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VI. LA DESTRUCTION DES COMMUNAUTES JUIVES D'EUROPE (Pologne notamment)

Combien de juifs furent-ils déportés ? Nous avons déjà dit que l'étude et l'extrapolation du rapport Korherr permettait de penser que les Allemands n'ont certainement pas pu s'emparer de plus de 3 millions de juifs, mais peut-on en avoir la confirmation par ailleurs ? Autre question : les diverses communautés juives furent-elles frappées de la même manière ?

Comme nous l'avons dit dans le tome 1, nous ne pouvons tout examiner en si peu de pages ; aussi, concentrerons-nous notre analyse sur le cas de la communauté juive de Pologne, communauté qui aurait fourni la moitié des 6 millions de morts. Ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas dire un mot des autres communautés. D'après les historiens, les Allemands ont déporté le nombre (approximatif) suivant de juifs d'Europe occidentale :

Allemagne
Autriche
Belgique
France
120.000
50.000
25.000
75.000
Grèce
Italie
Luxembourg
Pays-Bas
60.000
10.000
1.000
110.000
Scandinavie
Tchécoslovaquie
Yougoslavie
1.000
150.000
60.000

Il n'y a pas de gros différends entre historiens et révisionnistes sur ces chiffres (662.000 au total dont la moitié sont passés par Auschwitz), sauf que ceux-ci contestent que ces déportés soient morts dans les mains des Allemands dans leur quasi-totalité comme l'affirment ceux-là. Le gros différend se situe plus à l'est, plus précisément en Hongrie, en Roumanie, en Pologne, dans les Pays baltes et en URSS (comme par hasard, tous pays tombés sous la main des communistes).

En ce qui concerne la Hongrie, 438.000 juifs, dont une partie de juifs réfugiés et donc déjà comptabilisés comme exterminés par ailleurs, furent déportés en mai-juin 44 au cours d'une opération d'envergure : c'est une des pages fortes de la Shoah, car, nous dit-on, ces Hongrois furent exterminés en masse dès leur arrivée à Auschwitz (plus de 90%). Les historiens affirment même qu'on en gazait et incinérait jusqu'à 24.000 par jour (4 à 5.000, dit Pressac). Cette page est, elle aussi, à réécrire. Les raisons qui ont entraîné la déportation des juifs de Hongrie à une date aussi tardive ne sont pas évidentes et il vaut la peine de s’y intéresser. Certes, les historiens affirment que Hitler avait décidé d’exterminer les juifs européens mais, d’une part, cette affirmation est tout à fait gratuite et, d’autre part, ils n’expliquent pas pourquoi l’homme pressé qu’était incontestablement Hitler s’y est pris si tard pour s’attaquer à la communauté judéo-hongroise. Hilberg : « En fait, les Juifs hongrois vivaient dans une île de terre fermée et protégée par une frontière politique. Ils dépendaient de cette barrière pour leur survie, et les Allemands devaient à tout prix l’abattre. En mars 1944, les frontières de la Hongrie commencèrent à s’effriter. Les Allemands envahirent le pays, et la catastrophe engloutit les Juifs. » [1] La réalité est quelque peu différente, même si elle reste tragique :

Dès lors, le plan des Allemands semble bien avoir été le suivant :

En résumé, les Allemands n’étaient intéressés que par la déportation –plus précisément la réception- des seuls aptes ; ils ne souhaitaient ni déporter ni même recevoir les inaptes et, s’ils l’ont finalement fait, c’est parce qu’ils y ont été contraints par l’attitude ambiguë des Hongrois. En effet, ceux-ci estimaient ne pouvoir guère satisfaire les demandes allemandes du fait que tous leurs juifs leur étaient indispensables. Ils réclamaient en outre que les familles des aptes les accompagnent car ils n’avaient pas les moyens de les nourrir à ne rien faire. Finalement, les Allemands durent se résoudre à déporter tout le monde, les aptes non mobilisés par les Hongrois et les inaptes, à charge pour eux de faire le tri des aptes (majoritairement des femmes) à Auschwitz et, enfin, de réimplanter les inaptes. Encore ne purent-ils commencer l’ « Aktion » qu’avec l’accord et l’aide des éléments hongrois les plus antisémites qu’ils réussirent à mettre au pouvoir en mars 44 en profitant du désarroi qui gagnaient la Hongrie avec la progression fulgurante de l’Armée rouge (remplacement du premier ministre Kallay par Sztojay). Toutefois, le « Sondereinsatzkommando » d’Eichmann ne fit que coordonner la déportation et ce furent les gendarmes hongrois qui se chargèrent de rassembler les juifs dans des camps et qui les déportèrent jusqu’à la frontière ; sans eux, il n’y aurait vraisemblablement pas eu de déportation du tout. D’ailleurs, début juillet 44, la Hongrie (dont la capitale, Budapest, avait été bombardée par les Alliés en fin juin et au début de juillet) comprenant que la guerre était irrémédiablement perdue, prit peur et cessa de livrer les juifs. Privé de cette main-d’œuvre dont il avait tant besoin, Hitler eut beau tempêter et menacer : la déportation s’arrêta net. Bien entendu, les historiens ne s’attardent pas sur ce point particulièrement dérangeant car il ne s’intègre pas dans leur version exterminationniste. Certes, par la suite, il y eut encore une déportation, mais de faible ampleur ; on était en octobre 44 ; les Soviétiques étaient aux portes de Budapest ; la Hongrie avait -politiquement- cessé d’exister et les Allemands intervinrent directement ; encore faut-il faire remarquer que cette ultime déportation ne concerna que des aptes, qui furent envoyés –à pied- en Autriche.
Il est donc ridicule de prétendre que les Allemands sont entrés en mars 44 en Hongrie aux fins d’en déporter les juifs et les exterminer à Auschwitz. On a d’ailleurs une nouvelle idée de la façon peu sérieuse dont a été écrite l'histoire d'Auschwitz dès les deux premiers convois arrivés à Auschwitz le 2 mai 44 : sur les 3.800 déportés de ces deux convois, 1.102 furent immatriculés ; donc, en concluent les historiens, c'est que 2.698 (71%) ont été gazés. Or, il se fait, exceptionnellement, que ces deux convois étaient composés de juifs déjà sélectionnés au départ de Hongrie : tous avaient entre 16 et 50 ans et avaient été jugés aptes au travail. Veesenmayer, le plénipotentiaire allemand en Hongrie, le confirme. [8] Malgré quoi, les SS les auraient gazés en masse et même en plus grand nombre que d'habitude : 71% de ces deux convois de juifs de 16 à 50 ans jugés aptes au travail quelques jours plus tôt, alors qu'en moyenne, ils ne gazaient que 66% dans les convois composés en partie de femmes enceintes, d'enfants, de vieux et de malades. Ainsi donc, au départ, des SS se donnaient la peine de sélectionner les plus costauds et à l'arrivée, d'autres SS en gazaient aussitôt les trois quarts ! Comme par distraction. Tout cela est invraisemblable et il faut être un esprit religieux ou un fou (Mais n'est-ce pas un peu la même chose ?) pour nous obliger à y croire. Affirmer qu'on gazait tous ces gens a d'autant moins de sens qu'à l'époque les Allemands faisaient parfois travailler des enfants de 14 ans, ce qui leur fut fort justement reproché après la guerre : ainsi, sur 813 prisonniers employés au camp annexe de Trzebinia, 19 n'avaient que 14/15 ans et 101 que 16/17 ans. 

