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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves
V. AVEUX ET TEMOIGNAGES
On ne s'étonnera pas que dans une affaire aussi gigantesque, on rencontre des accusés qui avouent et d'autres qui nient farouchement, des témoins à charge et d'autres à décharge. Bien entendu, se plaignent les révisionnistes, on ne nous parle pas des accusés qui nient et pas davantage des témoins à décharge : il faut pourtant savoir que, à quelques très rares exceptions près, les déportés juifs d'Auschwitz disent n'avoir jamais vu de chambre à gaz ; certains disent même n'en avoir entendu parler qu'après leur libération. Nous en reparlerons, mais il nous fallait, d'entrée, rappeler un fait aussi essentiel et qu'effectivement, on nous cache.
Rappelons ensuite que le témoignage et l'aveu sont des choses fragiles et aléatoires. Nous savons tous que n’importe qui est susceptible d’avouer avoir cassé le vase de Soissons au terme d’un interrogatoire mené de façon adéquate. Les exemples de cette fragilité sont innombrables ; donnons-en quand même quelques exemples :
Jadis, des milliers de pauvres femmes (30.000, dit-on) furent torturées puis brûlées vives comme sorcières après avoir avoué avoir couché avec le Diable ; il y eut, bien entendu, des voyeurs qui en témoignèrent. Les aveux des SS battus et torturés (ainsi que nous le verrons) ne sont donc pas non plus a priori convaincants. Les codes d'instruction judiciaire ordonnent d'ailleurs aux magistrats de vérifier soigneusement les aveux des prévenus et nul ne peut être condamné sur son seul aveu.
30.000 témoins catholiques portugais sont censés (Encore ne leur a-t-on jamais demandé leur avis.) avoir vu à Fatima le soleil danser. Il est évident que les témoignages stupéfiants de 30 juifs polonais, tchèques ou ruthènes, qui ne constituent qu'une goutte d'eau dans la masse des rescapés des camps, ne sont donc pas à considérer comme le reflet de la vérité. Il y a des fabulateurs dans tous les milieux.
Plus près de nous, rappelons-nous l'épisode de la « filière boraine » dans l'affaire des « tueurs fous du Brabant wallon ». Michel Cocu, déféré devant la Cour d'Assises après avoir avoué, fut reconnu coupable d'assassinats malgré ses rétractations, les doutes émis par les médias et les plaidoiries convaincantes de ses avocats. C'était d'ailleurs un tel déni de justice que le président du tribunal, usant de tel article du code judiciaire, ne tint pas compte du verdict du jury populaire et relaxa Cocu (du moins pour l'accusation d'assassinats). Les aveux, expliqua ce magistrat, sont des choses fragiles, qui doivent toujours être confrontées avec les réalités objectives.
Autre affaire semblable : relatant les propos tenus par le premier substitut du parquet de Tournai, René Haquin écrivait dans Le Soir du 8/6/2000 : « Mais il a très judicieusement dit qu’avant une telle annonce ‘nous voulions des certitudes,’ parce que ‘les aveux n’ont pas valeur de preuves ‘».
Souvenons-nous aussi des erreurs de la Justice britannique aux dépens des militants de l'IRA et notamment de Judith Ward, laquelle avait fait des aveux complets après avoir été confondue par des preuves « scientifiques », avait, en conséquence, été condamnée à la prison à vie, puis reconnue innocente après 18 ans de prison.
Si, en l'occurrence, les aveux et témoignages furent choses particulièrement fragiles et aléatoires, c'est, disent les révisionnistes, pour les raisons que voici :
Il régnait, en cette fin de guerre, une hystérie collective anti-allemande tout à fait extraordinaire, dont peuvent témoigner tous les contemporains. Pareil climat ne pouvait qu'avoir une influence suggestive sur les enquêteurs, les procureurs, les juges, les témoins et même les accusés.
Les fondements du Droit furent bafoués par les concepteurs et organisateurs des procès contre les Allemands ; dès lors, ces procès, politiques et médiatiques, ne furent souvent que mascarades. Par exemple, les statuts du Tribunal Militaire International de Nuremberg stipulaient que « Le tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves. » (art. 19) ou encore, « Le tribunal n'exigera pas que soit rapportée la preuve des faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. » (art. 1). De la sorte, le TMI avalisera la version soviétique des 4.000.000 de morts d'Auschwitz. En ce qui concerne le procès-mère (Nuremberg), le président de la Cour suprême des Etats-Unis, Harlan Fiske Stone, fit remarquer : « [Le procureur général des Etats-Unis] Jackson est parti diriger des séances de lynchage de haut vol à Nuremberg. Peu m'importe ce qu'il fait aux Nazis, mais je ne supporte pas qu'on aille prétendre qu'il dirige une cour et des débats selon le droit dans son sens habituel. » [1]
Certains témoins et la plupart des accusés furent soumis à la torture
psychique et à la torture physique (notamment les célèbres Höss et Pohl :
pour le premier, il suffit de se référer à ses tortionnaires). Par exemple,
on menaçait le personnel des camps situés en Pologne (C'était le cas
d'Auschwitz.) de les livrer aux communistes polonais ou soviétiques avec les
risques évidents pour leur vie que cette livraison comportait. Mais c'était
là une forme douce de torture ; ainsi, une commission d'enquête américaine,
envoyée en Allemagne en 1948, établit que les Allemands traduits devant le
tribunal américain de Dachau avaient été soumis à des tortures physiques
et psychiques de toutes sortes : ainsi, sur 139 accusés dont le cas fut
étudié, 137 avaient reçu des coups de pied dans les testicules et ils en
avaient gardé des séquelles durables.
Comment des démocrates ont-ils pu en arriver à appliquer des méthodes
qu'ils étaient précisément chargés d'instruire et de juger ? C'est très
simple : que ce soit pour la recherche, l'accusation ou le jugement des crimes
de guerre, Anglais et Américains eurent tendance, bien entendu, à recruter
ceux des leurs qui parlaient couramment allemand ; il s'ensuivit, sans qu'on y
prenne garde, que ces nouveaux services furent composés majoritairement de
juifs allemands naturalisés de fraîche date après avoir fui l'Allemagne
nazie (nous en avons vu un exemple plus haut avec le célèbre substitut
Kempner). Ce noyautage fut facilité par la présence du colonel juif
David Marcus (qui allait devenir commandant en chef de l'armée juive en
Palestine) à la tête de la section américaine des crimes de guerre. C'est
lui qui, à ce titre, sélectionna la plupart des juges, procureurs et avocats
des tribunaux américains satellites de Nuremberg. Écœuré, le président
d'un de ces tribunaux, le juge Wenersturm, qui était également membre de la
Cour Suprême de l'Iowa, démissionna en expliquant notamment au Chicago
Tribune qu'il lui était apparu que 90% du personnel de son tribunal
étaient prévenus contre les accusés pour des raisons politiques et
raciales. Si tout cela est vrai et on a effectivement de bonnes raisons de le
croire, on peut imaginer facilement de quelle manière la justice fut rendue :
tous ces policiers, procureurs, juges et témoins juifs réglèrent leurs
comptes d'une façon tout à fait compréhensible (sans doute aurions-nous
fait la même chose) mais néanmoins parfaitement inique pour la justice et
tout à fait dommageable pour l'histoire. [2]
On ne pourrait donc guère se
baser sur les décisions des tribunaux de Nuremberg et d'ailleurs pour se
faire une conviction sur l'extermination des juifs.
Dans ces conditions et en dehors des cas de torture, on peut comprendre que la
tactique la plus souvent employée par les témoins et les accusés pour
essayer de se concilier les bonnes grâces du tribunal, fut de ne pas nier les
faits essentiels déjà admis par ledit tribunal, mais de se défendre d'y
avoir pris part ou tout au moins de les présenter comme ayant été
exécutés sous la contrainte d'ordres reçus. Ils en rejetaient, si possible,
la responsabilité sur ceux qui étaient déjà morts ou qui étaient
introuvables. Bref, disent les révisionnistes, la plupart des prévenus ou
témoins cités par l'accusation (souvent accusés par ailleurs) essayaient de
sauver leur peau comme ils le pouvaient, sans se soucier des conséquences
historiques de leurs aveux et témoignages.
