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Annexe 9 - Sélection, immatriculation, etc.

La version officielle - telle est qu'elle est répandue dans le public- est qu'il y avait deux sortes de sélections, débouchant toutes deux sur la mort : tout d'abord, la sélection à l'arrivée, après laquelle on laissait en vie les « aptes au travail » et gazait tous les autres (enfants, vieux, femmes enceintes ou accompagnées d'enfants, invalides, malades) ; ensuite, les sélections intérieures, après lesquelles on gazait à leur tour les immatriculés quand, au terme d'un processus délibéré d'élimination par les mauvais traitements, leur rendement était devenu trop bas.
C'est là une déformation grossière de la réalité, encore qu'on ne puisse pas toujours faire la part des choses, d'une part parce que les archives conservées à Auschwitz auraient bien pu être exploitées de façon tendancieuse (elles ont tout de même été aux mains des communistes polonais pendant un demi-siècle et il y a déjà là de quoi éprouver de sérieuses inquiétudes), d'autre part, parce que le gros des archives est ou était encore il y a peu entre les mains des communistes soviétiques (et il y a là encore davantage de raisons de s'inquiéter). Enfin, il est probable que, les choses évoluant, certains mots désignent des notions dont la signification a notablement évolué dans le temps. Nous allons, à la lecture du fameux Kalendarium de Danuta Czech, essayer d'y voir plus clair. Le Kalendarium, rappelons-le, est le récit, jour après jour, des évènements qui se seraient déroulés à Auschwitz : il donne la version officielle de l'histoire, au moins celle des autorités polonaises.

1. Tout d'abord, la sélection pour le travail ne se faisait pas toujours à Auschwitz. En 1942, par exemple, pour certains convois belges, hollandais, français et peut-être autres, une première sélection avait lieu en gare de Kozel, à une centaine de kilomètres avant Auschwitz : les hommes adultes recevaient l'ordre de descendre. Ils étaient envoyés dans les usines et mines de la région. Ces sélectionnés de Kozel n'étaient donc pas immatriculés à Auschwitz, camp dont ils ne faisaient pas partie (mais auquel ils furent souvent rattachés par la suite).
Les autres continuaient jusqu'à Auschwitz où, disait la presse clandestine juive de l'époque, ils étaient « gazés dans des wagons » voire « brûlés vifs » : c'était un bruit qui s'était répandu dans les milieux juifs et jetait dans une angoisse qu'il n'est pas nécessaire de décrire tous ceux qui ne descendaient pas à Kozel ; ceci pourrait expliquer certaines scènes épouvantables relatées par Kremer (femmes suppliant à l'arrivée du train qu'on leur laisse la vie sauve, ce qui était bien l'intention des Allemands) mais c'est là une simple supposition.

2. A Auschwitz, comme le confirme le Kalendarium, la procédure n'a pas toujours été la même en ce qui concerne la sélection des arrivants :

A. Au début, il n'y avait pas de sélection du tout et tous les déportés étaient immatriculés sans exception. Reitlinger l'avait déjà relevé : par exemple, tous les Hollandais arrivés avant le 8/8/1942 avaient été immatriculés, y compris les enfants et les vieux. Certes, la légende historienne est que, tout de même, les Allemands gazaient certains convois en entier, mais ce n'est pas vraisemblable du tout. Il suffit de lire la littérature holocaustique, de la lire, bien entendu, intelligemment c'est-à-dire en doutant a priori de ce qu'on va lire (ce conseil vaut également pour la lecture de ce livre : ce ne serait pas la peine de sortir d'une église pour entrer aussitôt dans une autre). Ainsi lit-on dans le Kalendarium pour le mois de juin 1942 (les citations de cette annexe sont résumées) :

En résumé, s'il faut en croire les historiens, on immatriculait les juifs polonais fraîchement émigrés en France et on gazait les juifs polonais restés en Pologne. On nous permettra d'en douter.

