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Annexe 8 - Les mots « traitement spécial », « action spéciale », « transfert », « réimplantation », etc. étaient-ils codés ?

Ces mots sont, on le sait, interprétés différemment :

Examinons, dans l'ordre chronologique, quelques cas d'emploi de ces différents mots. Mais auparavant, rappelons que nous avons déjà eu à rencontrer à plusieurs reprises le fameux mot « Sonderbehandlung » (« traitement spécial ») dans le chapitre consacré aux crématoires et que nous avons pu démontrer sans contestation  possible que ce mot ne peut avoir la signification criminelle que les historiens lui donnent. 

1. Dans un devis global du 15/7/1942 transmis à Berlin le 3/8/1942, Bischoff demande la fourniture de « 4 baraques pour le traitement spécial des détenus à Birkenau » (« 4 Stück Baracken für Sonderbehandlung der Häftlinge in Birkenau »). C'est, dit Pressac, la toute première fois que le mot « traitement spécial » apparaissait et ces 4 baraques étaient destinées au déshabillage des détenus à gazer dans les Bunkers 1 et 2 (les fermettes transformées en chambres à gaz) ; jusqu'alors, les juifs à gazer se déshabillaient en plein air et Himmler avait trouvé que cela faisait désordre.
C'est là une nouvelle pétition de principe ; Pressac ne donne aucune preuve de cette destination criminelle et il a sucé toute cette histoire de son pouce (tout en l'accompagnant de références trompeuses). Ce n'est pas tout : Mattogno a découvert que la citation faite par Pressac est tronquée : en effet, le texte exact est :

«BW 58
5 baraques pour le traitement spécial et le logement des détenus, baraques-écurie type 260/9 (O.K.H.)
[soit :]
4 baraques pour le traitement spécial des détenus à Birkenau
1 baraque pour le logement des détenus à Bor
[1]
Prix de 1 baraque : 15.000,-- RM
Prix total pour 5 baraques : 75.000 RM
» [2]

Il s'agit donc d'un descriptif global pour un chantier unique mais éclaté à Birkenau et à Bor (le Bauwerke 58) comprenant des baraques pour le traitement spécial à Auschwitz et pour le logement des détenus à Bor : il est difficile d'affirmer que ces baraques étaient destinées au déshabillage des juifs inaptes à gazer à leur arrivée à Birkenau. Cette interprétation est d'ailleurs confirmée par un autre document (que ne cite pas Pressac et que Mattogno a ramené de Moscou) ; ce document donne l'inventaire des besoins de chaque Bauleitung et, pour le BW 58, indique : « 5 baraques-écurie (traitement spécial) [soit] 4 à Birkenau [et] 1 à Budy » [3] ; or, ce document est daté du 31/3/42 c'est-à-dire qu'il est antérieur à la décision supposée d'affecter Auschwitz à l'extermination des juifs : on ne peut donc affirmer qu'en l'occurrence, le « traitement spécial » consistait dans le gazage des juifs à Birkenau.
Mais alors à quel usage ces 4 baraques étaient-elles destinées ?  En réponse, Mattogno cite divers documents dont une lettre du  9/6/42 de la ZBL à la SS-WVHA : « Le commandant du KL Auschwitz, le SS-Sturmbannführer Höss, a réclamé verbalement la construction de 4 baraquements d’écurie pour le traitement spécial des juifs [für die Sonderbehandlung der Juden] pour le rangement des effets personnels [zur Unterbringung der Effeckten]. / Je vous prie de m’en donner l’autorisation vu que cette affaire est extrêmement urgente et que les effets personnels doivent absolument être mis sous toit [und die Effekten unbedingt unter Dach gebracht werden müssen]. » Pour Mattogno, ces baraquements (Il en fut finalement construit 5, les dernières en octobre 42) étaient liés à l’Opération Reinhardt, dont l'un des volets consistait dans la récupération des biens confisqués aux juifs réimplantés en URSS après être passés par un des camps du Bug (Treblinka, Sobibor, Belzec : cf. les 1.274.166 juifs « sonderbehandelt » du Rapport Korherr dont nous parlerons dans le tome 2), notamment leurs effets personnels : ceux-ci étaient nettoyés et désinfectés à Auschwitz par les détenues du Sonderkommando Reinhardt. Certes, ces baraques étaient reliées à une chambre à gaz  mais à une chambre d’épouillage, la « Aufnahmebaracke mit Entlausung » (« BW 28 »), celle dont il est question dans le programme de la visite de Pohl en septembre 42 et dont nous avons déjà parlé (« Chambre d'épouillage et d'effets/Opération Reinhard/ […] Station n° 2 de l'Opération Reinhardt » [4]). On notera que cet ensemble d'« Entlausungs- u. Effektenbaracken » n’était pas situé à l’intérieur du camp mais à l’extérieur, à proximité de la gare des marchandises d’Auschwitz, dans une annexe appelée « Canada I ». (L’autre « Canada » se trouvait à Birkenau.) 
Il en sera à nouveau question à l'occasion d'une commande de la ZBL à la menuiserie (« Häftlingstischlerei ») en date du 6/10/42 : « Commande 2143/435 pour l’installation d’épouillage / Quarantaine Camp de prisonniers de guerre et Camp de concentration des femmes et aussi Logis de la troupe Camp de prisonniers de guerre / A la menuiserie des détenus d’Auschwitz / 6 portes étanches aux gaz / Embrasure de 100/200 / A réaliser comme les portes pour le trait[ement] spécial des j.[uifs] (…) » [5]. En fait, prouve Mattogno au terme d'une démonstration dont nous ne pouvons donner ici le détail, ces portes servant au « Sonderbehandlung » et qui doivent servir de modèle sont les portes de l'installation d’épouillage de l’Opération Reinhardt. [6] 

