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des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
VI. LA DESTRUCTION DES COMMUNAUTES JUIVES D'EUROPE (Pologne notamment)
Combien de juifs furent-ils déportés ? Nous avons déjà dit que l'étude et l'extrapolation du rapport Korherr permettait de penser que les Allemands n'ont certainement pas pu s'emparer de plus de 3 millions de juifs, mais peut-on en avoir la confirmation par ailleurs ? Autre question : les diverses communautés juives furent-elles frappées de la même manière ?
Comme nous l'avons dit dans le tome 1, nous ne pouvons tout examiner en si peu de pages ; aussi, concentrerons-nous notre analyse sur le cas de la communauté juive de Pologne, communauté qui aurait fourni la moitié des 6 millions de morts. Ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas dire un mot des autres communautés. D'après les historiens, les Allemands ont déporté le nombre (approximatif) suivant de juifs d'Europe occidentale :
| Allemagne Autriche Belgique France |
120.000 50.000 25.000 75.000 |
Grèce Italie Luxembourg Pays-Bas |
60.000 10.000 1.000 110.000 |
Scandinavie Tchécoslovaquie Yougoslavie |
1.000 150.000 60.000 |
Il n'y a pas de gros différends entre historiens et révisionnistes sur ces chiffres (662.000 au total dont la moitié sont passés par Auschwitz), sauf que ceux-ci contestent que ces déportés soient morts dans les mains des Allemands dans leur quasi-totalité comme l'affirment ceux-là. Le gros différend se situe plus à l'est, plus précisément en Hongrie, en Roumanie, en Pologne, dans les Pays baltes et en URSS (comme par hasard, tous pays tombés sous la main des communistes).
En ce qui concerne la Hongrie, 438.000 juifs, dont une partie de juifs réfugiés et donc déjà comptabilisés comme exterminés par ailleurs, furent déportés en mai-juin 44 au cours d'une opération d'envergure : c'est une des pages fortes de la Shoah, car, nous dit-on, ces Hongrois furent exterminés en masse dès leur arrivée à Auschwitz (plus de 90%). Les historiens affirment même qu'on en gazait et incinérait jusqu'à 24.000 par jour (4 à 5.000, dit Pressac). Cette page est, elle aussi, à réécrire. Les raisons qui ont entraîné la déportation des juifs de Hongrie à une date aussi tardive ne sont pas évidentes et il vaut la peine de s’y intéresser. Certes, les historiens affirment que Hitler avait décidé d’exterminer les juifs européens mais, d’une part, cette affirmation est tout à fait gratuite et, d’autre part, ils n’expliquent pas pourquoi l’homme pressé qu’était incontestablement Hitler s’y est pris si tard pour s’attaquer à la communauté judéo-hongroise. Hilberg : « En fait, les Juifs hongrois vivaient dans une île de terre fermée et protégée par une frontière politique. Ils dépendaient de cette barrière pour leur survie, et les Allemands devaient à tout prix l’abattre. En mars 1944, les frontières de la Hongrie commencèrent à s’effriter. Les Allemands envahirent le pays, et la catastrophe engloutit les Juifs. » [1] La réalité est quelque peu différente, même si elle reste tragique :
Les Allemands avaient autre chose en tête qu’un incertain projet d’extermination des juifs. Ils luttaient pour leur survie et cette lutte ne pouvait pas passer par l’extermination de femmes et d’enfants inoffensifs. Les historiens doivent d’ailleurs bien l’admettre et, dès lors, en bonne logique dogmatique, ils ont décrété une fois de plu qu’il y avait là un mystère, c’est-à-dire un fait dont la compréhension dépassait notre entendement de pauvres humains.
La Hongrie, bien qu’alliée à l’Allemagne, était indépendante ; elle avait sa propre politique juive et elle n’avait pas attendu l’arrivée de Hitler pour l’appliquer ; après l’épisode sanglant de la république juive de Bela Kun au lendemain de la Grande Guerre, elle avait déjà pris diverses mesures coercitives contre ses juifs. En attendant que la guerre se termine et qu’une solution définitive humainement acceptable soit trouvée, elle n’entendait pas s’en séparer ; d’ailleurs, comme nous allons le voir, elle estimait en avoir grand besoin ; il existait toutefois, des éléments qui entendaient profiter de la situation pour expulser immédiatement tous les juifs mais ils n’étaient pas au pouvoir.
La Hongrie était, elle aussi, en guerre contre l’URSS et, dans ce cadre-là, elle avait mobilisé un grand nombre d’adultes juifs dans des bataillons non armés assez semblables aux unités de soldats noirs de l’armée américaine ; ces bataillons étaient notamment chargés d’effectuer des travaux de génie et il faut voir là, probablement, une des raisons pour lesquelles Staline détestait particulièrement les juifs hongrois ; de nombreux juifs travaillaient en outre dans les usines d’armement. Ajoutons que les juifs occupaient une place essentielle dans certains secteurs du pays et que, dès lors, il était suicidaire de vouloir s’en séparer du jour au lendemain.
Au début de 1944, la guerre à l’est prit une tournure des plus préoccupantes pour l’Axe ; les Allemands reculaient et se retrouvaient en Hongrie [Certes, comme le prétendent les historiens, ils l’envahirent … mais à reculons.] ; les Hongrois, voyant les Russes s’approcher, sentaient bien que la guerre était perdue ; finalement, les Allemands se virent obligés de combattre dans un pays qui leur devenait de moins en moins favorable et ils purent même craindre un retournement d’alliance ; qui plus est, ce pays avait une population juive importante, une population d’ennemis déclarés, de saboteurs et de partisans potentiels ; les Allemands pensaient qu’ils ne pouvaient pas se battre efficacement avec cette « cinquième colonne » dans le dos. [2] Ce n’était évidemment pas une raison pour les exterminer ni même pour les déporter et encore moins pour les déporter au loin pour les y exterminer ; on pouvait éventuellement se contenter de les regrouper et les interner sur place [et –disons-le à l’intention des obsédés de l’extermination- les y exterminer à moindre coût, notamment dans l'installation de désinfection des wagons de Budapest dont nous avons parlé dans le tome 1 (note 9 du chapitre Diffusion du gaz)].
Enfin et surtout, les Allemands manquaient cruellement de main-d’œuvre et ils estimaient que les juifs hongrois constituaient un des derniers grands réservoirs de main-d’œuvre. Contrairement à ce qu'on croit habituellement, la production allemande d'armement n'était pas visée prioritairement par les bombardements des Anglais, dont la stratégie, essentiellement terroriste, consistait à ensevelir les civils sous les ruines de leurs maisons pour saper la détermination des dirigeants et le moral des soldats allemands ; de la sorte, la production d'armement de l'Allemagne ne cessait de croître ; l'Allemagne ne produisit jamais autant d'armement -et d'armement d'aussi bonne qualité et aussi moderne- qu'à l'automne 44. [3] Cet accroissement nécessitait de plus en plus de main-d'œuvre. Ce n'est qu'à partir de mai 44 que les Alliés changèrent enfin de tactique et se mirent à attaquer en priorité les objectifs militaires les plus sensibles (usines carbochimiques comme Auschwitz III -raison pour laquelle on a des vues aériennes de ce camp- et dépôts de carburants notamment) et le Reich s'effondra très vite. [4] Les diatribes antisémites finirent donc par céder le pas aux réalités économiques : le 6/4/44, lors d'une conférence consacrée au problème catastrophique de la main-d'œuvre (il manquait 4 millions de travailleurs au Reich), Hitler dut admettre de réintroduire les travailleurs juifs dans le Reich (qu'il venait de proclamer « Judenrein ») notamment dans le cadre des projets « Dorsch » et « Jaeger » (construction de 6 immenses usines souterraines en vue du montage des nouveaux avions à réaction Me 262).
