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LES GRANDES DEPORTATIONS DE 1942

C - PREUVES DE LA REIMPLANTATION A L'EST

On peut donner les éléments suivants en faveur de la thèse de la réimplantation en URSS :

1. Les juifs officiellement rapatriés en Belgique ont été de (en %) :

convoi n° date du convoi hommes femmes enfants total
1 à 5
6 à 11
12 à 15
16 et 17
18 et 19
20
21
22a et b
23
24
25
26
août 1942
sept
oct
nov
janv 1943
avril
août
sept
janv 1944
avril
mai
août
* 1,4
6,3
7,8
6,4
1,7
15,8
3,0
7,3
10,0
19,5
22,8
23,6
0,2
0,2
0,1
0,0
0,2
9,8
2,8
1,0
22,0
31,6
31,2
46,3
0,3
0,5
0,4
0,7
0,4
3,1
0,5
0,3
3,2
5,6
19,0
21,3
0,8
2,3
3,0
5,0
0,7
10,7
2,5
3,6
14,6
23,5
26,0
33,0
Total 7,0 4,4 1,1 ** 4,8

* Comprendre que 1,4% des hommes du convoi sont rentrés.
** Nombre de rescapés parmi les 5.034 juifs de Belgique déportés par la France : hommes : 7,8% ; femmes : 2,2% ; enfants : 3,2% ; total : 6,3% contre 3,5% pour l'ensemble des juifs de France.

On notera tout d'abord (nous en avons déjà parlé dans le tome 1) que des enfants sont officiellement rentrés en Belgique, ce qui anéantit, si besoin en était encore, la thèse du gazage des inaptes à l'arrivée : alors que 80% des hommes du dernier convoi étaient immatriculés c'est-à-dire, selon les historiens, épargnés, les autres étant aussitôt gazés, la proportion des hommes revenus n'est pas significativement plus grande que pour les enfants, lesquels étaient tous gazés à l'arrivée : 23,6% des hommes sont revenus contre 21,3 % des enfants ! C'est insoutenable mais ce qui nous intéresse à ce stade, c'est de vérifier dans la statistique officielle la réalité de la réimplantation à l'est (Ukraine, etc.) : on constate que très peu d'enfants (et très peu de leurs mères) sont revenus des premiers convois et on pourrait peut-être l'expliquer par le fait qu'à l'époque, les possibilités de réimplantation à l'est étaient totales ; par contre, quand les Allemands, début 1944, durent abandonner ces régions, ces possibilités tombèrent à zéro et, effectivement, il en est rentré davantage (même chose pour leurs mères).

2. On possède, dès le départ, des éléments en faveur de la thèse de la réimplantation : on peut, par exemple, citer Frank lui-même (gouverneur général de Pologne où se trouvait la majorité des juifs à réimplanter). Parlant des juifs, il déclarait en décembre 41 aux membres de son cabinet (d'après un document produit au Procès de Nuremberg) : « (...)Ils doivent partir. Je suis en pourparlers pour leur déportation vers l'est. Une grande discussion à ce sujet aura lieu en janvier à Berlin. [il s'agit de la Conférence de Wannsee] (...) Ce sera certainement le début d'une grande migration juive. / Mais que faire des juifs ? Croyez-vous qu'il faille les réimplanter réellement dans des villages de l'Ostland [la Biélorussie et les Pays Baltes] ? A Berlin, on nous dit : 'Pourquoi vous donnez-vous tout ce mal ? Nous ne pouvons rien faire d'eux dans l'Ostland ou dans le Reichkommissariat [d'Ukraine] ; alors, liquidez-les !' (...) Nous ne pouvons tout de même pas fusiller ces 3,5 millions de juifs [estimation fantaisiste, bien dans le style de Frank] ; nous ne pouvons pas les empoisonner (...) ». [1]
Hitler avait donc bien ordonné la réimplantation des juifs dans l'Ostland et en Ukraine.

3. Lors du procès Eichmann, des juifs allemands rappelèrent avoir été déportés en 41 à Riga, Kaunas et Minsk (où, dirent-ils, les Einsatzgruppen assassinèrent leurs compagnons soit aussitôt soit quelques mois plus tard). Ces déportations en URSS de 1941 ne sont pas contestées par les historiens : à cette époque, disent-ils, les camps d'extermination n'étaient pas en activité et les juifs étaient massacrés par fusillade par les Einsatzgruppen (on peut d'ailleurs se demander pourquoi il fallait les transporter si loin pour le faire) ; par la suite, les juifs passèrent tous par les camps et y furent gazés.
Il n'est pas douteux, hélas, que des juifs berlinois aient été massacrés à leur arrivée dans l'est à partir d'octobre 41. [2] David Irving a retrouvé une note manuscrite de Himmler faisant état d'un entretien avec Hitler le 30/11/41 ; ils avaient dû évoquer ce(s) massacre(s) et Himmler avait aussitôt averti Heydrich de ce que le Führer interdisait qu'on tue les juifs qu'il faisait déporter à l'est (« Judentransporte aus Berlin. Keine Vernichtung »). Certes, pour Hilberg, finalement, « les juifs déportés vers l'Ostland furent fusillés à Kaunas, Riga et Minsk », mais il doit bien consentir que l'intervention de Hitler « arrêta les massacres dans l'immédiat ». Une question se pose donc, question allant de soi mais à laquelle le plus grand historien de la Shoah se garde bien de répondre (en fait, il ne se la pose même pas) : comment expliquer cette intervention de Hitler en faveur des juifs déportés, s'il avait décidé et ordonné de les faire disparaître de la Terre ? [3] Ce qui est sûr en l'occurrence, c'est qu'Himmler, en sortant de cette réunion, a noté soigneusement dans son calepin : « Pas d'extermination » ; il l'a répété par téléphone à Heydrich ; celui-ci, à son tour, a dû en informer ses adjoints et ainsi de suite. Au bout de cette chaîne, ces instructions devaient arriver déformées et interprétées différemment selon l'intelligence de chacun, son engagement politique, son antisémitisme et l'émotion du moment. Alors, un jour, on devait réimplanter effectivement les juifs et un autre jour, on devait en fusiller un certain nombre préventivement ou en représailles, par exemple, au bombardement, la veille, de telle ville allemande ou à un attentat sanglant contre de soldats allemands (quand ce n'était pas les activistes locaux qui organisaient un pogrom). Voilà comme les choses auraient pu se passer. Ces massacres s'inscriraient dans le cadre de la thèse fonctionnaliste du génocide dont nous avons parlé en début de ce tome 2 mais ce qu'à ce stade, il faut  retenir de ce point est que Berlin envoyait bien les juifs en Russie et cela, pas pour les y exterminer.

4. En octobre 1942, un hebdomadaire judéo-suisse écrivait : « Ces derniers temps, on a remarqué l’arrivée à Riga de transports de juifs de Belgique et d’autres pays ouest-européens, lesquels ont toutefois été aussitôt envoyés dans un endroit inconnu. Entre le 30 novembre et le 8 décembre [1941], le ghetto de Riga a été le théâtre de pogromes dans lesquels de nombreux juifs ont perdu la vie. » [4] Ces juifs belges et occidentaux pourraient être des inaptes ayant transité par la gare d'Auschwitz.

5. G. Miedzianagora et G. Jofer donnent aussi Riga comme lieu de déportation des juifs occidentaux : « On amena également, en d'autres périodes, dans les environs de Riga, dans le camp de Salaspils, pour les y exterminer, des juifs de France, de Belgique, de Hollande, de Tchécoslovaquie et d'autres pays occupés. ». Ces auteurs se réfèrent à Fleming, lequel a rendu compte de l'interrogatoire du 14/12/45 de Friedrich Jeckeln, chef suprême des SS et de la police en Ostland ; Jeckeln déclara : « Des juifs furent transportés d’Allemagne, de France, de Belgique, de Hollande, de Tchécoslovaquie et d’autres pays occupés vers le camp de Salaspils. » [5] 

6. Un autre auteur juif, Reuben Ainsztein, signale lui la présence de juifs belges (et hollandais) dans le camp de Janow près de Lvow à proximité de l'Ukraine, c'est-à-dire à l'est du présumé camp d'extermination de Belzec. [6] Un autre auteur juif, Philip Friedman, le confirme puisqu'il affirme qu'il est passé à Janow 300 à 400.000 juifs venant de Hongrie, Yougoslavie, Hollande, Belgique, Allemagne. [7]
Le même Ainsztein signale aussi la présence de juifs belges (et hollandais et français) dans le ghetto de Kowno (Kaunas).

7. En 1943, le gouvernement belge à Londres affirmait : « Les Allemands ont déporté presque tous les 52.000 Juifs de Belgique dans des camps de concentration en Allemagne, Pologne et Russie occupée. » [8]

8. On trouve chez Lichtenstein et d'autres, les coordonnées de divers trains chargés de juifs du Reich (Allemagne, Autriche, Bohême-Moravie) qui court-circuitèrent les prétendus camps d'extermination et allèrent directement en URSS, non plus en 1941 comme dans le point 3. ci-dessus mais à une époque où, selon les historiens, les gazages étaient déjà pratiqués dans les camps d'extermination de Belzec, Sobibor et Treblinka. Ainsi, relève-t-on entre le 8/5/42 et le 8/10/42 :

- 1 train (1.000 déportés) de Vienne à Kajdanowo
- 26 trains (26.000 déportés) de Vienne à Minsk
- 8 trains (8.000 déportés) de Vienne et Theresienstadt à Kolodischtchi
- 2 trains (1.465 déportés) de Königsberg à Minsk
- 3 trains (3.000 déportés) de Theresienstadt à Minsk (dont l'un détourné sur Kolodischtchi)
- 1 train (1.000 déportés) de Cologne à Minsk
- 4 trains de Münsingen (4.000 déportés ?) à Maly Trostenet (cités par Werner)
- 1 train (1.000 déportés) de Berlin à Riga (cité par Aynat)
- 1 train (1.000 déportés) de Theresienstadt à Kaasiku (Lithuanie ?) (cité aussi par Aynat).
- De son côté, Reitlinger parle d'autres trains (2.000 juifs berlinois envoyés en Esthonie ; 17.004 juifs de Theresienstadt envoyés à ou via Minsk de juillet à septembre 42 et dont on ne retrouve qu'une partie ci-dessus). Christian Gerlach fait de même. [9] 

