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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves
B – CRITIQUE
CONCEPTION DE LA CHAINE
Nous en avons déjà dit un mot : la conception des installations de mise à mort est irrationnelle et la séquence des opérations absurde.
Si les Allemands avaient dû (mais l’auraient-ils pu, se demandent les révisionnistes) construire semblable chaîne, même au départ d’une vraie installation sanitaire (ce qui était le cas, selon la théorie actuelle des historiens), ils auraient tout d’abord tout installé sur un même niveau, d’autant plus que, Birkenau étant un marécage, la construction de la chambre à gaz en sous-sol posait de grands problèmes d’étanchéité : puisqu’au moment où ils ont commencé les travaux à l’été 1942, leur dessein était déjà criminel, rien ne les empêchait de modifier les plans sans risquer de dévoiler leurs intentions : personne n’aurait trouvé anormal que les morgues soient construites en rez-de-chaussée. D’ailleurs, les Kremas IV et V étaient d’un seul niveau. C’est donc bien qu’ils voulaient construire dans les deux plus grands Kremas (les II et III) de vraies chambres froides, a priori impropres à des gazages à l’HCN, ne fût-ce que parce qu’elles étaient froides. Et ils ne pouvaient pas ne pas le savoir, vu leur grande expérience en matière de désinfection par ce même gaz. La seule réponse intelligente est qu’ils n’auraient eu de dessein criminel qu’une fois la construction des Kremas bien avancée, trop avancée pour modifier le choix des niveaux, mais ceci constituerait une révision de taille, qui équivaudrait, en fait, à l’abandon définitif des thèses exterminationnistes : si les Allemands ont eu l’idée d’exterminer les juifs dans les Kremas de Birkenau, ils n’ont pu l’avoir après l’été 1942. Mais enfin, supposons qu’ils aient été stupides au point d’avoir oublié ces notions élémentaires de chimie. Ils auraient néanmoins dû penser à tout construire sur un seul niveau pour éviter le goulot du monte-charge, goulot monstrueux sur le plan organisationnel et dont nous allons reparler. Ils auraient ensuite prévu un accès plus facile à la salle de déshabillage, une extraction des corps de la chambre à gaz un peu plus commode, une ventilation adéquate de cette chambre à gaz, un espace de récupération des bijoux, des dents en or, des diamants et des cheveux un peu moins étriqué (comment aurait-on pu faire tout ce travail dans l’espace que lui accordent les historiens ? Il y a là un autre goulot.), et, enfin, un circuit d’évacuation vers les fours moins invraisemblable.
Il aurait fallu stocker les cadavres pour compenser ces
deux goulots, notamment celui du monte-charge (le seul endroit possible est
la chambre à gaz supposée, ce qui, du coup, en aurait interdit l’usage). D’une part, les monte-charge étaient équipés de moteurs de 10 HP pour
le Krema II et 11,2 HP pour le Krema III. La capacité du
monte-charge du Krema III, dit Pressac, était de 750 kg, mais, d’après
les spécialistes, un monte-charge moderne équipé d’un moteur de 10 HP
ne pourrait dépasser 450 kg de charge utile, ce qui correspond à 6 ou 7
corps. Les monte-charge d’il y a 50 ans devaient être beaucoup plus
lourds et donc moins performants. Mais, Pressac fournissant une preuve
documentaire de cette capacité, on doit l’admettre : toutefois, la
conception de ce monte-charge (qui faisait 2,10 m à l’ouverture des
portes et 1,35 m de profondeur et n’avait pas de ridelles) se prêtait
fort mal à l’évacuation de cadavres et on ne peut imaginer qu’on ait
pu y charger 750 kg de corps soit 10 à 11 corps. D’autre part, l’histoire
de ces monte-charge que narre Pressac est instructive : au moment de sa
mise en service, le Krema II était donc équipé d’un monte-charge
usagé et provisoire Demag équipé d’un moteur de 10 HP [1] « prêté »
par Topf (Les historiens nous affirment, en effet, qu’il fallut que Topf
prête un moteur de 10 HP pour que l’extermination industrielle des juifs
puisse commencer dans l’un des deux plus grands Kremas d’Auschwitz !)
et le Krema III, d’un monte-charge également usagé et provisoire
(de marque Linse, semble-t-il) équipé d’un moteur de 11,2 HP. La
commande de monte-charge définitifs livrables en septembre 1943 (soit 7
mois plus tard !) avait été passée le 29/1/1943 à Topf, qui l’avait
sous-traitée.
Le 4/8/1943, Topf, qui n’avait pas l’air de se presser (c’est donc que
la SS ne la relançait vraisemblablement pas) demandait à la Bauleitung
d’intervenir auprès de Berlin pour que les autorisations nécessaires à
la poursuite de leur construction soient accordées, faute de quoi Topf
menaçait d’y renoncer. On peut supposer que ces autorisations
concernaient l’attribution de produits métalliques (câbles, etc.) qui
étaient rationnés.
Ce n’est toutefois que le 9/9/1943 que Bischoff fit envoyer la lettre de
Topf à Berlin. On en tirera la conclusion que ces ascenseurs, pourtant
indispensables dans une hypothèse exterminationniste, ne faisaient
manifestement pas partie des préoccupations de la SS, qui, 6 mois
après la mise en route du grand Krema II, s’accommodait
manifestement assez bien des monte-charge provisoires. Mais ce n’est pas
tout : ces deux ascenseurs définitifs ne furent livrés qu’en mai
1944 et … ils ne furent jamais montés, faute de temps : le goulot du
monte-charge n’a donc pas existé, et s’il n’a pas existé, c’est qu’il
n’y a pas eu d’extermination de masse dans les Kremas II et III.