Dès lors, le plan des Allemands semble bien avoir été le suivant :
Ils demandèrent aux Hongrois de leur livrer les juifs aptes.
Une partie de ces aptes (100.000 hommes selon la note du 9/4/44 de Himmler à Milch ) étaient destinés à travailler à la construction des usines souterraines de fabrication des nouveaux avions de chasse (le « Jäger-Bauprogramm » dont nous venons de parler) ; ces déportés devaient passer par le sas d’Auschwitz.
Les autres, pense Mattogno, étaient initialement destinés à être déportés dans l’Est, probablement pour y effectuer des travaux de fortification dans le cadre de l’Organisation Todt [5] ; ces travaux de fortification auraient pu être effectués dans le cadre de l'instruction du 8/3/44 de Hitler de construire des places-fortes à Bobruisk, Moghilev, Orsa et Vitebsk. Ces déportés devaient vraisemblablement être envoyés directement sur le lieu des chantiers projetés.
Ils demandèrent ensuite aux Hongrois de ghettoïser les inaptes dans l’ouest du pays. C’est ce qu'Eichmann prétendit (à Jérusalem) avoir fait savoir aux secrétaires d'Etat à l'Intérieur Endre (Affaires juives) et Baky (Gendarmerie), lesquels voulaient déporter tous les juifs, inaptes comme aptes (à l’exception de ceux qui se trouvaient dans les bataillons du travail). [6] Certes, on ne peut accorder qu’un crédit limité à tout ce qu’a dit ou aurait dit Eichmann, que ce soit avant ou après son arrestation par les juifs ; néanmoins, il existe au moins un document incontestable qui confirme quelque peu ses dires ; ainsi, Himmler écrit-il fin juillet 1944 à Mutschmann (Gauleiter de Saxe) que 450.000 juifs hongrois avaient été « déportés » (« deportiert ») et que le reste allait être « réimplanté » (« umgesiedelt »). [7] Et où donc ailleurs que chez eux, en Hongrie ? Et par qui, sinon par les autorités hongroises elles-mêmes ? Certes, jusque là, aptes et inaptes avaient été indistinctement déportés et l’arrêt de la déportation avait été la conséquence des pressions internationales mais cette décision était le fait des autorités hongroises (preuve, d’ailleurs, que c’étaient bien elles qui déportaient les juifs et pas les Allemands) et elle ne liait pas les Allemands et ne devait même pas les contrarier, sauf dans la mesure où elle bloquait la livraison des aptes.
En résumé, les Allemands
n’étaient intéressés que par la déportation –plus précisément la réception-
des seuls aptes ; ils ne souhaitaient ni déporter ni même recevoir les
inaptes et, s’ils l’ont finalement fait, c’est parce qu’ils y ont
été contraints par l’attitude ambiguë des Hongrois. En effet, ceux-ci
estimaient ne pouvoir guère satisfaire les demandes allemandes du fait que tous
leurs juifs leur étaient indispensables. Ils réclamaient en outre que les
familles des aptes les accompagnent car ils n’avaient pas les moyens de les
nourrir à ne rien faire. Finalement, les Allemands durent se résoudre à déporter
tout le monde, les aptes non mobilisés par les Hongrois et les inaptes, à
charge pour eux de faire le tri des aptes (majoritairement des femmes) à
Auschwitz et, enfin, de réimplanter les inaptes. Encore ne purent-ils commencer
l’ « Aktion » qu’avec l’accord et l’aide des éléments
hongrois les plus antisémites qu’ils réussirent à mettre au pouvoir en mars
44 en profitant du désarroi qui gagnaient la Hongrie avec la progression
fulgurante de l’Armée rouge (remplacement du premier ministre Kallay par
Sztojay). Toutefois, le « Sondereinsatzkommando » d’Eichmann ne fit
que coordonner la déportation et ce furent les gendarmes hongrois qui se chargèrent
de rassembler les juifs dans des camps et qui les déportèrent jusqu’à la
frontière ; sans eux, il n’y aurait vraisemblablement pas eu de déportation
du tout. D’ailleurs, début juillet 44, la Hongrie (dont la capitale,
Budapest, avait été bombardée par les Alliés en fin juin et au début de
juillet) comprenant que la guerre était irrémédiablement perdue, prit peur et
cessa de livrer les juifs. Privé de cette main-d’œuvre dont il avait tant
besoin, Hitler eut beau tempêter et menacer : la déportation s’arrêta
net. Bien entendu, les historiens ne s’attardent pas sur ce point
particulièrement dérangeant car il ne s’intègre pas dans leur version
exterminationniste. Certes, par la suite, il y eut encore une déportation, mais
de faible ampleur ; on était en octobre 44 ; les Soviétiques étaient
aux portes de Budapest ; la Hongrie avait -politiquement- cessé
d’exister et les Allemands intervinrent directement ; encore faut-il faire
remarquer que cette ultime déportation ne concerna que des aptes, qui furent
envoyés –à pied- en Autriche.
Il est donc ridicule de prétendre que les Allemands sont entrés en mars 44 en
Hongrie aux fins d’en déporter les juifs et les exterminer à Auschwitz. On a
d’ailleurs une nouvelle idée de la façon peu sérieuse dont a été écrite
l'histoire d'Auschwitz dès les deux premiers convois arrivés à Auschwitz le 2
mai 44 : sur les 3.800 déportés de ces deux convois, 1.102 furent immatriculés
; donc, en concluent les historiens, c'est que 2.698 (71%) ont été gazés. Or,
il se fait, exceptionnellement, que ces deux convois étaient composés de juifs
déjà sélectionnés au départ de Hongrie : tous avaient entre 16 et 50 ans et
avaient été jugés aptes au travail. Veesenmayer, le plénipotentiaire
allemand en Hongrie, le confirme. [8] Malgré quoi, les
SS les auraient gazés en
masse et même en plus grand nombre que d'habitude : 71% de ces deux convois de
juifs de 16 à 50 ans jugés aptes au travail quelques jours plus tôt, alors
qu'en moyenne, ils ne gazaient que 66% dans les convois composés en
partie de femmes enceintes, d'enfants, de vieux et de malades. Ainsi donc, au départ,
des SS se donnaient la peine de sélectionner les plus costauds et à l'arrivée,
d'autres SS en gazaient aussitôt les trois quarts ! Comme par distraction. Tout
cela est invraisemblable et il faut être un esprit religieux ou un fou (Mais
n'est-ce pas un peu la même chose ?) pour
nous obliger à y croire. Affirmer qu'on gazait tous ces gens a d'autant moins
de sens qu'à l'époque les Allemands faisaient parfois travailler des enfants
de 14 ans, ce qui leur fut fort justement reproché après la guerre : ainsi,
sur 813 prisonniers employés au camp annexe de Trzebinia, 19 n'avaient que
14/15 ans et 101 que 16/17 ans.
Ceci dit, les questions qui se posent sont de savoir combien de juifs hongrois ont été déportés et où ils ont été déportés.
Pour les historiens, ainsi que nous l’avons vu, 438.000 juifs hongrois ont été déportés d’un coup et exterminés à Auschwitz à raison de plus de 90 %.
Les révisionnistes, eux,
sont très partagés.
Certains, comme Arthur R. Butz, pensent que ce chiffre est très exagéré.
De son coté, Mattogno était naguère d’avis que la plupart des convois
n'avaient pas été à Auschwitz. Il relevait, en effet, qu'il y avait eu 147
convois (soit 438.000 juifs) à quitter la Hongrie jusqu'au 8/7/44, date à
laquelle la déportation fut, en pratique, arrêtée. Or, le Kalendarium
ne fait état que de 58 convois à l'arrivée à Auschwitz, ce qui signifierait
que 89 convois (soit quelque 265.000 juifs) n'y seraient pas allés.