Ceci dit, les questions qui se posent sont de savoir combien de juifs hongrois ont été déportés et où ils ont été déportés.

En ce qui concerne la Roumanie, très peu de juifs furent déportés dans les camps allemands. Les Roumains déclinèrent les propositions faites par les Allemands de les déporter à l'est (en retenant, bien entendu, au passage les déportés aptes au travail : c'était probablement là l'objet véritable de la proposition allemande.) et réglèrent le problème juif eux-mêmes, en y mettant une sauvagerie qui souleva les protestations des représentants allemands eux-mêmes. Un bon point pour ces derniers ? La preuve qu'ils ne souhaitaient pas la destruction des juifs mais uniquement leur éloignement (et l'exploitation de leur main-d'œuvre) ? C'est mal connaître les historiens : les Allemands, disent-ils, entendaient simplement réserver aux juifs une mort plus « civilisée » !
Ces déportations furent limitées au nord-est du pays : Bucovine du Nord et Bessarabie, régions qui comptaient -mais à quelle époque ?- une population juive de 185.000 âmes, qui furent en grande partie déportées en Transnistrie, où le typhus et les conditions de vie lamentables en firent mourir un grand nombre ; certes, les juifs avaient, de tous temps, été maltraités en Roumanie, mais, en l'occurrence, il semble que les Roumains organisèrent ces déportations en raison de la sympathie que les juifs de ces régions étaient censés avoir prodiguée aux troupes soviétiques. Les rescapés furent rapatriés par les Roumains, saisis de remords avec le retournement de la situation militaire.
On notera le fait que jusqu'il y a peu, l'histoire officielle roumaine contestait vigoureusement l'holocauste (roumain) des juifs ; elle considérait notamment que le chiffre des victimes avancé par les historiens (250 à 300.000 sans parler des 150.000 juifs annexés par la Hongrie) est « grandement exagéré ». Elle doit avoir raison.

En Bulgarie, il n'y a plus actuellement que 2 à 7.000 juifs, alors qu'il y en avait 47.000 avant la guerre. Néanmoins, il n'a pas été possible aux historiens d'affirmer qu'ils avaient été exterminés, car, non seulement ils ne furent pas déportés, mais ils furent peu inquiétés. En fait, ils émigrèrent en masse en Israël. On a ici un bel exemple des limites de la méthode dite démographique pour l'estimation des pertes juives : ce n'est évidemment pas parce qu'il n'y a plus de juifs dans un pays qu'ils ont été exterminés comme voudraient généralement nous le faire croire les historiens. D'où la réponse à faire à ceux qui vous opposent « Si les juifs n'ont pas été gazés, alors où sont-ils passés ? » : tout simplement, « Ils sont ailleurs » (tout en reconnaissant -car il ne faut pas tomber dans le simplisme et l'outrance des historiens- qu'ils furent nombreux à perdre la vie).

Enfin, reste le gros de cette tragédie : 2.350.000 à 3.300.000 Polonais et 400.000 à 700.000 Soviétiques et Baltes.
Comment a-t-on établi ces chiffres en ce qui concerne la Pologne, cœur du judaïsme mondial ? Comme nous l'avons vu dans le tome 1, le raisonnement est simple ou plutôt simpliste :

a- Il y avait 3.300.000 juifs avant la guerre.
b- Il n'y en avait plus que disons 300.000 après.
c- Donc, 3.000.000 ont été exterminés.

Ce raisonnement est des plus grossiers : c'est un peu comme si on disait :

a- Il y avait disons 1.000.000 de Pieds-Noirs en Algérie.
b- Il n'y en avait plus que disons 100.000 lors de l'arrivée du FLN au pouvoir.
c- Donc, le FLN en a égorgé 900.000.

Le raisonnement sur les juifs polonais est même encore plus grossier que celui sur les Pieds-Noirs algériens, en effet, si l'Algérie avait le même territoire avant et après l'indépendance, on ne pouvait en dire autant de l'Etat polonais, lequel avait perdu au profit de l'URSS quasiment la moitié de ses territoires de l'est où s'étaient retrouvés la majorité de ses juifs et avait en échange gagné à l'ouest sur le dos de l'Allemagne, des territoires équivalents, mais dans lesquels il n'y avait plus de juifs. Bref, c'est comparer des choses non comparables.

Ci-après, la Pologne avant, pendant et après la guerre.