Tous ces trains étaient composés de voitures de 3ème classe ; ceux qui étaient destinés à Minsk arrivaient à Wolkowysk, où, selon les plans de transport, les « réimplantés » (« Umsiedler ») devaient être transbordés dans des wagons de marchandises. Wolkowysk, dit Lichtenstein, était une gare de triage des camps et ghettos de Kaunas, Riga, Reval (ex-Tallin) et Minsk. Comme on le verra un peu plus loin, en juin 42, il arrivait en Biélorussie un train de déportés par semaine.
Le 16/1/43, la Deutsche Reichsbahn envoyait une lettre-télégramme à divers services, dont la RVD-Minsk, à propos de trains de « Umsiedler » prévus pour la période du 20/1/43 au 28/2/43, ce qui donne à penser qu'il y eut peut-être encore d'autres trains vers la Biélorussie à cette époque.
Même en 44, il y eut des trains qui court-circuitèrent Auschwitz (les camps du Bug, eux, avaient été fermés). Ainsi, le 73ème convoi de juifs de France aboutit en mai 44 à Tallin (Estonie) et Kaunas (Lituanie). Pourquoi n'a-t-on pas dirigé ce convoi (dans lequel se trouvaient deux des enfants d'Izieu) sur Auschwitz puisque ce camp était équipé, paraît-il, d'installations de gazage ultra-modernes et surdimensionnées (on pouvait y gazer un train de juifs à l'heure) ? Regardons la carte et demandons-nous pourquoi les Allemands, qui manquaient de matériel ferroviaire et de charbon, se sont donné la peine de conduire ces juifs encore plus loin (une moitié à Kaunas et l'autre moitié juste en face d'Helsinki) ? Sûrement pas pour les y exterminer. D'ailleurs, disent les historiens, les massacres de 1941 avaient fait craquer nerveusement les membres des Einsatzkommandos et c'est pour cette raison qu'on avait imaginé les chambres à gaz, forme douce (pour l'exécuteur et l'exécuté) et anonyme de l'extermination. Alors, peut-on affirmer dans ce cas précis qu'on a envoyé ces juifs sur les rives du golfe de Finlande pour les y exterminer comme le prétendent encore aujourd'hui les historiens ? [10]

9. Le chercheur allemand Christian Gerlach dont nous venons de parler a également étudié la déportation de juifs non allemands en Biélorussie. Dans le chapitre 7.5 de son livre, Gerlach a recensé un certain nombre de témoignages (mais sans donner beaucoup de détails et même, parfois, en style télégraphique) :

Gerlach ajoute qu’on trouve aussi trace de cette déportation dans la littérature et il cite Kohl et N. Müller.
Enfin, dit-il encore, on fait état de cette thèse en Biélorussie même (échanges entre l’auteur et un certain A.D. Krasnoperko, le 16/10/93 [lequel a aussi parlé de juifs néerlandais]).

10. Nous avons vu, plus haut, qu'Aynat donne des éléments permettant de penser que les juifs occidentaux, loin d'être gazés à Auschwitz, furent envoyés plus à l'est dans le Gouvernement Général ; il en donne aussi -dont une preuve documentaire inattaquable- qui prouvent qu'ils furent même vraisemblablement envoyés encore plus à l'est en URSS.

a) Le professeur judéo-américain Eugène M. Kulischer, démographe américain, faisait remarquer en 1943 dans « The displacement of population in Europe » qu' « on sait que de nombreux juifs d'Europe occidentale ont été envoyés dans les mines de Silésie [ceux qui descendirent à Kozel et Auschwitz]. La grande majorité a été envoyée dans le Gouvernement Général [c'est-à-dire à l'est d'Auschwitz] et, en nombre toujours croissant, dans les territoires de l'est c'est-à-dire les territoires qui étaient tombés sous la coupe des Soviétiques en septembre 39 et d'autres territoires occupés de l'Union Soviétique. » Les ghettos et camps de travail du Gouvernement Général, disait encore Kulischer, étaient la « destination habituelle » des juifs déportés d'Europe occidentale. Plus précisément, le démographe américain savait déjà que les juifs de Varsovie, déportés en masse à partir de juillet 42, avaient été envoyés très souvent « dans les camps de transit de la frontière russe [dont Treblinka] et que d'autres avaient été mis au travail dans le marais de Pinsk ou dans les ghettos baltes, biélorusses et ukrainiens. » [11]
b) Aynat cite aussi un document officiel allemand relatant une conférence sur les « questions juives » qui s'est tenue à Berlin fin août 42 et qui réunissait les responsables de la déportation. Un des points de ce document (rédigé le 1/9/42 par le SS parisien Ahnert) est intitulé « Achat de baraquements » (« Barackenankauf ») et il y est dit qu'Eichmann demande l'achat immédiat (« sofort ») des baraquements préfabriqués réclamés par le chef du SD de La Haye pour un camp à installer en Russie pour les déportés juifs (« Das Lager soll in Russland errichtet werden ») ; chaque train de déportés, prévoyait Eichmann, devrait emporter les éléments de 3 à 5 baraquements. Il va sans dire que ce point, particulièrement dérangeant puisqu'il réduit à néant la thèse intentionnaliste du génocide, n'est jamais cité par les historiens. [12] Lors du procès pédagogique et médiatique de Jérusalem, on s'est d'ailleurs bien gardé d'en parler à Eichmann.


Extrait du compte rendu du 1/9/1942 de la réunion du RSHA du 28/8/1942
(archivé au Centre de Documentation Juive Contemporaine de Paris sous la cote XXVI-59)
Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

11. Les grands camps de transit (ou d'extermination pour les historiens) sont, comme nous l'avons vu Belzec, Sobibor et Treblinka, camps ouverts, disent les historiens, respectivement les 17/3/42, 17/5/42 et 23/7/42. [13] Ces camps -ceci est important à noter- étaient tous collés à la frontière, telle qu'elle était au moment de leur création, entre la Pologne et l'Ukraine ou la Biélorussie. Et comment donc expliquer ce choix géographique ? Le fait que les Allemands contrôlaient toute cette zone ne signifiait absolument pas que les frontières n'existaient pas : les satrapes qui les contrôlaient veillaient jalousement sur leur autonomie, qui était très grande. Du point de vue de la logistique, il est aussi important de noter, signale Werner, que Treblinka, Sobibor et Belzec constituaient des gares-relais entre deux réseaux de chemins de fer : la GEDOB dans le Gouvernement Général et la GVD-OSTEN dans les territoires occupés. D'une part et contrairement à ce que certains en disent, ces deux réseaux n'étaient pas complètement compatibles (écartement des voies, par exemple) et couplés [14] ; d'autre part, ils étaient autonomes et il fallait parfois un mois pour obtenir un plan de transport de sorte que ces gares constituaient des points d'interruption du trafic et de tri tout indiqués. Il est remarquable que les historiens n'arrivent pas à justifier le choix de ces localités à cheval sur la frontière avec l'URSS. [15] La réimplantation était donc bien une réalité.

12. On trouve dans le dernier ouvrage de Marais [16] le texte du télégramme suivant :

Riga, 15/6/42
Au RSHA, Berlin
Très secret
Objet : Camions S
[péciaux] (« S[onder]-Wagen »)
Le Chef de la Police, de la SIPO et du SD de Ruthénie Blanche reçoit chaque semaine un convoi de juifs qui est à soumettre à un traitement spécial.
Les 3 camions s. qui y sont, sont insuffisants à cette fin. Je demande l'affectation d'un autre camion s. (5 tonnes). En même temps, je demande l'envoi de 20 flexibles d'échappement pour les 3 camions s. en service (2 Diamond, 1 Saurer), car ceux que nous possédons ne sont déjà plus étanches.
(s) Truhe, Commandant de la SIPO et du SD d'Ostland.

L'armée allemande utilisait divers « S-Wagen », notamment pour l'épouillage des effets de la troupe et, bien entendu, les historiens ont cru ou feint de croire que c'étaient des camions à gaz homicides. Il faut plutôt y voir la preuve qu'à la mi-42, alors que les prétendus camps de la mort de Belzec, Treblinka et Sobibor étaient mis en service, des juifs étaient envoyés en Biélorussie pour y être réimplantés. Ils y subissaient le traitement spécial c'est-à-dire y étaient dépouillés (quand il ne l'étaient déjà pas), épouillés (du moins leurs vêtements l'étaient dans les S-Wagen) puis envoyés dans des camps de travail ou des zones de résidence surveillée dans la zone militaire (d'où -c'est à craindre- on devait les extraire régulièrement pour des travaux de génie militaire : tranchées, etc.).