Il semble difficile d'admettre que le Kalendarium puisse comporter
pareille lacune et, dès lors, Mattogno semblait bien avoir raison : certes, ces
438.000 juifs avaient bien pu être envoyés à Auschwitz, mais ils auraient
bien pu aussi être détournés en cours de route en raison des problèmes
insolubles que leur arrivée en masse compacte créait à Auschwitz. Le Kalendarium
rapporte d'ailleurs que, d'après le Gouvernement polonais en exil, « (...)
on observe que 6 trains arrivent journellement à la gare de Plaszow près de
Cracovie [ou il y eut aussi un camp de concentration] où la plupart sont
dirigés vers Auschwitz (...) ». Ceci confirmerait, du moins sur le
principe, ce qu'affirmait Mattogno. Cette révision modifierait considérablement
à la baisse le nombre total des juifs passés par Auschwitz : comme nous le
verrons en annexe 8, il tomberait à moins de 700.000 (auxquels il faut ajouter
quelque 200.000 non-juifs). On notera que tous les convois ne sont pas passés
par Plaszow, certains venant du sud.
Pressac a vite accepté la thèse de Mattogno :
constatant qu'il est extravagant de prétendre que les Allemands aient pu incinérer
400.000 Hongrois (plus les autres) en si peu de temps mais persistant à croire
aux gazages, Pressac a été heureux de pouvoir réduire le nombre de Hongrois passés
par Auschwitz ; et de concéder de bonne grâce en 1993 que 118.000 juifs hongrois n'ont
fait que changer de train à Auschwitz et ne peuvent donc pas être considérés
comme y ayant été déportés ; du coup, Pressac les sortait de la statistique
des déportés d'Auschwitz dont il réduisait le nombre à 1.045.000. En 1994,
il réduisait encore le nombre d'entrants : il n'y eut, pense-t-il, que 53
convois de 3.000 personnes chacun (moyenne) soit environ 160.000 Hongrois à
passer par Auschwitz (c'est là une « donnée relativement sûre »),
mais comme, d'un autre côté, il a noté qu'on avait répertorié à coup sûr
au moins 80.000 aptes, il pense que 240.000 Hongrois auraient tout de même pu
atteindre Auschwitz ; il se base pour cela, sur le fait qu'en moyenne, il y
avait 1/3 d'aptes par convoi, mais c'est là une proportion très incertaine et
qui avait dû d'ailleurs considérablement évolué à la hausse avec le
prolongement de la guerre, encore que, comme nous l'avons vu, beaucoup d'adultes
juifs avaient déjà été enrôlés dans les bataillons du travail de
l'armée hongroise. Il en découle que pour Pressac, il n'est entré, en tout,
que 905.000/985.000 déportés à Auschwitz (dont 670.000/750.000 juifs). [9]
Depuis, toutefois, Mattogno a
réétudié la question à fond et il a modifié radicalement son point de vue :
il est maintenant d'avis que la plupart des 438.000 Hongrois déportés sont allés
à Auschwitz. [10] ; seules exceptions : Gänsendorf (2 trains),
Bergen-Belsen (1 train), Riga (1 train), Kaunas (1 train) et Majdanek (1 train).
Après la sélection, dit encore Mattogno, les inaptes furent massivement envoyés
dans le Gau du Niederdonau (Autriche orientale) et disséminés dans 175
endroits appelés « Familienlager ». En fait, on en retrouva
dans tous les camps du Reich, ce qui démontre une fois de plus que leur gazage
est une fable. [11] Bien entendu, les aptes (58.000 hommes seulement et 146.000
femmes) furent disséminés dans les usines et camps de travail du Reich. [12]
En ce qui concerne la Roumanie, très peu de
juifs furent déportés dans les camps allemands. Les Roumains déclinèrent les
propositions faites par les Allemands de les déporter à l'est (en retenant,
bien entendu, au passage les déportés aptes au travail : c'était probablement
là l'objet véritable de la proposition allemande.) et réglèrent le
problème juif eux-mêmes, en y mettant une sauvagerie qui souleva les
protestations des représentants allemands eux-mêmes. Un bon point pour ces
derniers ? La preuve qu'ils ne souhaitaient pas la destruction des juifs mais
uniquement leur éloignement (et l'exploitation de leur main-d'œuvre) ? C'est
mal connaître les historiens : les Allemands, disent-ils, entendaient
simplement réserver aux juifs une mort plus « civilisée » !
Ces déportations furent limitées au nord-est du pays : Bucovine du Nord et
Bessarabie, régions qui comptaient -mais à quelle époque ?- une population
juive de 185.000 âmes, qui furent en grande partie déportées en Transnistrie,
où le typhus et les conditions de vie lamentables en firent mourir un grand
nombre ; certes, les juifs avaient, de tous temps, été maltraités en
Roumanie, mais, en l'occurrence, il semble que les Roumains organisèrent ces
déportations en raison de la sympathie que les juifs de ces régions étaient
censés avoir prodiguée aux troupes soviétiques. Les rescapés furent
rapatriés par les Roumains, saisis de remords avec le retournement de la
situation militaire.
On notera le fait que jusqu'il y a peu, l'histoire officielle roumaine contestait vigoureusement
l'holocauste (roumain) des juifs ; elle considérait notamment que le chiffre des
victimes avancé par les historiens (250 à 300.000 sans parler des 150.000
juifs annexés par la Hongrie) est « grandement exagéré ». Elle doit avoir raison.
En Bulgarie, il n'y a plus actuellement que 2 à 7.000 juifs, alors qu'il y en avait 47.000 avant la guerre. Néanmoins, il n'a pas été possible aux historiens d'affirmer qu'ils avaient été exterminés, car, non seulement ils ne furent pas déportés, mais ils furent peu inquiétés. En fait, ils émigrèrent en masse en Israël. On a ici un bel exemple des limites de la méthode dite démographique pour l'estimation des pertes juives : ce n'est évidemment pas parce qu'il n'y a plus de juifs dans un pays qu'ils ont été exterminés comme voudraient généralement nous le faire croire les historiens. D'où la réponse à faire à ceux qui vous opposent « Si les juifs n'ont pas été gazés, alors où sont-ils passés ? » : tout simplement, « Ils sont ailleurs » (tout en reconnaissant -car il ne faut pas tomber dans le simplisme et l'outrance des historiens- qu'ils furent nombreux à perdre la vie).
Enfin, reste le gros de cette tragédie : 2.350.000 à
3.300.000 Polonais et 400.000 à 700.000 Soviétiques
et Baltes.
Comment a-t-on établi ces chiffres en ce qui concerne la Pologne, cœur du
judaïsme mondial ? Comme nous l'avons vu dans le tome 1, le raisonnement est
simple ou plutôt simpliste :
a- Il y avait 3.300.000 juifs avant la guerre.
b- Il n'y en avait plus que disons 300.000 après.
c- Donc, 3.000.000 ont été exterminés.
Ce raisonnement est des plus grossiers : c'est un peu comme si on disait :
a- Il y avait disons 1.000.000 de Pieds-Noirs en Algérie.
b- Il n'y en avait plus que disons 100.000 lors de l'arrivée du FLN au pouvoir.
c- Donc, le FLN en a égorgé 900.000.
