AAARGH

LE TEMPS IRREPARABLE

Paris, le 29 mai 1997

 

 

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Communiqué de La Vieille Taupe

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LETTRE A LIONEL JOSPIN,

SECRETAIRE GENERAL DU PARTI SOCIALISTE

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Pierre Guillaume (33) 1 43 26 29 08

Paris le 25 mai 1997

 

 Abstract: In this open letter, Pierre Guillaume, the long-time publisher of R. Faurisson and Paul Rassinier, writes to an old acquaintance, Lionel Jospin, the leader of the Opposition in France who may, if his Socialist Party wins the parliamentary election next Sunday, June 1st., become Prime Minister (which, unfortunately for us, is what happened on that otherwise indifferent Sunday night).

Guillaume reminds Jospin of his empty promises in the early 80' that no censorship would be enforced by the then new Mitterrand government. This was wiped away by the Gayssot Act passed in 1990.

Guillaume analyzes what the antifascist gesticulation really creates : more destruction of civil liberties, more blackmail, and more hiding of the real agenda of truly conservative political forces. He sounds quite pessimistic for the future of political action. He reminds of a reflexion uttered by a former carworker in the 60's:

"The Roman empire left ruins behind. The Workers' movement will leave only rubbish behind ..."

 

Mon cher Lionel,

 

Au cours de la campagne présidentielle de 1995 je m'étais rendu à l'une de tes réunions électorales, à l'Ecole Normale Supérieure, où, au milieu d'un public hystériquement hostile à mon égard, je t'avais posé la question suivante :

"Vous m'aviez autrefois promis personnellement qu'il ne serait jamais question en France d'interdire des livres. Puis-je vous demander ce que vous pensez actuellement de la censure, et quelle serait votre attitude à l'égard de l'interdiction de certains livres ?"

A cette question tu avais répondu :

"Je suis personnellement hostile à la censure. Je suis bien évidemment pour lutter fermement, de toutes mes forces, contre des thèses historiques absurdes, et qui sont rejetées par les plus grands historiens, et démenties par tous les témoignages...! mais je suis contre la censure."

 

Fort bien... Mais l'opinion sur la censure n'est plus, dans ta position comme dans la mienne, une question personnelle. Politiquement associé à des Fabius [chef socialiste, Premier Ministre qui a fait passer la loi rétablissant la censure], des Hue [Secrétaire général du parti communiste français], et autres Gayssot [auteur fictif de la loi rétablissant la censure], en fait d'être contre la censure, tu risques fort d'être tout contre.

Ma question n'est donc pas académique.

Le ministre de l'Intérieur vient d'interdire en France le "Rapport Rudolf", rapport d'expertise d'un docteur en chimie, sur la "formation et le contrôle de la présence de composés cyanurés dans les 'chambres à gaz' d'Auschwitz" sous le prétexte surréaliste que les conclusions de cette expertise font "courir un risque de trouble à l'ordre public". [texte original. Livre en allemand ou traduction française disponibles à VHO, BP 60, B-2600 Berchem 2, Belgique.]

 

Le ministre de l'Education Nationale vient de révoquer un professeur de mathématiques, irréprochable sur le plan pédagogique, apprécié de ses élèves, et des parents de ses élèves, à qui il avait redonné le goût des études ! On lui reprochait d'avoir des opinions révisionnistes sur l'histoire de la Deuxième guerre mondiale ! et, avant même qu'il soit publié... la rédaction d'un livre sur le massacre d'Oradour !

 

Au moment même où se multiplient les condamnations d'éditeurs, les saisies de livres, les interdictions administratives par usage abusif de l'article 14 de la loi sur la liberté (sic) de la presse, une agitation spectaculaire se développe dans le milieu des "intellectuels de gauche" pour dénoncer la menace que ferait planer le Front National sur la Culture et la liberté d'expression !

 

Dans de telles circonstances, les trains pour Chateauvallon, les kermesses strasbourgeoises, enfin toute cette agitation orchestrée contre la menace là où elle n'existe pas, ne me semblent servir qu'à détourner l'attention du public de la menace là où elle existe et à favoriser l'instauration en France d'une censure totalitaire bien effective et bien réelle, celle-là.

L'agitation "antifasciste" ne sert plus qu'à dissimuler l'abandon de toute critique anticapitaliste. Elle constitue l'alibi du totalitarisme consensuel du capital.

Au début de l'affaire Faurisson, alors que j'avais de fortes raisons de craindre d'être la victime d'une provocation destinée à impliquer indirectement l'éditeur de Faurisson dans un attentat terroriste, la seule parade pour déjouer la provocation avait consisté à l'exposer préalablement.

Je m'étais donc rendu à la DST [Direction de la Surveillance du Territoire] pour exposer mes soupçons, mais pour plus de sûreté je t'avais fait part auparavant, à la fois de ma visite à la DST, et du contenu de ma déclaration, en te priant d'en témoigner publiquement pour le cas où la provocation se poursuivrait néanmoins, et j'avais averti la DST que tu m'avais donné ton accord pour en témoigner.

J'ai exposé sommairement cette affaire dans le bulletin n°5 réservé aux abonnés de la Vieille Taupe, en indiquant qu'à l'époque j'avais averti "une importante personnalité politique".

Je m'étais adressé à toi parce que tu étais la seule personne de mon entourage qui jouissait d'un certain poids politico-médiatique, depuis l'élection de François Mitterrand, et ton accession au secrétariat général du PS [parti socialiste]... Bien que nous n'ayons jamais été sur la même longueur d'onde intellectuelle et politique, j'avais une certaine confiance en ton souci d'honnêteté.