Toutefois, certains accusés, plus courageux, niaient farouchement mais il
était évident qu'ils ne faisaient qu'aggraver leur cas : de « criminels »,
ils devenaient « criminels endurcis ». Selon les
révisionnistes, l'un d'eux, Richard Baer, qui avait été l'un des
successeurs de Höss à la tête d'Auschwitz, mourut même mystérieusement en
prison. Baer niait avoir gazé qui que ce soit et même avoir jamais entendu
parler de chambre à gaz et son attitude retardait l'ouverture du procès
médiatique et pédagogique de Francfort de 1963, dont Baer, vu ses
responsabilités passées, devait être la vedette. Les dénégations
publiques de pareil accusé auraient été contre-productives pour les
organisateurs du procès et sa mort les arrangeait trop bien pour qu'on ne se
demande pas, en effet, s'il ne fut pas aidé à mourir (le rapport d'autopsie
n'exclurait d'ailleurs pas qu'il ait été empoisonné). Lors du procès, il
ne fut même pas question de son interrogatoire et on comprend pourquoi. On
notera aussi que le troisième et dernier commandant d'Auschwitz, Arthur
Liebehenschel, qui fut pendu par les Polonais, ne reconnut pas davantage la
réalité des gazages, semble-t-il. Josef Kramer, qui fut commandant à
Birkenau, affirma que toutes ces accusations de gazage n'étaient que
mensonges (« Tout ce que je peux répondre à ça, c'est que
c'est faux du début à la fin. ») et les Britanniques le pendirent également (dans le procès de Belsen).
La plupart des témoins à charge sont des juifs victimes de la persécution nazie : leur désir de vengeance, nous en avons déjà dit un mot, est bien compréhensible, mais il n'est pas le meilleur garant de la véracité de leurs dires. Tous ces témoins, sans aucune exception, dirent des choses tout à fait incroyables et, à y bien réfléchir, c'est bien pour cela qu'ils avaient été retenus :
Certains racontaient comment les Allemands fabriquaient du savon avec les cadavres des juifs. (On lira en annexe 3 le résumé d'une étude de R. Faurisson à ce sujet.)
Certains décrivaient des chambres à gaz dans des camps ou l'histoire officielle d'aujourd'hui dit qu'il n'y en eut pas (parfois, les commandants SS de ces camps l'avouèrent aussi et furent exécutés).
Certains autres décrivaient des scènes dantesques manifestement imaginaires : ils racontaient, par exemple, qu'on brûlait jusqu'à 1.000 cadavres de juifs sur d'énormes bûchers qui donnaient une lumière visible dans un rayon de 30 km et émettaient une odeur de chair brûlée qu'on pouvait déceler à la même distance.
Tel autre, déporté sur le Mur de l'Atlantique (Toutefois, il se pourrait même qu'il n'ait pas été déportés du tout !) d'où il s'était évadé pour se réfugier en Suisse, racontait qu'il avait été déporté à ... Stalingrad et qu'il y avait assisté à l'extermination des inaptes belges : son témoignage fut recueilli religieusement par Riegner (Congrès Juif Mondial) et transmis dare-dare aux autorités américaines en appui à son fameux télégramme. [3]
En définitive, les témoignages célèbres les plus
crédibles sont les plus inconsistants et, bien entendu, ils n'ont jamais
été évoqués en justice.
Toutes ces invraisemblances s'expliqueraient, selon Reitlinger, par le fait
que la plus grande partie de la documentation sur les « camps de la
mort » a été réunie par une commission officielle polonaise et une
commission juive, qui ont interrogé les « survivants physiquement
valides, qui étaient rarement des hommes cultivés (...) De plus, le juif
d'Europe orientale est rhétoricien de nature : il aime s'exprimer en usant de
comparaisons fleuries » : ainsi, quand un témoin parle de « wagon-lit »,
il faut comprendre « voiture de voyageurs » (par opposition à
« fourgons à bestiaux »). « Parfois, l'imagination
dépasse toute crédibilité (...) Même les lecteurs qui ne souffrent pas de
préjugés raciaux peuvent trouver un peu trop gros, pour arriver à les
digérer, les détails sur ces assassinats monstrueux et être amenés à
(...) reléguer ces récits parmi les fables (...) Au fond, les lecteurs ont
le droit de penser qu'il s'agit de témoins 'orientaux' pour lesquels les
nombres ne sont que des éléments de rhétorique ». On commencerait,
à lire Reitlinger, à prendre plus au sérieux le dicton russe « Menteur
comme un témoin oculaire ».
L'historien juif Samuel Gringauz n'est pas moins sévère : « (...) la
plupart des mémoires et rapports [des « survivants de l'Holocauste »]
sont pleins de bavardages absurdes, d'outrances d'écrivassiers, d'effets de
théâtre ; ils étalent un culte exagéré du moi, une philosophie d'amateur,
un prétendu lyrisme d'emprunt, des rumeurs non vérifiées, des partis pris,
des attaques partisanes et des apologies.
» [4]
Tout comme Reitlinger et Gringauz, les autres historiens doivent bien admettre que tous
les témoins cités en justice ou dont le témoignage a été largement
diffusé, ont dit des choses extravagantes, mais ne disposant que de ces
témoignages pour étayer leurs thèses et devant bien s'en contenter, ils
rétorquent que ces témoignages sont valables « pour l'essentiel »,
ce qui est, on l'admettra, un curieux raisonnement. Ceci ne les empêche pas
de dénoncer les « pseudo-méthodes » des révisionnistes qui
manqueraient de la rigueur nécessaire à la recherche historique [5] ; en
clair et pour parler comme tout le monde, les historiens admettent, de la part
des témoins, des dérives systématiques par rapport à la version admise par
consensus (c'est-à-dire qui a paru admissible) : l'hyperbole ne semble pas
les déranger et pas davantage la transgression des lois physiques et
chimiques.
Cette tolérance (pour ne pas parler de complaisance) va très loin : ainsi
Pressac, examinant les témoignages du célèbre docteur Nyiszli, du
cordonnier Tauber et de quelques autres, constate que ces témoins décrivent
des choses en moyenne quatre fois plus grandes que ce qu'elles sont ou
devraient être. N'importe qui de sensé en rirait et éconduirait le témoin
; la défense réclamerait un examen psychiatrique ; un juge de mauvaise
humeur ce jour-là le condamnerait pour outrage à magistrat. Les historiens,
eux, ne sont pas troublés par si peu : Pressac en conclut simplement que ces
témoins ont utilisé un « coefficient multiplicateur » qu'il
fixe, en l'occurrence, à 4. Il va jusqu'à généraliser ce raisonnement comme
s'il reposait sur une loi logique : il ne s'étonne donc pas davantage de ce
que le nombre de victimes d'Auschwitz (actuellement fixé à moins de
1.000.000) ait pu être fixé erronément jadis à 4.000.000 : ce n'est qu'un
cas d'application de cette loi.
Théorisant cette « découverte », Pierre Vidal-Naquet
n'hésite pas à écrire dans la préface du livre de Mayer en 1990 : « Que
l'on puisse dire aujourd'hui que tel témoignage important doive être
affecté, quant aux nombres, d'un coefficient de division par quatre est une
conquête scientifique que nous aurions grand tort de bouder. »
Et comme, apparemment, les historiens avaient raison quand ils fixaient le
nombre des morts d'Auschwitz à 4.000.000, ont encore raison au moment où ils
le fixent à 1.000.000, et auront toujours raison quand, demain, on peut le
craindre pour eux, il leur faudra le fixer à 100.000, Vidal-Naquet ajoute :
« On ne diminue pas le crime des Nazis en renonçant à des chiffres
faux. La question du nombre exact des victimes n'est pas essentielle. »
Serait-ce donc un détail ? Jean-Marie Le Pen fut poursuivi pour moins que
cela, ce qui tend, au moins, à prouver que la Justice française est
sélective.
Plus fins et même subtils, bref apparemment très embarrassés, Yannis
Thanassekos et Jean-Marie Chaumont de la Fondation Auschwitz, expliquent : « On
notera enfin que si les exagérations de certains témoignages surprennent ou
même agacent, elles sont renvoyées soit à une pathétisation que le
rescapé croit nécessaire pour compenser la banalité et l'indigence des
mots, soit encore à des facteurs psychologiques de mise en valeur.