Le raisonnement sur les juifs polonais est même encore plus grossier que celui sur les Pieds-Noirs algériens, en effet, si l'Algérie avait le même territoire avant et après l'indépendance, on ne pouvait en dire autant de l'Etat polonais, lequel avait perdu au profit de l'URSS quasiment la moitié de ses territoires de l'est où s'étaient retrouvés la majorité de ses juifs et avait en échange gagné à l'ouest sur le dos de l'Allemagne, des territoires équivalents, mais dans lesquels il n'y avait plus de juifs. Bref, c'est comparer des choses non comparables.
Ci-après, la Pologne avant, pendant et après la guerre.


Il y a aussi à dire sur les chiffres donnant les effectifs
de la communauté juive de Pologne d'après-guerre : il est probable qu'ils
soient grandement et systématiquement sous-estimés. (Walesa s'en était plaint
du temps de sa présidence.) Narrant la purge
antisémite de 1968, Stéphane Meylac explique dans Le Monde du 14/3/93
qu' « une centaine de ministres et hauts fonctionnaires sont limogés et
exclus du parti. Au Ministère des Affaires étrangères, 40% des postes moyens
et élevés sont affectés par la purge. A la seule université de Varsovie,
près de cent enseignants sont évincés de leurs postes.(...) Au total, neuf
mille personnes seront au fil des semaines écartées des postes généralement
élevés qu'elles occupent (...) ». Mais les juifs du secteur privé
quittent également le pays, ajoute Meylac : « La Pologne, de son côté,
perd de nombreux médecins, professeurs, mathématiciens et artistes ». En
tout « quinze mille » juifs s'en vont (dont, je suppose, une majorité
réputés sans emploi : femmes au foyer, enfants et retraités) soit « la
moitié environ de la population juive de Pologne ». A croire cette
narration, il faudrait donc admettre que les juifs polonais sont majoritairement
des élites et qu'il était normal qu'ils occupassent des emplois élevés.
Comme cette explication élitiste (par la référence aux gènes ou au
milieu, peu importe) est difficile à admettre, il faut bien en conclure que la
population d'origine judéo-polonaise d'après-guerre (et ayant éventuellement
coupé ses liens avec le judaïsme) était considérablement plus élevée qu'on
nous le dit.
Conscients de ce que les historiens se trompent et nous trompent, cherchons ce
que pourrait être la vérité avec Paul Rassinier et Walter Sanning. Rassinier,
pionnier du révisionnisme de la seconde guerre mondiale, lui-même déporté 18
mois à Buchenwald et Dora, a procédé à une analyse statistique détaillée,
que Sanning a affinée.
Ces deux auteurs, d'une part, nous rappellent des évidences que le tapage
médiatique et pédagogique juif nous avait fait oublier, d'autre part,
démontrent d'autres points plus techniques, dont nous ne pouvions avoir
connaissance à notre niveau :
1. Le recensement officiel de 1931 donnait 3.114.000 juifs ; le chiffre de 3.350.000 pour la fin des années 30 est une estimation sans fondement d'origine sioniste. En fait, il n'y avait que 2.600.000 juifs en Pologne lors des invasions allemande et soviétique ; ce chiffre est confirmé par divers chercheurs polonais (Dabrowska, Grynberg, Waszak). Certes, il avait pu y en avoir jusqu'à 3.100.000 à la fin des années 20, mais devant la misère due à la crise économique et à la recrudescence de l'antisémitisme officiel sous le colonel Beck, l'émigration s'était développée : pour la Belgique, par exemple, sur les quelque 90.000 juifs qui s'y trouvaient à la veille de la guerre, il n'y en avait pas 5.000 à y être nés et les nombreux juifs de Belgique à noms à consonance yiddish y sont arrivés avant la déclaration de guerre de 1939. [13]
2. La Pologne fut partagée entre Soviétiques et Allemands. [14] 1.600.000 juifs se trouvaient dans la zone allemande et 1.000.000 dans la zone soviétique.
3. En 1940, entre 1 et 2 millions de Belges se sauvèrent en
France (dont Jean-Luc Dehaene, ancien premier ministre, encore dans le ventre de
sa mère, laquelle accoucha à Montpellier). Il y avait en outre parmi eux, le
tiers (et même la moitié selon un source officielle belge de 1947) des 90.000
juifs établis ou réfugiés en Belgique, qui étaient majoritairement d'origine
polonaise. Est-il vraisemblable que, peu auparavant, leurs parents et amis
restés en Pologne, eux, aient attendu sagement sur place leurs pires ennemis ?
Il est évident qu'un grand nombre se sauvèrent (100.000 en Roumanie et 800.000
en zone soviétique). Il n'en restait donc plus qu'environ 800.000 en zone
allemande, dont, comme partout, une forte proportion de personnes âgées, dont
la fin fut sans doute hâtée par la sauvagerie de la guerre à l'est et la
persécution allemande. Une bonne partie de ces 800.000 furent concentrés dans
le ghetto de Varsovie. [15]
Parmi les juifs célèbres qui s'enfuirent avant l'arrivée des Allemands,
citons Maurycy Mayzel, président de la Communauté juive de Varsovie, Jan
Czerniakow, fils unique du fameux président du Judenrat (quelques jours
après l'arrivée des Allemands) et surtout, un certain Menahem Begin de
Varsovie, qui, plus tard, allait devenir premier ministre d'Israël. On notera
aussi, en ce qui concerne Varsovie, que ce n'est qu'en octobre 40 que le ghetto
fut ceinturé ; jusqu'à cette date, les juifs purent s'en aller et même
émigrer : par exemple, des 6 membres du Comité des Citoyens juifs de
Varsovie qui précéda le Judenrat, deux émigrèrent légalement en
Palestine, l'un en 1939 (Mojzesz Koerner) et l'autre en 40 (Apolinary Hartglas).
Il est à noter qu'en septembre 39, les Allemands avaient eux-mêmes chassé des
dizaines de milliers de juifs au-delà des rivières San et Bug dans la zone
soviétique. Même après la ghettoïsation, certains réussirent à s'enfuir
comme l'écrivain bien connu Marek Halter (4 ans et demi) et ses parents qui passèrent de
Varsovie en Ukraine en 1941.
Ce chiffre de 800.000 peut paraître trop bas ; Korherr, lui, semble en trouver
davantage mais nous avons dit que ses chiffres (qui portent d'ailleurs sur 1942)
étaient manifestement gonflés et comptaient des doubles emplois flagrants, sans
oublier, déjà, qu'il cumule juifs polonais et juifs occidentaux déportés en
Pologne. Peut-être la vérité est-elle entre ces deux chiffres ? Elle semble
en tous cas être beaucoup plus près de 800.000 que de 3.500.000 ou même
3.000.000.
4. En ce qui concerne les Polonais réfugiés dans la zone
soviétique (dont 800.000 juifs), on sait grâce à I. Altman et C. Ingerflom
que les Russes essayèrent de renvoyer dans la
zone allemande les réfugiés « socialement étrangers », les réfugiés
« politiquement suspects » et également les inaptes (vieux,
malades, etc.) mais, bien entendu, les Allemands les refusèrent ; les
aptes eurent à choisir entre l’expulsion ou le travail dans les chantiers du
Nord : seule une minorité optèrent pour cette solution et devinrent
citoyens soviétiques. Les aptes qui refusèrent soit le travail et la nationalité
soviétique soit le retour dans la zone allemande [En fait, les Allemands ne les
acceptèrent pas plus que les inaptes.] furent déportés en Sibérie et dans le
nord de la Russie en même temps que les inaptes.
Les juifs polonais déportés par les Russes ne l'ont donc pas été
comme juifs mais en raison de leur appartenance à une des 14 catégories de
Polonais dont la déportation avait été ordonnée par Staline et notamment la
catégorie 8, celle des immigrés entrés illégalement. On notera, pour
l'anecdote, encore que cela en dise long sur la phobie de Staline pour ceux qui
avaient eu ou avaient encore des contacts avec la civilisation occidentale,
qu'on retrouve les ... philatélistes dans une de ces 14 catégories.