2. En juillet 1942, la construction du Krema II est entreprise. Le 13/10/1942, Bischoff écrivait à Berlin (qui aurait sans doute pu s'étonner de ce que cette construction ait fait l'objet d'un marché de gré à gré et non d'une adjudication sur appel d'offres) qu'il avait été nécessaire de commencer ces travaux dès juillet « en raison de la situation créée par les actions spéciales » (« wegen der durch die Sonderaktionen geschaffenen Lage »). « Cette indication, dit Pressac, confirme formellement le rôle essentiel que joua le nouveau crématoire [le II] dans le choix d'Auschwitz comme site d'anéantissement massif des juifs ». Les révisionnistes ne partagent pas cette interprétation : selon eux, les « actions spéciales » consistaient dans le transit des juifs (et dans la mise au travail provisoire d'un certain nombre d'entre eux) ; le typhus s'était déclaré à l'occasion de ces actions et faisait mourir de nombreux déportés ; on pouvait craindre qu'il ne devienne endémique et en conséquence de cette situation imprévue (c'est-à-dire le typhus et non la décision qui lui était antérieure de déporter les juifs), il avait fallu d'urgence et au mépris des règles administratives, construire l'outil permettant de se débarrasser des cadavres de ces typhiques dans des conditions satisfaisantes du point de vue de l'hygiène. Le mot « actions spéciales » ne peut avoir le sens génocidaire que lui donnent les historiens : il n'y a pas de lien direct entre ces « actions spéciales » et l'urgence dans la construction des crématoires (lesquels avaient été initialement prévus pour les prisonniers russes), mais bien entre les conséquences sanitaires imprévues de ces « actions spéciales » et l'urgence de la construction des Kremas, ce qui n'est pas la même chose. On aurait même plutôt là la preuve que la déportation n'aboutissait pas à l'extermination, puisqu'on avait commencé cette déportation-extermination sans attendre la construction des indispensables crématoires. Il est évident que si on avait déporté les juifs en Pologne pour les exterminer à l'aise, on aurait d'abord construit les crématoires !
Pour se convaincre encore davantage de ce que ces mots n'ont pas la signification proposée, ou plutôt imposée par les historiens, on pourra se référer par exemple à deux documents cités par Mattogno : 

La « Sonderaktion » et le « Sonderbehandlung » sont donc des tâches identiques qui ne consistent pas dans le gazage des juifs. Il en est de même d'ailleurs des « Sonderbaumassnahmen » dont il sera question par ailleurs. Ainsi dans diverses versions de l'organigramme de ses services, Bischoff désignera indifféremment la tâche de la Bauleitung de Birkenau (la « Bauleitung des Kriegsgefangenenlagers » ) par :