L'important est ici peut-être pour commencer que, contrairement à une
opinion assez répandue chez certains historiens en particulier, ils n'en sont
nullement dupes mais aussi que ces exagérations ont comme un fondement
objectif dans l'inconcevabilité même de l'expérience concentrationnaire :
elles apparaissent ainsi comme une forme élémentaire de mise en fiction
destinée à transmettre, au-delà de l'exactitude des chiffres et des faits,
le sentiment de démesure radicale quotidiennement éprouvé. »
Une autre historienne très à la mode actuellement, Annette Wieviorka,
chercheuse au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), est tout
aussi étonnante ; parlant du fameux rapport de Vrba et Wetzel (lequel donne
1.765.000 morts à Birkenau entre avril 1942 et avril 1944), elle écrit :
« Certes, il y a des erreurs, notamment dans les chiffres dont nous
savons aujourd'hui qu'ils sont surévalués, ou dans les descriptifs des
chambres à gaz. Mais ces erreurs sont minimes par rapport à l'exactitude
globale du rapport et du processus d'anéantissement qui s'y déroule. »
Et d'excommunier les révisionnistes coupables d'« hypercritique »
et de renvoyer pour « contre-hypercritique » les historiens,
comme Jean-Claude Pressac, qui tentent de leur répondre : le travail de
Pressac sur la technique employée dans les gazages, dit-elle encore, est
certes utile pour faire taire les « négateurs » et permettre
une meilleure estimation du nombre de victimes mais il n'en constitue pas
moins « un produit monstrueux en ce qu'il gomme totalement l'humanité
des victimes et réduit ainsi Birkenau et la destruction des victimes à un
pur problème technique. »
Cette attitude peu scientifique, on le notera, est une constante chez les
historiens (en dehors de Wellers et, plus récemment, de Pressac, raison pour
laquelle nous nous référerons si souvent à ce chercheur). En 1979, par
exemple, Le Monde publiait une déclaration de 34 historiens français,
dont Poliakov et Vidal-Naquet ; le point fort en était : « Il ne faut
pas se demander comment techniquement un tel meurtre de masse a été
possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu. Tel est le
point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette
vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n'y a pas, il ne
peut y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz ». [6]
De suite après la guerre, le docteur Bendel, célèbre témoin au procès de
Belsen et au procès Tesch, ne disait déjà rien d'autre. Comme le rappelle
Carlo Mattogno, un avocat de la défense l'interrogea sur une des nombreuses
absurdités de son témoignage, à savoir que les Allemands, en telle
circonstance, avaient enfermé 1.000 prisonniers dans une pièce de 40 m2 et
64 m3 (ce qui donne 25 personnes par m2 et 16 personnes par m3) :
Avocat : « Comment est-il possible de faire entrer 1.000 personnes dans une pièce de 64 m3 ? »
Témoin : « Cela, il faut se le demander. Cela ne peut se faire qu'avec la technique allemande. »
Avocat : « Soutenez-vous sérieusement que dans un espace d'un demi-mètre cube, on puisse mettre 10 personnes ? »
Témoin : « Les 4 millions de gens qui ont été gazés à Auschwitz en sont les témoins. »
Toutes ces bizarreries, venant de gens diplômés
d'universités, d'historiens et d'universitaires à la mode, de chercheurs
travaillant dans des institutions prestigieuses, donnent une idée du
délabrement du raisonnement que peuvent provoquer la fièvre dogmatique et le
conformisme ; l'argument d'autorité remplace la discussion et la pétition de
principe remplace le syllogisme : on tient pour vrai ce qui fait l'objet même
de la question. Cette attitude vicieuse a pourtant sa logique, pensent les
révisionnistes : incapables de discuter du pourquoi et du comment, certains
historiens préfèrent ne pas en discuter du tout et jeter le discrédit sur
ceux qui acceptent d'en discuter ; pire, la plupart se souillent au point de
réclamer l'emprisonnement de leurs adversaires !
Et pourtant, la méthode des révisionnistes semble licite et c'est une
méthode policière habituelle : interrogatoire, contre-interrogatoire,
confrontation, critique, réflexion, doute, expertise, reconstitution
permettent de faire le tri entre les témoins honnêtes et les inévitables
fabulateurs. Seuls, me semble-t-il, les bigots peuvent contester ce point de
vue. Si, jadis, dans les procès en sorcellerie, les juges s'étaient
davantage préoccupés (ils le firent parfois) de la longueur de la queue du
diable, ils n'auraient pas envoyé tant de malheureuses femmes au bûcher. De
la sorte, peu de témoins sortent indemnes du travail de critique des
révisionnistes, si ce n'est quelques rares témoins qui n'ont rien dit de
concret : quand on parle du diable, il vaut mieux ne pas donner trop de
détails.
Si la théorie du « coefficient multiplicateur » (ou « diviseur »,
c'est selon) expliquerait les absurdités des témoins (sans que Pressac
détaille leurs motivations), comment expliquer celles des SS en aveu ?
Pressac les explique par la même théorie et il donne même les motivations
psychologiques des SS : ceux-ci ont exagéré leurs méfaits « par
orgueil professionnel » et « par vantardise » (« par
fierté professionnelle », disait déjà Reitlinger) : ainsi, par
exemple, ont-ils utilisé dans le calcul des capacités de crémation
d'Auschwitz un « coefficient multiplicateur » de 2 à 3 (et
même bien plus). Pressac va jusqu'à attribuer aux SS une large
responsabilité dans les invraisemblances de l'histoire officielle. Il y a
peut-être parfois du vrai dans cette explication (et, à l'occasion, nous ne
manquerons pas de nous y référer, par exemple, lors de l'examen du rapport
Korherr et du cas des Einsatzgruppen) mais on est en droit de se
demander si les exagérations et invraisemblances (on n'ose dire les
mensonges) contenues dans leurs aveux, n'étaient pas le plus souvent la
conséquence de coups de pieds reçus dans les testicules.
Avant d'examiner quelques cas de témoignages célèbres sur l'extermination des juifs dans des chambres à gaz, relevons à nouveau que certains témoins ont raconté qu'il y avait eu aussi des chambres à gaz homicides dans des camps non juifs comme Dachau, Buchenwald ou Bergen-Belsen : leurs prétentions sont généralement combattues par les historiens soucieux de garder aux seuls juifs le monopole de la mort génocidaire. Parmi eux, le bien connu Arthur Haulot, ancien commissaire général (belge) au tourisme, qui, en 1945, au retour d'Allemagne, écrivit un « reportage hallucinant sur sa captivité dans les camps de la mort de Dachau et Mauthausen » : Haulot y dit qu'il y eut des chambres à gaz dans ces camps. Or, l'histoire officielle est formelle : il n'y en eut qu'en Pologne dans les camps réservés aux juifs. Certes, Haulot rentrait tout juste de captivité et on peut comprendre certains excès de langage à chaud. Toutefois, il a réédité son ouvrage en 1985 sans rien y changer. Citons encore deux autres affirmations qui apparaîtront extravagantes aux plus bienveillants :
Haulot dit que « (...) toutes les rues avoisinant le camp [de Dachau] ont été tracées et bétonnées par les prisonniers. Et à chaque fois que la bétonneuse avançait d'un mètre, on jetait un juif, qui passait au mortier » ...
Rapportant l'épidémie de typhus de fin 1944, il concède que le mal fut « propagé par les poux » et que les Allemands prirent « quelques timides et incohérentes mesures de défense » mais il ajoute aussitôt en note de bas de page qu'il croit savoir que l'épidémie pourrait peut-être bien avoir été « systématiquement élargie » par les Allemands ...
De son côté, un certain Moshe Peer, qui aurait été déporté de France à Bergen-Belsen à l'âge de 11 ans, racontait encore, pas plus tard qu'en 1993 devant 300 jeunes à la Petah Tikva Sephardic Congregation de Saint-Laurent (Canada), qu'il était passé au moins six fois dans la chambre à gaz de ce camp allemand dans lequel, selon les historiens eux-mêmes, il n'y a pourtant jamais eu de chambre à gaz. Peer disait ne pas savoir comment il avait pu en réchapper ; il émettait prudemment l'hypothèse que c'était dû à son âge : « Peut-être que les enfants sont plus résistants ? ». [7]
Si ce Peer est un illustre inconnu sur lequel il est difficile de porter un jugement, par contre, Haulot, lui, est un homme estimé. Dès lors, pourquoi donc faudrait-il croire a priori les témoins qui attestent les gazages d'Auschwitz et non ceux qui attestent les gazages de Dachau ou Bergen-Belsen ? [8]
Ceci dit, examinons -brièvement, il est vrai- quelques aveux et témoignages célèbres, souvent exploités par les historiens.
Capital a été le témoignage de Rudolf Höss (prononcez Heuss et ne confondez pas avec Rudolf Hess, qui fut le dauphin de Hitler). Höss fut le commandant d'Auschwitz pendant la plus grande partie de la guerre. C'est lui qui créa le camp et mit en place, dit-on, les installations de gazage des juifs. Il a notamment laissé une confession écrite (dans la prison polonaise où il attendait sa grâce ou son exécution), confession,
écrite au crayon à papier (ce qui permet les retouches),
ne comportant aucune rature, ni correction, alors que ce manuscrit comporte plusieurs centaines de pages, ce qui suggère, admet Pressac, qu'il a été recopié,
rédigée généralement en parfait allemand mais comportant, paraît-il, des passages pollués par des fautes d'allemand et des polonismes caractéristiques,
enfin et surtout, contenant des choses incroyables. Qu'a donc dit Höss dans cette confession et aussi lors de ses témoignages oraux précédents, sur des points essentiels ?
Comment, par exemple, tuait-il les juifs ? Il varia dans ses déclarations et, de toute façon, il décrivit un processus irréaliste et impossible à mettre en œuvre. Pressac a bien dû en convenir.
Quand avait-il commencé sa sinistre besogne ? Il ne le savait apparemment pas trop et il hésita beaucoup ; il déclara d'abord : « A l'été 1941, à moins que ce ne soit qu'en septembre », ensuite : « Peut-être seulement en janvier 1942 », puis finalement : « Au printemps 1942 ».