Il y a aussi à dire sur les chiffres donnant les effectifs de la communauté juive de Pologne d'après-guerre : il est probable qu'ils soient grandement et systématiquement sous-estimés. (Walesa s'en était plaint du temps de sa présidence.) Narrant la purge antisémite de 1968, Stéphane Meylac explique dans Le Monde du 14/3/93 qu' « une centaine de ministres et hauts fonctionnaires sont limogés et exclus du parti. Au Ministère des Affaires étrangères, 40% des postes moyens et élevés sont affectés par la purge. A la seule université de Varsovie, près de cent enseignants sont évincés de leurs postes.(...) Au total, neuf mille personnes seront au fil des semaines écartées des postes généralement élevés qu'elles occupent (...) ». Mais les juifs du secteur privé quittent également le pays, ajoute Meylac : « La Pologne, de son côté, perd de nombreux médecins, professeurs, mathématiciens et artistes ». En tout « quinze mille » juifs s'en vont (dont, je suppose, une majorité réputés sans emploi : femmes au foyer, enfants et retraités) soit « la moitié environ de la population juive de Pologne ». A croire cette narration, il faudrait donc admettre que les juifs polonais sont majoritairement des élites et qu'il était normal qu'ils occupassent des emplois élevés. Comme cette explication élitiste (par la référence aux gènes ou au milieu, peu importe) est difficile à admettre, il faut bien en conclure que la population d'origine judéo-polonaise d'après-guerre (et ayant éventuellement coupé ses liens avec le judaïsme) était considérablement plus élevée qu'on nous le dit.
Conscients de ce que les historiens se trompent et nous trompent, cherchons ce que pourrait être la vérité avec Paul Rassinier et Walter Sanning. Rassinier, pionnier du révisionnisme de la seconde guerre mondiale, lui-même déporté 18 mois à Buchenwald et Dora, a procédé à une analyse statistique détaillée, que Sanning a affinée.
Ces deux auteurs, d'une part, nous rappellent des évidences que le tapage médiatique et pédagogique juif nous avait fait oublier, d'autre part, démontrent d'autres points plus techniques, dont nous ne pouvions avoir connaissance à notre niveau :

1. Le recensement officiel de 1931 donnait 3.114.000 juifs ; le chiffre de 3.350.000 pour la fin des années 30 est une estimation sans fondement d'origine sioniste. En fait, il n'y avait que 2.600.000 juifs en Pologne lors des invasions allemande et soviétique ; ce chiffre est confirmé par divers chercheurs polonais (Dabrowska, Grynberg, Waszak). Certes, il avait pu y en avoir jusqu'à 3.100.000 à la fin des années 20, mais devant la misère due à la crise économique et à la recrudescence de l'antisémitisme officiel sous le colonel Beck, l'émigration s'était développée : pour la Belgique, par exemple, sur les quelque 90.000 juifs qui s'y trouvaient à la veille de la guerre, il n'y en avait pas 5.000 à y être nés et les nombreux juifs de Belgique à noms à consonance yiddish y sont arrivés avant la déclaration de guerre de 1939. [13]

2. La Pologne fut partagée entre Soviétiques et Allemands. [14] 1.600.000 juifs se trouvaient dans la zone allemande et 1.000.000 dans la zone soviétique.

3. En 1940, entre 1 et 2 millions de Belges se sauvèrent en France (dont Jean-Luc Dehaene, ancien premier ministre, encore dans le ventre de sa mère, laquelle accoucha à Montpellier). Il y avait en outre parmi eux, le tiers (et même la moitié selon un source officielle belge de 1947) des 90.000 juifs établis ou réfugiés en Belgique, qui étaient majoritairement d'origine polonaise. Est-il vraisemblable que, peu auparavant, leurs parents et amis restés en Pologne, eux, aient attendu sagement sur place leurs pires ennemis ? Il est évident qu'un grand nombre se sauvèrent (100.000 en Roumanie et 800.000 en zone soviétique). Il n'en restait donc plus qu'environ 800.000 en zone allemande, dont, comme partout, une forte proportion de personnes âgées, dont la fin fut sans doute hâtée par la sauvagerie de la guerre à l'est et la persécution allemande. Une bonne partie de ces 800.000 furent concentrés dans le ghetto de Varsovie. [15]
Parmi les juifs célèbres qui s'enfuirent avant l'arrivée des Allemands, citons Maurycy Mayzel, président de la Communauté juive de Varsovie, Jan Czerniakow, fils unique du fameux président du Judenrat (quelques jours après l'arrivée des Allemands) et surtout, un certain Menahem Begin de Varsovie, qui, plus tard, allait devenir premier ministre d'Israël. On notera aussi, en ce qui concerne Varsovie, que ce n'est qu'en octobre 40 que le ghetto fut ceinturé ; jusqu'à cette date, les juifs purent s'en aller et même émigrer : par exemple, des 6 membres du Comité des Citoyens juifs de Varsovie qui précéda le Judenrat, deux émigrèrent légalement en Palestine, l'un en 1939 (Mojzesz Koerner) et l'autre en 40 (Apolinary Hartglas). Il est à noter qu'en septembre 39, les Allemands avaient eux-mêmes chassé des dizaines de milliers de juifs au-delà des rivières San et Bug dans la zone soviétique. Même après la ghettoïsation, certains réussirent à s'enfuir comme l'écrivain bien connu Marek Halter (4 ans et demi) et ses parents qui passèrent de Varsovie en Ukraine en 1941. 
Ce chiffre de 800.000 peut paraître trop bas ; Korherr, lui, semble en trouver davantage mais nous avons dit que ses chiffres (qui portent d'ailleurs sur 1942) étaient manifestement gonflés et comptaient des doubles emplois flagrants, sans oublier, déjà, qu'il cumule juifs polonais et juifs occidentaux déportés en Pologne. Peut-être la vérité est-elle entre ces deux chiffres ? Elle semble en tous cas être beaucoup plus près de 800.000 que de 3.500.000 ou même 3.000.000.

