal de bord, le général von Brodowsky a mentionné des lettres d'un Oberzahlmeister (trésorier) » qui auraient été retrouvées le 10 juin dans Oradour. (12) Notre hypothèse en sort confortée.

On observera que, si des soldats allemands avaient été tués dans le bourg avant le 10 juin, leurs cadavres auraient dû être retrouvés en même temps que leurs affaires. A juste titre. Aussi allons-nous maintenant suivre les indices de la découverte de corps d'Allemands, le 10 juin, dans le village martyr.

Les restes humains dans la boulangerie Bouchoule

Dans son récit, Gerlach avait donné un renseignement précis concernant Oradour; il parla d' une boulangerie dans la Grand'Rue », boulangerie non loin de laquelle se trouvait une remise d'où les maquisards avaient sorti des cordes pour ligoter leurs prisonniers. Lorsqu'ils arrivèrent dans le village, les SS, qui ne possédaient aucune autre information, durent certainement s'y rendre afin d'inspecter les lieux. Que trouvè-rent-ils ? Afin d'apporter une réponse possible à cette question, étudions les documents publiés.

Selon un résistant qui, peu après le drame, parvint à s'introduire clandestine-ment » à Oradour, on aurait retrouvé dans le four d'un boulanger », le cadavre de cinq personnes : le père, la mère et les trois enfants ». (13)

En 1953, à Bordeaux, les rédacteurs de l'acte d'accusation reprirent ce fait :

Dans le four de la boulangerie Bouchoule, on trouve le cadavre de cinq personnes, le père, la mère et les trois enfants [voy. l'acte d'accusation, p. 9].

De même affirmèrent-ils qu' un étouffoir » à braises avait été retrouvé qui contenait : des ossements humains dans un état de carbonisation avancé [Id.] ».

Plus tard, lors des audiences, le président affirma qu'il s'agissait des restes d'un enfant ». (14) A ces paroles », écrit le correspondant du journal Ouest-France, le public manifeste violemment son émotion » (Id.).

A notre connaissance, l'affaire des cinq personnes retrouvées dans le four n'a jamais été éclaircie. Le docteur Bapt, par exemple, (médecin inspecteur de la Santé qui participa aux travaux de secours à Oradour), recensa les lieux où furent retrouvés des cadavres. Il précisa le nombre de corps et leur identité chaque fois qu'elle avait pu être établie. Or, on cherchera en vain, dans son rapport, le cas de cinq personnes qui auraient été découvertes dans un four de boulangerie. A la rubrique Boulangerie Bouchoule » on lit uniquement :

Cadavre de M. Milord enlevé par la famille Milord, de Dieulidou, le mercredi 14 [juin] dans l'après-midi. Cadavre de M. Bouchoule (tronc et tête calcinés). (15)

En 1996, V. Reynouard interrogea plusieurs anciens membres des équipes de secours venues à Oradour peu après le drame. L'abbé Philippe Schneider, l'un d'entre eux, lui affirma avoir vu au moins un cadavre dans le four à pain », sans plus de précision toutefois. Mesdames Massaloux-Dumay et Vignerie, pour leur part, ne purent donner aucun renseignement à ce sujet. (16)

Notons, en outre, que plusieurs clichés de la boulangerie Bouchoule ont été publiés dans des ouvrages sur Oradour . (17) Or, aucun d'entre eux ne montre, même de loin, les cadavres prétendument retrouvés dans le four. Bien plus, seule la légende rédigée par J. Delarue les mentionne explicitement. On lit :

La boulangerie [...]. Dans un four, on découvrira les restes calcinés de cinq personnes : le père, la mère et les trois enfants [...] (18)

Plus prudents, MM. Pauchou et Masfrand se contentent d'écrire : Le four tragique de la boulangerie Bouchoule ». F. Delage note simplement : Boulangerie Bouchoule » ; P. Poitevin intitule le cliché : Aspect de la boulangerie Bouchoule » ; quant à la légende publiée dans l'ouvrage intitulé Oradour-sur-Glane, elle porte : La Boulangerie Bouchoule (le four) ».

Enfin, remarquons qu'en 1953, au Tribunal de Bordeaux, jamais cette affaire ne fut évoquée. S'adressant à l'ancien SS Georges Boos qui affirmait ne pas avoir été devant la boulangerie, le président du tribunal s'écria :

Vous savez bien ce qui vous gêne [...]. Vous savez que dans cette boulangerie il y avait un étouffoir et que dans cet étouffoir on a mis le cadavre d'un petit enfant ! Vous préférez aujourd'hui avoir été le plus loin possible de ce lieu. (19)

L'oubli dans lequel sombrèrent les restes découverts dans le four de la boulangerie nous paraît suspect. Si vraiment ceux-ci avaient appartenu à cinq membres d'une même famille massacrée par les SS, le président du tribunal n'aurait pas perdu cette occasion de le rappeler.

Venons-en maintenant à l'affaire de l'étouffoir.

Celle-ci fut exploitée dès 1944 par la propagande française. Dans son ouvrage, P. Poitevin évoqua : la vision tragique d'un corps carbonisé dans l'étouffoir d'un boulanger ». (20)

Dans son rapport rédigé après la tragédie, Mademoiselle Lacoste (aujourd'hui M me Vignerie), qui avait participé aux travaux de secours à Oradour, écrivit :

Pendant huit jours, nous devions travailler avec ces volontaires, vivant au milieu des morts déjà en décomposition. Parmi tous ceux-ci, je me souviens [...] de vous surtout, petit mitron peut-être, que les SS, ô comble de cruauté, avaient fait brûler dans un étouffoir de braises . (21)

Plus sobre, le docteur Bapt se contenta d'écrire : Boulangerie Bouchoule [...]. Un cadavre dans l'étouffoir ». (22)

Mais le témoignage le plus précis vint de MM. Masfrand et Pauchou qui déclarèrent avoir constaté:

à proximité du four de ce boulanger [M. Bouchoule] l'existence d'un étouffoir, encore à moitié rempli de charbon, dans lequel on a découvert des ossements humains (vertèbres lombaires) en état de carbonisation avancée. (23)

S'agissait-il vraiment des restes d'un enfant ? Le président du Tribunal de Bordeaux et M me Vignerie-Lacoste n'en doutent pas. En 1996, toutefois, cette dernière déclara :

Ne peux que supposer [qu'il se soit agi] de restes humains car sur l'instant nous avions beaucoup à faire et l'émotion allait augmentant au fur et à mesure des macabres découvertes (24).

Par conséquent, la certitude affichée par M me Vignerie-Lacoste en 1944 ne peut plus être considérée comme un indice probant.