3. Pressac dit que, dans un compte rendu de l'importante réunion des 19 et 20/8/1942 entre Prüfer de Topf et des adjoints de Bischoff, réunion au cours de laquelle furent commandés les Kremas III, IV et V, Ertl, chef du Département Hochbau de la ZBL dit notamment : « En ce qui concerne l'installation de 2 fours à 3 moufles près de chacune des "Installations de bain pour les actions spéciales", l’ingénieur Prüfer propose de prélever les fours d’une commande déjà prête et destinée à Mogilew (…) » [8]. Ertl, en déduit Pressac, appela les Bunkers 1 et 2 « installations de bain pour actions spéciales », ce qui indique clairement que ces Bunkers étaient des installations de gazage. Encore une pétition de principe ! En fait, Ertl, qui, plus tard, fut jugé avec Dejaco sur ces faits à Vienne, expliquait que Prüfer proposait la construction dans le camp de prisonniers de guerre (Birkenau) de 2 Kremas simplifiés (qui ne seront finalement pas construits) à proximité des « installations de bain pour les actions spéciales » (les guillemets sont de Ertl : ils doivent s'expliquer par le fait que ces installations n'étaient alors qu'à l'état de projet) mais il ne donne aucune indication de leur emplacement : pas plus que pour les 4 baraques du point 1 ci-dessus, il n'a été dit qu'il s'agissait des Bunkers 1 et 2 ; ce n'est qu'une déduction de Pressac, lequel, du fait qu'il mélange constamment documentation et déduction, donne l'impression fausse à son lecteur que tout ce qu'il écrit s'appuie sur des documents.
Ces installations sont en fait

Il ne faudrait d'ailleurs pas voir de lien direct entre ces nouveaux crématoires et ces installations de bain, toutes les installations annexes du camp étant regroupées dans un même secteur (crématoires, bains, hôpitaux, terrain de sport, station d'épuration des eaux, etc...). On aurait tout aussi bien pu trouver la précision « à côté du terrain de football » sans pouvoir rien en déduire. Dans ce cas non plus, le mot « action spéciale » ne peut avoir de sens génocidaire : au contraire, il renforce la vraisemblance de la thèse des réimplantations.
Au passage, expliquons pourquoi il été question à cette époque d'installer 2 Kremas simplifiés ; Auschwitz ne disposait alors que du seul petit Krema I et celui-ci était à nouveau retombé en panne alors que l'épidémie de typhus prenait l'ampleur tragique qu'on sait ; catastrophée, la SS du camp envisagea donc d'installer 2 Kremas simplifiés faciles à monter et déjà préfabriqués.

C'est le moment de tenter une hypothèse d'ensemble -encore qu'imparfaite, faute d'avoir accès aux archives- sur ces Sauna, Kremas, Bunkers et chambres d'épouillage de Birkenau, étant entendu que toutes ces installations servaient à épouiller les déportés et leurs effets (comme le dit justement Pressac, « A l'épouillage des effets s'associait le lavage obligatoire des détenus ») et à incinérer les morts de mort naturelle, notamment du redoutable typhus.

Sous la pression des évènements (retard dans les travaux, arrêt de l'épidémie, reprise de l'épidémie, etc.), les Allemands changèrent plusieurs fois leurs plans et il est difficile pour le moment de les suivre au travers des interprétations doctrinales des exterminationnistes.

4. Le 22/7/1942, Auschwitz reçoit un télégramme du SS-WVHA l'autorisant à envoyer à Dessau « un camion de cinq tonnes afin d'aller prendre livraison du gaz destiné au gazage du camp pour combattre l'épidémie, qui s'est déclarée » [9].
Naguère, pour les historiens, ce message était codé : l'épidémie n'était qu'un prétexte à la livraison de gaz à des fins criminelles. Mais depuis, Pressac est arrivé et, sans être contredit par les historiens, a tout bouleversé, ainsi que nous l'avons vu : il affirme que ce gaz était bien destiné, au moins à concurrence de 97%, à combattre les épidémies. Il a calculé que 5 tonnes de gaz auraient pu servir à gazer 1.250.000 personnes, soit plus qu'il n'en est jamais passé par Auschwitz et dès lors, il conteste qu'on ait pu envoyer un ou plusieurs camions de 5 tonnes chercher de quoi procéder à l'extermination des juifs. Tous ces camions servaient effectivement, ajoute Pressac, à des fins sanitaires. [10]
Les autres traces de livraisons semblables de Zyklon-B depuis Dessau (à 100 km au sud-ouest de Berlin), traces jugées naguère encore criminelles, sont les suivantes :

Si l'on étend le raisonnement de Pressac, en l'occurrence, les termes « désinfection », « traitement spécial », « réimplantation des juifs », « Zyklon » et « gazage du camp » sont équivalents et n'ont aucun sens génocidaire. On pourrait même y trouver des preuves de la réalité de la réimplantation des juifs en URSS.
Mais Pressac, prévoyant les conséquences désastreuses qu'aurait sa révision pour le Dogme essaye aussitôt de chasser les mauvaises pensées que pourrait avoir son lecteur :

« Vers le 20 Août [1942], les stocks de Zyklon-B étaient presque épuisés et l'épidémie toujours vivace. Une nouvelle demande de produit aurait conduit les SS d'Auschwitz à avouer qu'ils ne contrôlaient toujours pas la situation. Une astuce fut trouvée. Mettre sur le dos des juifs les effarantes quantités de gaz employées. L'autorisation de transport accordée le 26 août le fut pour 'traitement spécial'. Bien que les responsables du SS-WVHA de Berlin sussent la finalité du 'traitement', ils en ignoraient les modalités, c'est-à-dire les quantités de toxique utilisées. Ce qui permit de leur faire croire que la majorité du Zyklon-B livré servait aux gazages homicides dans les Bunker 1 et 2, alors que 2 à 3 % suffisait. Ainsi, 97 à 98 % du gaz pouvait être consacré à l'épouillage ».

Pressac a, bien entendu, tiré tout cela de son pouce et si la matière de ce livre n'était aussi tragique, on en rirait de bon cœur.

C'est le moment de dénoncer à nouveau une des techniques chères aux historiens et dans lesquelles ils excellent : charger leurs ennemis de ce qui, en fait, les décharge. Si les Allemands avaient voulu exterminer les juifs, ils les auraient laissés en compagnie de leurs poux ; comme ils n'étaient pas dépourvus d'humanité (bien qu'ayant de grands torts vis-à-vis de tous ces malheureux déportés, c'est entendu), ils tentaient de réduire ces épidémies grâce à l'épouillage, à la désinfection, etc. par le Zyklon-B ; c'était d'ailleurs leur intérêt. Cela n'absout évidemment pas les SS, mais cela les décharge quelque peu et il est inique que les historiens en aient fait un élément à charge. C'est un peu comme si, portant secours à un accidenté de la route (à la suite d'un accident que vous auriez provoqué), vous étiez accusé de vouloir le dépouiller. 
Ceci dit, il est incontestable aussi qu'une partie de ce Zyklon servait à épouiller les effets confisqués aux juifs dans l'Opération Reinhardt ; les Allemands justifiaient ces confiscations en expliquant qu'ils voulaient indemniser les civils allemands qui avaient tout perdu dans les bombardements alliés, lesquels étaient la conséquence d'une guerre déclenchée par les juifs ; certes, on peut ne pas admettre ce point de vue mais sans pouvoir pour autant y trouver la preuve que les Allemands gazaient les juifs. 

5. Le 14/9/1942, une lettre parle de « transfert immédiat des [cinq] camions alloués vers le camp de concentration d'Auschwitz, ces véhicules devant être immédiatement utilisés pour des actions spéciales » [12]. M. Steinberg y voit une allusion au transport de gaz et D. Czech, plus généralement, un rapport avec l'extermination des juifs ; ces camions, dit Pressac, devaient servir au transfert des inaptes depuis la rampe de la gare de marchandises d'Auschwitz aux Bunkers 1 et 2. C'est une nouvelle pétition de principe. Sur la base de cet extrait et du point 3 ci-dessus, on pourrait tout aussi bien affirmer que ces camions pouvaient servir à toutes sortes de transports, certes en rapport avec la déportation des juifs mais sans nature génocidaire pour autant (transfert de détenus immatriculés vers des sous-camps de travail, transport de bagages, opération de réimplantation effective c'est-à-dire de transport vers les lieux de la réimplantation -ou du moins vers un ghetto de transit-, etc.). Pour Mattogno, ces camions devaient surtout servir au transport des effets pris aux juifs depuis la gare de marchandises d’Auschwitz au Kanada I et à la « Station 2 de l’Action Reinhardt » de Birkenau. [13]  

6. Du 2/9/1942 au 8/11/1942, le professeur Kremer participe à une quinzaine d'« actions spéciales » soit à l'occasion de l'arrivée de convois de déportés juifs, soit à l'occasion d'opérations concernant des juifs déjà internés. Nous avons déjà dit plus haut ce qu'il fallait en penser.