B. Toutefois, très vite (à partir du 4/7/1942), avec l'afflux des convois, qui, de surcroît, étaient composés de « tout-venant », les responsables d'Auschwitz durent sélectionner : cette opération de sélection consistait en principe à repérer ceux qui étaient aptes au travail ; ils étaient immatriculés et les autres étaient immédiatement gazés (ou réimplantés, selon la thèse qu'on défend).
En fait, on découvre qu'un certain nombre de déportés non aptes au travail ont été immatriculés aussi, notamment des vieux et des enfants, pas seulement au début, comme nous venons de le voir, mais aussi plus tard. Ainsi dans la statistique mensuelle des effectifs du camp, on avait prévu et on utilisait effectivement les rubriques « en dessous de 20 ans » et « de plus de 80 ans ». Ceci est partiellement confirmé par l'examen des Sterbebücher, registres mortuaires dans lesquels on trouve des personnes âgées mais, il est vrai aucun enfant juif (les enfants qu'on y trouve sont des Tziganes). Enfin, la statistique belge a enregistré le retour d'enfants, certains déportés en 1942.

C. A l'époque de l'arrivée des juifs hongrois, en 1944, il semble que la sélection à l'arrivée devienne totalement incohérente : d'une part, l'industrie allemande avait des besoins en main-d'oeuvre grandissants ; d'autre part, les arrivées massives de Hongrois, qui n'étaient pas nécessairement qualifiés à travailler dans l'industrie, engorgèrent le camp sans permettre de répondre aux besoins des usines (à l'époque, il y aurait eu entre 150.000 et 200.000 détenus ; certains logeaient même sous la tente). Il faut ajouter, si on croit à la réalité des réimplantations, que les Russes avaient repris l'Ukraine et que, dès lors, les réimplantations étaient devenues problématiques. Bref, la situation à Birkenau devint intenable. A défaut de documents, que Czech n'a probablement jamais pu consulter, on en est donc réduit à constater des faits difficiles à inscrire dans une politique cohérente :

Des convois non hongrois furent également traités de cette façon : par exemple, un convoi venant de Theresienstadt le 3/10/1944.

3. Il y avait également les sélections internes parmi les juifs immatriculés et mis au travail à Auschwitz même et même parfois parmi les juifs en transit qui n'avaient pas encore fait l'objet de la sélection initiale pour la mise au travail. Ces sélections, disent les historiens, consistaient à repérer les malades devenus improductifs ou simplement contagieux (la plupart des femmes de Birkenau n'avaient pas de travail) et à les gazer. On peut répondre que l'hystérie des historiens a donné à ce mot un contenu qu'il n'a pas :

« Tour à tour, les reviers [infirmeries] d'Auschwitz, de Buchenwald, de Mauthausen, de tous les grands camps de travaux vidaient leur pitoyable clientèle sur le camp de convalescence ». 

On peut également citer le Kalendarium :

Pourquoi ces transferts, dont le dernier au moment où s'achevait notamment le gazage de 400.000 juifs hongrois ? Dans une hypothèse exterminationniste, la chambre à gaz eut été tout à fait indiquée ! On notera qu'avant Bergen-Belsen, Lublin avait été désigné pour recevoir les détenus malades des autres camps : ainsi, de janvier à mars 44, 20.800 détenus malades y furent envoyés depuis Buchenwald, Flossenbürg, Neuengamme, Ravensbrück et Sachsenhausen dont 2.700 invalides et 300 aveugles. [2]  

Le Kalendarium mentionne à toutes les pages des gazages de détenus immatriculés et c'est l'occasion d'examiner de plus près comment a été écrite l'histoire d'Auschwitz. Prenons par exemple les mouvements de la statistique du « camp des femmes » d'Auschwitz II (Birkenau BIa, BIb, BIIb, BIIc) tels que le Kalendarium nous les donne pour le début d'octobre 1944, période pour laquelle on dispose de séries statistiques continues et inattaquables :