4. En ce qui concerne les Polonais réfugiés dans la zone soviétique (dont 800.000 juifs), on sait grâce à I. Altman et C. Ingerflom que les Russes essayèrent de renvoyer dans la zone allemande les réfugiés « socialement étrangers », les réfugiés « politiquement suspects » et également les inaptes (vieux, malades, etc.) mais, bien entendu, les Allemands les refusèrent ; les aptes eurent à choisir entre l’expulsion ou le travail dans les chantiers du Nord : seule une minorité optèrent pour cette solution et devinrent citoyens soviétiques. Les aptes qui refusèrent soit le travail et la nationalité soviétique soit le retour dans la zone allemande [En fait, les Allemands ne les acceptèrent pas plus que les inaptes.] furent déportés en Sibérie et dans le nord de la Russie en même temps que les inaptes. 
Les juifs polonais déportés par les Russes ne l'ont donc pas été comme juifs mais en raison de leur appartenance à une des 14 catégories de Polonais dont la déportation avait été ordonnée par Staline et notamment la catégorie 8, celle des immigrés entrés illégalement. On notera, pour l'anecdote, encore que cela en dise long sur la phobie de Staline pour ceux qui avaient eu ou avaient encore des contacts avec la civilisation occidentale, qu'on retrouve les ... philatélistes dans une de ces 14 catégories.
Cette déportation affecta en tout 1.500.000 Polonais annexés ou immigrés illégaux dont un tiers de juifs (1.000.000 Polonais selon Koestler ; 880.000 Polonais dont seulement 30 % étaient des juifs, selon I. Altman et C. Ingerflom).
A la fin de la guerre, on donna aux 800.000 juifs de la zone allemande qui s'étaient réfugiés en URSS l'occasion de rentrer en Pologne (dont la frontière orientale correspondait dorénavant à la ligne de démarcation entre envahisseurs allemands et soviétiques) : seuls 157.000 la saisirent, rentrèrent en Pologne puis s'empressèrent, pense-t-on, de passer à l'Ouest. Sanning pense que la majeure partie de leurs compagnons d'infortune périrent en Sibérie, tant les conditions de vie y étaient pénibles. [16]
Parmi ces juifs déportés, on retrouve à nouveau Begin, Jan Czerniakow (d'abord réfugié à Lvov, dans la zone soviétique, ce dernier mourut en 1942 au Kirghizistan, où il avait été déporté) et Marek Halter (lequel précise : « Un mois plus tard, comme un million de réfugiés, Staline nous a envoyés en Ouzbékistan où sévissaient la famine et la dysenterie. ») [17]