Est-ce qu'il pouvait au moins dire combien de juifs il avait tués ? Non, il ne le pouvait pas, même pas à un million près. A Nuremberg, il déclara : « 2.500.000 dans les chambres à gaz et 500.000 autrement », soit, précisa-t-il, 70 à 80 % des déportés (ce qui fait 3,8 à 4,3 millions de déportés : il devait pourtant bien savoir qu'il y avait eu 4 à 5 fois moins de gens à être passés par Auschwitz.) ; plus tard, en Pologne, il confessa « 1.130.000 » (c'était déjà plus vraisemblable), puis « des millions ». Finalement le tribunal de Cracovie le rendit personnellement responsable de « 2.800.000 morts minimum » (environ 300.000 immatriculés et 2.500.000 minimum non-immatriculés gazés à l'arrivée), le nombre total des victimes étant estimé à 3 à 4 millions. Comme nous l'avons vu plus haut, Hilberg dit aujourd'hui qu'il y eut 1.200.000 de morts sous le commandement de Höss et de ses successeurs (630.000, dit même Pressac). D'après certains, les extravagances contenues dans les aveux de Höss pourraient être en partie volontaires : elles auraient pu être destinées par Höss à discréditer ses aveux aux yeux de la postérité. Pour rester dans les chiffres, comment, par exemple, expliquer les énormités suivantes ? Höss rapporte que Eichmann espérait déporter 3.000.000 de juifs de Hongrie, 4.000.000 de Roumanie et 2.500.000 de Bulgarie. Or, les estimations officielles allemandes de 1942 pour ces 3 pays étaient respectivement de 743.000, 342.000 et ... 40.000.
Il est pourtant à noter que plus le temps passait, plus
Höss retrouvait la mémoire et plus il devenait précis jusqu'à ce qu'on
fut, disent les révisionnistes, en présence d'une version qui avait une
apparence de vraisemblance et sur laquelle fut moulée la version
holocaustique officielle, laquelle inspira de nombreux témoignages
postérieurs. Les jeunes doivent savoir que, auparavant, les témoins et les
historiens étaient fort confus : ils racontaient que les Allemands
utilisaient qui les flammes, qui la vapeur, qui l'électricité tantôt dans
des piscines tantôt sans piscines, qui la chaux vive, qui des pompes à vide,
qui des pompes de « désoxygénation », qui la fusillade, qui
l'arme blanche, etc., certains -pourquoi pas après tout- parlant aussi de
gaz (avec ou sans bain chaud). [9] La commission soviétique qui enquêta à
Auschwitz en 1945 et interrogea 2.819 ex-détenus, déclara le 6/5/1945 que
plus de 4.000.000 de détenus y avaient été exterminés « passés par
les armes, morts de faim, empoisonnés et atrocement torturés ».
Certes, par la suite, cette commission parlait de gaz mais ce n'était qu'un
exemple qu'elle donnait des « mauvais traitements » réservés
aux détenus. Eh oui, voilà la vérité : 2.819 détenus d'Auschwitz (dont
346 de France, 159 de Hollande et 41 de Belgique), interrogés à Auschwitz
même (ce qui donnait une grande force à leur témoignage) et au lendemain de
leur libération (c'est-à-dire sans avoir été influencés par la lecture des
historiens) ont témoigné qu'en résumé, les morts d'Auschwitz
avaient été « passés par les armes », étaient « morts
de faim », avaient été « empoisonnés et atrocement torturés »
! Si le gazage avait été cette arme industrielle décrite par les
historiens, comment croire que ces 2.819 détenus auraient pu l'ignorer ?
Comment ne pas douter que le gazage de masse est, pour l'essentiel, un mythe
fabriqué après la libération des camps ? Les jeunes doivent savoir encore
que pour ce qui est des corps des détenus exterminés, l'historiographie
naissante enseignait couramment qu'on en faisait du savon ou encore des
lubrifiants, à moins qu'on ne les incinérât et qu'on se servit des cendres
comme engrais ou pour nourrir des poissons.
Avec le temps, il est finalement apparu aux yeux des historiens que le
témoignage de Höss les desservait. Dès lors, ils commencent à « lâcher »
ce témoin et cela, bien qu'il constitue la clé de voûte de leur
construction. Ainsi, R. Faurisson cite-t-il :
Hilberg (en 1985 au premier procès Zündel) : « [Cette déposition] semble avoir été un résumé de choses que [Höss] a dites ou qu'il a peut-être dites ou qu'il a peut-être pensé qu'il avait dites, un résumé que quelqu'un lui a fourré sous le nez et qu'il a signé, ce qui est fâcheux. »
Pressac (1989) : « Höss, malgré son rôle essentiel dans la 'Solution Finale', ne peut être considéré actuellement comme un témoin fiable sur les dates et les chiffres. »
Browning (1993) : « Höss a toujours été un témoin très faible et confus. » et encore : « C'est pour cette raison que les révisionnistes l'utilisent tout le temps afin d'essayer de discréditer la mémoire d'Auschwitz dans son ensemble. » [« Rare impudence », commente R. Faurisson, car ce sont les historiens qui se réfèrent « tout le temps » à Höss.] [10]
Autre témoin célèbre : le SS Kurt Gerstein, surnommé l' « Espion de Dieu », dont Hochhut s'inspira dans sa célèbre pièce à scandale « Le Vicaire » et dont les divers témoignages ont été analysés de façon exhaustive par Henri Roques dans la fameuse « Thèse de Nantes ». Ce Gerstein disait s'être engagé dans la SS pour en percer les « secrets » : ceci est déjà un mensonge, car il avait d'abord voulu s'engager dans la Luftwaffe ; celle-ci l'avait réformé et lui avait conseillé de tenter sa chance dans la SS qui engageait à-tout-va. Il y devint le spécialiste de l'épouillage et de l'épuration de l'eau. Son témoignage est celui d'un déséquilibré et d'un mythomane voire d'un mystificateur : il parle, par exemple, de 25.000.000 de morts rien que pour Belzec et Treblinka ; l'ingénieur qu'il était affirme avoir mesuré les chambres à gaz de Belzec (25 m2 de superficie) et avoir compté le nombre de suppliciés qu'on y entassait sous prétexte de leur faire prendre une douche (700 à 800 à la fois), ce qui donne 28 à 32 personnes par m2. Bref, pour les historiens, qui l'ont parfois corrigé, souvent expurgé de ce qui était trop extravagant, c'est un témoignage « valable pour l'essentiel » et pour les révisionnistes, c'est un témoignage extravagant à écarter. En fait, son récit est tellement incroyable que la Justice française se mit à le soupçonner d'avoir participé aux massacres qu'il dénonçait et, victime de son propre jeu, Gerstein se pendit dans sa cellule peu après la rédaction de ses divers témoignages. Il est à noter que, durant la guerre, Gerstein avait déjà fait part de ces gazages de masse à Belzec et Treblinka et qu'après la guerre, un professeur d'hygiène du nom de Pfannenstiel, qui était inspecteur des installations sanitaires de la SS, confirma l'essentiel du témoignage de Gerstein tout en réduisant l'échelle de ces massacres (c'étaient des massacres isolés ignorés de Berlin, etc.) ; on ne peut toutefois pas tenir compte de ce témoignage pourtant capital car Pfannenstiel, pour prix de son refus initial d'avaliser les déclarations extravagantes de Gerstein, fut maintenu plus de 5 ans en prison et, bien entendu, on peut craindre qu'il ait finalement fait comme tout le monde : avouer ce qu'on voulait qu'il avoue pour retrouver la liberté, la paix, sa femme et ses cinq enfants et il fut effectivement relaxé quelques jours après avoir accepté de cautionner Gerstein avec, tout de même, des réticences, ainsi que nous l'avons dit. Toutefois, en privé, Pfannenstiel qualifia le récit de Gerstein de « fantaisiste » (cf. la lettre de Pfannenstiel à Rassinier retrouvée par R. Faurisson et publiée par H. Roques). Par contre, un autre témoin célèbre, le résistant polonais Jan Karski, qui prétendit aussi être entré dans le camp de Belzec, donna une description très différente des opérations de mise à mort (les juifs étaient rechargés dans des wagons dont le plancher était recouvert de chaux vive [11], etc.), de sorte qu'on ne sait même plus lequel de ces témoins déclarés dignes de foi mais en désaccord complet, il faudrait croire pour ne pas tomber sous le coup des lois liberticides des Gayssot, Eerdekens, Mayeur et autres Stengers. [12] L'expert canadien Ball a achevé de discréditer les thèses des massacres de masse à Belzec et Treblinka : Gerstein était, à n'en pas douter, un fabulateur de premier ordre.