13. Le 31/7/42 c'est-à-dire au cœur de l'évacuation massive des juifs polonais et des juifs occidentaux déportés en Pologne (et non retenus pour le travail à Auschwitz), Kube, Commissaire Général pour la Ruthénie Blanche (Biélorussie) envoie à son supérieur, Lohse, Commissaire du Reich pour l'Ostland, une lettre traitant du problème juif dans sa région. (Nous en donnons le texte en annexe 3.)
Kube y explique que les juifs sont le principal support des partisans et qu'en conséquence, il a dû prendre des mesures radicales : avec l'aide du SD, il en a « liquidé » (c'est-à-dire « tué », le doute n'est pas permis, hélas !) 55.000 au cours des 2 mois précédents ; il a « allégé » certaines régions de leurs juifs (l'examen des chiffres qu'il donne pêle-mêle et d'autres considérations prouvent, par contre, que ces « allégements » ne sont pas des massacres mais des évacuations, probablement vers la zone militaire, comme le pense Werner, c'est-à-dire, aux confins de la Biélorussie et de l'Ukraine) ; et ce n'est pas fini, ajoute-t-il : il n'aura de cesse tant qu'il n'aura pas réduit à presque rien la population juive de son district de Ruthénie Blanche (soit à une quinzaine de milliers de juifs, chiffre qu'il confirma dans une lettre du 23/11/42). Il demande donc qu'on arrête d'envoyer de nouveaux convois, du moins tant que la guérilla n'aura pas été vaincue. Or, s'indigne-t-il, on lui apprend à l'instant qu'un nouveau convoi (de 1.000 juifs de Varsovie) vient d'arriver sans même qu'on l'en ait prévenu. Bref, tandis que lui, Kube, se donnait un mal fou pour pacifier le pays, on lui expédiait des trains complets de fauteurs de troubles ! Parlant probablement sous l'effet de la colère, Kube propose donc qu'à l'avenir, tous les juifs qu'on lui expédierait encore sans son autorisation soient liquidés.
Cette lettre est étonnante  car elle est en contradiction avec d'autres lettres de ces hauts responsables qu'étaient Lohse et Kube, lettres qui donnent à penser qu'il est invraisemblable qu'ils aient jamais organisé de tels massacres, mais, au contraire, qu'ils les déploraient (car il y en eut, personne ne le nie) au point de les dénoncer avec indignation auprès de Berlin : il est par exemple question dans ces lettres (reproduites aussi en annexe 3) de juifs condamnés à mort et auxquels on a fait arracher (par des dentistes) leurs dents en or juste avant leur exécution. Le procédé était, certes, barbare ; néanmoins, l'indignation de ces hauts dignitaires nazis est étonnante et même invraisemblable dans une hypothèse exterminationniste, c'est-à-dire dans l'hypothèse de massacres qu'ils auraient organisés eux-mêmes à l'insu de Berlin. [17] Mais admettons que cette lettre de juillet 42 de Kube soit entièrement authentique ; dès lors, on en retiendrait que :

a) Des convois de juifs étaient donc bien envoyés en Biélorussie en provenance d'Allemagne et de Pologne, alors qu'il existait déjà, disent les historiens, des centres de mise à mort dans l'est du Gouvernement Général. On relèvera notamment ce convoi de 1.000 juifs du ghetto de Varsovie, dont l'évacuation massive avait commencé une semaine plus tôt en direction des chambres à gaz de Treblinka, mais, plus généralement, on relèvera que M. Gilbert relate dans le détail l'extermination ultérieure en Biélorussie civile de plus de 220.000 juifs, ce qui excède de près de 200.000 unités le nombre de juifs que Kube disait encore avoir (sans compter qu'il a pu y en avoir d'autres qui n'auraient pas été massacrés). Reitlinger en convient : « En novembre 42, il n'y avait pour ainsi dire plus de problème juif en Russie Blanche. » Mais alors, d'où venaient donc ces 200.000 juifs ? Il faut bien admettre qu'ils venaient de Pologne via Treblinka et Sobibor, où ils n'avaient pas plus été gazés qu'à Auschwitz (pour ceux qui venaient de chez nous).
b) Des massacres d'innocents civils juifs y étaient perpétrés.
c) Ces massacres pouvaient même être organisés par les responsables locaux de la lutte antiguérilla et n'étaient pas de simples bavures de cette lutte. Néanmoins, ils étaient liés à cette lutte et n'étaient pas perpétrés dans le cadre d'une politique d'extermination systématique à caractère racial décidée à Berlin. On aurait là une des preuves du bien-fondé de la thèse fonctionnaliste du génocide des juifs par les Allemands.
d) Parallèlement à ces massacres, ces responsables locaux refoulaient les juifs encore plus à l'est jusqu'à la ligne du front, dans la zone militaire (Kube, bien entendu, ne parlait que de la partie « civile » de Biélorussie).

Il est évidemment bien regrettable que la correspondance ultérieure de Lohse et Kube ne nous soit pas communiquée, car on n'en était encore à cette époque (juillet 42) qu'au début de la grande déportation des juifs rassemblés en Pologne. On comprend aussi pourquoi un document aussi important n'est pas repris par les historiens (notamment par Hilberg, qui ne fait que le citer) : bien qu'il constitue une preuve de ce que les Allemands purent, à l'occasion, avoir un comportement criminel et commettre un génocide de fait, il est aussi la preuve, d'une part, que la thèse du génocide organisé par Berlin est insoutenable et d'autre part, que la réimplantation à l'est des prétendus camps d'extermination de Treblinka et Sobibor est une réalité qu'il est vain de nier.

14. Comme preuve de l'envoi de juifs dans la zone militaire, Germar Rudolf rappelle qu'à Nuremberg, le procureur soviétique R.A. Rudenko déclara que les Allemands avaient « systématiquement installé, immédiatement derrière la ligne de front, dans leur première zone de défense, des camps de concentration dans lesquels s'étaient retrouvés des dizaines de milliers d'enfants, de femmes et de vieillards inaptes ». Son substitut, A.A. Smirnov, déposa un document (le document URSS-4) dont il a notamment extrait le passage suivant : « Le 19 mars 1944, les troupes soviétiques, de retour en Polésie (Biélorussie), ont découvert trois camps de concentration dans la petite ville d'Ozaritschi [entre Minsk et Kiev] à l'intérieur du dispositif de défense allemand ; dans ces camps se trouvaient plus de 33.000 enfants, femmes et vieillards inaptes. » Plus loin, Smirnov détaillait ce chiffre de 33.000 en 15.960 enfants, 13.072 femmes et 4.448 vieillards. Toutefois, ce ne serait là qu'un exemple d'une pratique à laquelle les Allemands auraient recouru « systématiquement ». [18]

15. La thèse du révisionniste allemand Steffen Werner est précisément que les juifs furent transférés en masse dans la zone militaire, c'est-à-dire dans l'est de la Biélorussie (et de l'Ukraine) aux confins de la Russie. Cette thèse, exposée par Kulitscher en 1943, était déjà celle des associations juives américaines en 1942 ; dans le mémorandum remis le 8/12/1942 à la Maison Blanche par Wise au nom de l'American Jewish Committee, de l'American Jewish Congress, du B'nai B'rith et d'autres associations, il était affirmé : « A l'été de 1942 [époque des grandes déportations de Pologne], quelque 200.000 juifs arrachés à leur foyer ont péri avant d'arriver à destination. Depuis lors, des masses de juifs ont de nouveau été extraits des ghettos polonais et conduits dans les terres dévastées et brûlées le long de la ligne du front russo-allemand ». Certes, ces associations voyaient par ailleurs des trains entiers de juifs gazés ou brûlés vifs çà et là le long de la frontière russo-polonaise mais elles n'en apportaient aucune preuve : la vraisemblance est que ces juifs et ceux qu'elles retrouvaient sur le front russe étaient les mêmes déportés.

16. Dans le tome 1, nous avons vu qu'Auschwitz se faisait livrer du Zyklon-B dans le cadre de la « réimplantation des juifs » et nous en avions conclu qu'affirmer qu'en l'occurrence, « réimplantation » était synonyme d' « extermination » était impossible. Cette « réimplantation » était donc bien effective.

17. A la mi-42, les Allemands envoyèrent par mesure disciplinaire à Rawa-Ruska dans un Stalag destiné aux prisonniers de guerre (PG) soviétiques (le Frontstalag 325) quelque 23.000 PG français (plus quelques centaines de Belges) ; ces prisonniers avaient fait preuve d'insoumission : certains refusaient de travailler ; certains autres s'étaient enfuis et avaient été repris ; d'autres avaient tenté de le faire. Les Allemands avaient notamment pensé qu'en reléguant ces insoumis très loin à l'est, ils les dissuaderaient au moins de s'enfuir à nouveau. Rawa-Ruska est une petite ville ukrainienne située en Galicie orientale entre Lvov (Lemberg) et Lublin près de la frontière polono-ukrainienne ; à l'époque, elle se trouvait dans le Gouvernement Général de Pologne ; nous en avons déjà parlé dans le chapitre précédent. Cette région était le cœur démographique de la communauté juive européenne ; la plupart de ses habitants juifs étaient restés sur place à l'arrivée des Allemands contrairement à ce qui s'était passé ailleurs. Les PG français et belges de Rawa-Ruska étaient donc bien placés pour témoigner de ce qui s'était passé dans cette région reculée (d'autant mieux placés qu'ils étaient dispersés sur toute la région dans des dizaines de commandos). Toutefois, à leur retour, on ne les a pas interrogés et pour cause : ils y ont vu des choses qui ne correspondent pas à la version de l'histoire qui nous a été imposée. 
Seule exception : l'un d'entre eux fut appelé à témoigner à Nuremberg, c'est-à-dire à une époque où l'historiographie officielle était encore balbutiante ; il s'agit du PG français Paul Roser (interné à Rawa-Ruska de juin 42 à fin octobre 42) qui témoigna le 29/1/46 à propos des crimes allemands non pas contre les juifs mais contre les PG ; interrogé par Dubost (substitut du procureur français), qui lui demandait s'il avait quelque chose à ajouter, Roser a notamment déclaré : 

« Les Allemands avaient transformé la région de Lvov - Rawa-Ruska en une sorte de gigantesque ghetto. On trouvait sur ce territoire, où il y avait déjà de nombreux juifs, des juifs de tous les pays d'Europe. Chaque jour, pendant cinq mois -avec une interruption d'environ six semaines en août et septembre 1942-, nous avons vu passer à environ 150 mètres devant notre camp, un, deux, parfois trois trains de marchandises bondés d'hommes, de femmes et d'enfants. Un jour, une voix nous est parvenue d'un de ces wagons : 'Je suis de Paris ; nous allons à l'abattoir.' Très souvent, des camarades qui sortaient du camp pour aller travailler, trouvaient des corps sans vie le long de la voie ferrée. Nous savions vaguement à l'époque que ces trains s'arrêtaient à Belzek, lieu situé à 17 km environ de notre camp et que, là, on exécutait ces malheureux par des moyens que je ne connais pas. ». [19]