5. Les juifs de la zone soviétique reçurent automatiquement la nationalité soviétique comme tous les Polonais de cette zone et ils furent traités comme les ressortissants soviétiques.
Dans la zone de l'URSS que les Allemands occupèrent, il y avait en 1939, 2.100.000 juifs. Les annexions soviétiques (Pologne orientale, Pays baltes, Bucovine du Nord, Moldavie, Ruthénie) portèrent ce nombre à 3.600.000 (non compris les juifs polonais réfugiés de la zone allemande et en grande partie déportés en 1940). Lors du déclenchement des hostilités entre Allemands et Soviétiques, ces derniers pratiquèrent une sorte de politique de la terre brûlée : ils emportèrent tout ce qu'ils purent en matière d'installations industrielles et les remontèrent dans l'Oural et en Sibérie. Ils évacuèrent tous les cadres de leur régime et tous les ouvriers spécialisés. Les juifs furent parmi les premiers évacués, notamment parce que, d'une part, ils étaient surreprésentés dans l'encadrement du Parti et d'autre part, ils étaient très nombreux dans l'industrie, contrairement à leurs coreligionnaires des autres pays. Comme ils étaient regroupés dans des centres urbains et que ces centres étaient plutôt éloignés de la ligne de démarcation (sauf en Galicie orientale), l'opération se fit sans grande difficulté.
Gerald Reitlinger : « Non seulement la masse des 3 millions de juifs de la Russie soviétique d'avant-guerre s'échappa vers l'intérieur mais aussi une très grande partie des 1.800.000 juifs des territoires annexés. Quoique le nombre de ceux qui atteignirent le sanctuaire de la Sibérie méridionale et la région Volga-Oural ne puisse être précisé, il est possible que les trois-quarts de la population juive d'Europe d'aujourd'hui [c'est-à-dire en 1968 ?] vit en Union soviétique contre moins d'un tiers avant guerre. » Cette dernière indication est sibylline mais Reitlinger indique par ailleurs que la Biélorussie (une des deux grandes républiques soviétiques envahies par les Allemands en 1941) comptait quelque 850.000 juifs dont près de 500.000 juifs polonais annexés. En février 42, les Einsatzgruppen prétendaient qu'ils en avaient tué 33.210 et qu'il en restait 139.000, ce qui suppose qu'il n'y en avait que 172.000 environ lors de l'arrivée des Allemands huit mois plus tôt et, donc, que 678.000 (plus de 80%) avaient pu se sauver. Mais, estime Reitlinger, le chiffre de 172.000 demeurés sur place « semble remarquablement élevé » pour une région offrant tant de possibilités d'évasion et il ne pouvait s'expliquer que par la méconnaissance qu'avaient les juifs biélorussiens du traitement que les Allemands réservaient aux juifs : bref, pour ceux qui ne sont plus décidés à se satisfaire de ce genre d'explication, il y avait bien moins de 172.000 juifs restés sur place en Biélorussie c'est-à-dire bien moins de 20%. On ne voit pas a priori pourquoi les choses auraient pu être différentes dans l'autre grande république d'URSS envahie par les Allemands en juin 41, c'est-à-dire l'Ukraine : des 3 millions de juifs soviétiques d'avant-guerre, dit Reitlinger, environ la moitié vivaient en Ukraine, auxquels vinrent s'ajouter 568.000 juifs polonais annexés (Galicie orientale, cœur ancestral du Judaïsme mondial) ; si 80% des Galiciens restèrent sur place, par contre, plus loin (Ukraine soviétique), seulement un quart restèrent et, plus loin encore, les Allemands n'en trouvèrent presque plus du tout. Bref, de ce que dit Reitlinger (historien exterminationniste, rappelons-le), on peut déduire que moins d'un million de juifs soviétiques, y compris les juifs polonais, baltes et roumains annexés, auraient pu tomber aux mains des Allemands, lesquels n'auraient donc pas pu en exterminer davantage.
Cette évacuation massive était déjà bien connue à l'époque ; ainsi, Louis Levine, président du Conseil juif américain d'aide à l'Union Soviétique, déclarait le 30/10/46 : « Au début de la guerre, les juifs furent parmi les premiers évacués des régions occidentales menacées par les envahisseurs hitlériens et ils se mirent en route pour trouver la sécurité à l'est de l'Oural. Deux millions de juifs furent sauvés de cette manière ». En fait, Levine ne faisait qu'écho à ce que disaient les responsables juifs soviétiques eux-mêmes. Ainsi, dans la célèbre lettre à Molotov du 15/12/1944 dans laquelle les responsables du Comité Antifasciste juif (Epstein, Mikhoels et Fefer) proposaient la création d'une république juive en Crimée, il était dit : « Avant la guerre, il y avait en URSS environ cinq millions de juifs, notamment près d'un million et demi dans les régions occidentales de l'Ukraine et de la Biélorussie, les Républiques baltes, la Bessarabie, la Bucovine, y compris des ressortissants polonais. On peut estimer que pas moins de 1,5 million de juifs ont été exterminés dans la partie de l’URSS annexée temporairement par les fascistes. / A part les centaines de milliers de soldats qui se sont battus dans les rangs de l’Armée Rouge, tout le reste de la population juive de l’URSS a été dispersée dans les républiques d’Asie centrale : Sibérie, sur les bords de la Volga et dans certaines parties de la Fédération de Russie. » Se posait, continuait la lettre, le problème du retour de ces masses juives dans leur pays, lequel a été transformé en cimetière [ce qui laissait entendre que leur retour n’y est pas possible] ; la question ne se posait d’ailleurs pas pour certains : « Pour les juifs de Pologne et de Roumanie, la question de leur retour ne se pose pas du tout puisqu’ils sont citoyens soviétiques. »  « L’antisémitisme est cause de souffrances dans le cœur des juifs puisque le peuple juif a connu la plus grande tragédie de son histoire, ayant perdu environ quatre millions des siens, c’est-à-dire le quart de ses membres, à la suite des atrocités fascistes en Europe. L’Union soviétique est le seul pays qui a protégé presque la moitié de la population juive européenne.» D'où, concluait la lettre, l'utilité du projet criméen. (cité par Alexandre Bortchagovski pour lequel l'histoire a joué un « sale tour » à Staline « en faisant de lui le sauveur des juifs européens, leur bienfaiteur, leur père, alors que quelqu'un d'autre [Hitler] avait pris le rôle [celui d'exterminateur des juifs] qu'il aurait tant voulu s'attribuer. ») [18]
De nos jours, après avoir été occultée, pour le moins minimisée, la chose est même réadmise sans contestation par les exterminationnistes eux-mêmes sans qu'ils en tirent les conclusions de bon sens qui s'imposent ; ainsi, Nicole Zand, commentant précisément dans Le Monde du 24/2/95 le livre de Bortchagovski (« L'Holocauste inachevé ou comment Staline tenta d'éliminer les juifs d'URSS ») : « Le Petit Père des Peuples, pourtant, s'était trouvé contraint, pendant la guerre, de sauver non seulement les juifs d'URSS, mais également ceux de Bessarabie, de Pologne et de Roumanie qui s'étaient réfugiés à l'est ! » [19]
Autre citation, qui nous permettra, au passage, de vérifier les ravages du dogmatisme sur le raisonnement : l'historien Walter Laqueur rapporte que David Kelly, chef de la délégation britannique en Suisse, écrivait le 19 novembre 1941 au Département central du Foreign Office qu'il avait appris que « (...) le million et demi de juifs qui habitaient en Pologne orientale (région russe depuis peu de temps) a complètement disparu : personne ne sait ni où ni comment. ». Pour Laqueur (qui a écrit tout un livre pour tenter de démontrer que les responsables occidentaux « savaient » et se sont tus), « ce rapport présente un intérêt considérable : c'est l'une des premières (sinon la première) preuves que les activités des Einsatzgruppen étaient connues à l'ouest, et aussi du fait que des centaines de milliers de juifs avaient été tués. ». L'informateur de Kelly, précise Laqueur, était Lados, le représentant officiel de la Pologne à Berne et c'était un homme digne de foi. Et Laqueur de conclure : « La nouvelle était tout à fait exacte : un million et demi de juifs habitaient dans les territoires occupés par les Allemands depuis l'invasion ; ceux qui n'avaient pas réussi à s'échapper avaient été tués. ».
C'est là un raisonnement particulièrement tordu : ne devrait-on pas plutôt comprendre que :

La chose est donc claire : la très grande majorité des juifs soviétiques (dont la majorité des juifs ex-polonais : c'est là qu'est la grande tromperie exterminationniste) ne virent même pas les Allemands. Combien en resta-t-il sur place c'est-à-dire dans l'espace soviétique que les Allemands envahirent, y compris la portion de Pologne annexée par les Soviétiques ? Se fondant sur ce qu'a écrit Bergelson (célèbre écrivain juif, lui aussi membre éminent du Comité Antifasciste juif), Sanning retient le chiffre de 700.000.
D'ailleurs, il suffit de regarder les chiffres avec un minimum d'attention :

6. Bien entendu, de nombreux juifs polonais (et pas qu'eux d'ailleurs) réussirent à se cacher en Pologne même. Dans la période immédiate de l'après-guerre, ils déferlèrent vers l'Ouest et furent regroupés dans les camps de personnes déplacées, d'où ils émigrèrent en masse.

