LÉON POLIAKOV,
PIERRE VIDAL-NAQUET,
CLAUDE LANZMANN
Jessie Aitken
«L'ordre du génocide fut donné par Hitler à Himmler au début de 1941». Cette affirmation, Léon Poliakov la retire. Elle était pourtant au fondement même de son ouvrage sur le IIIe Reich et les juifs : Bréviaire de la haine. L'historien avoue aujourd'hui avoir succombé à «une sorte de passion dénonciatrice» ; il n'avait formulé cette assertion que «sur la foi de quelques témoignages de deuxième ou troisième main» («Histoires et polémiques : à propos du génocide», Commentaire, Julliard, printemps 1991, p. 203).
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Pierre Vidal-Naquet prétendait en 1980 que, contrairement à
ce qu'affirmaient les révisionnistes, les Alliés avaient bel et bien
expertisé des chambres à gaz homicides dans les camps de concentration du IIIe
Reich. Dix ans plus tard, il déclare que «[les nazis] se sont acharnés à
détruire toute trace matérielle de ces chambres». S'ils se sont acharnés, il
est douteux qu'il soit resté une seule chambre à gaz à expertiser.
P. Vidal-Naquet ne croit donc manifestement plus à l'existence de ces
expertises de l'arme du crime (voy., en 1980, «Un Eichmann de papier», repris
dans Les Assassins de la mémoire , La Découverte, 1987, p. 195, n. 42 ;
à comparer avec «Négateurs. Des semeurs de haine», propos de P. Vidal-Naquet
recueillis par René François, Différences, mars 1990, p. 17).
«Tout paraît invraisemblable et pourtant tout est vrai» : la phrase est de P.
Vidal-Naquet ; elle sert de publicité à un ouvrage d'Edward Reicher, Une
vie de juif, Souvenirs d'un médecin juif polonais, 1939-1945, Lieu Commun,
1991.
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Claude Lanzmann et son film Shoah semblent devenir les
objets d'une sorte de révision. «L'Holocauste n'est pas une marque déposée,
ni un fonds de commerce !» s'exclame Alain Vidalies («L'Holocauste, dommages
et intérêts», Sud-Ouest, 23 octobre 1990).
Alain Finkielkraut écrit : «Claude Lanzmann se considère comme le
concessionnaire exclusif de l'Extermination … [Il] a inventé une nouvelle
définition de l'antisémitisme : l'antisémite, c'est celui qui ne fait pas ses
dévotions au Film Unique. Cette auto-idolâtrie est grotesque et dégoûtante.
Si Le Nouvel Observateur avait eu une once de charité, il n'aurait pas
ainsi donné en spectacle la déchéance d'un artiste en mamamouchi» («Le cas
Lanzmann», Le Nouvel Observateur, 31 janvier 1991, p. 118). C. Lanzmann
réplique d'Israël : «Accoutumé à statuer et légiférer sur tout sans qu'on
le contredise jamais, Finkielkraut, incapable de me répondre, s'étrangle de
rage, s'égare dans l'enflure et la haine» («La pensée défaite», ibid.,
p. 41).
Tzvetan Todorov estime : «Shoah, film sur la haine, est fait avec de la
haine et enseigne la haine» (Face à l'extrême, Seuil, 1991, p. 255).
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La thèse de l' «Holocauste» est en difficulté. Les zizanies s'aggravent. On se rejette mutuellement la responsabilité d'un échec qui prend des proportions alarmantes (sur G. Wellers à propos de S. Klarsfeld et sur ce dernier à propos d'A. Mayer, voy. R.H.R. n° 3, novembre 1990-janvier 1991, p. 98 et 212).
(Sur la crise du Musée d'État d'Auschwitz, on lira ci-dessus p. 101-104.)
Revue d’histoire révisionniste, n° 4, février-avril 1991, p. 105-106
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