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des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
III. LA DECLARATION DE GUERRE DE 1939 ET SES CONSEQUENCES
A la déclaration de guerre, enfin, un nouveau pas fut
franchi par les juifs : Chaim Weizmann, à l'époque président de l'Agence
juive et qui allait devenir le premier président de l'Etat d'Israël, déclara
la guerre (armée, cette fois) à l'Allemagne au nom des juifs du monde
entier ; dans une lettre adressée au gouvernement anglais le 29/8/39, rendue
publique et diffusée le 6/9/39 par le Times (la Grande-Bretagne et la
France avaient déclaré la guerre à l'Allemagne le 3/9), Weizmann précisait
que « (...) les juifs font cause commune avec la Grande-Bretagne et
combattront dans le camp des Démocraties.(...) L'Agence juive est prête à
prendre des mesures immédiates pour utiliser la main-d'œuvre juive, la
compétence technique et les ressources juives, etc. (...) ».
Il ne faudrait pas, disent les historiens, exagérer l'importance de la
déclaration de Weizmann : ce n'était qu'une déclaration de plus faite dans le
brouhaha, déclaration peut-être même passée inaperçue de la plupart des
non-juifs et même des juifs, qui, de toute façon, se retrouvèrent dans un
camp qui leur était souvent imposé par les uns et les autres. Peut-être bien,
mais il n'empêche qu'Hitler, lui, en prit connaissance et la prit au sérieux
en raison de la puissance qu'il attribuait, comme tout le monde, au sionisme
international : dès lors, il ajouta à ses griefs contre les juifs qu'ils lui
avaient déclaré la guerre armée. [1] Les historiens rétorquent encore que,
de toute façon, cette déclaration de Weizmann ne pouvait rien changer et que
le sort tragique des juifs européens était déjà scellé mais ce n'est pas
sûr du tout et on peut tout aussi bien affirmer le contraire ; en fait,
personne n'en sait rien. La seule chose qui est sûre est que la déclaration de
guerre insensée de l'Agence juive ne pouvait qu'avoir des conséquences
tragiques pour les malheureux juifs allemands et européens, puisqu'elle en
faisait des ennemis déclarés de l'Allemagne.
L'escalade ne fit que se poursuivre par la suite :
Citons par exemple Theodor N. Kaufman (bien qu'il n'exerçât aucune responsabilité dans le monde juif) dans « Germany must perish » paru à New York en 1941 :
« Les Allemands, du seul fait qu'ils sont Allemands, même antinazis, même communistes, même philosémites, ne méritent pas de vivre et, après la guerre, on mobilisera 20.000 médecins pour stériliser chacun 25 Allemands et Allemandes par jour de sorte qu'en 3 mois, il n'y ait plus un seul Allemand capable de se reproduire en Europe et qu'en 60 ans, la race allemande soit totalement éliminée du continent (...) Les juifs allemands sont aussi de mon avis. »
Bien que ce fût là un plan génocidaire, il fut commenté avec sympathie par des organes de presse aussi célèbres que le magazine Time (qui trouva que le plan était une « idée sensationnelle ») et les quotidiens-donneurs de leçons The Washington Post et The New York Times. Le contenu de ce livre fut diffusé en Allemagne par les soins de Goebbels (Il en aurait même distribué un million de copies aux soldats.) et il déchaîna la fureur populaire contre les juifs. C'est grâce à ce livre que Goebbels obtint de Hitler en août 1941 le port obligatoire de l'étoile jaune par les juifs.
Le célèbre Ernest Hemingway reprit l'idée dans « Men at war » paru en 1942 à New York.
Citons encore un court extrait d'une déclaration de Weizmann au Congrès juif Mondial à New York le 3/12/1942 alors que la « Solution finale » était entrée dans une phase cruciale et que c'était moins que jamais le moment de jeter de l'huile sur le feu :
« Nous ne dissimulons pas et n'éprouvons aucune crainte à reconnaître la vérité, à savoir que cette guerre est notre guerre et qu'elle a été entreprise pour la libération du Peuple juif. » !