***

Ainsi, y eut-il au plus 1.500.000 juifs slaves (800.000 dans la zone polono-allemande et 700.000 dans la zone polono-soviétique et plus à l'est) à tomber aux mains des Allemands. Si on y ajoute les quelque 1.100.000 juifs dont nous avons parlé plus haut (les 662.000 Ouest- et Sud-Européens et les 438.000 Hongrois), on arrive à la conclusion qu'au total, les Allemands mirent au plus la main sur 3 millions de juifs européens. L'analyse du rapport Korherr nous l'avait déjà appris. Les Allemands n'auraient donc pu -pour autant qu'ils en aient eu le désir et les moyens- exterminer 5 ou 6 millions de juifs européens. 
Tout cela est non seulement évident (le bourrage de crâne juif l'a simplement occulté) mais aussi confirmé de multiples sources : juive, polonaise, soviétique, russe, ukrainienne, américaine, vaticane. [21]
Voilà pour ce qui est de l'analyse démographique par pays. Examinons maintenant l'autre méthode, celle qui consiste à établir le nombre des morts par camp, en l'occurrence essentiellement Auschwitz.


NOTES

[1]

Raul Hilberg, « La destruction des Juifs d’Europe », Fayard, 1988, 1.099 p., p. 694.

[2]

A l’intention de nos jeunes lecteurs : le Petit Larousse dit que la « cinquième colonne » est « l’ensemble des partisans clandestins qu’une armée compte dans les rangs de l’adversaire » ; l’expression est née lors de l’attaque contre Madrid par les troupes franquistes, lesquelles étaient composées de 4 colonnes.

[3]

Affirmation contestée par certains (des militaires allemands) qui prétendent que les statistiques de Speer n’étaient pas sincères.

[4]

La tactique des bombardements terroristes des Anglais n'était pas tout à fait stupide du point de vue militaire, encore qu'il soit apparu très vite qu'elle n'atteindrait pas son but. Elle eut pour seul effet de prolonger la guerre ; sur le plan humain, non seulement elle coûta la vie à quelque 700.000 civils allemands, mais elle accrut et prolongea la persécution et le calvaire des juifs.

[5]

Voir, dit Mattogno, le télégramme du 2/5/44 de von Thadden  à l’ambassade allemande à Bratislava pour demander l’autorisation de déporter les Hongrois « zum Arbeitseinsatz in die Ostgebiete » [c’est-à-dire la Biélorussie, les Pays Baltes et l’Ukraine] en passant par la Slovaquie. Réponse peu encourageante du 3/5/44 de Ludin, ministre d’Allemagne à Bratislava. Le 5/5/44, nouveau télégramme de von Thadden  intitulé « Abtransport ungarischer Juden zum Arbeitseinsatz in die Ostgebiete » : il y dit que le transport par Lemberg était extraordinairement difficile pour des raisons militaires, que le transport des juifs est-hongrois (qui doivent être déportés les premiers) par Budapest-Vienne pourrait entraîner des troubles dans la capitale, que, dès lors, les trains qui ne pourraient pas passer par Lemberg devraient passer par la Slovaquie. Le transit par Lemberg, notait encore von Thadden, était le « trajet le plus court » (« die kürzeste Marschroute »)

[6]

Jochen Von Lang,  « Eichmann. L’interrogatoire », Belfond, Paris, 1984, 310 pp, p. 221.

[7]

Kalendarium, 31/7/1944.

[8]

Télex de Veesenmayer : « Aujourd'hui, le premier convoi de 1.800 juifs entre 16 et 50 ans et aptes au travail a quitté Budapest. Demain, un nouveau convoi de 2.000 juifs aptes au travail quittera Topolya ». Le Kalendarium, qui n’en est pas à une contradiction près, relève sans le commenter ce fait à coup sûr étrange qu’on ait gazé des aptes au travail.

[9]

Celui qui a lu le Tome 1 voit bien ici à quel point cette révision spectaculaire de Pressac est la suite logique du travail dont il s'est chargé et qui consiste, non pas à écrire l'histoire, mais à rendre le dogme plus crédible : comme, manifestement, Auschwitz n'avait pas la capacité de crémation de tant de corps, il tripote les chiffres jusqu'à obtention d'un résultat plus crédible : il commence donc par réduire le nombre de Polonais (nous en reparlerons), puis le nombre de Hongrois et enfin, comme c'est encore un peu gros, il réduit une deuxième fois le nombre de Hongrois. Malgré quoi, sa version reste invraisemblable et il lui faudra toucher au dogme, du moins abandonner la thèse intentionnaliste.

10]

Carlo Mattogno, « Die Deportation ungarischer Juden von Mai bis Juli 1944. Ein provisorisch Bilanz », VffG,  6. Jahrgang, Heft 3, September 2001, p. 381 sqq. VffG a rendu compte à cette époque de la vive controverse à laquelle ont pris part Jürgen Graf, Carlo Mattogno et Arthur R. Butz, ce dernier contestant radicalement que les juifs hongrois aient été déportés en si grand nombre.