Roser prétendait donc que des « juifs de tous les pays d'Europe » s'étaient retrouvés très à l'est d'Auschwitz et, mieux, il affirmait qu'il y avait vu des Français. Certes, il pensait vaguement qu'ils étaient destinés à être assassinés à Belzec mais ce qui importe, à ce stade, c'est qu'ils n'avaient pas été gazés à Auschwitz comme nous l'affirme l'histoire officielle ; on peut, en effet, lire et relire les historiens comme Hilberg, on n'y trouve aucune mention d'un transfert de juifs occidentaux vers la Galicie orientale : d'après eux, à cette époque, tous les juifs occidentaux étaient mis au travail ou gazés à Auschwitz. 
En fait, avant Roser, un autre ancien de Rawa-Ruska, le docteur J. Guérin, avait déjà publié un récit de sa captivité (« Rawa-Ruska. Camp de représailles ») et cela dès septembre 1945, de sorte qu'on ne peut guère le soupçonner d'avoir été influencé par l'historiographie naissante de la Seconde Guerre Mondiale. (Guérin peut être considéré comme un précurseur.) Arrivé en Galicie orientale en août 1942, Guérin y avait également vu des juifs de toute l'Europe : « Perdue aux fins fonds de la Galicie, aux limites de l'Ukraine, la province avait été transformée en un immense ghetto où confluaient les juifs déportés de toute l'Europe occupée, (...) ». [20] Ayant visité le ghetto de Rawa-Ruska, Guérin constata que les juifs indigènes en avaient été évacués mais pas au seul profit, comme nous le disent les historiens, d'autres juifs polonais en attente de transfert à Belzec : en effet, lui, Guérin y vit « des juifs venus d'autres coins de Pologne, de l'Allemagne, et de plusieurs pays de l'Europe occupée. Nous y avions même rencontré une vendeuse d'un grand magasin parisien, envoyée là par les mesures raciales. ». Rappelons qu'à cette époque, tous les juifs déportés de France ou de Belgique étaient des juifs d'Europe centrale ou orientale parfois fraîchement immigrés dans nos régions : ils étaient souvent encore si peu assimilés (et donc assimilables à des Français ou des Belges par Guérin et ses compagnons) que beaucoup ne parlaient même pas le français (ce qui n'était pas le cas de leurs enfants).
Intrigué, un chercheur a récemment fait une enquête auprès des survivants belges et français de Rawa-Ruska et il en a retrouvé quelques-uns qui, eux aussi, avaient vu en Galicie orientale des juifs français et belges sensés avoir été gazés à Auschwitz.

On citera aussi le Bulletin trimestriel n° 73 de jan.-fév.-mars 1997 de l'Union Autonome Nationale des Déportés Résistants de Rawa-Ruska (Marseille) :

« Deux jeunes filles juives, natives de Paris, affectées [à l'entretien] des locaux de garde du camp venaient prendre de l'eau au seul robinet du camp. Selon l'abbé Montmartin, décédé fin janvier 1943, elles ont été violentées et assassinées par des soldats ivres de retour du front de Russie. »

18. En avril 44, Radio Moscou donna la parole à un juif « parisien » qui expliqua qu'il avait été libéré avec 8.000 autres juifs « parisiens » qui se trouvaient en Ukraine au moment de la dernière offensive soviétique. Cette information est reprise par un journal communiste judéo-français Notre Voix, n° 71 d'avril 44, qui écrit : 

« L'ARMEE ROUGE POURSUIT LES NAZIS EN FUITE EN ROUMANIE ! 
DANS SON IRRESISTIBLE MARCHE EN AVANT, ELLE PORTE LA LIBERTE A TOUS LES PEUPLES OPPRIMES !  
8 MILLE JUIFS DE PARIS DEPORTES A L'EST SONT SAUVES PAR LES SOLDATS DE L'ARMEE ROUGE !
 
MERCI !
Une nouvelle qui réjouira tous les juifs de France parvient par les ondes de Radio-Moscou. Qui n'a pas un frère, une soeur, un époux, un parent, parmi les déportés de Paris ? Et qui ne ressentira pas une joie intense à la pensée que huit mille juifs de Paris viennent d'être sauvés de la mort par la glorieuse Armée Rouge ?
C'EST L'UN D'EUX QUI RACONTA A RADIO-MOSCOU COMMENT IL AVAIT ETE SAUVE DE LA MORT, EN MÊME TEMPS QUE HUIT MILLE AUTRES JUIFS PARISIENS. ILS SE TROUVAIENT EN UKRAINE AU MOMENT DE LA DERNIERE OFFENSIVE SOVIETIQUE ET LES BANDITS SS DEVAIENT LES FUSILLER AVANT DE QUITTER LE PAYS.
Connaissant le sort qui leur était réservé et ayant appris que les troupes soviétiques n'étaient pas loin, les juifs déportés décidèrent de s'enfuir. Ils ont été bientôt recueillis par l'Armée Rouge et sont maintenant tous en Union Soviétique. L'héroïque Armée Rouge aura ainsi mérité, une fois de plus, la reconnaissance de la communauté juive de France.
VIVE L'ARMEE ROUGE - LA LIBERATRICE !
»

Ci-contre la photo de la une de Notre Voix d'avril 1944.
Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Ce texte nous vaut en 1992 le commentaire suivant d'Annette Wieviorka : « En avril 44, les responsables de la presse communiste juive semblent encore ignorer qu'Auschwitz-Birkenau fut la destination principale des déportés de France » (comprenez qu'Auschwitz et ses chambres à gaz étaient le terme du voyage). Nous avons ici une preuve de la bonne foi de certains historiens (sinon ils camoufleraient pareille information) et, en même temps, du désordre qui règne dans leur intellect du fait de leur dogmatisme (teinté de sympathie pour le marxisme chez beaucoup d'entre eux) : cette information ne correspondant pas à ce à quoi ils croient, ils l'assimilent à de l'ignorance ! Pour tout homme de bon sens, bien entendu, l'ignorance n'a rien à voir là-dedans : ou bien Radio Moscou disait la vérité ou elle ne la disait pas, et on ne voit pas pourquoi elle aurait menti (du moins pour l'essentiel) dans une affaire qui, à l'époque, ne pouvait avoir grand intérêt pour l'URSS (ce qui ne fut plus vrai par la suite, quand Beria, sur instructions de Staline, participa activement à la mise en place du mythe des chambres à gaz). Il semble que, raisonnablement, on puisse en tirer deux conclusions :

a) Auschwitz et les autres camps (Treblinka, etc.) ont donc bien été des camps de transit pour certains juifs qui étaient réimplantés en URSS.
b) Le bilan officiel de la déportation des juifs de France est le suivant :

- 76.000 déportés,
- 2.500 revenus en France, donc rescapés,
 - donc, 73.500 morts (de la main des Allemands).

Mais alors, où trouve-t-on dans ce bilan nos 8.000 Parisiens d'Ukraine ? Très probablement, hélas, dans les 73.500 morts. Mais si ces 8.000 juifs ne sont pas revenus en France, ce n'est pas parce qu'ils ont été exterminés par les Allemands, comme on nous le dit, mais plus probablement parce qu'ils ont été retenus en URSS, peut-être même déportés en Sibérie.

Antérieurement, signale Guionnet, d'autres journaux clandestins français comme Le Populaire du 15/10/42, dans un article bien documenté intitulé « Le Martyre des juifs », donnaient des détails semblables :

- « De Bukovine [entre la Roumanie et l'Ukraine], on a reçu une lettre d'un paysan disant qu'il a vu passer un transport de juifs venant de France et se dirigeant vers la Podolie (Ukraine) ; on a tenté d'organiser des secours, mais l'accès de la gare a été interdit. ».
- « De Riga, on signale aussi la présence dans la région de juifs venant de France. De Lodz, un jeune homme a pu réussir à faire parvenir sa photo. » ; or, à cette date, tous les convois partis de France avaient abouti à Auschwitz.

Nous venons de parler de Sibérie et, bien entendu, il nous faut en dire un peu plus. Quelle preuve a-t-on d'une éventuelle déportation en Sibérie par les Soviétiques des juifs réimplantés par les Allemands ? Aucune, mais il faut bien chercher où sont passés nos 8.000 Parisiens. D'une part, ils ne seraient pas revenus en France et il est improbable qu'ils aient émigré massivement ; d'autre part, s'ils étaient restés en Ukraine, on aurait bien fini par le savoir. Par contre, la Sibérie semble de nature à garder des secrets. On a au moins des indices : ainsi Edward Crankshaw, qui a commenté les « Souvenirs » de Krouchtchev parus en France en 1971, écrit : 

Krouchtchev « a dû prêter la main à la déportation des juifs d'Ukraine au fin fond de la Sibérie pratiquée par Staline après la guerre. » (...)
« En faisant état des activités antisémites de Melnikov, Krouchtchev passe sous silence les déportations en masse de juifs d'Ukraine, peu après la guerre, alors que lui-même se trouvait à la tête de cette république ». [21]

 Précédemment, dans une biographie de Krouchtchev publiée en 1966, Crankshaw disait déjà : 

« Il va sans dire qu'il [Krouchtchev] n'avait rien à dire [dans le « Rapport secret »] sur ses propres déportations d'innombrables Polonais de la Pologne ukrainienne ou de la déportation en 1940 de centaines de mille de Lettons, Esthoniens, Lithuaniens, également par Serov (à cette époque, travaillant sous Jdanov), quand la Russie occupa les Etats baltes. Plus tard encore, évidemment, ce fut le tour des juifs -pour autant qu'ils aient survécu à l'occupation allemande et soient rentrés au pays ; curieusement, un grand nombre de juifs de Pologne orientale et des Etats baltes durent leur survie à Krouchtchev, Jdanov et Serov, qui les envoyèrent en Sibérie (où, également, beaucoup moururent) avant que les Allemands ne puissent s'en saisir et les assassiner. » [22] 