Les sionistes sacrifièrent-ils délibérément à leur
idéal les juifs européens au risque de les faire passer pour des étrangers
dans leur propre pays, voire des traîtres ? Ils devaient tout de même savoir
qu'après leur déclaration de guerre, les Allemands ne pourraient plus regarder
les juifs comme avant. On peut bien entendu supposer que, d'une part, ils
avaient pris en compte -du moins en 1939- que la plupart des juifs du Reich
avaient émigré, d'autre part, ils n'avaient pas envisagé, bien entendu, que
l'Allemagne débuterait la guerre par une victoire éclatante sur la Pologne et
que par la suite, elle arriverait même aux portes de Moscou. Il importe
toutefois peu dans le développement de notre raisonnement de savoir si les
sionistes furent irresponsables ou courageux, aveugles ou lucides, vertueux ou
cyniques ; ce qui compte, c'est qu'ils prétendaient ou étaient censés
représenter les juifs du monde entier (et ceux qui étaient désignés comme
juifs à leur corps défendant) et qu'en cette qualité, ils déclarèrent la
guerre économique (1933) et armée (1939) à l'Allemagne. Effectivement, de
nombreux juifs des territoires occupés par les Allemands participèrent
activement aux activités de résistance (guérilla, sabotages, renseignement).
[2] Cette attitude était sans doute normale (nous aurions presque tous fait de
même) mais elle était contraire aux lois de la guerre, lesquelles
contraignent, en fait, les civils à subir les violences sans pouvoir réagir.
Ceci explique en grande partie la déportation des juifs, sans pour autant la
justifier, car d'une part, le recours au concept de la responsabilité
collective est toujours scandaleux et d'autre part, en admettant qu'Hitler
était fondé à considérer les juifs comme des belligérants, il aurait dû
les traiter comme tels, c'est-à-dire différemment et cela, en dépit du fait
que l'Agence juive ne constituait pas un état reconnu.
Dès lors, au bout de cette escalade insensée et faisant fi de toute humanité
voire de toute règle de droit, Hitler traita les juifs comme, hélas, il était
dans les habitudes de l'époque (et d'aujourd'hui) de procéder vis-à-vis d'une
minorité, éventuellement désignée, appartenant ou apparentée à un groupe
ennemi et, dès lors, susceptible de ne pouvoir participer à l'effort de guerre
de la Nation, voire de le saboter. Citons quelques exemples de comportements
semblables, parfois même vis-à-vis de populations encore moins impliquées
dans les évènements, mais précisons préalablement que notre objectif n'est
pas de chercher des excuses à Hitler sur la base du « Tu quoque » mais
de tenter de comprendre les raisons à la base de la décision d'expulser les
juifs manu militari :
Au début du
siècle, les Anglais avaient parqué les Boers (hommes, femmes et enfants)
dans ce qui fut les premiers camps de concentration du siècle ; ils y
tombèrent comme des mouches. René Blanc : « Les premiers camps de concentration de l’Histoire
moderne furent ouverts dans ce veld désert aux dures conditions climatiques
et la mortalité y fut considérable. En août 1901, il y avait 105.347
captifs dans ces camps. Ce mois-là, il en mourut 1.800 dont 1.545 enfants.
En octobre, la mortalité atteignit 34,4 % des internés. Selon
l’historien britannique McCord, 14,4 % de la population boer disparut au
cours de cette guerre. Un pourcentage qui s’élève à 25 % pour les
femmes et les enfants. Pas un seul des enfants de moins de 3 ans internés
dans les camps n’en réchappa. » [3]
Des milliers d'autres furent déportés à
Sainte-Hélène.
Ce comportement des Anglais fut un précédent auquel les Allemands se référèrent
d'ailleurs souvent pour s'absoudre.
On ne s'étonnera donc pas de ce qu'en juin 1940, les journaux parisiens aient signalé sans le commenter, comme si cela allait de soi, que les 74.000 ressortissants allemands de Grande-Bretagne (hommes, femmes, enfants) avaient été internés dans des « camps de concentration ». Parmi eux, selon l'historien juif Cesarani, plus de 20.000 réfugiés juifs. En fait, tous les civils allemands du Commonwealth y furent regroupés (les Allemands des USA et d'Amérique latine furent, eux aussi, arrêtés en grand nombre.). Les Allemands firent de même et enfermèrent les ressortissants britanniques à Besançon. Churchill jugea que les conditions d'internement de ses compatriotes y étaient déplorables et -tout ceci en dit long sur cet homme- menaça de déporter les civils allemands dans le Grand Nord canadien. Finalement, les Allemands transférèrent les civils britanniques dans les palaces de Vittel et la plupart des civils allemands seraient restés en Grande-Bretagne. (Il serait bien intéressant de savoir ce qu'il sont devenus : nous avons lu que des milliers d'entre eux étaient morts mais sans autre précision.) [4]
Dans les années 30 et comme tous les pays occidentaux, la Belgique lutta vigoureusement contre l'immigration dite clandestine (composée essentiellement de juifs) ; des mesures d'expulsion des illégaux furent prises ; un camp de travail -à régime souple, il est vrai- fut même organisé. Certes, tout cela n'est pas comparable aux évacuations ultérieures de juifs des années 40, mais, en fait, tout cela nous décrit bien l'état d'esprit qui régnait universellement à l'époque : les juifs étrangers étaient hautement indésirables et ils étaient même perçus comme une plaie. Il n'est donc pas étonnant que leur déportation ultérieure par un ennemi pourtant honni n'ait pas soulevé beaucoup de protestations. Certes, le bruit courait qu'on les brûlait vifs et chacun en était horrifié, tout en reconnaissant qu'ils l'avaient bien cherché et qu'après tout ils étaient coupables de déicide ; ceux qui ne croyaient pas à ces sornettes bibliques ou évangéliques, pouvaient encore se satisfaire de l'idée que tous ces juifs, souvent miteux, crasseux et bruyants, ne faisaient jamais que retourner là d'où ils venaient et d'où ils n'auraient jamais dû partir. En 1940, lorsque les Allemands les envahirent, les Belges firent donc comme tout le monde et se mirent en devoir d'arrêter les citoyens du Reich (la plupart juifs) et en expédièrent un certain nombre (environ 10.000, selon M. Steinberg) en wagons de marchandises dans le Midi de la France après avoir séquestré leurs biens.
Les Hollandais [5] eurent à peu près la même attitude que les Belges face aux juifs étrangers, encore qu'écrasés par l'armée allemande en un rien de temps, ils n'aient pas eu le temps d'aggraver leur cas, en enfermant ou déportant les ressortissants allemands (essentiellement juifs).
Après Pearl Harbour, les Américains enfermèrent en camp de concentration tous les citoyens japonais vivant chez eux et même tous les citoyens américains d'ascendance japonaise, bien qu'il n'y eût aucune preuve d'hostilité ou de déloyauté de leur part (en tout, 120.000 personnes). [6] Ils internèrent aussi plus de 25.000 Germano-américains (hommes, femmes et enfants). [7]
Dans la foulée, Américains et Canadiens enfermèrent également respectivement 11.000 et 3.000 Témoins de Jéhovah (Ils refusaient le service militaire.) : suivant la mode, leur église a oublié la chose et réserve ses exercices de mémoire aux seuls Témoins internés par les Allemands à Auschwitz ; ces derniers furent pourtant plus cléments qu'Américains et Canadiens puisque, s'ils inculpèrent 10.000 Témoins, ils n'en internèrent que 2.000. [8]
Les Canadiens internèrent aussi par décision administrative un certain nombre de prisonniers politiques germano-canadiens et italo-canadiens (700 à 800 ?), quelque 22.000 Canadiens d'origine japonaise et même 2.500 juifs allemands et autrichiens réfugiés en Grande-Bretagne et que Churchill avait fait arrêter puis déporter au Canada. Ces 2.500 juifs ne furent libérés que 2 ans plus tard. On notera que tous ont eu droit à des excuses et des réparations à partir de 1988 sauf les prisonniers politiques anglo-canadiens et franco-canadiens. [9]
En 1939, les Français ouvrirent 104 camps d'internement pour les civils allemands et autrichiens (eux aussi, en majorité juifs). En 1940, ils internèrent tous les Tziganes, y compris ceux qui avaient la nationalité française car on les soupçonnait de se livrer à l'espionnage. (Conan dit que c'est Vichy qui enferma les Tziganes et non la IIIe république : 3.000 [en 1941 ?]) Plus tard, ils décidèrent d'interner tous les Italiens de France ; l'ordre, arrivé jusqu'aux sous-préfectures, ne put être exécuté à cause de la débâcle des armées françaises. Rappelons, au passage, que les Républicains espagnols, bien qu'ils ne fussent pas ennemis de la France mais simplement jugés « indésirables », furent parfois enfermés dans des camps comme Gurs (certains se retrouvèrent finalement à Buchenwald, qu'ils trouvèrent d'ailleurs moins dur). A l'époque, on n’était d’ailleurs pas très regardant dans l’application de ces mesures collectives ; ainsi E. Conan écrit-il qu’en 1939, « lors de la déclaration de guerre [De la France à l’Allemagne et non l'inverse, les jeunes doivent le savoir.] » les Français internèrent « 40.000 réfugiés allemands et autrichiens considérés comme ‘ressortissants des puissances ennemies’ alors que presque tous avaient fui la répressions politique ou les persécutions antisémites. » [10]
Il est presque
inutile de parler des Soviétiques. Tout le monde sait à quoi s'en tenir et
plus personne de sérieux ne doute, aujourd'hui, qu'ils furent encore plus
cruels que les Allemands.
En novembre-décembre 1937, Staline avait déjà déporté en Ouzbékistan
les Coréens habitant Vladivostok. Durée du trajet : 1 mois et demi en
wagons à bestiaux par un froid terrible. Ils étaient 95.000 ;
aujourd’hui, ils sont 230.000. Si nous avons bien compris, il en déporta
aussi 95.000 au Kazakhstan voisin qui, aujourd’hui, seraient 105.000. Ils
ont été russifiés au point que 98% ne parlent pas coréen et que par la
suite, ils ne voulurent pas rentrer en Corée. [11]
En 1940, ils
déportèrent en masse des Polonais annexés et plusieurs centaines de
milliers de juifs polonais de la zone allemande réfugiés en URSS. Sans
parler des milliers de Baltes et autres annexés qui connurent le même
sort.
Sitôt la
guerre déclarée, ils déportèrent tous les Allemands établis en URSS
(près de 2 millions dont les 500.000 Allemands de la Volga) puis, au fur et
à mesure de la retraite allemande, toute une série de peuples accusés de
trahison.
Les civils, surtout ukrainiens, que les Allemands avaient déportés d'URSS
dans les usines allemandes, furent également déportés dans le Grand Nord et
en Sibérie lors de leur retour (n'y aurait-il pas eu des juifs parmi eux ?).
Et nous ne parlerons pas des prisonniers de guerre soviétiques qui, à leur
libération des stalags allemands, connurent le même sort.
Enfin, toujours après guerre, il semble bien que les Soviétiques
déportèrent en masse les juifs d'Ukraine, qui -c'est une thèse
vraisemblable que nous développerons plus loin- étaient, pour l'essentiel, des juifs de
l'Ouest réimplantés par les Allemands. Seule la mort de Staline en 1953
sauva le reste des juifs soviétiques d'un sort semblable mais ce point est
contesté par certains (Ce serait une fable juive.).
Le drame des Allemands de la Volga (colons installés au 18e siècle par
Catherine II) mérite quelques mots de plus, car il peut nous aider à
comprendre le sort réservé aux juifs par Hitler et le sort réservé par
Staline à la plupart des juifs polonais réfugiés en URSS et peut-être
même aux juifs réimplantés en URSS par les Allemands. En septembre 41,
Staline accusa ces 500.000 Allemands de la Volga (et les autres Allemands de
Russie) de sabotage et d'espionnage et les fit déporter en wagons blindés
au-delà de l'Oural (Kirghistan, Tadjikistan, Kazakhstan, Grand Nord et Asie
Centrale) [12]. Ceux qui résistèrent furent abattus sur place. Les hommes et
les femmes furent séparés et mis au travail forcé. Beaucoup moururent,
notamment dans des épidémies de typhus. Ils furent libérés à la fin de la
guerre mais restèrent sous contrôle spécial ; les rescapés ne reçurent
l'autorisation de revenir en Europe que 20 ans plus tard (les Tatars de
Crimée déportés en 1944, eux, ne reçurent cette autorisation qu'en 1990 et
certains, comme les Meskhs, n'ont toujours pas pu revenir chez eux.).
Toutefois, ils ne purent récupérer leurs biens qui avaient été distribués
à d'autres Russes, eux aussi déplacés de force. Leurs enfants,
profondément déchristianisés et acculturés (La plupart ne parlent même
plus allemand.), se sont mélangés aux Russes, aux Kazakhs et à d'autres ou
se sont dispersés, notamment en Allemagne. Aujourd'hui, il ne reste plus
guère que 30.000 Allemands sur la Volga. Aucune des victimes de cette
déportation n'a, bien entendu, été indemnisée.
Après la guerre, Soviétiques, Polonais, Tchèques et Hongrois, forts de l'accord qu'Américains et Anglais leur avaient donné en juillet 45 à Potsdam, expulsèrent quinze millions d'Allemands orientaux avec une telle violence qu'on pense qu'il en mourut deux millions ; un certain nombre furent même déportés en Sibérie.
Enfin, Israël, approuvé, malgré quelques notables exceptions, par la plupart des juifs de la Diaspora [13], ne procéda pas autrement avec les Palestiniens : trois ans après la libération d'Auschwitz, une grande partie des Palestiniens s'enfuirent de leurs maisons et de leurs terres à la suite des atrocités juives ; certaines furent délibérées et n'avaient d'autre but que de les effrayer et de les inciter à fuir. Dépouillée de tout, une grande partie du malheureux peuple palestinien fut, de fait, réimplantée en Cisjordanie et à Gaza dans des conditions qui n'étaient probablement pas meilleures que celles que connurent les juifs réimplantés par les Allemands dans l'Est européen. Sans l'aide des Nations-Unies (UNRWA), combien auraient survécu ? Par la suite, les juifs se sont emparé de la Cisjordanie et de Gaza. Tous, nous savons ces choses mais le tapage médiatique et le terrorisme intellectuel (et autre) des juifs nous effrayent au point que nous n'osons pas nous élever contre ce qu'il faut bien appeler la « Solution finale du problème palestinien » et dont nous reparlerons dans les annexes 1 et 2.
Il faut
donc bien l'admettre : en termes d'époque (et même d'aujourd'hui), la déportation
des juifs n'était pas nécessairement synonyme d'extermination. Non seulement
cette déportation pouvait, à la rigueur, passer pour une nécessaire mesure de
sécurité militaire. (Encore qu'on aurait pu en adopter de moins radicales car
il est évident que la déportation de femmes et d'enfants dans une période
de guerre ne peut que se terminer tragiquement.) De plus, cette mesure, il faut bien
le reconnaître, était acceptée et même souhaitée par
une grande partie des populations pour des raisons culturelles, sociales et économiques.
Certes, personne ne souhaitait de mal aux juifs (probablement même pas Hitler) et
tout le monde ne leur voulait que du bien, mais ... ailleurs. En fait,
l'immigration juive, il y a 50 ans, était perçue comme une plaie : le roi
d'Angleterre lui-même demandait à ses ministres de bien vouloir l'arrêter ; débordées,
les autorités françaises voulaient déporter 10.000 juifs à Madagascar ;
elles n'auraient d'ailleurs fait que répondre aux vœux du jeune Mitterrand qui,
à la même époque, manifestait joyeusement contre l' « invasion
des métèques » (c'est-à-dire des juifs) ; on pourrait donner toute la
nuit d'autres exemples de cette judéophobie d'avant-guerre.
Cela n'a, certes,
pas sa place dans le développement de l'histoire de cette persécution mais le
lecteur nous permettra peut-être de relever que les choses ont bien changé : de
nos jours, le « politiquement correct » est plutôt au philosémitisme.
Aussi est-il normal que les rois des Belges, Baudouin Ier et Albert
II aient anobli
Maurice Goldstein, président du Comité International Auschwitz, ainsi que Paul
Halter, président de la Fondation Auschwitz, que leur père, Léopold III,
avait laissé déporter sans protester. Il n'est pas davantage étonnant que le
baron Richard von Weizsäcker, ancien président de la République Fédérale
Allemande, ait souhaité publiquement que son successeur soit un juif, alors que
son père, le baron Ernst von Weizsäcker, secrétaire d'Etat d'Hitler, avait
été un des plus acharnés (bien plus qu'Hitler lui-même) à expulser les
juifs. On ne s'étonnera pas davantage d'apprendre que le père de Jean-Pierre
Azéma, historien philosémite que nous avons déjà eu l'occasion
d'épingler, s'était engagé dans la brigade SS Wallonie. [14] Dans le
même registre :
Emmanuel Le Roy Ladurie, une des gloires de l'université française et
spécialiste es shoah du Figaro littéraire, eut un père qui fut
ministre de Pétain jusqu'en fin 1942 ; certes, il était à l'Agriculture
mais il ne démissionna pas et doit donc être considéré comme solidaire du gouvernement
de l'époque. Certains se sont récemment plu à rappeler les « errances
idéologiques (du pacifisme absolu à la tentation vichyste) » de
Robert Jospin [15] ; son fils Lionel a (donc ?)
proclamé que le révisionnisme était un
«
crime contre la pensée ».
On sait bien qu'on n'est pas responsable des agissements de ses
pères et qu'il n'y a de toute façon jamais lieu d'en rougir (ni, bien
entendu, d'en tirer gloire) mais on ne peut s'empêcher de penser que, dans
certaines familles, on est toujours du côté de l'idéologie dominante. On pourrait en citer
d'autres ; limitons-nous au plus célèbre d'entre eux : François Mitterrand, ancien président de la République
Française, chébran d'abord, chébran encore, chébran toujours, n'a eu
besoin des conseils de personne pour passer de l'antisémitisme au
philosémitisme : il a fini sa vie, entouré de ces juifs qu'il trouvait
encombrants 50 ans plus tôt ; la découverte de son passé (déjà bien connu
dans les milieux nationalistes) ne fut guère exploitée par les milieux juifs qui comprirent vite, devant les réactions des Français, que son
exploitation allait déboucher sur la banalisation a posteriori de
l'antisémitisme d'il y a 50 ans. On notera accessoirement que la discipline
dont firent preuve nos journaux lors de ce retrait stratégique accrédite la
thèse selon laquelle ils sont aux ordres.
Où il y eut félonie, il est vrai et toujours selon les
principes généralement partagés, ce fut quand des gouvernements organisèrent
la déportation de leurs propres nationaux : ce fut notamment le cas de nombreux
juifs français. [16]
Ce qui ne fut pas banal, par contre, ce fut les conditions parfois
épouvantables dans lesquelles se déroulèrent ces déportations et
l'hécatombe qui en résulta. Ce fut particulièrement vrai en Pologne, où les
déportés furent traités avec une sauvagerie qui, par moments, rappela
l'épouvantable déportation des Arméniens et autres chrétiens turcs en 1915.
NOTES
| [1] |
Dans les 500 pages reprenant les « propos de table
» de Hitler du 21/7/41 au 31/7/42, il y a une citation, celle du 24/7/42, qui
fait précisément référence à la déclaration de guerre de Weizmann. |
| [2] |
Pour M. Steinberg, « Les juifs [de Belgique] (0,7%
de la population) furent dans la résistance active à raison de 10%, ce qui est
énorme et logique. » Par contre, Hannah Arendt pensait que
les groupes juifs dans la résistance « étaient incroyablement faibles et
essentiellement inoffensifs » et « ne représentaient guère les
populations juives ». C'est aussi l'avis de Hilberg. |
| [3] |
Rivarol, n° 2525 du 27/4/2001, p. 9. |
| [4] |
On sait déjà que, selon David Cesarani (Le Monde, 4/7/95), « plus de 800 ressortissants des pays en guerre avec l'Angleterre, détenus préventivement puis transportés d'Angleterre en Australie et [sic] au Canada, coulèrent avec l'Arandora-Star et périrent en Mer d'Irlande, (...) ». Autre question : n'y aurait-il pas eu des juifs et même une majorité de juifs dans ces 74.000 ressortissants du Reich ? Si oui, qu'attendent les responsables juifs pour demander des comptes à la Grande-Bretagne ? Et si la réponse est négative, que faut-il donc en penser ? |
| [5] |
Soit dit en passant, il se pourrait qu'ils aient pu massacrer jusqu'à 150.000 indigènes lors de la reprise en main de l'Indonésie au lendemain de la guerre. L’évocation de cette répression est tabou aux Pays-Bas ; c’est peut-être même le seul sujet tabou dans ce pays ; la contestation de l’histoire officielle de la déportation des juifs y est d’ailleurs autorisée (en termes tout de même à choisir). |
| [6] |
Apparemment, certains furent libérés par la suite au profit de l'armée et y constituèrent des unités homogènes (les « Nisseis ») qui furent envoyées en Europe où elles brillèrent par leur ardeur au combat. (Voir Charles Baron, Le Monde juif, mai-août 95.) |
| [7] |
André Chelain, « Les camps oubliés du Far West », L'Autre Histoire, n° 19, avril 2000, p. 5. |
| [8] |
Hans Hesse, Bulletin trimestriel de la Fondation Auschwitz, n° 69, octobre-décembre 2000. |
| [9] |
Gilbert Gendron, « Choses vues au Canada en guerre », L'autre Histoire, n° 5, juin 1995. |
| [10] |
L’Express du 21/3/2002, p. 110 (« 1938-1946. La France des internés »). |
| [11] |
Arnaud de La Grange, Le Figaro, 11/1/2000, p 3. |
| [12] |
Cette déportation d'Allemands de souche par les (« judéo- ») communistes fut utilisée par Rosenberg pour tenter d'activer la déportation des juifs en URSS. On notera aussi un autre lien entre les deux déportations : selon Reitlinger, les Soviétiques avaient déporté les juifs biélorusses de Vitebsk et Bobruisk « en vue de remplacer les Allemands de la Volga dans la région de Saratov. » |
| [13] |
Les exemples de la manifestation de cette solidarité ne
manquent pas ; citons, par exemple, Elie Wiesel : « (...) Je suis contre la
guerre et pour l'humanisme, mais, comme juif, appartenant à la génération
traumatisée qui est la nôtre, je suis totalement solidaire de ce qui se passe
en Israël. Je suis avec Israël ; et ce qu'Israël fait, Israël le fait en mon
nom aussi. » (« Paroles d'Etranger », 1982). |
| [14] |
Rivarol, n° 2470 du 3/3/2000. |
| [15] |
L’Express du 13/09/01, p. 50. |
| [16] |
C'était d'autant plus scandaleux qu'ils avaient massivement démontré à l'occasion de la guerre 14-18 (y compris en Allemagne) et de la campagne 39-40, qu'ils avaient été des plus ardents défenseurs de leur pays. |
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des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
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