1/10/44 26.230 nombre de détenues enregistrées [3]
3/10 + 17.202 liquidation du camp de transitMexico ») et incorporation de ces détenues dans le camp des femmes au BIIc [4]
43.462 nouvel effectif du camp des femmes (immatriculées et non-immatriculées)
+ 488 entrée de juives en transit venant notamment de Theresienstadt
- 989 * gazées (S.B.)
42.973 nouvel effectif
4/10 - 1.050 transfert vers d'autres camps
+ ? écriture d'entrée manquante ?
5/10 42.990 nouvel effectif
6/10 - 2.558 transfert vers d'autres camps
- 1.888 * gazées [« vraisemblablement » dit Czech, d'après une source documentaire et sans parler de S.B. : nous l'assimilerons néanmoins au S.B.]
38.544 nouvel effectif
+ 271 entrées en provenance de Theresienstadt
- 1.000 ** gazées [soit 50% de 2.000 gazés sans précision de sexe]
7/10 - 1.150 transfert vers Flossenburg
- 1.229 * gazées (S.B.)
8/10 - 401 transfert vers Buchenwald
9/10 + 191 entrées en provenance de Theresienstadt
- 2.000 ** gazées (juives non enregistrées du BIIc)
10/10 - 2.219 transfert de juives enregistrées vers divers camps
+ 85 somme de divers petits mouvements du 1 au 10/10, dont 30 * gazées (S.B.)
34.024 nouvel effectif

Or, l'addition de tous ces mouvements donne en réalité non pas 34.024 mais 29.983 : l'écart est de 4.041. Il y a donc dans ces divers mouvements, 4.041 sorties du camp qui sont fictives ! Comment l'expliquer ? L'explication la plus évidente est que certains des 7.137 gazages comptabilisés sont tout simplement fictifs (en réalité, ils le sont tous). En fait, il est évident que le Kalendarium, comme toute l'histoire d'Auschwitz, est faussé par ce recours constant et irréfléchi aux témoignages les plus extravagants. Plus précisément les gazages marqués d'un * sont de source documentaire et ceux qui sont marqués d'un ** sont de source testimoniale.

- Les chiffres des gazages documentaires * sont extraits d'une statistique journalière appelée « Stärkemeldung », dont Czech a disposé de façon continue pour cette période. Cette statistique précise que les sorties du camp des femmes pour cette période ont été de 4.137 « S.B. » (dont les 1.888 du 6/10). « S.B. » signifie peut-être bien « Sonderbehandlung » c'est-à-dire « traitement spécial » et, disent les historiens, c'était un mot de code pour « mise à mort ». Comme on l'a vu en annexe 8, cette interprétation est dogmatique ; le mot peut tout aussi bien désigner l'opération de réimplantation ou l'envoi dans un bloc de convalescence. Il reste que ces mouvements marqués d'un * sont bien réels : 4.137 femmes sont bien sorties cette décade-là soit qu'elles aient été gazées soit qu'elles aient été réimplantées ou envoyées en convalescence.
- Le nombre des gazages restants (marqués de **) est donc de 3.000 et, bien qu'il manque probablement et de façon inexplicable quelques écritures dans cette séquence du 1 au 10/10, il semble permis de faire le rapprochement entre ce chiffre et le chiffre des sorties fictives que nous avons constatées (4.041 : le millier inexpliqué doit correspondre à une entrée oubliée en date du 4/10) ; cette corrélation paraît évidente entre les 2.000 gazages du 9/10 (source testimoniale) et les 2.219 transferts du 10/10 (source documentaire) : ces transferts ont été, bien entendu, précédés d'une sélection, laquelle a été mal interprétée par des témoins qui ont cru ou feint de croire qu'elle était une sélection « pour le gaz ». Si ces chiffres ne font pas double emploi, comment expliquer ces écarts ?