Nous reparlerons de ces déportations de juifs polonais de 1940, mais ce qu'on retiendra à ce stade, c'est qu'il y eut aussi d'après Crankshaw, tout de suite après la guerre voire tout de suite après le départ des Allemands, déportation massive en Sibérie de juifs établis en Ukraine, les restrictions que fait Crankshaw (« pour autant que... ») semblant indiquer qu'à la lumière du dogme de l'extermination des juifs dans les chambres à gaz d'Auschwitz et ailleurs, il ne s'expliquait lui-même guère qu'il y ait eu encore en Ukraine des juifs à déporter en Sibérie.
Les juifs ukrainiens ayant été exterminés d'après les uns, évacués d'après les autres, on peut se demander si cette « masse » n'était pas constituée de juifs réimplantés. D'ailleurs, on ne trouve rien sur ce sujet dans l'histoire des juifs d'Ukraine, ce qui pourrait confirmer que ces juifs ne faisaient pas partie de cette communauté. Il serait d'ailleurs étonnant qu'un soviétologue comme Crankshaw (qui avait été attaché à la Mission militaire britannique à Moscou durant la guerre) avance sans preuve des faits aussi graves et importants ; certes, les historiens de la shoah ne nous en parlent pas mais, comme pour eux, les crématoires d'Auschwitz étaient le terme du voyage de tous ces malheureux, ce fait doit probablement les déranger et, dès lors, ils préfèrent ne pas en parler. Ils parlent bien de la dissolution du Comité antifasciste juif, de la persécution antisémite larvée, de l'affaire dite des Blouses blanches (ou des médecins du Kremlin), puis, enfin, du projet prêté à Staline de déporter tous les juifs soviétiques, lequel projet est bien postérieur, mais pas un ne parle de cette déportation en « masse » du lendemain de la guerre. Cette déportation est tout à fait vraisemblable et elle pourrait s'inscrire dans cette politique de déportation de tous ceux qui avaient eu un contact avec le monde occidental et qui, constituant un foyer d'infection, furent ainsi victimes d'une des phobies les mieux connues de Staline. Nous avons déjà cité précédemment les Polonais (dont un grand nombre de juifs) déportés en 1940, les Ukrainiens déportés dans les camps de travail en Allemagne, les prisonniers de guerre soviétiques et tous les peuples d'URSS qui furent occupés par les Allemands. On peut encore citer les anciens des Brigades Internationales d'Espagne, les communistes grecs de Markos, les leaders communistes étrangers (qui, eux, furent le plus souvent exécutés) et les Arméniens de France (convaincus par la propagande communiste de rentrer en Arménie, ils en furent déportés en masse en 1949). [23]

On trouve des informations semblables à celle que donne Crankshaw chez quelques (rares, il est vrai) autres auteurs non spécialisés dans la shoah :

On peut encore citer Soljenitsyne, parlant du goulag (mais, il est vrai, sans jamais parler formellement des juifs) :

« En 1943, lorsque la guerre tourna à notre avantage, surgit [au goulag] -pour grossir d'année en année jusqu'en 1946- un flot de plusieurs millions d'hommes en provenance des territoires occupés et d'Europe. Il était constitué par deux courants principaux :
-
de civils qui s'étaient trouvés dans les régions occupées par les Allemands ou qui avaient été emmenés en Allemagne (...)
- des prisonniers de guerre (...) »

Et encore :

« On jugea avec plus d'âpreté et de rigueur ceux qui avaient séjourné en Europe, fût-ce à titre d'esclaves, comme Ostarbeiter, car ils avaient entr'aperçu un petit bout de la vie européenne et pouvaient en parler (...) C'est pour cette raison-là, et nullement pour le simple fait qu'ils s'étaient rendus, que l'on jugea la plupart des prisonniers de guerre et, en particulier, ceux d'entre eux qui avaient vu en Occident un peu plus qu'un camp de la mort allemand. »

Paloczi-Horvath confirme (p. 126) que les troupes soviétiques de retour de la guerre furent soumises à de longues quarantaines dans des camps de rééducation du fait qu’elles avaient pu voir que le niveau de vie était plus élevé en dehors de l’URSS ; ceux des soldats qui semblaient particulièrement contaminés furent, dit-il, déportés au goulag.

Si certains dans la région pouvaient témoigner valablement sur cet Occident, c'étaient en effet, avec les Arméniens de France, les juifs est-européens qui y avaient émigré dans les années 30 puis en avaient été déportés par les Allemands, bref, les juifs de Belgique, de France (dont nos 8.000 Parisiens d'Ukraine), de Hollande et d'ailleurs non sélectionnés pour le travail à Auschwitz et réimplantés en Ukraine et en Biélorussie. Ils ont pu être eux aussi emportés par ce courant dont parle Soljenitsyne et cela, dans un relatif anonymat, raison pour laquelle on n'en trouverait pas trace (en dehors de nos 8.000 Parisiens dont nous avons eu connaissance par hasard), notamment dans les statistiques des camps ou des zones spéciales soviétiques. A moins encore qu'ils n'aient été soigneusement mis à l'écart par la suite puisque le simple fait qu'ils étaient bien vivants ruinait le mythe des chambres à gaz d'Auschwitz que Beria était en train d'organiser. Autre explication à cette déportation, laquelle explication n'exclurait pas nécessairement les deux précédentes : les juifs auraient été souvent réimplantés dans des kolkhozes (ce fut vrai, par exemple, en Ukraine du Sud dans la zone roumaine) et ils auraient été déportés plus loin simplement parce que les autorités soviétiques voulaient récupérer au plus vite l'outil vital que constituaient les kolkhozes (en 1946, l'Ukraine connut la plus grave disette depuis 1890).
Mais, dira-t-on, est-il vraisemblable qu'il n'y en ait pas eu l'un ou l'autre à revenir et à témoigner ? D'une part, beaucoup de réimplantés -tous des inaptes- avaient déjà dû périr de misère, de maladie, de faits de guerre et, bien entendu, des bavures de la lutte antiguérilla voire de massacres organisés. Ils ne devaient probablement pas être nombreux à avoir survécu à toutes ces épreuves. La félonie de leurs libérateurs communistes a dû les plonger dans le désespoir le plus noir et les achever. (Comme on le voit, on ne peut prétendre que la thèse révisionniste serait une tentative pour donner une image adoucie du sort des inaptes juifs.) D'autre part, comme les historiens professionnels ont organisé l'occultation de tout ce qui était contraire à la thèse des chambres à gaz, les éventuels rescapés n'auraient pas eu la possibilité de parler ; nous ajoutons qu'en France du moins, les survivants éventuels ne pourraient témoigner de ce qu'ils sont bien vivants sans courir le risque de se retrouver en prison en vertu de la loi antirévisionniste du camarade Gayssot.

Mais direz-vous encore, comment ces 8.000 juifs parisiens auraient-ils pu ne pas être repérés par les officiels français ? Il y a deux thèses, qui ne s'excluent d'ailleurs pas tout à fait. La première est que les autorités françaises, faisant preuve de réalisme, ne se préoccupèrent pas beaucoup de leurs ressortissants retenus en URSS. [24] La deuxième est que la France n'en sut rien. D'une part, ces 8.000 juifs (même s'il y en eut d'autres ailleurs) étaient très minoritaires dans une masse de 1,5 million de ressortissants français (ce que n'étaient pas la plupart des juifs déportés) qui se trouvaient dans la zone russe (PG, STO, ...). D'autre part, les autorités soviétiques montrèrent beaucoup de mauvaise volonté (elle n'était pas comprise par les intervenants français et ne pouvait l'être, vu le prestige de l'URSS) et contrarièrent systématiquement les efforts des délégués français chargés de localiser leurs ressortissants. Finalement, le rapatriement des ressortissants français fut anarchique et emprunta des voies incompréhensibles ; Annette Wieviorka cite le général Catroux, ambassadeur à Moscou, qui évoque « (...) l'étrange odyssée de ces Français, qui, libérés en avril de Prusse orientale, avaient nomadisé sur les voies ferrées de l'URSS pour aboutir, par un mystère impénétrable, en septembre sous le cercle polaire. Au reste, la divagation des camps sur l'étendue de la plaine russe fut un des phénomènes curieux de cette époque. Des trains les emportaient pendant des semaines dans des directions incertaines, s'arrêtant pendant des journées puis se remettant en marche avec leur chargement de prisonniers (...) ». D'après le document diffusé par FR3, ils furent nombreux à ne pas redescendre du cercle polaire : des dizaines de milliers de Français ! On admettra, dans ces conditions, que distraire quelques dizaines de milliers de juifs occidentaux, apatrides pour la plupart, qui plus est, réimplantés dans l'URSS profonde et qu'on croyait déjà assassinés, aurait été facile pour les Soviétiques. [25]

On notera que l'explication donnée ci-dessus de l'attitude bienveillante des autorités françaises et de la faiblesse de leur réaction n'est pas entièrement satisfaisante ; ainsi, selon le capitaine C. Van der Borght, chef de la Mission belge de rapatriement en Pologne, son collègue français, le capitaine Massonnet, a rapporté l'incident suivant : « (...) en septembre 1945, il y avait dans une gare de Varsovie un train avec, à bord, plus de mille prisonniers français libérés des camps nazis, mais aussi des Belges, des Hollandais et d'autres étrangers. Le train devait partir pour Berlin, première étape sur le chemin de leur rapatriement. On organisa une cérémonie avec des fleurs, des discours et de la musique. Même la présence des autorités françaises était assurée. Tout fut filmé et enregistré. Soudain, et alors que personne ne s'y attendait, on annonça que la voie ferrée Varsovie-Berlin avait été rendue impraticable à la suite d'une obstruction ... et il fut décidé d'envoyer le train à Moscou. Aucun des passagers ne retourna dans son pays. Le film tourné à cette occasion fut projeté à Nancy en 1947. Il donna lieu à des crises d'hystérie, car, dans la salle, de nombreuses personnes avaient reconnu l'un ou l'autre membre de leur famille parmi les passagers du train. Par la suite, le film disparut sans laisser de traces... ». [26] 