Souvent cité et controversé a été le témoignage de Johann-Paul
Kremer (ne confondez pas avec Josef Kramer, qui exerça divers
commandements, notamment à Auschwitz). C'était un professeur d'anatomie
déjà âgé, qui avait été rappelé pour 2 à 3 mois à Auschwitz dans
l'été 1942 au plus fort d'une vague d'épidémies diverses : typhus,
typhoïde, dysenterie, etc. Il tenait un journal, malheureusement en style
télégraphique, dans lequel il a exprimé l'horreur que lui inspirait
Auschwitz (face à l'extermination, disent les historiens ; face aux
épidémies, disent les révisionnistes). Kremer, bien qu'ayant participé à
des « actions spéciales » qu'il relate, n'avait pas cru bon de
détruire son journal, ce qui constitue un bon point pour les révisionnistes.
La première lecture de ce journal par celui qui croit encore intensément aux
gazages, est accablante pour les Allemands. Toutefois, une seconde lecture
approfondie va dans le sens des révisionnistes, surtout si on se donne la
peine de lire les commentaires des uns et des autres (on lira en annexe 4
l'analyse d'un court mais célèbre extrait de ce journal) ; la conclusion
qu'on en tire est que, à l'été 1942 du moins, on n'y gazait pas les
déportés juifs, mais qu'ils y mouraient en masse du fait d'épidémies
effrayantes. (Ainsi, près du tiers des détenus immatriculés au 1er septembre
1942 sont-ils morts au cours du mois !)
Jugé à Cracovie, Kremer avoua la réalité des gazages et sauva sa tête ;
revenu en Allemagne, il dut se reconfesser (procès de Munster). Cité à
charge au procès de Francfort, il ne chercha pas à revenir sur ce qu'il
avait reconnu précédemment, mais, pensent les révisionnistes, on est en
droit de se demander si ce n'était pas pour qu'on cesse de l'importuner. (Il
avait plus de 80 ans, avait passé 10 ans en prison, avait été persécuté
à son retour : il devait bien savoir que tout reniement lui vaudrait de
nouveaux ennuis et à son âge...)
Le célèbre juge SS Konrad Morgen fut un témoin très utilisé pour attester l'existence des chambres à gaz : en 1946, à Nuremberg, il les localisa toutes à Monowitz, complexe industriel aussi appelé Auschwitz III, où les historiens n'en placent aucune. Or Morgen devait bien connaître Auschwitz (il y avait enquêté sur des abus commis par la section politique du camp) et aucune confusion de sa part n'est envisageable. Plus tard, dans les années 60, à Francfort, il les situa enfin « correctement » à Birkenau ! Tant qu'il y était, il attesta aussi la fabrication de savon juif.
Et Adolf Eichmann ? Ce SS était chargé de la déportation des juifs (en dehors de la Pologne et la Russie), Höss s'occupant de la mise à mort. Enlevé en Argentine par les Israéliens, il fut la vedette d'un procès célèbre mais qui fut surtout médiatique et pédagogique, car on y raconta un peu n'importe quoi, ce qui a également été le cas lors du procès Demjamjuk. Eichmann reconnut la réalité de l'extermination dans des chambres à gaz, mais en en reportant la responsabilité sur d'autres. C'est là une tactique qui a pu être efficace dans de nombreux cas, mais l'attitude coopérative de Höss ou Eichmann (qui fut pendu et il ne l'avait pas volé) ne pouvait pas modifier un verdict inévitable parce que nécessaire :
d'une part, seule la mort semblait pouvoir punir les crimes abominables dont on les accusait ;
d'autre part, la mort était une bonne manière de sceller sans retour les aveux de personnages-clé.
En fait, le témoignage d'Eichmann n'apporte rien sur l'extermination proprement dite : ainsi, ne savait-il pas trop bien s'il avait jamais vu une chambre à gaz ou s'il avait pris connaissance de leur existence après guerre (de fait, il a répété devant le tribunal les extravagances de Höss, ce qui donne à penser aux révisionnistes et à certains historiens qu'il avait peut-être connu les détails de l'extermination en lisant ... Poliakov et Reitlinger dans sa cellule). [13]
Du côté des témoins juifs célèbres, Filip Müller, juif tchèque, qui disait avoir fait partie d'un commando chargé d'extraire les cadavres des chambres à gaz d'Auschwitz (les Allemands étaient censés liquider systématiquement ces travailleurs au bout de 2 à 3 mois, mais lui, Müller, prétend y avoir servi 3 ans durant). Il expliquait, entre autres bêtises, qu'à Auschwitz, on brûlait les corps dans des fosses ; lesdites fosses « longues de 40 mètres, larges d'environ 6 à 8 mètres et profondes de 2,5 mètres se terminaient à chaque extrémité par des creux dans lesquels s'écoulait la graisse fondue. Les détenus devaient arroser les cadavres de cette graisse pour les faire mieux brûler ». Ce Müller, qui est un des personnages centraux du célèbre film documentaire Shoah de Claude Lanzmann, racontait aussi que de nombreux couples de Tziganes, après s'être déshabillés dans l'« antichambre de la mort » et comprenant le sort qui les attendait, se disaient adieu en faisant l'amour.
Dans le même registre, citons Raymond Rivière, non-juif déporté à Auschwitz au titre de résistant, premier président de l'Amicale (belge) des ex-prisonniers politiques Auschwitz-Birkenau, Camps et Prisons de Silésie, qui, plus tard, donnera naissance à la Fondation Auschwitz. Rivière présidait la délégation belge de 10 anciens détenus au procès Höss. Si on en croit la Volksgazet du 19/4/1947, Rivière réussissait à concilier trois thèses en partie concurrentes mais toutes extravagantes, celle du savon juif, celle de l'engrais juif et celle de la graisse combustible :
« Rivière se souvient des 4 crématoires maintenant disparus, des fosses qu'on remplissait de branchages qu'on arrosait de pétrole. / Après la mise à feu des bûchers, on y jetait les victimes, parfois vivantes. On commençait par les plus gros pour économiser du combustible et la graisse humaine était récupérée pour la fabrication de savon, tandis que les cendres servaient d'engrais. »
Toutefois, le témoin le plus célèbre est Elie Wiesel.
Juif hongrois, Wiesel a été déporté à Auschwitz ; il ne fut pas gazé
bien qu'il fût encore un enfant (15 ans). Comme nous allons le voir, Wiesel
doit être considéré comme un fabulateur, mais ceci ne l'a pas empêché de
tromper les grands de ce monde (Carter, Mitterand, etc.) et d'obtenir le Prix
Nobel. Que des gens pour la plupart remarquables, à n'en pas douter, comme
les parlementaires norvégiens aient distingué de la sorte cet égaré, est
la preuve qu'ils ne l'avaient jamais lu. Nous, nous allons en lire quelques
pages extraites de La Nuit, qui est le récit de son incarcération à
Auschwitz ; la version française de ce livre a encore été rééditée en
1987.
On notera tout d'abord que le mot « gaz » et ses dérivés
n'apparaissent qu'une seule fois dans tout son récit, et encore, tout à fait
incidemment : s'adressant à Dieu (selon son habitude), Wiesel dit en page 109
: « Mais ces hommes-ci que Tu as trompés, que Tu as laissé torturer,
égorger, gazer, calciner, que font-ils ? ». Par contre, il
raconte dans le détail (encore que sans excès et pour cause) que les
Allemands exterminaient les juifs en les brûlant vifs dans des fosses, les
adultes dans de grandes fosses et les enfants ... dans de petites fosses. On
lira cette relation d'halluciné en annexe 5.
Un autre grand fabulateur est Pinchas Epstein. Cité au procès de Ivan Demjamjuk à Jérusalem en 1987, il raconta notamment qu'un jour, Ivan força un détenu à violer une fillette de 12 ans, qui avait survécu à la chambre à gaz et appelait sa mère en pleurant au milieu des cadavres. On notera que c'est là une affabulation classique, qui vient encore de nous être reservie en Bosnie. Il est incroyable, disent les révisionnistes, que pareils témoignages puissent être pris en considération ; or, ils le sont : « Dans la salle, rapportait la presse, l'émotion gagne le public. Journalistes, soldats et policiers essuient des larmes. »
Voilà pour les grands témoins (on ne peut évidemment les citer tous, mais tous ont témoigné de façon aussi peu crédible), ceux qui sont à la base de la Vulgate exterminationniste, mais il y a les autres, les sans-grade, dont les témoignages n'étaient apparemment pas assez extravagants pour être pris en considération par les juges, les historiens, les médias, les éditeurs et les préfaciers. La Fondation Auschwitz de Bruxelles en a recueilli et publié quelques-uns ces dernières années et on peut d'ailleurs se demander pourquoi, puisque, en général, ils ne confirment pas les témoignages des grands témoins et apportent de l'eau au moulin des révisionnistes. Cinquante ans après les faits, leur témoignage, toujours émouvant, tardif, certes, mais néanmoins crédible est souvent le même [14] :
Auschwitz, c'était très dur, mais ce n'était tout de même pas l'enfer ; certains n'ont entendu parler des chambres à gaz qu'après leur libération.
L'évacuation des camps de Silésie devant l'avance des Soviétiques se fit dans des conditions épouvantables, du moins dans sa phase ultime (les « marches de la mort »).