On peut conclure de tout ceci que le gazage de détenus immatriculés devenus improductifs est une sinistre légende. Bien entendu, il reste qu'il est possible que des opérations d'euthanasie mais d'une ampleur sans rapport avec l'ampleur de la supposée extermination décrite par les historiens, ont bien eu lieu (mais à d'autres époques que celle que nous venons d'examiner). [5]

4. Enfin, il y avait des immatriculations de nouveau-nés, d'enfants nés à Auschwitz même. [6] Ceci est fondamentalement contraire à la thèse officielle, d'après laquelle on gazait les femmes enceintes puisqu'elles étaient pour longtemps inaptes au travail. Non seulement l'immatriculation de ces nouveau-nés, mais déjà leur naissance, leur gestation et même, dans un certain nombre de cas, leur conception ne sont pas conformes à l'imagerie officielle. On notera quand même que l'absurdité se poursuivait lorsque ces enfants mouraient : ainsi Danuta Czech, cinquante ans après les faits, rapporte sur la base des archives du camp, que, par exemple, le 15/5/1943 est né dans le camp des Tziganes le petit Gehrard B., que cet enfant a été immatriculé sous le n° Z-8189 et qu'il est mort le 24/5/43. Ainsi, même la mort d'un enfant, être totalement inutile dans un univers prétendument concentrationnaire, axé sur le travail forcé et l'extermination, était enregistrée par l'Etat Civil du camp, car il y avait un Etat Civil à Auschwitz (on notera que tous les détenus étaient censés y demeurer Kasernenstrasse).
Rien que pour le mois de janvier 1944 (nous n'avons pas fait les comptes pour les autres mois), il y eut au moins 22 naissances à Auschwitz (en très grande majorité, des filles, ce qui donne à penser que ce relevé est incomplet du fait de ce déséquilibre des sexes). De fait, une ancienne détenue, Stanislava Leszczynska, qui exerça la fonction de sage-femme à l'hôpital des femmes de Birkenau, a témoigné y avoir aidé à quelque 3.000 accouchements. Ce chiffre ne paraît pas invraisemblable. [7]
Ces enfants jouant joyeusement à la balle dans le camp de l'Horreur absolue qu'était Auschwitz dérangent les historiens : dès lors, ils n'en parlent pas ou s'ils en parlent, c'est avec beaucoup d'invraisemblance. Par exemple, on peut citer l'entrée suivante du Kalendarium à la date du 4/10/1943 :

11 garçonnets juifs nés les mois précédents à Birkenau sont immatriculés. Parmi eux le petit Josef G., né le 18/4/1943 et que sa mère avait caché. Celle-ci déclara après la guerre que, lorsque l'enfant avait été découvert, elle avait imploré le chef du camp de lui laisser la vie, ce qui lui fut accordé. Cette faveur, dit Czech, est « probablement » à relier d'une part à une autorisation donnée par Berlin de limiter l' « euthanasie » des enfants [cette autorisation est un non-sens dans une hypothèse exterminationniste ; Czech ne donne d'ailleurs aucune preuve de sa réalité] et d'autre part au fait que les Tziganes et certains juifs venant de Theresienstadt vivaient en famille précisément dans le « camp des familles ».

On ajoutera pour apprécier tout à fait cette histoire que :

L'explication inexacte, embrouillée et invraisemblable de Czech est révélatrice du dogmatisme qui aveugle les historiens ; l'explication la plus raisonnable est que le petit Josef G. ne risquait pas plus la mort que les 10 autres garçonnets immatriculés en même temps que lui et dont la situation juridique était ainsi régularisée (ce qui est heureux pour ces enfants, qui n'avaient pas d'existence légale !). Si on peut comprendre l'attitude de la mère (les ragots les plus alarmistes circulaient et étaient bien de nature à alarmer une mère), on ne peut que déplorer le dogmatisme dont font preuve les historiens et qui leur fait perdre tout bon sens. [8]