Cette rétention d'un certain nombre d'Occidentaux aurait donc été connue de nos autorités, lesquelles l'auraient occultée grâce au fait que, tout de même, la plupart des prisonniers revinrent dans le cadre des accords de rapatriement conclus avec l'URSS. Ouvrons une parenthèse pour nos jeunes lecteurs, car tout cela ne figure pas dans leurs livres d'histoire : ils doivent savoir qu'à la suite des accords de Yalta, les Occidentaux livrèrent 2.000.000 de personnes à l'URSS (dont des Russes émigrés à l'époque de la Révolution de 1917 !) ; on vit même les Américains remettre aux Soviétiques des prisonniers de guerre belges qui venaient de se sauver de la zone soviétique et qu'ils avaient probablement pris pour des Soviétiques ; encore plus étonnant : ainsi que l'atteste une circulaire du ministre belge chargé du rapatriement, Marcel Grégoire, la mission de rapatriement soviétique Dragoun rafla elle-même des citoyens soviétiques (du moins supposés tels) dans les rues de Bruxelles (et Paris). En reconnaissance de nos turpitudes, les Soviétiques ne pouvaient donc pas ne pas rendre -à regret, car ils avaient besoin d'esclaves- la plupart de nos concitoyens.
Maintenant que le communisme est-européen -compère du sionisme, au moins en la matière- a été balayé, la vérité va sans doute faire surface ; c'est actuellement le cas en Hongrie : on y reparle, enfin, de choses qui étaient connues au lendemain de la guerre mais que les communistes, les sionistes et leurs complices historiens avaient occultées. Ainsi, Franz A. Vajda, historien hungaro-belge, rapporte qu'en 1995, un chercheur de l'Institut d'Histoire de l'Académie des Sciences de Budapest, Tamàs Stark, a publié un livre traitant du cas de 30.000 juifs hongrois déportés par les Soviétiques, à savoir :

a) des juifs, qui n'avaient pas été déportés par les Allemands et étaient restés en Hongrie. En 1944/début 1945, les Soviétiques raflèrent quelque 600.000/700.000 Hongrois en principe non juifs (dont quelque 250.000 réfugiés en Autriche et en Allemagne) et les envoyèrent au goulag pour aider à reconstruire la « Patrie du Socialisme » qu'ils étaient accusés d'avoir contribué à détruire. Parmi eux, 65.000 (dont 5.000 enfants et vieillards) étaient censés appartenir à la minorité allemande de Hongrie ; en fait, les Soviétiques (qui avaient obtenu l'accord des Occidentaux à Yalta sur cette nouvelle déportation ethnique) auraient déporté ceux qui portaient un nom allemand sans appartenir pour autant à cette communauté : parmi eux, quelques juifs hongrois, bien que l'accord soviéto-hongrois les excluait de cette déportation. On estime que 400.000 de ces déportés civils seraient revenus entre 1945 et 1956, les autres ayant péri au goulag, mais, globalement, le sort des Hongrois allemands fut encore moins enviable. Les rares survivants viennent de se voir allouer par le gouvernement hongrois une indemnité de 10 $ par mois de captivité.

b) des juifs qui avaient été déportés à Auschwitz par les Allemands en 1944. Tamàs Stark cite le témoignage de Zoltan B., juif de Budapest déporté à Auschwitz depuis Csörgö le 15/5/1944. Evacué à pied le 18/1/1945 vers Gleiwitz puis par train vers l'intérieur du Reich, Zoltan B. fut capturé en cours de route par les Soviétiques avec 40 de ses compagnons. Ils furent transférés à Kattowitz (près de Cracovie) où ils demeurèrent du 2/2/1945 au 22/3/1945 puis à Czestochowa dans un grand camp où étaient concentrés d'autres détenus libérés. Le 26/5/1945, alors que la guerre était finie depuis 2 semaines, Zoltan B. et 850 autres juifs hongrois furent envoyés à Slutsk (Biélorussie) au goulag n° 194. Stark cite beaucoup d'autres cas individuels de juifs hongrois envoyés également au goulag, par exemple ceux de juives détenues au camp allemand de Stutthof (Danzig), capturées en Pologne par les Russes et déportées sur les bords de la Volga ou encore celui de Géza F. qui, libérée à Mauthausen (Autriche) fut repérée en mai 1946 à Vorkuta dans le Grand Nord russe. On notera encore une fois que tout cela était bien connu : ainsi, les journaux hongrois du lendemain de la guerre, relate encore Stark, diffusaient souvent des avis de recherche de la part des familles des malheureux déportés juifs (on comprendra que nous nous limitions à leur seul cas) comme : « Qui a des nouvelles de Istvàn F. qui a été arrêté par les Russes à Mauthausen ? » ou encore « Qui peut nous renseigner sur Arpàd T. qui a été capturé par les Russes en mai 1945 à Gunskirchen [Mauthausen] et envoyé en Russie ? »
30.000 juifs hongrois auraient été déportés mais des statistiques partielles suggèrent qu'il aurait bien pu y en avoir davantage : ainsi, selon Stark, le Mazot (comité d'entraide juif) de Budapest estimait début 1946 que 8.617 juifs de Budapest avaient été déportés en URSS et à Erdély (actuellement en Roumanie), on estimait que 8.000 juifs de la ville avaient connu le même sort. Mais, Stark n'est pas un auteur isolé et d'autres auteurs hongrois (dont certains sont juifs comme George Bàràny, Judit Molnàr et Teréz Mozes) relatent des faits semblables pour d'autres villes ; Mozes s'est plus particulièrement intéressée aux juifs de Nagyvàrad (aujourd'hui Oradea Mare en Roumanie) ; elle relate qu'en mars 1945, de nombreux juifs de cette localité, déportés à Auschwitz, furent libérés à Lublin et rapatriés par fer via Lvov mais à Tchernovitz (actuellement Cernauti en Bucovine du Nord), leur train fit demi-tour et les emmena au goulag de Slutsk cité ci-dessus. D'autres juives hongroises libérées à Guttawa furent déportées à Kuybishev sur la Volga (sont-ce les mêmes que ci-dessus ?). La plupart de ces juifs et juives seraient morts au goulag ; quelques-uns de ces malheureux revinrent après 1950. On notera aussi au passage que d'après ce qu'ont dit ces rescapés, les camps allemands -en dehors de la période chaotique de la fin de la guerre- leur ont paru préférables.
On comprend mieux les raisons qui poussent les communistes survivants (comme Gayssot) et les juifs à faire alliance pour bâillonner les révisionnistes par voie légale.

Certes, Staline n'aimait guère les Hongrois et pas davantage les juifs ; on en déduira qu'il devait détester tout particulièrement les juifs hongrois. En fait, il faudrait une page entière pour énumérer tous les peuples qui étaient dans cette situation et on peut supposer que d'autres juifs (dont des Belges, des Français et des Hollandais ?) connurent un sort semblable. On admettra enfin que la thèse de la déportation massive en Sibérie de juifs inaptes réimplantés en URSS (dont nos 8.000 Parisiens) est tout à fait plausible. [27] 

***

Certes, il faut constater que tous ces témoignages et documents sur ces fameuses zones de réimplantation sont rares et parfois de valeur discutable, mais tout de même...
Il y a notamment une lacune dans l'argumentation des révisionnistes : la rareté voire l'absence de témoignages, de documents et de photos sur la sortie des camps de transit et de tri des juifs qui n'y avaient pas été retenus pour le travail. Par contre, il y aurait pléthore de témoignages de détenus (des détenus sélectionnés pour le travail à Auschwitz) en faveur de la thèse de l'entrée des inaptes dans le camp d'Auschwitz en direction des installations de gazage. Voyons cela de plus près. Il nous faut bien distinguer deux périodes : avant mai 1944 et après mai 1944.

Pour 1942/1943, les détenus de Birkenau ne témoignent jamais avoir vu passer les inaptes, ce qui incite, en bonne logique, à penser qu’ils n’entraient pas dans le camp et ne pouvaient donc y avoir été gazés. Les seuls témoignages dont on dispose sont ceux des déportés eux-mêmes à leur arrivée à Auschwitz. Tous disent à peu près la même chose :

La conclusion à en tirer est que ces camions devaient conduire les inaptes dans des ghettos du Gouvernement Général d'où ils étaient extraits par la suite pour être chargés dans des trains spéciaux à destination des camps de transit de l'est du Gouvernement Général (Treblinka, Belzec, Sobibor). 
On notera d'ailleurs que, quand les détenus arrivaient à Birkenau en camion (venant de camps de travail proches qui venaient d'être fermés), la sélection se faisait également à l'entrée du camp et non pas à l'intérieur ; or, si, à cette époque, les trains ne pouvaient entrer dans le camp, par contre, les camions, eux, le pouvaient et, logiquement, dans une hypothèse exterminationniste, la sélection aurait dû se faire à proximité des supposées chambres à gaz, c'est-à-dire très à l'intérieur du camp.

Au début de 1944, se produisirent simultanément 3 événements importants et cette simultanéité peut être la cause d’une erreur d’optique qui fausse la compréhension de l’histoire d’Auschwitz :

. En résumé, ces trois événements allaient contribuer :

Dès lors, pour 1944, un grand nombre de détenus confirment ce que les documents photographiques nous avaient déjà appris ; ces détenus ont donc pu témoigner de ce dont leurs devanciers de 1942/1943 n'avaient jamais témoigné, à savoir de ce qu’ils avaient vu les inaptes entrer dans le camp, emprunter la Haupstrasse (qui conduisait vers les crématoires, mais aussi vers la station d'épouillage) et ne pas les y avoir vu repasser, d’où ils tirent la conclusion qu’ils avaient été gazés ; ils sont, en fait, victimes de l’erreur d’optique dont nous parlions à l’instant. 

On peut en plus leur opposer les arguments suivants :

A cette apparente pénurie documentaire, on peut opposer le fait que, du moins en Occident, l'accès aux archives est réservé aux seuls historiens : il n'est pas excessif ni malveillant de prétendre a priori qu'ils procèdent, fût-ce inconsciemment, à un choix dans les documents, exhumant ceux qui leur semblent conforter la thèse qu'ils sont chargés ou se sont chargés de défendre et laissant dans l'ombre tout ce qui pourrait conforter la thèse révisionniste (par exemple, le rapport de septembre 42 de la SS parisienne au sujet des baraquements destinés à un camp en Russie). On ne le répètera jamais assez : si on laissait les révisionnistes chercher, si on ne les persécutait pas d'une façon non seulement abjecte mais surtout suspecte, peut-être auraient-ils déjà comblé cette lacune.