De plus, il convient de noter les divergences dans l'identification des restes. Dans son ouvrage, F. Delage publie un cliché qu'il intitule : Étouffoir à braises où a été retrouvé un corps de femme carbonisé ». (25) En 1953, enfin, à Bordeaux, le commissaire Petit déclara :

C'était quelque chose de rabougri, de méconnaissable, calciné. Femme ou enfant ? Je ne sais pas. (26)

Le lecteur notera ici l'incohérence du propos. En effet, si M. Petit qualifie les restes de chose méconnaissable », comment peut-il rejeter a priori la possibilité qu' ils proviennent d'un homme ? De quel droit ?

Remarquons que l'affaire de l'étouffoir donne lieu à bien des tromperies. C'est ainsi que trois clichés de l'objet ont été publiés dans trois ouvrages différents : Oradour-sur-Glane... (pp. 65 et 121), Dans l'Enfer... (quatrième photographie, entre les pages 48 et 49) et Ville Martyre... (planche n· XII, entre les pages 44 et 45). Or, une étude rapide de ces photographies montre que l'étouffoir présenté dans le premier n'est pas identique à ceux visibles dans les deux derniers (voy. notamment la soudure inférieure et les poignées du couvercle). Dans les deux derniers, le corps de l'étouffoir semble être identique, mais le couvercle est différent (la poignée cassée dans l'un est intacte dans l'autre). Chacun semble donc avoir photographié un étouffoir différent (27) (figures 36, 37 et 38).

Ces falsifications, ces silences et ces incohérences sont significatifs. Si, vraiment, l'affaire des restes humains découverts dans la boulangerie avait été claire, gageons que les autorités françaises nous auraient montré ces restes comme elles nous montrent avec complaisance les ossements divers réunis au cours des travaux de déblaiement de l'église » (voy. Vision d'épouvante..., cliché p. 81 ; ces ossements sont aujourd'hui exposés dans le cimetière d'Oradour, entreposés dans deux boîtes fermées par un couvercle transparent). Aujourd'hui, ainsi, on peut se demander si le magasin de M. Bouchoule ne recelait pas, en réalité, des corps de soldats allemands et des objets leur ayant appartenu. Dans son deuxième ouvrage, d'ailleurs, H. Taege écrit :

Depuis quatre décennies, la rumeur prétend que Kämpfe est mort à Oradour dans le four de la Boulangerie Bouchoule. Des indices parlent plus pour que contre. (28)

On pourra répondre que, le 10 juin 1944 au soir, Diekmann admit qu'il n'avait pas retrouvé l'officier disparu dans Oradour. C'est exact. La vérité sur cette affaire pourrait cependant être connue si, enfin, les autorités françaises et allemandes consentaient à ouvrir leurs archives et si les anciens protagonistes du drame rompaient la loi du silence.

Mais ce n'est pas tout.

Les cadavres jetés dans le puits Picat

Aujourd'hui, le touriste qui visite Oradour peut apercevoir, dans une cour de ferme (la ferme de Lauze), un puits comblé. Sur une plaque, on lit : Ici des habitants furent enfouis. Recueillez-vous ». C'est le puits tragique » (figure 40). D'après la version officielle, les SS y auraient jeté des habitants du village. P. Poitevin, par exemple, publie un cliché du puits sous lequel on peut lire :

Le puits de la ferme Picat où furent précipitées des victimes [...] (29) .

Selon les auteurs de l'ouvrage intitulé Oradour-sur-Glane... :

Il a été impossible de se rendre compte si les infortunées victimes avaient péri à la suite de la fusillade ou si elles avaient été précipitées (30) vivantes comme certa ins l'ont prétendu. Ce qui est certain, c'est qu'on n'a retrouvé à proximité aucune douille, ni aucune trace de balle. (31)

Depuis 1944, les autorités françaises prétendent qu'il fut impossible d'extraire les cadavres du puits. En guise d'explication, elles prétendent que les corps étaient dans un état de décomposition trop avancé. MM. Pauchou et Masfrand, par exemple, écrivent :

[Les cadavres] étaient tellement décomposés qu'on n'a pu effectuer aucune identification et qu'on s'est vu dans l'obligation de les laisser sur place. (32)

En 1996, dans une lettre à V. Reynouard, M me Massaloux-Dumay a déclaré :

On a essayé de les sortir mais [les cadavres étant] en putréfaction c'était impossible [...].

Cette raison n'est pas crédible. En effet, nous savons que les premiers secours arrivèrent à Oradour le 13 juin (33) et que dès le 14, soit quatre jours après la tragédie, les docteurs Bapt et Benech se rendirent sur les lieux accompagnés d'une vingtaine de secouristes appartenant à des équipes d'urgence de la Croix-Rouge » (34) . Or, l'eau d'un puits est à environ 12 ·C. Plongé dans un tel milieu, un cadavre pourrit beaucoup moins rapidement que s'il restait exposé à l'air libre au soleil de juin. Par conséquent, à supposer que les corps aient été ceux de civils massacrés le 10 juin, ceux-ci n'auraient nullement eu le temps, en 96 heures, de se décomposer au point de ne pouvoir être ni identifiés, ni même retirés.

En 1996, d'ailleurs, l'abbé P. Schneider a écrit :

Au puits Picat avec mon équipe nous avons essayé de remonter des corps, nous en avons remonté en partie au moins deux [...]. (35)

De son côté, M me Vignerie-Lacoste a précisé :

J'ai vu les cadavres sortis du puits. (36)

Ces propos confirment le rapport de l'inspecteur chargé, en juin 1944, d'enquêter sur le drame, qui avait mentionné :

le cadavre d'une réfugiée [trouvé] dans un puits de la ferme Picat. (36a)

Les termes utilisés sont clairs : des cadavres ont pu être extraits du puits. Par conséquent, la thèse officielle répétée depuis cinquante ans se révèle fausse. De façon évidente, les autorités ont tout fait pour cacher ces corps. Dans son rapport, d'ailleurs, le docteur Bapt précise que :

une dizaine de seaux de chlorure de chaux (à défaut de chaux vive qui eût été préférable) ont été jetés dans le puits qui a été ensuite comblé . (37)

Cet empressement, très suspect, à brûler les corps et à combler le puits vient renforcer nos convictions, à savoir : que les cadavres ou certains d'entre eux n'étaient nullement ceux d'habitants d'Oradour-sur-Glane, mais ceux de soldats alle-mands ou de collaborateurs français qui, bien avant le 10 juin (d'où leur état de décomposition pour certains) (38) , avaient été tués par les maquisards de la région.

Dès lors, on comprend la gêne des autorités françaises. En effet, la présence de ces corps menaçait d'anéantir la thèse selon laquelle Oradour était un petit village tranquille. Il fallait donc les faire disparaître le plus vite possible, ce qui fut fait dès l'arrivée des secours.