L'écroulement final des armées allemandes et de leur logistique amena la catastrophe dans les camps de l'Ouest où les détenus d'Auschwitz avaient été évacués : faim, épidémie, mort au point qu'en comparaison Auschwitz apparut à certains presque comme une « sorte de palais » ou encore un « camp modèle plus ou moins humain ». [15]
Que dit, par exemple, Bela S., militante et ancien administrateur de la Fondation Auschwitz, déportée à 16 ans en Juillet 1944
(26ème convoi belge) avec sa famille à Auschwitz ?
- Son père est mort dans les bras des Soviétiques après s'être enfui de
Theresienstadt, où il avait été évacué.
- Sa mère est morte du typhus à Bergen-Belsen, où elle avait été
évacuée. Cette double perte fut pour la jeune Bela un choc dont elle ne
s'est pas remise et on le comprend.
- Son frère cadet (moins de 14 ans) ? On l'a vu à Auschwitz I, mais personne
ne sait ce qu'il est devenu. Sans doute est-il mort, mais où et comment ?
Peut-être comme son jeune cousin, qu'elle a rencontré deux ou trois fois à
Birkenau et qui n'est pas revenu non plus. Tout ce qu'elle sait avec certitude
du sort de ce jeune frère, c'est qu'il était à Auschwitz I. On notera que
cela signifie donc qu'il n'avait pas été gazé à l'arrivée (pas plus que
son jeune cousin, d'ailleurs) : or, comme nous aurons l'occasion de le voir,
ce jeune frère faisait partie des 47 enfants du 26ème convoi qui, d'après
la statistique belge et le Kalendarium [16], furent tous gazés à
l'arrivée à Birkenau. On aurait d'ailleurs pu commencer par faire remarquer
que notre témoin elle-même fait partie de ces 47 enfants considérés
officiellement comme gazés à l'arrivée (tout en figurant à la fois et tout
aussi officiellement parmi les rescapés !). Nous allons en reparler dans un
instant.
- Son frère aîné (18 ans), par contre, est revenu de son côté, tout comme
elle (libérée à Theresienstadt), son amie M. et sa mère (libérées à
Dachau), de même que leur copine Suzy.
- La catastrophe s'est effectivement abattue sur sa famille, mais les chambres
à gaz là-dedans ? Bela S. dit qu'elle savait qu'elles existaient, mais sans
plus. Toutefois, plus loin, elle précise qu'elle n'a découvert « tout
cela [les « atrocités »] comme beaucoup d'autres que
par après ».
Quant à Marie P. (la M. du témoignage
précédent), elle a été déportée à Auschwitz avec ses parents en Juillet
1944 (également 26ème convoi) ; elle n'avait pas 14 ans :
- Son père est mort à Mauthausen, où il avait été évacué.
- Sa mère et elle-même sont restées ensemble et ont été libérées près
de Dachau, où elles avaient été évacuées.
- Et les chambres à gaz ? Oui, elle a vu des sélections à l'arrivée, en
quarantaine et après : les plus faibles étaient envoyées à la chambre à
gaz, chambre à gaz qu'elle aussi, n'a jamais vue. Un jour, elle a, elle
aussi, été sélectionnée : elle a cru qu'elle allait être gazée et ...
elle s'est retrouvée dans un autre camp.
Sa narration de la sélection à l'arrivée est instructive : les femmes,
dit-elle, ont été mises sur deux files :
- L'une comprenait les impotentes, les enfants et leurs mères ; elles sont
montées dans des camions et personne ne les a revues : c'est donc qu'elles
ont été gazées.
- L'autre file comprenait les femmes retenues pour le travail et qui furent
immatriculées (plus deux enfants : elle, Marie P. qui n'avait que 13 ans et
demi et une autre fille de 14 ans).
Or, comme nous venons de le dire, il y avait dans ce convoi (le 26ème) 47
enfants dont 23 filles, qui, ont toutes été gazées à l'arrivée : relayant
le Dogme, la statistique belge et le Kalendarium nous l'affirment. Mais la
même statistique témoigne de ce que 8 filles sont revenues en Belgique !
Parmi elles, notre témoin elle-même, qui doit probablement ignorer ce fait :
tout comme Bela S. et d'autres, elle est à la fois officiellement « rescapée »
et « présumée gazée à l'arrivée » à Birkenau !
De plus, cela signifie que, sur ces 8 filles qui sont revenues en Belgique,
certaine faisaient peut-être bien partie de cette file de femmes impotentes,
âgées, inaptes, etc. qui sont censées avoir été gazées.
Un autre de ces témoins, Yevgenyv H., arrêté
comme résistant, déporté fin 1943 à Auschwitz, fut libéré à Ebensee,
où il avait été évacué.
- Il était d'abord passé par Breendonck (Anvers), lequel camp l'a le plus
marqué : c'est là qu'il a vécu « la véritable bestialisation ».
A Auschwitz, au moins, entre le travail et le coucher, les détenus, dit-il,
étaient libres d'aller et venir, voir les amis, discuter le coup, jouer au
football (le dimanche). Ce témoin a même vécu, à l'usine, une histoire
d'amour, une belle histoire d'amour, avec la jeune femme qui lui servait de manœuvre
(il était tourneur) et qu'il retrouvait lors ... des bombardements. Tout n'était donc pas aussi déshumanisé
qu'on nous le dit.
- Et les chambres à gaz ? Et les fours crématoires ? Tous les jours, il
voyait beaucoup de morts et il croyait « naïvement » que les
crématoires ne servaient qu'à les incinérer. Il ne se rendait pas bien
compte et, dit-il encore, « ce n'est qu'après mon retour, quand on m'a
cité les chiffres, que j'ai réalisé ».
Un autre militant actif et également administrateur de la Fondation Auschwitz, Charles VW., a été déporté à Auschwitz en juillet 1944, c'est-à-dire au moment où s'achevait le gazage de 400.000 juifs hongrois à raison de pointes de 24.000 par jour (c'est du moins ce que les historiens nous ont raconté) et à la veille d'une période plus courte, certes, mais encore plus sombre, paraît-il (celle du gazage des juifs de Lodz). Charles VW. reconnaît qu'il n'a lui aussi, entendu parler de chambres à gaz que quand la guerre fut finie. A la question de savoir quand il a réalisé qu'on exterminait les juifs, Charles VW. répond : « Je crois que je l'ai surtout réalisé quand tout était fini. Quand on est venu nous raconter qu'il y avait des chambres à gaz (...) ». [17] Comment cela est-il possible ? Charles VW. est un de ces témoins dont le bon sens (il est athée, apparemment comme beaucoup de rescapés) et l'honnêteté semblent certains et on peut s'étonner de cette ignorance à l'époque et sur le site même de ce crime gigantesque. Ce fait n'intrigue pas Thanassekos et Chaumont, qui ont recueilli tous ces témoignages ; par ailleurs, ils se contentent de parler de « connaissance a posteriori » : ne serait-ce pas là un euphémisme pour « connaissance suggérée » ?
Au fond, il apparaît -mais nous ne l'avons pas vérifié auprès des intéressés- que la disparition du mythe des chambres à gaz ne troublerait guère tous ces sans-grade ; cela ne changerait rien à ce qui semble constituer l'essentiel de leur discours, à savoir l'incompréhensibilité de l'épreuve absurde et injuste qu'ils ont dû subir (d'autant plus grande chez certains qu'ils ne se sont jamais sentis juifs) et leur besoin de voir leurs souffrances reconnues. [18] Leur témoignage, finalement, désarmerait les révisionnistes. Après tout, ils ne disent rien d'autre que Rassinier, le « pape » du révisionnisme de la seconde guerre mondiale, qui fut interné 18 mois à Buchenwald et Dora, en revint avec 95% d'invalidité et donna de son expérience concentrationnaire une relation toute aussi émouvante.
Pour ce qui est de la SS et également en dehors des témoins célèbres, il faut citer Thies Christophersen, un sous-lieutenant agronome qui travailla l'année 1944 au camp-annexe de Rajsko, où étaient effectués des essais de culture de kok sagis (variété de pissenlit dont le latex était étudié comme substitut au caoutchouc). Choqué de voir son pays accusé d'un crime dont il disait avoir pu vérifier sur place qu'il était imaginaire, il publia son témoignage spontanément (ce qui, bien entendu, lui valut bien des ennuis) ; comme il n'avait pas été poursuivi pour son activité dans la SS, son témoignage est assez crédible. Joint à ceux des sans-grade belges, son témoignage devrait permettre à de jeunes historiens, plus sérieux (ou plus courageux ?) que leurs aînés, d'écrire une histoire d'Auschwitz proche de la vérité.
