Allez au chapitre
précédent / Allez au chapitre
suivant
Retournez au sommaire de La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
I. HITLER : SON PORTRAIT, SES IDEES, SON ANTISEMITISME
Ainsi que nous l'avons vu dans le tome 1, croire que les Allemands ont exterminé les juifs dans des chambres à gaz ne peut être que le fait soit d'un esprit religieux, c'est-à-dire d'une personne affirmant sa conviction par la négation des lois de la physique et de la chimie, soit d'une personne mal informée, n'ayant jamais eu l'envie ou l'occasion de se documenter sérieusement sur la question et faisant aveuglément confiance aux historiens. Et comme ces derniers n'ont pas la possibilité d'exposer une autre thèse que la thèse juive sous peine de perdre leur gagne-pain voire même, depuis peu, de connaître la prison, il apparaîtra à tous que cette confiance est mal placée. [1] Toutefois, comme l'a démontré le génocide rwandais (plus de 500.000 morts en quelques semaines, dit-on), les Allemands auraient pu exterminer trois ou quatre fois plus de juifs sur la durée de la guerre et cela, sans chambres à gaz. Le génocide des Arméniens de 1915 nous avait déjà appris tout cela. C'est donc une erreur d'associer les concepts de chambres à gaz et de génocide des juifs. On peut affirmer, sans tomber sous le coup de la loi antirévisionniste belge (qui n'impose que la croyance au génocide des juifs et pas la croyance aux chambres à gaz, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de la loi antirévisionniste française) et sans se ridiculiser davantage que les chambres à gaz d'Auschwitz et d'ailleurs sont un mythe.
Nous allons dans ce deuxième tome nous interroger non pas sur la vraisemblance de la thèse du génocide par un autre moyen que l'emploi de chambres à gaz (Puisque la loi interdit de douter en public du génocide et puisque nous ne voulons pas mettre notre courageux éditeur en difficultés.) mais sur les différentes façons dont ce génocide aurait pu se perpétrer. (Dans sa bonté et dans un reste de sagesse, le législateur n'a pas voulu imposer telle ou telle version du génocide.) Il y a en effet deux thèses génocidaires en présence :
La thèse dite intentionnaliste : c'est Hitler qui aurait pris lui-même, au moment favorable, la décision de l'extermination des juifs, extermination depuis longtemps préméditée. Certes, plus aucun historien ne croit aujourd'hui qu'Hitler ait donné un ordre écrit et circonstancié du massacre mais il aurait pour le moins donné son consentement ne fût-ce que « d'un signe de tête », comme le dit Hilberg.
La thèse dite fonctionnaliste : le génocide n'aurait été « ni le résultat d'un processus irréversible, ni l'aboutissement d'un plan précis concocté longtemps à l'avance. » [2] ; il aurait été « l'aboutissement imprévu et improvisé de la radicalisation qui affecta un régime structurellement inmaîtrisable » [3] ; plus précisément, « La 'Solution finale' était le résultat d'une suite d'initiatives locales, prises dans le but de résoudre des problèmes ponctuels (la situation chaotique dans les ghettos). Elle ne se développa que graduellement en une vaste action. » [4] ; en d'autres termes, confrontés à des situations incontrôlables d'ordre sécuritaire (lutte contre la guérilla), démographique, alimentaire et sanitaire (typhus), des responsables locaux auraient, à l'insu de Berlin, eu recours à des solutions radicales et barbares ; ils auraient, à l'occasion et comme poussés par l'urgence et la nécessité, liquidé des populations entières d'ennemis potentiels ou effectifs, de bouches inutiles et de typhiques agonisants puis ils auraient, peu à peu et toujours de leur propre initiative, recouru systématiquement à ces méthodes barbares dans une optique raciale.
Pour notre part, nous avons trouvé trop d'éléments en défaveur de la thèse intentionnaliste pour l'adopter ; nous nous sommes donc ralliés à la thèse fonctionnaliste : il y a d'ailleurs eu dans l'Est européen tant d'affreux massacres de juifs qu'elle n'est pas a priori impensable. Toutefois, quelle que soit la thèse qu'on retienne, il reste qu'Hitler y joua un rôle de premier plan : il donna l'ordre du génocide et s'il ne le donna pas et même s'il ignora tout de ce génocide, il fut l'artisan de la persécution et fut (co-) responsable d'une guerre qui allait muter cette persécution en drame affreux. Il est donc indispensable de commencer par dire un mot du personnage.
Quel homme était-il ? Quelles étaient ses idées ou du moins celles auxquelles il souscrivit et qu'il illustra ? Et enfin, quel était l'état de l'Allemagne avant son arrivée au pouvoir ? [5]
1. Nationaliste romantique, chimérique et chauvin, raciste et, qui plus est, exaltant sa prétendue différence jusqu'au délire [Les racistes y verraient peut-être la marque d'un grand-père juif ?], Hitler croyait, comme tant d'autres « grands hommes », avoir été investi d'une mission quasi divine [6], celle de relever l'Allemagne, victime d'une crise morale, politique (Il y fut pour quelque chose.), économique et sociale très grave. Non seulement il voulait la relever mais il prétendait lui assurer la préséance en Europe continentale, les races prétendument supérieures (Aryens et apparentés) dominant les races supposées races (surtout les Slaves). [7]
2. Pour mener à bien sa mission, il adopta quelques principes de conduite dont il ne se départit jamais :
Il adopta les idées de Machiavel et même exalta le recours à la violence ; il fut, en outre, un sournois et même un menteur encore qu'il le fut moins qu'un George W. Bush, un Colin Powell ou un Tony Blair (à l'entendre, chacune de ses exigences était la dernière).
Montrant un grand dégoût pour la démocratie, il adopta le « Führerprinzip », principe qu'il fit partager par tout un peuple à un degré qui stupéfie encore aujourd'hui en Occident (même en France sous la Ve) : ne réussit-il pas à se faire aduler et même idolâtrer, à se faire identifier au pays et au peuple même ?
Stratège politique sans vergogne, il soufflait le chaud et le froid et désarçonnait ainsi ses adversaires. Deux des bases de sa stratégie (politique et militaire) étaient le bluff et la surprise : sortant souvent des sentiers battus (Peut-être est-ce là tout simplement la marque du « génie » ?), il avait raison des gens rationnels et conventionnels qu'on trouve généralement à la tête des sociétés démocratiques.
Orateur né et prodigieux (encore qu'il travaillât beaucoup ce talent), capable d'enthousiasmer des auditoires composés d'éléments aux intérêts contradictoires et de retourner ses contradicteurs (certains entraient communistes dans la salle de ses meetings et en sortaient nazis) ; en privé aussi, il pouvait être séducteur et convaincre la plupart de ses interlocuteurs, quitte, s'il le fallait, à recourir à la violence verbale (certains hommes d'Etat, comme le colonel -polonais- Beck, n'ont jamais voulu le rencontrer de crainte d'en sortir brisés et vaincus). Il porta les méthodes de propagande et d'endoctrinement des masses au niveau d'un art et d'une science (il y fut bien aidé par Goebbels).
Opportuniste et sachant mettre en veilleuse des idées que, la veille encore, il prétendait essentielles : ainsi, son programme antisémite connut-il des hauts et des bas étonnants, qui pouvaient donner à penser qu'il avait considérablement infléchi ses positions (peut-être était-ce vrai, d'ailleurs, et ce seraient des provocations juives qui l'auraient entraîné à revenir à son idée première ?).
Enfin, Hitler possédait ou acquit à un degré quasi surhumain (à la lecture de Schopenhauer, peut-être) une volonté farouche, une ténacité inébranlable, une obstination qui, semble-t-il, s'accroissait avec les revers et lui donna un air de forcené.
3. Il avait, bien entendu, des caractéristiques propres antérieures à la révélation de sa mission :
Il était d'une grande intelligence et d'une grande culture ; c'était un autodidacte boulimique et touche-à-tout : économie, urbanisme, écologie (Il fut un précurseur en matière de lutte contre la pollution industrielle.), santé publique (Il encouragea concrètement la recherche sur le cancer. [8]), transport (Il fit construire un réseau autoroutier ultramoderne [qui, contrairement à ce qu'ont dit les historiens, ne s'inscrivait pas dans une stratégie militaire puisqu'il était plutôt orienté dans le sens nord-sud] et il esquissa personnellement la « Coccinelle » VW qu'il destinait aux petites gens. [Hitler -les jeunes doivent le savoir- fut un des grands socialistes du XXe siècle et un homme de gauche selon les normes qu'on nous impose aujourd'hui.]), etc. Il avait toutefois, comme beaucoup d'autodidactes, des trous énormes et commit des erreurs incroyables, dues aussi, sans doute, à sa prétention de tout savoir et mieux que tout le monde. (Ainsi n'avait-il rien compris au caractère britannique, ce qui fut manifeste à Dunkerque.)
Aucune de ses idées n'était originale. Même son racisme était banal et ne différait pas de celui de ses contemporains ; à l'écouter, on pourrait entendre Guillaume II, Churchill ou De Gaulle (La notion de race est omniprésente dans les Mémoires de guerre du plus illustre des Français.) ; Hitler n'était pas un théoricien et un concepteur mais un réalisateur et un praticien dont la pensée et l'action étaient cohérentes ; en bref, il était de ces gens dont on dit qu'ils font ce qu'ils disent sans qu'on puisse pour autant affirmer que ce soit là une qualité. [9]
Outrancier, carré, tout d'une pièce, intolérant, incapable de composer durablement (« Pour nous, point de moyen terme ! », 1925), manquant de mesure jusqu'à en être ridicule.
Querelleur, ne pouvant vivre en paix, ayant besoin d'ennemis, ne concevant l'existence que comme une confrontation perpétuelle notamment à la quête d'espace vital (une notion-clé).
D'une susceptibilité maladive liée à un orgueil insensé, ne supportant pas la contradiction, punissant même ses contradicteurs et ses détracteurs. Bien entendu, il ne supportait pas davantage la raillerie. Ce trait explique beaucoup sa politique antisémite : ainsi qu'en ont témoigné des proches qui le pressaient d'adoucir son attitude, son antisémitisme fut aggravé jusqu'à l'intransigeance par les déclarations, railleries et autres faits et gestes des juifs.
Aimant la gloire, le decorum, la parade : cela put enchanter ceux qui aiment le son du tambour et les uniformes mais cela effraya les autres, les convainquant un peu plus encore de ce qu'il n'était qu'un énergumène qu'il fallait abattre à tout prix.
Imprévisible, changeant, plein de contradictions et de conflits internes (tantôt exalté, tantôt déprimé, ce qui indique au moins qu'il cultivait le doute avant de s'enfermer dans une décision déclarée irrévocable). Sur cette base, certains psychiatres (juifs ?) ont diagnostiqué qu'il était fou (un homme bienveillant comme Chamberlain pensait qu'il ne l'était qu'à moitié, ce qui lui avait paru suffisant pour le traiter en conséquence c'est-à-dire avec circonspection). Certes, il ne faudrait surtout pas en retenir qu'Hitler n'avait pas de convictions arrêtées ! Ses doutes portaient plutôt sur les moyens et la méthode.
Comme il croyait qu'il mourrait jeune et craignait que la mort l'empêche de mener à bien sa mission, l'impatient qu'il était sombra dans la précipitation, ce qui accrut encore le caractère volontairement brutal de sa politique.
Malgré quoi, il croyait avoir une « bonne étoile » et il y croyait tant qu'il se comporta en aventurier.
Etait-il d'une nature cruelle ? Faisant abstraction du traitement réservé aux juifs, constatons qu'il lui arriva de faire preuve de cruauté, mais sans qu'on puisse affirmer qu'il était d'une nature cruelle. En tout cas, il ne le fut pas plus que ses ennemis, notamment Churchill qui, avec l'accord du Parlement, des grandes Eglises et de la majorité des citoyens britanniques (soumis à un bourrage de crâne adéquat), consacra 40 % du budget de guerre de la Grande-Bretagne à tenter de griller vifs les femmes et enfants allemands. [10] Il reste que -en supposant déjà qu'il n'ordonna pas leur extermination- il déporta les juifs dans des conditions et dans un environnement qui, la suite l'a prouvé, ne pouvaient qu'entraîner la mort de nombre d'entre eux ; c'est du moins ce qu'on peut penser a posteriori mais probablement Hitler n'avait-il même pas conscience des suites inévitables de cette déportation ; on ne peut donc pas affirmer pour autant qu'il voulait leur mort. On pourrait penser a priori que le confort voire la survie des juifs ne faisaient pas partie de ses préoccupations encore que, comme nous le verrons, on a des témoignages qui indiquent qu'il condamna les massacres de juifs et de Tziganes que certains lui rapportaient et qu'il les interdit clairement. Sans que cela constitue une tentative pour l'excuser, il faut se replacer à l'époque pour le comprendre : les soldats allemands mouraient au combat par centaines de mille tandis que leurs femmes et leurs enfants étaient brûlés vifs par la RAF ; il faut bien admettre que toute guerre, et particulièrement une guerre totale, affaiblit encore le sens moral voire la sensibilité au point de déprécier la vie humaine, sans qu'on sache même bien laquelle est la moins chère : celle de ses ennemis ou la sienne, tant est grand l'esprit de sacrifice et d'héroïsme chez les hommes qui ont pour tradition de régler leurs différends par la violence. [11]
On ne peut clore ce point sans relever qu'Hitler pouvait à l'occasion montrer de la grandeur d'âme et avoir des scrupules de conscience que n'eurent pas ses adversaires ; par exemple, il refusa le projet d'attaques-suicide contre l'Angleterre (par fusées V2 pilotées) [12] et, surtout, il refusa le projet de construction d'une bombe atomique. (Il craignait, tout comme d'ailleurs les physiciens juifs réfugiés aux USA et qui y construisirent la première bombe A, une réaction en chaîne détruisant la planète.)
4. Plus précisément, sur l'origine de son antisémitisme,
on a plusieurs explications. Selon certains, le grand-père paternel de
Hitler était juif ; le Führer l'apprit à la suite d'un chantage qu'exerça
sur lui un parent. « Dès lors, la haine forcenée des Juifs devint
chez Hitler un cas limite d'une situation névrotique bien connue des
psychologues : la haine de soi. (...) L'identification partout et chez
tous de l'élément juif va désormais devenir une sorte d'obsession, une
nécessité préliminaire à l'élimination totale de cet élément corrupteur. »
(Paul Giniewski). Si les arguments rassemblés sur ce quart de judaïté du
Führer nous paraissent convaincants (encore que l'intéressé niât cette ascendance), la suite l'est moins. On peut d'ailleurs faire remarquer
qu'Hitler était déjà férocement antisémite quand il fit faire des
recherches sur sa généalogie en 1930. [13]
Le plus simple est sans doute de se référer aux explications données par
l'intéressé lui-même (ou plutôt sur la plus vraisemblable de ces
explications, car il en donna différentes), par exemple dans « Mein Kampf
»
: « [Dans ma jeunesse,] les propos défavorables tenus sur leur compte
[celui des juifs] m'inspiraient une antipathie qui, parfois, allait jusqu'à
l'horreur. ». A ce stade, on peut faire remarquer qu'à Vienne, dans sa
jeunesse, il compta des amis juifs et bénéficia de l'aide matérielle
désintéressée de plusieurs philanthropes juifs. Il n'eut apparemment qu'à se
louer (et à l'époque, il le fit) de tous les juifs qu'il rencontra.
D'ailleurs, selon ses proches, les mots qui le faisaient bondir dans sa jeunesse
étaient « Rouge » (« Communiste ») et
« Jésuite » mais sûrement pas « juif ». Plus tard, quand
il commença à s'intéresser à la chose publique, Hitler se persuada que le
marxisme était l'ennemi, de très loin le plus redoutable, de nos sociétés.
Il se força, dit-il, à lire la presse marxiste pour mieux connaître « ceux
qui fabriquaient cette collection de canailleries » qu'étaient les
idées marxistes et il découvrit que « c'étaient tous sans exception,
à commencer par les éditeurs, des juifs (...) Je connaissais enfin le mauvais
génie de notre peuple. ». Aussi, confiait-il à un ami en 1919,
« l'éloignement définitif du juif » (associé au communiste dans le concept de « judéo-communiste »,
concept qui, soit dit en passant, n'est pas non plus d'origine nazie) doit
être l' « objectif ultime » de l'antisémitisme. [14] Voilà qui nous paraît plus convaincant
que l'hypothétique haine de soi juive et propre à mieux faire
comprendre la suite.
En fait, à cette époque, la confusion entre communisme et judaïsme était
universelle ; on peut citer Churchill lui-même : en 1920 (à l'époque, il
était secrétaire d'Etat à la guerre et à l'aviation), constatant qu'en URSS,
la plupart des leaders bolcheviques étaient des « Juifs athées »,
à la notable exception de Lénine (qui n'avait qu'un grand-parent juif, comme
Hitler ou Heydrich), il écrivait : « De plus, l'inspiration principale
et le pouvoir de direction viennent des leaders juifs ». Il relevait
aussi (déjà) le fait que les juifs avaient noyauté la police politique, la
sinistre Tcheka. [15]
En dehors de l'URSS, le moins qu'on puisse dire est que les juifs (ou supposés
tels) [16] à la tête des communistes montant à l'assaut des Démocraties
existantes ou naissantes (ou du moins à l'assaut de l' ordre
établi) étaient fort bruyants et voyants : à Berlin, c'étaient Karl
Liebnecht et Rosa Luxemburg ; en Hongrie, c'était Bela Kun (on relevait aussi
que sur les 32 commissaires de l'éphémère République soviétique de Hongrie,
25 étaient juifs) ; en Bavière, parmi les révolutionnaires de la Räterepublik
en 1919, c'étaient Kurt Eisner, Ernst Toller, Eugen Leviné, Edgar Jaffé, Gustav Landauer, Eric
Mühsam.
Citons encore pour illustrer l'accusation de collusion entre judaïsme et
communisme, ce grand Français et chrétien que fut le maréchal Lyautey et qui
disait en 1921 : « C'est sans doute un grand mal que nous ayons gagné
la guerre. Nous n'avions qu'une chance de nous redresser, de faire un bloc
européen contre toutes les infiltrations judéo-bolcheviques, c'était avec
l'Allemagne. »
Cette association ne s'opposait d'ailleurs nullement à l'association du
judaïsme avec la ploutocratie occidentale : l'ennemi, on le sait
bien, a le don d'ubiquité (on pouvait d'ailleurs citer les noms de
milliardaires rouges). Hitler
finit même par assimiler le judaïsme à la démocratie, au
parlementarisme, à
l'individualisme (touts notions pourtant étrangères au judaïsme), etc., bref
à tout ce qu'il combattait. Nous sommes souvent ainsi : nous nous plaisons à
noircir notre pire ennemi, fût-ce avec une mauvaise foi que nous ne cherchons même
pas à cacher et jusqu'à finir par être notre propre dupe. Ce qu'il faut retenir, c'est que
l'antisémitisme hitlérien naquit, semble-t-il, de la première de ces
associations. En fait, cette accusation de collusion entre le judaïsme et le
bolchevisme ne faisait que s'ajouter à un antisémitisme classique
(pré-communiste) qui était universel et auquel Hitler succomba
-inévitablement ?- par la suite ; on peut en donner des exemples à l'infini. La plupart des hommes célèbres que les
peuples de la Terre se flattent d’avoir engendrés comme Cicéron, Luther,
Franklin, Voltaire ou Jaurès étaient antisémites ; s’il fallait supprimer de la partie historique du
Larousse les noms des antisémites virulents qui s’y trouvent, on la réduirait
pratiquement aux seuls noms de lieux. Mais limitons-nous à la Belgique
et à l'époque qui nous concerne :
Le comte de Baillet-Latour, président (belge) du Comité International Olympique, qui obtint que les juifs allemands ne soient pas exclus (du moins légalement) des Jeux de Berlin de 1936, écrivait fin 33 à Avery Brundage (déjà là) : « Personnellement, je n'aime ni les Juifs ni leur influence (...) Je sais qu'ils ont l'habitude de pousser les hauts cris bien avant d'avoir des raisons valables de le faire. J'ai toujours été frappé de constater que l'opinion publique ne s'est jamais émue autant de toutes les horreurs survenues par exemple en Russie bien que celles-ci aient été autrement plus barbares que tout ce que l'Allemagne a pu connaître. Et cela pourquoi ? Parce que, à l'époque, la propagande n'avait pas été menée d'une manière aussi habile. » [17] Ceci illustre le fait que même les défenseurs les plus vigoureux des droits des juifs n'étaient pas exempts de préventions qui, aujourd'hui, seraient à coup sûr taxées d'antisémitisme et leur vaudraient la prison.
On peut également citer le célèbre auteur de romans policiers, Georges Simenon : jeune journaliste à Liège dans les années 30, il rédigea une série d'articles d'un antisémitisme délirant tel qu'aujourd'hui, il finirait en prison, lui aussi ; faussement contrit, il devait déclarer après la guerre : « Je dois reconnaître que je n'ai jamais rencontré de Juif qui sentît mauvais. ».
Restant dans l'édition, nous citerons aussi Hergé, le célèbre dessinateur de BD : il donna parfois deux versions de certains épisodes des aventures de Tintin, la première, celle d'avant-guerre, reflétant clairement l'antisémitisme populaire de l'époque.
Le Soir du 21/10/94, commentant le livre de Jan Velaers et Herman Van Goethem sur Léopold III [18], dit : « L'ouvrage des deux universitaires anversois fait aussi apparaître un roi sensible aux accusations du temps à l'encontre du monde juif et de la franc-maçonnerie. ». Et pourquoi donc le roi des Belges n'aurait-il pas été antisémite ? Comme le même journal le rappelle le 12/8/95, le plus célèbre des hommes politiques wallons, Jules Destrée (mort en 1936), était lui-même antisémite (et raciste) : à sa décharge, note Jean-Philippe Schreiber, chercheur juif du FNRS, il faut dire que « (...) l'antisémitisme fait partie du bagage intellectuel du temps. » [19]
En fait et comme nous l'avons déjà dit, aucune des idées d'Hitler n'était originale mais,
plus tard, il était inévitable qu'il cherchât à imaginer une théorie globale plus
personnelle, encore que simple synthèse d'idées disparates. Bien après
« Mein Kampf », Hitler tenta de préciser sa « Weltanschauung »
en faisant quelques emprunts à Gobineau, Darwin, Dühring et
d'autres et en les combinant : la vie n'était
qu'une lutte pour l'espace vital, cette lutte constituant aussi la base de
l'évolution ; en sortirait vainqueur, le peuple soucieux de la conservation de
sa race et de son précieux sang et qui saurait les préserver de l'apport
négatif de races et de sangs inférieurs, faute de quoi le juif, ce « maître
de l'empoisonnement international et de la corruption des races »,
ferait alors son entrée, déracinant et corrompant tout à fait le peuple
supérieur. Bien qu'Hitler se référa constamment à cette théorie, on peut
toutefois penser que l'association première entre marxisme et judaïsme fut
davantage à l'origine de l'antisémitisme hitlérien que le racisme,
l'antisémitisme classique ou toute autre idée.
D'ailleurs, si le racisme de Hitler envers les
Noirs, par exemple, (racisme qu'il partageait avec ses ennemis, notamment les
Américains, dont l'armée était raciste et ségrégationniste.) était « génétique », il était d'avis que, « anthropologiquement,
les juifs ne réunissent pas les caractères qui feraient d'eux une race unique »
; pour lui, ils constituaient une « race mentale » façonnée
par ce que nous appelons aujourd'hui le « milieu » et qui était, de
ce fait, plus homogène qu'une race fondée sur les gènes au point d'être
inassimilable et qu'il ne convenait d'ailleurs pas d'assimiler car le judaïsme
était un élément corrupteur. [20]
On notera enfin qu'il est pour le moins abusif d'affirmer qu'Hitler tenait les
juifs pour des « sous-hommes » ; bien entendu, on trouvera bien çà
et là dans ce qu'il a dit de quoi alimenter cette fable, mais, sous l'effet de
l'émotion du moment, il a tout dit, y compris le contraire (sans compter que,
d'une part, il évolua constamment comme tout un chacun et, d'autre part, il
était souvent confus, ce qui permet de lui prêter tout ce qu'on désire lui
prêter) ; il lui est même arrivé de tenir sur les juifs des propos flatteurs
: il pensait, notamment, que les Allemands non juifs ne pouvaient être mis en
compétition avec les juifs, car ceux-ci, plus malins, les aplatiraient (ce qui,
il est vrai, pourrait peut-être constituer une pensée raciste). La vérité
pourrait être qu'il ne méprisait pas les juifs mais, tout simplement, les
redoutait, ce qui n'est pas la même chose. [21]
5. Il nous faut aussi dire un mot sur l'état de l'Allemagne au lendemain de la guerre 14-18, ce qui nous permettra de comprendre un peu mieux l'antisémitisme nazi. On a peine à s'imaginer aujourd'hui le marasme social, économique et politique dans lequel se trouvait l'Allemagne après la guerre 14-18, marasme propre à susciter un besoin d'ordre à tout prix. Ce marasme était issu en grande partie des souffrances et des frustrations dues à la guerre et à la défaite, du traité léonin et inique de Versailles (lequel, en fait, ne mit pas fin à la guerre dans l'esprit de beaucoup d'Allemands) mais aussi des tentatives de prise du pouvoir par les communistes. Certes, l'Allemagne se redressa de façon spectaculaire dans les années 20 (ce qui mit Hitler et ses semblables sous l'éteignoir) mais la crise de 1929 la replongea dans une dépression propice à tous les abandons et à toutes les capitulations en matière de démocratie, de légalité voire de simple bon sens. Estimant à tort (mais c'était dans l'air du temps) qu'il n'avait d'autre choix qu'entre le (« judéo-») communisme et le nazisme, il choisit ce dernier et s'y abandonna jusqu'à l'ivresse. [22]
NOTES
| [1] |
Les législations adoptées par divers pays européens et interdisant d’émettre une opinion sur la déportation des juifs sont non seulement grotesques et même du plus haut comique mais contraires au Droit et surtout au simple bon sens car, comme l’avait confirmé le 26/4/1979 la Cour Européenne des Droits de l’Homme (avant de se coucher, elle aussi, devant le Congrès Juif Européen), la liberté d’expression « vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui peuvent choquer ou inquiéter l’Etat ou une faction quelconque de la population. » | ||||||||||||||||||||||||||||
| [2] |
Saul Friedländer, « L'Allemagne nazie et les Juifs » (L’Autre Histoire, n° 10, février 98, p. 27) | ||||||||||||||||||||||||||||
| [3] |
Philippe Burrin commentant dans Le Monde du 15/12/87 le colloque international sur le nazisme de décembre 87 à la Sorbonne. | ||||||||||||||||||||||||||||
| [4] |
Martin Broszat, cité avec d'autres historiens aussi estimés que Hans Mommsen et Uwe Dietrich Adam par Saul Friedländer en mai 84 au congrès de Stuttgart. | ||||||||||||||||||||||||||||
| [5] |
Le jeune lecteur lira peut-être John Toland, « Hitler », Laffont, 1983. Il n'oubliera pas que, comme la plupart des historiens, Toland croit à l'extermination des juifs et qu'il est, dès lors, à craindre que son jugement en soit faussé. | ||||||||||||||||||||||||||||
| [6] |
Etait-il croyant ? Il affirma souvent un attachement indéfectible au catholicisme, tout en en critiquant et en combattant, à l'occasion, les structures et la hiérarchie. On notera qu’Hitler aurait versé jusqu’à sa mort l’ « impôt d’église » à l’église catholique (jusqu'en 1943, selon certains : voyez R. Faurisson, « Le révisionnisme de Pie XII », p. 54.) | ||||||||||||||||||||||||||||
| [7] |
Nous avons lu, par exemple, qu'un « Generalsiedlungsplan » de 1942 prévoyait le déplacement en Sibérie, sur une période de 30 ans, de 31 millions de personnes « racialement indésirables » et l'établissement de 10 millions d'Allemands et d'apparentés sur les terres s'étendant de la Pologne au bassin du Dniéper. De là à dire, comme le font certains historiens, que les Allemands avaient résolu de déplacer des masses de Slaves comme certains juifs veulent le faire des Palestiniens (Et pas en 30 ans !), il y a un pas que les gens honnêtes ne feront pas. | ||||||||||||||||||||||||||||
| [8] |
Voyez par exemple VffG, Heft 2, August 2000, p. 223. L'affaire des métis français en est l'illustration.
On sait qu'en 1920 l'armée française (dans laquelle se trouvaient de nombreux
soldats sénégalais) occupa la Rhénanie ; quand elle s'en retira, elle laissa
quelques traces dont une quarantaine de métis ; la chose n'était que très
normale (Il y avait bien eu en France occupée naissance de quelque 60.000
enfants nés des amours de Françaises et de soldats allemands.) mais, de l'avis
général, (Aussi bien, d'ailleurs, en France ou en Angleterre qu'en Allemagne.)
cette quarantaine d'innocents métis étaient réputés nés d'une inadmissible
souillure ; Hitler exigea donc et imposa contre l'avis de son entourage que ces
malheureux soient expulsés ou stérilisés ! C'est tout lui ! Il y a eu incontestablement de la part des Britanniques
tentative et début d'exécution de génocide sur le peuple allemand. Et en
l'occurrence, point de distinguo subtil : ce fut intentionnel. On ne se souvient
pas avoir lu que ce crime contre l'humanité avait été poursuivi et ses
auteurs punis. Les familiers du Führer n'étaient pas épargnés :
son neveu, Leo Raubal, frère de Geli Raubal (qu'Hitler
aima tant) fut blessé à Stalingrad et Hitler refusa de le faire évacuer, le
condamnant ainsi a priori à une mort presque certaine, encore qu'il soit revenu
en 1955. Hans Hitler, fils de son cousin germain, et Heinz Hitler, fils de son
demi-frère Alois, furent tous deux faits prisonniers ; Heinz mourut en
captivité. F. Mora dans Rivarol, 4/10/02 Ce sont
des familiers d'Hitler lui-même qui lancèrent ce bruit dans la presse anglaise
après son arrivée au pouvoir. Dans les mémoires qu'il rédigea dans sa
cellule à Nuremberg [« Im
Angesicht des Galgens » (« Face à la potence »)], Hans
Frank, juriste qui devint Gouverneur Général de Pologne, raconte
qu'il fut chargé par le Führer lui-même d'une enquête à ce sujet ; Frank
découvrit, dit-il, et rapporta à Hitler que sa grand-mère, une femme célibataire
de 42 ans du nom de Schicklgrüber, travaillait comme servante dans une famille
juive du nom de Frankenberger (ou Frankenreither) lorsqu'elle donna naissance à
un fils (le père du Führer) qui fut déclaré « illégitime » à l'Etat
Civil. Frank prétendit aussi avoir découvert que le père Frankenberger versa
à la mère une pension de paternité pour le compte de son fils (lequel avait
19 ans) depuis la naissance du père du Führer jusqu'à sa quatorzième année
[année de la majorité religieuse ou Bar-Mitsva dans le judaïsme].
Frank se référait également à une correspondance entre les Frankenberger et
la grand-mère, laquelle correspondance, résume Toland (auquel nous empruntons
ces détails et qui, précisons-le, est de ceux qui doutent de la réalité de
cette filiation juive de Hitler), « sous-entendait de façon générale que
l'enfant de la femme Schiklgrüber avait été conçu dans des circonstances qui
justifiaient la pension de paternité versée par les Frankenberger. »
Frank aurait terminé son rapport en déclarant avec regret que l'on ne pouvait
rejeter l'éventualité que le père de Hitler fût demi-juif. Hitler contesta
violemment ces conclusions en affirmant qu'il tenait de son père (mort alors
qu'Hitler n'avait même pas 14 ans) et de sa grand-mère (morte 40 ans avant sa
naissance) qu'elle avait fait chanter ses employeurs. C'est effectivement bien
possible mais, de toute évidence, Hitler n'en savait rien du tout ; si sa
grand-mère n'a pas été engrossée par un juif, il est à peu près sûr, par
contre, qu'elle avait couché avec un juif et lui avait extorqué de l'argent,
ce qui n'a rien de glorieux pour personne et doit même être fort déprimant
pour un antisémite raciste. Toute sa vie, paraît-il, Hitler fut torturé par
le doute et c'est peut-être bien cela qui est important. A. Guionnet a publié (et commenté) le texte
intégral de cette « Lettre à Gemlich » dans Revision, n°
95, mai-juin 2002 ; cette lettre, datée du 16/9/1919 et adressée à son ami
Gemlich, est le premier écrit connu de Hitler ; parlant du juif, Hitler dit :
« Tout ce qui pousse l’homme à l’élévation, que ce soit la
religion, le socialisme, la démocratie, n’est pour lui [le juif] qu’un moyen de
parvenir à son objectif : satisfaire sa soif d’argent et de domination. »
Hitler précise en outre qu'il y a deux formes d’antisémitisme :
l’antisémitisme émotionnel qui conduit au pogrom et qu’il rejette ;
l’antisémitisme de raison auquel il adhère :
« L’antisémitisme de raison doit cependant conduire à une lutte légale
selon un plan établi et à la suppression des privilèges du juif, en lui
conférant le statut d’étranger vivant parmi nous (législation sur les étrangers).
Son objectif ultime doit être l’éloignement définitif du juif en général. »
Cette dernière phrase mérite d’être reproduite en allemand car elle démontre
clairement qu’à cette époque du moins, Hitler ne voulait nullement
exterminer les juifs mais les éloigner : « Sein letztes Ziel
aber muss unverrückbar die Entfernung der Juden überhaupt sein. »
Il va sans dire mais disons-le quand même que cette phrase donne l’occasion
aux prêtres et autres historiens d’une malhonnêteté de plus par la
traduction de « Entfernung » par « élimination
totale » (comme le fait Hilberg dans son édition française) voire
« extermination ».
A noter aussi dans ce commentaire de A. Guionnet
l'idée que le judaïsme était moins
bien implanté en Allemagne que dans beaucoup d'autres pays mais que la lutte
contre ce danger obtint en Allemagne le succès qu'on sait du fait qu'elle
constitue un élément « fédérateur »
puissant. Mark Weber dans The Journal of Historical Review,
jan/feb 94.
« La multiplication contre nature et de plus en plus rapide des faibles
d'esprit et des malades psychiatriques, à laquelle s'ajoute une diminution
constante des êtres supérieurs, économes et énergiques, constitue un
danger pour la nation et pour la race qu'on ne saurait surestimer... Il me
semble que la source qui alimente ce courant de folie devrait être coupée
et condamnée avant que ne s'écoule une nouvelle année. »
(Churchill à Asquith,
1910)
« Je ne comprends pas la pruderie que l'on manifeste envers l'utilisation du
gaz. Je suis profondément favorable à l'utilisation de gaz-poison à
l'encontre de tribus barbares. » (Dans
un courrier écrit lorsqu'il était président du Air Council, 1919)
« Je ne prétendrai pas que, si j'avais à choisir entre le communisme et le
nazisme, je choisirais le communisme. » (Dans
un discours à la Chambre des Communes, automne 1937)
« Je ne suis pas d'accord pour dire (...) qu'on a fait un grand tort aux
Indiens d'Amérique ou aux noirs d'Australie (...) du fait qu'une race plus
forte, une race d'un niveau plus élevé (...) s'y est introduite et s'y est
installée. »
(Churchill s'adressant à la Commission royale de la Palestine, 1937)
« On peut ne pas aimer le système d'Hitler tout en admirant les résultats
qu'il a obtenus pour sa patrie. Si notre pays devait être vaincu, j'espère
que nous trouverions un homme aussi admirable pour nous redonner courage et
nous faire retrouver notre place au milieu des nations. » (Extrait
de ses Great Contemporaries, 1937)
« Ce mouvement chez les juifs n'est pas nouveau. De l'époque de
Spartacus-Weishaupt à celle de Karl Marx, jusqu'à Trotsky (Russie), Bela
Kun (Hongrie), Rosa Luxembourg (Allemagne) et Emma Goldman (Etats-Unis)
(...) cette conspiration mondiale destinée à détruire la civilisation
pour reconstituer une société fondée sur la stagnation, sur la
malveillance et l'envie et sur une impossible égalité n'a fait que croître.
Elle a été derrière tous les
mouvements subversifs du XIXe siècle; et à présent, pour finir, cette
bande de personnages extraordinaires issus de la pègre des grandes villes
d'Europe et d'Amérique a empoigné le peuple russe par les cheveux pour
devenir pratiquement les maîtres incontestés de cet énorme empire. » (Extrait
de l'article Zionism versus Bolshevism dans l' Illustrated Sunday
Herald, février 1920)
C'est là une chose tout à fait révoltante : pour les uns
(certains antisémites) et les autres (rabbins, ...), certains êtres
naîtraient juifs et le resteraient quoi qu'ils fassent. Ben Elissar, « La diplomatie du IIIe Reich et les Juifs
1933-1939 », Ch. Bourgois, 1981. Jan Velaers et Herman Van
Goethem, « Leopold III : De Koning, het land, de oorlog »,
Lannoo, 1994. L'Institut Jules Destrée a vivement protesté contre
cette accusation d'antisémitisme, lequel antisémitisme, on le sait maintenant,
est le plus grave des péchés mortels : « (...) Puis, plus tard, en
pleine montée du nazisme, il [Destrée] accorda son patronage à un
livre qui dénonçait les persécutions des israélites allemands par les
hitlériens. (...) ». Quel que soit le sujet traité, il est vraiment
difficile d'accéder à la vérité. Les noirs admis dans l’armée américaine était
maintenus dans des rangs subalternes et affectés à des tâches peu ragoûtantes
(ramassage des morts, nettoyage, transport d'essence, etc.). La journée finie,
les soldats blancs sortaient de nos collèges et lycées réquisitionnés et
transformés en casernes et s’en allaient voir les filles ; pendant ce
temps, les soldats noirs restaient consignés ; les Français et Belges qui
ont connu l'après-guerre se souviennent de ces pauvres bougres regardant le
monde extérieur derrière les grilles de ces lycées-casernes ; mais il ne
faudrait pas se décharger sur le dos des Américains car, quand le service
appelait l’un de ces noirs à sortir de la caserne, les femmes européennes
rentraient en courant à la maison de craindre de se faire violer. Hitler n’était
pas plus raciste que ses adversaires ; certes, il méprisait les noirs
autant qu’un Churchill ou un Roosevelt (ce racisme s’expliquait –en
partie- par le ressentiment que les Allemands avaient contre les troupes de noirs africains que la France avait envoyées occuper la Ruhr dans les années
20 et qu’ils accusaient de brutalités innombrables) ; s’il méprisait
les Slaves et les juifs (race mentale) plus qu’un Churchill et un Roosevelt,
par contre, il avait davantage qu’eux de la considération pour les Arabes et
les jaunes. Hitler ne
partageait pas l'antisémitisme radical de Goebbels envers les Juifs ouest-européens
; il parlait même avec chaleur du compositeur Gustav Mahler ou du cinéaste Max
Reinhardt (Max Goldmann) et concédait que dans leurs interprétations, les
Juifs étaient souvent « pas mauvais ». (Journal de Goebbels le 22/12/40 selon David Irving, « Goebbels. Mastermind
of the Third Reich », Focal Point Publication, London, 1996)
Quel est finalement le jugement moral qu'on peut porter sur cet homme peu commun
que fut Hitler ? Nous voudrions, pour notre part, faire trois remarques : |
Allez
au chapitre précédent / Allez
au chapitre suivant
Retournez au sommaire de La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"