Remarquons, d'ailleurs, que les SS ont toujours affirmé avoir retrouvé des cadavres de soldats allemands dans le bourg. Dès le 10 juin 1944 au soir, Diekmann, dans son rapport, déclara que :

l'occupation de la localité [n'avait pas fait] découvrir Kämpfe. Par contre, il [avait] trouv[é] plusieurs soldats allemands assassinés [...] . (39)

Six jours après, dans son Journal, le général Gleiniger écrivit :

Lors d'une conversation le 12 juin 44, un bruit serait venu à la connaissance du préfet régional, selon lequel l'officier payeur Plewe [en réalité Plehwe], de l'hôpital de campagne de L'Isle-Jourdain, aurait été fusillé par des partisans [...] et transporté à Oradour. (40)

Citons également le général von Brodowsky. Dans son journal, celui-ci écrivit qu'à Oradour ses soldats avaient découvert des traces de mauvais traitements ». (41)

Voilà pourquoi nous demeurons persuadés que Diekmann emmena le maire d'Oradour, le docteur P. Desourteaux, non à la mairie comme on le prétend, mais ailleurs (à la boulangerie Bouchoule et à la ferme de Lauze où se trouvait le puits), afin de le confronter aux pièces à conviction : restes humains et objets ayant appartenu à des militaires allemands découverts par les SS.

Notons d'ailleurs que, outre les arguments déjà exposés, la conduite du maire renforce notre conviction.

Le maire se désigne lui-même avec ses quatre fils comme otages

Aujourd'hui, nous savons qu'à Oradour les SS demandèrent des otages au maire qui refusa d'obtempérer.

En 1944, un rescapé, J. Darthout, raconta que cet événement s'était déroulé en trois temps. Tout d'abord, le maire fut sommé de désigner trente otages ». (42) Face à son refus, il fut conduit quelques instants » à la mairie (d'après notre hypothèse, comprenez : dix minutes à la boulangerie Bouchoule et/ou à la ferme de Lauze). Puis, après être revenu sur le lieu du rassemblement, il se désigna lui-même, ajoutant que s'il en fa[llait] davantage, on n'a[vait] qu'à arrêter sa famille » (Id.). (43)

Cette version fait naître une question : comment expliquer que le maire, qui avait d'abord refusé de désigner un seul otage, ait subitement accepté de s'offrir, en compagnie de ses quatre fils ? Pour qui admet nos conclusions, la réponse est immédiate : lorsqu'il vit le spectacle à la boulangerie Bouchoule et/ou à la ferme de Lauze, P. Desourteaux comprit que, désormais, les SS savaient. Dès lors, conscient de la gravité de la situation, il n'hésita pas à se sacrifier, ainsi que ses quatre fils, pour tenter de sauver la population dont il avait la responsabilité.

D'après la version officielle, le refus du maire de désigner quiconque, excepté lui et sa famille, aurait clos la question des otages, les SS ayant préféré ne pas insister. (44) En 1953, par exemple, C. Broussaudier déclara : Mais ce n'était point cela [= les otages] qu'on [= les SS] cherchait » (45)

P. Poitevin renchérit en prétendant que : par sa noble et courageuse attitude, le maire avait déjoué la basse manoeuvre d'intimidation et de dénonciation. » (46)

Ce n'est pas exact.

Selon J. Delarue, après que le maire se fut désigné en compagnie de sa famille :

Diekmann se mit à rire :

-- Beaucoup de charges ! dit-il, beaucoup de charges ! (47)

P. Zind décrit un épisode semblable :

De retour sur le Champ de Foire et conscient de la gravité de la situation, le maire s'offrit généreusement comme otage ; si sa personne ne suffisait point, il offrait aussi ses quatre fils [...]. Diekmann lui ricana qu'il y avait trop de charges contre la commune pour que cinq otages fissent l'affaire. (48)

C'est clair : Diekmann refusa l'offre du maire au motif que, selon lui, cinq otages ne pouvaient suffire dans la situation présente. Cette réaction ne saurait nous surprendre.

En effet, nous avons vu que, avant le départ de la troupe pour Oradour, Stadler avait donné des ordres selon lesquels :

Si on ne trouvait pas Kämpfe, [il fallait] faire de nombreux prisonniers [souligné par nous], si possible des chefs de maquis, et en avoir assez pour permettre une nouvelle possibilité d'échange. (49)

Le spectacle de la boulangerie Bouchoule et de la ferme de Lauze avait très probablement convaincu Diekmann que Kämpfe, s'il avait été emmené à Oradour, ne pouvait plus être retrouvé vivant. Désormais, seul un espoir subsistait : le fait que l'officier ait pu être emmené ailleurs qu'à Oradour. Dans ce cas, il fallait se préparer à l'échanger contre des otages. Or, un maire (désigné par Vichy!) en compagnie de ses quatre fils ne pouvait nullement être considéré comme une monnaie d'échange.

Le fait que Diekmann n'ait pas lui-même choisi des otages ne saurait, non plus, nous surprendre. En effet, il fallait, pour que la négociation puisse s'engager, offrir non de simples civils, mais des chefs du maquis. Or, comment Diekmann aurait-il pu les distinguer parmi les deux cents hommes qui se tenaient face à lui ? Pour le gradé SS, il ne pouvait être question de ramener à son supérieur trente citoyens ordinaires...

Les hommes dans les granges

Face au refus du maire, Diekmann fit demander aux hommes s'ils connaissaient l'existence de dépôts d'armes clandestins dans le village. (50) N'ayant reçu aucune réponse, (51) il ordonna la séparation des prisonniers en six groupes et leur conduite vers six granges ou garages : les granges Bouchoule, Milord et Laudy, le garage Desourteaux, la remise Beaulieu et le chai Denis.

Chaque groupe était gardé par plusieurs soldats armés. Devant la grange Laudy, par exemple, les SS avaient disposé deux mitrailleuses derrière lesquelles deux d'entre eux s'étaient allongés, prêts à tirer, alors que deux autres se tenaient à côté, des bandes de balles autour du cou ». (52) Ces quatre soldats étaient accompagnés d'un supérieur qui, selon Hébras, ne lâchait pas [les hommes] des yeux » (Id.). Bien que nous n'ayons pas de témoignages concernant les autres granges, nous pouvons supposer que, là aussi, les prisonniers étaient semblablement gardés.

Découverte de dépôts d'armes

Le prétendu pillage du village

Pendant que ces hommes attendaient, des SS fouillaient les maisons.

Selon la version officielle de l'histoire, ces perquisitions furent organisées non pour retrouver Kämpfe (ou, à défaut, des dépôts de munitions), mais pour voler et emporter tout ce qui était possible. P. Poitevin écrit : en fait d'investigations domiciliaires, la soldatesque commençait à se livrer au pillage ». (53)

Dans l'ouvrage intitulé Oradour-sur-Glane..., on lit :

Ces massacres collectifs n'étaient que le début d'une opération méthodique d'anéantis-sement : le pillage et l'incendie devaient achever cette oeuvre de destruction.

Le pillage semble avoir commencé pendant l'heure de battement qui s'écoula entre la fin du rassemblement et les exécutions en masse, alors que le groupe des hommes attendait sur le Champ de Foire. Les Allemands visitèrent soigneusement chaque maison, emportant tout ce qui pouvait s'emporter : argent, linge, provisions, objets précieux. Le village étant riche, les camions se remplirent. Après quoi, on brisait les meubles, en attendant d'y mettre le feu [...]. (54)

Les auteurs s'appuient notamment sur le témoignage de Martial Brissaud qui, âgé de dix- sept ans le jour du drame, était resté caché chez lui. Ce dernier aurait déclaré :

Chez moi, je perçus le bruit de meubles brisés. Des soldats fouillaient les pièces, éven-traient les armoires et les buffets. Quand ils sortirent, je les ai entrevus emportant des ballots confectionnés dans des draps et contenant, à n'en point douter, du linge, de l'argenterie, des bijoux et tout le butin qui avait pu les intéresser. (55)

En 1945, un ancien SS d'Oradour, A. Lohner, affirma :

Deux jours durant, nous avons cantonné à Nieul et vécu en somme des produits provenant d'Oradour [...]. Les produits se composaient de saucisses, lard, rôtis froids ; il y avait un peu de tout, raflé dans les habitations. Ceux qui ne possédaient rien ont été nourris par leurs camarades. J'ai même constaté que Binder, un SS de 2ème classe, avait son portefeuille garni de billets de 1 000 francs. Il en a même donné à l'un de ses camarades. Je pense qu'il avait volé cet argent, car on n'avait le droit de posséder que 35 RM en tout et pour tout par mois [...].

Plus tard, je me suis rendu compte que beaucoup d'Allemands de notre compagnie possédaient de fortes sommes d'argent sur eux et ils se livraient à des dépenses et fêtaient après notre départ de Nieul. Beaucoup fumaient de grosses quantités de cigarettes Gauloises qui ne pouvaient provenir que des vols commis à Oradour. Cela m'a permis de conclure que, si ces Allemands avaient montré une telle ardeur pour pénétrer à l'intérieur des habitations, c'était pour voler surtout. (56)

Des SS réfutent la thèse du pillage

Pour le lecteur peu soucieux de vérification, ces paroles ne laissent subsister aucun doute : les SS brisaient et pillaient.

Trois faits, pourtant, doivent nous tenir en éveil. Tout d'abord, notons que, le soir du 10 juin, une grande partie des SS cantonnèrent à Nieul, non loin d'Oradour. Or, si les habitants de cette petite ville s'accordent pour affirmer que les soldats emmenaient avec eux des volailles et des bouteilles de vin probablement récupérées dans le village détruit, aucun témoignage n'évoque du linge, de l'argenterie et des bijoux. (57) Seul M. Michot déclara avoir vu un SS [...] réparti[r] entre ses camarades [...] des billets de banque qu'il retirait de deux vastes cantines » (Ibid., p. 108). Remarquons, cependant, que le 10 juin était le jour de paie de la solde décadaire aux troupes (Löhnungsappel). (58) De leur côté, les autorités évoquent le coffre-fort de la maison Dupic qui fut retrouvé vide (Ibid., p. 86). Tout cela est bien maigre pour étayer l'accusation de pillage de la part de l'armée occupante mais sans doute fallait-il désigner un coupable pour les nombreux vols et exactions commis dans la région, en cette période révolutionnaire.

Quant au témoignage d'A. Lohner, il est en contradiction avec celui d'un deuxième SS qui, lui aussi pourtant, parla de pillage. En 1947, ce dernier déclara :

tout le peloton du chef de la compagnie visitait les maisons et en sortait des ustensiles qui, comme je l'appris plus tard, étaient destinés aux officiers. Parmi ces ustensiles se trouvaient des objets de valeur, mais je voudrais faire remarquer que seuls les officiers profitaient de ce pillage et que les hommes n'en reçurent pas le moindre objet. (59)

Les termes utilisés sont clairs : les fruits du (prétendu) pillage devaient revenir aux officiers. Bien que l'accusation fût invraisemblable dans une armée réputée pour son ordre et sa discipline, il ne fallait pas se gêner puisque les officiers n'étaient pas cités à comparaître. Mais si, malgré tout, cette accusation était fondée, comment croire que

ces derniers aient laissé de simples soldats enfreindre les ordres et se promener, leur portefeuille rempli de billets volés ?

En réalité, si l'on excepte MM. Lohner et Boos, aucun des SS interrogés (et dont nous avons pu consulter le procès-verbal d'interrogatoire, n'a parlé de pillage. Bien au contraire, le grande majorité d'entre eux déclara que les pillages avaient été interdits par les gradés et que cette directive fut respectée. En 1944, ainsi, L. H_hlinger déclara :

Je n'ai pas eu connaissance qu'à l'occasion du massacre d'Oradour des vols aient été commis par les militaires. Un Allemand m'a affirmé, au cours d'une conversation, que des consignes leur avaient été données à ce sujet. Il était interdit de prendre quoi que ce soit sous la menace d'être fusillé. Je n'ai même pas connaissance que des voitures aient été enlevées à Oradour. A Nieul, je n'ai touché ni vu payer aucun argent. (60)

Citons également :

- Paul Graff :

Pendant le massacre d'Oradour, je n'ai pas constaté qu'il ait été commis de pillages. (61)

- Busch :

Pendant le massacre [...] je n'ai vu personne piller, le capitaine Kahn l'avait défendu. (62)

- J.-P. Elsaesser :

Je me rappelle que dans un des tiroirs du bureau [d'une maison visitée] il y avait des liasses de billets de banque que l'un des SS allemands a voulu dérober, mais [le supérieur] Laubert, survenu à ce moment, l'en a empêché. (63)


Des années plus tard, un ancien incorporé de force alsacien, C. B., qui n'était pas à Oradour le 10 juin 1944, mit également en doute la thèse du pillage. Dans une lettre à V. Reynouard en date du 15 décembre 1996, il écrit :

En ce qui concerne le pillage, nous avions dans notre livret militaire allemand des consignes formelles nous interdisant le pillage sous peine de sanctions devant un tribunal militaire. Cet acte était donc passible de graves sanctions. Alors je ne crois pas un mot des pillages d'Oradour-sur-Glane : linges etc. C'est un grossier mensonge. [...] d'autant plus que nous montions assez vite vers la Normandie. A quoi auraient pu nous servir des draps, du linge etc. ? [...] Non, le pillage à Oradour est absolument faux.

Remarquons d'ailleurs que, selon MM. Pauchou et Masfrand :

On a trouvé, tant dans l'église que dans les granges, une importante quantité de bijoux comprenant une série importante de bagues et d'alliances, dont la plupart sont en or [...]. L'inventaire que nous avons fait de ces tristes reliques comporte une assez grande quantité de pièces de monnaie parmi lesquelles une forte proportion de pièces en argent [Ibid., p. 102].

Cette constatation rend bien fragile la thèse du pillage.