Il faut aussi parler de ceux qui n'ont pas témoigné, soit qu'ils n'aient pas osé, pu ou voulu (« pour ne plus revivre leurs souffrances passées », pense la Fondation Auschwitz), soit tout simplement qu'on ne leur ait rien demandé :
Il y a d'abord, disions-nous plus haut, la masse des rescapés, dont ont été extraits les témoins belges de ci-dessus ; peut-être y en a-t-il tout de même parmi eux qui croient à ces chambres à gaz qu'ils n'en ont jamais vues et dont, très souvent, ils n'ont entendu parler qu'après leur libération. Ceci pourrait s'expliquer, dit un révisionniste français, par « une extrapolation abusive de ce qu'ils ont pu voir ou ressentir durant leur déportation (cheminées fumantes, (...)) ou par une propagande d'après guerre qui les a convaincus d'accréditer toutes les légendes concernant ces gigantesques abattoirs humains ». D'une façon générale, comme le reconnaît Pressac, « le témoignage humain [peut] être déformé par (...) l'acquis de connaissances ultérieures. »
En ce qui concerne les accusés, on s'étonnera de ce que le chef de
l'Office Central de la Construction d'Auschwitz (la Zentralbauleitung), le
célèbre major SS Karl Bischoff, n'ait pas été inquiété
après la guerre : il n'a même jamais été interrogé comme témoin, ce qui
est curieux, car c'était lui qui avait présidé à toutes les phases de la
conception, de la construction et de la mise en route des crématoires (y
compris les chambres à gaz). Ses explications auraient, bien entendu, été
capitales et définitives. « Aurait-on craint, se demande
Stäglich, qu'il ne puisse prouver, à l'aide de documents qui se
trouvaient en sa possession, l'absence de fondement de toutes les affirmations
ayant trait aux 'usines de mort' ? ».
Certes, par la suite, deux de ses adjoints, Dejaco,
ingénieur-architecte, chef du bureau des plans, et Ertl, également
ingénieur-architecte, furent jugés à Vienne en 1972, à une époque où
l'on avait enfin cessé d'interroger les suspects à coups de pied dans les
testicules. L'expert désigné par l'accusation ne put mettre les accusés en
difficulté, malgré le fait qu'il bénéficia de l'aide documentaire du
Musée d'Etat d'Auschwitz, de l'URSS et de toutes les forces juives (Simon
Wiesenthal, notamment) et ils furent acquittés. Leur procès a été le
véritable « procès d'Auschwitz », dit Faurisson, à qui
-chose bien regrettable pour l'histoire- a été refusé l'accès aux minutes.
Nous en reparlerons d'ailleurs dans le chapitre consacré aux expertises.
Certes, les responsables de la Degesch et de Testa (producteur et distributeur du Zyklon-B) furent inquiétés et deux d'entre eux exécutés à l'issue d'un procès dont Pressac dit qu'il fut inique et même une mascarade (on les condamna plus précisément pour avoir livré du gaz à Ravensbruck, camp dans lequel, disent maintenant les historiens, il n'y eut jamais de chambre à gaz homicide). De toute façon, ce procès ne pouvait apporter aucune lumière, car ces industriels et commerçants ne pouvaient évidemment pas prouver que leur insecticide n'avait servi qu'à gazer des poux, mais ce n'aurait pas été le cas, par contre, pour celui du constructeur des fours crématoires (également fournisseur et monteur de la ventilation des morgues-chambres à gaz), la célèbre Topf und Söhne. Seul, Kurt Prüfer, responsable de la conception et de la construction des fours de Topf, fut arrêté et interrogé, ses papiers saisis (il les avait préalablement expurgés, dit Pressac qui n'était pas là pour le voir mais qui l'affirme quand même) ; on ne découvrit rien d'anormal et Prüfer fut relâché. Plus tard, Topf fut mise sous séquestre par les Soviétiques en attendant que soient éclaircies ses relations avec la direction d'Auschwitz, puis nationalisée par la RDA. Prüfer, qui n'avait pas cru bon de se mettre à l'abri (ce qui donne à penser qu'il n'avait rien à se reprocher), fut à nouveau emprisonné, cette fois par les communistes, avec trois de ses collègues (Sander, qui mourut presque aussitôt pendant les interrogatoires, Schultze, qui s'était occupé de la ventilation des crématoires et Braun) : transférés en URSS et interrogés par le Smersch, ils n'eurent d'autre solution que de reconnaître la réalité des chambres à gaz mais sans donner le moindre détail convaincant ! (L'Evènement du Jeudi, citant Fleming en octobre 93, a donné un aperçu saisissant de la vacuité de leurs aveux.) Les 3 survivants furent condamnés à 25 ans de détention, ce qui était ridicule, compte tenu de ce dont ils étaient accusés : Prüfer mourut en 1952 et les 2 survivants furent même libérés en 1955. [19]
On n'interrogea pas par contre les responsables des
sociétés de génie civil qui participèrent aux travaux de construction
et d'aménagement des crématoires ; c'était pourtant
élémentaire. Fort heureusement, le témoignage de l'un d'eux,
Walter Schreiber, a été recueilli en 1988 par
Werner Rademacher. Schreiber était un ingénieur ayant notamment travaillé en 1936 chez
Tesch puis de 1937 à 1945 chez Huta, importante entreprise de
construction. Il en était le responsable (Oberingenieur) pour le
secteur de Kattowitz dont dépendait Auschwitz. Huta a notamment construit
les grands Kremas II et III et leurs morgues (les prétendues
chambres à gaz). Schreiber était donc bien placé pour juger de ce qui s'y
était fait et, pour lui, il était tout à fait invraisemblable que les
crématoires aient jamais pu servir à des gazages de masse. [20]
On peut comprendre qu'on n'ait soigneusement évité d'interroger tous ces ingénieurs
! Ils étaient tous dans la même position que Bischoff : c'étaient des techniciens
très qualifiés et, sauf recours à la torture et au lavage de cerveau
(recours problématique en dehors de la période de l'immédiate
après-guerre, encore que chez les communistes ...), il n'était pas
envisageable de les faire coopérer à la fabrication d'une légende. Il
était après tout plus simple de s'appuyer sur les élucubrations de gamelles
comme Höss (après les avoir bien travaillées), de déséquilibrés comme
Gerstein ou encore de fabulateurs comme Wiesel.
Non, vraiment, il n'y a rien de convaincant dans les témoignages quant à la réalité des chambres à gaz. Au contraire. [21]
NOTES
| [1] |
En fait, c'est Lawrence qui présidait le tribunal ; Jackson était procureur général des Etats-Unis. |
| [2] |
Relatant la mort de Kempner en 1993, le Monde précise qu'il « avait entamé dès avant la guerre sa lutte contre le nazisme comme juriste au ministère prussien de l'intérieur » et qu'il avait été « plusieurs fois emprisonné » par les Allemands. Il serait irréaliste de prétendre qu'il n'ait pas été prévenu contre les accusés de Nuremberg. |
| [3] |
Voyez notre article « En 1942, déjà, on savait ... », Akribeia, n° 5, oct. 1999. |
| [4] |
John Cobden, Dilemme au procès Demjanjuk », RHR, n° 6, mai 1992. |
| [5] |
Nous édulcorons le jugement porté par les exterminationnistes sur leurs opposants : Jean Stengers (+ 2002) était un des rares à garder une attitude digne : certes, il traitait R. Faurisson de « savant fou », ce qui était bien son droit car ce n'est pas une insulte, mais il protestait avec indignation contre le traitement infligé aux révisionnistes ; malheureusement, par la suite, il a tout fait pour les envoyer en prison. Pour les autres, les révisionnistes sont des « négateurs », des « provocateurs », des « faussaires », des « clowns » (Simone Veil, qui a dit ne pas approuver pour autant les lois anti-révisionnistes comme l'Amendement Gayssot), des « gangsters de l'histoire » (Bruno Frappat, du temps où il travaillait au Monde, journal éminemment respectable, autrefois), des « minables crapules et ignobles charlatans » (Marie-Laure Stengers au Parlement belge. Où a-t-elle donc appris ce langage de charretier ? A la maison paternelle ou à l'Université de Bruxelles ?) ; quant à Pierre Vidal-Naquet, il a qualifié les idées révisionnistes d'« excréments intellectuels », mais on est vraiment dans le bas de gamme. |
| [6] |
Vidal-Naquet devait préciser en 1992 : « Nous avions assurément tort, au moins dans la forme, même si le fond de notre argumentation était juste ». Bref, persiste et signe. |
| [7] |
The Journal of Historical Review, nov/dec 1993. |
| [8] |
Il est à relever que ce Peer ne figure pas dans le Mémorial de la déportation des juifs de France de S. Klarsfeld ; dès lors, il est bien possible qu’il n’ait même pas été déporté de France. « Plus c’est gros, plus ça passe. |
| [9] |