A cette occasion, nous avions évoqué l'affaire au fond. Tu connaissais Rassinier par ton père, qui l'avait rencontré à la Libre Pensée, et qui l'estimait. Tu n'avais pas luLe Mensonge d'Ulysse, dont je t'ai remis un exemplaire, mais curieusement tu avais lu, de lui, le livre beaucoup plus rare,Candasse ou le Huitième péché capital, sorte de fable autobiographique. Sa position te laissait perplexe.

Manifestement tu ne voulais à aucun prix t'engager dans cette polémique, ni même vraiment étudier le sujet,mais tu ne mettais en doute ni mon honnêteté ni la pureté de mes intentions.

J'ai eu l'impression que tu voyais dans mon engagement une analogie avec l'"extrémisme", que tu désapprouvais, de ma position à l'égard des bureaucraties politiques et syndicales du prétendu "mouvement ouvrier", trotskistes compris.

C'est dire que nos relations amicales qui reposaient sur le hasard des rencontres familiales, ne devaient rien à la politique, même si nous n'ignorions rien l'un de l'autre. Nous vivions sur des planètes théoriques différentes, et lors de nos rencontres, nous parlions assez peu de politique, ou superficiellement, chacun observant l'autre avec curiosité.

Une fois seulement tu m'as posé une question sur le Parti "communiste" qui m'avait semblé directement liées aux préoccupations stratégiques de Mitterrand. Car bien que tu désapprouvasses mes positions, tu ne méconnaissais pas la réalité de ma documentation et la perspicacité de certaines analyses. Je t'avais répondu qu'une fraction notable de l'appareil était irrémédiablement compromise par des liens indestructibles de toutes natures, y compris économiques, avec Moscou, mais que la base de la bureaucratie politique et syndicale avait ses racines dans le terreau économique et social français, et que cette fraction était nationale, et même nationaliste.

Toujours est-il qu'à l'occasion d'une de nos dernières rencontres, tu m'avais assuré qu'en aucun cas "il ne saurait être question de censurer les débats ni d'interdire un livre en France".

Mais neuf ans plus tard tu as voté la loi Gayssot !

Tu n'avais pas protesté quand les amendements scélérats de la loi sur la toxicomanie (!?), introduits subrepticement par Albin Chalandon, avaient permis d'inclure les Annales d'histoire révisionniste dans la liste des publications interdites de diffusion publique.

Tu n'as pas protesté contre les multiples saisies de livres, ni contre le harcèlement et les perquisitions dont sont régulièrement l'objet les auteurs révisionnistes.

Tu n'as pas protesté contre les multiples agressions physiques dont nous avons été victimes, ni contre les attentats réitérés contre des librairies qui diffusent des livres non conformistes.

Je me souviens d'une phrase de Daniel Mothé, militant chez Renault, qui participait au groupe Socialisme ou Barbarie :

"L'empire romain a laissé des ruines, le mouvement ouvrier n'a laissé que des déchets".

Aujourd'hui tu diriges la campagne électorale d'une coalition totalement et absolument soumise à la logique du Capital, qui recycle dans l'antifascisme la plus grande partie de ses déchets.

J'étais venu au salon du livre distribuer un texte de la Librairie du Savoir, Librairie Roumaineantitotalitaire, qui a courageusement assuré la diffusion du livre de Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, et subi de ce fait de multiples agressions. [ouvrage disponible aussi au site de Radio Islam>] J'ai assisté à la mise à sac d'un stand de livres du Front National par une meute hurlante qui accusait le Front National de "vouloir détruire les livres". Voici un passage du texte que j'étais venu distribuer:

"L'antifascisme a servi à justifier les pires monstruosités. Il constitue l'alibi du totalitarisme. Il autorise l'utilisation contre tous les adversaires, déclarés peu ou prou ''fascistes'', de tous les procédés attribués aux ''fascistes''. C'est dire que l'antifascime est le mécanisme mental grâce auquel toutes les barrières morales, et toute retenue dans l'exercice de la violence et de la mauvaise foi à l'encontre des adversaires, peuvent être transgressées. L'antifascisme n'est même pas limité par l'obligation de ne pas dépasser le fascisme en monstruosité, ou plutôt cette limite est illusoire dès lors que l'antifasciste peut librement fantasmer la monstruosité de son ennemi. L'antifascime contribue donc à faire advenir à la réalité les monstruosités qu'il dénonce.

 

Tout au contraire notre expérience du goulag nous permet d'affirmer que la liberté d'expressionpour tous constitue l'ultime rempart, et le seul efficace, contre tout totalitarisme.

[Extrait d'un communiqué de la Librairie roumaine atitotalitaire ]

 

Actuellement, ce ne sont ni Le Pen, ni le Front National qui font peser une menace sur la liberté d'expression, c'est l'antifascisme. C'est au nom de l'antifascisme que le pouvoir censure des livres, c'est au nom de l'antifascisme que les aboyeurs de Ras L'Front font de la surenchère.

L'antifascisme est devenu l'idéologie dominante de l'époque, c'est à dire l'idéologie de la classe dominante. Le reste n'est que du cinéma.

Et voila...! Cette lettre sera une lettre ouverte... Parce trop c'est trop.

La mascarade qui a consisté, sous l'oeil complaisant des caméras, à prendre les bulletins de tous les candidats, sauf celui du Front National, a été la goutte d'eau... Car cette manière de désigner Le Pen comme responsable de tous les maux constitue la mystification centrale du système auquel la Gauche comme la Droite participent.

Adveniat regnum tuum...

...et la Vieille Taupe sera là.

 

P. Guillaume.


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