Si les SS ne pillaient pas, que cherchaient-ils ?

En 1994, M. Brissaud apporta, consciemment ou non, un début de réponse. Au cours d'une conversation avec V. Reynouard, il déclara que, le 10 juin 1944, une dizaine d'Allemands avaient pénétré chez lui, qu'ils criaient comme des fous » et qu'ils brisèrent tout au rez-de-chaussée. Il ajouta enfin que même les cuisinières [avaient été] déplacées ». V. Reynouard lui demanda alors pourquoi, selon lui, les SS s'étaient acharnés à déplacer de lourdes cuisinières. Son interlocuteur lui répondit : Peut-être cherchaient-ils quelque chose ».

Nous remercions M. Brissaud de sa franchise. Toutefois, le Peut-être » nous semble superfétatoire. En effet, les cuisinières de l'époque étaient en fonte, volumi-neuses, très lourdes et difficiles à déplacer. C'était donc l'objet idéal pour masquer une cache. En 1990, d'ailleurs, un autre rescapé, Maurice Beaubreuil, confia à V. Reynouard que, le 10 juin 1944, il s'était dissimulé dans une cache à laquelle on accédait par une trappe qui était située sous une ancienne cuisinière à gaz.

Naturellement, certains pourront répondre qu'en déplaçant de tels objets les SS désiraient uniquement découvrir de l'argent caché. C'est possible, mais notons que M. Brissaud lui-même n'a pas évoqué cette éventualité devant V. Reynouard. Il a simplement déclaré Peut-être cherchaient-ils quelque chose ? » ; preuve qu'il ne s'agissait pas, à coup sûr, d'argent. En outre, supposons que les caches aménagées sous les cuisinières aient uniquement servi à protéger des valeurs ; pourquoi, alors, occulter le fait que les SS aient déplacé ces objets ménagers ? Pourquoi n'avoir jamais révélé ce que M. Brissaud a déclaré devant V. Reynouard ? Ces silences trahissent la mauvaise conscience de témoins sans doute liés par un lourd secret.

Selon nous, les SS, qui étaient habitués à la lutte contre le maquis, connaissaient les principales caches habituellement aménagées dans les maisons. Dès lors, le fait qu'ils aient déplacé les cuisinières laisse supposer qu'ils cherchaient non des objets précieux, mais des armes.

Remarquons d'ailleurs que, de l'aveu même de R. Hébras, les Allemands déclarèrent aux hommes d'Oradour :

A Oradour, nous savons qu'il y a un dépôt d'armes ; nous allons perquisitionner et les personnes non concernées seront aussitôt remises en liberté. (64)

Pour les tenants de la version officielle, cependant, la théorie des pillages est utile ; elle occulte le véritable but de la mission des SS et convainc le lecteur moyen que les Allemands se livraient à une opération à base de meurtre, de pillage et de destruction, telle qu'il était d'usage courant de mettre à leur actif.

Les SS trouvent des dépôts d'armes

Quel fut le résultat de ces perquisitions ? Selon les autorités françaises, aucun dépôt d'armes ne put être retrouvé puisque le village était parfaitement tranquille. Dès 1944, ainsi, un rapport de gendarmerie déclara : Les habitations et immeubles divers du bourg furent visités et fouillés sans résultat [...]. (65)

Dans son ouvrage, A. Hyvernaud évoque le procès qui se déroula en 1983, à Berlin-Est, contre l'ancien SS Heinz Barth. L'auteur écrit :

Devant le tribunal, Barth reconnut que l'on n'avait pas trouvé d'armes ou de munitions à Oradour, ni pendant ni après la perquisition [...]. (66)

L'aveu du condamné pourra impressionner le néophyte. Mais rappelons-lui le délai de quarante ans qui sépare les faits du procès à sensation mené en pays commu-niste. Cette procédure visait à répondre à H. Taege qui avait fait paraître son premier livre sur Oradour. H. Barth, vieillard invalide (il avait une jambe de bois), répéta docilement ce qu'on lui avait commandé de dire. La National-Zeitung, d'ailleurs, ne s'y trompa guère. Dans sa livraison du 17 juin 1983, on lit : Comment on brise les gens, les sbires de Honecker ne le savent que trop bien. »

En 1995, un des témoins à charge à ce procès, R. Hébras, avoua que, lors des audiences, H. Barth pensait plus à sa famille qu'à nous ». (67) Il serait intéressant de connaître les pressions qu'avait subies l'accusé.

Quoi qu'il en soit, le procès d'H. Barth ne fut nullement équitable. Depuis 1991, d'ailleurs (après la réunification allemande), l'ancien SS, qui s'est pourvu en cassation, réclame sa révision. (68) Voilà pourquoi ses aveux » lors des audiences nous paraissent sans valeur.

Revenons aux perquisitions. La thèse française selon laquelle les fouilles n'eurent aucun résultat n'est pas acceptée par les Allemands. Dans son rapport du 10 juin 1944, Diekmann déclara que :

La fouille des maisons [avait] perm[is] la saisie de nombreuses armes et de munitions [...]. (69)

En janvier 1945, le juge militaire allemand D. Okrent affirma, après enquête, qu' une quantité d'armes considérable [avait été] saisie lors de la fouille des maisons ». (70)

Huit ans plus tard, à Bordeaux, un témoin, Jean Courivaud, déclara que, le 10 juin au soir, il avait parlé à un SS qui lui avait répondu :

Un officier allemand a été tué, un dépôt d'armes a été découvert, les gens d'Oradour tous kaput. (71)

Lors de la même audience, Mademoiselle Senon affirma que, toujours le 10 juin au soir, un groupe de SS montra des grenades » à des civils français qui désiraient se rendre à Oradour :

voulant [ainsi] leur faire comprendre qu'on en avait trouvé partout, dans chaque maison. (72)

Dans son ouvrage, P. Poitevin rapporte les propos de Louise Compain selon laquelle un SS aurait déclaré, quelques heures après la tragédie :

Nous trouver des armes et des munitions. Alors faire tout sauter, tout flamber. Écoutez les explosions !... (73)

Ces explosions, le juge D. Okrent en parla explicitement dans son rapport du 4 janvier 1945 où l'on peut lire :

[...] le feu fut mis au village. Il s'ensuivit dans presque toutes les maisons des détonations provenant des munitions détenues en secret. Les détonations furent si fortes que le commandant en chef dut retirer ses hommes pour leur sécurité.

Les révélations issues des photographies

On objectera qu'il s'agit ici de propos tenus par les SS pour justifier leur action. Cet argument n'est cependant pas recevable ; pour s'en convaincre, il suffit d'examiner les photographies du village martyr prises après la tragédie. En 1994, V. Reynouard présenta à un pompier de la ville de Caen plusieurs de ces clichés. Celui-ci, ignorant de quel village il s'agissait, déclara (en substance): Ces photographies montrent un village qui a subi un bombardement. C'est un cas typique d'architecture après explosion ». Afin de justifier ses conclusions, l'homme s'appuya sur le fait suivant : aucune trace de suie n'est visible sur la plupart des cheminées des maisons dont le toit est détruit. Or, dit-il, un incendie de toiture laisse des marques très visibles sur les conduits extérieurs des cheminées.

Munie de cette nouvelle connaissance, l'équipe de l'ANEC choisit d'étudier à nouveau toutes les photographies du village prises peu après la tragédie. Elle découvrit que seuls deux clichés montrent, de façon indéniable, des traces de suie sur les conduits extérieurs des cheminées. Le premier représente la poste qui, si l'on en juge par le noir de fumée visible sur les murs, a brûlé. (74) Le second montre plusieurs maisons détruites sur le Champ de Foire. Quatre cheminées sont visibles sur lesquelles on distingue nettement de la suie. (75) L'incendie est ici manifeste car ces hautes cheminées se seraient

effondrées en cas d'explosion. En revanche, tous les autres clichés ne laissent entrevoir aucune trace de suie. Le lecteur se reportera notamment à la page 8 de l'ouvrage intitulé : Oradour-sur-Glane. On y voit plusieurs maisons détruites dont les cheminées, quand elles sont visibles, se révèlent immaculées. Le lecteur notera que le mur de la maison centrale est éventré, conséquence sans doute d'une violente explosion. Bien d'autres photographies semblables ont été publiées dans divers documents. (76) En 1996, un pompier honfleurais interrogé par V. Reynouard confirma que certaines maisons à Oradour avaient été détruites non par le feu, mais par le souffle. Dans un article en langue anglaise, d'ailleurs, nous découvrons que, dès le début des années quatre-vingt, des auteurs avaient écrit :

L'étendue de la destruction (c.à d. les bâtiments en pierre réduits à l'état de décombres) a uniquement pu être causée par des munitions lourdes ou hautement explosives. La troisième compagnie D[er] F[ührer] n'en avait pas ! Les partisans, toutefois, possédaient les explosifs appropriés dans les dépôts secrets à Oradour-sur-Glane. (77)

Dès lors, la conclusion s'impose : de nombreuses maisons à Oradour ont été détruites non par un incendie, mais par des explosions de très forte intensité. Par conséquent, nous avons la certitude que les SS découvrirent là des dépôts d'explosifs qu'ils firent sauter. Un incendie général s'ensuivit qui se propagea aux maisons où rien n'avait été découvert.

L'inquiétude de la population

Les auteurs actuels occultent l'inquiétude de la population

D'après la version officielle de l'histoire, Oradour était, répétons-le, un village tranquille peuplé d'habitants paisibles. C'est ainsi qu'aujourd'hui on prétend que, excepté quelques réfractaires au STO, prisonniers évadés ou juifs réfugiés, personne, dans le village, ne s'inquiéta lorsque les SS rabattirent les habitants sur le Champ de Foire.

Dans sa brochure parue en 1992, R. Hébras écrit :

[Sur le Champ de Foire] on parlait peu, bien que personne ne fût réellement inquiet. Les Allemands savaient nous répéter qu'il ne s'agissait que d'un simple contrôle [Le drame..., p. 14].

[...] les conversations allaient toujours leur train. Nous devions être au moins six cents sur le Champ de Foire [...]. C'est à ce moment-là que j'aperçus mes camarades de foot. Je me suis frayé un chemin parmi la foule pour les rejoindre et, sans attendre, nous avons entrepris une conversation sur le match que nous allions disputer le lendemain car l'équipe adverse risquait de nous donner du fil à retordre [p. 15].

Malgré ce déploiement de forces impressionnant, personne ne s'inquiétait [p. 16].

[Lorsque les femmes et les enfants furent séparés des hommes] Ma mère esquissa [à mon adresse] un semblant de sourire et, dans ses yeux que je n'oublierai jamais, j'ai lu de la pitié, de la révolte, de la peur [...].

[Chez les hommes] Les conversations allaient toujours bon train car rien dans leur attitude [celle des SS] ne laissait percevoir un danger quelconque pour nos vies [p. 17].

De son côté, A. Hyvernaud écrit :

les habitants, sachant que leur village ne recelait aucun maquis, n'avaient aucune conscience du danger qui les menaçait. (78)

Une population inquiète

Ces affirmations sont cependant contredites par plusieurs témoignages. Durant l'instruction du procès de Bordeaux, un ancien SS, A. Lohner, affirma que, revenu place du Champ de Foire, il vit les habitants rassemblés : ils avaient l'air inquiet ». (79) En 1994, Paul Doutre déclara à V. Reynouard que, sur le Champ de Foire, il avait vu des hommes et des femmes pleurer. Quatre ans plus tôt, R. Hébras lui-même tint des propos semblables, affirmant que des femmes pleuraient sur le lieu de rassemblement. Mais le témoignage le plus catégorique émane de J. Darthout. En 1944, celui-ci déclara :

Tous les habitants d'Oradour furent bientôt rassemblés sur la grande place du village. Ce sont des femmes en pleurs, d'autres plus courageuses ou confiantes [...].

Quand toute la population eut été réunie, les Allemands la divisèrent en deux groupes, l'un composé des femmes et des enfants, l'autre des hommes.

Le premier [...] fut [...] conduit à l'église. Pendant qu'il partait, les Allemands nous ont ordonné de faire face au mur [...].

Je risque alors un coup d'_il derrière moi, malgré l'ordre reçu, et je vois le groupe de nos mères et de nos compagnes qui s'éloigne lamentablement. Ce sont des femmes qui pleurent, d'autres qui s'évanouissent. Elles se soutiennent entre elles. J'aperçois... pour la dernière fois ma femme qui, en larmes, disparaît avec les autres au tournant de la rue. (80)

La description ne nécessiteaucun commentaire : l'immense majorité des femmes d'Oradour affichait ouvertement son désespoir et on conçoit mal une telle réaction de la part de personnes sans reproche. Certaines femmes savaient que des crimes avaient été commis et que les SS n'étaient pas venus là uniquement pour contrôler les identités.

Rappelons d'ailleurs que, dans son récit, Gerlach avait parlé de femmes en veste de cuir jaune et casquées ». Dans le groupe qui partait vers l'église, il y avait donc certainement des résistantes. Ces dernières, qui connaissaient les exactions des maquis aux alentours d'Oradour, avaient raison de prévoir le pire.

Il faut encore ajouter au dossier le témoignage d'un ancien Waffen-SS allemand présent à Oradour le 10 juin tragique, selon lequel, sur la place du Champ de Foire, certains habitants du village se seraient accusés mutuellement de crimes contre l'occupant. (81)

Naturellement, on nous répondra que, si certains éléments peuvent suggérer que des maquisards seraient passés à Oradour-sur-Glane, rien, dans ce que nous avons écrit, ne vient prouver formellement que des résistants habitaient dans le village. C'est exact. Aussi allons-nous maintenant prouver que des combattants de l'ombre vivaient bel et bien dans Oradour même.