NOTES

[1]

Frank ajoutait : « Nous pouvons toutefois faire en sorte qu'ils s'éteignentVernichtungserfolg »] et ceci en coordination avec les mesures décidées dans le Reich ». Werner met ce passage en parallèle avec :

- d'une part, une idée que Hitler aurait émise devant Rauschning : éteindre la « race » juive en séparant « les hommes des femmes pendant des années » ; mais on sait que Rauschning n'est pas crédible ;
- d'autre part, un passage du « Protocole de Wannsee » spécifiant que les juifs seraient déportés « sexes séparés ».

Il existe plusieurs versions de ces propos de Frank (lequel parlait beaucoup et surtout à tort et à travers) ; par exemple : « Il est certain que la grande migration va commencer. Mais que vont devenir ces gens ? Pensez-vous qu'ils se fixeront dans les villages de l'est ? On nous a dit à Berlin : 'Pourquoi faire tant d'histoires ? Nous n'en voulons pas davantage dans l'Ostland. Laissez les morts enterrer leurs morts.' »

[2]

Toutefois, ce furent des activistes baltes eux-mêmes qui furent responsables de ces massacres ; ils se vengeaient ainsi sur les « judéo-communistes » des souffrances que les Soviétiques leur avaient fait subir au cours de l'année précédente. Le premier train de juifs berlinois partit le 18/10/1941. Celui du 27/11/1941 fut intercepté à Skiatowa (Riga) par les activistes locaux, qui fusillèrent les 1.030 personnes du train en même temps que des juifs indigènes.

[3]

En ce qui concerne l'attitude de Hitler face à ces massacres réels et imaginaires, on peut encore relever ce qu'a dit David Irving au procès Zündel :

  • Hitler, peut-être après avoir été informé de faits semblables dont auraient pu être victimes des Tziganes, fit la même interdiction (note manuscrite de Himmler à la mi-42).

  • Le juge SS Morgen témoigna à Nuremberg (avec un maximum d'invraisemblance) qu'en fin 43, il avait été informé (sans plus) de massacres systématiques à Maïdanek et Auschwitz. Kaltenbrunner s'y référa pour témoigner de ce qu'il s'en plaignit (mais en octobre 44 !) au Führer, lequel, apparemment mécontent, fit immédiatement convoquer Himmler et Pohl, tout en donnant sa parole à Kaltenbrunner qu'il allait faire cesser ces massacres à supposer qu'ils fussent bien réels.

  • Quand les Soviétiques prirent Maïdanek, ils répandirent la nouvelle que les Allemands y avaient exterminé 1.500.000 détenus. D'après Heinz Lorenz, attaché de presse de Hitler, celui-ci déclara que c'était pure propagande (c'était le cas) comme celle de 14-18 qui imputait aux Allemands de couper les mains aux enfants belges. Ribbentrop prétendit à Nuremberg qu'il avait incité Hitler à protester contre ce mensonge, mais que le Führer lui avait répondu que ce n'était pas son affaire mais celle d'Himmler.

  • Quand Guderian lui annonça en janvier 45 qu'Auschwitz était tombé à son tour, Hitler, d'après un compte rendu sténotypé, fit « Ah oui ! » et ils passèrent à autre chose.

  • On a vu, dans la discussion sur le rapport Korherr, que le Chef de la Chancellerie d'Hitler prétendit avoir interrogé Himmler sur la réalité des massacres systématiques des juifs en Pologne.

[4]

Israelitischen Wochenblatt für die Schweiz, Nr 42, 16/10/42, p 10-11, cité par Mark Weber (« In letzter Zeit bemerkte man in Riga Transporte von Juden aus Belgien und anderen Ländern Westeuropas, die jedoch sofort wieder nach unbekannten Bestimmungsorten weiterfahren. Im Ghetto von Riga fanden, so heisst es. am 30. November und 8. Dezember Pogrome statt, dienen sehr viele Juden zum Opfer fielen. »)

[5]

Gerald Fleming, « Hitler et la Solution Finale », Julliard, 1988.

[6]

« Jewish resistance in Nazi-occupied Eastern Europe », Elek Books, London, 1974.

[7]

« Roads to Extinction », New-York-Philadelphia, 1980, p 305.

[8]

The New York Times, June 15, 1943, p 8, cité par A. R. Butz.

[9]

« Kalkulierte Morde », Hamburg, 1998.

[10]

Klarsfeld dit que ce convoi était composé d'hommes destinés à être mis au travail, ce qui pourrait expliquer qu'il court-circuita Auschwitz ; une sélection aurait en quelque sorte été opérée au départ, mais, dans ce cas, que faisaient dans le convoi ces 12 enfants de 12 à 17 ans dont il signale la présence ?

[11]

Il a été dit aussi que fin 41/début 42, de nombreux juifs du ghetto de Lodz furent envoyés dans les camps d'assèchement des marais du Pripet (région de Pinsk) et dans les colonies agricoles juives de Krivoï Rog dans l'est de l'Ukraine. Reitlinger n'y croit pas : « En fait, les allusions aux colonies juives de Krivoï Rog et aux camps d'assèchement des marais de Pinsk peuvent provenir de cartes postales envoyées au cours d'une opération de maquillage. » Evidemment bien sûr ! Nous l'avons déjà vu dans le Tome 1 : quand les Allemands envoyait un camion chargé de juifs dans la direction des crématoires, c'était pour les gazer et quand ils l'envoyaient dans la direction de la gare, c'était encore pour les gazer après leur avoir fait croire qu'ils allaient prendre le train. De même, quand les déportés ne donnaient pas signe de vie, c'est qu'on les avait gazés et quand ils envoyaient du courrier, c'est qu'ils avaient également été gazés. Les gens de bon sens auront du mal à croire que les Allemands poussaient le souci du camouflage jusqu'à faire envoyer des cartes postales depuis des camps imaginaires.

[12]

Par exemple, Klarsfeld résume bien le rapport de Ahnert mais pas ce passage-là.

[13]

En ce qui concerne Treblinka, on relèvera que le 11/7/42, alors qu'aucun déporté n'y avait encore mis les pieds, le ministre de l'intérieur du gouvernement polonais en exil, S. Mikolajczyk, parlait déjà des gazages de masse qui s'y pratiquaient : « (..) En tout, 2.500 juifs ont été tués et les 25.000 juifs restants ont été envoyés à Belzec et Tremblinka. A Izbica Kujawska, 8.000 juifs ont été envoyés dans une direction inconnue. A Belzec et Tremblinka, les juifs ont été gazés (...) » !

[14]

Arrivé en avril 1942 à Rawa Ruska (près de Belzec), un PG français précise que l’écartement des voies russes est plus grand [Nous pensions que c’était l’inverse mais peu importe.] : « C’est un gros problème pour les Allemands qui ont commencé à certains endroits à modifier les voies ferrées en y ajoutant un rail intermédiaire, (…). En attendant, les marchandises et les personnes doivent être transbordés. Les PG français travaillent sur ces voies. » (Paul Chevallier, « Les chemins qui menaient à Rawa-Ruska », Editions des Ecrivains, 2000, p. 176).

[15]

Il est vrai qu'ils fonctionnèrent aussi dans l'autre sens (mais dans une moindre mesure) pour les juifs de Bialystok (Treblinka), de Biélorussie (Sobibor) et de Galicie orientale (Belzec), ce qui peut s'expliquer par le fait que ces camps étaient des centres de tri. On notera aussi que, dès 1940, les Allemands avaient créé des camps de travail le long de la frontière avec l'URSS (avant juin 41, le district de Lvow appartenait à l'Ukraine) et y avaient déjà envoyé de nombreux juifs pour assécher des marais et construire des fortifications de la « Ligne Otto » : Belzec était l'un des principaux de ces camps.

[16]

Pierre Marais, « Les camions à gaz en question », Polémiques, 1994

[17]

Kube, accusé de complaisance pour les juifs, était en conflit ouvert avec les Einsatzgruppen (et tout particulièrement avec leur représentant local, le Dr Strauch, dont il dit le plus grand bien dans sa lettre !) de sorte que la sauvagerie qu'il décrit dans sa lettre étonna les juges de Nuremberg eux-mêmes. D'après Reitlinger, Strauch affirma que Kube (qui, manifestement, essaya de protéger au moins les juifs du Reich) ne l'avait écrite que pour dissiper chez Himmler les accusations de mollesse dont lui-même et sa police étaient victimes. Comme on va le voir, les conclusions à en tirer ne changent pas avec l'explication donnée à sa lettre.

[18]

Il y a un mystère autour de ces camps d'Ozaritschi. En effet, l'offensive des Russes du début 1944 fut limitée à l'Ukraine et la progression des Russes épousa (assez curieusement, d'ailleurs) la frontière entre la Biélorussie et l'Ukraine ; de la sorte, Ozaritschi ne put pas être libérée le 19/3/44 mais 4 mois plus tard, le 15/7/44 (voir notamment « Der grosse Atlas zum II. Weltkrieg », Bechtermünz Verlag). La presse clandestine de l'époque en parla (par exemple le journal belge communiste Radio-Moscou du 2/5/44) en se référant à un communiqué de la célèbre « Commission extraordinaire d'Etat d'enquête sur les atrocités etc. » du 30/4/44.
Une alternative pourrait être Ozarintsy, petite ville située en Podolie (Ukraine) entre Vinnitza et Kamenetz-Podolsk ; selon les informations données par le journal Radio-Moscou précité, la ligne de front le 20/3/44 passait très exactement par ce lieu. 
Tout cela montre le peu de fiabilité des informations d'origine communiste.
Il est à noter en outre que le document URSS-4 porte essentiellement sur l'accusation de guerre bactériologique : les Allemands auraient réuni des typhiques à proximité de la ligne de front de façon à répandre l'épidémie dans les rangs soviétiques. Les typhiques auraient été de « paisibles citoyens soviétiques » des villages avoisinants mais on sait que les Soviétiques se sont refusé obstinément à distinguer les juifs dans l'histoire de la Seconde guerre mondiale. Les juifs se plaignent amèrement de ce que le monument élevé à Ozaritschi ne fassent pas plus mention des juifs que les autres monuments biélorussiens. (Voyez par exemple http://www.eilatgordinlevitan.com) On a peine effectivement à admettre que tous ces inaptes aient été des non-juifs. 