5. Quelques autres exemples tirés du Kalendarium de l‘absurdité de la thèse des gazages 

¤ Le Kalendarium indique le 6 juin 1944 c’est-à-dire au moment où l’extermination des juifs (hongrois, notamment) avait atteint son paroxysme : « Arrivée de Vught [Pays-Bas] de 496 juifs, hommes et femmes. Après la sélection, 99 hommes, immatriculés 188.926 à 189.024, et 397 femmes, immatriculées 78.253 à 78.533 et 81.735 à 81.850, sont admis dans le camp. » Le Kalendarium ne donne aucune autre indication. Il ne signale notamment pas que l’ensemble du convoi a été immatriculé, donc épargné, chose qu’on peut facilement vérifier, il est vrai, puisque 99 et 397 font 496. Il donne donc à penser que tous les détenus du convoi étaient des aptes. Or, la vérité est qu’il y avait des enfants, des vieux et des malades dans le convoi ! Certains de ces enfants sont même revenus aux Pays-Bas et nous avons retrouvé la trace de 4 d’entre eux, à savoir : 

Mais pourquoi diable tous ces enfants, de toute évidence inaptes, n’ont-ils pas été gazés ? [9]

¤ Comment d'ailleurs concilier la théorie du gazage des inaptes (enfants et vieillards) avec la statistique -inattaquable- des effectifs par tranche d'âge des femmes de Birkenau :

Certes, la place de ces enfants n'était pas dans un camp de concentration [11] mais le fait qu'ils y étaient bien en vie (de même que des invalides âgées) est une anomalie dans un camp d'extermination et ruine -s'il restait quelque chose de la construction holocaustique- toutes ces histoires de gazage d'inaptes. Il reste que, dans la théorie révisionniste, les Allemands auraient dû les réimplanter. Les enfants, on l'a vu, suivaient leurs parents, du moins leur mère, mais les invalides âgées ? Il faut bien admettre provisoirement, en attendant que l'étude de l'histoire soit confiée à de nouvelles générations d'historiens plus sérieuses que la génération de la deuxième partie du XXe siècle, que les Allemands -en dehors de la période de réimplantation des juifs de Pologne en 42- ne faisaient pas montre d'inhumanité au point de réimplanter de vieilles impotentes dans des conditions qui devaient être très difficiles, a priori plus difficiles que les conditions régnant dans un camp de concentration et les laissaient parfois entrer dans le camp avec l'un de leurs grands enfants.

¤ Comment, par exemple, peut-on croire aux gazages quand on lit ce qui suit dans ce Kalendarium :

Ainsi donc, d'une part, les Allemands procédaient à des gazages de masse ; d'autre part, dans le même temps, ils exécutaient certains déportés, parfois injustement mais régulièrement condamnés après une certaine procédure judiciaire, ces exécutions n'ayant aucun caractère exemplaire, puisqu'elles n'étaient pas publiques. Pourquoi ce formalisme ? Pourquoi ne pas avoir joint ces condamnés à tous ces malheureux qu'on gazait vite fait, bien fait ? C'aurait été bien plus simple ! L'explication ne serait-elle pas que, tout simplement, on n'y gazait personne et qu'en l'absence de chambres à gaz, on exécutait les condamnés à mort par des moyens traditionnels ?

¤ Quelle vraisemblance peut bien avoir la thèse de l'extermination quand on lit encore dans cette bible qu'est le Kalendarium à la date du 14/6/1943 :

Deux SS d'Auschwitz (dont un médecin) sont chargés de sélectionner à Maïdanek [autre camp réputé d'extermination à l'Est d'Auschwitz] un certain nombre de détenus à mettre au travail dans 2 sous-camps d'Auschwitz. Sur 3.800 détenus que leur propose Maïdanek, ils n'en retiennent que moins de 2.000, les autres ne leur semblant pas aptes au travail. Il s'ensuit une querelle entre Auschwitz et Maïdanek, que Berlin se charge d'arbitrer. Le chef du Bureau DII de Berlin se rend en personne à Maïdanek et il fait finalement savoir à Auschwitz qu'il ne comprend pas le refus des sélectionneurs, que les détenus proposés lui ont ont paru aptes et que, de toute façon, ils doivent partir car Maïdanek a besoin de place pour de nouveaux arrivants. Auschwitz doit bien s'incliner :