C’est d’ailleurs l’ensemble du Krema III qui aurait pu ne pas
être construit, comme Bischoff l’indique dans une lettre du 21/8/1942,
alors que la décision d’exterminer les juifs est censée avoir été
prise : la construction de ce grand Krema, disait Ertl, un des
adjoints de Bischoff, dépend du « résultat des négociations
déjà en cours avec la RSHA [= Berlin] au sujet des matériaux
rationnés ». Le moins qu’on puisse dire est que l’extermination
des juifs ne semblait pas constituer un objectif essentiel et prioritaire,
mais il est vrai –nous allions l’oublier- que, selon Pressac, le Krema III n’était
qu’un « complément » au Krema II, qui n’était
lui-même qu’un « catalyseur » dans une extermination
à mener dans les Bunkers 1 et 2 et les Kremas IV et V.
[2]
On remarquera aussi que, dans certaines conditions assez théoriques, il est vrai, (notamment en concentration de 75 g/m3 soit 5,75% de la masse d'air), le Zyklon-B est explosif. Malgré quoi, les opérateurs allemands installaient parfois des poêles au charbon dans certaines chambres à gaz d'épouillage non équipées du système Degesch-Kreislauf. Néanmoins, tout ingénieur-concepteur aurait pris ce risque -tout théorique qu'il soit- en compte dans l'agencement de la chambre à gaz par rapport aux fours.
Cet ingénieur aurait aussi prévu non seulement une extraction correcte du gaz après l'opération de gazage (ainsi que nous l'avons vu plus haut) mais également sa dissémination par de hautes cheminées à distance des autres cheminées de façon à éviter le risque de siphonnage : tous les architectes savent cela et des ingénieurs-architectes comme Dejaco et Ertl devaient le savoir ; les bricoleurs le savent aussi mais apparemment pas les historiens. De même, cet ingénieur aurait prévu l'isolation des installations électriques (éclairage notamment).
Les chambres à gaz étaient équipées d'un égout. Ceci présentait un danger mortel de dispersion du gaz dans tout le bâtiment (et peut-être même dans une partie du camp) : il y avait été porté remède, dit Pressac, et l'égout de la chambre à gaz avait été déconnecté de celui du reste du bâtiment et relié directement à l'extérieur. Mais d'une part, il subsistait un danger de contamination à la sortie et d'autre part, on a beau chercher : on ne constate pas cette déconnexion sur les plans cités par Pressac. Même si c'était vrai, cela ne voudrait encore rien dire, car, habituellement, les morgues de ce type ont un égouttage indépendant.
Autre absurdité relevée par les révisionnistes : 3.000 personnes dans une pièce de 210 m2 correspond à une densité de 14 personnes au m2 ! Pour prendre une douche ! Sans compter qu'on n'a retrouvé aucune trace de tuyau, d'attache de tuyau ou de pomme de douche. Si, dit Pressac, on peut encore voir au plafond de la morgue 1 du Krema II des « bouts de bois » sur lesquels étaient fixées 24 pommes en bois peint, mais il n'est pas très probant. (Nous en reparlerons en annexe 7.) Ces « bouts » de bois placés dans la dalle de béton lors de sa fabrication pouvaient permettre de fixer des lampes ou tout ce qu'on voulait : c'était là une technique couramment utilisée du temps où les foreuses électriques n'existaient guère.
La description des procédures de gazage et des installations des autres Kremas est encore plus absurde. Un seul exemple dont nous avons déjà parlé : pour introduire le Zyklon-B dans les chambres à gaz des Kremas IV et V, il fallait, dit Pressac, qu'un SS monte sur une échelle, s'y maintienne sans s'aider des mains puisqu'il devait ouvrir une fenêtre d'une main tout en tenant la boite de Zyklon-B de l'autre main ! Comment l'ouvrait-il d'ailleurs ? Avec les dents ? La « prestation tenait du numéro de cirque », reconnaît Pressac. Les historiens nous prennent vraiment pour des demeurés et, s'ils sont de bonne foi, ne sont-ils pas eux-mêmes des demeurés ?
NOTES
| [1] |
Pressac cite par ailleurs la commande le 26/1/1943 d'un monte-charge de 300 kg mini pour le Krema II ; ce monte-charge fut prêt pour le 13/3/1943. On ne voit pas à quoi il correspond. |
| [2] |
En 1993, tentant de concilier le dogme avec la technique budgétaire, Pressac fait à ce sujet des remarques étonnantes : « Pour obtenir de Berlin l'autorisation de construire le crématoire III, à vocation sanitaire, il fallut le 'criminaliser' administrativement en le rattachant fictivement aux 'actions spéciales', ce qu'il fut réellement par la suite, et s'adresser au RSHA (Office central de sécurité du Reich), s'occupant de la déportation des juifs, afin de faire débloquer les matériaux contingentés nécessaires, et non au SS-WVHA, selon la procédure normale. Cette démarche doublement inhabituelle, puisque même les matériaux contingentés des crématoires IV et V, dépendant des Bunkers 1 et 2, furent accordés par le SS-WVHA et non le SS-RSHA, semble avoir été une manipulation administrative menée avec l'accord tacite des deux offices pour se procurer plus rapidement du fer. Néanmoins, le crématoire III fut financé par le SS-WVHA dans le cadre du projet VIII Upa 2, dont le budget couvrait toutes les dépenses relatives à l'aménagement du KGL [Camp de Prisonniers de Guerre] de Birkenau. ». Tout cela paraît extravagant. |
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