7. A partir de l'automne 1942 (voir la discussion sur la capacité des Kremas), le mot « traitement spécial » apparaît plus d'une centaine de fois dans l'intitulé de documents traitant de la construction du camp de prisonniers de guerre de Birkenau (dont, mais ce n'est qu'une partie des travaux à réaliser, les 4 Kremas II à V), qui doit être (provisoirement selon nous) affecté aux juifs le temps de réaliser l' « action spéciale » qui les visent. Comme, de l'aveu même de Pressac, c'est l'extension du camp (200.000 prisonniers de guerre russes) et l'épidémie de typhus qui sont à l'origine de cette extension du programme incinérateur, on ne peut guère prétendre que « traitement spécial » est synonyme de mise à mort industrielle. (Cf. le chapitre consacré à la capacité des fours.) 

8. Le 18/12/1942, Bischoff informe Berlin par télégramme secret [14] que les travaux du Krema II ont dû être interrompus « pour des raisons de sécurité » à cause d'une « action spéciale » de la Gestapo (« Sonderaktion aus Sicherheitsgründen »), action qui a démarré le 16/12/1942 et qui vise le personnel civil des entreprises chargées de la construction des Kremas en compagnie de détenus ; tout le camp était consigné en raison des épidémies ; finalement, la Gestapo laissera ces travailleurs civils partir en congé du 23/12/1942 au 4/1/1943.
Qu'était-ce que cette action spéciale ? Ce n'était en tout cas pas une opération d'extermination. Pressac dit que, bloqués depuis 5 mois à cause de la mise en quarantaine du camp et privés de congé de Noël et Nouvel-An, ces employés s'étaient mis en grève et que l'« action spéciale » consistait en une enquête de la Gestapo.

9. Le convoi français n° 5 parti de Beaune-la-Rolande le 28/6/42 était notamment constitué de juifs arrêtés au terme d'une « Sonderaktion » qui a consisté à leur arrestation dans la région d’Orléans le 25/6/42. [15] 

10. Dans le Kalendarium, on lit :

D'après les historiens, le Kommando Zeppelin était chargé de recruter des intellectuels russes pour les états-majors des Einsatzgruppen et, pour des raisons de sécurité, ces gens ne pouvaient être libérés de leur emploi ; dès lors, s'ils tombaient malades, il convenait de les exécuter. Ce ne serait pas tomber dans la pratique du dénigrement systématique chère aux historiens de supposer qu'en l'occurrence, ces deux malheureux aient été assassinés et que, dans ce cas, « traitement spécial » signifie « mise à mort » mais on en conclura surtout que tant de formalisme de la part de la SS de Breslau et d'Auschwitz ne correspond absolument pas à ce que nous racontent les historiens. Cet échange de correspondance pour deux détenus tuberculeux et leur transfert à 250 km de leur lieu de détention tendraient à prouver que la SS ne se livrait pas dans le même temps aux massacres systématiques que décrit la littérature holocaustique. Dès lors, quand on lit plus loin :

de quel droit, les historiens en déduisent-ils que ces malheureux ont été exterminés ? D'autant plus que, comme nous l'avons vu dans la discussion sur la capacité des crématoires, Auschwitz ne disposait à cette époque que des Bunkers 1 et 2 dont la capacité journalière, d'après ce que dit Pressac, était inférieure à 500 personnes par jour. 

11. Czech dit dans le Kalendarium en date du 26/2/1943 que la rubrique « divers » du « Registre Principal » des Tziganes (« Hauptbuch ») a parfois été utilisée comme suit :

Czech en conclut -non sans hardiesse- que « SB » (pour « Sonderbehandlung » ?) signifie « exécution », ce qui constitue une nouvelle pétition de principe de sa part.

12. En mars 1943, Korherr, statisticien de la SS, remit à Himmler un rapport célèbre dans lequel il parle, en donnant à ces mots la même signification, de « transfert » et de « traitement spécial ». Nous en parlerons plus en détail dans le tome 2.

13. En juin 1943, Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland, envoie une lettre concernant les condamnés juifs auxquels on a arraché leurs dents en or avant leur exécution. Il y parle de « Sonderbehandlung » et nous verrons dans le tome 2 qu'il est clair que ce terme ne peut être synonyme d'« extermination » mais plutôt de « surveillance active après réimplantation » et cela, même si, dans le même temps, se perpétraient d'affreux massacres de juifs.

14. Il est question dans Poliakov, qui se réfère à la déposition au procès de Jérusalem d'une détenue employée à l'Etat civil du camp, que la mention « SB » (pour « Sonderbehandlung » = « traitement spécial » ?) était portée sur la fiche des détenus immatriculés, qui venaient à être gazés après une sélection interne. Mais le même témoin a indiqué, au cours de la même déposition, qu'on indiquait toujours, à la rubrique « cause du décès » des registres mortuaires une cause naturelle, laquelle, dans les cas d'exécution, était une maladie imaginaire (par exemple « crise cardiaque ») : comme nous le verrons dans le tome 2, l'examen des Sterbebücher (registres mortuaires) confirme cette pratique : on pourrait en déduire que la mention « SB » ne se référait donc pas à des décès mais bien à autre chose.

15. Dans le film « Shoah », le premier grand témoin de l'extermination des juifs, Rudolf Vrba, dit que les juifs de Theresienstadt arrivés à Auschwitz en fin 1943 et au début 1944, furent immatriculés en bloc sous la rubrique « Traitement spécial après quarantaine de 6 mois » avant d'être gazés au bout de quelques mois (nous en reparlerons en annexe 9) : il apparaîtra à tous qu'il est insensé d'affirmer qu'en l'occurrence, « traitement spécial » puisse signifier autre chose que « réimplantation ». Il est vrai, toutefois, que ce témoin (Vrba) est peu crédible.

16. Le documentaire « Auschwitz ou la mémoire qui revient » montre un document donnant l'état des effectifs (« Stärkemeldung ») du camp des femmes de Birkenau en date du 7/10/1944. Le Kalendarium, pour cette époque, se réfère avec constance à ces « Stärkemeldungen ». Les sorties de ce 7/10/1944 sont ainsi libellées :

mortes de mort naturelle
S.B.
libérations 
transferts
7
1.229
8
1.150

Un document semblable donnait déjà 8 femmes « S.B. » le 2/10/44 et un autre, 989 femmes « S.B. » le lendemain.
« S.B. » disent historiens et journalistes aux ordres, signifie « Sonderbehandlung » (« traitement spécial »), mot de code pour « gazage » : pour eux, les 1.229 détenues « S.B. »  étaient des détenues immatriculées devenues improductives et gazées. C'est vite dit : en effet, depuis le 1/10/1944, la statistique du camp des femmes de Birkenau reprenait toutes les femmes, c'est-à-dire les « immatriculées » et les détenues « en transit » ou « en dépôt », pour l'essentiel des juives hongroises, arrivées en tel nombre à l'été 1944 que la SS n'avait pas pu les soumettre toutes à l'opération de sélection et les avait mises provisoirement « en dépôt » (on notera au passage que, comme on ne connaît pas leur nombre, la vraisemblance est que les historiens les considèrent déjà comme ayant été gazées à l'arrivée) ; par la suite, elles firent l'objet de cette opération de sélection et très probablement, cela se traduisit dans la statistique par l'apparition de la rubrique « S.B. » (ce qui donne l'occasion aux historiens de les gazer une deuxième fois). Comme on ne possède ces « Stärkemeldungen » que pour les femmes de Birkenau et pour octobre à décembre 1944 (avec utilisation de la mention « S.B. »  décroissant dans le temps et disparaissant même fin novembre avec, sans doute, la fin de cette opération de sélection tardive), on ne peut rien affirmer mais cette interprétation semble vraisemblable.
D'une part, il est étonnant, dans l'hypothèse exterminationniste, que les SS aient comptabilisé dans l'effectif du camp des femmes qui n'avaient pas encore été soumises à la sélection et parmi lesquelles il devait y avoir un grand nombre d'inaptes (les 2/3 en règle générale, disent les historiens), inaptes qu'il aurait donc fallu gazer par la suite et sortir de la statistique de façon crédible. La façon la plus simple de maquiller le crime était de ne pas comptabiliser ces femmes avant la sélection, puis, après la sélection, d'immatriculer seulement les femmes retenues pour le travail ; les femmes gazées seraient restées en dehors des effectifs, comme cela avait toujours été fait. « Pas vu, pas pris ». Et si, au moment de l'immatriculation de toutes ces femmes non soumises à l'opération de la sélection, leur intention n'était pas d'exterminer celles qui se révéleraient inaptes, ils auraient encore pu, leur forfait accompli à la suite d'un changement de politique, les sortir sous la rubrique « mortes de mort naturelle » ; de préférence, sur plusieurs jours (les Allemands n'avaient d'ailleurs pas les moyens d'éliminer autant de corps en un seul jour, ce qui exclut que ces 1.229 femmes aient pu être assassinées le même jour). Les Allemands auraient été des criminels bien stupides : ils tentaient de camoufler leurs crimes de 36 façons puis les étalaient presque crûment dans leurs statistiques ! Il y a une alternative plus vraisemblable : ce sont les historiens qui sont stupides (ou de mauvaise foi ?).
D'autre part, en admettant que ces juives « S.B. » c'est-à-dire gazées aient été des femmes immatriculées dès leur arrivée puis tombées malades et devenues improductives, une extrapolation sur 20 mois pourrait amener à penser que 100.000 femmes immatriculées subirent ce sort et c'est, d'un point de vue statistique, insoutenable (en effet, il n'y eut pas 200.000 femmes immatriculées -dont peut-être bien une moitié de juives- et les 3/4 ont survécu à à Auschwitz). On trouverait là la confirmation de ce que ces détenues « S.B. » étaient pour la plupart des juives non immatriculées à leur arrivée et qui venaient de subir avec retard l'opération de sélection, hypothèse que nous avons retenue ci-dessus.
Rappelons enfin -nous en parlons ailleurs- que dans le même temps, la statistique indique que le camp des femmes abritait une population importante de fillettes et de femmes âgées et infirmes : si on avait dû gazer des détenues inaptes, on aurait, bien entendu, commencé par elles. D'ailleurs, comme nous l'avons déjà vu et comme nous le reverrons, la statistique belge indique clairement que le gazage des enfants (et des autres) est une fable.
Mais à quoi pouvait donc bien correspondre la « réimplantation » à une époque où on commençait à évacuer le camp devant l'avancée des Soviétiques ? Apparemment, la politique de réimplantation (du moins à l'Est) était devenue une fiction, fiction néanmoins maintenue envers et contre tout, ainsi que le montre une lettre de Himmler écrite fin juillet 1944 à propos des centaines de milliers de juifs hongrois non déportés (à la suite des pressions internationales) : 450.000 juifs hongrois avaient été « déportés » (« deportiert »), disait Himmler qui ajoutait, que le reste (qui était concentré à Budapest) allait maintenant être « réimplanté » (« umgesiedelt », autre mot de code pour « exterminé » selon les historiens). (Et où donc ailleurs que chez eux, en Hongrie ? Et sans que les historiens prétendent que les Allemands pensèrent effectivement les y exterminer). Quant à ces juives « S.B. », il est bien possible qu'elles aient été réimplantées dans les villages du Niederdonau à l'Est de Vienne ainsi que le pense Mattogno.
Il y a une autre explication : il est possible que ces juives « S.B. » furent envoyées dans les « Schönungsblocke » (en abrégé : « S.B. » ?), lesquels se trouvaient à Auschwitz I. Qu’était le « Schönungsblock » ? C'était l'équivalent d'une maison de convalescence ou de repos, intermédiaire entre le Block ordinaire et le Revier (l’infirmerie) ; on employait aussi le terme de « Rekonvaleszentenblock ». [16] Werner Rademacher et Michael Gärtner en donne une photo d'époque [17] ; ils donnent aussi le texte d'une note du 8/7/43 expliquant que les détenus évacués du camp de Maïdanek pour Auschwitz [Nous en parlons par ailleurs.] sont dans un état de santé lamentable au point qu’une partie d’entre eux n’ont pas été jugés totalement aptes au travail (« nicht voll arbeitsfähige ») et ont donc dû être envoyés dans l’infirmerie (« Häftlingsrevier ») ou dans les blocs de repos  « Schönungsblocke »). En l'occurrence (mais on ne pourrait généraliser), « S.B. » est probablement l'abréviation de « Schönungsblock ».

En conclusion de l'examen de tous ces exemples, on peut affirmer que Pressac a au moins raison sur un point : les historiens ont abusé de la notion de codage. Il est en effet bien rare qu'on ne puisse démontrer de façon convaincante que ces mots ne sont pas des indices criminels.


NOTES

[1]

Bor-Budy était un petit sous-camp d'Auschwitz à vocation agricole, dans lequel les historiens n'ont jamais placé de chambre à gaz. Peut-être n'est-il pas trop tard d'ailleurs ...

[2]

« BW 58   
5 Baracken für Sonderbehandlung u. Unterbringung von Häftlingen, Pfederstallbaracken Typ 260/9 (O.K.H.)
4 Stück Baracken für Sonderbehandlung der Häftlinge in Birkenau
1 Stk. Baracken zur Unterbringung v. Häftl. in Bor 
Kosten für 1 Baracke : RM 15.000,--
mithin für 5 Baracken : Gesamtkosten z.b.N. RM 75.000
»

[3]

« 5 Pfederstallbatacken (Sonderbehandlung) 4 in Birkenau 1 in Budy »

[4]

« Entwesungs- u. Effektenkammer/Aktion Reinhard/ […] / Station 2 der Aktion Reinhardt ». Nous reparlerons abondamment de cette « Aktion » dans le tome 2 (Chap. Mise en place de la politique antisémite après 1939).

[5]

« Auftrag 2143/435 für die Entwesungsanlage / Quarantäne K.G.L. und F.K.L. sowie Truppenunterkunft K.G.L. / An die Häftlingstischlerei Auschwitz. / 6 Stück Gasdichte – Türen / Lichte Mauerweite 100/200. / Ausführung genau wie die Türen für Sonderb.[ehandlung] der J.[uden] (...) »

[6]

Carlo Mattogno, « ‘Sonderbehandlung’ (...) », op. cit.

[7]

Carlo Mattogno, « ‘Sonderbehandlung’ (...) », op. cit.

[8]

« Bezüglich Aufstellung von je 2 Dreimullelöfen bei den "Badenanstalten für Sonderaktionen" wurde von Ing. Prüfer vorgeschlagen, die Öfen aus einer bereits fertiggestellten Lieferung nach Mogilew anzuweigen (...) »

[9]

« Gas zur Vergasung des Lagers, zur Bekämpfung der aufgetretenen Seuche zu holen » 

[10]

On notera qu'après la révision à laquelle se livre ici Pressac, une relecture de l'histoire de Gerstein s'impose : elle renforce la thèse de la mythomanie de ce spécialiste de l'épouillage qui jonglait avec des tonnes d'acide cyanhydrique liquide qu'il prétendait destinées à l'extermination et qu'il aurait, dès lors, essayé de détruire ou de détourner.

[11]

Auschwitz commanda aussi à Francfort (Degesch et Testa) 7,5 T en 42, 12,2 T en 43 et 2 T en 44. En tout, la Degesch aurait livré en 43/44, 160 T à la Wehrmacht (laquelle n'a jamais été accusée de gazer qui que ce soit) et 125 T aux services sanitaires de la SS.

[12]

« Sofortige Überführung der zugeteilten Lastkraftwagen zum Konz.-Lager Auschwitz, da Einsatz dieser Fahrzeuge für Sonderaktionen sofort zu erfolgen har. »

[13]

Carlo Mattogno, « ‘Sonderbehandlung’ (...)  », op. cit., p. 97 sqq.

[14]

La mention « Secret » figure rarement sur les documents relatifs aux Kremas, même sur les plus « compromettants » comme la célèbre lettre de Bischoff parlant de la « Vergasungskeller ».

[15]

Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des juifs de France, 1997, p. 62.

[16]

Voyez le Kalendarium, 8/7/43.

[17]

Werner Rademacher et Michael Gärtner, « Berichte (...) », op. cit.


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