Cette querelle entre deux camps réputés d'extermination (le premier cherchant apparemment à se débarrasser de ses malades ou du moins des moins aptes de ses détenus à l'occasion d'un transfert de main-d'oeuvre) montre, certes, que certains détenus étaient dans un état sanitaire pitoyable, chose que personne ne conteste et que tout le monde déplore. Mais elle démontre aussi que pas plus à Maïdanek qu'à Auschwitz, les SS ne gazaient les juifs qui avaient été incorporés dans le circuit du travail forcé, lorsque ces malheureux venaient à tomber malades ou à devenir inaptes au travail, mais, au contraire, les soignaient (probablement avec des moyens insuffisants), parfois même sans espoir de les remettre au travail.

¤ Comment croire aux descriptions d'horreur absolue quand on lit :

Suit une tentative embarrassée de D. Czech pour expliquer cette mesure, certes dérisoire, peut-être même méprisable, mais incompatible avec les descriptions d'horreur absolue des historiens. On notera, au passage, que les pensionnaires de ces bordels étaient des volontaires rémunérées (elles encaissaient 0,45 RM par client, 0,05 RM allant à la tenancière -une Kapo- et le solde -1,50 RM- étant destiné à une certaine « caisse du camp »). Les Kapos, dit Christophersen, distribuaient aussi des billets de faveur aux détenus ; ceux-ci les leur lançaient parfois à la tête en signe de mépris.
Voyez aussi dans Mattogno l'histoire de la « Sonderbaracke B » (« Baraque spéciale B », « » étant l'initiale de « Bordell ») réclamée avec insistance par Himmler en personne. [13] La création de bordels dans les camps fut une obsession chez Himmler, ne fût-ce que pour son dégoût pour l'homosexualité.

¤ Comment croire l'histoire officielle d'Auschwitz quand on lit encore :

18/11/1943 : Berlin autorise Auschwitz à donner des primes de productivité aux détenus (juifs et non-juifs). Ces primes, dont le montant dépend de la nature du travail effectué, sont basses et elles ne permettent pas d'acheter grand-chose dans les cantines du camp.

 On notera donc en plus qu'il y avait des cantines à Auschwitz. Czech confirme par ailleurs l'existence de ces primes en publiant la photo d'un document du 5/6/1944 donnant le détail des primes accordées aux détenus en fonction à l'hôpital de Birkenau (entre 0,5 et 3,0 RM sans autre précision).

¤ Comment douter, à la lecture de la relation, manifestement déformée, des faits de deux journées consécutives, de ce que l'histoire officielle n'est qu'un tissu d'incohérences :

Les 1.000 pages du Kalendarium sont de la même encre et la conclusion qu'on peut en tirer est que rien ne prouve -on a plutôt des preuves du contraire- que :

  1. « sélection » était synonyme de « mise à mort » ; ce mot était plutôt synonyme de « affectation à un poste de travail » ou encore « affectation à un hôpital » ou, enfin, « affectation à une zone de réimplantation ».

  2. « immatriculation » était synonyme de « maintien provisoire en vie » ; ce mot n'était même pas synonyme de « affectation à un poste de travail à Auschwitz », mais tout simplement « admission au camp d'Auschwitz » ou plus banalement, comme en témoignent les immatriculations de nouveaux-nés, synonyme de « inscription à l'Etat Civil d'Auschwitz ».

Il reste cette question lancinante sur le sort réservé à ces centaines de milliers de personnes jugées inaptes au travail et donc non immatriculées : il est évident qu'on ne les a pas gazées mais réimplantées. Mais où et comment ? On ne trouve formellement aucune information à ce sujet dans le Kalendarium (sauf la mention « S.B. » en face de certaines sorties du camp des femmes ainsi que nous l'avons vu plus haut, mention qui ne peut pas être synonyme de « mise à mort »), bien que Danuta Czech donne l'impression d'avoir fait un travail honnête ; autrement, elle n'aurait pas rapporté le genre d'informations dont nous venons de donner des extraits et qui ne sont pas en faveur de la thèse des gazages qu'elle défend.
Toutefois, il est à craindre qu'un certain nombre d'informations qui pourraient, objectivement, conforter la thèse des réimplantations, soient dénaturées ou laissées dans l'ombre -peut-être inconsciemment- du fait du dogmatisme des historiens. Voyons par exemple la liquidation, si souvent racontée et dont nous avons déjà parlé en annexe 8, des juifs venus de Theresienstadt :