 

NOTES

1 Voy. l'ouvrage de P. Poitevin et l'article de J. Delarue. On y chercherait vainement une mention relative à cet entretien.

2 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 32. : On le conduit à la mairie où il reste quelques instants ; puis il revient vers le lieu du rassemblement [...] ».

3 Voy. Le drame..., p. 17.

4 Voy. Petite histoire ..., pp. 43-45.

5 Voy. Nouvelle Voix, n· 64, p. 5, col. B.

6 Voy. Nouvelle Voix, n· 64, p. 5, col. B.

7 Voy. La Marseillaise du Centre, 11 juin 1945, déjà cité, p. 1.

8 Voy. Le Monde, 31 janvier 1953, p. 5, col. E.

9 Voy. Vision d'épouvante..., pp. 122 et suivantes.

10 Voy. Tulle et Oradour..., p. 6 ( Axe B : Caussade - Cahors - Brive - Limoges »), la carte p. 11 (la ville de Pierre-Buffière apparaît) ainsi que pp. 8 et 10 (on y découvre les éléments qui devaient emprunter l'Axe B).

11 Comme il est hors de question que ce SS se soit trouvé à Oradour le 2 juin, la logique nous porte à croire que cette carte fut dérobée sur un soldat mort, peu après la date qu'elle porte mais ailleurs qu'à Oradour.

12 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 109.

13 Voy. Les Huns..., p. 79, texte émanant des Mouvements Unis de Résistance - Combat, Franc-Tireur, Libération, CGT, Parti Socialiste, Armée Secrète et intitulé : Les Huns sont passés par là ». Voy. aussi Oradour-sur-Glane..., p. 59.

14 Voy. Ouest-France, 21 janvier 1953, p. 3, col. A. Voy. aussi Le Monde, 22 janvier 1953, p. 5, col. B.

15 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 67.

16 Le rapport rédigé à l'époque des faits par Suzanne Vignerie a été publié par P. Poitevin (voy. Dans l'Enfer..., pp. 178-180 ; Suzanne Vignerie s'appelait alors M lle Lacoste).

17 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 65 ; Dans l'Enfer..., sixième photographie, entre les pages 32 et 33 ; Ville Martyre..., planche XII, entre les pages 44 et 45. Vision d'épouvante..., p. 73 ; Oradour, Tulle..., p. 1825.

18 Voy. Oradour, Tulle..., p. 1825.

19 Voy. Le Monde, 22 janvier 1953, p. 5, col. B.

20 Voy. Dans l'Enfer..., p. 79.

21 Ibid., pp. 179-180.

22 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 67. Voy. aussi Dans l'Enfer..., p. 149.

23 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 59.

24 Lettre à Vincent Reynouard en date du 9 avril 1996.

25 Voy. Ville Martyre..., planche XII, entre les pages 44 et 45.

26 Voy. Le Monde, 30 janvier 1953, p. 5, col. D.

27 Aujourd'hui, le visiteur peut voir un étouffoir dans le Mémorial d'Oradour. Il s'agit vraisembla-blement de celui montré dans l'ouvrage intitulé : Oradour-sur-Glane... (voy figure 39).

28 Voy. Wo Ist Abel ?, p. 111 : Seit vier Jahrzehnten behauptet sich das Gerücht, daß Kämpfe im Backofen der Bäckerei Bouchoule in Oradour umgekommen sei. Indizien sprechen eher dafür als dagegen ».

29 Voy. Dans l'Enfer..., huitième photographie, entre les pages 32 et 33.

30 MM. Pauchou et Masfrand utilisent le mot enterrées », ce qui est une erreur puisque, à l'arrivée des secours, le puits n'était pas comblé (voy. Vision d'épouvante..., p. 71).

31 Voy. Oradour-sur-Glane..., pp. 58-59.

32 Voy. Vision d'épouvante..., p. 69.

33 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 86.

34 Voy. Dans l'Enfer..., pp. 143-144.

35 Lettre à V. Reynouard en date du 18 mars 1996.

36 Lettre à V. Reynouard déjà citée. L'auteur poursuit : J'avais des occupations sur d'autres lieux et ne peux vous informer davantage ».

36a Voy. le rapport du 4 juillet 1944 in La mémoire d'Oradour..., p. 104, col. B.

37 Voy. Dans l'Enfer..., p. 154.

38 Voy., à ce sujet, le rapport de la Gendarmerie nationale en date du 28 septembre 1944 (présent dans le dossier de l'instruction du procès de Bordeaux). On y apprend que le puits Picat contenait des débris humains ».

39 Voy. Tulle et Oradour..., p. 30.

40 Dem Regional-Präfekten sei bei einem Gespräch am 12.6.44 ein Gerücht zur Kenntnis gekommen, wonach der Zahlmeister Plewe von Kriegslazarett Isle-Jourdain von Partisanen erschossen [...] und nach Oradour geschafft worden sein soll » (extrait d'un document détenu par l'équipe de l'ANEC).

41 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 109.

42 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 32. Notons qu'en 1953, à Bordeaux, J. Darthout omit de mentionner cet épisode (voy. les sténotypies du procès, audience du 22 janvier 1953, pp. 49-53 ).

43 Un autre témoin, R. Hébras, affirme que le maire, après s'être désigné avec ses quatre fils, déclara : Quant au reste, choisissez vous-même » (voy. les sténotypies du procès de Bordeaux, audience du 22 janvier 1953, p. 46).

44 Voy. Le drame..., p. 17 et Oradour-sur-Glane..., p. 32.

45 Voy. les sténotypies du procès de Bordeaux, audience du 22 janvier 1953, p. 31.

46 Voy. Dans l'Enfer..., p. 29.

47 Voy. Oradour, Tulle..., p. 1825. Voy. également Plus près de la vérité..., pp. 217-218. P. Maysounave s'est visiblement inspiré des écrits de J. Delarue.

48 Voy. Nouvelle Voix, n· 64, p. 5, col. B.

49 Voy. Tulle et Oradour..., p. 26.

50 Puis vint un Allemand qui demanda s'il y avait un dépôt d'armes caché à Oradour-sur-Glane » (voy. les sténotypies du procès de Bordeaux, audience du 22 janvier 1953, p. 39, déposition d'Yvon Roby).

51 D'après certains, seul M. Lamaud sortit des rangs pour déclarer qu'il avait une carabine de 6 mm de calibre », arme autorisée par la préfecture. Elle ne nous intéresse pas », lui fut-il répondu (sur cette intervention, voy., par exemple, Oradour-sur-Glane..., p. 33). En 1953, MM. Broussaudier et Roby affirmèrent que plusieurs hommes firent une semblable déclaration ( Il y en a plusieurs (je crois quatre ou cinq parmi la population), qui ont dit : "J'ai une carabine de 6 mm" » [voy. les sténotypies du procès de Bordeaux, audience du 22 janvier 1953, p. 32] ; Certains ont répondu qu'ils avaient des carabines de 4, 5 mm » [Ibid., p. 39]). Ces différences ne nous paraissent pas importantes.