Cette déportation affecta en tout 1.500.000 Polonais annexés ou immigrés
illégaux dont un tiers de juifs (1.000.000 Polonais selon Koestler ; 880.000
Polonais dont seulement 30 % étaient des juifs, selon I. Altman et C. Ingerflom).
A la fin de la guerre, on donna aux 800.000 juifs de la zone allemande qui
s'étaient réfugiés en URSS l'occasion de rentrer en Pologne (dont la
frontière orientale correspondait dorénavant à la ligne de démarcation entre
envahisseurs allemands et soviétiques) : seuls 157.000 la saisirent,
rentrèrent en Pologne puis s'empressèrent, pense-t-on, de passer à l'Ouest.
Sanning pense que la majeure partie de leurs compagnons d'infortune périrent en
Sibérie, tant les conditions de vie y étaient pénibles. [16]
Parmi ces juifs déportés, on retrouve à nouveau Begin, Jan Czerniakow
(d'abord réfugié à Lvov, dans la zone soviétique, ce dernier mourut en 1942
au Kirghizistan, où il avait été déporté) et Marek Halter (lequel précise
: « Un
mois plus tard, comme un million de réfugiés, Staline nous a envoyés en Ouzbékistan
où sévissaient la famine et la dysenterie. ») [17]
5. Les juifs de la zone soviétique reçurent automatiquement
la nationalité soviétique comme tous les Polonais de cette zone et ils furent
traités comme les ressortissants soviétiques.
Dans la zone de l'URSS que les Allemands occupèrent, il y avait en 1939,
2.100.000 juifs. Les annexions soviétiques (Pologne orientale, Pays baltes,
Bucovine du Nord, Moldavie, Ruthénie) portèrent ce nombre à 3.600.000 (non
compris les juifs polonais réfugiés de la zone allemande et en grande partie
déportés en 1940). Lors du déclenchement des hostilités entre Allemands et
Soviétiques, ces derniers pratiquèrent une sorte de politique de la terre
brûlée : ils emportèrent tout ce qu'ils purent en matière d'installations
industrielles et les remontèrent dans l'Oural et en Sibérie. Ils évacuèrent
tous les cadres de leur régime et tous les ouvriers spécialisés. Les juifs
furent parmi les premiers évacués, notamment parce que, d'une part, ils
étaient surreprésentés dans l'encadrement du Parti et d'autre part, ils
étaient très nombreux dans l'industrie, contrairement à leurs
coreligionnaires des autres pays. Comme ils étaient regroupés dans des centres
urbains et que ces centres étaient plutôt éloignés de la ligne de
démarcation (sauf en Galicie orientale), l'opération se fit sans grande
difficulté.
Gerald Reitlinger : « Non seulement la masse des 3 millions de juifs de la
Russie soviétique d'avant-guerre s'échappa vers l'intérieur mais aussi une
très grande partie des 1.800.000 juifs des territoires annexés. Quoique le
nombre de ceux qui atteignirent le sanctuaire de la Sibérie méridionale et la
région Volga-Oural ne puisse être précisé, il est possible que les
trois-quarts de la population juive d'Europe d'aujourd'hui [c'est-à-dire en
1968 ?] vit en Union soviétique contre moins d'un tiers avant guerre. »
Cette dernière indication est sibylline mais Reitlinger indique par ailleurs que
la Biélorussie (une des deux grandes républiques soviétiques envahies par les
Allemands en 1941) comptait quelque 850.000 juifs dont près de 500.000 juifs
polonais annexés. En février 42, les Einsatzgruppen prétendaient
qu'ils en avaient tué 33.210 et qu'il en restait 139.000, ce qui suppose qu'il
n'y en avait que 172.000 environ lors de l'arrivée des Allemands huit mois plus
tôt et, donc, que 678.000 (plus de 80%) avaient pu se sauver. Mais, estime
Reitlinger, le chiffre de 172.000 demeurés sur place « semble
remarquablement élevé » pour une région offrant tant de possibilités
d'évasion et il ne pouvait s'expliquer que par la méconnaissance qu'avaient
les juifs biélorussiens du traitement que les Allemands réservaient aux juifs
: bref, pour ceux qui ne sont plus décidés à se satisfaire de ce genre
d'explication, il y avait bien moins de 172.000 juifs restés sur place en
Biélorussie c'est-à-dire bien moins de 20%. On ne voit pas a priori pourquoi
les choses auraient pu être différentes dans l'autre grande république
d'URSS envahie par les Allemands en juin 41, c'est-à-dire l'Ukraine : des 3
millions de juifs soviétiques d'avant-guerre, dit Reitlinger, environ la
moitié vivaient en Ukraine, auxquels vinrent s'ajouter 568.000 juifs polonais
annexés (Galicie orientale, cœur ancestral du Judaïsme mondial) ; si 80% des
Galiciens restèrent sur place, par contre, plus loin (Ukraine soviétique),
seulement un quart restèrent et, plus loin encore, les Allemands n'en
trouvèrent presque plus du tout. Bref, de ce que dit Reitlinger (historien
exterminationniste, rappelons-le), on peut déduire que moins d'un million de
juifs soviétiques, y compris les juifs polonais, baltes et roumains annexés,
auraient pu tomber aux mains des Allemands, lesquels n'auraient donc pas pu en
exterminer davantage.
Cette évacuation massive était déjà bien connue à l'époque ; ainsi, Louis
Levine, président du Conseil juif américain d'aide à l'Union Soviétique,
déclarait le 30/10/46 : « Au début de la guerre, les juifs furent parmi
les premiers évacués des régions occidentales menacées par les envahisseurs
hitlériens et ils se mirent en route pour trouver la sécurité à l'est de
l'Oural. Deux millions de juifs furent sauvés de cette manière ». En
fait, Levine ne faisait qu'écho à ce que disaient les responsables juifs
soviétiques eux-mêmes. Ainsi, dans la célèbre lettre à Molotov du
15/12/1944 dans laquelle les responsables du Comité Antifasciste juif (Epstein,
Mikhoels et Fefer) proposaient la création d'une république juive en Crimée,
il était dit : « Avant la guerre, il y avait en URSS environ cinq millions
de juifs, notamment près d'un million et demi dans les régions occidentales de
l'Ukraine et de la Biélorussie, les Républiques baltes, la Bessarabie, la
Bucovine, y compris des ressortissants polonais. On peut estimer que pas moins de 1,5 million
de juifs ont été exterminés dans la partie de l’URSS annexée
temporairement par les fascistes. / A part les centaines de milliers de soldats
qui se sont battus dans les rangs de l’Armée Rouge, tout le reste de la
population juive de l’URSS a été dispersée dans les républiques d’Asie
centrale : Sibérie, sur les bords de la Volga et dans certaines parties de
la Fédération de Russie. » Se posait, continuait la lettre, le problème
du retour de ces masses juives dans leur pays, lequel a été transformé en cimetière
[ce qui laissait entendre que leur retour n’y est pas possible] ; la
question ne se posait d’ailleurs pas pour certains : « Pour les
juifs de Pologne et de Roumanie, la question de leur retour ne se pose pas du
tout puisqu’ils sont citoyens soviétiques. » « L’antisémitisme
est cause de souffrances dans le cœur des juifs puisque le peuple juif a connu
la plus grande tragédie de son histoire, ayant perdu environ quatre millions
des siens, c’est-à-dire le quart de ses membres, à la suite des atrocités
fascistes en Europe. L’Union soviétique est le seul pays qui a protégé
presque la moitié de la population juive européenne.» D'où, concluait la
lettre, l'utilité du projet
criméen. (cité par Alexandre Bortchagovski pour lequel l'histoire a joué un
« sale tour » à Staline « en faisant de lui le sauveur des juifs
européens, leur bienfaiteur, leur père, alors que quelqu'un d'autre
[Hitler] avait pris le rôle [celui d'exterminateur des juifs] qu'il
aurait tant voulu s'attribuer. ») [18]
De nos jours, après avoir été occultée, pour le moins minimisée, la chose
est même réadmise sans contestation par les exterminationnistes eux-mêmes
sans qu'ils en tirent les conclusions de bon sens qui s'imposent ; ainsi, Nicole
Zand, commentant précisément dans Le Monde du 24/2/95 le livre de
Bortchagovski (« L'Holocauste inachevé ou comment Staline tenta d'éliminer
les juifs d'URSS ») : « Le Petit Père des Peuples, pourtant, s'était
trouvé contraint, pendant la guerre, de sauver non seulement les juifs d'URSS,
mais également ceux de Bessarabie, de Pologne et de Roumanie qui s'étaient
réfugiés à l'est ! » [19]
Autre citation, qui nous permettra, au passage, de vérifier les ravages du
dogmatisme sur le raisonnement : l'historien Walter Laqueur rapporte que David
Kelly, chef de la délégation britannique en Suisse, écrivait le 19 novembre
1941 au Département central du Foreign Office qu'il avait appris que « (...)