En mars 44, les Allemands décidèrent, dit D. Czech sur la base, bien entendu, de témoignages, de tuer les juifs de Theresienstadt qui vivaient en famille au camp BIIb et qui étaient arrivés en septembre 43. Ils les transférèrent au camp de quarantaine BIIa pour accréditer la thèse d'un transfert prochain dans le camp de travail de Heydenbrech. Ces juifs y reçurent la visite des médecins du camp qui leur distribuèrent des médicaments à emporter, mais ce n'était là qu'une manoeuvre pour les rassurer. Diaboliques, les Allemands les autorisèrent à envoyer des cartes postales à leurs amis restés à Theresienstadt mais ne les postèrent que 3 semaines plus tard. Dans la nuit du 8/3/44, ils firent monter ces juifs dans des camions, qui les conduisirent au crématoire (les femmes au Krema III, les hommes au Krema II). Les 3.791 juifs victimes de cette opération y moururent en chantant l'hymne national tchèque, l'Internationale, la Hatikwa et le Chant des Partisans.

On passera sur l'impossibilité d'éliminer tous ces corps au cours de la nuit qui suivit, sur ce subterfuge du transfert au camp de quarantaine (d'après Vrba, comme nous l'avons vu en annexe 8, ils étaient déjà en quarantaine : plus exactement, ils avaient été enregistrés à leur arrivée sous la rubrique « Traitement spécial après quarantaine de 6 mois »), et sur d'autres invraisemblances, pour ne retenir qu'un détail : les camions, en sortant du BIIa, ne tournèrent pas à gauche, c'est-à-dire vers les crématoires, mais à droite, c'est-à-dire vers la gare ! C'est là le genre de détail qui n'arrête pas les historiens : les Allemands, expliquent-ils, ont décidé de faire un détour pour « donner l'impression de se diriger vers la gare » et ainsi tromper les juifs ! Tout homme sensé devrait pourtant bien admettre qu'il a tout de même bien fallu à un moment que les camions obliquent vers les crématoires ! Décidément, quand on croit à une chose, et plus encore quand on veut y croire, tout, y compris les faits contraires, alimente cette croyance.


NOTES

[1]

Nous verrons dans le Tome 2 qu’une autre déportée de ce convoi (rescapée avec son fils, lequel est le plus jeune rescapé des juifs de Belgique) ne figure pas dans ces 99 femmes immatriculées et ne fut pas pour autant gazée (ainsi que l'affirment les historiens) mais fut envoyée au « Camp des Familles » puis immatriculée ultérieurement avec des déportées tchèques.

[2]

Carlo Mattogno, « ‘Sonderbehandlung’ (...) », op. cit.,  p. 110.

[3]

Soit 11.506 occupant un poste de travail, 7.150 malades ou inaptes et 7.574 sans travail dont 1.020 attendant un transfert dans un autre camp.

[4]

Toutes sans travail puisque en attente d'affectation.

[5]

Dans le Tome 2, nous parlerons plus en détail de la « Sterbeverzeichnisse 16 », liste reprenant les noms de quelque 1.000 femmes, toutes juives et toutes décédées les 6, 7 et 8/12/1943 (il y eut une recrudescence de l'épidémie de typhus fin novembre 1943) ainsi que les noms de quelque 500 hommes tous décédés entre le 1 et le 7/1/1944. Ces dates sont-elles réellement celles du décès de ces gens ou tout simplement les dates d'enregistrement de leur décès par un état civil débordé par l'accroissement subit de la mortalité ? Ne sont-ce pas des régularisations de décès dans des sous-camps ? On n'en sait rien mais on ne peut écarter a priori l'hypothèse que, confrontés à une situation sanitaire catastrophique (ce fut surtout le cas au cours du second semestre 1942), les Allemands aient euthanasié nombre de typhiques agonisants. On peut même penser que le contraire serait étonnant. Bien entendu, les Allemands sont responsables de toutes ces morts (non seulement ils avaient arraché des innocents à leur foyer mais, en plus, ils les avaient entassés dans un milieu impropre à leur survie) mais on nous permettra de penser que cela est sans rapport avec une éventuelle politique d'extermination.

[6]

Chez les Tziganes notamment, car ils y vivaient en famille : ce traitement de faveur leur avait été octroyé du fait qu'ils n'étaient que des suspects, contrairement aux juifs, qui étaient considérés comme des ennemis. Certains juifs vivaient également en famille, mais ils étaient l'exception.
L'internement des Tziganes n'avait rien de génocidaire, comme veulent nous le faire croire les historiens : c'était avant tout une mesure de sécurité militaire (cette mise au point ne signifie pas, bien entendu, que nous l'approuvions). Comme nous l'avons vu plus haut, ce sont les Français qui, les premiers, internèrent les Tziganes : leurs motivations étaient les mêmes que celles des Allemands.

[7]

Voyez son témoignage dans Comité International Auschwitz, « Anthologie », Tome II, 2e partie, p. 159-169 : Stanislawa Leszczynska, « Rapport d'une accoucheuse d'Auschwitz » (article publié en 1965)

[8]

Pour plus de détail sur ces naissances à Auschwitz, voyez notre article « Joseph G., juif polonais né à Birkenau en 1943 et arrivé en France en 1945 ».

[9]

Pour plus de détails sur ce convoi, voyez notre article « Mais pourquoi donc les enfants juifs déportés de Vught (Pays-Bas) à Auschwitz le 3 juin 1944 n’ont-ils pas été gazés ? »
A propos d’enfants censés avoir été gazés à Auschwitz mais qui en sont revenus, voyez aussi nos articles suivants :
« Mais pourquoi donc Sara (11 ans), son petit frère et son (tout) petit neveu n’ont-ils pas été gazés ? »
« Des enfants rescapés d’Auschwitz »
« A propos des jumeaux d’Auschwitz »
« Un témoignage d'enfant sur Auschwitz »
« Interview des jumeaux Irene H. et René S. »

[10]

En ce qui concerne les garçons, le camp des hommes de Birkenau en comptait au 7/9/1944, 566 dont 189 (les plus jeunes) vivaient avec leurs mères au camp des femmes, tout en figurant dans la statistique du camp des hommes (ceci doit être mis à la décharge des SS : ils ne séparaient pas les enfants en bas âge de leurs mères). Au total, quelque 1.000 enfants vivaient à Birkenau à cette époque.

[11]

Témoignage de l'agronome SS Thies Christophersen : 

[Birkenau] « était surpeuplé et tout y était négligé et sale. J'y vis des familles avec leurs enfants. Ce spectacle me fit mal. Mais on me dit qu'on ne voulait pas séparer les enfants de leurs parents lorsque ceux-ci faisaient l'objet de mesures d'internement. Quelques enfants jouaient joyeusement au ballon. Je pense néanmoins que leur place n'est pas dans un camp d'internement et je considère comme une mauvaise excuse le fait que les Anglais en aient fait autant pendant la guerre des Boers. Je le dis à mon supérieur qui me répondit : 'Je suis de votre avis, mais je n'y peux rien !'. »

[12]

Ainsi que nous l'avons vu dans l'annexe 8, une note du 8/7/43 indique que ces malades ont été envoyés à l'hôpital ou dans des « Schönungsblocke » (dont l'abréviation pourrait bien être également « S.B. ».

[13]

Carlo Mattogno, « ‘Sonderbehandlung’ (...) », op. cit., p. 136 sqq.


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