52 Voy. Le drame..., p. 20.

53 Voy. Dans l'Enfer..., p. 31.

54 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 58.

55 Voy. Dans l'Enfer..., p. 32.

56 Voy. le procès-verbal d'interrogatoire d'A. Lohner, en date du 22 novembre 1945, 14 p., p. 9.

57 Voy. Vision d'épouvante..., pp. 93, 104-108.

58 Renseignement que nous a aimablement fourni G.D. dans une lettre du 17 décembre 1994.

59 Voy. le procès-verbal d'interrogatoire de G. Boos, en date du 21 avril 1947, 3 p., p. 2.

60 Voy. le procès-verbal d'interrogatoire de L. H_hlinger, en date du 14 décembre 1944, 4 p., p. 4.

61 Voy. le procès-verbal d'interrogatoire de P. Graff, en date du 10 octobre 1946, 3 p., p. 2.

62 Voy. le procès-verbal d'interrogatoire de Busch, en date du 26 août 1947, 3 p., p. 3.

63 Voy. le procès-verbal d'interrogatoire de J.-P. Elsaesser, en date du 24 septembre 1945, 8 p., p. 4. L'inculpé déclara toutefois qu' il est certain que des vols ont été commis par plusieurs d'entre nous ». En guise d'exemple, il cite le cas de deux SS qui ont, l'un, emporté un briquet », l'autre, une collection de pièces de monnaie » (Id.).

64 Voy. Le drame..., p. 17. On rétorquera que les SS mentaient puisque tous les hommes furent massacrés. Nous verrons cependant plus loin l'explication de cette apparente contradiction.

65 Voy. le dossier d'instruction du procès de Bordeaux, rapport du 28 septembre 1944 signé : Bord », p. 1.

66 Voy. Petite histoire ..., p. 76.

67 Voy. Le Populaire du Centre, 12 mai 1995, p. 2, col A de l'encadré.

68 Voy. la lettre de Peter Ehrlich à H. Taege en date du 5 juillet 1991 ( M. Barth attend la décision concernant sa demande de révision du procès ») et la lettre de H. Barth à M. Genesch en date du 8 juin 1991 ( j'ai écrit à mon avocat [...] pour demander où en était mon pourvoi en cassation »). Lettre dont une copie a été transmise à l'équipe de l'ANEC par H. Taege.

69 Voy. Tulle et Oradour..., p. 30. Trois ans plus tard, devant la police judiciaire française, H. Werner confirma que, le soir du massacre, Diekmann avait dit : Au cours des fouilles, il s'avéra que, dans toutes les maisons, des armes et des munitions étaient cachées » (voy. le procès-verbal d'interrogatoire d'H. Werner, en date du 20 novembre 1947, p. 3).

70 Voy. le rapport Okrent » du 4 janvier 1945, p.2 : Nach Brechung des Widerstandes wurde bei der Durchsuchung der Häuser eine erhebliche Anzahl von Waffen sichergestellt ». Ce rapport est intégralement reproduit en fin d'ouvrage (voy. Annexes Doc 7.1.1 et Doc 7.1.2 et sa traduction Doc 7.2.1 et Doc 7.2.2).

71 Voy. Ouest-France, 28 janvier 1953, p. 3, col. A.

72 Voy. Le Monde, 29 janvier 1953, p. 4, col. E.

73 Voy. Dans l'Enfer..., p. 56.

74 Voy. Dans l'Enfer..., cliché entre les pages 48 et 49 ; Oradour, Tulle..., p. 1824.

75 Voy. Oradour-sur-Glane..., p. 26 ; Dans l'Enfer..., cliché entre les pages 96-97; Vision d'épouvante..., cliché p. 38.

76 Voy. Oradour-sur-Glane..., pp. 5, 25 ; Oradour, Tulle..., p. 1824, cliché en haut à gauche ; Dans l'Enfer..., clichés entre les pages 16-17, 32-33, 96-97. En 1953, à Bordeaux, le témoin A. Renaud déclara : l'incendie des maisons [...] a été fait par des grenades incendiaires, qui ont explosé » (voy. les sténotypies du procès, audience du 22 janvier 1953, p. 24). Or, aucune grenade ne peut éventrer une maison. De façon évidente, les explosions entendues par le témoin étaient dues à des munitions lourdes... que les SS ne possédaient pas à Oradour.

77 Article paru en anglais (p. 8, col. C), sans référence, provenant des archives de R. Faurisson.

78 Voy. Petite histoire ..., p. 42.

79 Voy. procès-verbal d'interrogatoire d'A. Lohner en date du 22 novembre 1945, p. 6.

80 Voy. Oradour-sur-Glane..., pp. 31-32.

81 Révélation faite à Vincent Reynouard par C. B. lors d'une conversation téléphonique début décembre 1996. L'ancien Waffen-SS allemand d'après lequel les habitants d'Oradour se sont accusés mutuellement de crimes contre l'occupant s'appelait M. Meyer. C. B. a évoqué de nouveau son témoignage dans une lettre à V. Reynouard en date du 16 décembre 1996 .


Extrait de Le Massacre d'Oradour, un demi-siècle de mise en scène, par un Collectif de libres chercheurs animé par Vincent Reynouard,VHO-ANEC, Anvers, 1997, 446 p., ISBN 90-73111-21-08, © Vincent Reynouard. Distribution: VHO, BP 60, B-2600 Berchem 2, Belgique. Nous conseillons très vivement à nos lecteurs de se procurer le livre auprès de l'éditeur. Pour que les livres existent, il faut que les éditeurs puissent les vendre.

Cet ouvrage traite des circonstances dans lesquelles un massacre s'est produit dans un village non loin de Limoges en juillet 1944, alors occupé par une division de l'armée allemande en retraite. Il a été édité en 1997 par un éditeur d'Anvers. Or Anvers a la tort de se trouver en Belgique, c'est-à-dire à l'étranger, pour ne pas dire en Anti-France. Le ministre (français) de l'Intérieur (français) a donc pu INTERDIRE CE LIVRE. C'est la principale raison pour laquelle nous le publions aujourd'hui sur Internet. Quant au citoyen-ministre, il ne reste qu'à le couvrir de ce qu'il mérite.

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Vereinigten Nationen, 10 Dezember 1948.

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ARTICULO 19 <Todo individuo tiene derecho a la libertad de opinión y de expresión; este derecho incluye el de no ser molestado a causa de sus opiniones, el de investigar y recibir informaciones y opiniones, y el de difundidrlas, sin limitación de fronteras, por cualquier medio de expresión.>
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