[11]

Par exemple, on peut citer :

  • Bernard-Aldebert (Gusen II-Mauthausen) : « Il y a de tout parmi eux, des enfants, des vieillards. » (cité par A. Wieviorka) ;

  • Loustaunau-Lacau (Mauthausen) : « Il y a parmi eux des femmes, des vieillards, des enfants. » ( « Chiens maudits. Souvenirs d'un rescapé des bagnes hitlériens », Ed. La Spirale, Pau, 1954 (?)) ;

  • Dom Zimmet Gazel (Ravensbruck) : « Quand le lamentable troupeau des juives hongroises avec leurs enfants (...) » (cité par A. Wieviorka) ;

  • André Sellier (Dora) : « En juin 1944 des Juifs hongrois, évacués d'Auschwitz y moururent dans de lourds travaux de terrassement et de construction ; parmi eux des enfants de 11 à 15 ans. Histoire du camp de Dora » , La Découverte, Paris, 1998 résumé par Charles Baron dans Après Auschwitz, n° 271 de juillet 1999)

Ces juifs auraient-ils pu être les juifs déportés de Budapest à Strasshof (Vienne) sans passer par Auschwitz ? Non, car les inaptes passés par Vienne-Strasshof n'allèrent pas à Mauthausen. On peut donc en déduire que les nombreux enfants hongrois arrivés avec leur mère dans les camps d'Allemagne de l'ouest et dont parlent différents témoins français, ont tous transité par Auschwitz et n'y ont donc pas été gazés.
Dans les listes d'anciens déportés (dont beaucoup de Hongrois refusant de rentrer au pays natal) établies par le « Central Jewish Committee Bergen-Belsen » en septembre 45, on trouve d'ailleurs de très nombreux enfants de tous âges dont certains nés à Bergen-Belsen même en 1944 et 1945 (avant et après la libération du camp par les Britanniques).
Nous avons déjà signalé dans le tome 1 (en annexe 9, point 5 et notes 6 à 11) qu’on retrouvait la trace d’enfants passés par Auschwitz et qui n’avaient pas été gazés pour autant.

[12]

Un exemple cité par Pressac : « Ainsi, est conservé au Yad Vashem un fichier provenant du camp du Stutthof (près de Danzig) avec les noms de 40 à 50.000 Juives hongroises, ayant été expédiées d'Auschwitz en juin 44. » Mattogno remarque que, dans l'édition italienne de son dernier livre, Pressac ramène de 40/50.000 à 20/30.000 le nombre de Juives hongroises reprises dans ladite cartothèque. Toutefois, ceci ne modifie d'aucune façon les enseignements à en tirer. On notera encore que l'existence même de cette cartothèque est tenue secrète par le Yad Vashem mais on trouve confirmation de l'ordre de grandeur de ces chiffres dans les publications du Musée de Stutthof.

[13]

Si les juifs réfugiés outre-mer (aux USA, par exemple) étaient à l'abri, par contre ceux qui s'étaient réfugiés en Europe occidentale tombèrent souvent aux mains des Allemands : on notera que ceux qui ne sont pas revenus des camps figurent deux fois dans la statistique des 6 millions de juifs exterminés : une première fois comme Polonais et une deuxième fois comme Belges ou Français. Ceux qui sont revenus ou même qui n'ont pas été déportés figurent de toute façon une fois dans les 6.000.000, dès lors qu'ils ont émigré en Occident dans les années 30.

[14]

Les jeunes doivent savoir que Français et Anglais déclarèrent aussitôt la guerre aux Allemands mais pas aux Soviétiques. Le 16 septembre [1939], alors que les Allemands avaient brisé la résistance polonaise, le premier ministre français Daladier télégraphiait à l'ambassadeur de France à Moscou pour lui indiquer que « d'éventuelles initiatives soviétiques dans les territoires orientaux de la Pologne ne  seraient pas une cause de rupture entre la France et l'URSS » ; le lendemain, l'Armée Rouge « libérait » la Pologne orientale. (Pawel Korzec et Jacques Burko, op. cit., p. 15, nbp 1). Il est à noter que la Grande-Bretagne avait donné à la Pologne des garanties contre une éventuelle agression de l'Allemagne mais pas contre une éventuelle agression de l'URSS. A noter aussi que, d'après David Irving, le Daily Express avait publié la clause secrète du traité germano-russe sur le partage de la Pologne. Cela veut dire que lorsque Anglais et Français déclarèrent la guerre à l'Allemagne, ils devaient bien se douter que l'URSS allait à son tour attaquer la Pologne. Les historiens n'ont jamais voulu nous expliquer le pourquoi de cette différence de traitement.

[15]

Evolution de la population juive de Varsovie (d'après Israël Gutman dans la préface du journal de Czerniakow) : de 353.000 en 1931, elle était tombée à un peu plus de 300.000 en 1939 ; dans les premières semaines de l'occupation allemande, des dizaines de mille s'enfuirent en zone soviétique. [Nous en déduirons donc qu'elle ne devait plus dépasser de beaucoup 250.000 et avait donc baissé d'un bon quart] Par la suite, de nombreux juifs des territoires annexés par l'Allemagne (notamment Wartheland) s'y réfugièrent. Après la création du ghetto en novembre 40, les juifs des alentours y furent envoyés, ainsi que des juifs déportés d'Allemagne, d'Autriche et de Dantzig ; de la sorte, la population remonta à 450.000.
On a ici, d'une source juive réputée, une illustration supplémentaire (et involontaire) des thèses révisionnistes : forte émigration dans les années 30, fuites dans la zone soviétique et réimplantation provisoire de juifs occidentaux dans les ghettos polonais.

[16]

Les survivants de ceux qui furent déportés en Sibérie musulmane se seraient enfuis après la guerre en passant pas l'Iran.

[17]

Samedi Plus, 19/6/1999. Cette tragédie de la déportation en Sibérie des juifs polonais réfugiés, longtemps occultée puisqu'elle réduisait d'autant l'ampleur de la persécution des juifs par les Allemands, est redécouverte de nos jours ; ainsi, Michel Dubec dans Le Monde du 11/2/95 : « (...) Des millions de personnes ne pouvaient pas fuir, mais des centaines de milliers parmi les millions ont fui dans la pagaille et le désarroi. (...) Près de cinq cent mille d'entre eux furent transportés vers la Sibérie, dont un tiers environ y mourut. »

[18]

Voyez le texte in extenso de la « lettre de Crimée » dans Gennadi Kostyrchenko, « Out of the red shadows. Anti-semitism in Stalin’s Russia », Promotheus Books, New York, 1995, p. 44 sqq.