[19]

IMG Nürnberg, Band 6, 29 Jan 46, Vormittagssitzung.

[20]

Editions Oris, septembre 1945, 223 pp

[21]

Melnikov remplaça (une première fois) Krouchtchev, rétrogradé au poste de premier ministre, à la tête du PC ukrainien en 1946. En fait, il est probable que ces déportations furent ordonnées par Staline et exécutées, comme toutes les autres, par Beria, Koboulov et Serov.

[22]

Dans le « Rapport secret » au XXe Congrès du PCUS de 1956, Krouchtchev parle de la déportation des Karatchaï, des Kalmouks, des Tchètchènes (dont Raspoulatov, ancien président du Parlement russe et rival de Eltsine), des Ingouches et des Balkars. Il a « oublié » les Allemands, les Bulgares, les Grecs, les juifs, les Tatars et d'autres. En ce qui concerne les Ukrainiens, Krouchtchev a précisé, sous les rires du Congrès, qu'ils « n'évitèrent ce sort que parce qu'ils étaient trop nombreux et qu'il y n'y avait pas d'endroit où les déporter. Autrement, il [Staline] les aurait déportés aussi. »

[23]

France 3 a diffusé en septembre 95 un documentaire sur le sujet (« Zek, l'Internationale du Goulag » de Thibaut d'Oiron et Peter Hercombe). Il expose notamment le cas d'un juif ukrainien déporté par les Allemands puis -pour cette raison- déporté en Sibérie par les Russes à sa libération.
Plus récemment (le 20/1/96), dans un fort intéressant documentaire de la Hessischer Rundfunk diffusé par FR3 (« Les amoureux de Minsk - L'histoire de Ilse Stein »), il est question d'une jeune Juive allemande déportée à Minsk, évadée et réfugiée en URSS et finalement envoyée en 1945 au Birobidjan d'où elle ne revint qu'après la mort de Staline. On y relève l'affirmation suivante du commentateur : « (...) les survivants des ghettos et des camps de concentration sont transportés à l'est vers leur 'Terre promise' comme l'annonce la propagande soviétique (...) »
On notera aussi que ce documentaire donne une relation de la persécution antisémite en Biélorussie assez différente de la version officielle.
Rappelons que le Birobidjan est une région autonome de Sibérie créée en 1934 par Staline pour tenter de se débarrasser des juifs de façon élégante. Ceux-ci boudèrent cette nouvelle « Terre promise » ; les documentaires sur le Birobidjan ne parlent pas de ces déportations d'après-guerre.

[24]

Cf. le documentaire « Les Français du Goulag » diffusé par FR3 fin 94.

[25]

On notera que les Allemands ne cherchaient pas à séparer les déportés de même origine ; bien au contraire.

[26]

Extrait de « Nos prisonniers du Goulag » de Willy Fautré et Guido De Latte, Association Chrétienne pour l'Eglise du Silence, 1980.

[27]

Bien qu'en l'occurrence il ne s'agisse peut-être pas de juifs occidentaux réimplantés en URSS par les Allemands mais de juifs occidentaux réfugiés en URSS (Polonais de la zone allemande), on peut encore citer le témoignage d'une personne connue : celui de Nathalya Charansky, la femme de Anatoly Charansky, célèbre activiste juif d'URSS et ministre de Netanyahu et Sharon. Dans une interview donnée à Catherine Chaine et parue dans Elle du 8/8/77, elle racontait que ses parents, juifs polonais, s'étaient enfuis de Pologne sous l'occupation allemande pour se réfugier en URSS. Bien qu'ils aient cherché à cacher leurs origines juives et se soient comportés comme des communistes soviétiques fanatiques, ils furent déportés en Sibérie en 1946 « comme tous ceux qui avaient habité à l'étranger ». Ils ne reçurent l'autorisation de revenir à Moscou qu'en 1966 (avec leurs deux enfants nés en Sibérie).
Dans une « autobiographie » rédigée par Ilana Ben-Joseph et dont une traduction française est parue en France en 1979 (« L'an prochain à Jérusalem », Stock, p 66), elle donne une version un peu différente encore qu'identique sur l'essentiel : « Mon père a fui de Pologne en Russie pour échapper aux nazis. Il a combattu dans l'armée soviétique et s'est marié après la guerre. Au début des années 50, comme beaucoup de ceux qui avaient fait partie de cette vague de réfugiés, il a été exilé en Sibérie avec sa jeune femme et ses deux petits enfants. J'ai grandi dans une petite ville, la dernière gare du chemin de fer transsibérien. »
On notera que dans le gros livre que Stéphane Courtois, Nicolas Werth et alii ont publié à grand renfort de publicité (« Le Livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression », Robert Laffont, Paris, 1997, 846 p), il n'est guère question de rafles ou de déportations massives de juifs par les Soviétiques. Non seulement ces auteurs réduisent considérablement les déportations -en 1940- de juifs polonais de la zone allemande réfugiés dans la zone soviétique -pour les historiens, c'est donc autant qui ont péri du fait des Allemands-, mais ils n'ont pas entendu parler, bien qu'ils se réfèrent à l'historien hongrois Tamàs Stark, des dizaines de milliers de juifs hongrois (mais il y a dû en avoir d'autres origines à se retrouver dans la même situation) déportés à Auschwitz par les Allemands puis envoyés au Goulag à leur libération par les Soviétiques. Ils n'ont pas entendu parler non plus d'une déportation massive -après la guerre- de juifs installés en Ukraine (dont les 8.000 juifs « parisiens » réimplantés en Ukraine) mais il est vrai qu'ils ne doivent pas être les seuls. Bref, en cette matière, le temps n'est pas encore venu de décharger les Allemands sur le dos des Russes. La « solution finale du problème juif » demeure le Tabou des Tabous, le Grand Tabou qu'on ne peut transgresser sans commettre le plus grand des péchés mortels et ... courir le risque de n'être pas publié.

[28]

Les témoins ont vu les inaptes monter dans des camions et on leur a dit, par la suite, qu'ils avaient été gazés. Où allaient ces camions ? Les témoins ne peuvent le préciser. Toutefois, Aynat relève que, dans deux cas au moins, ils disent avoir vu les camions partir dans une direction opposée au camp de Birkenau :

- Témoignage d'un d'un juif hollandais arrivé le 9/10/42 (il s'agit de la 10ème « Sonderaktion » du Professeur Kremer) : « Le groupe des femmes, des enfants et des vieillards fut chargé dans 3 grands camions avec remorques et fut envoyé en direction d'Auschwitz I. » Pour plus de détails, voyez notre article « La sélection à l’arrivée à Auschwitz. Les camions chargés d’inaptes allaient-ils vers les chambres à gaz ou vers les ghettos polonais ? Exemple d’interprétation d’un témoignage à la lumière du dogme » ; on y verra comment un commentateur à l'esprit tordu conclut de ce témoignage que les inaptes allaient dans la direction opposée à celle qu'indique le témoin ! 
- Témoignage d'un juif norvégien (Kai F.) arrivé le 1/12/42 : « Le groupe des femmes, enfants et impotents fut chargé dans des camions et conduit dans un bâtiment ressemblant à une usine et que nous pouvions apercevoir depuis la gare. »

Aynat relève tout de même aussi la preuve documentaire (le « Livre du Chef de la garde du camp ») de ce qu'un convoi entra au complet dans le camp à cette époque, celui de 1.710 juifs hollandais arrivé le 17/10/42 et soumis à l'opération de la sélection le lendemain en présence du Professeur Kremer. La lecture du journal de ce médecin SS donne à penser qu'en une autre occasion (le 7/10/42), la sélection aurait pu également se faire à l'intérieur du camp et non pas à l'extérieur (« Draussen ») ainsi qu'il l'indique explicitement à 3 reprises. 
En ce qui concerne la destination des inaptes occidentaux de 1942 et 1943, on notera qu'une partie aurait aussi pu être « réimplantée » à l'ouest d'Auschwitz, plus précisément dans le ghetto de Lodz (qui fut finalement liquidé à la mi-44, ses détenus étant envoyés à Auschwitz) ; ainsi le journal clandestin Notre Voix d'avril 44 parlant de la situation du ghetto (vraisemblablement en fin 43) précisait : « C'étaient pour la plupart des juifs polonais, mais avec un nombre important de juifs déportés de l'Europe occidentale et, en particulier, de France et des Pays-Bas. ». Ceci signifie donc que ces derniers seraient parfois comptés deux fois dans la comptabilité d'Auschwitz. 

[29]

Deux exemples tirés de Gilles Cohen, « Les matricules tatoués des camps d’Auschwitz-Birkenau », Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France, Paris, 1992 :

  • Teresa S., 19 ans, arrive à la mi-44 à Birkenau lors de la liquidation du ghetto de Lodz. « On entre dans un Block. On s'est déshabillé, tout laissé, les vêtements. On nous a tout de suite coupé les cheveux, rasées partout. On ne comprenait toujours rien. Mais on a pu parler un peu avec le personnel. Ils nous expliquent, le gaz, les fours, au lieu de l'eau, il y a le gaz qui ... Nous étions tellement découragées, plus rien, c'est fini. On attend, on attend. On reste dans une salle, la douche. Finalement, c'était bien de l'eau qui coulait ! Tout le monde commençait à crier, les bébés à pleurer. Nous avions eu tellement peur ! Une fille appelle sa sœur. (...) » [Elle se trouvait donc, après la désinfection, avec des enfants et même des bébés : leur faisait-on prendre une douche pour faciliter la pénétration du gaz comme le prétendait le New York Times ?] Après quelques jours, Teresa S. est sélectionnée avec 200 femmes pour aller déblayer Hambourg (camp de Zasen). « C'est pour cela qu'à Auschwitz je n'ai pas été tatouée [immatriculée]. ».

  • Michel F., arrivé lui aussi de Lodz et à la même époque : il est désinfecté, rasé, douché puis envoyé dans un sous-camp de Neuengamme . « C'est pour cela que je n'ai pas été tatoué [immatriculé] : je n'ai travaillé ni à Auschwitz, ni dans la région. »

[30]

Nous en reparlerons en annexe 9.


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