le million et demi de juifs qui habitaient en Pologne orientale (région russe
depuis peu de temps) a complètement disparu : personne ne sait ni où ni
comment. ». Pour Laqueur (qui a écrit tout un livre pour tenter de
démontrer que les responsables occidentaux « savaient » et se sont tus), «
ce
rapport présente un intérêt considérable : c'est l'une des premières (sinon
la première) preuves que les activités des Einsatzgruppen étaient connues à
l'ouest, et aussi du fait que des centaines de milliers de juifs avaient été
tués. ». L'informateur de Kelly, précise Laqueur, était Lados, le
représentant officiel de la Pologne à Berne et c'était un homme digne de foi.
Et Laqueur de conclure : « La nouvelle était tout à fait exacte : un
million et demi de juifs habitaient dans les territoires occupés par les
Allemands depuis l'invasion ; ceux qui n'avaient pas réussi à s'échapper
avaient été tués. ».
C'est là un raisonnement particulièrement tordu : ne devrait-on pas plutôt
comprendre que :
il y avait 1.500.000 juifs en Pologne orientale, non pas après l'invasion de l'URSS par les Allemands comme semble l'avoir compris Laqueur, mais avant cette invasion, ce qui n'est évidemment pas la même chose ;
ce chiffre confirme qu'une grande partie des juifs polonais de la zone allemande avaient fui en zone russe (en effet, malgré les déportations en Sibérie de 1940, il y avait encore 500.000 juifs de plus qu'il n'aurait dû y en avoir) ;
personne n'ayant jamais prétendu (pas même Laqueur, on le notera) que les Einsatzgruppen avaient massacré autant de juifs à cette époque (3 ou 4 mois seulement après le déclenchement des hostilités avec l'URSS), si ces juifs n'étaient plus là, c'est tout simplement parce qu'ils avaient été évacués dans leur grande majorité avant l'arrivée des Allemands. Que valent, après cette « première preuve », les rapports dont Laqueur a fait l'inventaire, sur le massacre gigantesque et systématique de ces juifs russo-polonais par les Einsatzgruppen, surtout à une époque où, de toute façon, ils n'étaient plus là soit qu'ils aient été évacués, comme nous le pensons, soit qu'ils aient déjà été massacrés (nous allions dire, une première fois), comme le pense Laqueur ?
La chose est donc claire : la très grande majorité des
juifs soviétiques (dont la majorité des juifs ex-polonais : c'est là qu'est
la grande tromperie exterminationniste) ne virent même pas les Allemands.
Combien en resta-t-il sur place c'est-à-dire dans l'espace soviétique que les
Allemands envahirent, y compris la portion de Pologne annexée par les
Soviétiques ? Se fondant sur ce qu'a écrit Bergelson (célèbre écrivain
juif, lui aussi membre éminent du Comité Antifasciste juif), Sanning retient
le chiffre de 700.000.
D'ailleurs, il suffit de regarder les chiffres avec un minimum d'attention :
D'un côté, on nous dit que la très grande majorité des juifs polonais furent exterminés (soit 2.350.000 à 3.300.000).
D'un autre côté, on nous dit qu'il n'y eut que 400.000 à 700.000 juifs soviétiques et baltes à connaître le même sort, alors que, dans la zone occupée par les Allemands, il y avait 2.100.000 juifs avant 1939 puis 2.600.000 par la suite (sans compter, bien entendu, les juifs polonais de la zone russe et les juifs polonais de la zone allemande qui s'étaient réfugiés en URSS). On doit bien en conclure que ces deux exterminations n'auraient pas été perpétrées à la même échelle : les Allemands auraient montré comme de la clémence pour les juifs soviétiques ; ceci est extravagant, insoutenable et, d'ailleurs, contraire aux enseignements des historiens. Aujourd'hui, les nouveaux responsables ukrainiens le reconnaissent ouvertement : « (...) l'extermination de masse pratiquée par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale, hormis le cas de Baby Yar, n'a pas pu atteindre en Ukraine le même niveau que celui de certains autres Etats d'Europe centrale. » Et pourquoi donc sinon pour la raison que les juifs soviétiques, dont les Polonais annexés (ou réfugiés) avaient été évacués (ou déportés) ? [20]
6. Bien entendu, de nombreux juifs polonais (et pas qu'eux d'ailleurs) réussirent à se cacher en Pologne même. Dans la période immédiate de l'après-guerre, ils déferlèrent vers l'Ouest et furent regroupés dans les camps de personnes déplacées, d'où ils émigrèrent en masse.
***
Ainsi, y eut-il au plus 1.500.000 juifs slaves (800.000 dans
la zone polono-allemande et 700.000 dans la zone polono-soviétique et plus à l'est) à tomber aux mains des Allemands. Si on y ajoute les quelque 1.100.000
juifs dont nous avons parlé plus haut (les 662.000 Ouest- et Sud-Européens et
les 438.000 Hongrois), on arrive à la conclusion qu'au total, les Allemands
mirent au plus la main sur 3 millions de juifs européens. L'analyse du rapport
Korherr nous l'avait déjà appris. Les Allemands n'auraient donc
pu -pour autant qu'ils en aient eu le désir et les moyens- exterminer 5 ou 6
millions de juifs européens.
Tout cela est non seulement évident (le bourrage de crâne juif l'a
simplement occulté) mais aussi confirmé de multiples sources : juive,
polonaise, soviétique, russe, ukrainienne, américaine, vaticane. [21]
Voilà pour ce qui est de l'analyse démographique par pays. Examinons
maintenant l'autre méthode, celle qui consiste à établir le nombre des morts
par camp, en l'occurrence essentiellement Auschwitz.