Le très estimé mais peu estimable New York Times du 30/8/1944 précisait en première page qu'à Maïdanek, « les victimes prenaient toujours un bain avant l'exécution parce que l'eau chaude dilatait les pores de la peau et accélérait l'action du gaz ». Le journal précisait qu'il y avait eu 1.500.000 morts dans ce camp et, bien entendu, les responsables du camp avaient reconnu les faits tout en se défendant d'y avoir personnellement participé. Aujourd'hui, Maïdanek est passé au second plan au profit d'Auschwitz : les historiens n'insistent plus beaucoup sur ses chambres à gaz homicides (on n'en a pas retrouvé, d'ailleurs, bien que le camp soit tombé intact aux mains des Soviétiques) et ils ont considérablement réduit le nombre de victimes. |
| [10] |
Nouvelle Vision, n° 33/1994. |
| [11] |
Ce badigeon à la chaux éteinte (et non vive) était évidemment d'ordre prophylactique et non génocidaire comme le pensait ce bigot de Karski. |
| [12] |
Les historiens commencent à reconnaître que Karski n'était pas fiable ; ainsi A. Wieviorka vient-elle d'écrire : « Si sa description de Belzec pose problème (ce qu'il décrit ne correspond pas à ce que savent les historiens, et il est probable d'ailleurs qu'il rend compte non de Belzec, mais d'un autre camp), il n'en reste pas moins qu'il donna à Roosevelt, mais aussi au gouvernement polonais en exil et aux dirigeants des communautés juives un témoignage décisif sur la destruction des juifs de Pologne. » (Annette Wieviorka, « La gloire des Justes » dans Les Collections de l'Histoire, n° 3, octobre 98, p 70). Curieux raisonnement qui nous montre le peu dont doivent se satisfaire les historiens. |
| [13] |
Eichmann n'a pas volé,
disions-nous, la peine que lui infligea le Tribunal de Jérusalem, ne fût-ce
que par l'inhumanité qu'il montra dans l'exécution d'une mesure (la
déportation), qui était déjà une mesure odieuse : si certains juifs furent
déportés dans des conditions matérielles acceptables pour l'époque (par
exemple, la majorité des juifs de Belgique, de Luxembourg, d'Allemagne et
d'Autriche furent déportés dans des voitures de voyageurs de 3ème classe,
chacun ayant une place assise et, en ce qui concerne la Belgique, ce ne serait
qu'à partir du 20ème convoi -sur 26- que les Allemands auraient
systématiquement utilisé des wagons à marchandises pour éviter les
évasions), par contre la majorité des juifs des autres pays furent
déportés, semble-t-il, dans des fourgons à bestiaux, voire des wagons de
marchandises et dans des conditions épouvantables. Certes, c'était la guerre
et l'inconfort était le lot de tout le monde (certains prisonniers de guerre
belges furent même emmenés en captivité en péniches à charbon) mais ceci
n'excuse pas cela. |
| [14] |
Pourquoi ces témoins seraient-ils a priori plus crédibles que les grands
témoins ? Parce qu'ils apportent de l'eau au moulin révisionniste ? Bien
sûr que non, mais tout simplement parce qu'ils ne disent rien qui soit a
priori contraire aux lois physiques. Parallèlement à ces témoignages, la
Fondation publiait d'autres témoignages, comme celui de Bery Nahmias,
présidente de l'Association des déportés grecs ; ce témoin dit, entre
autres choses, que « (...) les fours crématoires ne pouvaient pas
contenir plus de 5.000 à 10.000 personnes (...) » (ce qui fait 24 à
48 personnes par m2). Eh bien, pour les révisionnistes, sans doute pour vous
aussi, nous le supposons, c'est entendu et ils ne risquent pas de classer ce
témoin avec les sans-grade dont nous allons parler. |
| [15] |
A Auschwitz même (qui était un complexe de
camps et non un camp unique), les conditions de vie variaient déjà beaucoup
d'un camp à l'autre : selon certains témoins du procès de l'IG-Farben, les
détenus d'Auschwitz III (camp de travail de Monowitz) avaient des logements
tout à fait décents, voire confortables (bâtiments à fenêtres, ce qui est
évidemment la moindre des choses, lits individuels, chauffage central et eau
chaude à volonté) ; par contre, à Auschwitz II c'est-à-dire Birkenau
(surtout camp de transit), les conditions étaient souvent très pénibles
(bâtiments éclairés par lanterneaux, châlits collectifs, chauffage
insuffisant). Tout le reste semble avoir été à l'avenant (nourriture,
hygiène, comportement des kapos, etc.). Les conditions dans les
sous-camps (comme Rajsko) étaient
également meilleures qu'à Birkenau. |
| [16] |
Le Kalendarium est une relation journalière par Danuta Czech, historienne du Musée d'Etat d'Auschwitz des principaux évènements qui se sont déroulés à Auschwitz-Birkenau et dont elle a pu avoir connaissance à diverses sources, certaines documentaires et d'autres testimoniales. Bien qu'il comporte des lacunes, puisque Czech n'avait pas pu exploiter le gros des archives qui se trouve à Moscou, le Kalendarium est un document de référence pour tous les intervenants. Le travail de Czech n'est toutefois pas exemplaire et Pressac n'est pas tendre pour elle (ni d'une façon générale pour l'ensemble des historiens) : il lui reproche, avec raison, d'avoir privilégié les témoignages par rapport aux documents. Il faut dire que, quoi qu'il en dise, Pressac n'est pas davantage exempt de ce reproche. On ajoutera qu'il a l'habitude douteuse de mélanger des informations à caractère anodin provenant de sources documentaires dûment référencées à des assertions de son crû : il donne ainsi à son lecteur l'impression trompeuse que ses assertions ont une source documentaire. |
| [17] |
Témoignage de 1992 ; précédemment (en 1985, par exemple), Charles VW. avait indiqué qu'il avait eu durant sa détention une connaissance claire de l'existence des chambres à gaz. Nous laissons à ses interviewers le soin d'analyser ces discordances dans le temps. Pour notre part, nous nous en tiendrons à ses dernières déclarations. Depuis, Charles VW. a publié un livre de souvenirs dont nous avons rendu compte dans notre article « Alors, Charles, tu savais ou tu ne savais pas ? » |
| [18] |
Renée VH. : « Je suis absolument athée et si ma petite fille me demandait ce qu'est un juif, je serais bien en peine de lui répondre. Pour vous dire : mon frère a mon âge : eh bien, il y a septante ans de cela, il est rentré un jour de l'école et il a dit à mes parents : 'Il paraît qu'il y a un élève juif dans ma classe' et c'était justement lui. Cela ne signifiait rien pour nous. » |
| [19] |
On peut s'étonner de ce que Prüfer et ses compagnons n'aient pas été
exécutés. Et surtout, pourquoi avoir libéré
Schultze, lequel était accusé de la mise au point de la pièce maîtresse de
la machinerie du meurtre (la ventilation de la chambre à gaz) ? Sans doute
bénéficia-t-il tout comme Braun d'une mesure de clémence générale accordée à tous les prisonniers de
guerre allemands. A leur retour, Schultze et Braun s'installèrent en RDA et on
ne sait pas ce qu'il leur est advenu par la suite. C'est vraiment dommage. |
| [20] |
Résumé de l'interview donnée à Werner Rademacher par Walter Schreiber de la société Huta et publiée dans VffG, Heft 1, Juni 2000, p. 104 sqq sous le titre « Im memoriam Dipl.-Ing. Dr. techn. Walter Schreiber » :
W. Rademacher lui a encore demandé pourquoi il n’avait pas témoigné. Et W. Schreiber de répondre que, d’une part, au lendemain de la guerre, il avait d’autres préoccupations et, d’autre part, personne ne l’avait jamais interrogé sur ses activités à Auschwitz ou ailleurs. W. Schreiber a autorisé W. Rademacher à publier son témoignage après sa mort. Né en 1908, W. Schreiber est mort en 1999. |
| [21] |
Dans l'annexe 1, nous aurons l'occasion de reparler de la valeur discutable du témoignage à propos des tourbillons de fumée censés sortir des crématoires selon les témoins mais que ne montre aucune photo. Devant la force des réfutations des révisionnistes, les historiens commencent à « évacuer » les témoins. Finkelstein : « Et en effet, beaucoup de spécialistes ont mis en doute la véracité des témoignages des survivants. ‘Une bonne partie des erreurs que j’ai découvertes dans mon propre travail peut être attribuée aux témoignages’, rapporte Hilberg. » (Norman G. Finkelstein, « L’industrie de l’Holocauste », La Vieille Taupe, n° 12, automne 2000, p. 83) Dès lors et comme nous le verrons par la suite, tandis que certains historiens ont entrepris dans la hâte de recueillir les témoignages des derniers survivants, d'autres historiens construisent une « histoire sans témoin » et même, selon nous, une « histoire contre les témoins ». Comme Serge Klarsfeld l'aurait récemment proclamé à plusieurs reprises, « A présent, les déportés ne comptent plus ! ». (Selon Henry Bulawko dans un éditorial intitulé fort à propos « De quoi surprendre » in Après Auschwitz, bulletin de l'Amicale des Déportés d'Auschwitz, n° 269, déc. 98, p 1.) |
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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves