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des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
IV. MISE EN PLACE DE LA POLITIQUE ANTISEMITE ALLEMANDE APRES 1939
A partir de la déclaration de guerre, la situation des juifs changea donc totalement : de corps étranger et corrupteur, ils devinrent -par la volonté ou la bêtise des sionistes- un ennemi déclaré, qui fut traité en conséquence. Nous allons ci-après donner dans l'ordre chronologique un certain nombre de faits qui prouveront que :
les attendus et les objectifs de la politique antisémite des Allemands sont dorénavant d'une grande limpidité : les juifs ont déclaré la guerre à l'Allemagne ; ils combattent l'Allemagne ; ils sabotent l'effort de guerre de l'Allemagne ; il faut donc les éloigner, loin, très loin, le plus loin possible, aux confins des territoires contrôlés par l'Allemagne ; au passage, les juifs aptes à travailler aideront l'Allemagne à gagner cette guerre qu'ils lui ont déclarée ; après la guerre, les juifs seront envoyés encore plus loin ; ils devront même quitter l'Europe (par exemple, pour Madagascar).
les moyens de cette politique ont constamment évolué en fonction de la situation militaire ; jamais, toutefois, il n'apparaît que l'extermination des juifs ait fait partie de ces moyens ; seuls les gens de mauvaise foi peuvent prétendre le contraire.
L'annexion de la Bohême-Moravie, annexion qui avait suivi la fusion avec
l'Autriche, avait encore apporté d'autres juifs à Hitler, mais sans commune
mesure avec ce que lui apportèrent l'invasion et le partage de la Pologne. On
notera que, si cette invasion entraîna la fin du Comité d'Evian et des
discussions entre Anglo-américains et Allemands, elle ne signifia pas que
ceux-ci, pour autant, renoncèrent à faire émigrer leurs juifs et il en partit
encore avec leur autorisation jusqu'en 1941. Mais cette invasion de la Pologne permit surtout
aux Allemands de penser à regrouper l'ensemble des juifs européens dans un
protectorat à fonder dans le Gouvernement Général de Pologne ; ainsi Hitler
déclara-t-il à Keitel le 17/10/39 que le Gouvernement Général allait devoir
absorber « les juifs et les Polacks du territoire du Reich ». [1]
En fait, ce protectorat juif, prévu d'abord à Cracovie puis à Lublin, devait
regrouper non seulement les juifs du Reich et de Pologne, mais aussi les
Tziganes, les Polonais jugés antiallemands et, d'une façon générale, tous
les « indésirables » (« Unliebsame »). Deux premiers
convois de juifs viennois et tchèques partent pour Nisko (Lublin). Cette
solution sera un échec : sur les 1.813 déportés, quelques-uns reviendront
chez eux début 1940, la plupart étant chassés
dans la zone soviétique.
Simultanément, des convois de milliers de juifs de l'ancienne Posnanie rebaptisée
Warthegau (partie occidentale de la Pologne annexée par l'Allemagne) partaient
aussi pour Lublin : ces expulsions ne visaient toutefois pas que des juifs mais
surtout des Polonais (et même des Tchèques), les uns et les autres devant céder
la place aux centaines de milliers de « Volksdeutsche » (Baltes,
Polonais, Russes et Roumains d'origine allemande) appelés à regagner la Mère
Patrie.
Toutefois, au printemps 40, Frank, Gouverneur Général, ayant réussi à faire
admettre que la situation à Lublin devenait anarchique et intenable, obtint
l'arrêt de ces déportations chaotiques.
En ce début 1940, les Allemands pensèrent également à déporter les
juifs ... chez leurs alliés soviétiques en Ukraine et dans le Birobidjan, plus
précisément dans la « Région autonome juive » (en abrégé
la « RAJ ») que les Soviétiques avaient créée en 1922 sur
le territoire du Birobidjan, dans l’est de la Sibérie, pas très loin de
Vladivostok et qu'ils proposèrent à leurs juifs dans le but de s'en débarrasser ;
c'était une région
inhospitalière, au climat malsain, peuplée surtout de moustiques et dont les
juifs ne voulurent d'ailleurs pas ; les raisons de leur refus sont néanmoins obscures car
ils y auraient été entre eux et
auraient pu y faire le juif à l'abri des persécutions. Se
référant à G.V. Kostyrchenko, un chercheur russe bien connu en Occident et ayant
accès à des archives encore fermées aux chercheurs occidentaux [2], Altman
et Ingerflom rapportent la proposition « surprenante » [pour
des exterminationnistes, bien entendu] formulée début 1940 dans deux lettres
en provenance des Offices pour l’émigration des juifs de Berlin et Vienne
« où officiaient respectivement Heydrich et Eichmann » [3].
Ces deux lettres furent adressées au Département des Migrations du
gouvernement soviétique ; elles demandaient d’accueillir la population
juive du Reich dans la RAJ et l’Ukraine occidentale [C’est-à-dire la
Pologne annexée par les Russes.]. Cette demande, précisent encore
Altman et Ingerflom, avait été faite dans le cadre du « Plan
Birobidjan » ; ce plan, « resté pratiquement inconnu »,
proposait l’émigration de quelque 350.000 à 400.000 juifs du Reich
(Allemagne, Autriche et Tchécoslovaquie) et de près de 1.800.000 juifs
polonais vivant dans la Pologne annexée par les Allemands et dans le
Gouvernement Général. [4] Altman et Ingerflom (tous deux juifs) doivent
bien en conclure : « Cet épisode confirme qu’en 1940 les nazis
n’avaient pas encore planifié l’extermination totale des Juifs et
cherchaient activement des voies pour ‘s’en débarrasser’. »
La demande fut refusée
pour le motif –en fait, un prétexte- que les accords de rapatriement conclus
entre Allemands et Soviétiques ne prévoyaient l’évacuation vers l’URSS
que des seuls Ukrainiens, Biélorussiens, Russes et Rusiny. [5]
Quelle fut alors la raison véritable de ce refus d’accueillir les juifs
allemands et polonais ? Altman et Ingerflom disent que la RAJ avait
besoin de main-d’œuvre et se proposait d'ailleurs d’accueillir
chaque année 15.000 juifs polonais réfugiés dans la zone soviétique. Toutefois,
ajoutent-ils, le régime soviétique souffrait d’espionnite et vivait dans la
crainte d’être infiltré par une 5ème colonne ; ce serait là
la raison du refus de l’offre allemande par Staline [lequel, on le sait, avait
tendance à envoyer au goulag tous ceux qui avaient connu l’Occident].