NOTES
| [1] |
Raul Hilberg, « La destruction des Juifs d’Europe », Fayard, 1988, 1.099 p., p. 694. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
| [2] |
A l’intention de nos jeunes lecteurs : le Petit Larousse dit que la « cinquième colonne » est « l’ensemble des partisans clandestins qu’une armée compte dans les rangs de l’adversaire » ; l’expression est née lors de l’attaque contre Madrid par les troupes franquistes, lesquelles étaient composées de 4 colonnes. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
| [3] |
Affirmation contestée par certains (des militaires allemands) qui prétendent que les statistiques de Speer n’étaient pas sincères. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
| [4] |
La tactique des
bombardements terroristes des Anglais n'était pas tout à fait stupide du point
de vue militaire, encore qu'il soit apparu très vite qu'elle n'atteindrait pas
son but. Elle eut pour seul effet de prolonger la guerre ; sur le plan humain,
non seulement elle coûta la vie à quelque 700.000 civils allemands, mais elle accrut
et prolongea la persécution et le calvaire des juifs. Voir, dit Mattogno, le télégramme
du 2/5/44 de von Thadden à l’ambassade allemande à Bratislava pour
demander l’autorisation de déporter les Hongrois « zum
Arbeitseinsatz in die Ostgebiete » [c’est-à-dire la Biélorussie,
les Pays Baltes et l’Ukraine] en passant par la Slovaquie. Réponse peu
encourageante du 3/5/44 de Ludin, ministre d’Allemagne à Bratislava. Le
5/5/44, nouveau télégramme de von Thadden
intitulé « Abtransport ungarischer Juden zum Arbeitseinsatz in
die Ostgebiete » : il y dit que le transport par Lemberg était
extraordinairement difficile pour des raisons militaires, que le transport des juifs est-hongrois (qui doivent être déportés les premiers) par
Budapest-Vienne pourrait entraîner des troubles dans la capitale, que, dès
lors, les trains qui ne pourraient pas passer par Lemberg devraient passer par
la Slovaquie. Le transit par Lemberg, notait encore von Thadden, était le
« trajet le plus court » (« die kürzeste Marschroute ») Jochen Von Lang, « Eichmann.
L’interrogatoire
», Belfond, Paris, 1984,
310 pp, p. 221. Kalendarium, 31/7/1944. Télex de Veesenmayer : « Aujourd'hui, le premier
convoi de 1.800 juifs entre 16 et 50 ans et aptes au travail a quitté Budapest.
Demain, un nouveau convoi de 2.000 juifs aptes au travail quittera Topolya
». Le Kalendarium, qui n’en est pas à une contradiction près,
relève sans le commenter ce fait à coup sûr étrange qu’on ait gazé des
aptes au travail. Celui qui a lu le Tome 1
voit bien ici à quel point cette révision spectaculaire de Pressac est la
suite logique du travail dont il s'est chargé et qui consiste, non pas à
écrire l'histoire, mais à rendre le dogme plus crédible : comme,
manifestement, Auschwitz n'avait pas la capacité de crémation de tant de
corps, il tripote les chiffres jusqu'à obtention d'un résultat plus crédible
: il commence donc par réduire le nombre de Polonais (nous en reparlerons),
puis le nombre de Hongrois et enfin, comme c'est encore un peu gros, il réduit
une deuxième fois le nombre de Hongrois. Malgré quoi, sa version reste
invraisemblable et il lui faudra toucher au dogme, du moins abandonner la thèse
intentionnaliste.
Carlo Mattogno, « Die Deportation ungarischer Juden von Mai bis Juli
1944. Ein provisorisch Bilanz », VffG, 6. Jahrgang,
Heft 3, September 2001, p. 381 sqq. VffG a rendu compte à cette époque de la
vive controverse à laquelle ont pris part Jürgen Graf, Carlo Mattogno et
Arthur R. Butz, ce dernier contestant radicalement que les juifs hongrois aient
été déportés en si grand nombre. Par exemple, on peut citer :
Bernard-Aldebert (Gusen II-Mauthausen) : « Il y a de tout
parmi eux, des enfants, des vieillards. » (cité par A. Wieviorka) ;
Loustaunau-Lacau (Mauthausen) : « Il y a parmi eux des femmes,
des vieillards, des enfants. » ( « Chiens maudits. Souvenirs
d'un rescapé des bagnes hitlériens »,
Ed. La Spirale, Pau, 1954 (?)) ;
Dom Zimmet Gazel (Ravensbruck) : « Quand le lamentable
troupeau des juives hongroises avec leurs enfants (...) » (cité par A.
Wieviorka) ;
André Sellier (Dora) : «
En juin 1944 des Juifs hongrois, évacués d'Auschwitz y moururent dans de
lourds travaux de terrassement et de construction ; parmi eux des enfants de 11
à 15 ans. («
Histoire du camp de Dora »
, La Découverte, Paris, 1998 résumé par Charles Baron dans Après
Auschwitz, n° 271 de juillet 1999) Ces juifs auraient-ils pu être
les juifs déportés de Budapest à Strasshof (Vienne) sans passer par Auschwitz
? Non, car les inaptes passés par
Vienne-Strasshof n'allèrent pas à Mauthausen. On peut donc en déduire que les
nombreux enfants hongrois arrivés avec leur mère dans les camps d'Allemagne
de
l'ouest et dont parlent différents témoins français, ont tous transité par
Auschwitz et n'y ont donc pas été gazés. Un exemple cité par
Pressac : « Ainsi, est conservé au Yad Vashem un fichier provenant du camp
du Stutthof (près de Danzig) avec les noms de 40 à 50.000 Juives hongroises,
ayant été expédiées d'Auschwitz en juin 44. » Mattogno remarque que, dans l'édition italienne de son dernier livre,
Pressac ramène de 40/50.000 à 20/30.000 le nombre de Juives hongroises
reprises dans ladite cartothèque. Toutefois, ceci ne modifie d'aucune façon
les enseignements à en tirer. On notera encore que l'existence même de cette
cartothèque est tenue secrète par le Yad Vashem mais on trouve confirmation de
l'ordre de grandeur de ces chiffres dans les publications du Musée de Stutthof. Si les juifs réfugiés outre-mer (aux USA, par exemple)
étaient à l'abri, par contre ceux qui s'étaient réfugiés en Europe
occidentale tombèrent souvent aux mains des Allemands : on notera que ceux qui
ne sont pas revenus des camps figurent deux fois dans la statistique des 6
millions de juifs exterminés : une première fois comme Polonais et une
deuxième fois comme Belges ou Français. Ceux qui sont revenus ou même qui
n'ont pas été déportés figurent de toute façon une fois dans les 6.000.000,
dès lors qu'ils ont émigré en Occident dans les années 30.
Les jeunes doivent savoir que Français et Anglais
déclarèrent aussitôt la guerre aux Allemands mais pas aux Soviétiques. Le
16 septembre [1939], alors que les Allemands avaient brisé la résistance
polonaise, le premier ministre français Daladier télégraphiait à l'ambassadeur de France à Moscou pour
lui indiquer que « d'éventuelles
initiatives soviétiques dans les territoires orientaux de la Pologne ne
seraient pas une cause de rupture entre la France et l'URSS »
; le lendemain, l'Armée Rouge «
libérait »
la Pologne orientale. (Pawel
Korzec et Jacques Burko, op. cit., p.
15, nbp 1). Il est à noter que la Grande-Bretagne avait donné à la Pologne
des garanties contre une éventuelle agression de l'Allemagne mais pas contre
une éventuelle agression de l'URSS. A noter aussi que, d'après David Irving,
le Daily Express avait publié la clause secrète du traité
germano-russe sur le partage de la Pologne. Cela veut dire que lorsque Anglais et
Français déclarèrent la guerre à l'Allemagne, ils devaient bien se douter
que l'URSS allait à son tour attaquer la Pologne.
Les
historiens n'ont jamais voulu nous expliquer le pourquoi de cette différence de
traitement. Evolution de la population juive de Varsovie (d'après
Israël Gutman dans la préface du journal de Czerniakow) : de 353.000 en 1931,
elle était tombée à un peu plus de 300.000 en 1939 ; dans les premières
semaines de l'occupation allemande, des dizaines de mille s'enfuirent en zone
soviétique. [Nous en déduirons donc qu'elle ne devait plus dépasser de
beaucoup 250.000 et avait donc baissé d'un bon quart] Par la suite, de
nombreux juifs des territoires annexés par l'Allemagne (notamment Wartheland)
s'y réfugièrent. Après la création du ghetto en novembre 40, les juifs des
alentours y furent envoyés, ainsi que des juifs déportés d'Allemagne,
d'Autriche et de Dantzig ; de la sorte, la population remonta à 450.000. Les survivants de ceux qui furent déportés en Sibérie
musulmane se seraient enfuis après la guerre en passant pas l'Iran. Samedi
Plus,
19/6/1999. Cette tragédie de la déportation en Sibérie des juifs
polonais réfugiés, longtemps occultée puisqu'elle réduisait d'autant
l'ampleur de la persécution des juifs par les Allemands, est redécouverte de
nos jours ; ainsi, Michel Dubec dans Le Monde du 11/2/95 : «
(...) Des millions de personnes ne pouvaient pas fuir, mais des
centaines de milliers parmi les millions ont fui dans la pagaille et le
désarroi. (...) Près de cinq cent mille d'entre eux furent transportés vers
la Sibérie, dont un tiers environ y mourut. » Voyez le texte in extenso de la « lettre
de Crimée » dans Gennadi Kostyrchenko, « Out of the red shadows. Anti-semitism in
Stalin’s Russia », Promotheus Books, New York, 1995, p.
44 sqq. On n'accablera pas Madame Zand (pas plus que Michel Dubec)
car nous sommes tous un peu comme eux : nous passons à côté de la vérité
sans la reconnaître. Néanmoins, on ne peut pas ne pas faire remarquer que, si
elle avait pris un bout de papier et un crayon pour convertir ses dires en
chiffres, elle aurait aussitôt compris à quel point le chiffre de 6 millions
de morts était absurde. En 1941, les Allemands, aidés par leurs auxiliaires
ukrainiens, auraient assassiné, en 2 jours, 33.771 juifs à Baby Yar, un faubourg de
Kiev. Les révisionnistes disent, non sans raisons, que ce chiffre est
insoutenable. On notera aussi que les historiens oublient de dire ou, du moins,
n'insistent pas beaucoup sur le fait que ces exécutions de masse ne faisaient
pas partie d'une politique d'extermination mais furent des représailles à
l'incendie des bâtiments où les Allemands avaient installé leurs bureaux. Des
centaines d'officiers et soldats allemands périrent dans cet incendie
attribué, bien entendu, aux judéo-communistes et provoqué, en fait, par des
bombes incendiaires à retardement placées par les troupes soviétiques juste
avant leur départ. Du côté roumain, un pogrom aux origines identiques eut
lieu à la même époque à Odessa.
Citons encore deux sources indiquant elles aussi que la
plupart des juifs polonais et soviétiques avaient été mis en sûreté :
1. Source polono-vaticane : En fin décembre 42,
alors que l'extermination des juifs polonais (et de Pologne) était censée
être pratiquement terminée, Papée, ambassadeur de Pologne auprès du
Saint-Siège, écrivait à celui-ci que « plus d'un million » de
juifs polonais (bien entendu, il faut comprendre « de la Pologne
d'avant-guerre ») avaient été exterminés (les inaptes, dans des « installations
spécialement aménagées » et « par des procédés divers ») ou
étaient en cours d'extermination (les aptes, par le « travail forcé et
la famine »). Pie XII, qui était en position d'être la personne
peut-être bien la mieux informée au monde sur la question, ne crut manifestement jamais qu'il y eut un massacre
systématique de millions de juifs dans des installations industrielles ad
hoc. Aussi, dans son message de Noël 42, Pie XII ne fit-il qu'une allusion
(c'était la première fois qu'il en parlait) au martyre de « centaines de
milliers » de juifs ; encore était-elle voilée, furtive et tout
aussitôt balancée par une allusion claire, encore qu'aussi furtive, au
martyre de « milliers » de civils allemands brûlés vifs par les
Alliés : « (...) Ce vœu, l'humanité le doit
aux centaines
de milliers d'êtres humains qui, sans aucune faute de leur part,
quelquefois seulement pour raison de nationalité ou de race, sont voués à
la mort ou à un dépérissement progressif. / Ce vœu, l'humanité le doit
à ces nombreux millions de non-combattants, femmes,
enfants, infirmes, vieillards, auxquels la guerre aérienne -dont nous avons
déjà, depuis le début, dénoncé maintes fois les horreurs- a, sans
distinction, enlevé la vie, les biens, la santé, les maisons, les asiles
de la charité et de la prière. (...) » (Traduction de Robert
Faurisson en page 47 de « Le révisionnisme de Pie XII », Graphos,
Genova, 2002, 121 p.) Donc, à fin 42, alors que le drame était presque
entièrement joué, pas plus pour le gouvernement polonais que pour le
Saint-Siège, il n'y avait des millions de juifs polonais exterminés, le Saint-Siège n'en voyant même que des «
centaines de milliers » (y
compris les non-Polonais). 2. Source historienne : Arno Mayer, qui est le plus
raisonnable des historiens exterminationnistes, en tous cas le moins religieux
encore que marxiste, dit : « Avant 1939, il y avait en Union Soviétique à peu
près trois millions de juifs dont deux millions environ se concentraient en
Biélorussie, en Ukraine et en Crimée. Lorsque, conformément aux
dispositions du pacte germano-soviétique, l'Union Soviétique s'empara de l'est
de la Pologne, elle en compta 1,2 à 1,5 million de plus, auxquels
vinrent s'ajouter les 300.000 à 350.000 réfugiés venus de Pologne
occupée [par les Allemands et qui furent massivement déportés en
Sibérie en 1940 par les Soviétiques]. Puis, en 1940, quand Staline
avança encore son périmètre défensif [sic], il engloba dans
l'URSS 550.000 juifs supplémentaires : quelque 50.000 en Bukovine
septentrionale, environ 250.000 en Bessarabie et à peu près autant pour
les trois Etats baltes, dont les deux tiers environ dans la seule Lituanie.
» Combien de ceux qui vivaient dans la partie qui fut
occupée plus tard par les Allemands, tombèrent dans leurs mains ? Mayer ne
le dit pas mais remarque qu'ils furent nombreux à s'échapper. Il en voit :
en Pologne soviétique :
300.000 évacués juste avant l'ouverture des
hostilités avec les Allemands,
150.000 évacués juste après,
un certain nombre enrôlés dans l'Armée Rouge ;
ailleurs : un certain nombre qu'il ne chiffre pas mais
qui ne put qu'être élevé, car il précise tout de même : « Assez
souvent, 70 à 90 % des juifs vivant dans les villes et les bourgs purent
partir à temps. Il en fut ainsi à Baranovici, Minsk et Moghilev, à
Vinnitsi, Jitomir et Berditchev, à Kiev, Kharkhov et Dniepropetrovsk.
»
au total, « on estime qu'en tout un million cinq
cent mille juifs environ [auxquels il faut ajouter les militaires qui
étaient hors de portée des Allemands] s'enfuirent ou furent évacués
des territoires qui furent d'abord conquis par la Wehrmacht, puis ravagés
par les activistes locaux, les Einsatzgruppen et les commandos du RSHA.
» Bref, à lire soigneusement Mayer (auteur préfacé par Vidal-Naquet,
qui n'a pas dû bien le comprendre), on peut conclure qu'il n'en restait
pas beaucoup sur place à l'arrivée des Allemands.
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des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"