[19]

On n'accablera pas Madame Zand (pas plus que Michel Dubec) car nous sommes tous un peu comme eux : nous passons à côté de la vérité sans la reconnaître. Néanmoins, on ne peut pas ne pas faire remarquer que, si elle avait pris un bout de papier et un crayon pour convertir ses dires en chiffres, elle aurait aussitôt compris à quel point le chiffre de 6 millions de morts était absurde.

[20]

En 1941, les Allemands, aidés par leurs auxiliaires ukrainiens, auraient assassiné, en 2 jours, 33.771 juifs à Baby Yar, un faubourg de Kiev. Les révisionnistes disent, non sans raisons, que ce chiffre est insoutenable. On notera aussi que les historiens oublient de dire ou, du moins, n'insistent pas beaucoup sur le fait que ces exécutions de masse ne faisaient pas partie d'une politique d'extermination mais furent des représailles à l'incendie des bâtiments où les Allemands avaient installé leurs bureaux. Des centaines d'officiers et soldats allemands périrent dans cet incendie attribué, bien entendu, aux judéo-communistes et provoqué, en fait, par des bombes incendiaires à retardement placées par les troupes soviétiques juste avant leur départ. Du côté roumain, un pogrom aux origines identiques eut lieu à la même époque à Odessa.

[21]

Citons encore deux sources indiquant elles aussi que la plupart des juifs polonais et soviétiques avaient été mis en sûreté :

1. Source polono-vaticane : En fin décembre 42, alors que l'extermination des juifs polonais (et de Pologne) était censée être pratiquement terminée, Papée, ambassadeur de Pologne auprès du Saint-Siège, écrivait à celui-ci que « plus d'un million » de juifs polonais (bien entendu, il faut comprendre « de la Pologne d'avant-guerre ») avaient été exterminés (les inaptes, dans des « installations spécialement aménagées » et « par des procédés divers ») ou étaient en cours d'extermination (les aptes, par le « travail forcé et la famine »). Pie XII, qui était en position d'être la personne peut-être bien la mieux informée au monde sur la question, ne crut manifestement jamais qu'il y eut un massacre systématique de millions de juifs dans des installations industrielles ad hoc. Aussi, dans son message de Noël 42, Pie XII ne fit-il qu'une allusion (c'était la première fois qu'il en parlait) au martyre de « centaines de milliers » de juifs ; encore était-elle voilée, furtive et tout aussitôt balancée par une allusion claire, encore qu'aussi furtive, au martyre de « milliers » de civils allemands brûlés vifs par les Alliés :

« (...) Ce vœu, l'humanité le doit aux centaines de milliers d'êtres humains qui, sans aucune faute de leur part, quelquefois seulement pour raison de nationalité ou de race, sont voués à la mort ou à un dépérissement progressif. / Ce vœu, l'humanité le doit à ces nombreux millions de non-combattants, femmes, enfants, infirmes, vieillards, auxquels la guerre aérienne -dont nous avons déjà, depuis le début, dénoncé maintes fois les horreurs- a, sans distinction, enlevé la vie, les biens, la santé, les maisons, les asiles de la charité et de la prière. (...) » (Traduction de Robert Faurisson en page 47 de « Le révisionnisme de Pie XII », Graphos, Genova, 2002, 121 p.)

Donc, à fin 42, alors que le drame était presque entièrement joué, pas plus pour le gouvernement polonais que pour le Saint-Siège, il n'y avait des millions de juifs polonais exterminés, le Saint-Siège n'en voyant même que des « centaines de milliers » (y compris les non-Polonais).

2. Source historienne : Arno Mayer, qui est le plus raisonnable des historiens exterminationnistes, en tous cas le moins religieux encore que marxiste, dit :

« Avant 1939, il y avait en Union Soviétique à peu près trois millions de juifs dont deux millions environ se concentraient en Biélorussie, en Ukraine et en Crimée. Lorsque, conformément aux dispositions du pacte germano-soviétique, l'Union Soviétique s'empara de l'est de la Pologne, elle en compta 1,2 à 1,5 million de plus, auxquels vinrent s'ajouter les 300.000 à 350.000 réfugiés venus de Pologne occupée [par les Allemands et qui furent massivement déportés en Sibérie en 1940 par les Soviétiques]. Puis, en 1940, quand Staline avança encore son périmètre défensif [sic], il engloba dans l'URSS 550.000 juifs supplémentaires : quelque 50.000 en Bukovine septentrionale, environ 250.000 en Bessarabie et à peu près autant pour les trois Etats baltes, dont les deux tiers environ dans la seule Lituanie. »

Combien de ceux qui vivaient dans la partie qui fut occupée plus tard par les Allemands, tombèrent dans leurs mains ? Mayer ne le dit pas mais remarque qu'ils furent nombreux à s'échapper. Il en voit :

  • en Pologne soviétique :

    • 300.000 évacués juste avant l'ouverture des hostilités avec les Allemands,

    • 150.000 évacués juste après,

    • un certain nombre enrôlés dans l'Armée Rouge ;

  • ailleurs : un certain nombre qu'il ne chiffre pas mais qui ne put qu'être élevé, car il précise tout de même : « Assez souvent, 70 à 90 % des juifs vivant dans les villes et les bourgs purent partir à temps. Il en fut ainsi à Baranovici, Minsk et Moghilev, à Vinnitsi, Jitomir et Berditchev, à Kiev, Kharkhov et Dniepropetrovsk. »

  • au total, « on estime qu'en tout un million cinq cent mille juifs environ [auxquels il faut ajouter les militaires qui étaient hors de portée des Allemands] s'enfuirent ou furent évacués des territoires qui furent d'abord conquis par la Wehrmacht, puis ravagés par les activistes locaux, les Einsatzgruppen et les commandos du RSHA. » Bref, à lire soigneusement Mayer (auteur préfacé par Vidal-Naquet, qui n'a pas dû bien le comprendre), on peut conclure qu'il n'en restait pas beaucoup sur place à l'arrivée des Allemands.


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