On notera que, dans le même temps, d'autres gouvernements tentaient de
résoudre le problème juif ; c'était le cas du gouvernement
polonais, alors en exil en France à Angers ; des
libéraux avaient remplacé des « fascisants » dans ce
gouvernement mais ils montraient la même envie de se débarrasser des juifs que
leurs prédécesseurs. Leur but avoué était donc l'émigration (fût-elle
forcée)
des quelque 3 millions de juifs censés vivre en Pologne [selon le recensement
de 1931, recensement fort dépassé en 1939] ; ce gouvernement d'Angers avait même
adopté le plan d'un certain Roman Knoll qui prévoyait de créer un Etat juif
en Ukraine autour d'Odessa (« Plan de la Mer Noire »). Les
autres institutions polonaises en exil n'étaient d'ailleurs pas moins antisémites
: ainsi, une commission parlementaire polonaise réclamait encore le 4/9/1940 l'émigration
d'une partie importante des juifs (en demandant qu'on veille bien à ce que cet
exode ne soit pas l'occasion d'une évasion de capitaux) ; quant à la nouvelle
armée polonaise, elle resta férocement antisémite durant toute la guerre. [6]
Mais revenons aux Allemands ; le 6/6/40, Hitler réaffirme à
Goebbels qu'ils règleront rapidement le problème juif après la guerre. [7]
Tous ces échecs à l'Est relancèrent le projet
d'installation des juifs à Madagascar ; le plan Rademacher du 3/7/40, qui
prévoyait la cession de l'île par la France, qui venait de perdre la guerre,
fut accueilli avec enthousiasme par Heydrich et ses services se mirent aussitôt
au travail pour donner corps à ce nouveau projet baptisé « Endlösung
» (« Solution finale »), ce qui prouve bien d'ailleurs que ce mot
n'est pas synonyme d'extermination. Le projet prévoyait la déportation dans
l'île de 4 millions de juifs à raison de 3.000 par jour pendant 4 ans. Petit à petit, toutefois, cet enthousiasme
tomba ; cela s'explique, disent les historiens intentionnalistes, par le fait
que Hitler glissa progressivement vers la solution de l'extermination au fur et
à mesure que l'invasion de l'URSS tournait au fiasco mais cette explication n'a
pas de sens car l'invasion de l'URSS est postérieure ou concomitante à
l'abandon du projet Madagascar. En fait, il devrait apparaître à tout homme de
bon sens que ce projet n'était pas réaliste, car le problème du transport
était insoluble : comment, en effet, trouver les bateaux nécessaires et les
faire naviguer dans des mers contrôlées par des Anglais, qui, contrairement
aux espoirs du Führer, n'avaient pas voulu conclure la paix ? Hitler ne sombra
donc pas, petit à petit, dans un hypothétique projet génocidaire, mais ce fut
la Solution finale qui passa, un temps, au second plan : tout simplement, on ne
savait plus que faire.
En l'absence de solution globale, certains responsables locaux prenaient des
initiatives isolées comme par exemple celle d'expulser
en France le 16/7/40 les juifs de l'Alsace-Lorraine que le Reich venait
d'annexer ; puis, en octobre 1940, ils expulsèrent plusieurs milliers
de juifs allemands des régions limitrophes : Sarre, Palatinat, Pays de Bade en «
tentant de les faire passer pour des Juifs alsaciens
». Quelque 7.500 juifs arrivèrent
ainsi en wagons plombés dans le Sud-Ouest ce qui provoqua une vive réaction de
Vichy. « Les Allemands tentèrent
ensuite quelques envois plus discrets, dispersant leurs expulsés dans des
trains ordinaires, mais les Français étaient devenus plus vigilants ! Le Reich
dut renoncer à l'idée de refouler en France les Juifs de Hesse et d'autres
provinces allemandes. » (Pawel Korzec et Jacques Burko). Dans le même temps, les Allemands interdisent aux juifs
français qui ont fui en zone non occupée de rentrer chez eux en zone occupée.
Ayant remarqué que les quelque 62.000
(ou 72.000 ?) juifs encore à Berlin avaient eu un comportement qu'il jugeait
irrespectueux lors de la grande parade organisée à Berlin après la victoire
sur la France, Goebbels (qui était également Gauleiter de Berlin) décide de
les expulser en Pologne le plus tôt possible. (Journal de Goebbels du 23/7/40) [8]
Le 24/7/40, Hitler redit à Goebbels que sa solution globale préférée
reste de déporter tous les juifs européens après la guerre à Madagascar,
alors colonie française.
«Elle
deviendra un protectorat allemand sous un gouvernement de police allemand. »
(Journal du 26/7/40)
Fin août 40, dit Irving, Hitler et Goebbels sont d'accord pour penser
que les juifs devraient être envoyés à Madagascar. (Journal des 17 et
23/8/40)
Selon le compte rendu d'une conférence ministérielle en date du 6/9/40,
il se confirme que l'objectif de Goebbels en tant que Gauleiter de Berlin est d'expulser les juifs
(lesquels, pensait-il, formaient le noyau d'une intelligentsia hostile) au
rythme de 500 personnes/mois vers le Sud-Est [Gouvernement
Général ?] et le reste vers l'Est le plus tôt possible après la guerre.
Lors de la même conférence ministérielle du 6/9/40, un certain Hinkel
confirme à Goebbels qu'il y avait environ 4.000.000 juifs encore dans les
possessions hitlériennes [C'est-à-dire sans l'Est de la Pologne, l'URSS, les
Pays baltes, la Hongrie!]. Goebbels conclut : «
Le plan Madagascar qui
vient de recevoir le feu vert, prévoit qu'environ 3.500.000 de ces juifs seront
envoyés à Madagascar sur environ 18 mois après la guerre.
».
[On notera que tous ces chiffres sont fantaisistes.]
Début novembre 40, Goebbels dîne avec Hitler et Hans Frank, Gouverneur
Général de Pologne : on y discute notamment de la tâche qui échoit au Gouvernement
Général d'absorber le solde de juifs du Reich indésirables ; «
et plus tard, on
expulsera les juifs de cette région aussi. »
(Journal du 5/11/40 ; il est à noter que Frank note aussi cette
rencontre dans son journal le 6/11/40).
Bien que ceci ne concerne que Berlin, il est intéressant de s'y attarder :
d'une part, Berlin n'était pas une ville ordinaire ; elle était la capitale du
Reich et était dirigé par Goebbels ; d'autre part, on voit bien dans l'étude
de son cas que (du moins à cette époque) les Allemands ne pensaient nullement
exterminer les juifs ; ils voulaient s'en débarrasser mais pas de façon aussi
inhumaine que les prêtres veulent nous le faire croire. Il est à noter que les projets urbanistiques de Speer étaient de récupérer
les 23.000 maisons juives de Berlin pour servir de réserve pour reloger les
Allemands ayant perdu leur maison dans les bombardements. Malgré ce coup de
main de Speer, l'expulsion des juifs de Berlin n'était pas encore praticable
car le nettoyage de Vienne avait la priorité et le réseau ferroviaire oriental
était surchargé par le charroi militaire. De plus, quelque 30.000 juifs
berlinois travaillaient dans l'industrie de l'armement. Ce retard mécontentait
vivement Goebbels ; un de ses adjoints, Gutterer, provoque donc une réunion
avec des représentants de Speer et Heydrich, c'est-à-dire, dans ce dernier
cas, Eichmann, lequel explique que Hitler a chargé Heydrich de l'évacuation
des juifs ; celui-ci a mis au point un plan pour les reloger tous dans le Gouvernement
Général mais Frank est réticent. De plus, rappelle Eichmann, l'industrie
allemande a besoin de chaque juif. Goebbels en discute avec Hitler le 19/6/41
; Frank, qui, justement, passait par Berlin, ne fit pas mystère de son
intention d'évacuer les juifs encore plus loin à l'est dès la défaite de
l'URSS. Le Führer, commente Goebbels en date du 20/6/41, «
avait aussi prophétisé tout ceci
aux juifs. »
Hitler réaffirme à Frank que la Pologne n'était envisagée que comme camp de
transit pour les juifs d'Europe ; en temps voulu, ils seraient tous déportés
plus loin à l'est. Dans l'immédiat et
faute de mieux, Goebbels imagine de faire porter un signe distinctif aux juifs
(les femmes polonaises à Berlin devaient déjà porter un badge «
P»
et les travailleurs juifs un brassard
jaune).
La simple perspective de guerre à l'Est aurait déjà dû laisser entrevoir un
début de solution : envoyer les juifs en Russie ; encore ne fût-ce que le
24/6/41 soit deux jours après le début de l'entrée en guerre contre l'URSS
que Heydrich fit savoir officiellement que la solution « Madagascar » était
définitivement abandonnée. [9]
A ce moment, Heydrich dut reconnaître (on devrait plutôt dire : put
reconnaître officiellement, puisqu'il avait enfin une solution de rechange)
qu'il ne pouvait plus être question d'émigration et qu'une « solution
territoriale finale » devait être trouvée. Non seulement l'Allemagne
n'avait pas les moyens de transporter les juifs outre-mer, mais elle avait pris
conscience de ce que les juifs émigrés viendraient renforcer les armées
ennemies.
Le 31/7/41, Goering demandait à Heydrich de faire tous préparatifs en vue
d'une solution définitive de la question juive dans les régions d'Europe sous
influence allemande : « Ces termes dans leur banalité administrative,
dissimulaient l'attribution des pleins pouvoirs aux SS pour organiser
l'extermination des juifs dans l'Europe occupée. » (John Toland) C'est là
une nième pétition de principe. En fait, ce n'était là qu'une extension
géographique et pour la bonne règle, de pouvoirs qui avaient déjà été
attribués à Heydrich pour le territoire du Reich.
Les Berlinois ayant mal accepté
l'imposition de l'étoile jaune aux juifs, Goebbels, furieux, essaye d'accélérer
la déportation des juifs mais il doit bien admettre que ceci devra attendre la
fin de Barbarossa (mot de code pour désigner l'invasion de l'URSS). Journal
de Goebbels du 23/9/41 :
«
Ils sont tous à transporter
finalement dans des (régions ?) adjacentes aux (arrières ?) bolcheviques.
» (Irving n'a pu déchiffrer
entièrement le texte.) Hitler confirme à Goebbels que, petit à petit, les juifs de Berlin, Vienne et Prague seront déportés (Journal du 24/9/41)
; le but, précise Himmler à Goebbels, étant de les déporter tous pour la fin
41, d'abord dans le Gouvernement Général, puis, au printemps 42, plus loin à
l'Est en Russie. Les premiers 60.000, précisa Himmler à Heydrich, seraient
envoyés à Lodz
«
selon le désir du Führer
» (lettre de Himmler à Uebelhör,
gouverneur de Lodz).
Le 6/10/41, d'après les notes de Koeppen,
Hitler (à table) déclara : «
Tous les juifs doivent partir. Et pas
dans le Gouvernement Général mais tout droit dans l'Est. C'est seulement notre
besoin pressant de transports militaires qui nous empêche de le faire dès
maintenant. » ; en fait, la conversation
au cours du repas
fut consacrée à la résistance en Tchécoslovaquie, laquelle résistance, bien
entendu, était censée être animée par les juifs : les juifs étaient accusés
d'être l'âme de toute résistance, puisque tout ennemi de l'Allemagne était
nécessairement juif ou projuif ; d'ailleurs, répétaient les Allemands, les
juifs n'avaient-ils pas déclaré la guerre à l'Allemagne ? Hitler déclara
donc que la solution était de déporter tous les juifs « loin vers l'Orient
» et puisque les juifs étaient des informateurs de l'ennemi, il n'y avait
qu'à commencer par déporter les juifs restés à Berlin et Vienne. Aussitôt
dit, aussitôt fait : à partir du 14/10/41, les juifs berlinois commencèrent
à être déportés vers Lodz et plus à l'Est en URSS même (Kowno, Riga et
Minsk).
Plus question, toutefois, de laisser les
juifs aller renforcer les armées alliées : «
Pas d'émigration outre-mer
des juifs.
» (Conversation
téléphonique entre Himmler et Heydrich le 18/10/41)
[10]
Le 19/10/41, Heydrich
écrit à Himmler :
« Par transports journaliers
de 1.000, 20.000 juifs et 500 tziganes sont en cours d'expulsion vers Lodz entre
le 15 octobre et le 8 novembre.
»
Quelques jours plus tard, le 25/10/41, nouveau propos de table devant Himmler
et Heydrich (propos rapporté par Heinrich Heim) : ce sont les juifs qui ont
déclaré la guerre à l'Allemagne et pas l'inverse, dit Hitler, et les juifs
doivent donc en subir les conséquences : « Que personne n'aille me dire qu'il est impossible de les
entasser dans les marais de la Russie [c'est-à-dire, selon Werner, les
marais du Pripet, à cheval sur la Biélorussie et l'Ukraine] ! Qui se
préoccupe de nos soldats ? Au fait, ce n'est pas une mauvaise chose que la
rumeur publique nous attribue un projet d'extermination de tous les juifs. La
terreur est salutaire. »
En fait, même Hitler se faisait des illusions : l'armée ne voulait pas
distraire le charroi ferroviaire, les industriels ne voulaient pas se séparer
de la main-d'oeuvre juive et les responsables allemands dans l'Est ne voulaient
pas de ces juifs car ils n'avaient les moyens ni de les reloger ni de les
nourrir. En un mois, seuls 7.000 juifs berlinois furent déportés et la plupart
des 65.000 juifs qui restaient à Berlin au 15/11/41 y restèrent durant toute
la guerre.
De son côté, Heydrich qui, lui aussi, avait bien d'autres soucis (il s'était
fait nommer Protecteur de Bohême-Moravie), convoquait les représentants de
diverses administrations pour d'une part, leur annoncer qu'il avait été
chargé du problème juif à l'échelle européenne et d'autre part, leur faire
connaître ses projets, projets auxquels ces administrations étaient priées de
collaborer. Prévue pour le 10/12/41, cette réunion (la célèbre Conférence
de Wannsee dont nous avons parlé dans le tome 1) n'eut lieu que le 20/1/42. Une nouvelle réunion devait avoir lieu
par la suite pour préciser les détails du plan adopté par Heydrich, mais sa
mort (en juin 42) la fit annuler.
Goebbels ne pouvant déporter ses Juifs
comme il le souhaitait, décide de les brider un peu plus, car il constate
qu'ils sont à nouveau de plus en plus insolents, particulièrement dans les
transports publics : « Il
faut à nouveau les brider ; j'y suis tout prêt.
»
(Journal du 21/1/42, lendemain de la Conférence de Wannsee, au cours de
laquelle, affirment encore des historiens attardés, fut programmée
l'extermination des juifs et à laquelle, d'ailleurs, le représentant de
Goebbels n'assistait pas !)
Autre propos de table de Hitler le 27/1/1942, quelques jours
après Wannsee : « Les juifs doivent quitter l'Europe ! Le mieux est qu'ils
aillent en Russie. » ; le Gouvernement Général, ainsi que Hitler l'avait
promis à Frank, ne servirait plus qu'au transit des juifs et à la mise au
travail forcé de ceux dont les Allemands voulaient utiliser la main-d'oeuvre en
attendant la fin -proche, croyaient-ils- des hostilités.
Dans une note du 10/2/42 (soit vingt jours après Wannsee), Rademacher, adjoint
de Martin Luther, sous-secrétaire d'Etat de Ribbentrop, ministre des Affaires
étrangères, rapportait à Bielfeld que « la guerre contre l'URSS a
créé entre-temps la possibilité de disposer d'autres territoires pour la
solution finale [« Endlösung »]. Le Führer a décidé en
conséquence que les juifs devraient être évacués à l'Est et non plus à
Madagascar. La solution de Madagascar ne doit donc plus être retenue pour la
solution finale ».
On notera qu'on peut penser que la déportation des juifs à l'Est n'est pas la
« Solution finale » : d'après un document produit à Nuremberg et dont Irving
a reparlé au procès Zündel, le chef de la Chancellerie du Reich, Lammers, a
confirmé au printemps 1942 au ministre de la Justice qu'Hitler avait décidé
de reporter la « Solution finale » à l'après-guerre. Cette solution de l'Est
n'était donc que provisoire, Hitler n'ayant jamais écarté pour
l'après-guerre une solution du type « Madagascar ».
Entrée du journal de Goebbels du 14/2/42 : «
Le Führer rappelle sa décision de
frapper un grand coup contre les juifs d'Europe. Pitié et sensiblerie n'ont pas
leur place ici. Les juifs ont mérité la catastrophe qu'ils subissent
aujourd'hui. Ils verront l'anéantissement de nos ennemis et leur propre anéantissement
... [ce qui n'est pas synonyme d'extermination des juifs ou alors après
l'extermination des Américains, des Anglais et des Russes] Cette position antijuive sans équivoque doit être
imposée à tous les milieux récalcitrants dans notre peuple même. »
Rencontre entre Hitler et Goebbels le 18(?)/2/42, moins d'un mois après
Wannsee ; Goebbels note dans son journal : « Le
Führer exprime une fois de plus sa résolution impitoyable de balayer l'Europe
de ses juifs. »
Tout cela ne prouve nullement que les Allemands avaient décidé d'exterminer
les juifs et on en a confirmation par ailleurs ; ainsi, le 7/3/42, après avoir reçu copie
du « Protocole de Wannsee », Goebbels notait [en faisant preuve d’une
sollicitude remarquable pour les juifs] : « Pour le moment, ils [les
juifs] seront concentrés dans l'Est ; après la guerre, si possible, une
île comme Madagascar leur sera assignée.(...) Sans doute, cela créera-t-il
une multitude de drames individuels, mais c'est inévitable. La situation est
maintenant mûre pour un règlement de la question juive. » Dans
l'immédiat, certes, des juifs mourraient mais à la suite de la lutte
antiguérilla ; Goebbels en était
informé tant par des rapports de la SS que des rapports de ses propres
représentants dans l'Est. Il savait donc bien ce qui s'y passait ou du moins ce
que ses représentants entendaient dire qu'il s'y passait : brimades, exactions,
massacres (par fusillade, bien entendu, les gazages constituant une fable).
Ainsi, après avoir reçu de Heydrich un rapport sur la guérilla dans les
territoires de l'Est, Goebbels note-t-il à la date du 5/3/42 : « On peut
donc comprendre que nombre d'entre eux [les juifs] aient à payer de leur
vie pour cela. Quoi qu'il en soit, à mon avis, plus on en liquidera et mieux
l'Europe se portera après la guerre. »
Goebbels était beaucoup plus
antisémite que Hitler, Himmler ou Heydrich et si, par moments, il pouvait faire
preuve de sollicitude pour les juifs, à d'autres moments, il pouvait se montrer
sans coeur : « De toute façon,
plus on liquidera de juifs, plus on consolidera notre situation en Europe dans
l'après-guerre.(...) Il faut les éliminer d'une façon ou d'une autre sinon
nous courons le risque d'être éliminés par eux. »
(Journal du 6/3/42)
Ce même jour, a lieu une nouvelle réunion à la suite de la Conférence de
Wannsee. Les représentants de Goebbels (Cartensen et le Dr Smidt-Burgk)
rapportent à Goebbels qu'Eichmann y a crûment parlé d'expédier les juifs dans
l'Est comme autant de têtes de bétail.
Jusque là et contrairement à ce que disent les historiens,
les déportations avaient été anarchiques, les plans (toujours partiels) se
succédant les uns aux autres pour être aussitôt interrompus (on vit même des
juifs du Reich, notamment de Vienne, qui avaient été déportés dans l'Est
revenir à leur lieu de départ : c'est déjà la preuve qu'on ne les y avait
pas envoyés pour les exterminer.). A partir du deuxième trimestre de 1942,
toutefois, cela changea radicalement et le plan plus cohérent exposé à
Wannsee fut mis en application (encore que la mort de Heydrich l'atténua, pense
Reitlinger).
Le 7/3/42, Goebbels commente un
rapport qui devait être celui de la Conférence de Wannsee. Il le résume comme
suit : « Pour le moment, ils
[les juifs européens] doivent être concentrés dans l'Est ; il est possible
qu'une île comme Madagascar puisse leur être assignée après la guerre (...)
Sans doute, cela créera-t-il une multitude de tragédies personnelles [Goebbels
fait preuve à nouveau de compassion pour les malheureux juifs !], mais c'est
inévitable. La situation actuelle est mûre pour une solution finale à la
question juive. ».
Le 20/3/42, Goebbels note
: « Les juifs doivent être
chassés d'Europe, si nécessaire en employant les moyens les plus brutaux. »
[ce qui n'est toujours pas synonyme d'extermination ; au contraire.]
Le 25/3/42, la Slovaquie commence à déporter ses propres juifs dans
l'Est (Auschwitz et Lublin).
Les juifs des autres pays européens vont prendre le même chemin.
Le 27/3/42, se référant à un autre document reçu de la SS,
Goebbels notait : « Du Gouvernement Général, en commençant par Lublin,
les juifs sont maintenant expulsés vers l'Est. On emploie ici une méthode
barbare qu'il n'est pas nécessaire de décrire et des juifs eux-mêmes, il ne
reste pas grand-chose. En gros, on peut probablement dire que 60% d'entre eux
seront liquidés, tandis que 40% pourront être mis au travail. » Il est
remarquable que des historiens comme Hilberg se gardent de donner cette
citation, pourtant accablante, du journal de Goebbels : il est évident que
c'est parce qu'elle constitue une preuve de ce que, à cette époque cruciale,
il n'y avait pas de politique allemande d'extermination systématique des juifs
; sinon, il faudrait admettre que l'un des antisémites nazis les plus actifs,
Goebbels, n'en était même pas informé, ce qui est grotesque. Ces mots -tout
inquiétants qu'ils soient- couvrent donc une opération -limitée dans le temps
et l'espace- d'évacuation, de dépouillement, d'épouillage, de sélection des
aptes et, enfin, d'expulsion des inaptes, le tout dans la plus grande brutalité
; le mot « liquidés »
n'est d'ailleurs pas synonyme de « tués » ; dans le langage courant (politique,
sport, affaires), nous utilisons tous des mots de cette nature sans qu'on puisse
prétendre que nous ayons de ce fait du sang sur les mains. Toutefois, on peut
affirmer le contraire et prétendre que Globocnik massacra les inaptes, encore que les historiens commencent à admettre que ce ne fut pas
avant mai 42 que l'opération tourna au massacre (nous en reparlerons) : on
pourrait alors admettre que les 60% dont parle Goebbels ont été systématiquement, du moins
à une époque, liquidés par fusillade (le gazage est une vue de l'esprit,
ainsi que nous l'avons vu dans le tome 1) puis enterrés (leur incinération est
une autre impossibilité ou, du moins, une improbabilité) mais en beaucoup plus
petit nombre que les historiens le disent, ce qui fait que cette « Aktion
» menée à Belzec, Sobibor et Treblinka (il s'agirait d'un volet de l' « Opération
Reinhard » dont nous avons déjà parlé dans le tome 1) serait du domaine du matériellement
possible. [11]
Dans ce cas, quelle pourrait être la raison de ces massacres ? Il ne faudrait
peut-être pas aller la chercher bien loin : à
cette époque, en effet, les Britanniques avaient commencé leurs bombardements
terroristes visant à exterminer la population civile allemande ; deux jours
plus tard, par exemple, ils détruisaient Lübeck ; Goebbels notait dans son
journal le 28/3/42 : « Et
quelle importance que des juifs soient fusillés dans des fosses ? [Le
lecteur notera bien le mot « fusillés »] Cela leur
pendait au nez ! Ils nous ont déclaré la guerre et le temps n'est pas à la
compassion et au sentimentalisme. » Ces bombardements barbares sont bien de
nature à expliquer le comportement barbare de Globocnik à cette époque mais
il faut bien admettre que si les bombardements des Alliés sont des actes de
nature génocidaire froidement prémédités et exécutés, les fusillades
organisées par Globocnik ne sont pas de cette nature : ce sont des actes de
vengeance non prémédités et exécutés à chaud.
Quelques heures avant la destruction de Lübeck, un train de 974 juifs berlinois part pour Trawniki
(Lublin) et
Goebbels note : « Environ un
millier par semaines seront maintenant envoyés à l'Est. Le taux de suicides
parmi ces déportés juifs est extrêmement élevé. »
Mais le programme va connaître une nouvelle pause dont la raison en étonnera
plus d'un : selon la réglementation,
seules des familles complètes pouvaient être déportées ; s'il manquait un
membre, on ne pouvait déporter la famille et ce cas s'était multiplié au
point de perturber le programme d'évacuation.
Avec l'intensification dramatique
des bombardements terroristes des Anglais, Hitler dit à Goebbels qu'il allait
ordonner des représailles contre des villes historiques anglaises [En fait, il
n'en avait pas les moyens, ayant perdu lors de la bataille d'Angleterre
l'essentiel de sa flotte aérienne et ayant immobilisé dans l'Est ce qu'il
avait pu en reconstituer.] Goebbels trouva que l'occasion était bonne pour lui
reparler de ses juifs berlinois mais Hitler réitéra son point de vue et
Goebbels note le 27/4/42 : « Il
veut rejeter les juifs d'Europe. Les juifs ont infligé de telles souffrances à
notre continent que le plus dur des châtiments ... est encore trop doux. »
Le 12/5/42, le secrétaire
d'Etat Schlegelberger envoya le rapport de son représentant à Wannsee à Lammers
en déclarant que les décisions prises étaient « pour
la plupart totalement impraticables. »
[ce qui indique que ces décisions ne pouvaient concerner l'élimination
physique pure et simple des juifs.]. Lammers en parla à Hitler, qui, selon
Lammers, lui répondit avec lassitude qu'il voulait que la solution du problème
juif soit postposée jusqu'après la guerre : une décision, commente Irving,
que remarquablement peu d'historiens semblent maintenant disposés à relever. [12]
Le 30/5/42 (4 mois après Wannsee), Goebbels note qu'Hitler lui a dit
qu'il partage son point de vue sur le fait que ce serait une erreur d'envoyer
les juifs en Sibérie, car la vie spartiate qu'ils y mèneraient en ferait une
race virile et « C'est pourquoi il préférerait les installer en Afrique
Centrale. Ils y vivraient dans un climat qui n'en ferait pas un peuple énergique
et dynamique. (...) En tous cas, c'est le but du Führer de vider
l'Europe occidentale de tous les juifs. ».
Le même jour, raid désastreux
de la RAF sur Cologne encore qu'il n'ait fait que 474 morts. (Toutefois, la
propagande alliée parle de 60.000 morts, le New York Times du 2/6/42
n'en retenant que 20.000.)
Le 19/7/42, Himmler ordonne à Krüger de vider
avant le 31/12/42 le Gouvernement Général de ses juifs, à l'exception d'un
certain nombre de travailleurs qui doivent être concentrés dans les ghettos de Varsovie, Cracovie, Czestochowa, Radom et
Lublin ; les familles des travailleurs non expulsés pourront rester avec eux
(pour une question de rendement). Plus tard (le 28/7/42), il écrira à Berger, chef du SSHA et, depuis
juillet 42, chef des services de liaison avec le ministre du Reich pour les
territoires occupés de l’Est : « Les territoires occupés de
l’Est seront débarrassés de tous leurs juifs. Le Führer m’a chargé
d’exécuter cet ordre extrêmement difficile. » ; mais, ainsi qu'il
le précisera dans une lettre du 2/10/42
à Pohl, Krüger, Globocnik et Wolff, « Cependant, là aussi, les
juifs devront disparaître [c'est-à-dire quitter l'Europe] un jour conformément au désir du Führer. »
[13] Himmler
devra toutefois transiger avec l'industrie de l'armement et son ordre ne sera
jamais complètement exécuté.
Le 24/7/42, 6 mois après Wannsee et en plein coeur de la grande opération d'évacuation des juifs
(les juifs de Varsovie, par exemple, sont en cours d'évacuation via Treblinka
depuis la veille), nouvel et important propos de table : Hitler,
rappelant que les juifs lui ont déclaré la guerre par la voix de Chaïm
Weizmann, dit qu' « Après la guerre, il veillera à détruire leurs
villes les unes après les autres si ces ordures de juifs ne décampent
pas vers Madagascar ou vers quelque autre foyer national juif » [14] On exterminait donc peut-être bien les juifs ainsi que le
prétendent les historiens mais, en tous cas, Hitler, lui, n'en avait
apparemment pas été informé.
On retrouve confirmation de tout cela dans un memorandum du 21/8/42 dans lequel
Luther résumait la politique antisémite suivie depuis 1933 jusqu'à Wannsee ;
il concluait sa note en précisant encore que :
a) les déportations étaient un pas dans la voie de la solution globale du problème ;
b) la déportation dans le Gouvernement Général était une mesure temporaire ;
c) les juifs seraient envoyés par la suite dans les territoires de l'Est occupés dès que les conditions techniques ad hoc seraient réunies.
La propagande
britannique faisait déjà courir toutes sortes de bruits sur les juifs. Le Daily
Telegraph, par exemple, rapportaient des affirmations polonaises sur le
massacre journalier de 7.000 juifs de Varsovie, souvent dans des « chambres
à gaz » (« gas
chambers »). Un employé de
Goebbels du nom de Koerber télexe le 7/9/42 à Hans Frank à Cracovie et
au bureau de la propagande à Varsovie pour obtenir des détails à ce sujet. La
réponse, dit Irving, parlait de juifs employés dans des travaux d'ouvrages
militaires et de routes. C'est vraiment peu de dire que Goebbels n'était pas au
courant de l'extermination des juifs dans des chambres à gaz industrielles !
La Chancellerie du Parti (Martin Bormann) émit le 9/10/42
une ordonnance pour répondre aux rumeurs relatives à la solution du problème
juif : cette ordonnance confirmait - sans précautions de langage- le
mémorandum de Luther ; il y était dit que :
« a) Pour assurer son existence, le Reich devait refouler totalement les juifs et les éliminer de l'espace économique européen.
b) Les juifs étaient transportés de façon courante à l'Est dans de grands camps en partie encore à construire, d'où ils étaient soit affectés au travail, soit amenés encore plus loin à l'Est.
c) Il était dans la nature des choses que ces problèmes soient, pour des raisons de sécurité, réglés avec une fermeté sans ménagement. »
Visite dans le
Gouvernement Général de l'expert es matières juives de Goebbels, le Dr Hans Schmidt-Leonardt,
qui rapporte le 11/11/42 à son supérieur qu'il y a des troubles
sanglants dont sont victimes les juifs. Goebbels fait également état de
témoignages semblables qu'il a recueillis à la même époque. Ces troubles et
le fait que Goebbels les rapporte s'inscriraient évidemment mal dans un
contexte génocidaire.
Se référant aux allégations
d'extermination massive faites par le rabbin Stephen Wise, président de l'American
Jewish Congress, (allégations dont nous reparlerons), Himmler écrivait à
Heinrich Müller le 30/11/42 qu'il n'était pas surpris par de telles
rumeurs, vu la forte mortalité dans les camps.
Le 30/01/43, Himmler écrit à Ganzenmüller (patron
des chemins de fer allemands) : « [...] La base de la pacification du
Gouvernement général [...] est l’évacuation de tous les soutiens des
bandes et de tous leurs membres supposés. En premier lieu, c’est l’évacuation
des juifs. L’évacuation des juifs de l’Ouest en fait également partie,
parce qu’il faut, le cas échéant, là aussi y compter avec un nombre
croissant d’attentats. »
Le 26/5/43, Himmler dit à
Goebbels qu'il est en train d'évacuer les 250.000 juifs polonais restants. A
Goebbels qui lui suggère de remplacer Frank, Hitler répond : « Il
a à prélever des fournitures de vivres, prévenir l'unification du peuple,
expulser les juifs et en même temps, reloger les juifs qui affluent du Reich. »
(Journal du 25/6/43)
A fin 1942/début 1943, l'essentiel du drame de la déportation proprement dite était joué
; bien entendu, les souffrances des déportés survivants (à l'époque, ils
devaient encore constituer une majorité) étaient loin d'être terminées. Par
la suite, en 1943 et 1944, les Allemands déportèrent encore quelques dizaines
de milliers de juifs belges, hollandais, français et surtout, ils
s'attaquèrent à la communauté juive de Hongrie, communauté forte de 800.000
personnes dont ils déportèrent une bonne moitié. Néanmoins, c'est en 1942
que se situe le « centre de gravité » de cette déportation et nous allons
donc examiner cette période plus en détail.
Mais auparavant, il nous faut encore dire un mot de l'attitude des Alliés et
des pays tiers face à cette tragédie (à la lecture de Korzec et Burko). Bien
qu'antisémites irréductibles, les Polonais réfugiés à l'Ouest finirent par
intervenir
vigoureusement en leur faveur. Les raisons de ce rapprochement ? Des
préoccupations humanitaires ? Peut-être bien. Mais plutôt le fait que
Polonais et juifs se retrouvèrent dans une communauté de destin ; en effet, la
seule minorité nationale de la Pologne à oeuvrer en faveur de l'indépendance
du pays fut la minorité juive. Plus probablement, il sembla utile au
gouvernement polonais de se ménager les sympathies des juifs occidentaux,
surtout américains, en prévision des négociations d'après-guerre ; les
Polonais espéraient notamment recouvrer leurs [invraisemblables] frontières
orientales, alors que les Britanniques avaient fait savoir dès le début de la
guerre qu'il n'en était pas question. Parmi
les actions entreprises par le gouvernement polonais (passé de France en Grande-Bretagne),
on compte des interventions (avant l'invasion de la zone libre en novembre 1942)
auprès de pays neutres (et autres) en vue de l'octroi de visas à un certain
nombre de juifs polonais de France. Le Portugal, l'Argentine, la Bolivie, le Pérou,
le Paraguay (où une loi de 1937 y interdisait spécifiquement l'immigration
juive.) refusèrent. Certains Etats latino-américains ne répondirent même
pas. Les Polonais s'adressèrent aussi à leurs collègues belges de Londres et
leur demandèrent d'ouvrir les portes du Congo belge ; les Belges refusèrent
(par la voie du socialiste Paul-Henri Spaak), « réservant
aux seuls citoyens belges l'accès de ce territoire. »
Les Anglais, pourtant donneurs de leçons philosémites aux Polonais de Londres,
refusèrent aussi tout effort. Au Canada, un certain Samuel Bronfman [apparenté
à l'actuel président du Congrès Juif Mondial ?], président d'une agence
juive d'aide aux réfugiés [juifs] avait garanti d'entretenir totalement les juifs immigrés : « Trois
jours plus tard, les autorités canadiennes refusaient : ce n'était pas un
problème d'argent. Le Canada ne voulait pas de Juifs sur son sol.
». Finalement, les seuls pays à
réagir favorablement furent :
1. Les Etats-Unis qui accordèrent 5.000 visas pour des enfants « mais Vichy parvint à contrecarrer leur départ ». [Toutefois, Korzec et Burko ne citent pas leurs sources et cela affaiblit leur affirmation.]
2. Le Mexique octroya quelques milliers de visas mais pour des Polonais aussi bien non juifs que juifs et pas particulièrement pour ceux qui avaient émigré en France mais seuls 1.500 non-juifs en profitèrent.
3. « La Suisse, pourtant alarmée par l'invasion clandestine qui quotidiennement forçait ses frontières, fit un geste. » [auquel, par la suite, un autre Bronfman ne fut guère sensible.]
Ceux qui accablent les Allemands ne doivent jamais perdre tout cela de vue ; les juifs non plus d'ailleurs ; encore faudrait-il qu'ils recherchent -enfin et sérieusement, ce qu'ils n'aiment pas faire- les causes de ce dégoût qu'ont pour eux l'ensemble des peuples de la Terre.
Les
raisons de la déportation des juifs : Nettoyage ethnique ? Nécessités
militaires ? Besoin de main-d'œuvre ? NOTES Le Gouvernement Général était la partie de la Pologne
non annexée par les Allemands et les Soviétiques. C'est dans
cette région que les historiens situent les camps de la mort (y compris
Auschwitz, ce qui constitue une erreur, car Auschwitz faisait partie du Reich). Gennadi V. Kostyrchenko, « Tainaia
Politika Stalina. Vlast’i antisemitizm » (« La politique secrète de
Staline. Le pouvoir et l’antisémitisme »), Moscou, 2001, p. 120-121. Le
livre n’a malheureusement pas encore été traduit en anglais. Général Petrenko, « Avant
et après Auschwitz » suivi de « Le Kremlin et l’Holocauste 1933-2001
» par Ilya Altman et Claudio Ingerflom, Flammarion, 2002, 285 pages dont 67
pages pour l’étude de Altman et Ingerflom. En l’occurrence, ce
chiffre de « près de 1.800.000 » est sans grande importance
mais il nous donne l’occasion de vérifier à nouveau le peu de sérieux des
statistiques de la SS (et plus précisément de son « spécialiste »
Eichmann). Les Rusiny, précisent
Altman et Ingerflom, étaient « des Ukrainiens habitant les régions
occidentales de l’Ukraine et ayant vécu sous juridiction austro-hongroise
[Comme, par exemple, la Bucovine du Nord ?] ». Pawel Korzec et Jacques Burko, « Le Gouvernement polonais en exil et la
persécution des Juifs en France en 1942 »,
Les Editions du Cerf, 1997. A. Guionnet, Revision, n° 88, pp. 12 et 20 (note
3). La plupart des
citations de ce journal sont extraites de David Irving, « Goebbels.
Mastermind of the Third Reich
», Focal Point Publication,
London, 1996, 722 p. Irving a pu acheter aux archives russes la
copie intégrale, microfilmée sur plaques de verre, du journal de
Goebbels (on n'en connaissait que des extraits de source historienne et c'était
fort insatisfaisant). Ce journal est un document exceptionnel dont la valeur
n'est contestée par personne. Sa lecture éclaire complètement l'histoire de
la politique antijuive de l'Allemagne et son évolution. Finalement, l'île fut envahie par les Britanniques en mai
42. Par exemple, l’interdiction
d’émigrer fut annoncée le 13/10/41 aux juifs luxembourgeois. Il
est intéressant de faire, avec Paul Cerf, historien de la déportation des
juifs luxembourgeois (« Longtemps
j’aurai mémoire »,
Ed. du Letzeburger Land, 1974),
le bilan luxembourgeois à cette date :
« Mais
il faut bien le dire aussi : jusque vers le milieu de l’année 1941, les
Allemands étaient dans une certaine mesure désireux de se débarrasser des
Juifs d’Europe occidentale, par voie d’expulsion et d’émigration. »
(p. 49)
Rapport du
consistoire pour la Gestapo en novembre 41 :
Il y avait au
Luxembourg 3.700 juifs avant le 10 mai 40, date de l’invasion
allemande.
Aussitôt,
950 à 1.000 quittent définitivement le pays [dont l’historien Arno
Meyer] ; 40 à 50 partent dans les mois suivants. Un certain nombre
de tous ces émigrés seront déportés vers l’Est depuis la France ou
la Belgique.
A partir
de l’arrivée du Gauleiter Simon, 1.850 partent encore (légalement).
Restent donc
810 juifs [dont 340 seront déportés vers l’Est, 130
partiront encore aux USA, 360 resteront cachés). Selon le
consistoire, « Il est évident que ce sont principalement les éléments
jeunes qui ont émigré, (...) » (p. 84)
Les historiens qualifient souvent d' « Opération
Reinhard » (avec un d ou un t final, ils ne savent pas trop ; certains
Allemands non plus, d'ailleurs) l'opération
de déportation-extermination des juifs dans les camps du Bug (Belzec, Sobibor et Treblinka)
; son nom, disent-ils, lui a été donné
en hommage à Heydrich qui venait d'être assassiné et dont le prénom était
Reinhard (avec un d final) : cette version paraît peu vraisemblable ne fût-ce
que parce qu'elle débuta avant la mort de Heydrich le 4/6/42 ; R. Faurisson dit
que, d'après l'historien allemand Uwe Dietrich Adam, l' « Aktion Reinhardt
» (avec un t final) était une opération qui devait son nom à Fritz
Reinhardt, un secrétaire d'Etat aux finances de Hitler. (Colloque de la
Sorbonne de 1982, L’Allemagne nazie et le génocide juif, Gallimard/Le
Seuil, 1985, p 259, n° 70). Ainsi que les documents le prouvent, elle avait quatre objectifs : 1) le transfert
de certaines populations polonaises et juives ; 2) l’utilisation de la
main-d’œuvre juive ou polonaise (parfois dans des camps) ; 3)
l’exploitation des biens confisqués à ces Polonais et ces juifs ; 4) la
collecte des valeurs dissimulées ou encore la saisie d’immeubles. (Pièce du
procès de Nuremberg PS-4024, qu’on trouve dans le Volume XXXIV des documents
soumis au tribunal, aux pages 58-92). C'est Globocnik qui avait été chargé
d'exécuter cette action. (R. Faurisson : « Pierre Vidal-Naquet à
Lyon », Conseil de Révision, mars 2002, p.10)
Ainsi lit-on dans un document donnant le programme horaire de l’inspection
que Pohl devait effectuer à Auschwitz le 23/9/42 (« Besichtigung des
SS-Obergruppenführers Pohl am
23.9.1942 ») :
Mattogno
signale aussi l'existence dans le camp des femmes de Birkenau d'un « Sonderkommando Reinhardt ». Mattogno en profite pour prouver que c'est
une erreur de croire et faire croire que «
Sonderkommando »
était un terme réservé au Kommando affecté aux crématoires ; on
trouvait d'ailleurs encore dans le camp des femmes un « Sonderkommando Schädlingskekämpfung »
(« Kommando spécial de lutte contre
les parasites»).
(« L'"irritante
questione" delle camere à gas ovvero Da Cappuccetto Rosso ad ...
Auschwitz. Riposta a Valentina Pisanty »,
Graphos, Genova, 1998, p. 74) On notera
donc que les effets qui sont exposés à Auschwitz (souliers, lunettes, etc.) ne
provenaient pas que des détenus passés par Auschwitz mais aussi par d'autres
camps ; sans compter qu'une partie de ces dépouilles venaient probablement de
civils non internés, voire de civils allemands. Nous en avons déjà parlé
notamment dans l'annexe 12 du Tome 1.
Interrogé à Nuremberg le 8/4/46, Lammers (qui fut condamné à 10 ans de
prison mais libéré en 1952) fit des déclarations intéressantes et courageuses
(ce qui leur donne du poids car, dans sa situation, il était plus rentable de
charger les autres, plus particulièrement les morts) ; il a notamment dit
:
« (…) le Führer
m’a dit qu’il était vrai qu’il avait chargé Himmler de procéder à
l’évacuation [des juifs] mais qu’il ne voulait plus entendre
parler de la question juive tant que la guerre ne serait pas terminée. »
Himmler ayant posé le problème des métis, « Le
Führer me répéta seulement qu’il ne voulait pas en entendre parler et
qu’il n’avait d’ailleurs aucun idée sur la question. »
« Quand
avez-vous appris que ces cinq millions de juifs avaient été exterminés ? »
lui a-t-il été demandé. Lammers répondit : « J’en ai
entendu parlé ici il y a quelques temps. »
Lammers répéta enfin que la « Solution définitive
de la question juive » consistait dans l’évacuation des juifs.»
(Procès de Nuremberg, Tome XI,
8/4/46)
Voyez notamment
Helmut Heiber, « Himmler aux cent visages – 387 lettres du et au
Reichsführer SS », Fayard, 1969. « Nach
Beendigung des Krieges werde er [Hitler] sich rigorös auf den Standpunkt
stellen, dass er Stadt für Stadt zusammenschlage, wenn nicht die Drecksjuden
rauskämen und nach Madagaskar oder einem sonstigen jüdischen Nationalstaat
abwanderten » : selon
Robert
Faurisson citant Picker dans « Ecrits révisionnistes »,
op. cit., Tome I, p. 180, nbp 1.
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Si ce sont les nécessités de la sécurité militaire qui
sont à la base de la décision de la déportation générale, décision dont
les Allemands se seraient bien passé, il est évident que, inévitablement et
logiquement, cette déportation (à l'intérieur de la zone contrôlée par les
Allemands, ne l'oublions pas) ne pouvait qu'entraîner la mise au travail forcé
des juifs sur le lieu même ou sur le chemin de leur relégation ; cette mesure,
non seulement était de nature à les empêcher de nuire éventuellement aux
intérêts du Reich (par exemple en rejoignant les rangs des partisans) mais
était hautement bénéfique pour le Reich : les juifs aidaient ainsi
l'Allemagne à gagner une guerre qu'ils étaient accusés, par la faute des
sionistes, de lui avoir déclarée. A la reprise des déportations fin 41-début
42, les Allemands ne souhaitèrent même d'abord déporter que des hommes et des
femmes aptes au travail. Ainsi, après la Conférence de Wannsee du 20/1/42,
Eichmann réunissait ses gens le 11/6/42 et Dannecker, son représentant pour la
France, en rapportait que Himmler avait décidé de transférer à Auschwitz
pour une « mise au travail » un plus grand nombre de juifs, à savoir
d'Europe du sud-est et de l'ouest, la condition essentielle étant que ces juifs
soient âgés de 16 à 40 ans, « 10% de juifs inaptes au travail »
pouvant être compris dans ces convois. Cette tolérance de 10%, qu'il faut
interpréter comme un adoucissement d'une mesure peu humaine (ce souci de ne pas
séparer les familles, notamment les enfants de leurs parents, était partagé,
note Amouroux, par tous ceux qui avaient pris la défense des juifs : évêques
catholiques, résistants, etc.) fut certes très vite dépassée, non plus dans
un souci humanitaire mais en raison du désir d'une partie de l'appareil
allemand (et des autorités nationales de divers pays) d'expulser tous les juifs
(du moins étrangers) ; il n'en reste pas moins vrai que 5 mois après la
prétendue décision d'exterminer les juifs, Auschwitz ne s'intéressait
manifestement qu'aux juifs aptes au travail. L'objectif prioritaire des
Allemands n'était pas d'exterminer les juifs mais de gagner la guerre et la
mise au travail des juifs (voire leur relégation, puisqu'ils étaient censés
constituer une « cinquième colonne ») pouvait les y aider davantage que leur
extermination, pour autant qu'ils aient jamais souhaité les exterminer.
Dans le même document, Dannecker rapporte qu'un général
allemand du nom de Kohl lui avait alloué des wagons avec enthousiasme, car « il
est un ennemi sans compromis des juifs et il approuve à 100% une solution
définitive de la question juive ayant pour but l'anéantissement sans restes de
l'ennemi ». Dannecker ajoutait : « Il se montre aussi ennemi des
églises politiques ». Enfin, ce général déclarait qu'il considérait la
solution rapide de la question juive en France occupée comme une nécessité
vitale pour la troupe d'occupation. On présente souvent cette déclaration
comme une preuve de la volonté génocidaire des Allemands (pour être plus
probant, on ne cite souvent que la première de ces trois déclarations de Kohl,
qui, il faut le faire remarquer, n'était pas en charge de ces problèmes : il
s'occupait de charroi ferroviaire) ; c'est insoutenable : Kohl voulait bien
entendu dire, en usant d'un langage propre aux militaires, voire aux sportifs,
qu'il était pour la destruction de la capacité de nuire d'un ennemi constitué
en « cinquième colonne » opérant dans le dos de l'armée allemande. Il ne
souhaitait évidemment pas pour autant la mort physique de cet ennemi.
Les historiens nous donnent par ailleurs confirmation de tout
ceci ; il suffit de lire la presse avec attention. En 1992, à l'occasion du
50ème anniversaire de la rafle du Vel'd'Hiv à Paris, le judaïsme français a
fait pression pour que l'Etat français reconnaisse formellement sa
responsabilité dans la déportation des juifs de France et l'un des arguments
qu'il emploie, confirme l'instruction de Himmler que Dannecker avait rapportée.
Ainsi, Le Monde du 16/7/92 rappelle que :
-
La rafle fut organisée par les Autorités françaises
: « Sur tous les clichés (...) on ne voit pas un seul uniforme allemand.
On ne voit que des képis français. »
- Les Français ne répondirent pas aux demandes des
Allemands puisqu'ils arrêtèrent des enfants dont les Allemands ne
voulaient pas : « Mais que faire des enfants ? Les Allemands ne
réclament que les juifs étrangers de plus de 16 ans. »
Or, on était le 16/7/42, c'est-à-dire 6 mois après Wannsee
et ce n'est finalement que plus tard que les Allemands acceptèrent également
et après s'être fait prier, la déportation des enfants (que les Français
avaient séparés de leurs mères). Un mois plus tard, Serge Klarsfeld confirme
tout cela dans une page entière du Monde du 25/8/92 consacrée à une
deuxième grande rafle, en Zone Libre cette fois (c'est-à-dire dans une zone
qui n'était pas contrôlée par les Allemands), celle du 26/8/42.
On n'insistera jamais assez sur le sans-gêne avec lequel les médias nous
manipulent : ils affirment que le 20/1/42 s'est tenue la conférence de Wannsee,
au cours de laquelle a été décidée et organisée l'extermination des juifs,
mais ils affirment aussi -pour les besoins d'une cause accessoire- que le
16/7/42 et le 26/8/42 soit 6 et 7 mois plus tard, les Allemands ne souhaitaient
déporter que des juifs étrangers et aptes au travail. Cette incohérence ne
semble déranger personne, comme s'il était normal qu'on nous manipule à
longueur d'année.
De tels documents, c'est-à-dire des documents indiquant que les Allemands ne
déportaient pas les juifs pour les exterminer (même si épisodiquement, selon la thèse
fonctionnaliste, certaines autorités locales les exterminaient à l'insu de
Berlin) pullulent dans les archives. Les historiens objectent que toutes ces
tonnes de documents utilisent un langage codé : ainsi par « déportation »
faudrait-il comprendre « extermination », etc. Cette affirmation est gratuite et
invraisemblable ; un tel codage est d'ailleurs impraticable. Les pédants
prétentieux que sont les historiens se trompent et nous trompent.
[1]
[2]
[3]
Ces derniers semblent mettre Heydrich et Eichmann sur le même pied et c’est
évidemment une erreur ; peut-être faut-il comprendre que la lettre de
Berlin était signée par Heydrich et celle de Vienne par Eichmann. Pour plus de
détails, voyez notre article « Le "Plan Birobidjan" des Allemands
».[4]
[5]
[6]
[7]
[8]
[9]
[10]
[11]
Il est à noter que cette action n'est pas tout à fait étrangère à Auschwitz
puisqu'une partie -au moins- des effets récupérés au cours de l'opération y
étaient nettoyés dans deux « Stationen », la première située près
de la gare de marchandises d'Auschwitz et la seconde, dans le camp même de
Birkenau :
« 14.oo Uhr
[…]
Entwesung – u. Effektenkammer /Aktion
Reinhard / [sans t final !] / neuer Pferdestallhof
Lager
Birkenau
Station 2 der Aktion
Reinhardt [avec un t final, cette fois !] »
(Voyez la photo du document dans Samuel Crowell, «
Bombenschutzeinrichtungen in Birkenau : Eine
Neubewertung », VffG,
Heft 3 und 4, Dezember 2000, p. 298)
[12]
[13]
[14]
Retournez au sommaire de La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"